Qu’est-ce qu’un système monétaire?, par Pierre Sarton du Jonchay

9 septembre 2010 par Julien Alexandre | Print Qu’est-ce qu’un système monétaire?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

A la proposition d’un étalon monétaire international, « aliena » oppose une analyse pointue des mythes de l’étalon-or et des changes fixes. Cette démonstration compare le défunt système de Bretton Woods et l’actuel système de « fiat currency ». Bretton Woods avait retenu la définition des monnaies en poids d’or avec convertibilité par le dollar. Le fiat currency system (FCS) se contente d’une définition des monnaies par elles-mêmes. Instituées par les lois nationales, les monnaies sont dites inconvertibles : le prix de la monnaie en or ou en toute autre matière n’est pas défini. Deux monnaies différentes s’échangent au prix d’équilibre de l’offre et de la demande à l’instant où il est calculé. Les conversions effectives de l’une par l’autre déterminent la parité de change.

Le FCS s’inscrit dans une dialectique de la valeur intérêt public/intérêt privé alors que le Gold Exchange Standard (GES) de Bretton Woods s’inscrivait dans la dialectique paix/guerre internationale. Le GES organise la finance internationale pour éviter les guerres entre les États mais délaisse la question de la légitimité de chaque puissance publique. Le FCS pose l’existence de la paix internationale et veut régler la collaboration entre intérêt public et intérêt privé dans chaque sphère politique nationale. La fiat currency associée aux changes flottants permettent à ceux qui produisent la valeur réelle, les entrepreneurs et les travailleurs de statut public ou privé, d’échapper au moins partiellement à la dépense nominalement publique qu’ils ne contrôlent pas. C’est à dire la dépense vendue verbalement aux électeurs par la dette publique non adossée à la valeur réelle.

Le problème de la dialectique public/privé du FCS est qu’elle ne contient pas d’autre critère de réalité que verbal. N’importe quel entrepreneur-travailleur de la valeur peut déclarer agir pour l’intérêt public ou son seul intérêt particulier sans qu’en réalité il soit possible d’en juger. L’intérêt est-il privé ou public d’une infirmière libérale qui soigne toute la journée, d’un député qui vote un très gros budget en quelques minutes, d’un trader qui approvisionne sa société en dessous du prix moyen du marché, d’un étudiant stagiaire qui n’est pas payé, d’un maire qui négocie l’assainissement de sa ville, d’un importateur de cadeaux publicitaires ? Le FCS suppose l’existence du marché parfait dans un État de droit qui est par essence. Le Droit réel concret n’est pas une question d’existence ni une question internationale.

La remise en cause du FCS dans l’analyse de la crise actuelle passe par d’autres dialectiques de la valeur que l’opposition du public au privé. Si cette dialectique est stérile à restaurer la solvabilité des États, des banques et de l’économie réelle, il faut peut-être reconsidérer les critères de la réalité intelligible, tangible et comptable or de la négation réciproque des origines publique ou privée de la valeur. Par exemple la distinction entre capital et travail, entre global et particulier, entre transnational et national. Nous sommes actuellement dans une impasse dialectique, dans un  abîme de discussion et de pensée. La science économique est incapable de trancher la question des changes fixes/flottants, de la convertibilité/non-convertibilité des monnaies, de l’étalonnage monétaire matière physique/fiat currency. Pendant ce temps, travailler pour payer ces dettes n’est plus une nécessité de la vraie vie. Faut-il refuser la question ?

Si nous analysons l’actuel fiat currency system (FCS) et l’ancien gold exchange standard (GES) sous la polarisation capital-travail, nous découvrons que les deux systèmes sont tous deux instables par la destruction du travail au profit d’un capitalisme sans fondation. Arrivé au bout de l’expérimentation des deux systèmes, le monde goûte au vide monétaire du capital sans travail. Le FCS écrase la rémunération du travail par la recherche frénétique de sécurité financière dans le capital. Le GES écrase la rémunération du travail par la limitation de l’émission monétaire à la matière physique de l’or au lieu de la matière métaphysique infinie du travail. Dans les deux systèmes, la demande finit par s’effondrer face à l’offre.

La même comparaison analytique du FCS et du GES sous la polarisation national-transnational débouche sur la même conclusion d’insuffisance systémique de la demande face à l’offre. Le GES offre un principe de limitation des déséquilibres commerciaux internationaux et de l’accumulation des dettes internationales. Les pays riches restent riches et les pays pauvres restent pauvres avec des possibilités d’échange perpétuellement comprimées par un étalon physique limité en lui-même. Le FCS supprime au contraire tout principe objectif de limitation des échanges. Tout s’échange entre les pays et entre les riches et les pauvres. Rien n’empêche les riches accapareurs de vendre de faux crédits et de fausses plus-values en jouant sur la pluralité des langues et des cultures. En jouant sur le crédit universel du nombre pour fourguer l’incertitude de la réalité particulière aux êtres humains.

Le bancor d’aujourd’hui qui pourrait s’appeler unitas (proposition étatsunienne en préparation de la conférence de Bretton Woods) serait bien plus que le bancor de Keynes. Il ne serait pas émis par un État supranational (ce que les États-Unis cherchent à être dans leur posture actuelle depuis Bretton Woods) ni par une société d’État (ce qu’est le G20) mais par une société financière multinationale associant les États et les institutions financières transnationalisées. États, banques et opérateurs financiers renoncent à la fiction verbale de leurs intérêts qui seraient à la fois nationaux et internationaux. Ils se reconnaissent acteurs de rationalité, de l’intérêt réciproque du privé dans le public, de l’international dans le national, de l’universel dans le particulier.

Les principes de l’unitas : tout individu peut s’inscrire dans une collectivité qui le sert quand il la sert. Tout agent économique sert son intérêt personnel et national en utilisant sa monnaie nationale. Tout agent économique sert son intérêt personnel et transnational en utilisant l’unitas. Tout État national utilise sa monnaie pour servir ses intérêts particuliers. Tout État national utilise l’unitas pour servir l’État de droit de la personne transnationalisée, de la personne reconnue dans ses droits quels que soit la nationalité de ses intérêts. Les institutions financières apatrides sont clairement identifiées au service de leurs intérêts particuliers : elles n’utilisent pas l’unitas dans leurs opérations transnationales ; elles ne se soumettent pas à la régulation publique des monnaies nationales qu’elles utilisent. Par l’unitas, les États qui ne veulent pas réguler leur propre monnaie sont à égalité internationale de droit avec les États régulateurs. Ceux qui régulent utilisent l’unitas. Ceux qui ne régulent pas ne l’utilisent pas. Et que les meilleurs gagnent en attirant l’épargne internationale soit sur la réalité palpable par le marché de l’unitas soit sur la réalité imaginée dans la virtualité financière.

La monnaie transnationale est flottante par rapport aux monnaies nationales, mais fixe par rapport à tout engagement de crédit. La fixité de la mesure du crédit existe si elle est définie comme prix nominal sous-jacent du CDS sur les banques qui émettent l’unitas. La fixité du prix du crédit existe si elle est définie comme option de la valeur nominale totale du marché à terme de tout bien en unitas. La politique monétaire de l’institut central d’émission de l’unitas est définie s’il est doté par le marché d’un capital mesuré par la prime d’option de fixité du prix réel de l’unitas à terme. Le marché à terme de l’unitas est défini si des États de droit l’accueillent sous leur contrôle souverain. Le contrôle souverain de la vraie monnaie de Droit existe si toute devise nationale est cotée sur le marché en unitas.

L’unitas rétablit la valeur du calcul économique dans toutes ses sources : le travail, le capital et le Droit humain. Autorités publiques officielles et capitalistes sont placés devant leurs responsabilités. Si les autorités publiques ne veulent pas s’investir dans la régulation transnationale d’un système monétaire commun, elles s’avouent simplement en lutte de légalité les unes contre les autres ; elles émettent de la dette sans limite en ruinant les étrangers pour finir par leurs propres ressortissants. Si les capitalistes veulent accaparer de la matière par la plus-value, ils délaissent les monnaies fondées sur la légalité de la valeur humaine et n’emploient que des travailleurs non protégés par un non-État de droit. Si les épargnants se disent pressurés par une fiscalité qui les prive sans explication du fruit de leur travail, ils se placent en unitas et paient des impôts au pays qui sait protéger leur épargne. Ou bien ils se placent dans des monnaies de prédation et s’exposent à l’arbitraire de leur intermédiaire financier.

L’alternative à la monnaie internationale est la disparition de la démocratie. Non seulement l’égalité devant la Loi disparaitra mais la solidarité redistributive des richesses dans les pays développés disparaitra faute de taxation des plus riches installés dans les paradis fiscaux. Sommes-nous programmés à la liberté de dire que nous ne sommes pas libres pour la liberté de priver autrui de sa liberté de produire la valeur ?

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47 commentaires

  1. svenmarq

    On aime ces questions directes qui nous éclairent en cent lignes limpides; il y en a eu plus d’une
    sur ce site internet (retournez de temps en temps voir les archives, ou « thésards, au travail »on a atteint 1000 pages, 100.000 interventions sur le « Blog Jorion » !!!, etc…)

    Qu’est-ce qu’un système monétaire ?…

    En finale viendra la mère de toutes les questions, je l’ai déjà évoqué, je le pressens, mais faute d’outils et de temps, je fais appel à l’équipe: QU’EST-CE QU’UNE CIVILISATION ?

    Dans le même type d’article concis et efficace (100 lignes, disons), allant à l’essentiel, y aurait-il quelqu’un (vous, Paul?) capable de répondre à cette question ?

    Etonnament, de tous les auteurs modernes ayant étudié l’histoire des civilisations, depuis disons Arnold Toynbee après guerre jusqu’à Jared Diamond récemment avec son remarquable »Effondrement »
    en passant par R. Aaron et d’autres, à ma connaissance AUCUN n’a paramétré son propos ???
    Ce sont de grands historiens, certes, mais pas des ingénieurs des ponts & chaussées de l’humanité…

    Pourtant y répondre apporterait certainement des orientations quant aux futurs incertains, du moins
    quant à tout ce que nous avons à perdre à ne pas être « en état de civilisation », de quelque origine qu’elle soit , d’ailleurs…

    L’avenir même de l’humanité dépend probalement de sa capacité à solutionner sans délais des questions de ce type…

    • Voyez-vous le débat progresser hors du Blog ? La civilisation progresse-t-elle ou s’éteint-elle ?

