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	<title>Blog de Paul Jorion</title>
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	<description>Anthropologie - Economie - Sciences cognitives - Philosophie - Etc.</description>
	<lastBuildDate>Tue, 09 Feb 2010 10:02:50 +0000</lastBuildDate>
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		<title>« Ce n’est pas comme ça que ça se passe », par Jean-Pierre Voyer</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 17:51:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie]]></category>
		<category><![CDATA[création monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[reconnaissance de dette]]></category>

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		<description><![CDATA[Billet invité.
 « Ce n’est pas comme ça que ça se passe » 

Ce tableau est faux. Les choses ne se passent pas comme ça.
Comment « l’argent » passe-t-il d’une banque à l’autre, en combien de temps ? On n’en sait rien.
Voici comment les choses se passent :

Ce qui apparaît, c’est qu’à chaque mouvement, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong> « Ce n’est pas comme ça que ça se passe » </strong></p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/USM-2.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/USM-2.jpg" alt="Pas comme ca 1" title="Pas comme ca 1" width="402" height="414" class="alignnone size-full wp-image-7822" /></a></p>
<p>Ce tableau est faux. Les choses ne se passent pas comme ça.</p>
<p>Comment « l’argent » passe-t-il d’une banque à l’autre, en combien de temps ? On n’en sait rien.</p>
<p>Voici comment les choses se passent :</p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/USM-1.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/USM-1.jpg" alt="USM 1" title="USM 1" width="408" height="321" class="alignnone size-full wp-image-7823" /></a></p>
<p><span id="more-7821"></span>Ce qui apparaît, c’est qu’à chaque mouvement, le compte du client bénéficiaire du prêt est soldé, mais que la créance demeure, elle !  Donc plutôt que production de monnaie, il y a d’abord production de dettes. Une fois le prêt utilisé, c’est à dire viré dans une autre banque, sur un autre compte, la dette demeure. Et ça fait une sacrée dette au total, tandis que la somme prêtée est extrêmement modeste : au plus elle fait 90. Cette modeste somme n’est, évidemment, pas prêtée partout <i>en même temps</i> comme l’insinue frauduleusement ce stupide schéma, elle circule. Il court il court le furet. Si le dépôt d’origine est un vrai dépôt (par exemple le salaire d’un ajusteur-mécanicien P3 de la SNCF), le dépôt est effectivement prêté mais pas plus que pour 90 %, ce qui me paraît extrêmement raisonnable. Où est le scandale ? Il est dans la production de dettes. Et pourquoi tant de dettes ? Parce que les ajusteurs P3 ne gagnent pas assez pour vivre décemment. Que dire des autres ouvriers et employés ou même des comptables. Non seulement ils n’épargnent pas, mais ils doivent emprunter. J’entends parler ici ou là de politique keynésienne. Où est-elle cette politique ?</p>
<p>On note également que contrairement à l’idée reçue, la créance ne circule pas. Elle demeure et comment !</p>
<p>On voit aussi que c’est bien le dépôt qui permet le prêt et non l’inverse. Et le prêt ne produit pas des dépôts, mais des dettes. Quand même, s’il vous plaît. Un peu de sérieux.</p>
<p>Ce qui manque surtout dans le schéma faux, c’est l’évidence de la circulation (et non pas l’évidence de la création). Ce qui n’a rien d’étonnant. Or, puisque, à chaque mouvement le compte du client bénéficiaire du prêt est soldé, il n’y a pas du tout d’empilement vertigineux et créatif d’argent. Comment pourrions nous voir cela dans le tableau faux puisque l’avoir du client emprunteur ne paraît même pas. À quoi cela sert-il de présenter des bilans, qui sont des coupes synchroniques dans les comptes alors que l’on prétend examiner un mouvement à travers le temps, diachronique. N’auriez vous pas remarqué que dans le mot « Journal », il y a jour. À chaque jour, suffit sa peine. L’invention du Journal est ce qui donne son nom à la partie double et non pas le fait qu’il y ait contrepartie, débit et crédit, ce qui fut inventé un siècle plus tôt que le Journal. Quand je pense que l’on trouve ce schéma dans tous les manuels d’enseignement ! Heureusement, j’ai échappé à cela. Au contraire, dans mon schéma, on voit parfaitement qu’il n’y qu’un seul jeton <strong><i>qui circule</i></strong> et qui, de plus, va s’amenuisant. Ainsi, la somme prêtée est extrêmement modeste, un salaire d’ajusteur suffit. Il y a seulement empilement vertigineux de dettes. Ce qui est euphémiquement nommé, dans le schéma faux, « Crédit » est en fait de la reconnaissance de dette. Et cette reconnaissance de dette ne circule pas, contrairement à l’idée reçue, elle s’empile, sur place, dans chaque banque tandis que <i>le jeton prêté ne fait que passer</i>, comme dans le conte de  <i>La dame de Condé</i>, mais à l’envers : plus le jeton passe, plus il laisse de dettes derrière lui. Et cette créance sur le client, c’est un actif, c’est une valeur. Voilà donc comment on crée de la valeur, avec un simple salaire d’ajusteur mécanicien ! Vous avez donc vu qu’il ne faut pas beaucoup d’argent pour créer beaucoup de « valeur ». Tout s’explique donc.</p>
<p>Les réserves, maintenant. Le soir du jour du mouvement, puisque le compte de l’emprunteur est soldé, la banque peut ajuster ses réserves et il  lui revient un peu de trésorerie pour le lendemain. 10 pour banque A, 9 pour la banque B, 8 pour la banque C, etc. soit au total 55 quand nous arrivons à la banque J. Voilà autant de trésorerie qui va pouvoir repartir pour un tour et faire de nouvelles dettes, d’ordre 2, plus petites.</p>
<p>Conclusion : les crédits ne font pas les dépôts, ils font les dettes. Ça n’a rien de surprenant. Tout le monde sait ça. Donc les dépôts son bien une des trois ressources des banques, tandis que les dettes, elles, font… le bénef, il ne faut pas tout confondre.</p>
<p>Je pense avoir répondu à la question de <a href=http://www.pauljorion.com/blog/?p=7624#comment-54354>Cyril at Jorion’s</a>. Ce n’est pas l’argent qui manque, ça dépend pour qui, évidemment.</p>
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		<title>Le Monde – Économie, lundi 8 – mardi 9 février</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 16:26:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[bouclier social]]></category>
		<category><![CDATA[dette publique]]></category>

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		<description><![CDATA[La dette est-elle un boulet ou un prétexte ? 
Les déclarations officielles sur la dette publique sont pleines de bon sens : le déficit public est une très mauvaise chose et la dette publique, qui constitue la mémoire accumulée de tous les déficits passés, tolérés au fil des ans, est encore une bien plus mauvaise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/08/la-dette-est-elle-un-boulet-ou-un-pretexte-par-paul-jorion_1302533_3232.html">La dette est-elle un boulet ou un prétexte ?</a> </p>
<p>Les déclarations officielles sur la dette publique sont pleines de bon sens : le déficit public est une très mauvaise chose et la dette publique, qui constitue la mémoire accumulée de tous les déficits passés, tolérés au fil des ans, est encore une bien plus mauvaise chose. Réduisons donc le déficit. Mieux : réduisons la dette et tout ira beaucoup mieux. </p>
<p>Que reprocher à ce raisonnement ? la dette est indubitablement un boulet. La charge de la dette, le montant des intérêts à verser annuellement, a atteint un niveau consternant : du même ordre de grandeur que les recettes de l’impôt sur le revenu et constituant désormais le deuxième poste budgétaire : entre le budget de l’éducation nationale et celui de la défense.</p>
<p>S’ajoutent à cela les consignes européennes du pacte de stabilité et de croissance : Bruxelles s’impatiente et n’a donné à la France qu’un sursis : il faudra qu’à l’horizon 2013, elle se conforme à la norme des 3 % maximum de déficit annuel et d’une dette publique ne dépassant pas 60 % de son PIB. L’Allemagne s’est engagée de son côté à réduire son déficit et n’a pas hésité à recourir pour ce faire aux grands moyens : pas moins qu’un amendement constitutionnel qui interdira au déficit de l’État fédéral de dépasser 0,35 % du PIB à l’horizon 2016. Et, le futur standard ayant été fixé par l’Allemagne, l’ensemble des autres pays, et la France en particulier, seront jaugés à cette aune drastique lorsque leurs nouveaux emprunts publics s’offriront sur le marché des capitaux. S’ajoute encore à cela la menace d’une dégradation de la notation de la dette d’État, si jamais les choses ne rentraient pas dans l’ordre.</p>
<p>Il n’empêche : l’empressement actuel à vouloir résoudre à l’instant une situation existant depuis une dizaine années déjà est éminemment suspect. D’autant que la France est encore aujourd’hui en situation d’émettre sans difficulté sa dette à taux modérés. Deux tiers de celle-ci trouvent preneur à l’étranger et l’obligation faite à la suite de la crise à certains acteurs stratégiques, tels que les banques et les compagnies d’assurance, d’investir dans des instruments liquides et de bonne qualité, assure aux emprunts publics français un débouché quasiment garanti. </p>
<p>D’où cette question : assiste-t-on vraiment en ce moment à un retour à la normale de la situation économique et financière à ce point spectaculaire qu’il faille – après tant d’années d’insouciance et de laxisme – résoudre d’urgence le problème de la dette publique française ?</p>
<p>Ou bien y aurait-il là comme une arrière-pensée ? Et si oui, que pourrait-elle bien être ? La réponse est malheureusement évidente. La crise a produit une pléthore de faits invalidant le bien-fondé de la déréglementation et de la privatisation prônées par le libéralisme radical qui prit son essor initial dans l’Allemagne d’après-guerre pour s’épanouir ensuite en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis, avant de trouver son expression consommée dans le traité de Lisbonne. </p>
<p>Si le programme a trouvé sa réfutation dans la réalité, la volonté de le mener à son terme n’a pas faibli pour autant parmi ses partisans endurcis : à défaut de pouvoir justifier sa poursuite par une raison, il faut donc lui découvrir au moins un prétexte. On s’en prendra donc, sous couvert de rigueur, aux mesures de protection sociale qui permirent pourtant à la France de s’en tirer jusqu’ici bien mieux dans les soubresauts de la crise que bon nombre d’autres nations. Mais qu’importe : les faits pèsent pour si peu !</p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: e la nave va, par François Leclerc</title>
		<link>http://www.pauljorion.com/blog/?p=7779</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 14:48:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité.
E LA NAVE VA (*)
Est-ce un sommet de l&#8217;Union européenne de la dernière chance qui va se tenir avec succès jeudi prochain à Bruxelles, en vue de résoudre la crise grecque ?  Rien n’est moins sur, en dépit des expectatives. Car l&#8217;incertitude continue de régner au sein de la zone euro à propos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>E LA NAVE VA (*)</strong></p>
<p>Est-ce un sommet de l&#8217;Union européenne de la dernière chance qui va se tenir avec succès jeudi prochain à Bruxelles, en vue de résoudre la crise grecque ?  Rien n’est moins sur, en dépit des expectatives. Car l&#8217;incertitude continue de régner au sein de la zone euro à propos du marché de la dette souveraine et de la résorption des déficits publics. La ligne de conduite des principaux gouvernements semblant masquée ou indécise, sans doute les deux à la fois. Mais elle est porteuse, dans les deux cas, de dangers potentiels qui pourraient se révéler sous-estimés. </p>
<p>Il est peu probable que des décisions claires sortent de la réunion de jeudi. Au contraire, on peut s’attendre à l&#8217;expression de nouvelles circonvolutions à propos de la coordination des politiques budgétaires et financières, à la recherche d’un modèle toujours introuvable de gouvernance européenne. Sans qu’un signal clair ne soit donné aux marchés, à qui la parole a été donnée et qui vont vouloir la conserver. </p>
<p><span id="more-7779"></span>En ce début de semaine, les Espagnols étaient à l&#8217;offensive pour contrer la menace qui pèse sur eux. José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement, avait déjà dénoncé &laquo;&nbsp;les analystes créateurs d&#8217;opinion sur l&#8217;euro&nbsp;&raquo;.  José Manuel Campa, le secrétaire d&#8217;Etat à l&#8217;Economie, a engagé ce même jour un séjour londonien et multiplie les rendez-vous à la City. José Blanco, le ministre des transports, a déclaré à Madrid : &laquo;&nbsp;On assiste à des manoeuvres troubles et a une résistance très claire à un contrôle et une régulation accrus des marchés&nbsp;&raquo; provenant de &laquo;&nbsp;ceux qui sont à l&#8217;origine de la crise, à savoir les spéculateurs financiers internationaux&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Afin d’anticiper l’évolution de la crise, les analystes financiers en mal de boule de cristal scrutent l’évolution de leurs indicateurs favoris, les <i>Credit-Defaut Swaps</i> (CDS), ces contrats d’assurance dont les primes sont dans le cas présent censées mesurer le risque attaché aux obligations d’Etat, mais qui en réalité expriment une spéculation financière sans rapport avec le risque lui-même (comme l&#8217;explique Paul Jorion dans <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=7775">sa chronique de BFM</a>).</p>
<p>Pour leur part, les commentateurs politiques cherchent à pénétrer le sens des déclarations distillées par les ministres allemand et français, ainsi que par les hiérarques de Bruxelles et le grand prêtre de la BCE. S’interrogeant sur la stratégie suivie par les gouvernements <i>forts</i> de la zone euro.</p>
<p>Tout le monde se retrouve d’accord pour constater que la dépréciation de l’euro par rapport au dollar &#8211; qui découle de la crise actuelle &#8211; n’est pas pour déplaire. Ni aux Français qui la réclamaient en vain depuis plusieurs années aux autorités monétaires de la BCE, ni aux Allemands pour qui celle-ci représente une chance supplémentaire de renforcer leur relance, étant donné le poids de leurs exportations dans leur PIB. </p>
<p>Faut-il alors penser que l’intransigeance manifestée à l’égard d’Athènes, laissée seule dans l’épreuve et la tourmente, n’a pour objectif que d’obtenir grâce à la réaction des marchés ce qu’il n’était pas possible de faire en utilisant la boîte à outils de la BCE ? Celle-ci étant mobilisée pour soutenir de dollar, ainsi que les autres banques centrales, afin d’éviter qu’il ne chute d’avantage. Cela serait comme jouer avec des allumettes à côté d&#8217;un bidon d&#8217;essence. </p>
<p>Une autre raison, plus politique, est largement exposée dans la presse. Toute aide apportée à la Grèce aurait deux implications, qui seraient autant d’inconvénients : 1/ mutualiser la dette grecque la ferait partiellement financer (ou garantir, un moindre mal) par les pays <i>forts</i>, ce qui pourrait être mal vécu par ceux qui vont devoir serrer leur ceinture en leur sein ; 2/ renforcer un <i>aléa moral</i>, ce qui serait peu incitatif pour les autres pays de la zone euro, à qui il est  demandé de suivre le chemin de l’austérité.  </p>
<p>Une troisième grille de lecture est également plus discrètement proposée. La clé de la crise actuelle serait à Berlin, dont les intentions vis à vis de la zone euro sont suspectées. Comme si les Allemands pouvaient avoir choisi d’utiliser le levier des marchés pour imposer une reconfiguration de la zone euro ; recentrée autour des pays les plus forts, déportée vers l’Est  (Pologne, Tchéquie et Solvaquie, qui ont mieux résisté à la crise) au détriment du Sud. De la même manière qu’ils avaient procédé à la réunification de l’Allemagne, au moment de la chute de la RDA (l’Allemagne de l’Est), dans des conditions financières qui en avaient fait de facto partager le coût à leurs partenaires. Somme toute par intérêt national, n&#8217;étant pas prêts à renvoyer l&#8217;ascenseur. </p>
<p>Il y a sans doute dans la situation actuelle un peu de tous ces calculs à la fois. La réflexion se déplaçant alors pour porter sur le <i>risque systémique</i> qu’elle génère. En se demandant : « jusqu’où leur est-il possible de ne pas aller  ? » (avant que la situation ne dérape). Afin d’y répondre, un premier niveau d’analyse sommaire s’est à tort vite imposé. On a parlé poids respectifs des PIB et considéré que ceux de la Grèce, ou du Portugal, étaient quantité négligeable comparé à celui de la zone euro. Gêné pour s’en tenir à cette analyse, lorsque le sort de l’Espagne a été ensuite posé sur le tapis. Il a donc alors fallu se résoudre à commencer à rechercher ces causes discrètes des enchaînements systémiques, que l’on ne voit toujours que lorsqu’il est trop tard. </p>
<p>En se résolvant à soupeser les engagements qui pourraient avoir été pris au sein du système financier, notamment par les banques allemandes auprès de leurs consoeurs des pays du Sud. Ou ayant fortement investi dans des obligations de l&#8217;Etat espagnol, lorsqu’elles ont cherché un refuge relatif au sein de la zone euro, sans se douter qu&#8217;elles échangeaient un risque de change contre un risque de dette. On a fini par se demander, ensuite, si la crise des pays du Sud ne devait pas être comparée, par ses effets potentiels, à celle de certains pays de l&#8217;Est de l&#8217;année dernière, qui avait conduit le FMI à intervenir en force pour les soutenir (et par ricochet à conforter les banques occidentales).  </p>
<p>Aujourd&#8217;hui, on en est là. Trouvant significatif que l’éventualité d’une intervention du FMI reste toujours présente, comme une sorte de derniers recours, au cas où les Européens continueraient de rester l’arme au pied. Mais celle-ci ferait supporter le poids de la crise européenne actuelle à tous les pays membres du FMI, ce qui peut justifier leurs réticences, tandis que les Européens craignent le symbole que représenterait l’intrusion du fonds au sein de la zone euro. Une situation qui ne déplairait pas aux euro-sceptiques qui y verraient la justification de leur analyse de toujours. </p>
<p>Tous ces calculs ont pour principal effet de ne pas aborder de front le problème de la dette publique. Celui-ci se pose aujourd’hui avec acuité en Europe, il se posera de même demain aux Etats-Unis, ainsi qu&#8217;au Japon (en dépit du fait que la dette de ce dernier pays soit auto-financée). De premiers signes annonciateurs de cette évolution inévitable de la crise sont déjà apparus. Il a fallu à Timothy Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor, faire preuve de beaucoup d’assurance lors d’une interview télévisée sur la chaîne américaine CBS, pour affirmer que la note de la dette américaine ne changerait jamais. Qu&#8217;il évoque cette éventualité, même pour la rejeter, étant en soi significatif. <i>Les marchés</i> choisissent toujours les points faibles pour s’infiltrer, comme l’eau lors d’une inondation. L’Europe est tout simplement l’occasion de faire à moindre frais une démonstration, les Etats-Unis étant un plus gros morceau.</p>
<p>Les gouvernements vont devoir être un peu plus réactifs, s’ils veulent faire barrage à la montée en puissance des marchés, qui rétrécit leurs marges de manoeuvre. Il n&#8217;est pas certain qu&#8217;ils y soient déterminés ou qu&#8217;ils veuillent s&#8217;en donner les moyens. Jeudi, à Bruxelles, les chefs d&#8217;Etat et de gouvernement vont tenter de bricoler un dispositif, à défaut de définir une politique. Afin de se réfugier derrière lui, pour mieux justifier une rigueur dont ils retardent l&#8217;application. </p>
<p>(*) Comme Federico Fellini a titré l&#8217;un de ses films (ainsi si vogue le navire). </p>
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		<title>BFM Radio, lundi 8 février à 10h46</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 09:54:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Constitution pour l’économie]]></category>
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		<description><![CDATA[Cronos dévorant l’un de ses enfants
Le tableau de Goya, « Cronos dévorant l’un de ses enfants » m’est venu à l’esprit la semaine dernière quand on a commencé à parler des déboires de la Grèce d’abord, puis du Portugal et de l’Espagne.
Les noms de Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill Lynch vous rappellent peut-être quelque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cronos dévorant l’un de ses enfants</strong></p>
<p>Le tableau de Goya, « Cronos dévorant l’un de ses enfants » m’est venu à l’esprit la semaine dernière quand on a commencé à parler des déboires de la Grèce d’abord, puis du Portugal et de l’Espagne.</p>
<p>Les noms de Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill Lynch vous rappellent peut-être quelque chose. Elles furent autrefois – jusqu’en 2008 –, les fleurons de Wall Street : trois des cinq grandes banques d’investissement qui faisaient sa gloire. Les deux autres, Goldman Sachs et Morgan Stanley existent toujours mais elles ont eu chaud : le 17 septembre 2008 le cours de Goldman Sachs perdait 20 % de sa valeur, celui de Morgan Stanley, 28 %. Elles se sont alors transformées précipitamment en banques commerciales pour pouvoir bénéficier des fonds de sauvetage distribués par la Federal Reserve. </p>
<p>Ce n’est plus un mystère aujourd’hui qu’elles ont chacune parié des sommes colossales sur la chute de leurs concurrentes. Le moyen qu’elles utilisèrent furent les fameux CDS, les <i>Credit-Default Swaps</i>. Je rappelle en deux mots que les CDS jouent pour quelqu’un qui détient un instrument de dette, le rôle d’une assurance, en lui garantissant que toute perte qu’il pourrait subir en raison du défaut de l’emprunteur lui sera remboursée. Mais le CDS permet aussi – et c’est là que la bombe à retardement se niche – à quelqu’un qui n’est pas exposé à un risque particulier de « s’assurer quand même ». Dans ce cas-là, le CDS équivaut à un simple pari pris sur la chute de celui qui fait l’objet du contrat. </p>
<p>Pourquoi est-ce que le fait de prendre un CDS sur un émetteur de dette peut précipiter sa chute ? Parce que la prime (de risque) du CDS est considérée par le marché comme une évaluation objective du risque de non-remboursement et que le taux qui est exigé de l’emprunteur va s’y ajuster. Si une foule d’acheteurs de CDS apparaît, elle peut provoquer la perte d’un emprunteur. En principe, le mécanisme n’a rien d’automatique. Mais on a affaire ici au même phénomène que sur les marchés à terme : il n’y a <i>aucune raison</i> pour que les prix spot s’alignent sur les prix à terme mais c’est pourtant ce qui se passe. Tout simplement parce que les opérateurs sur ces marchés considèrent que le prix à terme est une évaluation objective du prix futur et qu’il est plus prudent de s’aligner immédiatement sur lui.</p>
<p>Alors, les firmes de Wall Street se sont mangées les unes les autres parce que, comme pour Cronos et ses fils, il valait mieux dévorer qu’être dévoré soi-même. Comme il n’en reste plus beaucoup, elles s’en prennent maintenant, avec l’aide des <i>hedge funds</i>, aux États. Certaines de ces firmes s’assurent contre un risque qu’elles courent réellement si elles possèdent de la dette souveraine de la Grèce, du Portugal ou de l’Espagne. Mais d’autres ont une position « nue » sur des CDS et parient cyniquement sur leur perte. Elles ne s’arrêteront pas là : la Grande-Bretagne et les Etats-Unis suivront. Ces pays connaîtront le sort que Mr. George Soros avait fait subir en 1992 à la livre sterling.</p>
<p>Seulement, les États ne sont pas de simples firmes, et si les banques et compagnie, entrent en guerre avec eux, ils ne se laisseront peut-être pas faire. Une telle guerre serait alors sans merci. </p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Chronos.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Chronos.jpg" alt="Cronos dévorant ses enfants" title="Cronos dévorant ses enfants" width="619" height="1085" class="alignnone size-full wp-image-7705" /></a></p>
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		<title>L&#8217;été 68</title>
		<link>http://www.pauljorion.com/blog/?p=7765</link>
		<comments>http://www.pauljorion.com/blog/?p=7765#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 19:45:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Leonard Cohen]]></category>

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		<description><![CDATA[Durant l’été 68, ma petite amie était partie chez des parents au Canada. Puis elle est rentrée. Elle est restée silencieuse un jour ou deux. Puis on s’est revus, elle m’a tendu le 33 tours, « Songs of Leonard Cohen », et elle m’a dit : « Tiens : c’est très populaire au Canada ». [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Durant l’été 68, ma petite amie était partie chez des parents au Canada. Puis elle est rentrée. Elle est restée silencieuse un jour ou deux. Puis on s’est revus, elle m’a tendu le 33 tours, « Songs of Leonard Cohen », et elle m’a dit : « Tiens : c’est très populaire au Canada ». Puis elle a ajouté : « Je suis tombée amoureuse d’un type là-bas. Il ne faut plus qu’on se voie ».</p>
<p>C’est comme ça que j’ai découvert Leonard Cohen. Il tient toujours la rampe. Je viens de voir cette vidéo sur le site du Monde. Ce serait dommage que vous la ratiez.</p>
<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/vHI9BTpGkp8&#038;color1=0xb1b1b1&#038;color2=0xcfcfcf&#038;hl=en_US&#038;feature=player_embedded&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/vHI9BTpGkp8&#038;color1=0xb1b1b1&#038;color2=0xcfcfcf&#038;hl=en_US&#038;feature=player_embedded&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowScriptAccess="always" width="425" height="344"></embed></object></p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: une belle ballade dans la neige d&#8217;Iqaluit, par François Leclerc</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 14:28:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Billet invité.
