Mark O’Connell, To Be a Machine (IV) Les transhumanistes maîtrisent-ils les questions qu’ils soulèvent ?

Ouvert aux commentaires.

Certaines problématiques du transhumanisme apparaissent au profane comme des tempêtes dans un verre d’eau fondées sur un malentendu grossier, ou comme les conséquences en cascade d’un mauvais jeu de mots, ou encore comme des transpositions idiotes d’un domaine dans un autre n’ayant de sens apparemment que pour les spécialistes d’une sous-discipline très particulière en raison du folklore, des préjugés, qui lui sont propres.

Continuer la lecture de Mark O’Connell, To Be a Machine (IV) Les transhumanistes maîtrisent-ils les questions qu’ils soulèvent ?

Partager

Séminaire du Cermes3, « Crises », le 14 décembre 2016, de 10h à 13h

Séminaire du Cermes3 : Crises

14 décembre de 10h à 13h
Lieu : salle des thèses, 5ème étage, bâtiment Jacob, 45 rue des Saints Pères, 75006 Paris

Intervenants
  • Michaël Neuman, coordinateur et directeur d’études du Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires – Médecins sans frontières (CRASH – MSF), Crise et politique
  • Paul Jorion, professeur associé, Université Catholique de Lille, Crise et économie
  • Yohann Aucante, maître de conférences, Centre Raymond Aron, Ecole des Hautes études en Sciences Sociales (CESPRA – EHESS/CNRS), Crise et transformations des systèmes de protections sociales

Animation de la séance : Soraya Boudia (Cermes3) et Maurice Cassier (Cermes3)
Continuer la lecture de Séminaire du Cermes3, « Crises », le 14 décembre 2016, de 10h à 13h

Partager

Comme un grand cerf-volant (Gouverner la Chine), par DD & DH

Billet invité.

Nous paraissons sans doute parfois d’une outrecuidance folle en prétendant pouvoir nous approprier les notions de base de la pensée chinoise. C’en serait en effet une si nous en déduisions qu’il nous est facile de « comprendre » le fonctionnement qui en découle. Or, bien sûr, nous avons toutes les peines du monde, sur notre façade atlantique du continent, à nous faire une idée de la manière dont « ça marche » côté Pacifique ! