L’ENTREPRISE COMME MODÈLE DE SOCIÉTÉ, par François Leclerc

Billet invité.

La mauvaise réputation des banques n’est plus à faire. Partie immergée d’un système financier aux acteurs et aux mécanismes méconnus, elles ont été chargées de tous les péchés et vouées à toutes les vindictes, détournant l’attention d’un vaste monde dont le caractère profondément systémique a été découvert, laissant les régulateurs désarmés. En découle la certitude qu’une prochaine crise va immanquablement survenir, associée à l’incapacité de prédire quand et comment.

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Suite à « La question taboue du partage du pouvoir au sein de l’entreprise », par Jacques Boutbien

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

A vrai dire je ne pensais pas que mon billet susciterait autant de réactions. Je n’y suis pas très habitué. J’ai demandé à Paul Jorion de pouvoir y répondre car j’ai senti au-delà d’un intérêt pour le thème un certain scepticisme chez pas mal de commentateurs. Je connais assez bien les arguments qui sont avancés : « la participation c’est la collaboration de classes » et « dans tout ça qu’est-ce que vous faites du capitalisme et de la concurrence forcenée qui ont envahi la planète ? »

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La question taboue du partage du pouvoir au sein de l’entreprise, par Jacques Boutbien

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Il est désormais admis que le caractère démocratique d’un pays ne se mesure plus aujourd’hui au nombre de consultations électorales mais à l’extension des principes démocratiques à d’autres sphères que celle de la politique, à l’entreprise, à l’administration et plus généralement à l’ensemble de la société civile.

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Intérêt individuel / intérêt collectif dans la gestion des stocks, par Salvator Dedaj

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

J’ai travaillé plusieurs années en tant qu’intérimaire (eh oui, on contourne régulièrement les lois sur l’intérim) au service approvisionnements d’une usine de moteurs.

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Alstom : des licenciements à l’insu du plein gré de l’État, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La direction d’Alstom annonce le licenciement de 400 personnes sur son site de Belfort !? La réaction de Michel Sapin ne s’est pas fait attendre ! Le PDG d’Alstom a été convoqué à Bercy et sommé d’engager promptement « une phase de discussion et de négociation avec l’État, les partenaires sociaux, les élus locaux et l’ensemble des parties prenantes avant toute décision définitive sur une éventuelle fermeture de l’usine ». Il ne sera pas dit que le gouvernement laissera passer une telle forfaiture, surtout à quelques mois des présidentielles ! Continuer la lecture de Alstom : des licenciements à l’insu du plein gré de l’État, par Roberto Boulant

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Filière électronucléaire : une catastrophe annoncée ?, par Roberto Boulant

Billet invité

L’impressionnante série d’accidents et d’incidents plus ou moins graves, n’incite pas à l’optimisme sur le devenir du parc nucléaire français. Mais comment arrêter, ou du moins freiner suffisamment, ce véritable processus de déliquescence qui a lieu sous nos yeux ? Force est de constater que nos institutions représentent un très lourd handicap et qu’avec un Président de la République aux pouvoirs exorbitants et tout entier gagné à la cause du lobby nucléaire, la trajectoire actuelle va être très difficile à infléchir malgré la multiplication des signaux d’alertes.

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Good Year ou Good Kill ?, par Roberto Boulant

Billet invité.

Or donc, la main de la justice vient de s’abattre sur les gueux ayant osé contester la mise à mort sociale prononcée par leur suzerain, la bonne, très vertueuse et très charitable, société anonyme Goodyear.

24 mois de prison, dont 9 ferme !

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Que se passe-t-il sur le marché américain du crédit aux entreprises ?, par Fabien Foureault

Billet invité

Le jeudi 10 Décembre 2015, le fonds mutuel Third Avenue Management a décidé de bloquer les retraits d’argent d’un de ses véhicules pour le liquider progressivement. Ce véhicule (appelé Focused Credit Fund), créé au pic de la grande récession en 2009, investit notamment dans des entreprises en difficulté, espérant profiter de leurs restructurations financières. Cet évènement a été suivi le lendemain par des ventes massives de parts de fonds (Exchange Traded Funds ou ETF) qui exposent les investisseurs et les épargnants à des instruments de crédit venant financer ces entreprises endettées (notées dans la catégorie « spéculatives » par les agences de notation), les obligations à haut rendement (high-yield bonds). Même si deux autres fonds se sont par la suite retrouvés dans une situation similaire à celle de Third Avenue, le marché s’est stabilisé pendant la trêve hivernale. Continuer la lecture de Que se passe-t-il sur le marché américain du crédit aux entreprises ?, par Fabien Foureault

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Attentats de Paris : Le moment est peut-être venu de poser une question qui fâche, par Anton Klimm

Billet invité.

Les individus ayant commis les attentats de Paris ont globalement le même âge que les personnes qu’ils ont visées et assassinées : tous appartiennent en effet essentiellement à la tranche des trentenaires. N’est-il pas légitime de se demander pourquoi certains se retrouvent du « bon » côté et d’autres, du « mauvais » ? Leur histoire personnelle est-elle sans lien aucun avec la tragédie qui a eu lieu ?

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 9 OCTOBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 9 octobre 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 octobre 2015. Et hier, dans la journée, j’ai eu l’occasion de repenser à Monsieur Jérôme Kerviel. Pourquoi ? Eh bien, je lisais l’audition du patron de Volkswagen aux Etats-Unis. Pas celui qui a démissionné ni celui qui l’a remplacé, mais celui qui est patron de la compagnie automobile aux Etats-Unis.

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Air France : une révolte, sire ?, par Michel Leis

Billet invité

Les violences lors du comité central d’entreprise d’Air France suscitent la réprobation générale, de la classe politique à la plupart des quotidiens ou des journaux radiophoniques ou télévisés. Peu de gens perçoivent le ressentiment accumulé par des employés confrontés à des plans de licenciement successifs. Il leur est demandé de faire beaucoup d’efforts et ils ne voient toujours pas la fin du cauchemar (les gains de productivité ces dernières années chez Air France ont été de l’ordre de 18 %). Il est manifeste que le recours à la violence est le symptôme d’un mal plus profond.

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L’affaire Volkswagen et le modèle allemand, par Michel Leis

Billet invité.

Dans le discours qui nous est tenu quotidiennement, la puissance économique est à la fois la garantie du bien-être matériel des citoyens et de la capacité du pays à imposer ses choix sur la scène internationale. L’Allemagne serait le parfait modèle, entre son taux de chômage très bas et sa capacité à faire entendre son point de vue dans l’Union européenne. Cette réussite se résumerait tout entière en un mot : « compétitivité ».

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Pollution VW, Libor, qui veut jouer au poker planétaire ?, par Timiota

Billet invité.

L’enfermement des logiques du monde-tel-qu’il-va dans la magie de l’indicateur chiffré nous fait voir d’inattendus raccourcis.

Trucage du LIBOR : bah, presque rien, ce n’est pas 0,02% de taux en plus ou en moins qui change vraiment la vie des gens, non ?

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TOUT FAUX OU PAS LOIN ! par François Leclerc

Billet invité.

Parmi tous les commentaires suscités par la chute des Bourses du monde entier de lundi dernier – qui se poursuit ce matin en Chine, en dépit de nouvelles mesures des autorités du pays – la palme revient à Vitor Constancio, le vice-président de la BCE. Afin de minorer comme d’autres l’importance des évènements, celui-ci a expliqué que la Bourse chinoise n’était pas connectée à l’économie réelle, cette notion de plus en plus utilisée sur laquelle on aimerait bien avoir quelques éclaircissements.

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Réflexion sur la taxation des dividendes et plus-values, par Édouard

Billet invité.

Bonjour M. Jorion,

Je suis très souvent en accord avec votre point de vue, et j’utilise souvent vos éclairages pour comprendre des situations qui m’échappent (via votre blog et vos ouvrages). Donc merci !

Cependant, en tant que jeune dirigeant de start-up (que j’ai fondée moi même il y a un peu plus d’un an), je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur le « capitalisme de connivence » qui aurait poussé le gouvernement à reculer sur la mesure de l’augmentation de la taxation des dividendes.

Beaucoup (trop, bien entendu) profitent de ce système pour camoufler une rémunération, et il faut l’éviter à tout prix. Or, l’amalgame est dangereux. De mon côté, j’ai choisi de quitter un emploi qui était très bien payé (50k€/an à 25 ans, j’étais quand même bien loti) pour « monter une boîte » comme on dit, en espérant trouver un sens à ma vie, au moins professionnellement.

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La symbiose société/économie, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Il est opportun de considérer les rapports société/économie sous un angle biologique, comme une symbiose obligatoire : elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre, mais si l’une d’entre elles essaie de trop augmenter les bénéfices qu’elle en retire, elle devient parasitique pour l’autre et peut menacer sa survie et partant le sienne propre, en la replaçant dans le cadre du projet de constitution économique de Paul Jorion.

L’évolution « impériale » du monde des affaires et de la finance est telle que les sociétés humaines ne peuvent plus supporter qu’elles soient socialement irresponsables, s’arrogeant de plus en plus de droits grâce au chantage que leur permet leur mobilité géographique, et sans aucun devoir : il leur suffit pour y échapper en toute légalité de déclarer faillite en la préparant soigneusement pour se donner le temps de siphonner les actifs utiles vers des cieux plus accueillants, et le tour est joué. C’est socialement intolérable et explosif.

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RÉFLEXIONS TROP CONFUSES D’UN CHEF D’ENTREPRISE U.S., par PlastoMan

Billet invité.

Entre 2 langues et trois pays, et un esprit « weird » as they say, je me pose quand même beaucoup de questions sur la logique de l’argent. Mes idées sont de loin trop confuses pour être partagées et mon français bien trop mauvais [P.J. : j’ai corrigé le pire !]. Pour moi ça doit péter ou « faire une bonne guerre » comme on dit, pour devoir reconstruire Russie vs Europe pour l’Ukraine et ses gazoducs, Iran-USA vs Irak-Yémen pour détruire le Quincy agreement et dégager les Wahhabites, Chine vs Japon-Vietnam for the oil.

Si on accepte qu’un entrepreneur essaie de fabriquer un produit le moins cher possible et le vendre le plus cher possible, cet homme sera confronté à la logique de la concurrence et donc devra faire preuve d’ingéniosité pour diminuer ses prix de fabrication ou augmenter ses prix de vente.

Le prix de la nourriture a baissé au cours des siècles, et le coût des voitures, des computers et même des maisons suivent la même trajectoire. D’un point de vue économique, on appellera cela de la déflation.

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« L’affaire » DES TER, par Michel Leis

Billet invité

L’ampleur prise par la polémique sur les rames des TER (transports express régionaux) dans la semaine qui vient de s’écouler nous interpelle, non pas sur les faits eux-mêmes, mais sur la couverture de cet élément qui illustre certaines tendances de fond de notre société.

De quoi parle-t-on : d’une erreur dont l’impact, pas encore précisément chiffré, peut aller de 50 millions d’Euros à 100 millions, voire un peu plus suivant les estimations. Ramené à l’investissement initial, on est dans un ordre de grandeur de moins de 1 %. Une « dérive » de cet ordre est loin d’être inhabituelle dans un programme qui engage des sommes importantes sur des durées assez longues. J’aimerais par exemple être certain qu’il n’y a pas eu de dérives plus importantes lors de la construction de ces rames : changement de caractéristiques, omission plus ou moins volontaire de spécifications par le fabricant et toutes autres turpitudes tout aussi fréquentes dans ce genre d’achat sur appel d’offres qui permettent au fabricant d’allonger la facture. Si de telles dérives ont eu lieu, elles n’ont pas été portées à notre connaissance.

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L’économie pour les neuneus : Chapitre 2 : La compétitivité, par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion

Les nouveaux marchés

On rabâche aujourd’hui qu’il faut être plus compétitif. Pour cela, il faut offrir de meilleurs produits et de meilleurs services pour moins cher afin de pouvoir les exporter. Or pour la plupart des entreprises, leur marché est de fait national et leur périmètre est constant, de même que leurs moyens : il n’existe pas de « nouveau marché » et la dépense possible pour les clients est elle aussi constante : la part des moyens dont disposent les ménages pour tel ou tel besoin demeure constante. Ce qui fait qu’une entreprise plus compétitive ne fait qu’en remplacer une autre qui l’est devenue moins et on ne crée à l’arrivée aucun emploi, on en détruit au contraire puisqu’on aura remplacé tant de personnes par moins de personnes, pour effectuer la même opération de manière optimisée.

Le souhait serait bien sûr que ces entreprises (après avoir supprimé beaucoup d’emplois au niveau national) finissent par en créer dans un élan irrépressible d’exportation. C’est nier l’évidence que même une entreprise nationale qui exporte à l’étranger fait travailler aussi des personnes dans ces autres pays, il s’agit même d’une contrepartie exigée par ceux-ci dans pratiquement tous les cas. Donc non seulement on utilise moins de main-d’oeuvre dans le pays de départ mais aussi dans les pays clients où là aussi on remplace pour le même marché un nombre X de personnes par un autre nombre Y moins élevé.

La notion de « nouveau marché » n’existe que par rapport à une entreprise donnée, mais en fait son « nouveau marché » est le plus souvent celui qui était auparavant celui de sa voisine ou, si ce n’est pas le cas, comme pour un nouveau produit technologique, elle ira raboter les moyens dont disposent les clients potentiels sur les autres marchés, puisque ceux-ci n’ont pas accès globalement à davantage de moyens.

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