    • svenmarq

      @ Mr. Sarton du Jonchay

      Paul Valéry a posé ouvertement la question au xxè siècle déjà, J.Diamond en a précisé les contours récemment, il reste un travail énorme de réflexion pour en comprendres les tenants et aboutissants…

      J’en ai discuté cette semaine avec de jeunes futurs anthropologues de l’U.L.B. (!) et il en ressort la réflexion suivante (pour faire court):
      Une civilisation serait une « structure dissipative » (cfr.Y.Prygogyne) fixée sur un substrat physique (dans l’état de nos connaissances actuelles seule une planête…); produit d’intéractions chimio-biologiques menant à un écosystème (un environnement) pouvant supporter des espèces vivantes socialement structurées (abeilles, grands singes /anthroposphère) capables de développer avec le temps des formes d’intelligence élaborées menant à des structures cognitives complexes (technosphère, noosphère de T. de Chardin)…

      Sachant que la complexité est fragile par essence…:
      http://agora.qc.ca/cosmopolis.nsf/Articles/no2009_3_Les_civilisations_sont-elles_mortelles?OpenDocument

      Sur cette base, il y a une prise de conscience planétaire à paramétrer et orienter le phénomène que nous représentons pour tenter de s’inscrire dans la durée des siècles…

    • Lisztfr

      @ svenmarq :

      J’ai le douleureux présentiment que ce que vous dites de la civilisation, ce qui fait énoncé ici n’est pas une définition ou un concept opératoire. Cela est impropre à un usage philosophique car taillé à la mesure d’aucun pied, ne permettant de concevoir un champs d’investigation ou de se diriger dans une direction quelle qu’elle soit. La description vraiment pertinente doit s’efforcer de décrire un objet par un petit nombres de qualités savamment articulés entre elles. Elaguez, retranchez, il y a une femme la dessous !

      Définir un concept opératoire est aussi difficile qu’élaborer le thème d’une fugue.

  2. Noux

    « d’un trader qui approvisionne sa société en dessous du prix moyen du marché »
    -Est-ce ironique?

    « La fixité de la mesure du crédit existe si elle est définie comme prix nominal sous-jacent du CDS sur les banques qui émettent l’unitas. La fixité du prix du crédit existe si elle est définie comme option de la valeur nominale totale du marché à terme de tout bien en unitas » :

    -On ne vends pas d’argent. il y a d’autre moyen d’en faire, à commencer par là.

    « L’alternative à la monnaie internationale est la disparition de la démocratie »

    -Je ne penses pas, bien au contraire, la démocratie est dominée par l’argent. Je ne crois pas qu’un état ait seulement le droit de créer de la richesse. C’est une marionnette.
    Egaler les coût du travail dans le monde, ok. Egaler les coût des matières premières avec études écologique/ressources, ok.

    J’ai beau me retourner le cerveau, 2 monnaies (micro/macro) c’est pas possible le lien est trop étroit pour être respecté.

    « Si nous analysons l’actuel fiat currency system (FCS) et l’ancien gold exchange standard (GES) sous la polarisation capital-travail, nous découvrons que les deux systèmes sont tous deux instables par la destruction du travail au profit d’un capitalisme sans fondation. Arrivé au bout de l’expérimentation des deux systèmes, le monde goûte au vide monétaire du capital sans travail. Le FCS écrase la rémunération du travail par la recherche frénétique de sécurité financière dans le capital. Le GES écrase la rémunération du travail par la limitation de l’émission monétaire à la matière physique de l’or au lieu de la matière métaphysique infinie du travail. Dans les deux systèmes, la demande finit par s’effondrer face à l’offre. »

    -Il est clairement précisé ici un problème fondamental au fonctionnement de ces systèmes monétaires:
    La capitalisation. Il en relève d’un problème plus philosophique que mathématique.
    C’est un peu comme dire : « allez-y, y en aura pour tout le monde, mais si tu mesures 2m10 pour 110Kg t’auras plus de chance d’en avoir plus… ». C’est la loi de la jungle.

    Le bancor ou autre unitas ne changera rien au problème de corruption des états et des paradis fiscaux. Je dirais même qu’il conduirait à plus d’actions en dessous de table, payées en diamants ou en or, alimentant tout les réseaux qui en découlent.

    Je penses que fondamentalement on ne peut pas brider le capitalisme, ou devrais-je dire la concentration à l’extrême, par une simple monnaie.
    Il y a 2 solutions:
    Soit on moralise le capitalisme avec : « les Garants du capital sont les garants du bien être des peuples »(dans ce cas c’est pas du pipo et il y a obligation de rente à chaque nouveau né sur terre).

    Soit on limite les richesses avec un état cheap leader, qui ne spécule pas pour faire de la richesse et préfère produire des biens avec une politique dynamique de recherche et de veille technologique.
    J’ai envie de dire, la France, c’est mon entreprise.

    J’ai aussi envie de dire, ayant été employé dans 2 des plus grosses boites de la planète, et ayant vu à quel point on est des numéros, que ces corporations n’ont plus d’âme et sont pilotées par d’autres choses que des hommes.
    J’ai envie de dire tout le mépris que j’ai envers ces algorithmes terroristes de la condition humaine.
    J’ai envie de dire merci à l’open source (première expérience communautaire pour ma part, même si je ne suis que passif, il faut le dire, et ca n’a pas l’air de déranger les développeurs, au contraire).
    Encore des envies de dire?
    Ah oui, l’Homme à marché sur la lune il y a 50 ans, et maintenant il préfère triper dans sa Bugatti.

    Bien à vous

  3. aliena

    Quelques bases:
    (état souverain veut dire souverain dans sa monnaie => système monétaire fiat)

    Un état souverain dans sa monnaie peut émettre autant de dette qu’il le souhaite ou non (les ressources réelles sont les seules contraintes). Ça ne change pas sa capacité fiscal.

    Il faut bien comprendre que les déficits correspondent aux capital/quantité de monnaie présent dans l’économie.
    Le secteur privé n’a pas d’argent tant que l’état ne l’a pas dépensé (émis).
    Et c’est le problème du secteur privé en ce moment, qui repaye sa dette et a donc besoin d’expansion monétaire pour éviter de sombrer dans la faillite.
    La politique monétaire qui consiste a laisser les taux d’intérêt a zéro en espérant que les banques prêtent a un secteur privés saturés de dette est illusoire (liquidity trap), la seule solution est la politique fiscale qui permet de placer directement la monnaie dans les poches de ceux qui en ont besoin et le dépenseront immédiatement.

    Un État souverain n’est pas une entreprise ou un ménage. Il ÉMET la monnaie.
    La dette et l’épargne sont exactement la MÊME chose.
    La dette représente la quantité de monnaie émise et épargnée. La dette d’un état sont des actifs financiers NET sans passif.

    Un État souverain ne se finance pas par la dette ou l’impôt.
    Un État souverain émet la monnaie pour se financer et utilise l’impôt pour retirer l’excès de monnaie en circulation.
    Un État souverain émet de la dette pour réguler les taux inter-bancaires et fournir une épargne 100% sure.

    « Supposez que l’économie soit faite de deux personnes, l’une d’elle est le gouvernement et l’autre est le secteur privé (non-gouvernement).
    Si le gouvernement a un budget en équilibre (il dépense 100 dollars et taxe 100 dollars) alors l’accumulation (épargne) de la monnaie fiduciaire (fiat) par le secteur privé est zéro pendant cette période et le budget privé est aussi en équilibre.

    Disons que le gouvernement dépense 120 dollars et que les taxes sont toujours de 100 dollars, alors l’épargne privée est de 20 dollars et peut être investi en actif financier (obligations, assurance-vie, etc).
    Les 20 dollars qui ne sont pas taxés sont émis par le gouvernement pour couvrir ses dépenses additionnelles.
    Le gouvernement peut décider d’émettre une obligation qui rapporte des intérêts pour encourager l’épargne mais opérationnellement, le gouvernement n’a pas besoin d’émettre de la « dette » (obligations) pour financer son déficit. Et le déficit du gouvernement de 20 dollars est exactement l’épargne du secteur privé de 20 dollars.

    Maintenant, si le gouvernement continue dans cette veine, l’accumulation de l’épargne privée sera égal au déficit budgétaire cumulé.
    Cependant si le gouvernement décide d’avoir un excédent budgétaire (disons qu’il dépense 80 et taxe 100) alors le secteur privé devra au gouvernement un payement net de taxe de 20 dollars et aura besoin de vendre quelque chose au gouvernement pour obtenir les fonds.

    Le résultat est que le gouvernement en général rachète les obligations qu’il a vendu auparavant au secteur privé. Le besoin de financement net du secteur privé automatiquement suscite la réponse correcte du gouvernement via le taux d’intérêt (le rachat d’obligations par la banque centrale sont transformées en liquide–> ces réserves sont maintenu dans le système bancaire et permettent la baisse du taux d’intérêt du a la compétition inter-bancaire). »

    Source:
    Deficit spending 101 – Part 1
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=332

    En conclusion, l’excédent budgétaire du gouvernement force le secteur privé a l’endettement (au profit des banques).
    Vous voyez bien que ce qui saigne les populations et etouffe la demande n’est pas le déficit mais le manque de déficit.

    En tant que pure question de fait, le déficit budgétaire annuel est égal, au centime, au total des obligations d’état, réserves bancaires et des liquidités en circulation.
    Et le déficit budgétaire accumulé – la dette totale – est égal aux obligations d’état, réserves bancaires et des liquidités en circulation, au centime.

    En d’autres termes, vous pouvez changer le nom de « l’horloge de la dette » par « l’horloge de l’épargne » et laisser ces chiffres tranquille.

    Concernant votre texte:
    Les déséquilibres commerciaux internationaux dans un système monétaire fiat ne posent aucun problème.
    Le gouvernement en déficit commercial n’a pas a imposer l’austérité et la déflation interne pour récupérer son stock d’or (par un excédent commercial).
    La monnaie est fiduciaire et son émission n’a pour limite que les biens et services a vendre dans cette monnaie.
    La politique fiscale (faire du deficit) est ce dont nous avons besoin.
    Vous réalisez que l’unitas est complètement anti-démocratique et de conception néo-libérale?

    Traduction de Gold standard and fixed exchange rates – myths that still prevail :
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2010/08/etalon-or-et-taux-de-change-fixes-des.html

    Autres articles pertinents:

    The origins of the economic crisis
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=277

    The conservative reconstruction of history
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=10415#more-10415

    The dysfunctional logic of the Eurozone and its downward spiral
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=9383

    Euro zone’s self-imposed meltdown
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=5377

    Understanding central bank operations
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=9392

    There is no solvency issue for a sovereign government
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=11302#more-11302

    There is no credit risk for a sovereign government
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=11161

    Monetary policy under challenge … finally
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=11335

    Stock-flow consistent macro models
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=4870

    Deficit spending 101 – Part 1
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=332

    Deficit spending 101 – Part 2
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=352

    Deficit spending 101 – Part 3
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=381

    What you consume or what you produce?
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=11436

    Facts on the ground
    http://www.pimco.com/Pages/GCBFocusJuly2010FactsontheGround.aspx

    From Richard Koo:

    How to Avoid a Third Depression
    « Hearing comparisons between the US and Japan? Confused about deleveraging, private saving, and government spending? Look no further – Richard C. Koo explains it all in his testimony before the Committee on Financial Services U.S. House of Representatives.

    The first point Koo makes is that ordinary recessions – which tend to come up every so often – and full-fledged depressions are “two different diseases requiring totally different treatments.”

    What’s the difference? In a depression, the private sector is focused solely on getting rid of debt. Who cares? Just take an example: a family makes $1000 and saves $100. Normally that $100 is lent by the family’s bank to a borrower who can invest and use that money. But in today’s world, where everyone is trying to get rid of debt, no one wants to borrow that $100.