UNE BELLE BALLADE DANS LA NEIGE D&#8217;IQALUIT
Un G7 Finance s’est réuni cette fin de semaine dans le grand Nord canadien, à Iqaluit, et il a fallu que ce soit encore un spectacle. Son côté informel abondamment mis en scène pour mieux lui donner de l’importance et l’opposer aux G20, qui bénéficient désormais seuls de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>UNE BELLE BALLADE DANS LA NEIGE D&#8217;IQALUIT</strong></p>
<p>Un G7 Finance s’est réuni cette fin de semaine dans le grand Nord canadien, à Iqaluit, et il a fallu que ce soit encore un spectacle. Son côté informel abondamment mis en scène pour mieux lui donner de l’importance et l’opposer aux G20, qui bénéficient désormais seuls de l’apparat des grands messes, mais qui se sont trop vite succédés et dont la formule est déjà usée. L’absence de communiqué final masquant celle d’un consensus, à propos d’un ordre du jour si chargé que l’on se dit qu’il a été à peine feuilleté. Chacun étant venu avec sa vision politique nationale de ce qu’il convient de faire, afin de solutionner des problèmes qui sont eux financiers et internationaux. Reconnaissant que les approches se doivent d’être communes pour être efficaces, et en conséquence s’efforçant de mettre en avant que les choses progressent en ce sens, sans avoir cependant rien de tangible à annoncer pour que cela soit crédible. La route est encore longue à parcourir, même en traîneau à neige et sous la fourrure&#8230; </p>
<p>Dans la logique de cette situation, les réunions plénières ont été réduites au profit de rencontres bilatérales, chacun essayant de convaincre l’autre du bien fondé de son approche. Nous en sommes donc restés aux préliminaires. Ce G7 Finance, en prélude au prochain G20 de Toronto, aura au moins démontré une chose : les problèmes sont identifiés, les solutions ne le sont pas. </p>
<p>A propos de la dette publique, présentée par le FMI en entrée de la réunion comme le plus important problème de l’année (optimiste !), le G7 a botté en touche, personne n’ayant de solution opérationnelle et avouable. Affirmant par la voix de Jim Flaherty, le ministre des finances canadiens qui présidait la réunion, que les Européens devaient régler entre eux le problème de la Grèce. Ce qui revient à pointer du doigt les 300 milliards de dollars de dette des Grecs, ainsi que les 8.000 milliards celles des Européens, pour ignorer les 22 mille milliards de celle des Etats-Unis et du Japon (le Canada étant il est vrai le mieux loti). Jean-Claude Trichet, président de la BCE, et les représentants des pays Européens membres du G7 (Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie), continuant d’offrir pour tout viatique à leurs collègues grecs l’expression de leur confiance dans le fait qu’ils arriveront tous seuls à venir bout de la crise en cours. Dans quel état ? cela n’a pas été précisé.</p>
<p><span id="more-7711"></span>Pendant ce temps-là, la campagne menée à propos de la faiblesse de la zone euro continue de battre son plein. Publiquement alimentée par les euro-sceptiques de toujours, des anglo-saxons pour ne pas les nommer, aiguillonnée en sous-main par la spéculation financière des mégabanques et de leurs faux-nez les hedge funds. Donnant l’occasion aux commentateurs éclairés d’approfondir le mystère et d’effectuer un magistral contre-sens, en expliquant les causes par leurs effets. En s’appuyant sur la hausse des CDS, ces contrats assurances, pour expliquer l’évolution du marché obligataire et ses tensions, alors que celle-ci résulte très clairement de jeux spéculatifs. Car on s’assure contre la baisse des obligations (leur taux montant), en sachant que cela va être le cas, la hausse du coût des contrats d’assurance le précipitant alors que l’on en est à l’origine. Après cela, on parle de panique des marchés et l’on oublie les petits calculs de gros sous de ses principaux acteurs.</p>
<p>Le défaut de la Grèce, pas plus que celui du Portugal ou de l’Espagne, n&#8217;est pas en effet l’hypothèse la plus probable. Par contre, la montée de la spéculation, à laquelle il est laissé libre cours par les gouvernements européens et la BCE, est du pain béni pour ceux qui, ne pouvant plus jouer sur le marché des devises en raison de l’existence de l’euro, ont trouvé un terrain de chasse de remplacement avec les CDS et leurs sous-jacents : les dettes souveraines. Pour en savoir plus, on attend désormais la grande messe des chefs d’Etat de jeudi prochain, à Bruxelles, convoquée par le nouveau président de l’Union européenne dont c’est l’intronisation, Herman Van Rompuy. Le G7 Finance canadien semble avoir montré qu’il n’était pas favorable à une intervention du FMI, pour aider les Grecs.</p>
<p>Ce qui est le plus ressorti, à l’occasion de la conférence de presse finale du G7 où seul Jim Flaherty s’est exprimé, c’est que les efforts publics de relance de l’économie allaient continuer. Mais rien n’a été dit sur le comment, laissé à l’appréciation de chacun. Pas plus qu’il n’a été fait état des discussions qu’ont eu ensemble les représentants de la Fed, de la BCE et de la BoE (avec sans doute ceux de la Bank of Japan) sur le corollaire : le retrait progressif des mesures de soutien aux banques. Dès que les banques centrales discutent des questions importantes, le blackout s’impose. </p>
<p>Les différents ministres ont été plus prolixes avec la centaine de journalistes qui s’étaient déplacés (aucun blogger n’a été recensé parmi eux), à propos des mesures qui ont jailli de tous côtés à propos des banques : taxes en tout genre, restrictions d’activités, rédaction de testament (living will), etc&#8230; La cacophonie à ce sujet ne semblant pas encore prête de se calmer, chacun privilégiant son approche et ne voulant pas en démordre. Les Allemands invitant les participants du G7 à une conférence à Berlin à ce propos, cherchant à créer les conditions pour que soit ultérieurement adoptée sous leurs auspices une motion de synthèse. Tout au plus a-t-on noté, à Iqaluit cette fin de semaine, une tendance à lier deux problématiques qui étaient encore distinctes : celle d’une éventuelle taxation des banques et celle du renforcement de leurs fonds propres. </p>
<p>Ceci va dans le sens des mégabanques, qui font valoir qu’elles vont devoir régler l’addition de ces deux mesures et souhaitent que les curseurs soient réglés en conséquence, afin de la diminuer : si l’on force la dose d&#8217;un côté, qu’elle soit diminuée de l’autre. La préférence allant à l’affichage politique d’une taxe (sur laquelle l&#8217;on pourra toujours revenir plus tard), en contrepartie de laquelle l’effort demandé par le Comité de Bâle à propos du renforcement de leurs fonds propres serait réduit. Avec sur ce dernier chapitre et à la clé l&#8217;acceptation d&#8217;une solution qui continue de tenir la corde, la possibilité d’émettre des obligations contingentes convertibles, ce qui diminuerait d&#8217;autant la nécessité d’augmenter leurs fonds propres. </p>
<p>Le même argument est ressorti pour le justifier ce <i>package-deal</i>: &nbsp;&raquo; si vous nous demandez trop d’efforts, cela se fera au détriment de notre participation à la relance de l’économie !&nbsp;&raquo; argumentent les financiers. Cette menace s’appuyant sur une situation que l’on a jusqu’à maintenant peu évoqué, mais qui va progressivement l’être de plus en plus. Il s’agit de celle du marché de la titrisation, qui est complètement à plat, uniquement soutenu aux Etats-Unis par les pouvoirs publics &#8211; soit par la Fed, soit par Fannie et Freddie, dont l’avenir est incertain et sombre. Ces derniers jouant le rôle d’une bad bank inavouée, où le ménage devra bien être fait un jour ou l&#8217;autre par les pouvoirs publics. A noter que les dettes de ces deux organismes ne sont pas comptabilisés dans la dette publique américaine, ce qui est confortable pour le moment mais ne peut être définitif. </p>
<p>La question qui se pose quant à la titrisation est en effet cruciale : va-t-il ou non être possible de relancer ce marché, très durement touché par la crise majeure de confiance à son égard des investisseurs, qui ont perdu beaucoup de plumes sur celui-ci et ne s’en sont pas encore remis ?  Une tentative est à l’étude, menée par la FDIC, qui repose sur une garantie que cet organisme donnerait, afin de favoriser le redémarrage de la titrisation. Encore une intervention publique ! Mais il est déjà soulevé, non sans inquiétude, que le soutien de l’Etat n’est pas éternel, quel que soit sa forme, et que la question de savoir si la titrisation pourra un jour voler à nouveau de ses propres ailes reste entière. </p>
<p>L’enjeu est la possibilité &#8211; ou non &#8211; de relancer la machine à faire des dettes, condition de celle de la consommation et donc de la croissance. Car, sinon, il faudra se résoudre à une baisse de ces deux dernières pour une longue période, et à une accélération du basculement économique mondial en faveur des pays émergents. On est loin, encore, d&#8217;avoir trouvé comment réparer ce mécanisme brisé, afin que ce cercle donné pour vertueux puisse être rebouclé. Bien plus que la lutte contre le déséquilibre mondial (global imbalance) &#8211; dont on comprend qu’elle est largement vaine, en tout cas à court et moyen terme &#8211; la relance de la titrisation est LE sujet qui compte. Le G7 Finance a commencé à l’aborder, attendons la suite. L’espoir qui est porté en elle reflète une dure vérité : les gouvernements et les financiers n’ont pas de plan B, ils n’ont comme autre perspective que de tenter de refaire fonctionner la machine comme avant. La refondation du capitalisme est oubliée, à peine a-t-elle été formulée. </p>
<p>Après la sortie dans la neige, un banquet communautaire de viande de phoque crue était prévu à Iqaluit. La liste de ceux qui en ont rejoint la table n&#8217;a pas été communiquée. </p>
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		<title>De nouvelles méthodes pour produire et financer, par Corinne Lepage</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 11:34:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Finance]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité. 
La dégradation de la situation financière de certains Etats européens dans un premier temps, mais d’autres pourraient suivre, démontre que :

-	la crise n’est évidemment pas terminée, au contraire
-	la puissance des banques est plus grande qu’avant la crise
-	les Etats et donc les citoyens sont désormais en première ligne et ce pour deux raisons : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité. </p></blockquote>
<p>La dégradation de la situation financière de certains Etats européens dans un premier temps, mais d’autres pourraient suivre, démontre que :</p>
<blockquote><p>
-	la crise n’est évidemment pas terminée, au contraire</p>
<p>-	la puissance des banques est plus grande qu’avant la crise</p>
<p>-	les Etats et donc les citoyens sont désormais en première ligne et ce pour deux raisons : d’une part, les mesures d’austérité réclamées vont se faire sur le dos des politiques sociales, d’autre part, les citoyens et les économies locales vont être les premières victimes des spéculateurs. </p></blockquote>
<p>Cette situation impose de revenir aux fondamentaux en ce qui concerne le rôle du politique et à s’interroger sur ce que les sociétés civiles peuvent faire pour n’être pas éternellement spectatrices d’une descente aux enfers annoncée…</p>
<p>Sur le rôle du politique, force est de constater que les réformes en profondeur n’ont pas été engagées, que les Etats n’ont pas su utiliser ce moment unique qu’a été le renflouement du système bancaire pour changer les règles du jeu, imposer une nouvelle régulation, changer les méthodes de rémunération, encadrer les agences de notation, réglementer voire interdire les ventes à découvert.</p>
<p>Cette faiblesse très coupable fait que les Etats ne sont non seulement plus en mesure d’agir sauf collectivement, car ils dépendent des banques pour leur dette, mais encore sont victimes des spéculations auxquelles les banques renflouées contribuent au moins indirectement (voir l’exemple de la Grèce). Le sujet est donc celui de savoir comment, aujourd’hui les Etats à supposer qu’ils aient la volonté politique de le faire, pourraient agir. Cette question est particulièrement posée pour l’Europe qui accumule les difficultés. Or, l’orientation très libérale actuelle ne prédispose  guère à prendre des mesures drastiques à l’égard du marché financier.</p>
<p>Restent les citoyens qui, après avoir assisté au hold-up du siècle, constatent que ce qui a été pris dans les poches des contribuables et qui était officiellement destiné à renflouer l’économie réelle, sert en réalité, à les dépouiller un peu plus. La montée du chômage et des personnes en fin de droit, la mise en cause de ce qui reste de la protection sociale, la charge sur le budget des dettes qui impose un relèvement inéluctable de la fiscalité ne peuvent rester sans réaction et ce d’autant plus que les bonus continuent dans l’allégresse… il est donc impératif de trouver de nouvelles méthodes pour produire et financer qui reposent sur le <i>bottom-up</i> et la décentralisation, sur les mécanismes coopératifs et mutualistes. </p>
<p>C’est dans cette logique que j’avais, voici 15 jours, sur ce même blog lancé <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=6818">un débat sur les banques</a>. Je pense qu’il devrait continuer. Le thème de la décentralisation est fondamental car il permet d’inverser le sens de la pyramide et de se réapproprier sa vie et ses choix pour sortir de la torpeur dans laquelle la situation anxiogène dans laquelle nous vivons, nous plonge.</p>
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		<title>Le « Ce soir (ou jamais !) » du jeudi 4 février</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 08:02:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Monde financier]]></category>
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		<description><![CDATA[DomLW (Dominique Larchey-Wendling) a eu l’amabilité de faire comme les fois précédentes : découper mes interventions et les afficher sur youtube. C’est insuffisant mais c’est un début : je vais enquêter du côté de la chaîne.


L&#8217;émission en entier :
Première partie
2ème partie
3ème partie
4ème partie
5ème partie
6ème partie
7ème partie 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>DomLW (Dominique Larchey-Wendling) a eu l’amabilité de faire comme les fois précédentes : découper mes interventions et les afficher sur youtube. C’est insuffisant mais c’est un début : je vais enquêter du côté de la chaîne.</p>
<p><object width="560" height="340"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/PM9dPKFqrLA&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/PM9dPKFqrLA&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="560" height="340"></embed></object></p>
<p><object width="560" height="340"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/k9zXq5Hu_gk&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/k9zXq5Hu_gk&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="560" height="340"></embed></object></p>
<p>L&#8217;émission en entier :</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=_IOQV_LONkY">Première partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=TSfv3TUdQkk">2ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=KLcYUEvqpm0">3ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=t6_jyAuFNYw">4ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=cJbgazZ4S-I">5ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=SrMzd6Rqp7E">6ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=r-HvRPrTYKM">7ème partie</a> </p>
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		<title>L&#8217;euro à la merci des banques, par Jean-Pierre</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 06:59:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Monde financier]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie]]></category>
		<category><![CDATA[CDS]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[zone euro]]></category>

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		<description><![CDATA[Billet invité.
