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	<title>Blog de Paul Jorion</title>
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	<description>Anthropologie - Economie - Sciences cognitives - Philosophie - Etc.</description>
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		<title>La politique du pire et ceux qui en bénéficient</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 12:59:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Constitution pour l’économie]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce texte est un « article presslib’ » (*) Les 2 300 pages du « financial overhaul » américain se partagent en deux : celles consacrées à ce qu’un observateur a qualifié d’« avoir l’air de prendre des mesures » et celles constituant une modernisation / optimisation des conditions d’exercice de la profession financière, telle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>Ce texte est un « article presslib’ » (*) </strong></p></blockquote>
<p>Les 2 300 pages du « financial overhaul » américain se partagent en deux : celles consacrées à ce qu’un observateur a qualifié d’« avoir l’air de prendre des mesures » et celles constituant une modernisation / optimisation des conditions d’exercice de la profession financière, telle que celle-ci la souhaitait et qu’elle est parvenue à glisser au passage au sein des textes. Pour éviter de créer une situation qui défavoriserait le secteur financier européen par rapport à celui des États-Unis, la nouvelle « réglementation » en préparation à Bruxelles sera calquée sur le <i>package</i> américain : moitié poudre aux yeux, moitié renforcement du pouvoir de la finance au sein de l’économie. </p>
<p>Comment en est-on arrivé là ? Vous vous souvenez sans doute des rodomontades des chefs d’État et de gouvernement à l’automne 2008 : la finance n’avait qu’à bien se tenir ! on allait voir ce qu’on allait voir ! Les États se sont depuis ruinés à extraire la finance de son insolvabilité, et c’est cette dernière maintenant qui leur avance l’argent qui leur fait défaut. Le ton a baissé de plusieurs crans, se rapprochant dangereusement du mutisme.</p>
<p>Pourquoi tant de concessions aux lobbys aujourd’hui à Bruxelles de la part des régulateurs ? Parce que faire les choses autrement qu’avant « coûterait trop cher », nous dit-on, et surtout, surtout, attention ! attention ! « risquerait de retarder la reprise »… Comme si les paris sur les fluctuations de prix – le secteur aujourd’hui le plus florissant de l’activité financière – ne contribuaient pas eux à retarder la reprise ? Mais l’argument porte car, de la reprise, les États ont un besoin pressant : c’est pour eux le seul moyen – sauf s’ils sont prêts à tolérer le désordre dans la rue – de réduire la dette qui les asphyxie désormais.</p>
<p>Le milieu financier croit-il sincèrement que l’on puisse faire comme avant ? Que l’on pourra empêcher que les récessions s’enchaînent les unes aux autres, comme on est en train de l’observer aujourd’hui ? Que l’on découvrira enfin la recette qui permettra à tout le monde de vivre en permanence à crédit ? Que les tensions entre déflation et hyperinflation ne conduiront pas un jour à la catastrophe ? Que le désordre monétaire, où la question qui se pose en ce moment est de savoir quelle devise chute moins vite que les autres, se résoudra de lui-même ? Ou serait-ce que les atermoiements visent plus prosaïquement à vider la caisse avant fermeture définitive ? Il reste après tout encore à plumer les pays émergents, le <i>boom</i> actuel sur le marché des changes prouvant que les établissements financiers se sont déjà mis à l’ouvrage ; faisons leur confiance, ils ne feront de ces pays émergents qu’une bouchée – avec, il faut bien le dire, la complicité active de ceux-ci : la Chine ne vient-elle pas d’autoriser la création de son premier <i>hedge fund</i> ? Les cyniques auront d’ailleurs beau jeu de demander si entre faire comme avant et vider la caisse avant liquidation, il existe bien une différence.</p>
<p>Dans <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15477">un billet invité publié ici récemment</a>, Pierre Sarton du Jonchay soulignait à juste titre que dans un monde globalisé de fait par une circulation des capitaux sans la moindre entrave, mais qui reste parcellisé entre une poussière d’États cherchant à satisfaire la mosaïque des intérêts particuliers de leurs concitoyens, « la finance n’a plus de raison de ne pas asservir la politique ». Et, malgré le léger incident de parcours des années récentes, celle-ci ne s’en prive pas. Elle pratique avec beaucoup de talent, et d’énormes moyens, la politique du pire qui consiste à faire « comme avant » car, au niveau des États, c’est celle qui lui permet d’asseoir encore davantage son emprise. Machiavel nous a rappelé que l’appétit des plus forts est insatiable et que seules des lois peuvent le contenir. Le monde réclame une constitution pour l’économie. À l’heure où l’on reparle de la spéculation sur les matières premières, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix doit en constituer l’armature. Si l’on attend davantage, il ne restera rien.  </p>
<blockquote><p><strong>(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=647">ici</a>.</strong></p></blockquote>
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		<title>Éloge du marché</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 09:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Questions essentielles]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[économie de marché]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
		<category><![CDATA[mandarins]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte est un « article presslib’ » (*) On vient de me communiquer la liste des revues de sociologie classées par l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur. On lit entre autres dans l’introduction de ce document : « Cette liste comprend tous les titres à prendre en compte systématiquement dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>Ce texte est un « article presslib’ » (*) </strong></p></blockquote>
<p>On vient de me communiquer la liste des revues de sociologie classées par l’<em>Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur</em>. On lit entre autres dans l’introduction de ce document : « Cette liste comprend tous les titres à prendre en compte systématiquement dans la détermination des chiffres de « produisants » (sic) lors de l’évaluation des unités de recherche. » Cela m’a inspiré la réflexion suivante.</p>
<p>Autrefois, la réputation d’un chercheur se bâtissait autour de son nom. Il publiait où cela lui chantait. Sa renommée dépendait des revues où il publiait et, symétriquement, la réputation des revues dépendait de la renommée de ceux qui y étaient publiés.</p>
<p>On a rationnalisé le système : la renommée des revues a été fixée administrativement, seule la réputation des chercheurs est encore flottante, à eux de se débrouiller. Autrefois, le pouvoir des mandarins était sans cesse remis en cause. Ce n’était pas drôle pour eux tous les jours. Ils se sont simplifié la vie : ils se cooptent désormais au comité de rédaction d’une des revues chien de garde, comme ils le faisaient déjà dans les départements universitaires.  </p>
<blockquote><p><strong>(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=647">ici</a>.</strong></p></blockquote>
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		<title>Fréquentation août 2010, par Julien Alexandre</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 16:06:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Alexandre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Billet invité Les chiffres de fréquentation sont de nouveau en léger recul en août, vacances obligent : - 216 276 visites, en baisse de 8% par rapport à juillet ; - 65 937 visiteurs uniques en provenance de 147 pays ; - 435 396 pages lues ; - 20 274 vues pour les vidéos du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité</p></blockquote>
<p>Les chiffres de fréquentation sont de nouveau en léger recul en août, vacances obligent :<br />
- <strong>216 276</strong> visites, en baisse de 8% par rapport à juillet ;<br />
- <strong>65 937</strong> visiteurs uniques en provenance de 147 pays ;<br />
- <strong>435 396</strong> pages lues ;<br />
- <strong>20 274</strong> vues pour les vidéos du vendredi sur Dailymotion.</p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Fréquentation-août.png"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Fréquentation-août.png" alt="Fréquentation août - Blog Paul Jorion" title="Fréquentation août" width="700" height="476" class="aligncenter size-full wp-image-15509" /></a></p>
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		<title>1974</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 15:23:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Île de Houat]]></category>
		<category><![CDATA[Jethro Tull]]></category>

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		<description><![CDATA[Ouest France, en m’interrogeant sur « Mon Morbihan à moi », m’oblige à remonter dans le passé pour retrouver un portrait de l’époque où je faisais mon apprentissage à la pêche côtière. Voilà, en fouillant bien, j’ai retrouvé une photo. Ça date de 1974, c’est Perrine qui l’a prise à l’Île de Houat. Les cheveux, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ouest France</em>, en m’interrogeant sur « Mon Morbihan à moi », m’oblige à remonter dans le passé pour retrouver un portrait de l’époque où je faisais mon apprentissage à la pêche côtière. Voilà, en fouillant bien, j’ai retrouvé une photo. Ça date de 1974, c’est Perrine qui l’a prise à l’Île de Houat. </p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Houat-1974-+-grand.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Houat-1974-+-grand.jpg" alt="" title="Houat 1974 " width="578" height="650" class="alignnone size-full wp-image-15503" /></a></p>
<p>Les cheveux, c’est ce qui se faisait à l’époque. La preuve : Jethro Tull.</p>
<p><object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/iWJgJkVL0xM?fs=1&amp;hl=en_US"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/iWJgJkVL0xM?fs=1&amp;hl=en_US" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object></p>
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		<title>Appel de septembre 2010</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 11:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[blog]]></category>

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		<description><![CDATA[L’appel d’août a rapporté : 2 069 € (somme brute). Somme (brute) reçue à ce jour (2d) pour septembre : 436 €. Merci à tous ! D’une part vos dons me permettent de poursuivre l’activité du blog et ma propre vie sans me faire de soucis. Ils permettent d’autre part que l’audience du blog et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’appel d’août a rapporté : 2 069 € (somme brute).</p>
<p>Somme (brute) reçue à ce jour (2d) pour septembre : 436  €.</p>
<p>Merci à tous ! D’une part vos dons me permettent de poursuivre l’activité du blog et ma propre vie sans me faire de soucis. Ils permettent d’autre part que l’audience du blog et les idées qui y sont défendues se répandent à la surface du globe (je reviendrai sur ceci tout à l’heure ; cherchez ci-dessous le mot « Pologne »). </p>
<p>Août a été relativement calme mais pas dénué d’intérêt pour autant. En voici le sommaire.</p>
<p>Le 9 août, j’ai présenté au <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=14641"> « Banquet » de Lagrasse</a>, une  communication intitulée : « Hegel : le citoyen et le bourgeois qui se logent en nous ne parlent pas d’une seule voix ». Le petit cloître était bondé, tous les sièges au balcon étaient pris ; certains auditeurs sont d’ailleurs restés debout, faute de sièges. Cette présence nombreuse m’a fait très plaisir.</p>
<p>Le même 9 août, a paru au Danemark mon entretien avec Aske Munck dans le magazine <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=14879">Ugebrevet A4</a>. D’autres organes de presse danois ont réagi à cet entretien.</p>
<p>Le 9 août encore, sur BFM Radio, j’ai fait le point avec Guillaume Sommerer sur « Les subprimes, trois ans plus tard ».</p>
<p>Le 18 août, sur le même sujet : l’anniversaire des subprimes, <i>La Tribune</i> a publié mon entretien avec Eric Benhamou : <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=14907">« Rien n’a véritablement changé »</a>.</p>
<p>Le 21 août, dans le cadre des <i>Journées d’été des Verts</i> à Nantes, j’ai participé aux côtés de Pascal Canfin et de Pierre Larrouturou, à une table ronde sur le thème : <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=14960">« Crise financière : Quelle réalité durable ? Quelle réponse européenne soutenable ? »</a>. </p>
<p>Le même 21 août, mon entretien avec Hervé Nathan et Alexis Lacroix, intitulé : <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15122"> « Renverser la loi de la jungle »</a> a été publié dans <i>Marianne</i>. </p>
<p>Le lundi 30 août, j’ai repris mes chroniques hebdomadaires sur BFM Radio, en commentant le symposium de Jackson Hole : <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15394">Les banquiers centraux : « Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais de raisons de s’inquiéter »</a>. </p>
<p>Le même jour, <em>Le Blog de Paul Jorion</em> s’aventurait pour la première fois dans le domaine de la BD en publiant le premier épisode de la saga intitulée : <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15382">« La survie de l’Espèce »</a>, par Grégory Maklès aux pinceaux et votre serviteur aux… euh… ben&#8230;</p>
<p>En août, <em>Le Blog de Paul Jorion</em> était <a href="http://www.wikio.fr/blogs/top/economie">N<sup>o</sup> 1 des blogs d’économie sur Wikio</a>.</p>
<p>Passons au mois de septembre qui débute aujourd’hui. Le 16 septembre, paraît <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=9844"><i>Le prix</i></a>, aux éditions du Croquant : la synthèse de mes réflexions sur la formation des prix, des criées bretonnes aux salles de marché parisiennes, en passant par les plages africaines et les subprime américains.</p>
<p>Du 8 au 11 septembre, je serai en Pologne, au <a href="http://www.forum-ekonomiczne.pl/">XX<sup>e</sup> Forum Économique de Krynica</a>, un forum qui ambitionne d’être pour l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est, l’équivalent de Davos pour l’Europe Occidentale. Je participerai le 9 à une table ronde intitulée « L’économie européenne dans le monde du G20 », en compagnie, entre autres, de Gyorgy Matolcsy, ministre hongrois de l’économie et de Walter Radermacher, directeur d’Eurostat. Plus tôt dans la journée, je présiderai une autre table ronde intitulée « Comment rattraper le temps perdu ? », dont la composition me sera communiquée dans les jours qui viennent mais dont on m’assure qu’elle ne comptera que des chefs d’État et de gouvernement. </p>
<blockquote><p>Une petite remarque, à ce propos : quelle que soit la composition exacte du panel que je présiderai à Krynica, je ne crois pas trop m’avancer en disant qu’on assistera là à une première : ce sera très probablement la première fois que le président d’une table ronde composée de chefs d’État et de gouvernement sera <i>une personne dont la principale source de revenus est constituée des dons que lui versent les lecteurs de son blog</i>. Signe des temps, sans doute, mais signe aussi du fait que c’est mon franc-parler et la liberté de vues dont je fais preuve qui conduit à ce type d’invitations. Combien de fois ai-je souligné ici, à propos de personnalités – en général fort compétentes – qu’elles étaient obligées, du fait de leur fonction, de proférer les bobards qu’on leur entend dire ? Grâce à vous, cet handicap m’est épargné : à Krynica, comme partout ailleurs, je dirai exactement ce que je pense. Cette liberté de vues et de ton, je ne pourrais l’avoir sans l’indépendance que vous m’assurez en versant ces 2 000 € mensuels en donations. Il est essentiel de le rappeler !</p></blockquote>
<p>Merci à Julien et à François pour leur aide dans la modération et leur suivi quand je suis sur la route. Merci aux auteurs de « billets invités » : ils font de ce blog, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, bien davantage qu’un blog, le creuset d’une réflexion sur le monde, passé, présent et à venir (en dépit de certains calembours vaseux que je note à l’occasion <img src='http://www.pauljorion.com/blog/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  ).</p>
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		<title>La finance n&#8217;a plus de raison de ne pas asservir la politique, par Pierre Sarton du Jonchay</title>
		<link>http://www.pauljorion.com/blog/?p=15477</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 14:14:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde financier]]></category>
		<category><![CDATA[assurance-vie]]></category>
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		<category><![CDATA[Etat]]></category>
		<category><![CDATA[fiscalité]]></category>

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		<description><![CDATA[Billet invité. La fiscalité de l&#8217;assurance vie va peut-être changer pour réduire des déficits publics. Il est question de ne plus attendre l&#8217;échéance des contrats pour appliquer la fiscalité. L&#8217;État pourrait toucher au fil de l&#8217;eau sa quote-part des revenus issus des placements d&#8217;assurance vie. L&#8217;intérêt financier pour l&#8217;État d&#8217;une telle réforme est d&#8217;anticiper des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p>La fiscalité de l&#8217;assurance vie va peut-être changer pour réduire des déficits publics. Il est question de ne plus attendre l&#8217;échéance des contrats pour appliquer la fiscalité. L&#8217;État pourrait toucher au fil de l&#8217;eau sa quote-part des revenus issus des placements d&#8217;assurance vie. L&#8217;intérêt financier pour l&#8217;État d&#8217;une telle réforme est d&#8217;anticiper des recettes fiscales qui réduisent au présent le déficit budgétaire. A l&#8217;inverse, le bénéficiaire potentiel du contrat d&#8217;épargne assurantielle règle l&#8217;impôt avant de se connaître avec certitude. Le principe de l&#8217;assurance vie est en effet d&#8217;épargner non pour soi-même mais pour un autre. Le bénéficiaire touche l&#8217;épargne si avant l&#8217;échéance du contrat l&#8217;épargnant décède. L&#8217;assurance vie est une épargne sans propriétaire identifiable avant son échéance. C&#8217;est ce qui a permis l&#8217;application d&#8217;une fiscalité avantageuse différée dans le temps par l&#8217;attente d&#8217;une identification personnelle du contribuable.</p>
<p>L&#8217;intérêt de l&#8217;assurance vie en France vient de la Loi. Tout actif de valeur mesurable doit avoir un propriétaire redevable de l&#8217;impôt relatif a cet actif. Si la propriété est privée, la fiscalité applicable à la propriété doit être acquiescée par le propriétaire qui bénéficie du droit de discussion. L&#8217;interprétation française de ses principes de propriété, de citoyenneté et de fiscalité ont conduit à l&#8217;élaboration financière d&#8217;un produit d&#8217;épargne fiscalement avantageux par rapport à d&#8217;autres produits de même nature financière. L&#8217;inscription de l&#8217;épargne dans le cadre légal de l&#8217;assurance vie accroît son résultat potentiel au bénéfice de l&#8217;épargnant et de l&#8217;intermédiaire financier au détriment de la puissance publique. La règle applicable est argument financier qui met en concurrence l&#8217;intérêt matériel privé avec l&#8217;intérêt matériel public alors même que l&#8217;un et l&#8217;autre obéissent à la même Loi d&#8217;équilibre des droits.</p>
<p><span id="more-15477"></span>La Loi est une raison de la finance et la finance est une raison de la Loi. L&#8217;autorité publique française remet en cause la « niche fiscale » de l&#8217;assurance vie non parce que la Loi serait mal interprétée ou injuste mais parce que le financement de la Loi n&#8217;est plus suffisamment assuré. L&#8217;application publique de la Loi produit un déficit des finances publiques incompatible avec la raison financière. Une raison qui n&#8217;est plus nationale mais internationale. Jusqu&#8217;à la crise des subprimes, les déficits et dettes publics sont restés dans les pays occidentaux dans des limites acceptées par le marché financier international. Les lois nationales suffisaient à définir et contenir une dépense publique qu&#8217;une épargne mondialisée puisse financer.</p>
<p>Désormais non seulement les dettes publiques occidentales sont très largement financées par l&#8217;étranger mais l&#8217;épargne nationale est invitée à fuir en toute légalité vers l&#8217;étranger. L&#8217;épargne mondialisée choisit sa Loi – ou la non-loi – par la libre circulation des capitaux qui lui offre les meilleurs rendements calculés par des réglementations ad hoc. La finance est devenue la raison de la Loi pendant que l&#8217;assertion inverse disparaît. La mondialisation entre des États seulement nationaux émancipe la finance de la Loi. La Loi nationale définit les conditions du calcul en droit de la production d&#8217;épargne mais le recyclage de ces droits dans la production économique est international. L&#8217;arbitrage entre le besoin de financement public de la Loi et la Loi qui produit l&#8217;épargne nécessaire à son financement est entre des mains financières actuellement sans nationalité. L&#8217;équilibre est rompu entre Loi et finance. La décision de la Loi est obligée de se soumettre à la décision de la finance. Les Lois nationales peuvent être opposées entre elles par la finance internationale alors que la logique financière est uniforme dans un monde unifié.</p>
<p>La modification de la fiscalité sur l&#8217;assurance vie sera efficace momentanément pour les finances publiques françaises mais pas politiquement efficace à long terme. La fiscalité finance l&#8217;application de la Loi en même temps qu&#8217;elle est la Loi. La réduction du déficit public imposée par la dépendance financière extérieure promeut une fiscalité originée dans la logique du nombre plus que dans la justice. La réalité s&#8217;impose par la quantité plutôt que par la qualité du vivre ensemble. La finalité de l&#8217;État de droit à créer la justice recule devant la quantification qui est universelle mais ne contient aucune justice. La crise est profonde parce que la finance n&#8217;a plus de raison de ne pas asservir la politique.</p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: les Irlandais vont-ils montrer le chemin ? par François Leclerc</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 11:52:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Billet invité LES IRLANDAIS VONT-ILS MONTRER LE CHEMIN ? Les Etats-Unis sont sans autre perspective que d’assister à l’affaiblissement de leur croissance, ce qui menace de les engager dans une claire récession ; le Japon est une fois de plus aux prises avec son vieux démon de la déflation, lançant sans conviction un énième plan [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité</p></blockquote>
<p><strong>LES IRLANDAIS VONT-ILS MONTRER LE CHEMIN ?</strong></p>
<p>Les Etats-Unis sont sans autre perspective que d’assister à l’affaiblissement de leur croissance, ce qui menace de les engager dans une claire récession ; le Japon est une fois de plus aux prises avec son vieux démon de la déflation, lançant sans conviction un énième plan pour en sortir ; quant à l’Europe, dont le sort semblait s’améliorer, elle va à nouveau faire parler d’elle. </p>
<p>Plus précisément, c’est l’Irlande qui devrait en être l’occasion immédiate, la crise grecque destinée à mûrir plus lentement, et l’espagnole restant toujours sur le fil du rasoir. Le cas irlandais &#8211; déjà remarqué en raison de l’ampleur de la récession qu’a connu le pays et de la rigueur du plan d’austérité qui y a été engagé &#8211; est en effet à lui tout seul un résumé exemplaire des contradictions dans lesquelles se trouve la zone euro. Comme une mise à nu des mécanismes de contagion entre dette privée et publique qui dominent la scène européenne et ne sont pas prêts d’être résolus. </p>
<p>D’ici à la fin septembre, les importants besoins de refinancement des banques irlandaises vont être le détonateur d’un nouvel épisode de la crise de la dette, dévoilant un cercle vicieux bien enclenché. D’un côté l’agence S&#038;P diminue la note de l’Irlande, abaissée à <i>AA-</i>, en raison du poids que représentent les garanties que l’Etat a accordées au système bancaire, de l’autre ce dernier cherche à en obtenir le renouvellement, afin de ne pas se présenter seul sur le marché et supporter des taux qui augmentent avec ceux des obligations souveraines, en raison de l&#8217;abaissement de la note. Le cercle est bouclé.</p>
<p><span id="more-15455"></span>Les garanties publiques actuellement en vigueur ne devraient plus être disponibles à la fin du mois de décembre prochain, et les échéances de refinancement des principales banques irlandaises vont intervenir dès ce mois de septembre. Un test attendu et redouté pour la suite des événements. Comment les banques irlandaises vont-elles se présenter sur <i>les marchés</i> et quel accueil vont-elles y recevoir ? Quels montant vont-elles essayer d’y lever et à quelle maturité  ? Quels taux vont-elles devoir consentir  ? Toutes questions auxquelles les prochaines réponses augureront des difficultés qu’elles doivent se préparer à affronter dans un futur qui n&#8217;est pas lointain. Et qu’elles voudraient continuer d’esquiver. </p>
<p>Le gouvernement irlandais cherche &#8211; et le dit clairement &#8211; à se dégager de ce poids financier qui n’est pas dans ses moyens et entraîne le pays dans une spirale descendante. Les banques veulent le contraire et le font savoir. La banque centrale irlandaise joue au <i>go between</i> et suggère un renouvellement trimestriel du plan de garantie, car l’effondrement des banques n’est pas non plus dans les moyens de l’Etat. Le décor du prochain acte est planté. </p>
<p>Ayant connu un déficit dépassant l’année dernière les 14% de son PIB, ce dernier chutant de plus de 11% la même année, comment l’Irlande pourrait-elle en effet remonter la pente, si en plus du fardeau qu’elle supporte déjà elle devait continuer à financer son système bancaire ? Même sans celui-ci, le chemin va être dans le meilleur des cas très long à parcourir. Le poids de la structure de défaisance mise en place par le gouvernement &#8211; NAMA &#8211; pourrait même s’accroître, si comme il est plus que probable de nouvelles dépréciations des actifs toxiques qu’elle a recueillis des banques devaient intervenir. </p>
<p>Dans un éditorial remarqué à propos de l&#8217;Irlande, le Financial Times déclarait tout dernièrement qu’il était temps « d’arrêter la saignée», précisant que « la remise de chèques en blanc aux banques » devait y cesser et qu’elles devaient engager un programme de conversion de leurs dettes en actions. Une détestable issue apparaissant finalement comme un moindre mal, y compris pour les partenaires européens des banques, au premier rang desquels figurent des banques britanniques. Car si un dérapage intervenait, il ne concernerait pas seulement l’Irlande, ce qui explique le ton préoccupé du quotidien financier.</p>
<p>On peut se poser la question : si les banques irlandaises, n&#8217;ayant pas d&#8217;autre choix, devaient s&#8217;engager sur cette voie, cela ne donnerait-il pas le signal à d&#8217;autres banques dans d&#8217;autres pays, afin qu&#8217;elles procèdent de même ? Aboutissant à une reconfiguration du système bancaire européen, dont l&#8217;interpénétration est grande ? Cela remettrait au premier plan la crise de la dette privée et pourrait engager le début du désamorçage  de celle-ci. </p>
<p>La BCE va se réunir à nouveau, jeudi prochain, et il en est attendu la confirmation d’une nouveauté : la conversion sans restriction du président de la Bundesbank, Alex Weber, à la poursuite du programme d’injection des liquidités de la banque centrale. Les faits sont là et sont installés désormais, le système bancaire ne peut toujours pas se passer de cette attelle, qui tend à s’inscrire de manière permanente dans le paysage, ses maillons les plus faibles en dépendant étroitement pour se refinancer. Confrontés à la crise de leur propre système bancaire, qu&#8217;ils ne parviennent pas à régler, les Allemands en viennent à faire de nécessité vertu.</p>
<p>Une autre leçon pourrait être tirée par la BCE, qui se gardera bien de le faire publiquement : son programme d’achat sur le marché secondaire de la dette souveraine n’est pas parvenu à faire baisser les taux que doivent consentir les pays dans la ligne de mire des <i>marchés</i>, comme leurs récentes émissions de l’été l&#8217;ont montré. </p>
<p>Avant même de s’interroger sur les conséquences à terme de l’accroissement des <i>spreads</i> (écarts) entre les très bas taux dont bénéficient l’Allemagne et la France &#8211; en raison du refuge relatif mais recherché que leurs obligations souveraines offrent &#8211; et les taux élevés que subit le reste de la zone euro, il faut enregistrer que la BCE est dans l’immédiat au mieux parvenue à calmer le jeu, sans rien régler. Comment les pays les plus étranglés par leur dette vont-ils pouvoir continuer à la refinancer, si les taux restent obstinément au niveau élevé actuel, remettant en question les efforts qu’ils imposent en application de leurs restrictions budgétaires et accroissement de leur fiscalité ?</p>
<p>La crise de la dette publique n’est plus dans l’immédiat aiguë, mais elle est également devenue chronique, comme sa petite soeur privée. Dans l’attente d’une nouvelle éruption qui ne manquera pas d’intervenir. </p>
<p>Dans l’avenir, quelle politique commune à tous les pays de la zone euro la BCE pourra-t-elle dopter en matière monétaire, pour redéfinir ses taux directeurs, avec une Europe écartelée et n’ayant d’autre avenir que l’éclatement ?</p>
<p>Les résultats à l’exportation de l’Allemagne font actuellement l’objet d’évaluations contradictoires. Mais il semble admis que sa croissance actuelle ne va pas se poursuivre, après son redémarrage en flèche. Les incertitudes à ce propos ne doivent cependant pas masquer ce qui est par contre une certitude : l’économie allemande, en raison même de son moteur, continue d’alimenter la crise en accentuant les disparités au sein de la zone euro. Ce paradoxe-là sera-t-il finalement pris en compte, sous la pression des événements à venir ? </p>
<p>Le FMI vient de son côté d’anticiper, sans attendre. Il a annoncé que sa <i>ligne de crédit par précaution</i> était désormais totalement déplafonnée. Cette facilité, qui a encore été peu utilisée, a été mise en place en 2009, afin de fournir aux pays « bien gérés »  une sorte de coussin, a-t-il été expliqué en choisissant le terme le moins alarmiste possible. </p>
<p>Cette nouvelle disposition a toutes les apparences d’avoir été prise en pensant à la nécessité de conforter des pays devant faire face à d’importantes obligations financières sans qu&#8217;ils soient dans l&#8217;obligation d&#8217;aller sur <i>les marchés</i>. Comme par exemple un nouveau sursaut prévisible de la crise de la dette européenne. L&#8217;idée pourrait être de sauter l&#8217;étape des euro obligations, injouable en raison du veto allemand, et de mutualiser des éléments constituants de la dette européenne via le FMI. </p>
<p>Ce dernier continue de placer ses pions afin d’occuper une position centrale quand des grandes décisions seront finalement inéluctables. En particulier à propos de l’évolution du système monétaire international, dont la crise actuelle du yen japonais &#8211; contrecoup de la faiblesse du dollar &#8211; illustre la criante nécessité. </p>
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		<title>BFM Radio, lundi 30 août 2010 à 10h46 &#8211; Les banquiers centraux : « Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais de raisons de s’inquiéter »</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 09:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde financier]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce texte est un « article presslib’ » (*) Les banquiers centraux : « Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais de raisons de s’inquiéter » La réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole dans le Wyoming a eu lieu le weekend dernier. J’en ai personnellement retenu deux choses : la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>Ce texte est un « article presslib’ » (*) </strong></p></blockquote>
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<h3>Les banquiers centraux : « Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais de raisons de s’inquiéter »</h3>
<p>La réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole dans le Wyoming a eu lieu le weekend dernier. J’en ai personnellement retenu deux choses : la discussion générale sur les bulles financières et le discours de Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque Centrale Européenne. </p>
<p><b>Les bulles financières</b></p>
<p>La discussion sur les bulles financières a été l’occasion d’une belle cacophonie : aucun consensus sur le fait qu’il faudrait intervenir à titre préventif : avant qu’elles ne se créent, ou bien pendant : au moment où on constate leur existence, voire encore même après : la politique actuelle en la matière. </p>
<p>Randall Kroszner, un ancien gouverneur de la Fed, a rappelé le rôle crucial joué par l’immobilier résidentiel dans la naissance des bulles, qu’il s’agisse aussi bien de la Chine aujourd’hui, que des États-Unis il y a trois ans. Fait peut-être encore plus inquiétant : avec un beau cynisme, les États comptent généralement sur les bulles immobilières pour faire sortir les nations des récessions qui les affectent.</p>
<p>Les êtres humains aiment les maisons, et se concurrencent entre eux pour les acquérir. Les « marchés » n’observent pas cela d’un œil neutre. Résultat : un marché constamment en proie à la spéculation, et des logements hors de prix. Je pose la question suivante : les gouvernements ne devraient-ils pas penser à isoler l’immobilier résidentiel de la spéculation ? Le logement ne devrait-il pas être envisagé comme « une chose nécessaire », et les politiques d’accès à la propriété calquées plutôt sur celle, disons, de la santé ? Ou bien a-t-on encore trop besoin des bulles immobilières pour sortir des récessions ?   </p>
<p><b>Le discours de Jean-Claude Trichet</b></p>
<p>Passons maintenant au discours de Jean-Claude Trichet qui s’intitulait : « Le rôle des banques centrales dans des temps incertains : conviction et responsabilité. « Conviction », comme vous allez le voir, pour « ce que je pense vraiment », et « responsabilité » pour « ce que je suis malheureusement obligé de faire ».</p>
<p>Notons le, la tâche de Mr. Trichet est une tâche périlleuse : que dire en effet quand le seul discours que l’on puisse tenir serait une autocritique mais qu’il vous est interdit par définition de la prononcer puisque cela affecterait – en mal – la confiance des marchés ? D’où, la suavité des propos qui sont alors tenus. Ce qui situe cependant avec exactitude le problème, c’est l’usage neuf fois du mot « crédible » dans le discours et quatre fois du mot « crédibilité », sans compter même sa présence dans une expression que Mr. Trichet affectionne de « credible alertness ». Le symptôme qui trahit une absence embarrassante. </p>
<p>Très remarquable aussi donc, le recours à la distinction faite autrefois par le sociologue Max Weber entre une « éthique de la conviction », fondée sur les principes (c’est-à-dire sur la théorie) et une « éthique de la responsabilité », l’accent étant mis ici sur les conséquences (le retour de bâton de la réalité). Les concepts de Weber ont été mobilisés pour justifier la navigation à vue quand il s’avère que la théorie est fausse, et le fait d’appliquer des mesures que la théorie rejette, comme les mesures non-standard, autrement dit, le recours à la « planche à billets » dans l’<i>assouplissement quantitatif</i> : l’achat de la dette des États par les banques centrales, autrement dit encore, la création par elles d’argent, non pas parce qu’on a constaté une création de richesse dans l’économie, mais tout au contraire parce que la richesse manque à l’appel là où elle est nécessaire. Une « recette pour un désastre », comme disent alors les anglo-saxons. </p>
<p>Les concepts wébériens se trouvaient donc là à point nommé pour justifier a posteriori le refus initial par Trichet au printemps dernier, durant la crise de l’euro, de l’<i>assouplissement quantitatif</i> : quand il campait fermement sur ses principes, suivi ensuite de son rapide revirement : quand la réalité lui imposa la politique inverse. Un passage en douce de l’« éthique de la conviction » à l’« éthique de la responsabilité », en raison, pour reprendre ses termes, du « fonctionnement anormal de certains marchés », d’une « période de tensions aigües sur les marchés financiers ». </p>
<p>2008 : la confiance des financiers est ébranlée, celle des économistes ne l’est pas moins. 2010 : retour en force du ronron. À Jackson Hole, les banquiers centraux nous ont expliqué qu’il n’y a jamais eu, et qu’il n’y aura jamais de craintes à avoir. Poussons donc le ouf de soulagement qui nous est si gentiment demandé.</p>
<blockquote><p><strong>(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=647">ici</a>.</strong></p></blockquote>
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		<title>« La Survie de L&#8217;Espèce », par Grégory Maklès et Paul Jorion</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 22:13:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Questions essentielles]]></category>

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		<description><![CDATA[Déjà tout petit, j’aimais la bande dessinée. Je dévorais tout : Spirou et Tintin bien sûr mais aussi Cap’taine Sabord, Wrill, Story, tout y passait. Qui se souvient aujourd’hui de L’île de Mytilène ?… Hum… bon, je recommence. Cachant soigneusement son identité sous le pseudo « Grégory », Grégory Maklès est un commentateur de longue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà tout petit, j’aimais la bande dessinée. Je dévorais tout : <em>Spirou</em> et <em>Tintin</em> bien sûr mais aussi <em>Cap’taine Sabord</em>, <em>Wrill</em>, <em>Story</em>, tout y passait. Qui se souvient aujourd’hui de L’île de Mytilène ?…</p>
<p>Hum… bon, je recommence. Cachant soigneusement son identité sous le pseudo « Grégory », Grégory Maklès est un commentateur de longue date du blog. Allant voir ce qu’il faisait en matière de bandes dessinées, je lui dis un jour : « Grégory, mon vieux, la <i>fantaisie héroïque</i>, c’est bien, mais c’est beaucoup trop classique – Guy l’Éclair est d&#8217;ailleurs inégalable ! – l’avenir de la BD, c’est la BD financière ! ». </p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Flash-Gordon.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Flash-Gordon-1024x409.jpg" alt="" title="Flash Gordon" width="1024" height="270" class="alignnone size-large wp-image-15383" /></a></p>
<p>C’est mieux comme ça, mais à part le fait qu’il soit un commentateur de longue date du blog, ce n’est pas comme cela que les choses se sont passées. La vérité historique, c’est que c’est lui qui m’a proposé qu’on fasse une BD ensemble (une planche somptueuse en préparation – le maniement de l’airbrush par Grégory y est époustouflant ! – reconstituera cette scène initiale). Comme j’étais un peu désoeuvré à l’époque (il ne se passait pas grand-chose, à part l’effondrement de l’euro), j’ai dit oui.</p>
<p>Notre première collaboration (c’est moi qui écrivis le dialogue) est <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=13715">cette caricature qui vous est déjà familière</a>. De notre seconde, intitulée « La Survie de L&#8217;Espèce »  – une saga qui se terminera, comme vous le savez, en 2012 – vous trouverez les deux premières planches ci-dessous. </p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/e1p1a-5.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/e1p1a-5.jpg" alt="" title="e1p1a (5)" width="697" height="366" class="alignnone size-full wp-image-15442" /></a><br />
<a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/e1p1b-5.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/e1p1b-5.jpg" alt="" title="e1p1b (5)" width="697" height="656" class="alignnone size-full wp-image-15448" /></a><br />
<a href="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/e1p2.jpg"><img src="http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/e1p2.jpg" alt="" title="e1p2" width="697" height="1022" class="alignnone size-full wp-image-15403" /></a></p>
<p>À suivre…  </p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: le monde selon Trichet, par François Leclerc</title>
		<link>http://www.pauljorion.com/blog/?p=15335</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 11:36:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité. LE MONDE SELON TRICHET Rituellement organisé chaque année par la Fed de Kansas City, un symposium économique international vient de se tenir à Jackson Hole, une station touristique du Wyoming. Le thème prometteur de cette année en était La décennie à venir, sur lequel les principaux banquiers centraux étaient invités à plancher. Parmi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>LE MONDE SELON TRICHET</strong></p>
<p>Rituellement organisé <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=4303">chaque année</a> par la Fed de Kansas City, un symposium économique international vient de se tenir à Jackson Hole, une station touristique du Wyoming. Le thème prometteur de cette année en était <i>La décennie à venir</i>, sur lequel les principaux banquiers centraux étaient invités à plancher. Parmi eux, Jean-Claude Trichet. </p>
<p>S’attarder un moment sur <a href="http://www.ecb.int/press/key/date/2010/html/sp100827.en.html">sa communication</a>, à l’occasion de laquelle le président de la BCE s’est efforcé de prendre de la hauteur de vue &#8211; se drapant dans l’éthique de la conviction et de la responsabilité de Max Weber &#8211; permet de mieux cerner le socle sur lequel repose son intransigeant credo. </p>
<p>Tout en regrettant de ne pas connaître les réactions des représentants de toutes les Fed régionales américaines présentes à la réunion, qui ont du se dire <i>in petto</i> que ces Français étaient décidément des doctrinaires arrogants et donneurs de leçons, dont ils ne pouvaient rien attendre pour résoudre leurs propres difficultés ! Car, dans la forme comme dans le fond, l’exposé de Trichet pour le moins s’opposait à celui de Bernanke.</p>
<p><span id="more-15335"></span>Comme à son habitude, Jean-Claude Trichet s’est posé du haut de son magistère en gardien revendiqué de l&#8217;église, tout en préconisant à l’usage des autres l’humilité. Comme s’il prononçait en chaire un terrible prêche destiné à faire trembler. </p>
<p>Il est toutefois inutile de chercher dans son exposé de la crise une analyse de ses causes. Car il ne s’est pas attardé sur ce qu’il a intitulé « l’héritage » des décennies passées, sauf pour évoquer des « excès et des déséquilibres » dont nous ne saurons pas plus, si ce n’est qu’ils ont affecté « les ménages, les entreprises et les institutions financières ».  Aboutissant à « l’accumulation des risques et l’augmentation de l’effet de levier » grâce à une « innovation financière » qu’il continue de présenter comme positive pour la qualifier ainsi. Tous ces non-dit et ces formules contournées parlent beaucoup. </p>
<p>Pas une seule fois n’a été prononcé lors de son intervention le terme de <i>régulation financière</i>, alors qu’il consacrait une longue tirade aux méfaits de la « répression financière » qui « faussent le rôle du système financier » et ralentissent donc la croissance économique, dont on connaît la récente contribution à celle-ci. Ainsi qu’à toute « réglementation financière excessive ». Revenir à un tel climat, a-t-il dit, « représenterait un renversement de la tendance politique des 40 dernières années en faveur de marchés de capitaux plus libres », à ce titre impensable. Pour préserver la foi, il ne faut pas dévier de sa doctrine.</p>
<p>Jean-Claude Trichet a préféré très rapidement passer au vif de son sujet, « la réduction du fardeau de la dette (publique) », l’objectif central et prioritaire qu’il assigne. Et dont il reconnaît que l’accroissement fulgurant est un effet de la crise : « la dette publique dans la zone euro a augmenté de plus de 20 points de pourcentage sur une période de quatre ans seulement, de 2007 à 2011. Les chiffres équivalents pour les États-Unis et le Japon représentent entre 35 et 45 points de pourcentage ». </p>
<p>Quel est son programme, afin de retrouver « la stabilité et la croissance », une fois posée la nécessité impérieuse de revenir sur cette dette ? « L&#8217;établissement de niveaux plus soutenables d&#8217;effet de levier, la réabsorption de l&#8217;excès de liquidités, la restructuration et le renforcement des bilans des banques, des ménages, des entreprises, des gouvernements et des banques centrales. » A remarquer la référence assez étonnante au « bilan » des ménages, qui ne détonne pas dans sa vision du monde ! </p>
<p>Mais il y a dans son approche dette et dette : c’est en effet sur la dette publique qu’il convient de faire porter tous les efforts, après qu’elle a contribué à rendre provisoirement supportable la dette privée. Escamotant la poursuite de la crise financière, comme si de rien n’était. </p>
<p>Des trois options qu’il évoque afin d’y parvenir  &#8211; le retour de l’inflation, le maintien de la dette ou la nécessité d’en sortir coûte que coûte &#8211; Jean-Claude Trichet évacue sans surprise les deux premières, repoussoirs dont il se sert pour justifier la troisième. Il avait préalablement exclu toute perspective de restructuration de dettes. </p>
<p>Faisant référence, à propos de la deuxième option, au danger des « décennies perdues » du Japon, et concluant à ce propos : « le principal défi macroéconomique pour les 10 prochaines années est de veiller à ce que celles-ci ne se transforment pas en une autre « décennie perdue », une phrase qui semble résumer plus qu&#8217;il ne veut bien l&#8217;admettre son appréciation des risques actuels.</p>
<p>Ce qui a conduit l’orateur, afin de ne pas être accusé de conduire par la politique qu’il préconise tout droit à cette situation, à prononcer des phrases très générales et alambiquées, tout à son affirmation que la réduction des déficits publics pourrait être une contribution à la croissance. « L&#8217;énorme défi pour les décideurs politiques dans les économies avancées &#8211; annonce-t-il &#8211; est donc de mettre en mouvement tout en se renforçant mutuellement un scénario positif de désendettement et de croissance forte et durable. » Il faudra attendre pour les détails, les banquiers centraux n&#8217;ayant pas encore la conduite de la politique économique dans leurs prérogatives.  </p>
<p>S&#8217;il n&#8217;a pas été prolixe à propos des modalités de la relance de la croissance dans ces conditions, Jean-Claude Trichet n’a par contre pas été avare de précisions sur la manière de procéder pour aboutir au désendettement public. Le maintien pour une longue période de la contribution des banques centrales au désendettement privé étant visiblement hors sujet, après que son arrêt progressif a été prématurément annoncé par ses soins. Posant comme préalable, pour s’y arrêter, que « les entreprises et les ménages savent qu’ils auront finalement à supporter les conséquences des mesures douloureuses nécessaires pour réduire la dette. Tant que la manière et le partage des coûts de l&#8217;ajustement ne sera pas clarifié, les entreprises et les ménages retarderont leurs investissements et leurs décisions de consommation, ralentissant la reprise économique. »</p>
<p>Il a mieux ensuite explicité les conditions de ce partage : il passe comme chacun sait par des « réformes structurelles » et la réduction des « rigidités ». S’il est bien question, en général, de « réformes structurelles des marchés de produits, du travail et financiers. », il est uniquement expliqué que « les consolidations budgétaires destinées à la réduction des dépenses et la masse salariale sont susceptibles d&#8217;être plus efficaces que les consolidations fondées sur les hausses d&#8217;impôt », question de compétitivité. </p>
<p>S’il est nécessaire de réduire les leviers d’endettement (donc le crédit) et de comprimer les salaires &#8211; pour aller à l’essentiel &#8211; on comprend difficilement à quoi servira l’accroissement de la compétitivité, sauf à contribuer aux exportations. Car cette course à la compétitivité mènera dans ces conditions au rétrécissement des marchés intérieurs et à l’illusoire affrontement avec les pays à plus faibles salaires et coûts de production. </p>
<p>Tout à la logique du sauvetage à tout prix d’un système financier toujours à la dérive, vers quel monde de &laquo;&nbsp;stabilité et de croissance&nbsp;&raquo; prétend nous diriger l&#8217;idéologue Jean-Claude Trichet, affichant des certitudes d&#8217;un autre temps ? </p>
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		<title>La Révolution française et nous aujourd’hui</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 08:37:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[propriété privée]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution française]]></category>
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		<description><![CDATA[Certains d’entre vous s’interrogent sur mon intérêt en ce moment pour la Révolution française. Un commentateur s’est même demandé hier comment je pouvais m’intéresser à la fois à la Révolution française et à l’idée d’une charte de bonnes pratiques pour les entreprises. Voici un début de réponse. Il n’est pas de moi, il est à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Certains d’entre vous s’interrogent sur mon intérêt en ce moment pour la Révolution française. Un commentateur s’est même demandé hier comment je pouvais m’intéresser à la fois à la Révolution française et à l’idée d’une charte de bonnes pratiques pour les entreprises. Voici un début de réponse. Il n’est pas de moi, il est à la page 366 du livre d’Albert Soboul, <i>La Révolution française </i>, originellement publié en 1962 et qu’on trouve aujourd’hui dans la collection <i>Tel</i> chez Gallimard (1982).</p>
<blockquote><p>L’idéal d’une démocratie sociale fut partagé, à quelques nuances près, par les masses populaires et par la moyenne bourgeoisie révolutionnaire. Que l’inégalité des richesses réduit les droits politiques à n’être qu’une vaine apparence, qu’à l’origine de l’inégalité parmi les hommes, il n’y a pas seulement la nature, mais aussi la propriété privée ; thème banal de la philosophie sociale du XVIII<sup>e</sup> siècle. Mais rares étaient ceux qui arrivaient à l’idée de bouleverser l’ordre social par l’abolition de la propriété privée. « L’égalité des biens est une chimère », déclara Robespierre à la Convention, le 24 avril 1793. Comme tous les révolutionnaires, il condamnait la <i>loi agraire</i>, c’est-à-dire le partage des propriétés. Le 18 mars précédent, la Convention unanime avait décrété la peine de mort contre les partisans de la loi agraire. Mais Robespierre n’en affirmait pas moins, dans ce même discours, que « l’extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes » ; sans-culottes et Montagnards s’affirmèrent hostiles à l’« opulence », aux <i>gros</i>, à la richesse excessive. L’idéal commun était une société de petits producteurs indépendants, paysans et artisans, possédant chacun son champ, sa boutique ou son échoppe, et capable de nourrir sa famille sans recourir au travail salarié. Idéal à la mesure de la France populaire de cette fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, conforme aux aspirations du petit paysan et du journalier agricole, de l’artisan et du compagnon, comme du boutiquier. Idéal en harmonie avec les conditions économiques de la majorité des producteurs du temps, mais qui s’affirmait en contradiction avec la liberté de production par ailleurs réclamée, laquelle portait à la concentration capitaliste.</p></blockquote>
<p>Toute ressemblance avec des situations présentes… On trouve même les Décroissants ! </p>
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		<title>Aristote explique la matérialité de la monnaie, par Pierre Sarton du Jonchay</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Aug 2010 20:25:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Alexandre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie]]></category>
		<category><![CDATA[Aristote]]></category>
		<category><![CDATA[Matérialité]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité Le présent texte est le quatrième d&#8217;une série visant à synthétiser une explication de la monnaie avec le système de causalité d&#8217;Aristote. Aristote explique la matérialité libre]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité</p></blockquote>
<p><em>Le présent texte est le quatrième d&#8217;une série visant à synthétiser une explication de la monnaie avec le système de causalité d&#8217;Aristote.</em></p>
<p><em><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=14951"http://www.pauljorion.com/blog/?p=14951">Aristote explique la monnaie</a></em><br />
<em><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15108"http://www.pauljorion.com/blog/?p=15108">Aristote explique la matérialité libre</a></em><br />
<em><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15185"http://www.pauljorion.com/blog/?p=15185">Aristote explique la production de valeur</a></em></p>
<p><em>L&#8217;époque actuelle est tourmentée par une crise inédite de la connaissance. Dans le champ du produire plus avec le moins – l&#8217;économie – l&#8217;observateur ne sait que penser entre pouvoir politique et financier affirmant la croissance de la valeur et des opinions publiques inquiètes d&#8217;une pauvreté qu&#8217;elles voient croître. Confronté lui-même à ce débat il y a plus de 23 siècles, le philosophe grec avait posé l&#8217;hypothèse que la discussion au sein de la cité est en soi le début de la richesse que les débatteurs attendent. Le langage contient la fin de l&#8217;homme. Pour découvrir cette fin, il avait posé d&#8217;autres hypothèses dont la supposée vérité était nécessaire pour tracer par le langage le chemin qui puisse révéler la fin.</em></p>
<p><em>Il avait supposé que la réalité pouvait se décomposer entre son objectivité et sa subjectivité ; qu&#8217;il y avait une réalité indépendante de la fin du sujet – la physique – et une réalité dépendante de la fin par le langage du sujet : la métaphysique. Il avait posé que le langage appartenait à la métaphysique. Il lui était alors permis à lui sujet d&#8217;utiliser la fin supposée de vérité du langage pour poser les conditions logiques – propres au langage – d&#8217;un chemin métaphysique de vérité. En posant l&#8217;hypothèse de la vérité comme recherche de la fin, Aristote est tombé sur quatre causes de vérité, quatre explications possibles et réciproquement nécessaires à tout phénomène vrai : la fin, l&#8217;effet, la forme et la matière.</em></p>
<p><span id="more-15316"></span><em>On peut attribuer à Aristote l&#8217;invention de la logique fractale, le langage qui est à lui-même sa cause et sa conséquence dans la vérité du locuteur, le sujet qui parle de son objet. La causalité fractale se contient et s&#8217;étend par elle-même. L&#8217;auteur de cette introduction évoquant Aristote est cause et conséquence d&#8217;Aristote sans être Aristote. Cause par la fin choisie de la structure de ce texte dans le discours d&#8217;Aristote. Conséquence par l&#8217;effet visé qui est l&#8217;explication de la monnaie d&#8217;aujourd&#8217;hui avec la forme des quatre causalités.</em></p>
<p><em>23 siècles de matière métaphysique distinguent le discours d&#8217;Aristote de l&#8217;exercice ici proposé. La matière métaphysique du monde offert à la connaissance s&#8217;est transformée. Elle contient beaucoup plus d&#8217;information qu&#8217;au temps du Stagirite. Mais la métaphysique d&#8217;Aristote n&#8217;est pas vulnérable à la quantité parce qu&#8217;elle la contient, la réduit et la développe. Les connaissances transmises et accumulées par l&#8217;histoire deviennent transparentes dans l&#8217;utilisation des quatre causes. Elles sont suffisantes pour décider d&#8217;un système universel de comptabilité de la valeur qui transforme les limites du monde physique sans enfermer l&#8217;homme dans la quantité.</em></p>
<h3>Matérialité métaphysique de la monnaie</h3>
<p>La monnaie exprime la matérialité du choix politique du travail et du capital dans la valeur. Elle réduit au nombre, par la matérialité métaphysique, la valeur de la politique, du travail et du capital. Si le citoyen n&#8217;exerce pas son autorité et sa responsabilité personnelles sur la société qui engendre sa matérialité individuelle, il se réduit lui-même à une matérialité dissociée de ses fins. Il renonce à être sujet et s&#8217;effondre sur la matérialité qui ne produit plus la valeur des fins qu&#8217;il a la liberté d&#8217;y mettre. En contraction ou en expansion, la valeur collective et individuelle trouve une réalité physique à l&#8217;intérieur des fins métaphysiques choisies par les personnes. L&#8217;homme fait dans la réalité ce qu&#8217;il décide d&#8217;y faire. Chaque homme affirme ou n&#8217;affirme pas son bonheur ou son malheur ; il en choisit ou n&#8217;en choisit pas les causes. Seuls les jugements que les hommes accumulent sur eux-mêmes dans le temps font pencher la balance du bonheur ou du malheur. Le jugement véritable du bonheur individuel reste physiquement invisible donc métaphysiquement non quantifiable et logiquement non comparable. Pendant que le bonheur incube dans l&#8217;élaboration sociale des fins humaines, la Loi peut ignorer des fins qui soient acceptables et ne pas interdire des fins inacceptables. Les contrats financiers d&#8217;anticipation, publics ou privés, peuvent simuler de la valeur qui sera jugée inacceptable ou dissimuler une valeur véritablement attendue. Ces contrats sont délocalisés hors du contrôle d&#8217;un marché effectif politique ou financier.</p>
<p>La spéculation est une activité de recherche, d&#8217;expression et de détermination des fins humaines, une discussion des individus en relation collective. La spéculation politique puis financière détermine la logique du calcul économique. La première élabore les formes générales et la seconde les formes particulières qui attribuent des fins à la matière économique. Les acteurs de la spéculation peuvent réserver la disposition de formes au service de leurs fins exclusivement privées. Ils acquièrent le temps de capter la matérialité de la valeur pour eux seuls avant qu&#8217;un marché n&#8217;ait identifié les fins qui justifient la valeur. Ils choisissent de se mettre à l&#8217;abri de leur besoin matériel au risque de priver autrui de l&#8217;expression de ses besoins propres. Par la monnaie qui matérialise les fins, la matérialité métaphysique du physique peut se concentrer entre quelques mains pendant que le doute devient général sur l&#8217;accroissement réel de la valeur par les formes utilisées. La crise économique est par nature un phénomène politique, social et monétaire.</p>
<p>Si la causalité finale existe, l&#8217;erreur ou l&#8217;absence de la Loi égare la société à discriminer les causes de la valeur dans le réseau social des relations personnelles. Les échanges produisent réellement moins de plus-value que l&#8217;imaginaire n&#8217;en mesure. Quand les inégalités matérielles ne trouvent plus d&#8217;explication, quand trop d&#8217;individus ne voient plus la dignité de leur personne ou meurent à coté de quelqu&#8217;un qui pourrait partager les moyens de ses fins, l&#8217;émeute arrête la spéculation privative. Soit la société dispose encore de ressources morales et saisit l&#8217;occasion de se mettre en discussion d&#8217;un paradigme renouvelé du bien social, de la liberté de la personne ; soit l&#8217;émeute détruit la matière métaphysique par la matière physique et la civilisation s&#8217;effondre. Dans la phase spéculative de la crise, la masse monétaire croît alors que les sujets de la valeur sortent malgré eux du marché. Les signes monétaires se multiplient sans autre fondement que l&#8217;arbitraire politique et financier. Le chômage s&#8217;accroît, les revenus du travail stagnent. La mesure du capital est volatile entre sa matérialité forcée par le signe monétaire et sa finalité invisible dans la société. Dans la phase de réalité de la crise, la monnaie devient volatile. Des prix s&#8217;affichent d&#8217;une réalité imaginaire inexistante ou ne s&#8217;affichent pas d&#8217;une réalité physique incontestable. Les prix varient indépendamment de toute offre et de toute demande, sans cause publique mais à le seul intérêt du sujet financier qui les publie.</p>
<h3>Mesure matérielle de la causalité dans le crédit</h3>
<p>C&#8217;est le crédit qui permet d&#8217;exprimer l&#8217;effet compté de la valeur. En quantifiant les prix dans l&#8217;espace et le temps entre les personnes, le crédit matérialise la valeur potentiellement circulante. Il matérialise la liquidité qui s&#8217;appelle monnaie dans le présent des sujets du prix ; et qui s&#8217;appelle crédit et capital dans leur passé et leur futur. Selon la fin que les individus et la collectivité lui assignent, la rationalité formelle du crédit est ou non établie entre sa matière et la finalité de ses objets. Le crédit prend son sens dans l&#8217;existence des objets qu&#8217;il relie. Il permet l&#8217;existence d&#8217;un capital sans matérialité physique. Il permet la demande d&#8217;une matière qui n&#8217;est pas physiquement produite par celui qui offre. Il permet au sujet consommateur de dépenser une matière qu&#8217;il ne produit pas au présent ; au sujet producteur d&#8217;accumuler une matière qu&#8217;il n&#8217;offre pas physiquement au présent. Le crédit médiatise dans le temps et l&#8217;espace subjectifs la rationalité du prix par l&#8217;objet métaphysique de valeur, l&#8217;objet qui contient une fin, un effet, une forme et une matière potentiellement physique.</p>
<p>La mesure en crédit des objets de valeur contient les fins conscientes ou non de l&#8217;acheteur, du vendeur et du médiateur de crédit. Si le capital alloue une capacité métaphysique de travail à un objectif de valeur, il se matérialise logiquement dans un titre contenant du crédit. Le crédit produit les effets quantitatifs du langage sans présence de la matière physique. Si la décision de l&#8217;objet à produire est ajoutée à la capacité de production physique présente du travail, la source de la valeur est dotée par le crédit de la matérialité de sa fin. Le nombre créditeur signifie que le travail est attaché à sa fin par l&#8217;objet de capital ; que la mesure contenue dans le titre est réelle en matérialité future ; et que le titre de capital contient la finalité du capital par celle du crédit, qu&#8217;il contient la finalité du crédit par celle du travail.</p>
<p>Dans la causalité matérielle, le crédit en compte de dépôt – ou en tout autre effet de monnaie, métallique, scriptural ou électronique – passe par trois états pour être affecté à l&#8217;investissement qui est le contenu du capital. D&#8217;abord le travail de matérialité métaphysique informe un objet de valeur futur. L&#8217;objet formé est alors quantifiable et matérialisé dans un certain montant de crédit. Le crédit passe alors de son état monétisé à son état investi dans une matière en transformation par le travail physique. Après n&#8217;avoir été que réserve de valeur sans affectation matérielle, ni efficience physique, ni finalité concrète, le crédit reçoit la détermination d&#8217;un montant à dépenser puis la détermination de l&#8217;objet d&#8217;investissement. Le crédit a ajouté la certitude verbale d&#8217;un nombre à un potentiel physique de valeur ; puis la décision d&#8217;un investisseur lui rajoute la valeur incertaine d&#8217;une fin réalisable dans le futur.</p>
<h3>Matérialité finale du crédit</h3>
<p>Si la causalité finale est réelle, il existe une différence entre les objets de crédit indépendante de la matérialité physique. Alors la valeur du crédit dépend d&#8217;une autre causalité que la seule matérialité. Cette différence est celle des fins que les sujets mettent dans les objets du crédit. Un même potentiel de crédit de matérialité métaphysique définie par une même certitude logique peut recevoir des fins différentes de valeur variable selon la décision du sujet emprunteur. Et le même objet de crédit associé à un prix identifié peut recevoir les fins propres à tous ses sujets. Le crédit équilibre la finalité à la matérialité. Si un objet mesuré en crédit n&#8217;a pas de matérialité physique au présent, il n&#8217;existe rien d&#8217;autre entre des sujets différents de la valeur que la causalité finale pour distinguer la source de transformation du temps en valeur. Seul l&#8217;effet de la causalité finale distingue au présent la différence des objets de matérialité future. La matérialité métaphysique du crédit porte au présent la différence des fins hors de la matérialité physique. Or à l&#8217;échéance du crédit la fin s&#8217;exprime d&#8217;elle-même dans l&#8217;objet physique produit par l&#8217;emprunteur. Mais avant l&#8217;échéance la fin ne s&#8217;exprime que par la parole de l&#8217;emprunteur. Il est impossible de donner un prix futur réel à l&#8217;objet du crédit sans identifier le sujet emprunteur de la mesure. La valeur d&#8217;un crédit vient exclusivement par la fin de l&#8217;emprunteur identifiable par laquelle elle est transformée en prix borné par le temps. Cette réalité n&#8217;est évidemment pas reconnue dans les techniques actuelles de titrisation.</p>
<p>La finalité certaine du crédit implique l&#8217;impossibilité de son existence sans l&#8217;identification de l&#8217;emprunteur qui définit la fin en déterminant l&#8217;objet. L&#8217;objectivité du crédit implique l&#8217;inanité de sa mesure sans l&#8217;intégration de la variabilité des fins selon la libre réalité de ses sujets. La réalité métaphysique libre est la vraie cause du risque de crédit qui contient par ailleurs la méconnaissance de la réalité physique. La réalisation incertaine de l&#8217;objet finalisé dans le crédit en fait primitivement un objet de capital. Dans l&#8217;objet de capital, l&#8217;investisseur isole par la fin qu&#8217;il choisit un prix certain qu&#8217;il peut emprunter à l&#8217;intérieur d&#8217;un prix incertain. Un prix incertain que personne ne peut lui prêter contre certitude de la valeur à terme si toute la certitude se trouve dans le prix de certitude du crédit promis à un prêteur. L&#8217;introduction de la fin du sujet dans le crédit, implique que le calcul en crédit du prix de la valeur présente est nécessaire à l&#8217;existence probable de la valeur future ; que l&#8217;actualisation du crédit n&#8217;a pas de sens sans l&#8217;identification au présent des sujets emprunteurs possibles. Le crédit n&#8217;a pas de consistance réelle hors de l&#8217;effectivité du sujet par sa fin.</p>
<h3>Crédit de la matérialité du temps</h3>
<p>Le crédit anticipe au présent la matérialité incertaine de l&#8217;investissement d&#8217;un objet attendu de plus-value possible. Les fins sont différentes selon les rôles du crédit. Alloué à l&#8217;emprunteur, le crédit mesure le prix de ce qu&#8217;il peut dépenser immédiatement sans l&#8217;avoir produit, sous condition de le reproduire à terme. Alloué à un consommateur, il délimite le prix de sa consommation de sa production engagée dans le passé, le présent ou le futur. Alloué au vendeur passé de la valeur, le crédit délimite le prix d&#8217;un objet quelconque dont la réalisation physique est repoussée dans le futur à l&#8217;échéance de son choix. Le crédit est la matérialité mesurée par le verbe de la valeur du temps d&#8217;utilité des objets physiques à terme. Un temps anticipé qui remplit trois finalités selon le choix de ses utilisateurs : unité de compte de la valeur, contrepartie réelle de la valeur, justification par la fin de la valeur anticipée.</p>
<p>La finalité n&#8217;étant pas la matière, elle peut être satisfaite par une même mesure de crédit pour plusieurs sujets en même temps. L&#8217;épargnant peut par le crédit mettre la matérialité du prix d&#8217;un revenu à la disposition d&#8217;un intermédiaire bancaire. La même matérialité est mise à la disposition d&#8217;un emprunteur qui a vendu à terme la valeur future de sa consommation présente. Cet emprunteur peut être le créancier d&#8217;une société d&#8217;entreprise productrice de l&#8217;objet physique vendu à terme ; entreprise qui a vendu à son actionnaire le capital qui contient la plus-value d&#8217;investissement de la production de l&#8217;objet physique. Si la réalisation de la plus-value est subordonnée au remboursement de la même mesure empruntée, si le remboursement est  subordonné à la production de l&#8217;objet physique vendu à terme, si la vente à terme est subordonnée à la livraison réelle véritable de l&#8217;objet physique, alors la fin réelle de la plus-value aura produit la réalité du crédit certain par la réalité physique incertaine de la plus-value. Le remboursement de l&#8217;emprunt ne peut pas être engagé sans la matérialité présente de la valeur investie ; sans la matérialité physique actuellement transformable ; ni la finalité, présente dans le futur, de la valeur investie. Par un même crédit justement quantifié, chaque sujet, épargnant, prêteur, emprunteur, investisseur et propriétaire de la plus-value peut satisfaire sa fin réalisable dans le temps.</p>
<h3>Le temps matérialisé dans la création monétaire</h3>
<p>Le temps physiquement insaisissable devient métaphysiquement saisissable dans le crédit. L&#8217;intelligence humaine perçoit le temps alors que cette réalité n&#8217;a pas de matérialité physique en soi. Le temps est traçable ; l&#8217;intelligence lui attribue la matérialité métaphysique du nombre. Aujourd&#8217;hui, dans toute la Zone éponyme, un euro est le prix de l&#8217;utilisation d&#8217;une année de la valeur de 100 euros prêtés par la Banque Centrale Européenne. Le prix du temps en toute monnaie est le taux du crédit de la banque centrale. Quantitativement variable selon des arguments de finalité, il est actuellement de un euro pour 100 utilisés dans une année. Le prix de la liquidité centrale est un prix réel ; un prix en temps d&#8217;utilité de toute valeur juridiquement certaine indépendamment de sa réalité physique. Au stade actuel de maturité de la métaphysique, la valeur du temps en euro ou de toute autre monnaie ne mentionne aucune matérialité physique utilisable. La matière sous-jacente à l&#8217;utilité de la monnaie reste libre.</p>
<p>L&#8217;effet de la valeur du nombre monétaire est obligatoire par la Loi. L&#8217;effet est réel par la Loi sans intégrer pour autant toute finalité collective et individuelle du crédit. Un euro est légalement pour tous ses ressortissants le pouvoir d&#8217;acheter et de vendre la contrevaleur d&#8217;un euro sans discussion de sa réalité. Par la décision commune de leurs lois, les citoyens de la zone euro ont collectivement défini la BCE comme instance de décision de la valeur réelle de l&#8217;euro. Il ont renoncé pas la Loi à discuter de la réalité de leur unité de compte de la valeur. Ne pas discuter tous les objets de la Loi revient à renoncer aux fins contenues dans les objets non discutés. La quantification réelle de l&#8217;étalon monétaire est un monopole légal âprement disputé entre pouvoirs politiques et financiers dans le monde entier. Cela n&#8217;empêche pas la monnaie d&#8217;exister matériellement extraite du crédit ; intermédié par le système bancaire et par le marché sans argument commun d&#8217;équilibre de la discussion, sans principe d&#8217;équilibre extérieur au marché. Le prix de non-discussion de la monnaie est la dégradation du sujet humain en objet matériel.</p>
<h3>Confusion métaphysique de la monnaie</h3>
<p>Le pouvoir de décision de la BCE a un sens par rapport à la finalité que la Loi lui assigne. Les Européens de l&#8217;euro ont choisi la stabilité du prix d&#8217;un panier étalon d&#8217;objets de la valeur. La Loi pourrait attribuer aux décisions de la banque centrale d&#8217;autres finalités logiques avec l&#8217;utilité monétaire : stimuler les échanges, enrichir l&#8217;épargne, financer l&#8217;investissement. Des finalités qui contiennent le sujet de la valeur. La valeur temps de l&#8217;euro est distincte en droit de celle d&#8217;autres monnaies par la différence des banques centrales émettrices. Les lois et politiques sont différentes qui fixent la finalité des décisions bancaires centrales. Toutes les lois nationales définissent les monnaies par le pouvoir libératoire du crédit des banques centrales. Elles définissent un pouvoir central de décision monétaire et attribuent à la matérialité créditrice qui en résulte de régler irrévocablement toute dette. La Loi qui interdit le contrôle politique de la monnaie annule la responsabilité personnelle de la réalité de la valeur monétisée.</p>
<p>L&#8217;affirmation par la Loi de l&#8217;effet libératoire de la monnaie n&#8217;est pas arbitraire en finalité ou en matérialité mais en effectivité. Il est conforme à la finalité de la Loi de faire exister la liberté. Également conforme au besoin de limiter le compte de la valeur par la physique. La monétisation du crédit de la banque centrale et des banques qui empruntent à la banque centrale répond au besoin de quantifier la valeur, de régler le paiement d&#8217;un prix mais pas de conserver la valeur dans le temps. La matérialisation de la monnaie en crédit liquide lui accorde la valeur du temps et la réalité du crédit. Mais la quantité du crédit n&#8217;est pas limitée par la réalité de la valeur. La numération en crédit affirme la valeur par le nombre sans garantir sa valeur par l&#8217;offre et la demande de tout objet. Les banques centrales vendent le bien universel du temps de valeur hors de la confrontation de l&#8217;offre et de la demande de sa matière métaphysique. C&#8217;est pourtant le temps de la vie-même des sujets de la valeur dont le prix est fixé par les banques centrales.</p>
<p>Sans une matérialité légale universelle négociable, il n&#8217;existe pas de liberté des fins dans le crédit, pas d&#8217;équilibre matériel du crédit mais inégalité de valeur de la fin humaine entre nationalités différentes d&#8217;États de droit, entre agents du pouvoir politique monétaire et utilisateurs des monnaies. L&#8217;avènement politique d&#8217;un monde multipolaire a permis l&#8217;émancipation politique du pouvoir financier. Les banques centrales ont perdu leur pouvoir imposé par la Loi qui matérialise la forme du bien commun. Depuis les subprimes, le pouvoir financier mu par la finalité du nombre détruit les réalisations nationales de la Loi plus vite que l&#8217;invention internationale de la matérialité réelle. Le monde glisse dans la moins-value nette. La matière monétaire est désormais métaphysiquement instable, impropre à la séparation de la valeur entre certitude et incertitude, impropre au calcul économique juste. La métaphysique est absorbée dans la physique. La valeur perd son effet.</p>
<h3>Rationalité du risque du crédit</h3>
<p>Selon la finalité que le sujet assigne au crédit, la matérialité métaphysique du crédit peut faire mieux que remplacer la matérialité physique dans la quantification, le règlement et la conservation du prix. La quantité du nombre ontologiquement détachée de la matérialité physique est parfaitement invariable dans l&#8217;espace physio-temporel. Elle ne subit ni l&#8217;usure du temps ni celle du choix humain de la fin d&#8217;un effet formé. Si et seulement si le sujet humain de la valeur le décide, la matière métaphysique du crédit contient en elle-même tout l&#8217;effet de quantifier le prix sans l&#8217;instabilité humaine de la définition de la valeur en matière physique. Il suffit que le Droit oblige à l&#8217;invariabilité imaginaire du nombre réel du crédit entre son engagement et son remboursement ; qu&#8217;il soit appliqué à la réalité comptée et pas seulement au nombre qui en imagine la quantité ; qu&#8217;il y ait donc réconciliation objective entre le prix anticipé et le prix réel comptant. L&#8217;objectivité du prix est le marché réglé par l&#8217;égalité des droits de l&#8217;offre et de la demande.</p>
<p>Pour restaurer la métaphysique du sujet comme forme de la valeur de la physique, il faut attribuer au Droit un effet physique. Reconnaître que l&#8217;effet du Droit n&#8217;est pas seulement un État statique sans vie réelle, mais une réalité d&#8217;échange, un marché de la matière physique et du temps, un procès d&#8217;offre et de demande comptant de l&#8217;objet financé par le crédit. L&#8217;obligation juridique n&#8217;a pas d&#8217;effet à réaliser l&#8217;objet à l&#8217;échéance convenue à l&#8217;origine du crédit si elle ne porte pas sur le prix autant que sur la matière physique informée. A l&#8217;instant du remboursement, le Droit doit décider la nature du résultat de la valeur entre le prix anticipé qui n&#8217;a pas nécessairement de réalité certaine et le prix réel qui permette le remboursement certain possible de l&#8217;engagement juridique. Il demeure objectivement sur toute la durée d&#8217;un crédit deux incertitudes originées à l&#8217;engagement du prix emprunté et prêté.</p>
<p>A l&#8217;instruction du crédit, la causalité matérielle de l&#8217;objet engagé n&#8217;est pas intégralement connaissable. La causalité formelle entre la matière et les fins du prêteur et de l&#8217;emprunteur est objectivement incertaine dans la réalité physique. La causalité physique de l&#8217;objet investi du crédit suit par nature son cours hors de la volonté humaine. La causalité formelle du prix anticipé dans le crédit est donc nécessairement imparfaite à certifier dès l&#8217;origine l&#8217;accomplissement physique des fins engagées. La mesure du crédit est objectivement risquée à l&#8217;origine quand bien même le prêteur et l&#8217;emprunteur l&#8217;ont vraiment voulue certaine. Si l&#8217;aléa moral existe, c&#8217;est que la morale n&#8217;existe pas et que la métaphysique ne contient pas de fin que le sujet puisse choisir et certifier par la prudence.</p>
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		<title>Appel d’août : objectif atteint</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Aug 2010 14:14:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Selon ses bonnes habitudes en fin de mois, François Leclerc a glissé un petit mot à propos de l’appel d’août. Le résultat ne s’est pas fait attendre : la somme brute de 2 007 € a été atteinte à 16h08. Merci à vous tous !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon ses bonnes habitudes en fin de mois, François Leclerc a glissé un petit mot à propos de l’<b>appel d’août</b>. Le résultat ne s’est pas fait attendre : la somme brute de 2 007 € a été atteinte à 16h08. </p>
<p>Merci à vous tous ! </p>
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		<title>Pourquoi une charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises serait au contraire une chose excellente, par zébu</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Aug 2010 06:56:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[charte « Blog de Paul Jorion »]]></category>

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		<description><![CDATA[Billet invité. Réagissant aux commentaires négatifs qui avaient accueilli ma charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises, j’avais renversé les rôles : je m’étais fait l’avocat du diable, j’avais « démoli » ma propre proposition, mettant au défi quelqu’un de la défendre. Zébu a relevé le défi. Avant de lui laisser la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p>Réagissant aux commentaires négatifs qui avaient accueilli ma <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15201">charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises</a>, j’avais renversé les rôles : je m’étais fait l’avocat du diable, j’avais « démoli » ma propre proposition, mettant au défi quelqu’un de la défendre. </p>
<p>Zébu a relevé le défi. Avant de lui laisser la parole, je reproduis mes propos d’avocat du diable :</p>
<blockquote><p> Une sorte de présupposé, préjugé, de pas mal de commentaires, c’est qu’une entreprise qui respecterait la charte se ferait aussitôt écraser par les autres. </p>
<p>Qu’est-ce que cela veut dire ? J’y vois plusieurs éléments. </p>
<p>Le premier, c&#8217;est que seuls des baba-cools, pas stressés et du coup, plus ou moins flemmards s’intéresseraient à la chose. C’est vrai d’une certaine manière : la fièvre de l’or est un puissant aiguillon, et ceux qui ne sont pas poussés par elle, travaillent moins. </p>
<p>Le deuxième sous-entendu et que la plupart des entreprises fraudent et que celles qui ne le feraient pas seraient très désavantagées. C’est certainement vrai et ceci constituerait une incitation à ce que des entreprises qui adopteraient la charte traitent de préférence les unes avec les autres. </p>
<p>Le troisième élément – et c’est à mon sens, le plus sérieux – c’est que les entreprises de la charte ne feraient pas preuve de professionnalisme. Je dis que c’est l’élément le plus sérieux, parce que je l’ai vu à l’œuvre. J’ai travaillé dans le domaine du crédit aux particuliers au sein des entreprises qui sont les plus éloignées de pouvoir jamais souscrire à la charte. J’ai eu également l’occasion de parler à des gens du même secteur qui feraient eux, de très bons candidats, et j’ai été effaré – je dis bien effaré – par leur amateurisme, leur ignorance crasse des <i>bonnes pratiques</i> dans leur domaine. Il était clair que le manque d’« agressivité » commerciale s’accompagnait d’un manque total de rigueur dans les démarches. </p>
<p>Le principal danger à mon sens, il est là : dans la motivation. Les gens qui seraient prêts à signer la charte, sont des gens qui en fait n’ont rien à faire dans le bizness, et le sachant, ils ont tendance à rêvasser plutôt qu’à « en vouloir ».  </p>
<p>P.S. : comme je suis le pire avocat du diable qu’on puisse imaginer contre mes propres propositions, c’est à vous maintenant de tenter de me démentir ! (Mais vous y arriverez !) </p></blockquote>
<p>J’avais dit que je prendrais les habits du procureur. Je sens que je vais avoir quelques difficultés, que j’ai d’ailleurs ressenties fortement avant de vouloir endosser ce costume. Non pas que le costume du procureur soit l’habit noir en contre-point des habits de lumière de l’avocat : le procureur est celui, à l’inverse d’un avocat qui plaide une cause particulière, celui qui est censé défendre la cause commune. Cette définition est parfois renversée, tant il est vrai que défendre le cas particulier d’un Dreyfus, c’est lutter contre l’arbitraire : tout dépend donc du présumé innocent.</p>
<p>En l’espèce, vous défendez, avec le coup de pied à l’âne qui sied, le ‘bizness as usual’ contre la sempiternelle ritournelle des bons sentiments qui finit par paver l’avenue de votre commanditaire : le diable aurait pu trouver pire comme avocat …</p>
<p><span id="more-15297"></span>Votre client proteste de son innocence. Selon le bizness, imposer une charte serait comme enlever un pistolet à un homme dans une bataille : meurtrier. Il faudrait donc être passablement assagi, ou rassasié ou sage (ou fou) pour dénier que le lucre est le (seul) moteur valable de cette vieille humanité.</p>
<p>A dire vrai, le bizness est même inquiet qu’une telle arme, qui se retournerait contre soi, puisse être même diffusée publiquement, à toutes les entreprises, y compris celles de moins de 18 ans : il en va certes du bon ordre mais aussi d’un sens civique aigu.</p>
<p>Le seul problème de votre client est qu’il génère bien plus d’effets meurtriers par son appétence à la compétition effrénée que si la Charte de Paul Jorion s’était diaboliquement répandue : guerres, famines, folies. Meurtrier mais aussi installateur de désordres divers : économiques, financiers, sociaux, … Quant à parler de sens civique, la décence voudrait qu’un tel terme soit définitivement ôtée au bizness, afin de ne pas outrager plus avant le tribunal, car qui est le moins qualifié pour parler d’intérêt commun que le bizness dont l’intérêt particulier n’est plus à démontrer ?</p>
<p>Dangereuse la Charte de M. Jorion ? Certes oui !! Mais pour qui ? Pour l’accusé, très certainement. Car cela dénaturerait en effet les fonctionnements du bizness, basé sur la compétition, sur la dissimulation, l’exploitation, le mensonge et tout artifice qui permettra au lucre de croître.</p>
<p>Tout donc plutôt qu’un risque, certes infime, pour que la nature du bizness s’en trouve radicalement transformée : plutôt l’aversion au lucre, qui permet in fine de fétichiser celui-ci, qu’un lucre relativisé, remisé au second rang sur l’étagère des intérêts humains.</p>
<p>De sorte que la charge de Paul Jorion n’est qu’un plaidoyer pro domo pour son client et ne vient en rien étayer cette assertion que seul l’or (le lucre) peut suffisamment motiver ceux qui participent à un système économique : ceci reste à prouver.</p>
<p>Et nous prouverons, concernant le professionnalisme, qu’il n’en est rien.</p>
<p>Concernant le second argument (‘tout le monde fraude’), le ‘bon sens’ viendrait faire acquiescer aisément la NECESSITE, étant donné les paramètres du système économique dans lequel les entreprises sont insérées, que les dites entreprises puissent frauder, voire même soient dans l’OBLIGATION, y compris sociétale (notamment à l’encontre de ses salariés ou ses clients), de frauder. Dès lors, qu’une entreprise signe la Charte et c’est son arrêt de mort qu’elle signe : la respecter, c’est s’interdire de frauder, donc ne pas reconnaître, étant donné les paramètres définis de son environnement, le risque accru de permettre à son concurrent de la blesser, mortellement. Un patron qui s’y risquerait serait tout simplement un irresponsable, tout comme des parents qui laisseraient leurs enfants seuls dans un supermarché ‘éthique’ pendant leurs courses.</p>
<p>Ceci est un sophisme. Du grec ‘Sophisma’, qui signifie ‘fallacieux’.</p>
<p>Et de fait, il faut bien reconnaître que cet argument est fallacieux. Pour reconnaître un sophisme, je vous donne un exemple : « Tout ce qui est rare est cher, un cheval bon marché est rare, donc un cheval bon marché est cher. »</p>
<p>Dans le cas présent, le sophisme est le suivant :</p>
<p>1/ l’environnement économique est caractérisé par une lutte à mort au travers d’une compétition entre ses agents ;</p>
<p>2/ la fraude existe ;</p>
<p>3/ donc, si un agent économique ne fraude pas, il sera tué par la lutte à mort qui s’effectue au travers de la compétition ;</p>
<p>4/ empêcher un agent économique de frauder (signer une Charte), c’est le mettre à mort.</p>
<p>Maintenant, supprimons le prémisse ‘caractérisé par une lutte à mort au travers d’une compétition’.</p>
<p>Que reste-t-il ? Rien. Tout le reste suivant est faux. Et il en est de même pour l’assertion suivante, basée sur le premier sophisme : il serait nécessaire que de telles entreprises n’échangent qu’entre elles. En supprimant le premier sophisme (devenu ‘prémisse’), on supprime le second.</p>
<p>De même, poussons le sophisme dans ses ‘extrêmes’.</p>
<p>Imaginons que TOUS les agents fraudent, en même temps, le plus possible (car il en va de leur survie). Quels en seraient les résultats ?</p>
<p>a/ les entreprises passeraient leur temps à frauder et non plus à produire : le résultat serait alors catastrophique pour l’économie.</p>
<p>b/ si toutes les entreprises fraudaient en même temps, il n’existerait plus d’entreprises ‘vertueuses’, qui ne permettraient plus alors aux entreprises fraudeuses de ‘gagner’ la compétition.</p>
<p>c/ puisqu’il en est ainsi, il semble donc nécessaire qu’il existe aussi des entreprises ‘vertueuses’, afin que la fraude, si nécessaire en ce système puisse être véritablement performante. Il serait donc nécessaire, par un tirage au sort par exemple, de déterminer les entreprises qui seraient vertueuses et celles qui ne le seraient pas (optimum économique).</p>
<p>On constate ici aisément jusqu’où un sophisme peut nous entrainer.</p>
<p>De même, on constate aisément que réserver une telle Charte à un ‘sous-système’ économique ne rendrait pas viable ce sous-système car il obligerait les entreprises signataires à ne traiter qu’avec des entreprises signataires, réduisant ainsi ses possibilités d’échanges et signerait donc à terme, sa réintégration dans le système global ou sa disparition. Dans le meilleur des cas (le moins mauvais, pour le client de M. Jorion), une petite communauté économique ‘à part’ continuerait à perdurer, communauté qui ne viendrait en rien perturber les fonctionnements du système global et vivant toujours sous la menace d’une ‘réinsertion’ par l’échec : un système autarcique, condamné, à terme, à la mort. Question de patience donc et même d’intérêt, en termes scientifiques, pour le bizness, lui permettant d’étudier ‘in vivo’ des « gènes modifiés ».</p>
<p>Enfin, le professionnalisme. Rien n’est pire que l’amalgame. Or, parler du professionnalisme des agents ou d’une organisation tout en parlant de ‘motivation’ n’a rien à voir : ces notions ne sont pas obligatoirement concomitantes, au regard du bizness.</p>
<p>Qu’est-ce que le professionnalisme, si ce n’est la reconnaissance dans vos activités, professionnelles ou non, d’une maîtrise de savoirs et de savoirs-faire, une reconnaissance de vos compétences ?</p>
<p>Qu’est-ce que la motivation, si ce n’est ce qui pousse un individu ou un organisme à agir ?</p>
<p>A ce stade là, rien ne prouve que le professionnalisme soit une caractéristique réservée à des activités professionnelles, a fortiori des activités lucratives et commerciales, ce qui permettrait de définir’ en creux’ le bizness : un agent économique peut être professionnel, quel que soit le mode de réalisation de son activité, publique (fonctionnaire, par exemple) ou privée (bénévole, par exemple). Ce n’est donc pas le type d’activité et la fonction ou le statut de l’agent (ou de l’organisme) qui définit son professionnalisme mais bien le fait que ses compétences soient reconnues par autrui.</p>
<p>A l’inverse, rien ne prouve que l’efficience réside uniquement dans le bizness : la crise financière actuelle tendrait même à prouver l’inverse.</p>
<p>La question du professionnalisme n’est donc pas une caractéristique qui peut être retenue A PRIORI à l’encontre des entreprises signataires d’une Charte.</p>
<p>Analysons maintenant la motivation. Si la motivation est le lucre, par exemple, nous pourrions facilement démontrer que cette motivation a permis de produire une absence de professionnalisme patente ou même une absence de conscience professionnelle tout court : Goldman Sachs, parangon du bizness, en est une preuve, très récente. A l’envers, une motivation ‘éthique’ pour une entreprise pourrait être une manière différente et supérieure au lucre de motiver ses agents et donc de les inciter à se professionnaliser dans les « bonnes pratiques dans leur domaine », en lieu et place de développer une agressivité commerciale, qui serait contradictoire et contre-productive au regard des motivations éthiques : en quelque sorte, une vrai absence de professionnalisme.</p>
<p>Tout dépend donc de la règle que l’on se donne pour être jaugé. Il est clair que si la règle implicite est celle du lucre, alors le professionnalisme implique l’agressivité commerciale. A l’inverse, si la règle implicite est la motivation éthique, l’agressivité commerciale ressortirait comme faute professionnelle aux yeux des clients.</p>
<p>L’amalgame ici effectué par M. Jorion est de relier deux notions, professionnalisme et motivation, au profit exclusif de son client, le bizness. Rien ne le prouve. Je dirais même plus, tout tendrait à prouver le contraire en matière de bizness financier.</p>
<p>Que reste-t-il donc, votre honneur, à l’avocat du bizness, M. Jorion ?</p>
<p>A part un plaidoyer pro domo, qui ne prouve rien sinon la crainte de l’accusé qu’un tel système puisse éventuellement fonctionner ?</p>
<p>A part l’utilisation de sophismes, dont les prémisses sont évidemment aux services du client de M. Jorion et dont les conclusions sont évidemment ‘fallacieuses’ ?</p>
<p>A part l’amalgame fait entre d’un côté professionnalisme et motivation et le bizness, amalgame non seulement sans un début de preuve (ou de justifications) mais encore à l’encontre des réalités qu’une crise en cours n’arrive pas à épuiser ?</p>
<p>Aristote, à l’envers d’un Platon qui n’avait pas su répondre aux sophistes quant à l’existence et à la réalité, leur opposait un autre principe : le principe de conviction.</p>
<p>Il semblerait qu’il soit temps que ce principe, face aux sophistes du bizness, soit saisi et mis en application par les agents économiques.</p>
<p>Pour que l’économie puisse, à l’instar de la philosophie avec Aristote, faire un bond de géant.</p>
<p>Une Charte ne tuerait personne.</p>
<p>Mais le bizness, assurément.</p>
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		<title>Le temps qu’il fait, le 27 août 2010</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 06:49:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;adresse de Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs Réfléchir aux leçons de l’histoire L’Afghanistan La spéculation sur les matières premières Le désordre monétaire international : un vrai nouveau Bretton Woods Les discours d’Alan Greenspan La Chine comme soutien du système monétaire international]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="480" height="360"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xel9at?additionalInfos=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xel9at?additionalInfos=0" width="480" height="360" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p>L&#8217;adresse de Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs<br />
Réfléchir aux leçons de l’histoire<br />
L’Afghanistan<br />
La <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15192">spéculation sur les matières premières</a><br />
Le désordre monétaire international : un <u>vrai</u> nouveau Bretton Woods<br />
Les discours d’Alan Greenspan<br />
La Chine comme soutien du système monétaire international </p>
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		<title>L&#8217;actualité de la crise: un monde instable et à la dérive, par François Leclerc</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 14:15:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Leclerc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
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		<description><![CDATA[Billet invité. UN MONDE INSTABLE ET A LA DÉRIVE De quoi cette rentrée est-elle faite ? D’une certitude qui n’est même plus relevée, comme s’il fallait en prendre son parti, puisque l’on ne peut rien y faire : la crise se poursuit sans autre perspective que de continuer à faire subir ses rebondissements et progressivement ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Billet invité.</p></blockquote>
<p><strong>UN MONDE INSTABLE ET A LA DÉRIVE</strong></p>
<p>De quoi cette rentrée est-elle faite ? D’une certitude qui n’est même plus relevée, comme s’il fallait en prendre son parti, puisque l’on ne peut rien y faire : la crise se poursuit sans autre perspective que de continuer à faire subir ses rebondissements et progressivement ses effets. Une pente qui n&#8217;a que commencé à être descendue. </p>
<p>Pour preuve, s’il en était besoin, il n’est même plus question d&#8217;en sortir dans les objectifs tracés par Nicolas Sarkozy, à l’occasion de ce qui est abusivement appelé <i>sa présidence</i> du G20, car ce serait désormais tracer des plans sur la comète. Mais d’ouvrir seulement deux dossiers, certes importants, dont l’horizon est pour l&#8217;un lointain (l’évolution du système monétaire international) et pour l’autre avec une issue positive peu vraisemblable (la régulation des prix des matières premières), vu le risque non négligeable qu&#8217;il soit traité comme l’a été celui des paradis fiscaux. Des annonces considérées dans les milieux financiers comme à utilisation politique intérieure mais sans portée internationale. </p>
<p>Les projecteurs continuent d’être braqués sur les Etats-Unis, dont les médias européens commencent à découvrir l’ampleur de la crise sociale qui y sévit. Les nouvelles négatives s’y succèdent, confirmant que la relance économique n’a été qu’un feu de paille. Non seulement le marché immobilier ne se relève pas  &#8211; comment le pourrait-il  ? &#8211; mais il donne de nouveaux signes d’affaissement. Tant dans son secteur résidentiel que commercial, dont la crise a été depuis longtemps annoncée et qui se précise. Les prix de l’immobilier neuf ou ancien continuent de chuter, entraînant les emprunteurs dans une spirale descendante, et derrière eux les banques et les organismes de crédit qui ne doivent leur salut qu’au soutien financier de l’Etat. Le nombre de nouvelles saisies ne diminue pas mais s’accroît, voilà la vérité des chiffres.</p>
<p><span id="more-15233"></span>Des vérités élémentaires commencent timidement à être perçues  : le débat sur le <i>double dip</i> et l’éventualité de l’entrée de l’économie américaine dans une nouvelle phase de récession est symbolique mais en réalité secondaire. Une croissance actuelle de l’ordre de 2%, dont il est prédit qu’elle va continuer à diminuer, n’est déjà pas en mesure de remonter une quelconque pente. En particulier celle du chômage et de la baisse des revenus, qui combinés avec la crise hypothécaire immobilière et les restrictions à l’accès au crédit revolving des cartes bancaires (les taux d’intérêt sur les cartes sont au plus haut et l’encours continue de chuter), continuent d’hypothéquer une reprise de la consommation. Reconnue contribution essentielle à la croissance (70%). Un cercle vicieux y fait obstacle : dans cette conjoncture, en attendant la reprise de l’emploi, les consommateurs se restreignent et en conséquence, les entreprises n’embauchent pas. </p>
<p>Si la consommation ne reprend pas, qu’est ce qui va pouvoir contribuer à la croissance, alors que l’administration Obama n’est pas en mesure de faire adopter &#8211; le voudrait-elle &#8211; un quelconque nouveau plan de relance public par le Congrès  ? Et que les investisseurs privés &#8211; bénéficiant de taux obligataires favorables &#8211; se concentrent sur le renouvellement des équipements (et non l’acquisition de nouveaux), ainsi que la reprise des opérations de fusion-acquisition, recherchant dans la taille accrue des entreprises et les compressions de personnel des gains de productivité qu’ils n’entendent pas partager ? Incapables eux aussi de comprendre que l&#8217;environnement a profondément changé.</p>
<p>Deuxième découverte dérangeante, les atermoiements de la Fed ne sont pas uniquement la conséquence de désaccords internes marqués avec comme conséquence la préconisation de solutions diamétralement opposées. Cette quasi paralysie résulte de son impuissance, car il n’y a pas à cette crise de remèdes monétaires efficaces, comme ils l&#8217;auraient été <i>en temps normal</i>. Si le crédit n’est plus en mesure d’épauler la croissance, la titrisation qui l’alimentait ne remplissant plus son rôle, le moteur principal de la croissance ne peut pas redémarrer. La Fed peut inonder le système financier avec toutes les liquidités qu&#8217;elle veut, mais s&#8217;il y a à la fois refus de prêter et incapacité à emprunter, cela n’a pas d’impact. C’est saisissant sur le marché immobilier, où les taux n’ont jamais été aussi bas depuis quarante ans et le niveau des ventes aussi faible depuis quinze ans.  </p>
<p>La première puissance économique mondiale est encalminée, entraînant tout le monde avec elle. L’une des conséquences de cette situation durable &#8211; et non la moindre &#8211; est d’accentuer la crise au Japon, déjà aux prises avec ses propres difficultés en raison d’une déflation incrustée. Une ruée vers le yen, qualifiée même par certains de panique, a pour conséquence son irrésistible hausse vis à vis des autres monnaies, pénalisant l’unique moteur de la croissance, les exportations japonaises. La monnaie japonaise est à son plus haut niveau depuis neuf ans vis à vis de l’euro et quinze ans par rapport au dollar. </p>
<p>Le gouvernement japonais continue de maintenir sous perfusion son économie, avec l’aide massive de la Bank of Japan qui étudie de nouvelles mesures, incapable de réduire les émissions à jet continu de ce qui est déjà la plus grande dette publique mondiale (exprimée en pourcentage du PIB). Pris entre les nécessités contradictoires d’une relance interne et d’un accroissement du taux de la TVA, toujours envisagé mais jamais décidé. Mais à l’intérieur du pays, les disparités sociales s’accroissent, sans espoir de rebond économique et d’amélioration. Le ciment de la société japonaise est progressivement en train de se désagréger. Non sans annoncer ce qui se prépare dans l&#8217;ensemble du monde occidental, déjà entamé aux Etats-Unis. Et qui devrait activement inciter à la réflexion.</p>
<p>De la même manière que les obligations souveraines des grands pays rejouent internationalement leur rôle de refuge, en dépit de la crise qu&#8217;ils connaissent, le yen remplit cette même fonction sur le marché des devises, déstabilisant une économie japonaise qui ne repose que sur un seul pied. </p>
<p>La crise européenne ne devrait pas tarder de son côté à montrer à nouveau le bout de son nez, avec comme moteur imprévu les résultats à l&#8217;exportation de l’économie allemande vers les pays <i>émergents</i>. Tout indique que l’Europe est désormais à deux vitesses. Tandis que la note de l’Irlande vient d’être abaissée par S&#038;P, en raison des énormes refinancements auxquels le pays va devoir procéder sur le marché et des incertitudes que cela crée (30 milliards d’euros en septembre), la Grèce s’enfonce dans une crise économique et sociale profonde qui n’aura d’autre issue possible qu’une restructuration de sa dette publique, seulement donc différée. Une PME sur cinq, soit 175.000, devrait fermer ; 300.000 emplois devraient disparaître d’ici fin 2011. La TVA est passée de 19 à 24%  pour de nombreux produits ces derniers mois et il est question d’étendre encore cette mesure. </p>
<p>Serrant tous les boulons, le gouvernement espagnol restreint pour sa part les allocations chômage, tout en tentant d’éviter dans l’urgence l’asphyxie du BTP en rétablissant partiellement des budgets annulés, car elle aurait de nouvelles conséquences désastreuses pour l’emploi et le secteur bancaire. Avec une perspective de croissance de 0,2% du PIB, l’Espagne reste au bord de la profonde récession d’où elle est à peine sortie, au risque d’y replonger. Ce gros morceau là, l’Europe aura du mal à l’avaler. </p>
<p>La baisse des taux obligataires allemands &#8211; dont les taux français bénéficient &#8211; fait les gros titres, mais les taux de quasiment tous les autres pays de la zone euro restent à un niveau à terme insoutenable. Ce <i>spread</i> (cet écart) n’est pas destiné à se réduire et illustre les limites atteintes par les actions gouvernementales et de la BCE, permettant par avance de douter de la politique de réduction prioritaire des déficits que les Allemands ont réussi à imposer. Car ces taux accentuent irrésistiblement le poids de la dette publique, imposant afin d’obtenir la réduction des déficits des choix sociaux et politiques toujours plus difficiles à tenir. Inscrivant la zone euro dans une logique de dépression masquée à cause des résultats allemands. Aboutissant dans les pays les plus fragiles à de vraisemblables restructurations de la dette, qui atteindront en retour un secteur bancaire toujours très fragile. </p>
<p>L’instabilité prédomine, toute stratégie permettant de s’y opposer demeurant introuvable. Sur tous les continents, l’économie des pays <i>développés</i> reste à la dérive. Des marionnettes s’agitent, cachant de plus en plus mal leur impuissance à influer sur le cours des événement. Ainsi que leur incapacité à réformer le capitalisme financier, un programme annoncé en claironnant et oublié. </p>
<p>Les temps sont durs, mais il ne vont pas l’être de la même manière pour tout le monde. </p>
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		<title>Commentaire sur l&#8217;idée de « charte Blog de Paul Jorion », par zébu</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 10:38:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Alexandre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[entreprise]]></category>
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		<description><![CDATA[Zébu nous fait parvenir le commentaire suivant, en réaction au billet Une charte &#171;&#160;Blog de Paul Jorion&#160;&#187; pour les entreprises. J&#8217;ai immédiatement fait un parallèle avec le commerce équitable, que je connais un peu. Votre démarche fait d&#8217;ailleurs partie de mes réflexions sur le sujet, quant à la question d&#8217;une définition d&#8217;une norme éthique sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Zébu nous fait parvenir le commentaire suivant, en réaction au billet <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=15201">Une charte &laquo;&nbsp;Blog de Paul Jorion&nbsp;&raquo; pour les entreprises.</a></p></blockquote>
<p>J&#8217;ai immédiatement fait un parallèle avec le commerce équitable, que je connais un peu. Votre démarche fait d&#8217;ailleurs partie de mes réflexions sur le sujet, quant à la question d&#8217;une définition d&#8217;une norme éthique sur le commerce équitable : qui, quoi, comment &#8230;</p>
<p>A priori, si vous parlez de &#8216;Charte&#8217;, vous êtes pour un engagement non contraignant, car une charte (comme un &#8216;code de bonne conduite&#8217;) n&#8217;engage que ceux qui la font et ceux qui la croient. C&#8217;est une liste énoncée d&#8217;objectifs à atteindre, sans qu&#8217;aucun contrôle ne vienne vérifier si ces objectifs sont atteints ou non et de quelle manière. A l&#8217;inverse d&#8217;un &#8216;label&#8217;. Encore faut-il faire la différence entre un &#8216;label&#8217; autoproclamé, comme celui de Max Havelaar pour le commerce équitable, qui n&#8217;est en ait qu&#8217;un logo et une &#8216;marque&#8217; (de cahier des charges). Car un vrai &#8216;label&#8217; est contrôlé par des organismes étatiques ou l&#8217;Etat directement (exemple : AOC pour le vin ou pour certains produits alimentaires).</p>
<p>Il me semble que vous ne parlez effectivement pas d&#8217;un label mais bien d&#8217;une charte, à laquelle viendrait s&#8217;adjoindre un contrôle du respect du cahier des charges.</p>
<p>Or l&#8217;exemple du commerce équitable montre que, quelles que soient les bonnes volontés, arrive (rapidement) un moment (pour le commerce équitable, ce fut en l&#8217;espace de 5 ans, entre l&#8217;entrée de &#8216;marques&#8217; équitables reconnues et aujourd&#8217;hui la disponibilité dans la grande distribution) où les mécanismes mis en place dévient fortement. Je vous renvoie aux ouvrages, incisifs et partisans mais très intéressants de Christian Jacquiau sur la question et sur cet <a href="http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/pratiques_commerciales/produits/la_grande_distribution_s_empare_commerce_equitable/118610.jsp">article de Novethic</a>, de 2008 déjà.</p>
<p><span id="more-15212"></span>On pourrait recenser les &#8216;difficultés&#8217; sous différentes étiquettes :</p>
<p>- l&#8217;utilisation d&#8217;un (ou même plusieurs !! : équitable, bio, social, &#8230;) labels coûte cher : il coûte au petit producteur. D&#8217;autant moins équitablement que la &#8216;marque&#8217; Max Havelaar prend un pourcentage sur le prix du produit et tarifie ses services aux audits réalisés ;</p>
<p>- afin de présenter des produits ayant plus de chances d&#8217;être vendus, les intermédiaires (importateurs-revendeurs, en gros ou non) poussent de plus en plus les petits producteurs à adapter leurs productions aux &#8216;goûts&#8217; de leurs clients. On obtient alors des produits standardisés, ce qui est parfois le but recherché pour l&#8217;étape suivante ;</p>
<p>- l&#8217;étape suivante, si tant est que cela en soit une (la &#8216;linéarité&#8217; n&#8217;existe évidemment pas dans ces processus), c&#8217;est la standardisation des produits, afin d&#8217;en faciliter l&#8217;intégration dans les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces), qui ont besoin de cette standardisation pour vendre &#8216;plus&#8217; (plus grande facilité à évaluer la rentabilité, stockage, etc.). On entre ainsi dans le processus des GMS, basé sur les flux : si vous n&#8217;avez pas les flux suffisants, vous ne pouvez pas être référencé. Ce qui oblige ainsi les intermédiaires spécialisés du commerce équitable à &#8216;sélectionner&#8217; les producteurs en capacité de produire suffisamment pour répondre à ces objectifs, ce qui revient à renier les engagements de principes qui donnait la primauté aux petits producteurs &#8216;marginaux&#8217; (n&#8217;ayant pas accès aux &#8216;marchés&#8217;, y compris localement) ;</p>
<p>- ensuite, une fois que votre produit, à &#8216;haute valeur éthique ajoutée&#8217;, finement sélectionné, étant passé au crible par les GMS, se retrouve dans les rayons, il faut faire face à la concurrence montante des &#8216;MMD&#8217;, les Marques De Distribution. Or, il s&#8217;avère que justement c&#8217;est sur ces marques que les distributeurs font le plus de marge, en utilisant la présence de marques industrielles. En clair, les &#8216;marques équitables&#8217; servent de produits d&#8217;appel, haut de gamme, pour amorcer un micro-segment commercial permettant ensuite de monter en puissance en MMD. C&#8217;est ce qui est en train de se passer avec l&#8217;équitable. Les GMS sont même en train de réfléchir à créer leur propre &#8216;label&#8217; (cahier des charges), qui pourra toujours se faire labelliser par Max Havellaar &#8216;respect du cahier des charges GMS Bio équitable&#8217; &#8230; ;</p>
<p>- ensuite, les &#8216;marques équitables&#8217; resteront spécialisées, dans des produits &#8216;haut de gamme&#8217;, chers, permettant ainsi aux GMS à la fois de développer un nouveau micro-segment (comme ce fut le cas avec le bio un temps), tout en utilisant les ressorts éthiques à volonté pour redorer le blason d&#8217;un système d&#8217;exploitation qui aura prouvé sa résilience à toute épreuve ;</p>
<p>- <strong>surtout</strong>, question que personne (ou très peu) ne pose, peut-on encore parler de &#8216;commerce équitable&#8217; quand on a rejeté les plus petits producteurs qui ne &#8216;correspondent&#8217; pas aux normes de productivisme, quand les produits deviennent standardisés au point que l&#8217;on pourrait en oublier la véritable origine, quand pour arriver à cela il est nécessaire de passer par la case &#8216;GMS&#8217; dont on connaît très bien le système d&#8217;exploitation, notamment des femmes salariées caissières.</p>
<p>L&#8217;idée qui prévalait, encore sincèrement, chez certaines &#8216;marques équitables&#8217; était que le commerce équitable allait se &#8216;diffuser&#8217; dans les rayons des GMS. Or, force est de constater que c&#8217;est l&#8217;inverse qui est en train de se passer : le système GMS est en train de pénétrer le commerce équitable. Et si des rayons &#8216;commerce équitable&#8217; apparaissent, on y voit de plus en plus les marques &#8216;MMD&#8217;, tandis que les &#8216;marques spécialisées&#8217; sont progressivement reléguées au rôle de produits d&#8217;appel &#8216;éthiques&#8217;. Le chiffre d&#8217;affaires de ces marques est d&#8217;ailleurs en chute, tandis que les ventes de produits équitables en GMS progressent.</p>
<p>Au final, on occulte l&#8217;essentiel : à qui profite l&#8217;équitable ?</p>
<p>Dans les meilleurs des cas, les producteurs ont un prix de vente plus élevé de 10%, un prix garanti (parfois plus important, tant les fluctuations des spéculations sur les matières premières sont importantes) et un pré-financement, parfois, pour la production de leurs produits.</p>
<p>C&#8217;est plutôt mieux, quand même, me direz-vous. Certes oui, vous répondrais-je. Mais c&#8217;est aussi ce que répondent les &#8216;marques spécialisées&#8217; et les GMS. Ce qui pose un vrai problème, vous vous en doutez.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que les marques, comme les GMS, étalent assez peu la répartition des coûts sur un produit (dans le meilleur des cas, sur un paquet de café sur 10 marques, au mieux), sans JAMAIS mentionner ce qui &#8216;fâche&#8217; : la marge deS GMS (&#8216;noyée&#8217; avec les coûts divers, etc.). Dans le cas des politiques les plus transparentes, jamais d&#8217;ailleurs de manière récurrente, on observe que dans le meilleur des cas, le petit producteur perçoit &#8230; 10% du prix final, quand l&#8217;ensemble &#8216;GMS-transport-blablabla&#8217; en prend &#8230; 40% (les intermédiaires, entre 25% et 35%, selon les &#8216;accords&#8217; passés avec &#8230; les GMS, jamais avec les petits producteurs) !!!</p>
<p>Ainsi, alors que le commerce équitable devait permettre aux petits producteurs marginalisés de pouvoir vendre leurs produits à un meilleur prix, avec un prix garanti et qu&#8217;ils en étaient l&#8217;objet principal, on obtient donc un système complètement repris par les GMS à leur profit, très largement, au profit de l&#8217;intermédiaire, un peu moins et au profit du petit producteur, pour 10% de plus que les prix habituels.</p>
<p>Est-ce &#8216;équitable&#8217; qu&#8217;un petit producteur ait 10% du prix final ? Ma réponse, toute personnelle, est non.</p>
<p>Est-ce normal que cette idée ait été dénaturée ? Non.</p>
<p>Est-ce normal que le client ne sache quasiment rien de ce qui revient au petit producteur ? Non.</p>
<p>Est-ce normal que le gouvernement ait récemment décidé d&#8217;avaliser un comité d&#8217;attribution du seul futur label &#8216;commerce équitable&#8217; (avec marque déposée pour le nom et impossibilité de l&#8217;utiliser par ceux qui n&#8217;auront pas obtenu le label), où l&#8217;on retrouve les mêmes acteurs (Max Havelaar, &#8230;) ? Non.</p>
<p>Est-ce normal que les consommateurs soient exclus complètement de la définition du ou des cahiers des charges du commerce équitable, qui devraient être adaptés au regard du &#8216;contrat moral&#8217; passé entre un consommateur, un intermédiaire et un producteur ? Non.</p>
<p>Il me semble que votre démarche de &#8216;Charte&#8217; risque de se heurter à tous ces processus, de manière certes différente (mutatis mutandis) mais où vous retrouverez sans cesse ce souci majeur des acteurs économiques et financiers : comment utiliser ce nouveau processus pour servir nos objectifs ?</p>
<p>Ce pourrait être par exemple, dans le cas d&#8217;entreprises respectant une &#8216;Charte blog de Paul Jorion&#8217;, la possibilité de continuer à exploiter les sous-traitants, ou de développer le travail en intérim, ou de ne pas dévoiler les marges réalisées sur les prix, ou &#8230;, tout ceci avec pour objet de &#8216;gagner la bataille commerciale&#8217;. Mettre le doigt là-dedans me paraît plus qu&#8217;hypothétique : vous y laisseriez votre âme, face à des acteurs dont le souci majeur (pas tous, ne généralisons pas) est la rentabilité. Ce qui ferait entrer votre &#8216;Charte&#8217; dans ce type de réflexion, comme une des &#8216;externalités&#8217; à &#8216;gérer&#8217;, une de plus mais pas des plus compliquées (les entreprises ont appris depuis 10 ans à &#8216;gérer&#8217;, avec les &#8216;codes&#8217;, les &#8216;Chartes&#8217; et même les normes qualité ISO et NF).</p>
<p>Si vous voulez une proposition, je vous dirais qu&#8217;il faut suivre ce que vous avez décris dans votre livre, &#8216;Le Prix&#8217; : revenir à un mode de définition du prix en intégrant les statuts sociaux respectifs, de sorte que ce que je définis comme prix juste pour le producteur le soit aussi si le producteur avait à le faire pour moi en tant que consommateur.</p>
<p>Ce qui signifie :</p>
<p>1/ réintégration du consommateur dans le process de définition du prix (prix variable)</p>
<p>2/ réintégration du producteur dans le process de définition du prix final avec l&#8217;intermédiaire (sous forme non pas de définition d&#8217;un prix mais bien d&#8217;un rapport)</p>
<p>3/ réintégration du consommateur dans la définition des &#8216;normes&#8217; équitables des produits : aucune norme ne pourra intégrer les différentes variables qui définissent une entreprise et aucun processus de contrôle, fiable, ne pourra fonctionner si les pré-requis sont par trop importants (sauf à réserver ces normes aux plus grosses entreprises)</p>
<p>4/ accès aux informations recherchées participant aux &#8216;normes&#8217; définies : cet accessibilité ou non permettra de définir le niveau de participation des différents acteurs (producteur, intermédiaire, revendeur) à la &#8216;norme&#8217; définie préalablement.</p>
<p>5/ impérativement : la répartition des coûts par rapport au produit et les marges brutes de chaque acteur.</p>
<p>Par comparaison, c&#8217;est un peu comme si on vous demandait de vous mettre en slip pour entrer dans un club : pas moyens d&#8217;y échapper. Tandis que des Chartes et même des labels ne garantissent &#8230; que ce que les cahiers des charges définissent.</p>
<p>Personnellement, j&#8217;y pense pour créer une activité, si j&#8217;ai l&#8217;occasion, de vente de produits à démarche équitable et participative.</p>
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		<title>Buddy Holly (1936 – 1959)</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 07:55:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Buddy Holly]]></category>
		<category><![CDATA[Rock'n Roll]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qui est sympathique avec YouTube et Dailymotion, c’est que ça continue de s’étoffer. Il y a quelques mois je désespérais de vous présenter quoi que ce soit sur cet inventeur modeste du Rock’n Roll, et puis voilà que ça s’arrange. Notez tout particulièrement les débutantes en arrière-plan, et l&#8217;aimable dame déguisée en abat-jour qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui est sympathique avec <em>YouTube</em> et <em>Dailymotion</em>, c’est que ça continue de s’étoffer.  Il y a quelques mois je désespérais de vous présenter quoi que ce soit sur cet inventeur modeste du Rock’n Roll, et puis voilà que ça s’arrange.</p>
<p>Notez tout particulièrement les débutantes en arrière-plan, et l&#8217;aimable dame déguisée en abat-jour qui explique aux parents terrifiés que le Rock’n Roll, ce n’est pas ce qu’on pense et qu’il faut laisser une chance aux braves jeunes gens qui pratiquent ce style. Le nœud pap’ de Buddy et des Crickets est là pour aller dans son sens. Ça balance quand même. </p>
<p>Les faits prouveraient (Drugs, Sex and Rock’n Roll) que la dame avait tort et les parents, raison. Mais ça, c’est pour la petite histoire.</p>
<p><object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/WQiIMuOKIzY?fs=1&amp;hl=en_US"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/WQiIMuOKIzY?fs=1&amp;hl=en_US" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object></p>
<p><object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/vEMnnyYUE7g?fs=1&amp;hl=en_US"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/vEMnnyYUE7g?fs=1&amp;hl=en_US" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object></p>
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		<title>Une charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises</title>
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		<comments>http://www.pauljorion.com/blog/?p=15201#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 17:51:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[entreprise]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte est un « article presslib’ » (*) Hier après-midi, je discutais quelque part en France de l’avenir de la région avec les représentants locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Il était question du genre d’industries qu’il serait bon de voir éclore mais aussi de l’image écornée de l’industrie locale auprès de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>Ce texte est un « article presslib’ » (*) </strong></p></blockquote>
<p>Hier après-midi, je discutais quelque part en France de l’avenir de la région avec les représentants locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Il était question du genre d’industries qu’il serait bon de voir éclore mais aussi de l’image écornée de l’industrie locale auprès de la population en termes d’emploi – le nombre d’emplois, et leur qualité. Trop de mauvais sentiments, trop d’espérances déçues.</p>
<p>J’écoutais essentiellement. C’est sur le chemin du retour que les idées ont commencé à germer. </p>
<p>Nous avons évoqué ici le mois dernier, la nécessité de <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=14408">passer à la phase constructive</a>, je concluais mon billet en écrivant : « Il nous faut reconstruire. Aucun pouvoir en place ne nous aidera : le déclin, la décadence sont inscrits comme principes dans leurs tables de la Loi. Nous devrons le faire seuls ». Il n’est pas pour autant possible de tout reconstruire tout partout : comme le disait un commentateur ce matin, trop d’argent est en jeu pour qu’on nous laisse faire sans nous tomber dessus  à bras raccourcis. Mais on peut tenter d’infléchir.</p>
<p>Et ce qui m’est venu à l’esprit, c’est une sorte de <i>label</i> « Blog de Paul Jorion » – il vaudrait mieux dire « charte » (merci Julien) – pour les entreprises. Celles qui souscriraient aux principes obtiendraient le label. Quitte pour les régions, les villes, les « zones », de devenir alors les fers de lance de cette nouvelle perspective, cette nouvelle manière de travailler et de partager la richesse produite.</p>
<p>Parce que – il faut bien le dire – si l’image de l’industrie est écornée dans les « petits pays », ce n’est pas sans bonne raison : si la piraterie est aujourd’hui cantonnée à quelques mers du globe, elle connaît toujours de beaux jours dans le domaine de l’entreprise. </p>
<p>Je me contente pour le moment de lancer la discussion sur ce que devrait être un carnet des charges, j’esquisse quelques pistes. Il ne faut pas faire trop long car comme le « financial overhaul » américain vient de le rappeler une fois de plus, l’enfer est pavé de bonnes intentions et le diable est dans les détails.</p>
<p>Voici un squelette. Je compte sur vous pour l’étoffer et/ou le mettre en pièces.</p>
<p>1)	Les salariés sont des partenaires a part entière dans la répartition de la richesse créée par l’entreprise, pas des « coûts de production » qu’il s’agit de réduire au maximum. L’entreprise prend au sérieux le fait que c’est le travail qui produit la marchandise ou le service, pas le génie spéculatif de ses dirigeants ou de ses investisseurs. Les gains de productivité bénéficient aux travailleurs. Un salarié remplacé par un robot reçoit une partie de la richesse créée par le robot.</p>
<p>2)	L’entreprise est axée sur l’autofinancement. On ne distribue pas toute la richesse créée en dividendes pour les actionnaires et en bonus pour les patrons – pour devoir ensuite emprunter l’argent nécessaire pour faire tourner la boîte ! </p>
<p>3)	Interdiction des <i>stock-options</i>. Pas de court-termisme de spéculation boursière pour les dirigeants de l’entreprise mais une visée à long terme de son avenir. Le dirigeant est un « entrepreneur », pas la personne chargée de créer une bulle financière et de filer ensuite avec la caisse, quand la compagnie se krache. Il est là pour exercer une activité qui – pour utiliser les termes de Lord Adair Turner – présente « une utilité d’un point de vue social ». </p>
<p>4)	Démilitarisation de la structure de décision de l’entreprise. Quel est le nombre adéquat de niveaux hiérarchiques dans l’entreprise : deux ou trois ? Les influences latérales sont les meilleures. </p>
<p>5)	Entreprises propres : pas de déchets intraitables ou non-traités. </p>
<p>6)	Entreprises vertueuses : pas de firmes d’armement, pas de compagnies de mercenaires. On n’est pas là pour massacrer ou se faire massacrer. </p>
<p>(Très court) etc.</p>
<blockquote><p><strong>(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=647">ici</a>.</strong></p></blockquote>
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		<title>Appel pour août 2010</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 07:15:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul Jorion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’appel de juillet a rapporté : 2 849 € (somme brute). Somme (brute) reçue à ce jour (30) pour août : 2 025  €. J’avais signalé le 24 juillet que l’objectif 2 000 € était atteint, mais cela n’a pas ralenti vos contributions : enthousiasme et discipline ne font pas bon ménage, et quand j’ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’appel de juillet a rapporté : 2 849 € (somme brute). </p>
<p>Somme (brute) reçue à ce jour (30) pour août : 2 025  €.</p>
<p>J’avais signalé le 24 juillet que l’objectif 2 000 € était atteint, mais cela n’a pas ralenti vos contributions : enthousiasme et discipline ne font pas bon ménage, et quand j’ai rappelé cela à mes donateurs, certains n’ont d’ailleurs pas hésité à me remettre à ma place : « J’ai envie de vous faire un don, le reste je m’en fiche ! ». </p>
<p>Merci à tous ! Les échanges qui ont lieu quand certains d’entre vous répondent à mes remerciements, m’éclairent souvent. Il m’arrive – comme vous l’imaginez bien – de m’interroger sur ce que j’essaie de faire et c’est vous qui me le faites alors comprendre. Je vous en donne un exemple : une lettre reçue hier. Vous comprendrez aisément  pourquoi elle me donne envie de continuer.   </p>
<blockquote><p>- J’exerce la profession X (et donc occupé à plein temps), je peux vous soutenir financièrement, mais pas participer à votre travail de pensée (que j&#8217;estime pourtant nécessaire pour la collectivité). Donc faites ma part de pensée, je fais une part de vos conditions matérielles : la spécialisation est l&#8217;essence des sociétés.</p>
<p>A mes yeux (exigeants) de citoyen informé se voulant conscient des profondes transformations actuelles du monde, vous êtes l&#8217;un des rares à proposer à la fois une compétence, une culture, une hauteur d&#8217;analyse, et une rigueur intellectuelle, puissante combinaison qui amène parfois (et c&#8217;est le cas ici) à repenser tout le système de valeurs et de référence du sujet. C&#8217;est l&#8217;honneur de la Raison et des Lumières.</p>
<p>Mon seul souhait est que vous utilisiez cet argent pour continuer votre travail de pensée refondatrice, qui par définition ne peut s&#8217;épanouir dans le <i>mainstream</i>. J&#8217;en mesure la difficulté en ces temps d&#8217;amalgames obscurantistes qui nous emmènent au gouffre.</p></blockquote>
<p>Juillet a dieu merci été relativement calme et je n’ai pas dû passer la moitié de mon temps sur les routes, sur les rails ou dans les airs. J’ai pu travailler au manuscrit du <i>Capitalisme</i>, promis à Fayard le 31 décembre.</p>
<p>Dans un mois à peu près, le 2 septembre, paraît <i>Le prix</i>, aux éditions du Croquant : la synthèse de mes réflexions sur la formation des prix, des criées bretonnes aux salles de marché parsiennes, en passant par les plages africaines et les <i>subprime</i> américains.</p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=13554">Des Grèce par dizaines</a> a été ma chronique mensuelle dans Le Monde-Économie, en date des lundi 5 et mardi 6 juillet.</p>
<p>Le 7 juillet, à Paris, j’ai parlé au <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=13607">Centre des Professions Financières</a>.</p>
<p>J’ai aussi eu en juillet un <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=13682">entretien avec Hélène Ceresole du quotidien grec <i>Avghi</i></a>.  </p>
<p>Mon débat avec David Thesmar sur le thème : Faut-il interdire la spéculation ? se trouve dans le numéro juillet-août de <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=13769">Philosophie Magazine</a>. </p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=13967">L’Est Républicain, en date du samedi 17 juillet</a> a publié un entretien que j&#8217;ai eu avec Antoine Petry, intitulé : « Un discours invendable »</p>
<p>Enfin, je me suis entretenu sur France Inter avec Laurence Luret <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=14188">dans le cadre de son émission « Parenthèse »</a>, le samedi 24 juillet. </p>
<p>En juillet, Le Blog de Paul Jorion était <a href="http://www.wikio.fr/blogs/top/economie">N<sup>o</sup> 1 des blogs d’économie sur Wikio</a>.</p>
<p>Merci à Julien pour son aide en tant que <i>road manager</i> super-efficace. Merci aux auteurs de « billets invités » : ils font de ce blog bien davantage qu’un blog, le creuset d’une réflexion sur le monde, passé, présent et à venir.</p>
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