    This is just what happened during the Great Depression, and also what happened to Japan in the 1990s. But Japan was smart: the government borrowed and spent $100 instead, keeping the money flowing. Even though it increased the government’s debt by 460 trillion yen, it sustained over 2,000 trillion yen – “making it a huge bargain,” the understated Koo points out.
    On the other hand, cutting spending and government deficits will have the opposite, devastating effect. »

    http://financialservices.house.gov/Media/file/hearings/111/Koo%207_22_10.pdf

    Traduction partielle:
    « Dans le monde d’aujourd’hui, ou tout le monde essaye de se désendetter, personne ne veut emprunter(et plus exactement, personne n’a les moyens d’emprunter ou de dépenser pour cause de revenus trop faible).

    C’est ce qui c’est passé pendant la Grande Dépression et aussi au Japon dans les années 90. Mais le Japon a été astucieux: le gouvernement a emprunté et dépensé a la place du secteur privé, et a pu garder le flot de monnaie constant. Bien que cela ait augmenté la dette du gouvernement de 460 trillions de yen, cela a soutenu l’équivalent en production de 2 000 trillions de yen — faisant de ces dépenses « un très bonne affaire ».
    De l’autre coté, couper les dépenses et les déficits du gouvernement aura un effet opposé et dévastateur. »

    (bien entendu la banque centrale « n’emprunte pas », elle émet une obligation (dette) pour chaque unité monétaire émise.)

    • Gu Si Fang

      Hello aliena,

      It’s nice to find such a large audience on this site!

      Je repasse au français.

      Dans ce que vous écrivez, le déficit public crée l’épargne privée, c’est bien ça ? L’Etat taxe 100 et dépense 20. Il émet pour financer son déficit des obligations d’un montant de 20. Si je les achète dans un contrat d’assurance-vie, j’ai épargné.

      Question : que se passe-t-il lorsque cet argent est dépensé sous forme de transfert ? L’Etat emprunte 20 et les donne à une clientèle électorale, à une industrie en quête de subventions, etc ?

      Cdt,
      GSF

    • aliena

      @Gu Si Fang

      Vous voulez dire comme en ce moment et depuis 30 ans?

      Après avoir déconnecté les salaires de la productivité par l’arbitrage transnational des salaires et forcé les populations au surendettement pour absorber l’offre (ce qui est qui est terminé maintenant), les gouvernements et banques centrales émettent des montants gigantesque de monnaie pour renflouer les banques privées et rétorquent aux populations qu’il n’y a « plus d’argent », que « le déficit et la dette publique » sont trop important donc nous allons vous sucrez retraites, assurance maladie, etc…et vous réduire a l’esclavage?
      Le résultat est la dépression.

      La distribution des richesses est un problème politique et il sera toujours politique.
      Comprendre comment le système monétaire fonctionne nous permet de voir a travers cette supercherie.

    • VB

      Bonsoir,

      @ aliena,

      « La distribution des richesses est un problème politique et il sera toujours politique.
      Comprendre comment le système monétaire fonctionne nous permet de voir a travers cette supercherie. »
      =>
      Comment pensez-vous que des banques centrales indépendantes du pouvoir politique pourraient résoudre un problème politique ? Il me semble que l’indépendance des banques centrales est la première aberration en matière financière (la souveraineté financière est déconnectée de la souveraineté (sic) politique, en conséquence de quoi, la seconde n’existe quasi plus), la deuxième étant d’interdire le financement des Etats par lesdites banques centrales.

      Cdt,

  4. Gu Si Fang

    Bonjour PSDJ,

    Aliena affirme que le papier-monnaie et l’étalon-or sont deux systèmes très différents, et elle a raison. Mais sa connaissance des systèmes monétaires semble s’arrêter là au vu des erreurs basiques que contient son premier billet.
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=15750#comment-107544

    Le débat, en résumé, est le suivant : qui doit avoir le pouvoir de battre monnaie ? Les Etats ? Le FMI / Banque mondiale / G20 ? Autre ? Les partisans du bancor dont vous êtes un représentant disent :

    « [Le bancor] ne serait pas émis par un État supranational (ce que les États-Unis cherchent à être dans leur posture actuelle depuis Bretton Woods) ni par une société d’État (ce qu’est le G20) mais par une société financière multinationale associant les États et les institutions financières transnationalisées. »

    Aliena dit que l’Etat-nation doit garder ce privilège, car il lui permettrait selon elle de financer ses dépenses publiques sans limite et sans recourir à l’impôt (sic et re-sic) !

    Pour mettre mon grain de sel, il y a une troisième position qui est celle du marché libre de la monnaie. Poussée à l’extrême, un tel système signifie que personne n’a de privilège en matière monétaire. Personne n’a le droit d’imprimer de la monnaie et de l’imposer par la contrainte à ses citoyens ou à un autre Etat. Mais tout le monde peut produire des monnaies sous réserve qu’elle soit librement acceptée par les utilisateurs.

    L’étalon-or n’était donc pas un système libre. Les Etats imposaient une monnaie à leurs citoyens. Mais personne ne pouvait imposer sa monnaie à un autre Etat. Les échanges entre gouvernements étaient donc essentiellement payés en or, comme dans un marché « libre » (ou approchant), tandis qu’à l’intérieur des Etats-nations les citoyens restaient soumis au monopole de la banque centrale.

    Remplacer le monopole de la banque centrale par un monopole supérieur ne réglera pas le problème. On peut l’appeler « société financière multinationale associant les États et les institutions financières transnationalisées » ou trucmuche, si une institution a le pouvoir d’émettre une monnaie que tous les Etats imposent à leurs citoyens, elle est par définition la banque centrale mondiale. Les Etats nationaux deviennent alors ses agents pour imposer le papier-monnaie mondial aux habitants du pays, tout comme l’Etat impose aujourd’hui l’euro aux Français en lui donnant cours légal.

    « Sommes-nous programmés à la liberté de dire que nous ne sommes pas libres pour la liberté de priver autrui de sa liberté de produire la valeur ? » »

    Ca sera la phrase du jour ! :) :) :)

    Cdt,
    GSF

    • @Aliena et Gu Si Fang,

      Permettez-moi de schématiser vos positions. Aliena avance une explication nominaliste-matérialiste de la monnaie. Dans le fiat currency system, la monnaie est quantité de la valeur nommée par l’autorité publique. L’État dit abstraitement par la Loi ce qu’est la valeur et nomme monnaie tous les signes qu’il définit comme représentation quantifiée de la valeur nommée selon la Loi. Dans ce système, les banques sont censées comptabiliser des droits en monnaie dont elles n’ont aucune part. Le problème de la régulation bancaire et financière n’existe pas puisqu’il est a priori impossible d’émettre des signes monétaires hors de l’enveloppe définie par les banques centrales et du collatéral fourni par la puissance publique. Si la croissance replonge en ce moment, c’est simplement que les États ne dépensent pas assez, ne produisent pas suffisamment de dette pour permettre aux banques centrales de créer toute la monnaie nécessaire.

      Gu Si Fang réagit à cette thèse par la position idéaliste-libertaire. Il ne suffit pas que l’Etat dépense. Il faut qu’il produise effectivement la valeur de ses dépenses, que l’offre suive la demande, que les agents économiques acquiescent par leur propre demande et leur propre offre à la mesure de la valeur produite en monnaie de la banque centrale. La politique de relance budgétaire et monétaire est vouée à l’échec par l’effondrement de la valeur réelle de la monnaie. Finalement, la bonne manière d’indexer la création monétaire sur l’offre et la demande réelle de valeur est d’en privatiser l’émission, de laisser les agents économiques négocier entre eux le volume de monnaie dont ils ont besoin.

      Schématiquement, Aliena défend la primauté de la Loi dans la matérialité monétaire et Gu Si Fang la primauté de la liberté et de la responsabilité individuelles dans la formalité marchande de la monnaie. Ils tombent d’accord sur l’inopportunité d’une unité de compte transnationale, soit parce que cela supposerait un État mondial qui n’existe pas, soit parce que les États abusent déjà de leur pouvoir dans la création monétaire débridée. Sommes-nous programmés à la liberté de dire que nous ne sommes pas libres pour la liberté de priver autrui de sa liberté de produire la valeur ? Est-il inutile de limiter par la monnaie la puissance publique sur les personnes individuelles ? Est-il inutile de limiter par la monnaie publique la valeur relative des personnes individuelles ?

      Si la réponse aux deux questions d’inutilité monétaire est « non », se peut-il qu’un critère de limitation du pouvoir public et du pouvoir privé soit valable à l’intérieur d’une souveraineté nationale sans l’être à l’extérieur ? Si la monnaie est une conséquence de la Loi publique et du marché libre, se peut-il que cela ne soit pas vrai entre deux nationalités différentes n’évoluant pas sous la même loi et donc sur les mêmes marchés ? Est-il admissible que des individus respectent la Loi qui fonde la monnaie dans le périmètre physique de leur nationalité mais pas à l’extérieur ? Est-il admissible que les États respectent la Loi qui justifie leur monnaie et pas celle des autres ? Est-il impossible que la valeur publique de la Loi qui délimite la socialité de l’individu ait une même matérialité monétaire universelle ?

      Quelle valeur un étalon international de la valeur comptée retranche-t-il de vos thèses ?

    • jérôme

      @ Pierre Sarton du Jonchay,

      Bonjour,

      Passé, le cap des « bonnes » échéances, les vieilles maturités arrivant à terne point nommé, J.C Trichet « garantit » un trimestre de planche alignée en high frequency funding, deballastage avant gros grain?

      http://finance.yahoo.com/news/Trichet-phasing-out-crisis-apf-3720039338.html?x=0

      La banque centrale à sous-vérins adapte ses positions et actions en fonction de l’imposture dominante, le terme temporel se raccourcit

      Intéressant les vues monétaires, ni si aliénées ni si fangeuses puissent-elles paraître, strucculent humour de fin:

      « Quelle valeur un étalon international de la valeur comptée retranche-t-il de vos thèses ? »

      « Si cette dialectique est stérile à restaurer la solvabilité des États, des banques et de l’économie réelle, il faut peut-être reconsidérer les critères de la réalité intelligible, tangible et comptable or de la négation réciproque des origines publique ou privée de la valeur. » Hors de l’or, point de dialectique salut, humour didactiquement stylé PSDJ?

      Nom d’un cheval, au royaume perdu, la souveraineté de chacun est âprement débattue, un sou reste un sou-si majeur préocupation n’était possiblement concevable-?

      Un système monétaire dépasse ses fonctions première en s’intégrant en acteur transverse de plusieurs sous-ensembles de droit différent? Les lois de l’échange, les lois monétaires, « simple » asymétrie du concept monnaie devant complexement s’appliquer dans des « univers » partiellement disjoints, régis par des lois différentes. Ces intersections « culturelles », haute cour de structuration des bulles de valeurs méprises?

      Vos lectures suscitent un intérêt pour les différentes mathématiques, leurs hommes, langages et idéologies (si,si)..par retour ces deux « univers » s’apportent intéressant éclairage. Un site sympa pour saut quantique de mouton à mathés:

      http://serge.mehl.free.fr/chrono/Brouwer.html

      Au fait oui, un système monétaire, cela set à quoi?

      Définition de Nicolas Schöffer pour système:

      Un système est un ensemble de structures cohérentes

      dont les éléments constitutifs, même détachés de leur contexte,

      en conservent la référence et restent indispensables

      à son bon fonctionnement, à son développement, ainsi qu’à son décodage.