L&#8217;euro est en crise. A lire les articles des commentateurs avisés, la responsabilité en revient aux différents canards boiteux au sein de l&#8217;Union : les fameux PIGS, comme les ont si subtilement nommés les milieux financiers. Leurs déficits galopant expliqueraient la débâcle actuelle, ils contribueraient à semer le doute auprès des investisseurs et à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p>L&#8217;euro est en crise. A lire les articles des commentateurs avisés, la responsabilité en revient aux différents canards boiteux au sein de l&#8217;Union : les fameux PIGS, comme les ont si subtilement nommés les milieux financiers. Leurs déficits galopant expliqueraient la débâcle actuelle, ils contribueraient à semer le doute auprès des investisseurs et à alimenter la panique. Mais à y regarder de plus près, les événements ne se sont pas déroulés de la sorte. Récapitulons brièvement les faits.</p>
<p>La Grèce est le gros souci de l&#8217;Union. C&#8217;est ce que nous serinent les médias, banques, économistes et finalement politiciens de tous bords. Certes, on ne peut nier que les finances de cet État soient dans un état lamentable. Depuis que le pays est gouverné par une nouvelle équipe, le déficit a subitement doublé, dépassant les 13% du PIB. Il ne faut pas s&#8217;étonner de la chose : les chiffres communiqués par le gouvernement précédent étaient embellis. Mais qui nous assure que les nouveaux soient fiables ?  Personne, bien sûr. En réalité, cela n&#8217;a aucune importance. Tout ce qu&#8217;on en déduit formellement est que la Grèce est dans la dèche. Son nouveau gouvernement a calculé ses besoins pour cette année : 53 milliards d&#8217;euros. Sans doute la seule donnée fiable de tout cet imbroglio.</p>
<p>Mise sous pression, la Grèce a dû démontrer qu&#8217;elle avait un plan de redressement approprié. L&#8217;Europe et ses membres lui ont d&#8217;ailleurs fait la leçon : si elle ne parvient pas à réduire son déficit à 3% du PIB d&#8217;ici 2012, les sanctions tomberont. Il n&#8217;est initialement fait aucune allusion à une quelconque aide de la part de l&#8217;Europe. Le pays doit s&#8217;en tirer seul. </p>
<p><span id="more-7680"></span>Et il s&#8217;affaire, ce petit pays. Il convoque un consortium de banques qui doit lui élaborer un emprunt international digne de ce nom. Le Crédit Suisse est choisi pour le diriger. Ce dernier s&#8217;accoquine avec la Deutsche Bank, Morgan Stanley et Goldman Sachs pour mener la besogne à son terme. La Grèce souhaite récolter 5 milliards d&#8217;euros à cinq ans. Ces quatre banques lui concoctent un emprunt très attrayant et sollicitent les investisseurs. Ces derniers ne se font pas priés. Ils sont tout bonnement enchantés par les conditions qui leur sont offertes. Dame ! 4% de plus qu&#8217;un emprunt allemand équivalent, on ne rechigne pas à une telle aubaine. Les banques du consortium récoltent en quelques heures pour l&#8217;équivalent de 25 milliards d&#8217;euros d&#8217;intentions d&#8217;achat. Un succès qui permet à la Grèce de revoir les conditions initiales de son emprunt. Le coupon passe de 6,35% à 6,10%. Le gouvernement grec stoppe prématurément la souscription et se satisfait de 8 milliards en tout, quand même 60% de plus que prévu. Tout le monde est aux anges.</p>
<p>Jusqu&#8217;ici, rien de particulier à signaler. Le succès retentissant de ce placement vaut les louanges les plus élogieuses du monde politique européen, des banques et même de la banque centrale européenne. Ils sont unanimes : la Grèce est sur la bonne voie. Son problème sera résolu. L&#8217;Europe s&#8217;en tirera. Le lendemain, pourtant, le cours de cet emprunt qui se négocie déjà sur le marché secondaire chute de 3% d&#8217;un coup. Dans le monde obligataire, une telle variation est énorme. Que s&#8217;est-il passé ? Les investisseurs sont outrés. Ils affirment haut et fort avoir été floués.</p>
<p>On peut effectivement le craindre. Car si un tiers des ordres a été satisfait, il est impossible qu&#8217;une large part des deux tiers restant ne cherche à obtenir sa part sur le marché. Le cours aurait par conséquent dû résister, voire grimper. S&#8217;il chute, c&#8217;est que des investisseurs ayant acquis les titres les vendent précipitamment. Et cela le lendemain d&#8217;une opération couronnée de succès ?!? Non, on avance d&#8217;emblée l&#8217;idée que les banques ont falsifié leur carnet de commandes, pour attirer plus facilement les investisseurs finaux. Bien sûr, elles démentent. Alors quoi ?</p>
<p>On apprend le jour de cette débâcle que la banque américaine Goldman Sachs, membre du consortium, avait de sa propre initiative contacté les autorités chinoises pour lui demander si elles étaient intéressés par 25 milliards d&#8217;euros d&#8217;emprunts grecs. La Chine décline cette offre. Le gouvernement grec s&#8217;offusque d&#8217;être pris ainsi au dépourvu et condamne les agissements de la banque américaine. Saine réaction, avouons-le. Mais le mal était fait, l&#8217;attention des investisseurs s&#8217;est portée sur cette affaire. L&#8217;euro a souffert. C&#8217;est que bon nombre d&#8217;entre eux ont rapidement compris qu&#8217;il n&#8217;y avait pas que la Grèce dans un état piteux en Europe. D&#8217;aucuns ont commencé à se débarrasser d&#8217;un trop plein de titres souverains européens. </p>
<p>La Grèce et l&#8217;Europe sont les premières victimes de cette situation. Le pays, parce que l&#8217;affaire l&#8217;affaiblit et lui compliquera la vie lors de nouvelles émissions. L&#8217;Europe, parce que les oscillations de l&#8217;euro dépassent son entendement. Nos politiciens, eux, dans leur grande majorité, affirment que cette histoire n&#8217;est qu&#8217;un fait divers et que la baisse de l&#8217;euro est une bonne nouvelle pour les exportateurs. Ils oublient que les principaux exportateurs produisent des produits pointus dont le prix est non tributaire des mouvements des monnaies. Quant aux produits courants, l&#8217;Europe en importe davantage qu&#8217;elle n&#8217;en exporte (hors d&#8217;Europe).</p>
<p>Une enquête est toutefois ouverte sur ces agissements inhabituels. Une semaine après ces évènements, de nouveaux arguments sont avancés par les banques du consortium. La première explication concerne le carnet de commandes. Ce ne sont pas elles qui l&#8217;ont gonflé, mais les investisseurs. Pour être certains d&#8217;obtenir les titres tant convoités, certains investisseurs auraient commandé un multiple de ce qu&#8217;ils étaient véritablement capables d&#8217;assumer. Voilà pourquoi les 17 milliards manquant auraient disparu dès le lendemain.</p>
<p>Cette explication ne tient pas la route. S&#8217;il est vrai qu&#8217;on commande parfois davantage qu’on ne souhaite réellement, lorsque l&#8217;émission est clôturée on n&#8217;obtiendra qu&#8217;une fraction de la commande. Même celui qui serait privilégié et obtiendrait tout, donc trop par rapport à ce qu&#8217;il peut financer, trouverait facilement preneur pour le remplacer. Car, ne perdons pas de vue que si on gonfle sa commande, c&#8217;est qu&#8217;on croit dans ce qu&#8217;on achète. On ne dilapide pas son bien le jour suivant !</p>
<p>Cette explication rejetée, les banques en avancent une nouvelle, plus cocasse encore. C&#8217;est la faute au gouvernement grec ! Oui, ce dernier, suite au succès de son émission, avait promptement annoncé qu&#8217;il allait en lancer une nouvelle dans la quinzaine, un nouvel emprunt, mais à dix ans cette fois-ci. Cette annonce, affirment les banques, aurait tout d&#8217;un coup refroidi les ardeurs des investisseurs. Et prévoyant une chute future des cours, ils se seraient débarrassés des titres fraichement acquis. </p>
<p>Cette explication est encore moins convaincante que la précédente. On imagine mal un investisseur accepter une perte de 3% le lendemain de son acquisition parce qu’il est furieux. Si le succès de l&#8217;emprunt provenait de son différentiel par rapport aux emprunts allemands, pourquoi irait-il alors le vendre ? Et quant à la Grèce, on ne peut raisonnablement pas lui reprocher d&#8217;essayer de profiter de l’engouement qu&#8217;a suscité sa première émission de l&#8217;année. De plus, qu&#8217;est-ce qu&#8217;un emprunt annoncé à dix ans a à voir avec un autre à cinq ans ? Il s’agit de deux segments distincts du marché qui s&#8217;adressent le plus souvent à des investisseurs différents. L&#8217;argument ne tient donc pas du tout.</p>
<p>Il devient de plus en plus clair que ce sont les banques elles-mêmes qui ont occasionné cette débâcle. Et la suite confirme cette hypothèse. Les grandes banques ayant pignon sur rue sur les marchés internationaux ne se contentent pas de jouer le rôle d&#8217;intermédiaire financier qu&#8217;elles sont, mais agissent pour leur propre compte. Comme elles constituent l&#8217;intermédiaire incontournable de tous les marchés financiers, tout ordre, d&#8217;où qu&#8217;il émane, passe entre leurs mains. En outre, les banques font aussi fonction de teneur de marché. Ce sont donc elles qui déterminent le prix. Alors, pensez au magot qu&#8217;elles ont pu réaliser par la baisse orchestrée de l&#8217;euro. Et ceci en manipulant somme toute un tout petit emprunt à l&#8217;échelle mondiale. Voilà un bel effet de levier, avouons-le.</p>
<p>Elles ne se sont d&#8217;ailleurs pas arrêtées en si bon chemin. Outre les couvertures prises via les Credit–Default Swaps (CDS) contre les risques que présentent les PIGS, il leur fallait maintenant aussi faire fructifier ces derniers. Alors, quoi de plus simple que de s&#8217;attaquer aux Bourses et emprunts de ces pays ? Les politiciens européens en sont littéralement restés pantois. Les Bourses en question chutent, entraînant les autres dans leur sillage. Une panique s&#8217;installe chez les investisseurs réguliers. Ils ne comprennent plus. Nous allions sortir de la crise, nous affirmait-on sur tous les tons. Et voilà que cela craque à nouveau. Ces investisseurs emballeront la machine et les banques attendent tranquillement pour ramasser les magots délaissés. Dans l&#8217;intervalle, si leurs CDS le leur permettent, elles les exercent et encaissent encore plus sur le dos des investisseurs normaux.</p>
<p>L&#8217;histoire n&#8217;est pas finie. Parallèlement à tout cela, il y a les banques centrales occidentales. Elles avaient décidé à la fin de l&#8217;année passée qu&#8217;elles allaient stopper leurs largesses vis-à-vis des banques. Certes, elles ne le feraient pas abruptement, mais il fallait qu&#8217;elles se mettent à agir en ce sens. Il devenait indispensable d&#8217;étayer l&#8217;affirmation que la crise est résorbée et la reprise en route. Jusqu&#8217;à présent aucune de ces banques n&#8217;a changé sa politique. Quelques détails ont été adaptés, mais le gros des mesures subsiste.</p>
<p>Est-ce par mégarde, est-ce par oubli ou serait-ce sciemment, mais Jean-Claude Trichet, le très éclairé président de la BCE, a omis de signaler qu&#8217;il acceptait encore des titres grecs en guise de nantissement pour les crédits qu&#8217;il allouait aux banques. Cet oubli a fortement irrité les banques. Elles cèdent volontiers des emprunts d&#8217;état pour obtenir du crédit à vil prix auprès de leur banque centrale. Si les emprunts grecs ne sont plus recevables &#8211; parce qu&#8217;ils pourraient subir une nouvelle rétrogradation, nous dit-on &#8211; ils deviennent inutiles. Donc on s&#8217;en débarrasse. Voilà qui a fortement pesé sur le cours de ces emprunts. Et c&#8217;est exactement ce qui s&#8217;est produit. Tous les emprunts grecs ont chuté, tous de l&#8217;ordre de 3%, voire plus.</p>
<p>Mais ce faisant, ces banques ont placé les gouvernements européens devant une énorme responsabilité. Ils devront en effet faire très attention quand ils lanceront leurs emprunts. Les banques leur dicteront les conditions. Quant aux banques centrales occidentales, ces actions leur empêcheront de changer de cap. Les taux d&#8217;intérêt resteront faibles et stables encore un bon moment si les banques continuent  librement ce petit jeu. Et elles préparent déjà la suite. L&#8217;agence Moody&#8217;s vient d&#8217;annoncer que si les USA ne prenaient pas de mesures draconiennes en matière de résorption des déficits, elle se verrait contrainte de rétrograder la notation du pays. En clair : la prochaine cible, après l&#8217;euro, c&#8217;est le dollar.</p>
<p>Quand empêchera-t-on ces banques de nous nuire avec autant de désinvolture ? Quand nos dirigeants politiques comprendront-ils le jeu malsain qui se déroule devant leurs yeux et qu&#8217;ils financent  de surcroît ? Seraient-ils tous myopes, bornés ou, pis, incompétents ? Je n&#8217;ose le croire.</p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: digestion très laborieuse pour les deux bulles financières, Par François Leclerc</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 05:49:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Comité de Bâle]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité.
DIGESTION TRES LABORIEUSE POUR LES DEUX BULLES FINANCIERES
La crise est-elle soluble dans l’eau ? C’est la question que certains doivent se poser, qui l&#8217;espèrent encore, afin que les affaires repartent sans trop tarder. Mais ce qui est en train de se passer ne répond pas exactement à leur attente. Car nous constatons que les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>DIGESTION TRES LABORIEUSE POUR LES DEUX BULLES FINANCIERES</strong></p>
<p>La crise est-elle soluble dans l’eau ? C’est la question que certains doivent se poser, qui l&#8217;espèrent encore, afin que les affaires repartent sans trop tarder. Mais ce qui est en train de se passer ne répond pas exactement à leur attente. Car nous constatons que les deux grosses bulles financières résultant des mesures de sauvetage et de relance que les gouvernements ont adopté &#8211; la bulle privée et la publique &#8211; ne sont pas près d&#8217;être résorbées et commencent à produire, chacune, de sérieux dégâts. Dans un contexte où la sortie de la récession est incertaine et la rechute possible.  </p>
<p>La bulle privée se prépare à perturber l’économie des seuls pays qui continuent de connaître une franche croissance économique. En Asie principalement, mais également au Brésil, où les capitaux sont massivement présents, à la recherche des meilleures affaires, pour investir ou pour faire des raids dans le cadre du <i>carry trade</i>. </p>
<p>La bulle publique se révèle si dure à digérer que l’on en vient à se demander si cela va être possible de la contenir et de la résorber. Comme si les Etats avaient présumé de leurs forces en combattant les effets économiques de la déroute financière et en finançant les banques, et qu&#8217;ils étaient allés trop loin. La dette cumulée des pays du G7 atteint désormais environ 30 mille milliards de dollars, dont 22 mille milliards pour les seuls Etats-Unis et le Japon. La Grèce y contribue pour un ridicule 300 milliards ! Ces chiffres mettent en perspective la crise actuelle. </p>
<p><span id="more-7610"></span>Le monde financier, quant à lui, a repris confiance et initiative. Il mène trois batailles simultanées en vue de se préparer des jours meilleurs :</p>
<p> 1/ Davos a été l&#8217;occasion du coup d’envoi de son offensive, en vue de canaliser et réduire tous les projets visant à le taxer et à restreindre ses activités. C’est sur le Sénat américain qu’il compte pour bloquer sans attendre la réforme lancée par Barack Obama sous le nom de « Volcker’s rule » ; cela est pour l’instant bien parti. Auditionné hier par le Sénat, Paul Volcker, âgé de 82 ans, a déclaré en parlant de la prochaine crise : &laquo;&nbsp;je ne vivrai peut-être pas assez longtemps pour voir la crise, mais mon âme reviendra vous hanter&nbsp;&raquo;.</p>
<p>2/ C’est à l’usure, parallèlement, que ce monde enfermé sur lui-même pense pouvoir émousser le projet du Comité de Bâle de renforcement des fonds propres des établissements financiers ; cela s’annonce assez bien, car il y a plein de chausses trappes possibles. Le diable est du côté des banques, faut-il s&#8217;en étonner ? </p>
<p>3/ Enfin, il entend obtenir une place privilégiée sur le marché obligataire, afin de se financer. Déterminé à passer devant des Etats coupables de lourdement peser sur le marché avec leurs déficits persistants. Tous les Etats étant également fautifs, mais certains l’étant plus que d’autres à leurs yeux : ceux qui sont les plus fragiles, à qui il peut être plus facilement intimé l’ordre de rentrer dans le rang, surtout s&#8217;ils sont laissés seuls dans l&#8217;épreuve. L’Europe est pour le monde financier un terrain de jeu de choix, ses maillons les plus faibles propices à l&#8217;usage ostensible de son savoir faire. Car derrière l&#8217;anonymat des marchés, leur réactions psychologiques si imprévisibles, il y a des acteurs et des calculs. Dont la BCE, dont les moyens sont à ce niveau considérables. </p>
<p>Les pays européens qui sont visés dans l’immédiat ont mesuré que l’effort exigé de leur part ne pourra être réalisé sans secousses sociales à l&#8217;ampleur et aux conséquences tout autant imprévisibles, que s’il est en partie soulagé par une aide financière. Or, elle fait défaut pour le moment. On verra comment les plus grands pays réagiront plus tard, s&#8217;ils persistent aujourd&#8217;hui dans leur facile intransigeance. </p>
<p>Au-delà des cas et de cette phase de la crise, l’impasse actuelle renvoie à une problématique plus générale, encore en pointillés.  A propos de laquelle le FMI a lancé un ballon d’essai qui n&#8217;a pas attiré l&#8217;attention, en évoquant une éventuelle allocation supplémentaire de droits de tirage spéciaux (DTS) pour financer la lutte contre le changement climatique. Il n&#8217;est pas interdit de spéculer, à notre tour, et d&#8217;envisager que le FMI puisse également, toujours grâce à la création de DTS, prendre demain le relais des banques centrales, qui ne pourront toujours pas &#8211; ou ne pourront plus &#8211; contribuer par voie de création monétaire au financement des Etats, en achetant leurs obligations. </p>
<p>Bien que cette approche soit passablement dérangeante pour les tenants du titre, car elle reviendrait à engager une réforme d’ensemble du système monétaire international, au détriment du dollar, elle devra d’une manière ou d’une autre être tôt ou tard sérieusement prise en considération. Car il n’est pas garanti que le marché obligataire va pouvoir absorber, sans le faire chèrement payer et alourdir les additions, toutes les demandes des Etats, des établissements financiers et des grandes entreprises, qui vont se bousculer. Ni qu’il soit possible d’imposer, pour une période qui s&#8217;annonce longue, une rigueur drastique ainsi qu&#8217;une atteinte au <i>bouclier social</i>, alors que la consommation est déjà en berne, et que l&#8217;évolution du pouvoir d&#8217;achat n&#8217;a pas devant lui de glorieuses perspectives, sauf pour les plus aisés. Il faudra bien, si ces solutions se révèlent faire sérieusement problème, trouver une échappatoire. Afin d’aider à digérer l’énorme bulle publique, qui sans cela ne passera pas. Car il ne va pas falloir compter sur la croissance, derrière laquelle on se réfugie encore. </p>
<p>Et la bulle privée, a-t-elle de son côté des effets ? Une déclaration effectuée il y a deux semaines par Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, est aussi passée assez inaperçue dans la presse européenne, décidément ! Sans doute parce qu’elle concerne cette fois-ci l’Asie (dont on parle peu), bien qu’elle explicite clairement la situation qui s’y est développée, ainsi que ses dangers potentiels. Celui-ci a tout bonnement appelé les gouvernements asiatiques à étudier la mise en place de mesures temporaires de contrôle des capitaux, afin de limiter les risques de bulles d&#8217;actifs. Un propos pour le moins inhabituel, dont on doit se demander ce qui a pu le justifier. </p>
<p>C’est que, si l’on a non sans raison fait grand cas du danger représenté par la bulle financière chinoise &#8211; créée par un colossal plan de relance sous forme de crédits bancaires à tout va &#8211; on a moins parlé de l’afflux d’une énorme quantité de capitaux occidentaux en Asie, attirés par la croissance économique de la région. Toutes les mégabanques ayant décidé d’y réorienter leurs activités, munies de la panoplie au grand complet de leur offre financière. Au premier rang de laquelle le <i>carry trade</i>, une activité pénalisante pour les pays qui lui servent de terre d&#8217;accueil, qui voient le cours de leur monnaie grimper, faisant en retour obstacle à leurs exportations. Tout ceci contribuant au développement local de bulles financières, notamment immobilières et boursières, potentiellement déstabilisatrices pour l’économie. Alors que les banques asiatiques et brésiliennes étaient largement prémunies des effets de la crise des subprimes, n’ayant pas comme leurs consoeurs européennes succombé aux charmes douteux des produits financiers américains haut de gamme. </p>
<p>Le monde financier a maintenant les yeux tournés vers l’Asie, ses poches grandes ouvertes, fasciné par le potentiel d’affaires qu’il représente. Et il ne viens pas tout seul, mais apporte avec lui ses petites turpitudes, comme il se doit. Une part de plus en plus importante du commerce mondial est désormais régional (Sud-Sud comme on disait auparavant, pour distinguer ces échanges du commerce Nord-Sud, entre pays développés et ceux qui ne l&#8217;étaient pas). L’Inde, le Japon et la Chine en sont en Asie les trois principaux piliers (50% du commerce japonais est avec la Chine). Les mégabanques volent donc au secours de la victoire, se battant pour détenir d&#8217;importantes parts de ce marché du siècle, alors que l’Europe et les Etats-Unis ne sont plus en mesure de leur fournir les opportunités qu’elles ont su y créer, y saisir &#8230;. et y épuiser. Les emplois de demain sont à l’Est, les marchés aussi. Cela fait plaisir de voir des gens qui ont des convictions. </p>
<p>Devant la détérioration du bilan de leurs banques et l&#8217;accroissement de la bulle immobilière et boursière que leur politique de brutale ouverture des vannes du crédit a suscité, les autorités chinoises viennent de réagir afin de restreindre sa distribution. Notamment en obligeant les banques à accroître leurs réserves. L’agence de notation Fitch ayant, à titre de coup de semonce, dégradé la note de deux banques chinoises moyennes : China Citic Bank et China Merchants Bank. Mais le malheur veut que c’est toute l’Asie qui est touchée par l’afflux des capitaux occidentaux. Ceux-ci contribuent à la création de bulles financières locales &#8211; dans la région même dont l’économie occidentale attend tant de la croissance pour impulser la sienne &#8211; et par voie de conséquence à la maturation d’une nouvelle phase de la crise. </p>
<p>La digestion de cette bulle financière privée risque, comme celle de la dette publique, de ne pas être aisée et d’avoir de fortes conséquences globales. On ne dira jamais assez combien la finance moderne apporte une contribution essentielle à l’économie. </p>
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		<title>A-t-on tiré les leçons de la crise ?</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 17:30:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde financier]]></category>
		<category><![CDATA[matières premières]]></category>
		<category><![CDATA[spéculation]]></category>

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		<description><![CDATA[Bonne question, n’est-ce pas ? 
Alors, n’ouvrez pas les liens ci-dessous avant de vous être assuré d’être confortablement assis (cardiaques, s’abstenir !)
Voyez ceci et cela.
Non, ce ne sont pas des faux : ceci figure réellement au Journal Officiel.   
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonne question, n’est-ce pas ? </p>
<p>Alors, n’ouvrez pas les liens ci-dessous avant de vous être assuré d’être confortablement assis (cardiaques, s’abstenir !)</p>
<p>Voyez <a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/arrete-Goldman-sachs-fournisseur-de-gaz.pdf">ceci</a> et <a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/arreté-JP-Morgan-fournisseure-de-gaz.pdf">cela</a>.</p>
<p>Non, ce ne sont pas des faux : ceci figure réellement au <i>Journal Officiel</i>.   </p>
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		<title>Résultat des courses, par Jean-Pierre Voyer</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 16:36:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie]]></category>
		<category><![CDATA[création monétaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Billet invité.
Résultat des courses
Après publication sur le blog de Paul Jorion, je comprends en lisant les communications de deux intervenants (J. Bayard pour l’erreur dans le déroulement de la compensation et… je n’arrive pas à retrouver l’autre. Je ne me souviens pas de la remarque qui a déclenché ce qui suit et je ne la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>Résultat des courses</strong></p>
<p>Après publication sur <a href=http://www.pauljorion.com/blog/?p=7050>le blog de Paul Jorion</a>, je comprends en lisant les communications de deux intervenants (J. Bayard pour l’erreur dans le déroulement de la compensation et… je n’arrive pas à retrouver l’autre. Je ne me souviens pas de la remarque qui a déclenché ce qui suit et je ne la retrouve pas) que 1) mon modèle est irréaliste car les règlements qui soldent les positions ne se font pas automatiquement, comme je l’imaginais, mais « manuellement » sur le marché interbancaire (à vérifier). Ce serait mieux complètement automatique avec un taux d’intérêt fixé chaque jour à 7 h pour la journée selon certaine règles ; mais bon… 2) je comprends soudain l’intérêt de la compensation, <i>son concept</i> : transformer un difficile problème de règlements dans tous les sens en un facile problème de virements de compte à compte dans chacune des banques impliquées, moyennant le règlement des positions (j’ai d’ailleurs lu cela je ne sais où lors de mes recherches — la compensation ramène le problème à des virements de compte à compte —, sans comprendre… car il n’était pas précisé : dans une même banque et je me demandais comment on pouvait faire des virement de compte à compte dans plusieurs banques). Il n’y a pas du tout besoin de monnaie pour effectuer tous les mouvements de comptes sauf pour les mouvements réels à la Banque de France. À la fin de l’opération les comptes « Compensation » sont soldés.</p>
<p>En tant que comptable, je me demandais : « Si ces règlements compensés <i>ne touchent pas la trésorerie des banques</i>, trésorerie où est logée toute la monnaie scripturale, cas dans lequel le débit du compte client le serait par le crédit d’un compte de trésorerie (Caisse ou Banque de France), quel compte dans ce cas sera crédité ? Le compte « compensation » (et même chose pour les clients créditeurs : c’est le compte compensation qui sera débité). C’est ce compte qui permet de résoudre le problème de règlement en un simple problème de virements compte à compte en interne. J’ignore quelle est le nom de ce compte s’il existe. L’usage en comptabilité est que, lorsqu’il vous manque un compte pour passer des écritures, vous le créez purement et simplement. Si ce compte, sous un nom ou sous un autre n’existe pas, c’est à dire si le procédé est autre que je l’imagine, eh bien qu’on me le montre, qu’on ne se contente pas de me dire qu’il a lieu. C’est beau quand même. J’ai toujours trouvé la comptabilité belle. Donc, hormis le règlement qui solde les positions, le cas est ramené à un cas précédent : le cas de la compensation entre clients d’une même banque.</p>
<p>Il faut encore remarquer que les clients d’une même banque qui ont des dettes et des créances envers les clients d’une autre banque, ne se doivent rien entre eux. Les virements de compte à compte par l’intermédiaire du compte compensation (virements triangulaires) ne sont pas des virements de débiteur à créanciers mais des virements de débiteurs de clients d’une autre banque à créanciers de clients d’une autre banque par l’intermédiaire du compte « Compensation ». Y a-t-il paiement des créanciers de l’autre banque et paiement des créancier de notre banque par les débiteurs de l’autre banque ? Oui. Par la magie de la compensation, des règlements entre gens qui ne se doivent rien dans une banque entraînent des paiements à distance dans une autre banque sans aucun déplacement de fonds (excepté à la Banque de France) et réciproquement.</p>
<p><span id="more-7624"></span>Résumons les faits : les clients créditeurs des banques (le fait qu’ils soient créditeurs n’est autre qu’une autorisation de tirer à vue) tirent, tirent, tirent sur leurs banques et jamais leurs projectiles n’atteignent la trésorerie des banques ; ils sont absorbé par le gros matelas de la compensation. Seules les positions atteignent la trésorerie des banques dans les livres de la Banque de France. et, me dit J. Bayard, même pas : le règlement des positions se ferait hors trésorerie, donc eux aussi par une sorte de compensation, je ne sais car J. Bayard ne m’a     pas communiqué l’explication que je lui ai demandée. Ni personne d’autre.</p>
<p>Certes, j’ai admis suite à la remarque de J. Bayard  que le financement des positions se font sur le marché interbancaire, avec un taux soumis à l’offre et à la demande, après la compensation car cela ne change rien à mon modèle ; mais selon moi et le <i>Manuel de l’intersyndicale de la Banque de France pour la préparation au concours de secrétaire-comptable</i> les règlements se font nécessairement par virement compte à compte à la Banque de France. Je veux bien croire qu’il existe un manière pour les banques d’effectuer ces transactions sans recourir à leurs comptes courants, <strong>mais il faudra d’abord me montrer comment elles font</strong>, quels sont les comptes mouvementés et où ils se trouvent, dans quels livres ou par toute autre manière. Je ne me contenterai jamais de déclaration péremptoire.</p>
<p>*   *   *</p>
<p>Avec ce que j’ai appris au cours de cet exercice, je peux répondre à une question qui, pour un comptable est la plus importante : quelles sont les écritures qui sont passées avant et après la compensation.</p>
<p>Les banques remettantes mettent à l’encaissement les chèques que leurs clients ont reçus en paiement. Si le tireur du chèque est un client de la banque, une simple écriture suffira, sans aucun recours à quelque trésorerie que ce soit :</p>
<blockquote><p>_______________________________________<br />
Par client A, virement de B………….100<br />
__________ à client B, virement à A………&#8230;100<br />
_______________________________________</p></blockquote>
<p>Sinon, il faut recourir à la compensation.<br />
La banque remettante vérifie et copie recto-verso le chèque (le post-marque peut-être), l’archive, puis crédite ses clients en passant les écritures suivantes (portant toutes les mentions nécessaires à la compensation, ce que je ne fais pas ici) :</p>
<blockquote><p>_______________________________________________<br />
Par Compensation, Mallet, ch. 236145………..341<br />
__________ à Client Petiot, ch. de Borodine ………&#8230; 341<br />
_______________________________________________<br />
Par Compensation, Neuflize ch 265987.……1.000<br />
__________ à Client Dufot, ch. de Batavia…………1.000<br />
_______________________________________________<br />
…… etc</p></blockquote>
<p>Puis elle adresse copie (remise électronique) du compte « Compensation » au Centre de compensation à l’heure dite.<br />
Toutes les banques font de même. Une minute (quart d’heure, demi-heure, heure, milliseconde) après l’heure dite de la compensation, les banques reçoivent le résultat de la compensation. <i>Elles connaissent alors leurs positions</i>. Elles les soldent en empruntant et en prêtant sur le marché interbancaire. Puis elles passent, grâce à la liste fournie par le Centre de compensation, des écritures qui débitent ses clients du type :</p>
<blockquote><p>__________________________________________<br />
Par client Dupont, ch. 424564…………&#8230;250<br />
______________ à Compensation………….…..250<br />
__________________________________________<br />
Par client Durand, ch. 346951…………&#8230;125<br />
______________ à Compensation………….…&#8230;125<br />
__________________________________________<br />
……..etc</p></blockquote>
<p>Enfin, elles passent les dernières écritures (il y aura autant de lignes d’écriture que de banques moins une qui participent à l’opération de refinancement) ;</p>
<blockquote><p>soit pour une position débitrice :<br />
______________________________________________________<br />
Par Compensation…………………………………&#8230;.2.364<br />
_________ à Banque de France, virement à banque X.………2.364<br />
______________________________________________________<br />
(le compte de la banque dans les livres de la BDF sera débité)<br />
soit pour une position  :<br />
_______________________________ _______________________<br />
Par Banque de France, virement de banque X…..…&#8230;.3.654<br />
__________à Compensation……….…………………………3.654<br />
______________________________________________________<br />
(le compte de la banque dans les livres de la BDF sera crédité) </p></blockquote>
<p>Et voilà, le compte « Compensation » soldé, les clients débiteurs débités et les clients créditeurs, crédités, sans aucun mouvement d’argent. Tout le monde a payé ou encaissé sans un seul mouvement d’argent sinon ceux des soldes des positions sur les comptes des banques dans les livres de la Banque de France.<br />
Ainsi, le compte « Compensation » est comme une trésorerie fantôme des banques. Les seuls dépôts qui atteignent la trésorerie des banques sont les dépôts en billets et ceux qui viennent de l’étranger et les 2% de « chèques circulants » non remis à la compensation. Les écritures pour ces dépôts seront du genre :</p>
<blockquote><p><strong> Débit de la trésorerie de la banque ; Crédit du compte client. </strong><br />
(quel est l’évènement enregistré par cette écriture ? <strong>Un encaissement</strong> à gauche et <strong>l’inscription d’une promesse de payer</strong> à l’ordre de… à droite)<br />
Sinon, les dépôts effectués par chèques ou virements seront du genre :<br />
      <strong> Débit du compte « Compensation » ; Crédit du compte client. </strong><br />
(quel est l’évènement enregistré par cette écriture ? <strong>Un encaissement fantôme</strong> à gauche et <strong>l’inscription d’une promesse de payer</strong> à l’ordre de… à droite)<br />
 Quant aux prêts consentis par la banque à ses clients :<br />
      <strong> Débit du compte « Créance clients » ; crédit du compte client. </strong><br />
(quel est l’évènement enregistré par cette écriture ? <strong>Une promesse de remboursement</strong> à gauche et<strong>l’inscription d’une promesse de payer</strong> à l’ordre de… à droite. <strong>Autrement dit, il n’y a pas d’encaissement, donc IL N’Y A PAS DE DÉPÔT</strong>)</p></blockquote>
<p>On voit que ce prétendu « dépôt » n’atteint ni la trésorerie, ni la compensation. Pour être véritablement un dépôt, il devrait soit atteindre la trésorerie, soit la trésorerie fantôme. Ensuite, quand le client tire sur la banque, les règlements se font par la compensation et n’atteignent pas la trésorerie de la banque. Or, dans la compensation, il ne circule pas du tout d’argent, il n’y a pas du tout d’argent. Il y a seulement manipulation algébrique <i>des inscriptions de promesses de payer</i>. <strong>Voilà donc pourquoi un crédit consenti à un client ne crée pas d’argent. Il crée seulement l’inscription d’une promesse de payer</strong>. Ensuite, quand il s’agit d’honorer cette promesse,<strong>c’est à dire quand il s’agit de payer</strong>, c’est une autre affaire, il faut trouver de l’argent car ces promesses de payer là ne circulent pas et personne n’en voudrait si elles tentaient de le faire. Le seul argent qui circule entre les banques le fait de compte à compte dans les livres de la BDF lors du solde des positions. Et la seule création d’argent est le fait de la banque centrale. Le volume M1 – M0 n’est pas un volume d’argent. C’est un volume d’<i>inscriptions de promesses de payer à l’ordre de…</i></p>
<p>Cette trésorerie fantôme est remise à zéro au moins une fois par jour. C’est donc une trésorerie zéro parfaite. Il n’y a donc pas de création d’argent de son fait.</p>
<p>La trésorerie fantôme est néanmoins reliée à la trésorerie des banques par les règlements des positions. Les véritables mouvements de fonds ont lieu sur les comptes courants des banques dans les livres de la Banque de France. Pour régler les découverts temporaires à la BDF — du fait que tous les ordres de virement n’ont pas lieu en même temps puisqu’il y a recherche sur le marché interbancaire — la BDF fait des facilités, payantes évidemment, aux banques qui sont débitrices provisoirement dans les  livres de la BDF pour quelques instant, de la milliseconde à… disons une heure. Quand le <i>round</i> de la compensation est terminé, les banques qui étaient provisoirement à découvert se retrouvent créditrices, comme prévu par la compensation, et peuvent donc rembourser immédiatement la BDF.</p>
<p>Je remarque encore que les comptes des clients sont situés en classe 2, <i>Comptes d’opérations avec la clientèle</i>, classe qui n’est pas celle des comptes de trésorerie, classe 1, <i>Opérations de trésorerie et interbancaires</i>. Les comptes mouvementés par la compensation ne sont donc pas des comptes de trésorerie. La compensation consiste donc à manipuler des inscriptions de promesses de payer en circuit fermé et qui ne sortent pas des livres de la banque et non pas de l’argent. Le volume M1 – M0 est un volume d’ inscriptions de promesses de payer. Si les inscriptions de promesses de payer étaient de l’argent, il ne pourrait pas y avoir de <i>bank run</i>. Ces promesses-là ne sont pas plus de l’argent que les provisions pour risques et dépréciations. Les provisions pour risque et dépréciation sont créditées par le débit d’un compte de charges : <i>Dotation aux provision</i>s. Les provisions des comptes clients sont créditées soit par le débit de la <i>Trésorerie</i>, soit par le débit du compte <i>Compensation</i> (s’il existe, j’aimerais bien savoir dans quelle classe il est), soit par le débit du compte <i>Créances sur la clientèle</i>. (Quelqu’un pourrait-il m’adresser le plan comptable détaillé des banques françaises ? Le courrier électronique est réparé et fonctionne à nouveau.) J’apprends à l’instant que le plan comptable des banques est classé par liquidité décroissante : 1 cash (Caisse et CC BDF) ; 2 comptes d’opérations avec la clientèle ; 3 autres comptes financiers ; 4 Valeurs immobilisées ; 5 Capitaux permanents (c’est là que sont les provisions, ce qui est bien la preuve qu’elles ne sont pas de l’argent et qu’elles sont loin d’en être. Elles sont aussi peu de l’argent que les capitaux. Il n’y a pas d’argent là). Puisque les CC clients sont moins liquides que Caisse et CC BDF, c’est donc la preuve que les sommes qui y sont constatées, aussi liquides soient-elles, ne sont pas des sommes d’argent mais seulement <i>des inscription de promesses de payer à l’ordre de…</i> Cela confirme mon opinion de trésorier-comptable : <strong>il n’est d’argent que de trésorerie</strong>. Le reste peut être transformé en argent, plus ou moins facilement, mais ce n’est pas de l’argent. M1 &#8211; M0 n’est pas une masse d’argent mais seulement une masse <i>d’inscription de promesses de payer à l’ordre de…</i> La définition de l’argent serait alors : 1) ce qui peut payer 2) ce qui a cours (on ne peut refuser le paiement) 3) ce qui est complètement disponible (c’est à dire ne nécessitant pas de liquidation). Seul ce qui est en trésorerie (dans la caisse à la banque et sur les comptes des banques dans les livres de la Banque de France) sont complètement disponibles. Cela me permet de faire cette remarque : autrefois, l’argent était de l’or monnayé, puis ce fut des billets de banques. Qu’est-il aujourd’hui ? <i>Un nombre réel positif</i> est argent ou non selon le compte où il se trouve. Seuls sont argent les nombres inscrits au crédit des banques dans les livres de la BDF. Ils ont le pas sur les billets puisque ceux-ci doivent être achetés par la banque par débit de son compte dans les livres de la BDF. Point final. Il n’y a pas un sous vaillant dans la masse M1 – M0. C’est bien pour ça que cette masse peut grossir énormément. Au moment des paniques, c’est autre chose. Il ne faut pas confondre l’inflation des actifs avec un gonflement de monnaie. C’est seulement le prix des actifs qui gonfle et non pas la quantité de monnaie. On peut facilement le constater aujourd’hui et j’espère bien que ce n’est qu’un commencement et que tout ça va crever. Si le prix des actifs était de l’argent, alors le prix du beurre serait aussi de l’argent et on pourrait donc avoir en même temps le beurre et l’argent du beurre. Le prix des actifs est seulement un prix escompté et ce prix escompté porte un nom : valeur. C’est la valeur des actifs qui gonfle et non pas la monnaie. Et la valeur est seulement de l’argent escompté ; et entre de l’argent escompté et l’argent encaissé, il y a tout un monde d’aventures et d’aléas.</p>
<p>Il y a donc une parfaite analogie entre le concept de grandeur tel que l’entend Lebesgue et le concept d’argent aujourd’hui. Pour Lebesgue, une grandeur est un nombre réel positif ; mais tous les nombres réels positifs ne sont pas des grandeurs. Ils sont des grandeurs selon la famille de corps à laquelle ils sont attachés. De même l’argent, de nos jours, est un nombre réel positif ; mais tous les nombres réels positifs ne sont pas de l’argent, ils sont argent selon le compte dans lequel ils figurent. De nos jours, l’argent n’est plus dans les coffres, il est dans les livres. Il est non pas scriptural, mais livresque. <i>Buchführung über alles ! </i></p>
<p><strong>Démonstration de la non-création d’argent par les banques commerciales<br />
et de la stupidité de la scie « Les crédits font les dépôts » </strong></p>
<p>Il me vient une autre idée qui me permettra de démontrer que tout solde créditeur d’un compte client qui est obtenu par débit du compte <i>Créances clients</i> sera financé dès que le client tirera sur la banque. Prenons la banque Mallet. Un certain Laffitte vient d’y faire un emprunt et son compte est donc crédité par le débit du compte <i>Créance client Laffitte</i> pour un nombre de 1.000. Simple remarque, à cet instant, M1 augmente de 1.000 alors que pas un seul centime n’a été déposé. Maintenant supposons que le lendemain Laffitte  ne touche pas à son compte, mais qu’un fait exceptionnel se produise : à la fin de la compensation quotidienne, le compte <i>Compensation</i> de Mallet est soldé. Mallet n’est ni en position débitrice, ni en position créditrice. Autre hypothèse maintenant, supposons que, ce même jour, toutes choses égales par ailleurs, ce con de Laffitte s’avise de tirer sur sa banque, Mallet, un chèque de 1.000 à l’ordre du dénommé Paudret client chez Neuflize et que celui-là met immédiatement son chèque à l’encaissement. Que se passe-t-il à la compensation ? Mallet est en position débitrice pour un nombre de 1.000, exactement. Que se passe-t-il ensuite ? Mallet emprunte 1.000 sur le marché interbancaire (peu importe le procédé) à la suite de quoi il est crédité de 1.000 sur son compte dans les livres de la Banque de France, peu importe qui est mandaté pour donner l’ordre (ce qui correspond à un débit duCC BDF dans les livres de Mallet). <i>Donc, ce prétendu argent créé au bénéfice de Laffitte ne l’était pas, créé, à tel point que le prêt fait à Laffitte par Mallet vient, sous vos yeux, d’être dûment financé par du bon argent scriptural central</i>. Nous avons les écritures suivantes qui enregistrent ces mouvements dans les livres de Mallet :</p>
<blockquote><p>1) Débit du compte du client Laffitte par le crédit du compte Compensation ;<br />
(Recherche du financement sur le marché interbancaire…)<br />
2) Débit du compte CC BDF par le crédit des comptes Prêteur n° 1<br />
___________________________________________ Prêteur n° 2<br />
___________________________________________ Prêteur n° 3<br />
etc. ;<br />
3) Débit du compte Compensation par le crédit du compte CC BDF.  </p></blockquote>
<p><strong>Voilà, le prêt Laffitte est financé</strong>. Donc il n’y a pas  création de monnaie puisque Mallet a dû emprunter pour ce financement. CQFD. Supposons que le prêt de Laffitte soit d’une durée d’un an. <i>C’est cet argent là, que Mallet emprunte aujourd’hui</i> pour le financer, que Laffitte lui remboursera dans un an. C’est de l’argent emprunté que Laffitte remboursera, argent emprunté par Mallet et remboursé depuis longtemps. Et ce n’est pas de l’argent qui sera détruit à ce moment là, <i>mais une créance</i>, seulement une créance, la créance de Mallet sur Laffitte, un simple bout de papier qui sera déchiré et jeté à la poubelle (en fait archivée pour dix ans). Il n’y a pas de création d’argent par les banques commerciales. Maintenant, j’en suis certain car je ne suis pas seulement comptable, mais aussi grammairien. Ce problème aurait ravi Wittgenstein. Tous ces faux problèmes et ces rumeurs extravagantes qui se recopient de manuel en manuel, résultent de l’incompréhension de la grammaire. Regardez l’usage. Je suis un praticien de la chose, et comme commerçant, et comme comptable et comme grammairien. Je n’écris pas des manuels mais je connais la chose. La comptabilité est une branche importante de la philosophie.<br />
Grâce à l’artifice que j’ai imaginé, je vois bien maintenant (j’espère que vous aussi) le lien entre la trésorerie et le compte du client Laffitte et donc avec le financement du prêt Laffitte. <i>Mallet a respecté sa promesse</i>. Il a réellement payé à l’ordre de Paudret. Il est bien évident que ce sage banquier ne vas pas emprunter l’argent nécessaire <i>à l’avance</i>, mais seulement au dernier moment. Il ne veut pas payer des intérêts pour rien : que feriez-vous à sa place ?<br />
Je généralise : qu’il y ait dépôt ou prêt, le banquier emprunte toujours pour payer, et il emprunte <i>au dernier moment</i>. Trésorerie zéro, n’est-ce pas ? Il emprunte, il ne crée pas de d’argent. Vous vous demandez peut-être pourquoi Mallet est a sec comme ça, pourquoi il doit emprunter pour un malheureux 1.000 avec tous ces vrais dépôts qui dorment chez lui ? Mais parce que ça fait belle lurette qu’il a déjà tout « employé » (M1 – M0 est une coquille vide, un noisette véreuse. Il n’y a pas d’argent dans M1- M0, le ver de la finance a déjà tout mangé. Si les prêts à découverts étaient interdits comme le demande Allais, on aurait M1 = M0. Tout l’argent des dépôts demeurerait en trésorerie). Un banquier qui a de la trésorerie est un mauvais banquier et ses actionnaires vont lui sonner les cloches, car l’argent seulement détenu ne rapporte rien. Encore faut-il qu’il soit « employé ». « Vous roupillez, mon ami ! » diront-ils (l’actionnaire est avide). De tout cela, il s’ensuit qu’il n’y a qu’une seule monnaie ; les avoirs des banques (et des établissements qui ont un compte à la BDF) sur leurs comptes courants dans les livres de la Banque de France [<i>Manuel de l’Intersyndicale de la Banque de France pour la préparation du concours de secrétaire-comptable</i>]. Ces avoirs là, et seulement ceux-là, sont de l’argent. Il s’ensuit que tout ce qui est argent dans les comptes de Mallet dans les livres de Mallet est tout ce qu’il y a de plus central, puisque les comptes courants de Mallet sont dans les livres de la Banque de France. Évidemment, le dépôt fait par Paudret par remise de son chèque à sa banque est un véritable dépôt car le compte de Paudret sera crédité chez sa banque par le débit du compte <i>Compensation</i>.  <strong>Le fait primordial est que <i>la banque de Paudret a effectivement encaissé (via la compensation) l’argent qu’a dû emprunter Mallet</i></strong>,  banque de Laffitte. Ce vrai argent de ce vrai dépôt, n’a pas été créé, il vient d’ailleurs, il a été simplement déplacé. Il n’y a aucun mystère en comptabilité. Les banquiers peuvent faire autant de crédits qu’il veulent, à la condition qu’ils les financent et que quelqu’un le leur demande. Leur pouvoir s’arrête là : ils ne peuvent prêter à des gens qui ne veulent pas emprunter. Donc la scie « les crédits font les dépôts » est une parfaite sottise (une de plus) car ce sont <i>les financements</i> des crédits qui font les dépôts… chez les autres banques.<br />
<strong>Théorème : le prétendu dépôt sur le compte de Laffitte ne devient vrai dépôt chez la banque de Paudret que parce que Mallet a, entre-temps, financé le prêt de Laffitte lors de la compensation et que le banquier de Paudret a encaissé le montant. </strong></p>
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		<title>Le temps qu&#8217;il fait, le 5 février 2010</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 08:31:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[CDS]]></category>
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		<description><![CDATA[
Désolé pour les images hachées : j’étais dans une chambre d’hôtel et dépendait de la qualité de leur accès internet. 
France 24, « Le Débat / The Debate », mercredi 3 février
Ce soir (ou jamais !), France 3, jeudi 4 février à 23h10
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<p>Désolé pour les images hachées : j’étais dans une chambre d’hôtel et dépendait de la qualité de leur accès internet. </p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=7452">France 24, « Le Débat / The Debate », mercredi 3 février</a></p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=7523">Ce soir (ou jamais !), France 3, jeudi 4 février à 23h10</a></p>
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		<title>Appel de février</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 06:37:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[blog]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour mai 2009 : 2.374 €
Pour juin : 3.099 €
Pour juillet : 2.022 €
Pour août : 2.480 €
Pour septembre : 1.892 €
Pour octobre : 2.140 €
Pour novembre : 2.288 €
Pour décembre : 2.375 €
Pour janvier 2010 : 2.378 €
Merci pour vos donations en janvier : objectif 2.000 € atteint ! 
Somme (brute) reçue à ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour mai 2009 : 2.374 €<br />
Pour juin : 3.099 €<br />
Pour juillet : 2.022 €<br />
Pour août : 2.480 €<br />
Pour septembre : 1.892 €<br />
Pour octobre : 2.140 €<br />
Pour novembre : 2.288 €<br />
Pour décembre : 2.375 €<br />
Pour janvier 2010 : 2.378 €</p>
<p>Merci pour vos donations en janvier : objectif 2.000 € atteint ! </p>
<p>Somme (brute) reçue à ce jour (9) pour février : <strong>1 081 €</strong>. </p>
<p>Je vous ai adressé un message dans <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=6360">Le temps qu’il fait, le 1er janvier 2010</a>, vous remerciant des dons qui me permettent d’écrire sans devoir penser au lendemain. Je vous réitère mes remerciements ici ! </p>
<p>Récapitulatif du mois. Je commence par les exposés. Le 6 janvier, j’étais à Liège, l’invité de la section locale d’<b>ATTAC</b>, pour présenter la sortie de « Capitalism. A Love Story » de Michael Moore. Le 14, je participais avec Patrick Viveret et Charles-Henri Filippi à un débat organisé à Paris par le <b>Centre des jeunes, des dirigeants, des acteurs, de l’économie sociale</b> (CJDES) ; le thème en était : « L’argent, une valeur sans valeurs ? » Le 20 je parlais à Bagnols sur Cèze, à l’invitation d’<b>Initiatives et Qualité en Gard Rhodanien</b> (IQGARHO). Le 27, j’étais à Rennes où je faisais deux exposés, le premier à 14h00 aux étudiants de Jean-Michel Le Bot à l’<b>Université Rennes II</b>,  le second à 18h30 au <b>Kiosque Citoyen</b> à l’Institut d’Études Politiques. </p>
<p>Au plan des publications : dans <b>Le Monde – Économie</b>, ma chronique mensuelle, le lundi 11, s’intitulait : <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=6671">Keynes aujourd’hui</a>. Dans <b>Libération</b>, le lundi 18 : <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=6871">La bombe à retardement, c&#8217;est l&#8217;immobilier</a>. Une publication à venir : la revue <b>Le Débat</b> m’a proposé de publier dans un prochain numéro mon article intitulé <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=7179">Comment on devient l’“anthropologue de la crise”</a>, que m’avait demandé la revue <i>Terrain</i>.</p>
<p>Une vidéo : l’entretien réalisé au <a href="http://cinema-eldorado.fr/index.php?option=com_content&#038;task=view&#038;id=296&#038;Itemid=195">cinéma Eldorado à Dijon</a>. </p>
<p>Enfin, au chapitre des « Hit parade » : le <strong>Blog de Paul Jorion</strong> était toujours No 1 en janvier au <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=6464">Top des blogs « économie »</a> établi par <b>Wikio</b>. <b>LePost.fr</b> de son côté nous classe No 4 à son nouveau <a href=" http://www.pauljorion.com/blog/?p=6948"> Top 10 du Post des blogs politiques qui montent</a>. Mon livre « L’argent, mode d’emploi » (Fayard 2009) est classé No 17 des « Meilleures ventes en philosophie » par <strong>Philosophie magazine</strong> (si j’avais pu prévoir, je l’aurais plutôt appelé : « Prolégomènes pour une chrématistique théorique »).   </p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: le compte à rebours est lancé pour l&#8217;Europe, par François Leclerc</title>
		<link>http://www.pauljorion.com/blog/?p=7568</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 23:20:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde financier]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité.
LE COMPTE A REBOURS EST LANCE POUR L&#8217;EUROPE
Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s&#8217;étendre résolument en Espagne et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>LE COMPTE A REBOURS EST LANCE POUR L&#8217;EUROPE</strong></p>
<p>Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la <i>crise dans la crise</i> que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s&#8217;étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE &#8211; dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui &#8211; mais il n’est pas venu. </p>
<p>La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée. </p>
<p>Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver <i>les marchés</i>, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Il est en effet clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l&#8217;épreuve, et non le contraire. </p>
<p><span id="more-7568"></span>Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. &laquo;&nbsp;Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs&nbsp;&raquo;, avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l&#8217;Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ».  Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: &laquo;&nbsp;Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans,  accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard &#038; Poor’s, qui l&#8217;a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone. </p>
<p>Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n&#8217;est sorti&#8230;. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu&#8217;obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu&#8217;une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée. </p>
<p>En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’<i>aléa moral</i> qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l&#8217;objectif numéro 1. </p>
<p>Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l&#8217;euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d&#8217;un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d&#8217;une dette devenue énorme), ou en cas d&#8217;abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques. </p>
<p>Car qui dit que <i>les marchés </i> en resteraient là  ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier &#8211; zone euro et Grande-Bretagne &#8211; qui est le maillon faible qu’il faut attaquer  ? Que l&#8217;éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises)  ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse &#8211; de leur point de vue &#8211; de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût. </p>
<p>Le compte à rebours est lancé. </p>
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		<title>La dette publique, c’est quoi après tout ?</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 15:47:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Sur cette question de la dette publique, il faut prendre de la hauteur, s’interroger sur son cadre général et se demander, par exemple :
Pourquoi y a-t-il de la dette publique ? Autrefois, l’État n’était en déficit que quand il entreprenait une guerre coûteuse ; pourquoi les États sont-ils désormais en déficit permanent ?  
Pourquoi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur cette question de la dette publique, il faut prendre de la hauteur, s’interroger sur son cadre général et se demander, par exemple :</p>
<p><strong>Pourquoi y a-t-il de la dette publique ?</strong> Autrefois, l’État n’était en déficit que quand il entreprenait une guerre coûteuse ; pourquoi les États sont-ils désormais en déficit permanent ?  </p>
<p><strong>Pourquoi un État doit-il verser des intérêts quand il a besoin d’argent ?</strong> Est-il vraiment une entreprise comme les autres ?</p>
<p><strong>À qui paie-t-il des intérêts ?</strong> En France, deux tiers des bénéficiaires du service de la dette (remboursement du principal et versement des intérêts) se trouvent à l’étranger. Que font-ils de cet argent ?</p>
<p><strong>À qui l’État verse-t-il des intérêts en France ?</strong> À des banques, à des compagnies d’assurance, à des particuliers. Si ces particuliers ont de l’argent en trop qu’ils peuvent prêter à l’État, ne serait-il pas plus simple pour l’État de percevoir cet argent sous la forme de l’impôt ? Ce serait aussi beaucoup moins onéreux pour lui, puisqu’il n’aurait pas à verser d’intérêts sur la somme.</p>
<p><strong>Pourquoi ne se pose-t-on jamais ce genre de questions ?</strong> On dira : « Parce que c’est dans la nature des choses ». Ou bien : « On ne pose pas ce genre de questions par manque d’imagination ». Mais le manque d’imagination s’assimile toujours au conservatisme : on se satisfait des choses comme elles sont ; ce faisant on confirme et renforce les structures de pouvoir dans leur état présent.</p>
<p><strong>PS</strong> : L&#8217;actualité est en train de confirmer rapidement ce que j&#8217;ai dit hier soir sur <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=7452">France 24</a> :</p>
<p>Il y a à nouveau un petit jeu sur les Credit-default swaps (CDS). Cette fois, ce n’est plus 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, c’est 1) Grèce, 2) Portugal, 3) Espagne.</p>
<p>Ce que font en ce moment les marchés financiers n’est pas sans rappeler l’opération de George Soros qui coula la livre britannique en 1992 (quand on pense que le renouveau de la « science » économique est entre ses mains !)</p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: Grèce: qui veut démontrer quoi ? , par François Leclerc</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 08:58:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde financier]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité.
GRECE: QUI VEUT DEMONTRER QUOI ?
Il est en train de se jouer dans les coulisses une partie acharnée à propos de la Grèce. Dans un premier temps, les marchés &#8211; dont on aimerait bien connaître l’identité des acteurs qui mènent leur danse &#8211; ont exercé une pression maximale et se préparent à la reporter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>GRECE: QUI VEUT DEMONTRER QUOI ?</strong></p>
<p>Il est en train de se jouer dans les coulisses une partie acharnée à propos de la Grèce. Dans un premier temps, <i>les marchés</i> &#8211; dont on aimerait bien connaître l’identité des acteurs qui mènent leur danse &#8211; ont exercé une pression maximale et se préparent à la reporter sur le Portugal et l’Espagne. Des agences de notation leur prêtant main forte d’une manière douteuse. Des voix se lèvent pour s&#8217;alarmer de l&#8217;avenir de la zone euro.</p>
<p>Dans un second, tout le monde s&#8217;y étant mis, le gouvernement grec est finalement venu à résipiscence, n&#8217;ayant pas d&#8217;autre choix. Il a accepté d’appliquer un plan drastique de réduction de son déficit. </p>
<p>Dans un troisième où nous sommes, l’annonce d’une aide sous une forme ou sous une autre, venant des pays européens de la zone euro, se fait toujours attendre. Les jours passent et la satisfaction des besoins de financement de la Grèce coûtent de plus en plus cher (et sont de plus en plus profitables pour certains), rendant la situation encore plus tendue. </p>
<p>Depuis Athènes, et de manière dramatique, le ministre grec des finances a dit hier attendre cette décision de façon pressante. Le directeur général du FMI, prêt à intervenir, suggère ce matin aux gouvernement européens de le faire. Que se passe-t-il ? Qui fait obstacle à ce qu’un accord soit trouvé  ? Que cherche-t-on à démontrer ou à susciter  ? Quel exemple veut-on donner ? </p>
<p>Est-il acceptable que l’avenir d’un pays membre de l’Union européenne, et de ses habitants, soit traité de cette façon, dans le silence de cabinets que l’on va finir par appeler noirs  ? La vision que cela donne de l&#8217;Europe, et de tous ceux qui prétendre parler en son nom, n&#8217;augure rien de bon pour son avenir. Est-il possible de s&#8217;en réjouir ? </p>
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		<title>Deux questions simplistes sur la dette</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 17:04:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce texte est un « article presslib’ » (*) 
Je vais raisonner à grands coups de serpe, on ne m’en voudra pas : la question que j’essaie de résoudre est une question très générale où les détails importent peu.
Monsieur X gagne tant d’argent. Le montant est tel qu’il est obligé de le dépenser entièrement pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>Ce texte est un « article presslib’ » (*) </strong></p></blockquote>
<p>Je vais raisonner à grands coups de serpe, on ne m’en voudra pas : la question que j’essaie de résoudre est une question très générale où les détails importent peu.</p>
<p>Monsieur X gagne tant d’argent. Le montant est tel qu’il est obligé de le dépenser entièrement pour subvenir à ses besoins quotidiens. Il n’est pas pauvre mais dès qu’il doit acheter un objet qui coûte plus que 1 000 €, il doit avoir recours au crédit à la consommation. Mr. Y gagne deux fois autant que Mr. Y. Quand il achète une maison, il doit emprunter mais il a à part ça suffisamment d’économies pour payer cash l’achat d’une automobile. Mr. Z. gagne dix fois autant que Mr. X et il dépense tout son argent. Pour arriver à le faire, il va à l’opéra tous les mois, possède un yacht, achète des bijoux dispendieux à sa femme et se constitue petit à petit une collection de peintres contemporains. Il fait vivre des artistes et soutient l’industrie de luxe.</p>
<p>Mr. AAA gagne 40 fois autant que Mr. X. (Ah ! on passe aux choses sérieuses !) Mr. AAA ne peut pas dépenser tout l’argent qu’il gagne, il faut qu’il en « place » une partie. Il en met une partie à la Bourse et une autre partie, il la consacre à acheter des obligations, des emprunts d’État.</p>
<p>Les actions qu’il possède lui donnent droit à des dividendes. L’argent que les firmes dont il achète des actions consacrent au versement de dividendes (de manière générale, les dividendes constituent une part en hausse constante du profit des sociétés), c’est de l’argent qu’elles ne peuvent pas consacrer à leur refinancement. Sur les capitaux qu’elles doivent emprunter, elles verseront des intérêts – en particulier à Mr. AA+, le cousin de Mr. AAA. Le montant de ces intérêts se retrouvera transmis aux consommateurs des marchandises produites par ces firmes sous forme d’une surcote de leur prix : vendues à la foule des Mr. et Mme. X.</p>
<blockquote><p>Question 1 : ne voudrait-il pas mieux, d’un point de vue de ce qui est « socialement utile » (petit hommage en passant à Lord Turner !), que l’argent versé aux actionnaires sous forme de dividendes soit plutôt réinvesti dans la firme – diminuant d’autant sa dette ? </p></blockquote>
<p>Les obligations que possède Mr. AAA lui rapportent des intérêts. Ces intérêts constituent ce qu’on appelle la « charge de la dette d’État » que nous contribuons tous à rembourser. La charge de la dette d’État en France est un poste budgétaire substantiel : du même ordre de grandeur que l’impôt sur le revenu ; se situant entre le budget de l’éducation nationale et celui de la défense nationale. </p>
<p>L’argent que Mr. AAA consacre à acheter des obligations (1/3 de la dette française reste en France), c’est manifestement de l’argent qu’il a en trop, même après qu’il a consacré une partie de ses revenus à l’achat de biens de luxe. L’État lui verse des intérêts sur cette somme – contribuant à gonfler la dette publique, dont on nous rappelle avec insistance ces jours-ci quel grand souci elle nous cause – et au remboursement de laquelle il faut que nous consacrions tout notre effort, même au prix d’une réduction du bouclier social (« Il faut ce qu’il faut ! »… soupir…).</p>
<blockquote><p>Question 2 : ne vaudrait-il pas mieux pour tout le monde que ces sommes que Mr. AAA a en trop et qu’il se voit obligé de placer dans des emprunts d’État, qu’on l’en soulage plutôt par l’impôt ? Il y aurait là un double avantage : la dette publique serait diminuée du montant de la somme, et il n’y aurait aucune charge de la dette attachée aux emprunts qui auraient dû être émis à la place. </p></blockquote>
<blockquote><p><strong>(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=647"><em>ici</em></a>.</strong></p></blockquote>
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		<title>Max Weber et la Bourse, par Pierre de Larminat</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 14:52:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Max Weber]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité. 
Lecteur occasionnel et fort distrait du blog de Paul Jorion, j’y ai aperçu au fil de mes visites différents appels à interdire la spéculation. Le billet invité d’Olivier Brissaud me fait prendre la plume. Forcément, quand j’entends parler d’interdiction de spéculation ou de bannissement de produits financiers je ne peux m’empêcher de penser [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité. </p></blockquote>
<p>Lecteur occasionnel et fort distrait du blog de Paul Jorion, j’y ai aperçu au fil de mes visites différents appels à interdire la spéculation. Le billet invité d’Olivier Brissaud me fait prendre la plume. Forcément, quand j’entends parler d’interdiction de spéculation ou de bannissement de produits financiers je ne peux m’empêcher de penser en même temps à <i>La Bourse</i>, de Max Weber, que j’ai traduite et qui vient d’être publiée chez Allia. Avec ce texte, publié originellement en deux livraisons en 1894 et 1896, Max Weber intervient dans le débat houleux qui animait la vie parlementaire et politique en cette fin de dix-neuvième siècle allemand.</p>
<p> La crise mondiale de surproduction agricole se traduisait par de fortes fluctuations de prix des matières premières sur les bourses allemandes, ce qui nuisait aux intérêts économiques des grands propriétaires des domaines prussiens qui exerçaient alors le pouvoir politique auprès de l’empereur Guillaume II, malgré leur importance économique faiblissante. Or leur mémoire était marquée par des crises et scandales boursiers récents et parfois retentissants. Ainsi, le défaut de paiement de l’Argentine faillit faire tomber la Barings et fit disparaître un tiers des capitaux allemands qui avaient été investis dans ses emprunts. Des banquiers avaient été pris dans des affaires où ils spéculaient avec les titres de leurs clients et un <i>corner</i> sur le rouble avait récemment été organisé par la Russie pour discipliner les intervenants sur le marché des changes. En outre, il n’existait pas de réglementation boursière uniforme sur le territoire du Reich et les règles coutumières en usage étaient, sans surprise, plus favorables aux opérateurs professionnels qu’à leurs clients. Il était donc facile pour les groupes conservateurs de stigmatiser les professionnels de la finance puisque la dépravation morale de ce groupe de statut était manifeste, et d’accuser les marchés d’être à l’origine des maux qui frappaient l’agriculture allemande.</p>
<p>Max Weber, qui ne portait pas les Junkers dans son cœur, puisqu’il considérait qu’ils étaient responsables de la polonisation de l’Allemagne orientale à cause de leurs politiques de rémunération et de recrutement dans leurs grands domaines agricoles, trouvait dans l’agitation parlementaire qu’ils orchestraient matière à poursuivre son combat sur un autre terrain.</p>
<p><span id="more-7531"></span>Max Weber s’engage donc en publiant <i>La Bourse</i> dans la Bibliothèque ouvrière de Göttingen. C’est un ouvrage pédagogique d’introduction aux marchés boursiers, par lequel Weber convertit ses capacités d’élaboration symbolique en ressources politiques. Avec ce texte, il vise trois types de publics. Nous venons de voir les conservateurs agrariens. On trouve aussi les socialistes d’une part et les chrétiens sociaux d’autre part. Les premiers sont à persuader dans l’optique de l’attachement de Weber à une société capitaliste où les individus font peser les uns sur les autres des obligations économiques qui les placent tous dans une situation d’interdépendance. Max Weber est convaincu que les marchés boursiers et « les capitaux des grandes banques ne sont pas plus des ‘institutions de bienfaisance’ que ne le sont les fusils et les canons. » Il ne faut donc pas qu’ils prêtent main forte aux conservateurs par opposition au capitalisme financier et qu’ils mettent ainsi en danger la position de puissance de l’Allemagne dans la guerre économique qu’elle livre aux autres nations en temps de paix militaire. Les seconds sont à éduquer économiquement afin qu’ils n’aillent pas, en &laquo;&nbsp;apôtres ingénus de la paix économique&nbsp;&raquo; soutenir les conservateurs au nom d’une éthique économique déplacée.</p>
<p>Je voudrais mettre en lumière trois réflexions wébériennes.</p>
<p>La première touche au contrôle moral des opérateurs. Weber prend acte du fait que les opérateurs qui disposent des capitaux les plus importants sont toujours ceux qui disposent <i>in fine</i> du pouvoir le plus grand sur les marchés. Comme son critère politique est la puissance de l’Allemagne et que brider les opérateurs nationaux reviendrait selon lui à faire passer les capitaux allemands sous la coupe d’intérêts étrangers, la protection des investisseurs particuliers ne vient qu’en deuxième temps. D’autant plus que Weber a des doutes sur la légitimité de la participation des particuliers aux marchés. En outre, Weber émet des réserves sur la capacité des pouvoirs publics à organiser une surveillance effective des marchés. Weber s’appuie sur une théorie de la régulation sociale qui voit dans l’homogénéité des conditions, y compris économiques, la source de l’augmentation de l’intégration morale et du respect des normes. La lutte contre les malversations passera donc par la fermeture ploutocratique des marchés, afin que s’y forme une conception commune de l’honneur, de sorte que les membres du groupe de statut des opérateurs financiers partagent tous cette conception et se chargent de la faire régner entre eux. En institutionnalisant l’absence de boursicoteurs et d’agents publics peu au fait du fonctionnement des marchés, on ne fera que mettre les opérateurs professionnels en face de leurs responsabilités sans leur donner le moyen de s’en défausser sur des « bruiteurs ».</p>
<p>La seconde idée touche à la réalité des opérations boursières. Max Weber critique ceux qui croient que les opérations à terme sont assimilables à des paris déconnectés de la réalité en rapportant la chaîne d’opérations à terme successives sur une même marchandise à la manipulation d’une caisse de cigarettes, depuis les terres d’outre-mer où sont confectionnées les cigarettes jusqu’au détaillant allemand. Comme la marchandise achetée et vendue à terme, les cigarettes font l’objet de transactions multiples sans qu’il vienne à l’idée de quiconque d’en nier la réalité. C’est à mon sens un point de vue qu’il convient de garder en tête et d’en ré-examiner la pertinence à chaque fois que l’on se sent tenté d’accuser la finance d’être une activité virtuelle suspectée de déconnexion avec la réalité économique tangible.</p>
<p>La troisième thèse est liée à la seconde et touche à la moralité des opérations boursières. Max Weber affirme qu’il est impossible de déterminer par sa forme intrinsèque si une transaction est réalisée parce que les échangeurs étaient motivés par des raisons de pure spéculation ou par des raisons dont la logique serait industrielle. Il prend l’exemple d’un meunier et d’un importateur de marchandises russes qui s’assurent contre les variations du prix du blé ou du rouble. A la limite, la distinction entre l’industriel responsable et le pur spéculateur ne repose que sur un couple d’idéaux types entre lesquels il n’existe pas d’autre frontière qu’un dégradé de comportements qu’il serait bien hasardeux de séparer par un critère réaliste.</p>
<p>Je me doute que le choix de ce terrain de comparaison historique peut sembler biaisé, mais il n’a d’autre raison que ma connaissance relativement intime de <i>La Bourse</i> et des quelques réflexions qu’y tient Weber. D’aucuns pensent qu’elles ne sont pas les plus fulgurantes de cet auteur, et je n’impose à personne de partager ses opinions politiques qui, outre leur valeur intrinsèque, ne sont pas forcément adaptées à la situation actuelle. Néanmoins, puisque nous avons ce texte à disposition en français, autant en profiter pour réfléchir un peu et je serais ravi qu’il serve à cela et non seulement à savoir ce que pensait un homme décédé presque un siècle.</p>
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		<title>Ce soir (ou jamais !), France 3, jeudi 4 février à 23h10</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 05:19:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[blog]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;émission en entier :
Première partie
2ème partie
3ème partie
4ème partie
5ème partie
6ème partie
7ème partie 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;émission en entier :</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=_IOQV_LONkY">Première partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=TSfv3TUdQkk">2ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=KLcYUEvqpm0">3ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=t6_jyAuFNYw">4ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=cJbgazZ4S-I">5ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=SrMzd6Rqp7E">6ème partie</a><br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=r-HvRPrTYKM">7ème partie</a> </p>
]]></content:encoded>
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