      Du « même »:

      Définition de l’économie :

      L’économie est l’ensemble des échanges généralisés

      des produits consommables

      et des rapports fluctuants

      de leur production, de leur distribution et de leur consommation,

      ensemble dont les actions tendent

      simultanément et paradoxalement

      vers la prolifération de la rareté et la raréfaction de l’abondance.

      http://www.olats.org/schoffer/listdef.htm pour les amoureux de définitions de « valeur »!

    • Gu Si Fang

      @ PSDJ

      « Quelle valeur un étalon international de la valeur comptée retranche-t-il de vos thèses ? »

      Pour répondre à cette question finale, je dirais qu’une monnaie internationale, ou une unité de compte, ne pose aucun problème en soi. Au contraire ! C’est bien sûr le pouvoir, implicite derrière cette notion, qui est problématique. Une monnaie internationale de facto, ok ; une monnaie internationale de jure, non.

      Imaginez une institution monétaire internationale émettant du papier-monnaie. Le seul moyen pour ce papier-monnaie est le cours forcé, par définition. Sinon, ce n’est plus du papier-monnaie mais des billets convertibles (en dollars, en euros, en or…). Mais le cours forcé auprès de qui ? Je ne vois que deux possibilités :
      - soit ce papier-monnaie a le privilège du cours forcé directement auprès des utilisateurs finals ;
      - soit le papier-monnaie est accepté par les Etats, qui s’engagent à fournir leur monnaie nationale en échange, et qui donnent à cette dernière cours forcé sur leur territoire.

      Le fait que cette monnaie soit dématérialisée ne change rien. Je l’appelle papier-monnaie par commodité de langage. Le point important est que son pouvoir d’achat provient d’une contrainte exercée sur tout ou partie des vendeurs / créanciers mondiaux, qui sont obligés de l’accepter ou d’accepter une monnaie locale convertible dans cette monnaie.

      Cela confère à l’émetteur mondial un pouvoir de seigneuriage sur toute la population mondiale. Rien que ça ! Un pouvoir dont aucun tyran n’aurait osé rêvé. Quels gardes-fous pourraient bien empêcher un tel pouvoir d’être un jour utilisé ? Amha : aucun. Si l’on regarde ce qui s’est passé avec l’euro, la BCE possède un pouvoir de seigneuriage sur toute la zone euro ; un pouvoir énorme. Il y a donc dans le traité de Maastricht des gardes-fous. On a vu combien de temps ils avaient tenu… La Grèce, par exemple, s’est endettée de telle sorte que la BCE a été contrainte d’user de son seigneuriage pour racheter sa dette. Parce que la BCE, le bancor, ou toute banque centrale mondiale, joue un rôle de prêteur en dernier ressort, il est possible à de petits acteurs de faire chanter le gros : tu me donnes de l’argent ou tout ton système s’écroule !

    • @Gu Si Fang,

      L’opposition que vous voulez conserver entre la monnaie de facto et la monnaie des jure vous enferme dans le paradigme de la causalité sans finalité (je prends parti en parlant d’enfermement sur la subordination de la valeur à la finalité). Il est clair que les monnaies internationales existent déjà de facto : ce sont les monnaies de réserve du système financier international dont le dollar au premier rang. Ce système instaure la prééminence des choix économiques et juridiques de quelques pays dans les échanges internationaux. Qu’ils soient bons ou mauvais, ces choix sont imposés au monde entier en ne laissant aucune alternative monétairement neutre, ouverte sur d’autres finalités que celles vendues dans les monnaies de réserve.

      Dans le monde en acte d’aujourd’hui, pour ne pas spéculer sur les bas salaires chinois ou indiens, sur la corruption politique, sur les yoyos du pétrole ou du blé, sur les titres subprime, sur la dette publique irlandaise, sur la diminution des assurances sociales dans les pays développés, sur l’épuisement des ressources naturelles, sur l’urbanisation anarchique,… il faut s’arrêter d’acheter et de vendre quoi que ce soit. L’absence d’unité de compte non nationale rend le Droit et la politique indiscutables à l’échelle du monde. Pour critiquer la politique européenne sans perdre d’argent, il faut se placer en dollar ou en yen. Pour critiquer la politique étatsunienne, il faut se placer en franc suisse. Et pour critiquer l’impérialisme idéologique occidental, il faut être trader et faire voltiger les milliards le plus rapidement possible pour fuir en avant de la critique. Sans l’existence d’une neutralité monétaire internationale du Droit, la concurrence juridique internationale détruira tous les droits.

    • Gu Si Fang

      @ Pierre

      « causalité sans finalité »

      En langage simple, je crois comprendre que vous regrettez que la monnaie ne puisse être un instrument politique. Sans finalité politique, dans cette vision, il n’y aurait pas de finalité du tout. Mais ce n’est pas exact. J’ai une finalité ! Lorsque je conserve un peu de monnaie c’est pour une raison. Il m’en coûte d’immobiliser ainsi des ressources, de garder 30 euros dans mon portefeuille au lieu de les « claquer » au restaurant. Vous avez aussi vos propres raisons de conserver de la monnaie, les entreprises également, etc.

      Dès lors, le problème est très simple : ne pourrait-on pas passer outre ces petits desiderata privés, mesquins, égoïstes, et mettre la monnaie au service d’un grand projet politique, démocratique, collectif ? Après tout, l’Etat est toujours en quête de financement (c’est la préoccupation d’aliena) alors que nous le sollicitons pour faire tellement de choses pour nous ! Ne pourrait-il pas résoudre quelques problèmes en utilisant la monnaie comme outil ?

      Cela échoue pour deux raisons :
      - les projets et désirs privés ne disparaissent pas par décret ; si on met des obstacles sur leur chemin en manipulant la monnaie, les gens cherchent à contourner l’obstacle ;
      - on assigne systématiquement à la monnaie des objectifs qu’elle est incapable de servir, comme réduire le chômage (au hasard…) ou bien stimuler l’économie.

      En fait, ces projets inflationnistes sont caractérisés par ces deux points. Ils ne font généralement aucun cas des préférences privées. Tout ce qui est discuté c’est le grand projet collectif, et la manière de le financer : « si on imprime des billets, on pourra avoir un TGV » par exemple. Le coût privé de l’opération n’est pas pris en compte. Un tel concept n’est même pas imaginable (sic). Par ailleurs, pour le chômage ou la « stimulation », les théories utilisées pour démontrer le lien de causalité monnaie –> résultat sont d’une pauvreté absolue (quand il y a une théorie…).

      Sur la place de la monnaie dans le conflit projets privés / projets politiques je vous renvoie à l’excellent petit livre de Frankel, Two philosophies of money, où il compare Simmel et Keynes :
      http://gigapedia.com/items/450817/

      Pour une réfutation des principaux arguments utilitaristes en faveur de la création monétaire (réduire le chômage, stimuler les échanges), le livre de Guido Hülsmann, Ethique de la production de monnaie, en traite 7 :
      http://www.amazon.fr/Ethique-Production-Monnaie-Hulsmann-Guido/dp/229612870X/

      Mon dernier point concerne la prédominance du dollar. Sous Bretton Woods, nous étions tenu contractuellement d’entasser du papier vert dans les coffres de la Banque de France. Tant que les US maîtrisaient leur planche à billets, ça allait encore. Mais lorsque les dollars ont commencé à s’entasser, De Gaulle a protesté à bon titre. Le contrat lui semblait injuste.

      Quelle obligation contractuelle avons-nous aujourd’hui ? Qu’est-ce qui oblige les Chinois à accumuler des dollars ? Rien ni personne (sauf sans doute la diplomatie américaine, ne soyons pas naïfs, ok, mais on n’est pas dans la situation de l’Europe de 1945 face au sauveur américain). Autrement dit, si nos banques centrales ont des dollars dans leurs coffres, c’est parce qu’elles le veulent bien. On peut dire que les Etats-Unis ne prélèvent plus aucun seigneuriage sur les autres pays. Ils réalisent des profits légitimes en produisant une monnaie que d’autres pays utilisent volontairement comme moyen de paiement.

      J’ai un peu forcé le trait dans ce dernier alinéa, mais pensez-y ! Un Etat ne peut prélever des impôts que sur le territoire qu’il contrôle (directement ou indirectement) ; de même, il ne peut prélever un seigneuriage que sur un territoire qu’il contrôle. La cause du seigneuriage est le contrôle, l’usage de la violence légale. La monnaie n’est que la courroie de transmission. Il ne faut pas se focaliser sur la monnaie internationale : dollar ou DTS ou autre chose, mais sur les contraintes imposées sur les utilisateurs (publics ou privés) de monnaie pour leur imposer telle ou telle monnaie qu’ils n’auraient pas utilisée si on leur avait laissé le choix.

      Cdt
      SC

    • Gu Si Fang

      P.S. Une troisième raison pour laquelle la monnaie échoue généralement comme outil politique est qu’elle n’est soumise à aucun contrôle démocratique, qu’elle est trop compliquée pour être comprise par les électeurs, et qu’elle est donc systématiquement détournée du grand projet collectif. Cet échec de l’utilisation du pouvoir pour parvenir à des fins socialement souhaitables est connue de longue date : Thucydide, Acton, et Dos Passos…

      « We learned. There are things we learned to do but we have not learned, in spite of the Constitution and the Declaration of Independence and the great debates at Richmond and Philadelphia how to put power over the lives of men into the hands of one man and to make him use it wisely. »

  5. cybfil

    Démonstration Exemplaire…..! Tout y est Merci………, je sais ce qu’il me reste à faire…..
    Merci à Mr Jorion pour ce « blog » de référence.
    Cordialement, fil.

  6. izarn

    La nouvelle crise alimentaire, prouve encore une fois le bien fondé de la découverte de Marx: La marchandise à une valeur d’usage et une valeur d’échange.
    La monnaie sert à compter la valeur d’échange seulement.
    L’abracadabra de la « loi du marché » de l’offre et de la demande nous déclare que la valeur fondamentale de la marchandise c’est la valeur d’échange. D’ou vient le profit spéculatif.
    A ce moment la, l’exploitation du prolétaire est facilité, puisque son salaire n’est qu’une valeur d’échange et n’est pas en rapport avec la valeur d’usage de la marchandise qu’il produit.
    Par exemple la valeur d’usage du blé est trés importante pour l’alimentation humaine, mais le travail consenti pour une tonne de blé est payé moins cher en Russie qu’en France. La loi du marché produit de la richesse spéculative, qui en dernière analyse provient de l’exploitation du paysan russe.
    Ainsi, il y aurait donc deux sortes d’etres humains?
    On voit ici que la « loi » de l’offre et de la demande est injuste et est en contradiction avec le libéralisme philosophique des Lumières…

    Nous avons donc un « marché du travail ». C’est a dire que l’activité humaine devient une marchandise sur laquelle on spécule, au mépris de la valeur réelle du travail, qui devrait etre évaluée sur la valeur d’usage.
    D’ou les délocalisations en Chine, qui ne produisent de « survaleurs » qu’avec la spéculation sur la marchandise travail.
    C’est à dire qu’au niveau mondial la richesse évaluée en valeur d’usage (machines, denrées alimentaires, médicaments, etc…) n’est pas prise en compte. On ne parle que de PIB, qui lui n’est que la mesure des échanges des marchandises, mais aussi des profits spéculatifs, ou le support marchandise sert à des plus values en chaine…Sans parler du commerce de l’argent: Le crédit à interets.
    Ainsi les progrés de la « croissance », du PIB, des bourses sont trés largement polluées par le capital spéculatif, qui de fait ne repose sur aucune valeur marchande d’usage.
    De fait, l’humanité est plus pauvre que n’indique les chiffres des transactions.

    Bien entendu on peut toujours penser à une monnaie mondiale, mais si cette monnaie n’est basée que sur la valeur d’échange, peine perdue.
    Aprés tout le dollar fait figure de monnaie mondiale, et malgrés les trillions de dollars venus de nulle part produits par la FED, la crise alimentaire ne provient que de la spéculation sur les marchés des matières premieres, marché en dollar, bien sur.
    Aller au dela de la fameuse loi de l’offre et de la demande, c’est ça le défit.
    Comme lorsqu’Einstein fut contre la Vérité physique qui énonçait que le temps s’écoulait partout de la meme manière, et que les distances étaient les memes partout dans l’univers.
    Non. L’horloge des satellites GPS est accélerée, car sur orbite terrestre le temps s’écoule plus lentement, selon les équations d’Einstein.
    Alors que les prix soient uniquement fixés sur la valeur d’usage?
    Qui régule alors l’offre et la demande? La politique et la démocratie? Le partage équitable?
    Godman Sachs peut fermer, et Wall Street disparaitre….
    Et l’économie politique devient la science des vieux alchimistes dépassés.

    • Marlowe

      A mon (humble) avis, les économistes dans leur ensemble ne connaissent que la valeur d’échange, c’est à dire la valeur qui peut être mesurée en monnaie.
      La critique de la valeur est le fondement de toute critique.
      S’abstenir de critiquer la valeur c’est renoncer à toute critique qui permette de comprendre et éventuellement de changer le monde.

    • Charles A.

      En écho l’analyse si juste de Daniel Bensaid:
      La danse macabre des marchandises
      http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article2699

      Extrait

      La généralisation planétaire des rapports marchands tire la crise en longueur et la dilate dans l’espace. Se profile ainsi une crise de civilisation, inédite où se nouent crise sociale et crise écologique. Elle se traduit par un nouveau partage impérialiste, par une redistribution des inégalités, par une redéfinition des hiérarchies de dépendance et de domination.

      Devant le déferlement du chômage et de précarité, on a beaucoup spéculé, ces dernières années, sur une hypothétique « fin du travail. Le procès capitaliste de production et d’échange réduit le travail concert au travail abstrait, le travail complexe au travail simple, »pour ainsi dire dénué de toute qualité ». Cette réduction du travail à une abstraction sociale, dont les travailleurs deviennent les simples organes, se heurte au besoin croissant d’un travail qualifié, mobilisant les connaissances et la responsabilité de chacun (e), difficilement réductible à une unité de temps homogène et vide.

      Marx prévoyait déjà que cette tendance à la socialisation et à la complexification du travail, à l’incorporation du savoir intellectuel collectif à la production, ferait de cette mesure « misérable » un facteur d’irrationalité sociale croissante et de souffrance humaine insupportable. Nous en sommes très précisément rendus à ce point critique. Alors que les gains de productivité permettraient de réduire le temps de travail contraint au profit d’un temps libéré consacré à la culture, à la vie civique, à la satisfaction de nouveaux besoins, la loi de la valeur décide toujours aveuglément de l’affectation des ressources, du déplacement des populations, de l’organisation des territoires, de la création et de la distribution de l’emploi. Loin de s’éteindre elle opère pour la première fois dans l’histoire du capitalisme de manière quasi instantanée, à travers les mouvements frénétiques de capitaux et l’arbitrage « en temps réel » des marchés financiers. On en connaît le prix en termes de chômage endémique, d’exclusion massive, de pauvreté, de pathologies sociales, et de violences barbares.

      Continuer de mesurer au temps de travail abstrait “ les gigantesques forces sociales accumulées ” multiplie les injustices et les inégalités, produit un dérèglement généralisé gros de crises encore inconnues. Cette logique marchande à courte vue déprécie le futur. Elle ignore les effets de seuil, d’amplification, et d’irréversibilité qui régissent les équilibres de la biosphère. Alors que les rythmes naturels s’harmonisent sur la longue durée, la raison économique est avide de gains rapides et de profits immédiats. Le Capital vit ainsi au jour le jour, dans la jouissance de l’instant et l’insouciance du lendemain. Seule la bureaucratie parasitaire peut rivaliser avec son égoïsme aveugle. L’écologie critique rend contre les idées reçues du fétichisme marchand un verdict impitoyable : le marché ne satisfait pas les besoins, mais la demande solvable ; la monnaie n’est pas la richesse réelle, mais sa représentation fantastique ; l’utilité collective des biens est irréductible à la somme des utilités individuelles ; les profits du jour ne font pas les emplois du lendemain ; enfin, l’économie marchande ne fonctionne pas en bonne intelligence avec les lois de reproduction de la biosphère, mais au détriment de l’ensemble et de l’avenir.

  7. izarn

    En fait Aliena déclare que Bernanke devrait plutot derverser ses dollars vers les entreprises et le consommateur, plutot que dans les banques…
    Ca ne résoudrait rien sur le fait que l’entreprise capitaliste va continuer a preferer le travailleur chinois ou indien pour faire plus de profit sur une marchandise, dont la valeur d’usage est la meme sur la planéte: Une auto est une auto.
    Le blé est le blé, l’eau est l’eau.
    Si le consommateur n’a plus de source de revenus, s’il ne peut pas vendre son travail, qui reste une marchandise, ou est la solution?
    Aucune, ce systéme tourne en rond, se réenforce de manière négative, chaque fois qu’on globalise les échanges matériels de la civilisation humaine, et qu’on livre le travail humain à une spéculation infame.
    Dans le marché globalisé, emmettre de la monnaie ne sert qu’a enfoncer le systeme dans sa manie du profit uniquement spéculatif.
    Le trop plein de monnaie fondée sur rien, n’aboutira un jour qu’a un Weimar mondial…
    C’est l’oubli de la valeur d’usage, mais aussi de la valeur travail qui est en cause.
    Quand au Japon, il délocalise pour faire du profit au dépends de ses propres travailleurs (Comme en Allemagne), et la crise vient de la…(Fujifilm construit ses appareils en Chine, comme tous les autres)
    Alors les capitalistes japonais peuvent engranger des trillions de yens, mais ils le font au dépends de leur peuple, avec la complicité de leur banque centrale.
    Cette solution n’a aucun sens, car de fait la richesse ne va plus vers la nation, mais l’exploitation des plus pauvres. On appelle ça développement, et c’est une honte. C’est le retour au capitalisme le plus barbare.
    Le probléme n’est plus économique mais humain.

  8. scaringella

    Dans cet extrait:
    La remise en cause du FCS dans l’analyse de la crise actuelle passe par d’autres dialectiques de la valeur que l’opposition du public au privé. Si cette dialectique est stérile à restaurer la solvabilité des États, des banques et de l’économie réelle, il faut peut-être reconsidérer les critères de la réalité intelligible, tangible et comptable or de la négation réciproque des origines publique ou privée de la valeur. Par exemple la distinction entre capital et travail, entre global et particulier, entre transnational et national. Nous sommes actuellement dans une impasse dialectique, dans un abîme de discussion et de pensée. La science économique est incapable de trancher la question des changes fixes/flottants, de la convertibilité/non-convertibilité des monnaies, de l’étalonnage monétaire matière physique/fiat currency. Pendant ce temps, travailler pour payer ces dettes n’est plus une nécessité de la vraie vie. Faut-il refuser la question ?

    Vous voyez tres justement que l’eco n’est pas une science, que la valeur n’a pas son essence dans le social, que la monnaie est un concept tjrs pas deconstruit et donc manipule selon les interets particuliers. Cela est connu depuis 30 ans. Seule la force totalitaire du capital empeche le changement.

    dans l’extrait:
    Si nous analysons l’actuel fiat currency system (FCS) et l’ancien gold exchange standard (GES) sous la polarisation capital-travail, nous découvrons que les deux systèmes sont tous deux instables par la destruction du travail au profit d’un capitalisme sans fondation. Arrivé au bout de l’expérimentation des deux systèmes, le monde goûte au vide monétaire du capital sans travail. Le FCS écrase la rémunération du travail par la recherche frénétique de sécurité financière dans le capital. Le GES écrase la rémunération du travail par la limitation de l’émission monétaire à la matière physique de l’or au lieu de la matière métaphysique infinie du travail. Dans les deux systèmes, la demande finit par s’effondrer face à l’offre.

    Vous montrez clairement que rien n’a change depuis le GES. Si ce n’est que le FCS etant encore plus spoliateur que le GES. L’objectif a etait atteint de spolier l’ensemble de l’humanite en une seule fois et pour mille ans si la dialectique ne change pas.

    L’unitas que vous preconisez ne changera rien sinon fera pire dans la mesure ou il ne permet pas de separer les differentes composantes de la monnaie. L’unitas a son interet pour les echanges de toutes natures entre tous operateurs.
    L’or doit etre la chose physique servant a accumuler des reserves de valeur. Comme une maison, ou tout autre chose perenne dans le temps. Et sera taxe a l’achat selon les memes lois que les maisons (c’est un exemple). Ainsi l’impot est collecte la ou il faut, dans les surplus qui ne veulent/peuvent pas circuler.
    La monnaie nationale doit etre l’unite de compte permettant de parler de la meme chose au niveau d’une nation emettant sa monnaie. Sa mesure en unitas permet les echanges trans-nationaux.

    La conversion en reserve de valeur/or pourrait etre automatisee ce qui permettrait de limiter la quantite de medium d’echange en circulation, de collecter automatiquement l’impot, de limiter automatiquement l’accumulation incontrollee de richesses materielles. Les modalites de cette automatisation sont a definir par des specialistes.

    Imaginez les banques devant acheter de l’or lorsque leurs reserves de tresorerie depassent la limte. Le prix de l’or reel explose, le temps financier se ralentit automatiquement, les profits indus sont taxes automatiquement, les caisses de l’unitas sont pleines (d’impot ou de tresorerie disponible) , les caisses des etats sont pleines. La non-nationalite des paradis fiscaux devient inutile. Voir contre productive (le transport des lingots c’est cher!). Les banques qui achetent des matieres physiques et les stockent (reserve de valeur) le font deja mais ne sont pas taxees (et devraient l’etre) pour l’immobilisation indue du moyen d’echange qui est leur metier. Les assurances n’auraient plus aucun interet a aller sur les marches financiers.

    Rester logocentrer est l’erreur de notre civilisation. Remplacer un systeme de signes par un autre ne fera qu’agraver les choses. Separer les moyens d’echange des moyens de reserves et des moyens de compte est la solution.

    De cet article on voit bien que l’euro n’est pas viable. Le dollar non plus, chaque etat etant une republique et ayant une culture differente doit avoir une monnaie differente. Le yuan c’est encore pire.

    • aliena

      sur quoi vous basez vous pour dire qu’un systeme fiat est plus spoliateur que l’etalon-or?

      C’est bien plutot l’inverse qui est vrai.

      Premierement:
      « Au 18ème siècle, les systèmes monétaires basés sur les commodités sont devenus problématique a cause d’une pénurie d’argent(métal) »

      Le problème de la monnaie base sur une commodité est qu’il est trop contraint et ne permet pas la croissance.
      C’est le problème de l’euro, qui est un système de taux de change fixe ou la masse monétaire est gardée artificiellement basse.

      Si vous avez 100 individu et 100 pièces d’or, quand votre population a atteint 1000 individus et que vous avez toujours 100 pièces d’or, vous ne pouvez plus avoir d’échanges commerciaux et donc de production.
      Vous êtes obligez de réduire le taux de métal des pièces pour augmenter votre masse monétaire ou votre économie ne fonctionne plus.
      C’est vraiment très élémentaire comme problème.

      Nous avons eu plus d’un siècle de monnaie basé sur une commodité et ce système s’est effondré, mais avant de s’effondrer, nous avons eu les pires guerres de notre histoire.
      Parce que l’augmentation de la masse monétaire était basé sur la possibilité de mettre la main sur le stock d’or du voisin via l’export (ou la guerre!)

      Nous n’avons pas besoin de l’export pour augmenter notre masse monétaire, nous sommes dans un système monetaire fiat!
      Et nous sommes a l’ère informatique ou la monnaie est principalement électronique.

      La valeur de votre monnaie est lié a votre PNB, plus vous produisez plus vous êtes riches, plus votre monnaie prend de la valeur.

      Avoir des revenus élevés pour la population, permis par un déficit budgétaire conséquent (l’état dépense plus qu’il ne prélève), vous permet de consommer votre propre production ET la production des pays qui souhaitent exporter chez vous. L’export est un coup, l’import un bénéfice.

      « Many progressives (and others) think that manufacturing is an essential vehicle to improve trade deficits, which they erroneously consider to be problematic.

      It is a reality that currency speculators will usually chase relative margin. But the notion that a current account deficit is something that is a problem is well-rehearsed in the orthodox economics literature and public debate.

      We have been instilled with the notion that exports are ‘good’ and imports are somehow ‘bad’. However, if we take a material perspective (which all economic measures do and this debate is no exception) then exports are a real costs and imports are a real benefit. If we can persuade the rest of the world to send more ships packed with goods to us than we have to send to them then we are relatively (in real terms) better off!

      So to repeat: exports are a cost. They constitute real resources that we send away and cannot consume ourselves.

      The issue about us buying imports is this. If we buy more imports than we sell in exports then in net terms we are using up ‘purchasing power’ and that means that we will not have enough private spending capacity to purchase all of the domestic goods and services which we could produce if we fully employed everyone and everything (capital).

      The solution – the national government has to run budget deficit (net spending) of sufficient magnitude to fill this spending shortfall. The benefits of this are obvious but typically lost on neo-liberal economists: (a) we have full employment – only frictional unemployment of short duration remains; (b) we enjoy the benefits of higher government spending – both households and private producers benefit from better infrastructure, better public services, and such AND/OR we enjoy lower taxes; (c) we enjoy access to the commodities from abroad – that is we can consume BOTH whatever we can produce AND whatever the rest of the world wants to (net) send us. »

      What you consume or what you produce?
      http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=11436

    • Gu Si Fang

      @ aliena

      « Au 18ème siècle, les systèmes monétaires basés sur les commodités sont devenus problématique a cause d’une pénurie d’argent (métal) »

      Ces « pénuries » de métal sont causées par les lois qui tentent de contrôler / fixer le prix des monnaies, selon le mécanisme bien connu de la loi de Gresham.

      Voici un exemple :

      Durant la Révolution, l’Assemblée française instaure le france germinal défini comme un certain poids d’or OU un certain poids d’argent. Le ratio argent / or est ainsi gravé dans la loi à environ 15/1. Cette loi se traduit de deux façon : 1) Les citoyens peuvent amener du métal brut à la Monnaie de Paris et recevoir des francs, et 2) Le franc a cours légal, si bien que les vendeurs et créanciers ne peuvent pas les refuser.

      Ces lois aboutissent à ce qu’un des deux métaux disparaît de la circulation pour être exporté à l’étranger, ou thésaurisé, dès que son prix de marché baisse en-dessous du ratio légal. La loi ne peut pas modifier le prix de marché, c’est-à-dire l’opinion que se font les gens de la valeur respective de l’or et l’argent. En instaurant un contrôle des prix, elle déclenche la disparition d’un métal et cause artificiellement une « pénurie ».

      Voir ces deux articles pour l’explication :
      http://www.columbia.edu/~ram15/grash.html
      http://eh.net/encyclopedia/article/selgin.gresham.law

      Cdt,
      GSF

  9. aliena

    Je précise que toutes les idées que j’exprime ici sont celle de Bill Mitchell, macroeconomiste et chercheur, contributeur de la Modern Monetary Theory, .

    La Modern Money Theory se base sur des recherches précise sur le fonctionnement opérationnelle des banques centrales et du système monétaire fiat et s’inspire de Keynes, Kalecki, Chartalism,
    Abba Lerner’s functional finance, Irving Fisher’s debt-deflation theory of depressions, Hyman Minsky’s work, and Wynne Godley’s stock-flow consistent macroeconomic models (voir billy blog).

    Bill Mitchell is the Research Professor in Economics and Director of the Centre of Full Employment and Equity (CofFEE), at the University of Newcastle, NSW Australia.
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?page_id=2

    Autre contributeur de la Modern Money Theory:

    L. Randall Wray
    http://www.newdeal20.org/author/l-randall-wray/

    Marshall Auerback
    http://www.newdeal20.org/author/marshall-mauer/

    Warren Mosler
    http://moslereconomics.com/

    James K. Galbraith
    http://www.newdeal20.org/author/james-k-galbraith/

    Vous pouvez trouvez leurs travaux aussi sur ces sites:

    http://www.levyinstitute.org/

    http://neweconomicperspectives.blogspot.com/

    • Gu Si Fang

      @ aliena

      Galbraith est très connu, et le Levy Institute aussi (à vrai dire, il devrait être rebaptisé Minsky Institute amha). Randall Wray est un économiste pointu sur la théorie monétaire, et je ne connais pas les deux autres. Wray et le Levy sont d’orientation « post-keynésienne » autrement dit les plus fidèles à la tradition originale de Keynes. Sur le plan méthodologique, ils n’utilisent pas ou très peu les maths, ni l’équilibre général. Ils insistent beaucoup sur le rôle des anticipations.

      Pour eux, le capitalisme est intrinsèquement instable. La raison donnée est connue sous le nom de « Financial Instability Hypothesis » émise par Minsky. L’ouvrage de référence sur le sujet est « Stabilizing an unstable economy » de Minsky :
      http://gigapedia.com/items/338565/stabilizing-an-unstable-economy
      Minsky est également connu pour sa classification des investissements en trois catégories : hedge, speculative, ponzi, selon que les revenus de l’investissement permettent de payer plus que les seuls intérêts, tout juste les intérêts, ou même pas les intérêts, respectivement.

      Leur conclusion est identique à celle des autrichiens, mais le raisonnement est différent car il considèrent comme inamovible l’hypothèse suivante : la monnaie est émise par une banque centrale, ce qui permet d’accorder aux banques une garantie des dépôts et un service de prêteur en dernier ressort. L’arrangement institutionnel étudié par ces économistes est donc uniquement celui-là. Or, dans ce cadre institutionnel, les autrichiens s’accordent avec les post-keynésiens pour dire que la banque est instable. La différence des autrichiens est qu’ils considèrent que cet arrangement institutionnel n’est pas une vache sacrée, qu’il peut changer, et qu’il devrait changer. Les keynésiens et autrichiens sont souvent conscients de la proximité de leurs thèses, quoi qu’on en dise. Voici un exemple :
      http://blog.mises.org/7114/minsky-having-a-moment/

      Je vois l’apport des post-keynésiens sur l’origine du boom. Keynes n’avait pas de théorie du boom qui tienne la route. Il avait défriché le terrain avec le « concours de beauté » et le mimétisme, mais il n’est pas allé très loin dans sa Théorie générale de 36. Sa théorie porte surtout sur le bust : spirale déflationniste et rigidité des prix entraînant un déséquilibre sur le marché du travail. Le principal mérite de Keynes était d’avoir analysé ce qui se passe pendant le bust ; et pour les post-keynésiens, pendant le boom. Cependant, au risque de me répéter, toute la construction repose sur l’hypothèse qu’il y a cours légal, prêteur en dernier ressort, etc. Or jamais je n’ai vu une tentative keynésienne de justification du monopole de la monnaie. C’est cela qui cause les bulles et les crises, et on devrait au minimum se demande : « OK, dans ce cas pourquoi garder ces institutions ? » Mais non, rien…

      Cdt,
      GSF

    • aliena

      @Gu Si Fang

      La Modern Money Theory n’est pas Keynésienne.
      Krugman est post-keynésien par exemple (et juste un autre économiste néo-classique).

      Les théories de Keynes portent principalement sur un système monétaire basé sur l’or ou les commodités.
      Keynes est un économiste classique qui pense que le déficit est réellement de la dette (ce qui est vrai dans un système d’étalon-or mais ne l’est pas dans un système monétaire fiat).

      Le boom and bust est principalement du au fait que la masse monétaire est mise en existence par les banques privées, mais ce n’est que du crédit (monnaie dite horizontale) et non pas l’universel, au lieu d’être véritablement de la monnaie fiat (monnaie verticale et l’universel). Le crédit est temporaire et les possibilités d’endettement du secteur prive sont limitées.

      Les transactions horizontales (banques privées=>secteur prive) ne sont pas une création nette de monnaie, seule les transactions verticales le sont (gouvernement=>secteur prive).
      L’expansion monétaire dans un systeme restraint comme l’or ne peut se faire que par l’export (exedent commercial), ce n’est pas le cas dans un systeme fiat.

      « By definition, privately-issued IOU cannot be universal/public. At some point during the private IOU expansion, a sufficient number of entities will try to realize their claims at roughly the same time. We can speculate whether they do this in a coordinated fashion and/or whether the dynamics of the system (e.g., maturities lining up at the same time) will force them to do so. They believe the value of their claims will be diluted in the future, so they act to liquidate (transform their IOUs toward the universal). Others quickly follow, hence crisis. Gold was the universal in the past, now it is CB-issued liabilities.

      You can call this a capital accumulation crisis, a debt crisis, an over-production crisis, all related. This process has occurred repeatedly during history – with the exception of the “quiet period” after WWII, financial crises were fairly common – every 7 to 10 years, with larger ones every 15 to 25 years. »

      La Modern Money Theory est l’étude, observations et recherches basés sur le système monétaire fiat et la puissance lié a ce système pour la stabilité des prix et le plein emploi.
      (au fait, le Money Multiplier n’existe pas, la banque centrale n’a aucun controle sur l’emission de credit par les banques privees, aucun. Les banques privees sont le probleme, pas la banque centrale.)

      Je dirai que cette theorie s’inspire beaucoup plus d’Abba Lerner (socialisme de marche) et Wine Goodley’s stock-flow consistent macroeconomic models , que de Keynes.

    • Bertrand_M

      @Gu si fang :
      Comment êtes-vous si intéressant à lire en vous trompant d’autant ?
      A quoi servent vos connaissances sur le capital si votre théorie sur la monnaie justifie une théorie philosophique sur la non-violence, tandis que le peuple (inculte par définition) réclame dans les rues l’égalité des droits par définition – en utilisant la violence, parce qu’il est con – ?
      Le libertarien oublie la Res-publica, est-il extrémiste par définition ?

    • aliena

      @Gu Si Fang

      From Mises.org
      « While the Great Austrian Critique of Minsky has yet to be written, the critique will focus on a difference over the nature of economic-financial crises in a capitalistic economy: endogenous (Minsky) or exogenous (Austrians)?
      Are fractional reserve banking and central banking inherent to a market economy, or are they a destructive form of central planning? »

      Towards a Libertarian/Austrian Modern Money Theory By L. Randall Wray
      http://neweconomicperspectives.blogspot.com/2010/07/towards-libertarianaustrian-modern.html

      « First, on one level, MMT is a description of the way a sovereign currency works. Love it or hate it, our sovereign government spends by crediting bank accounts.
      Over the past 20 years, MMT has investigated, analyzed, and documented the sordid operational details.
      We can lecture for hours on the balance sheet manipulations involving the Treasury, the Fed, the primary security dealers, the special depositories, and the regular private banks every time the Treasury buys a notepad from OfficeMax.
      We did the work, so you do not have to do it. And believe me, you do not want to do it.
      You can skip directly to the conclusion: “Yes, government spends by crediting bank accounts, taxes by debiting them, and sells bonds to provide an interest-earning substitute to low-earning reserves. Q.E.D.”  »

      Money multiplier and other myths By Bill Mitchell
      http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=1623

      « The conception of the money multiplier is really as simple as that. But while simple it is also wrong to the core!
      What it implies is that banks first of all take deposits to get funds which they can then on-lend. But prudential regulations require they keep a little in reserve. So we get this credit creation process ballooning out due to the fractional reserve requirements.

      Well that is not at all like the real world. It is a stylised text-book model which isn’t even close to how things actually operate. The way banks actually operate is to seek to attract credit-worthy customers to which they can loan funds to and thereby make profit.
      What constitutes credit-worthiness varies over the business cycle and so lending standards become more lax at boom times as banks chase market share.

      These loans are made independent of their reserve positions. Depending on the way the central bank accounts for commercial bank reserves, the latter will then seek funds to ensure they have the required reserves in the relevant accounting period.

      They can borrow from each other in the interbank market but if the system overall is short of reserves these “horizontal” transactions will not add the required reserves.
      In these cases, the bank will sell bonds back to the central bank or borrow outright through the device called the “discount window”. There is typically a penalty for using this source of funds. »

    • Gu Si Fang

      @ aliena

      Merci pour ces précisions et les articles. Je vais lire ça.

      @ Bertrand

      « A quoi servent vos connaissances [...] tandis que le peuple [...] réclame dans les rues l’égalité des droits par définition – en utilisant la violence [...] »

      C’est une bonne question, et je n’ai pas vraiment de réponse. Je sais que celle consistant à être « pragmatique » ne me satisfait pas (suivez mon regard : http://www.rtl.fr/fiche/2298522/le-pragmatisme-revendique-de-sarkozy-vu-par-alain-duhamel.html ). Je vous accorde que la théorie fait évoluer les idées à un rythme lent et frustrant, mais les théories justes ont une durée de vie très longue, parce que leurs conclusions ne sont pas une affaire de mode et de goût.

      Une autre remarque adressée aux hommes d’action qui rejettent la théorie : comment savez-vous quelles conséquences auront vos actions, si vous n’avez pas une « théorie » de la façon dont fonctionne le monde ? Vous voulez lancer des tas de réformes, parce que vous estimez que leurs conséquences seront bonnes. Mais le lien entre la cause et l’effet est… une théorie ! Autrement dit, lorsqu’on agit par voie de réforme ou même à un niveau plus modeste, on a implicitement une philosophie du monde. La seule question est : est-elle juste ou fausse ? Au Moyen-Âge on pensait obtenir une bonne récolte en brûlant un chat noir, ou quelque chose d’approchant. C’est un exemple de théorie fausse. Dans le domaine normatif, utilisons le mot « principes » plutôt que théorie pour distinguer les deux. Les droits de l’homme, par exemple, sont des principes, auxquels on donne une portée universelle.

      Pour conclure avec humour, voici un extrait d’un pamphlet de Bastiat (au demeurant toujours d’actualité sur la question du libre-échange) :

      Chapitre VII de la Ière série des Sophismes Économiques

      Pétition

      des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l’éclairage

      À MM. les Membres de la Chambre des Députés

      « Messieurs, »

      « Vous êtes dans la bonne voie. Vous repoussez les théories abstraites; l’abondance, le bon marché vous touchent peu. Vous vous préoccupez surtout du sort du producteur. Vous le voulez affranchir de la concurrence extérieure, en un mot, vous voulez réserver le marché national au travail national. »

      « Nous venons vous offrir une admirable occasion d’appliquer votre… comment dirons-nous? votre théorie? non, rien n’est plus trompeur que la théorie; votre doctrine? votre système? votre principe? mais vous n’aimez pas les doctrines, vous avez horreur des systèmes, et, quant aux principes, vous déclarez qu’il n’y en a pas en économie sociale; nous dirons donc votre pratique, votre pratique sans théorie et sans principe. »

  10. Papillon

    Citation de Izarn:
    « Cette solution n’a aucun sens, car de fait la richesse ne va plus vers la nation, mais l’exploitation des plus pauvres. On appelle ça développement, et c’est une honte. C’est le retour au capitalisme le plus barbare.
    Le probléme n’est plus économique mais humain. »

    Vive l’émancipation…

  11. Papillon

    Citation de scaringella :
    « Separer les moyens d’echange des moyens de reserves et des moyens de compte est la solution. »

    Pour que cela soit fiable, il faudrait que tous les pays aient les mêmes lois et les respectent à la lettre. Pouvez-vous rentrer dans les détails svp scaringella ?

    • scaringella

      ben c’est la conclusion la…. le developpement est au-dessus….
      valeur enregistree en or physique
      echanges en unites d’echange, unitas et monnaie nationale avec facteur de conversion
      compte en monnaie nationale emise par la souveraiente nationale

  12. bertrand

    revez chantez fourmis ou cigales pendant ce temps: défaut banques irlande 81 Md€ rapporté à population active = 35000 € par actif , actif financier des français = 35/50000 € suivez mon regard et filez à la banque.

  13. Johannes finckh

    Il me semble que la proposition de Sarton du Jonchay ne règlera pas grand chose quant au problème fondamental que pose la monnaie actuelle.
    On peut rappeler que le FCS s’est imposé parce que le GES était intenable et source de crises systémiques encore plus aberrantes que le FCS.
    Or, le FCS y a mis un peu plus longtemps pour aboutir à une profonde crise systémique à son tour.
    Au lieu de délirer sur des bancors ou des « unitas », il fallait poser la vraie question:
    Pourquoi la monnaie, même FCS et émise pratiquement sans limites, finit-elle par refuser de servir et par asservir la grande majorité à la minorité des supperriches?
    Réponse: La monnaie actuelle (et l’unitas ne semble pas se démarquer de cela selon ce que j’ai compris) devient la valeur refuge ultime préférée des plus fortunés qui refusent de la réinvestir. Pour la bonne raison que ces investissements deviennent, sous forme de prêts notamment, plus risqués que tout non-investissement. Dès lors, le système se bloque, simplement parce que les riches sont devenus trop riches.
    Le problème vient du fait que la monnaie est capital refuge.
    Si on proposait un signe monétaire marqué par le temps (SMT), soit comme monnaie nationale, internationale ou même régionale, le problème serait assez facilement résolu!
    Car il faut enfin faire comprendre, et j’invite les économistes de se pencher là-dessus au lieu de délirer sur Aristote qu’ils connaissent mal et qui date un peu!, que le refus de partager ce que l’on a reçu sous forme de monnaie est bien la fin de l’économie monétaire comme telle!
    On doit pouvoir s’enrichir, oui, cela est une nécessité économique, mais il ne doit plus être possible, comme au monopoly, de pouvoir décréter la fin de la partie quand les richesses sont concentrées sous forme monétaire.
    Si la monnaie n’était plus thésaurisable comme le propose le SMT, le problème de la dette et des crises systémiques, mais aussi le capitalisme tout simplement, auraient vécu.
    Un rééquilibrage redeviendrait possible sans effondrement conjoncturel et sans contrainte à la croissance (impossible actuellement).

    • liervol

      C’est fou comme les idées reçues ou en place sont difficiles à combattre, vous tenez certainement la clef de jours meilleurs pour l’humanité mais combien sont prêts à se battre pour cela ?

  14. regoris

    bonsoir
    je fais partie de gents (travail à 15,16 ans,sans beaucoup d’instruction)et vous remercie de penser à eux……
    l’argent ne disparait pas ou bien c’est ce qu’il nous font croire?
    Rien ne se perd ,rien ne se crée,une des leçons simple apprise à l’école..
    Ce papier qui représente une valeur dictée par certains nous oblige à travailler + etc..
    Pourquoi continuer à faire comme ils aiment??
    cela n’a de sens que pour eux ,NOUS on est les victimes ..
    voila,voilou cher Paul Jorion
    rego

    • Noux

      @ regoris

      [quote]Rien ne se perd ,rien ne se crée,une des leçons simple apprise à l’école..[quote]

      L’argent se crée sur une hypothèse de création future de monnaie. Autrement dit, les banques ne disposent pas des réserves de monnaie quelles prêtent. Elles le créent (si c’était que cela, il n’y aurait pas vraiment de problèmes, si ce n’est celui des réserves naturelles et/ou des pollutions) et récupèrent un taux d’intérêt lié au risque, qui est en réalité supporté par le « débiteur ».

      Si l’on dispose de ressources naturelles en masse, d’un plein emploi, et de place pour développer, on est capable de rembourser un gros taux d’intérêt(concernant un projet constructif/inventif et non financier), alors qu’il n’y a pas de risque. le taux d’intérêt élevé n’est pas justifié.

      Si au contraire les ressources naturelles sont en berne, ainsi que l’emploi, il est risqué d’emprunter, car par définition, on emprunte pour réaliser un projet « rentable », le taux d’intérêt monte en fonction du risque.

      Aujourd’hui, risques élevés, taux d’intérêt à ras les pâquerettes, premier paradoxe.
      Le risque ne vient plus des ressources ni de l’emploi, mais reflète le doute des acteurs quant à la pérennité du système lui même.
      La crainte est tellement grande, que pour financer des projets, il faudrait presque que les intérêts soient payés par les banques. Comme s’ils criaient:  » Tenez, prenez et mangez en tous, vous allez voir, tout va repartir, faites-nous confiance votre argent est entre de bonnes mains. »

      Cette dernière remarque n’est qu’illusion, car le capitalisme ne permet pas les projets à pertes, même si leurs causes sont salvatrices, il préfèrera mourir au coté de la rentabilité.

  15. Lisztfr

    Quelle est la différence entre la monnaie internationale et le dollar, qui est ou a été cette unité de référence, cet étalon monétaire ?

    D’autre part grâce à Dieu, je ne me perds jamais dans un abîme de pensée économico-monétariste car j’ai toujours à l’esprit ce qui fait la valeur, c’est à dire la rareté.

    Et la convertibilité du Dollar en Or avait pour seule différence avec l’état actuel le fait que le dollar était stabilisé, lié à la valeur de l’or (on pouvait donc en éditer sans crainte qu’il ne perde sa valeur). C’est le seul intérêt de cette question sans grand intérêt, car la situation est au delà de toute action de sauvetage monétariste qui serait elle aussi à moins de faire dans le surnaturel, soumise aux lois d’offre et de demande.

    Citation :

    Le FCS pose l’existence de la paix internationale et veut régler la collaboration entre intérêt public et intérêt privé dans chaque sphère politique nationale.

    =========

    Alors pourquoi privatisons-nous tout ce qui est possible et au delà ? La collaboration n’est en fait que la concurrence d’intérêts divergent et de l’idéologie libérale. Il n’y a pas de collaboration public privé (sauf institués).

    Je vais le dire franchement, vous êtes illisible.

    Citation :

    .. d’échapper au moins partiellement à la dépense nominalement publique qu’ils ne contrôlent pas.

    ===========

    Qu’entendez vous par échapper à une dépense ? je vois bien comment j’échappe à un coup de fusil. échapper à une dépense publique est d’un style trop elliptique.

    Comment ce fait-il que le FCS permettent aux gens d’échapper à la dépense publique, par quel miracle ? Et pourquoi dans le système précédent était-il impossible d’y échapper ?

    Citation :

    Le Droit réel concret n’est pas une question d’existence ni une question internationale.

    =========

    Eh bien si, votre style commence à me poser des problèmes existentiels…

    Le « droit réel » doit sans doute être opposé au « droit irréel » ? Le droit dit réel n’existe que sous votre plume, autrement on parle de droit positif, romain, etc. Le droit est une convention qui a la réalité partagée de toute convention. Il ne peut être plus concrèt que cela.

    Le droit réel donc ne peut ni être une question d’existence (eh bien..seigneur tout puissant) ni une question internationale. Donc exit le droit international ? Beaucoup d’étudiants vous remercieront de leur avoir évité une filière qui vient de soudainement de disparaitre

    Citation :

    il faut peut-être reconsidérer les critères de la réalité intelligible, tangible et comptable or de la négation réciproque des origines publique ou privée de la valeur.

    ========

    Sans doute faut-il lire « hors », dans un texte qui traite d’or cela prête à confusion.

    L’origine de la valeur est peine perdue, cette origine n’est pas la question. Elle nait de la demande. Si vous lui décrétez une origine publique ce n’est plus une valeur mais un communisme d’Etat.

    Je crois que je n’ai pas l’algorithme de décodage pour lire votre texte. Je souhaiterais davantage d’attention porté au lecteur même si je conçois que les joies de l’écrivain peuvent l’emporter bien loin dans des Champs Elyséens que lui seul foule d’un pied léger. La pensée n’a pas besoin de laisser voir chaque appui qu’elle prend, tout de même.

    • Quelle est la différence entre la monnaie internationale et le dollar : le dollar est émis par la Fed ; la monnaie internationale est émise par une institution transnationale.

      le dollar était stabilisé, lié à la valeur de l’or : la stabilité du dollar en or était avantageuse pour ceux qui avaient de l’or et ceux qui lui accordaient une valeur d’usage. Pour tous les autres qui n’avaient pas d’or ou n’en avaient pas l’utilité, la stabilité de la monnaie en or est un non-sens. La monnaie est en effet instable par rapport à tous les autres biens que l’or. La stabilité monétaire ne peut se définir que par rapport à tous les biens qu’elle permet d’acquérir.

      Le FCS pose l’existence de la paix internationale et veut régler la collaboration entre intérêt public et intérêt privé dans chaque sphère politique nationale : la paix permet la libre circulation privée des capitaux. La domiciliation d’avoirs financiers peut se faire sur des seuls critères d’optimisation fiscale. Le FCS qui ne nécessite pas la circulation internationale de l’or entre banques centrales prive les gouvernements d’un moyen concret de contrôle de la circulation des capitaux. Il devient possible de vivre légalement dans un pays sans y domicilier son capital et ses revenus ni donc payer les impôts qui financent les services publics dont on bénéficie.

      Comment ce fait-il que le FCS permettent aux gens d’échapper à la dépense publique, par quel miracle ? Et pourquoi dans le système précédent était-il impossible d’y échapper ? Le FCS admet la dématérialisation totale de la monnaie. Le traçage des flux financiers incombe uniquement aux banques indépendamment de tout contrôle public. Les banques créent des paradis fiscaux dans des pays où les services publics sont minimaux et ne nécessitent pas de fiscalité. Les capitaux circulent à l’intérieur même des réseaux bancaires entre les pays où ils sont produits et les paradis fiscaux. Les flux dématérialisés à l’intérieur d’un même réseau les rend totalement invisibles et donc de fait non taxables. Dans le GES, la circulation des capitaux pouvait nécessiter des flux d’or entre banques centrales. Les pouvoirs publics avaient des moyens et des motifs pour tracer les échanges et faire appliquer la fiscalité. Cela n’a jamais empêché l’évasion fiscale.

      Le droit réel est le droit non seulement positif mais effectivement réalisé. Il est des droits positifs qui ne trouvent jamais de réalisation et des droits légitimes dont la positivité n’est déclarée nulle part (c’est le cas effectivement dans l’espace juridique international).

      Mea culpa pour « or » à la place de « hors ».

      L’origine de la valeur est peine perdue, cette origine n’est pas la question : je ne partage pas ce point de vue. Si les échanges internationaux ne produisent pas de valeur, ou si cette valeur ne peut pas être comptée, je ne vois pas le motif de l’échange international. S’il l’échange international a bien un motif, il constitue l’origine commune de la valeur entre ceux qui échangent. D’ailleurs l’origine de la valeur de l’échange est l’échange lui-même entre des sujets qui s’accordent de la valeur personnelle. Et deux personnes qui se reconnaissent réciproquement une valeur communient publiquement à l’existence de cette valeur qui enrichie la société entière, fut-elle multinationale.

      Je ne désespère pas de vous montrer que je ne cherche pas à vous être incompréhensible. :)

    • vigneron

      @PSJ

      « Je ne désespère pas de vous montrer que je ne cherche pas à vous être incompréhensible. »

      Alors dites plutôt :

      Je ne désespère pas de vous montrer que je cherche à vous être compréhensible.

      Ou mieux encore :

      Je désespère de ne pas vous montrer que je cherche à vous être compréhensible.

      C’est plus compréhensible, et plus compréhensif. :)

    • Gu Si Fang

      @ PSDJ

      « La stabilité monétaire ne peut se définir que par rapport à tous les biens qu’elle permet d’acquérir. »

      Selon cette vision, la monnaie doit avoir un prix stable reflété par un panier de biens « moyen ». C’est le ciblage d’inflation, qui a certes limité la hausse des prix, mais qui a néanmoins été un échec colossal dans les années 1920 puis dans les années 1990-2000.

      Mais, dira-t-on, c’est parce qu’on n’avait pas intégré les bons prix dans l’indice ! Il fallait tenir compte de l’immobilier, voire de la bourse, etc. Dans les années 1980 (à vérifier) les US ont exclu de l’indice le pétrole, et quelques autres biens jugés trop volatiles. Ceci a diminué de manière significative l’indice officiel d’inflation. L’objectif était de minimiser l’indice afin de limiter la revalorisation de certaines pensions, qui pesaient lourd sur les comptes publics.

      On voit qu’il y a un souci politique. Economiquement, on pourrait peut-être, en théorie, choisir un indice moins mauvais que les autres et s’y tenir. Mais dès lors que l’indice a une incidence sur la redistribution des richesses (via l’inflation), un tel fonctionnement est illusoire. L’indice devient un enjeu de lobbying. Celui qui contrôle l’indice a le pouvoir d’avantager ou de désavantager des catégories entières de la population.

      L’institution gérant le bancor serait-elle « rule-based » c’est-à-dire contrainte par des règles constitutionnelles ? ou aurait-elle un pouvoir discrétionnaire ? quels seraient les gardes-fous ?

      Cdt,
      GSF

    • liervol

      Justement GSF, vous faites bien d’en parler.

      En matière d’inflation et d’actif, si on s’en tient à l’immobilier par exemple, il y a une grande différence entre la population ayant acheté avant l’euro et celle voulant acheter 8 ans plus tard, entre temps, les prix ont été multipliés et même si les taux n’ont jamais été aussi bas, payer un bien sur 10 ou 15 ans n’est pas du tout la même chose que de s’endetter entre 25 et 35 ans comme aujourd’hui les banques le proposent. La résidence principale n’est pas un actif au sens où il faut bien se loger quelque part et donc le prix de cette dernière devrait entrer dans le calcul de l’inflation sur le coût de la vie.

    • Gu Si Fang

      @ liervol

      Oui, mais le point que je veux souligner c’est qu’au fonds il n’y a pas d’indice d’inflation satisfaisant. Un indice est toujours basé sur un panier de consommation moyenne. En matière de logement, mettons qu’on ait 50% de propriétaires et 50% de locataires : vous connaissez un « consommateur moyen » qui est à 50% propriétaire et à 50% locataire ?

      La question posée est « Qu’est-ce qu’un système monétaire ? » avec en filigrane « Qu’est-ce qu’un BON système monétaire ? » Eh bien, je pense que l’on ne juge pas ici la qualité d’un état, d’une situation, d’un système dans son ensemble. C’est sur les actions individuelles qu’il faut mettre le qualificatif « bon » ou « mauvais ». Par exemple, le cours légal est mauvais car il s’apparente à du faux-monnayage, à du vol, si l’on veut. C’est ainsi qu’il faut regarder la monnaie, par le petit bout de la lorgnette. Les indices d’inflation ne sont pas très importants de ce points de vue.

  16. liervol

    Pour Pierre Sarton du Jonchay et Aliena :

    J’ai une question toute simple :

    On parle dans les stress test des montants obligataires provenant des états détenus par les banques en deux sous ensemble : 1/ en actif 2/ en négociable auprès de la clientèle.

    Ce qui m’intéresse de comprendre c’est la partie 1.

    Je crois avoir compris que la partie 1 est achetée à crédit par les banques via des crédits qu’elles se font de l’une à l’autre.

    Ensuite ces actifs peuvent être mis en dépôt auprès de la banque centrale pour : (je ne trouve pas les mots exacts) pour augmenter les réserves, pour avoir de la liquidité, pour permettre plus de création de crédit par la suite…

    Je m’excuse, ce n’est pas très clair, c’est en cela que je vous demande votre aide pour comprendre.

    Parce que il me semble apercevoir dans ces déficits des états deux sources de création monétaire:
    une la vente des obligations par les états
    deux l’utilisation de ces mêmes obligations comme des actifs par les banques commerciales ?

    Merci de bien vouloir m’éclairer.

  17. liervol

    Y a t il quelqu’un pour répondre ?

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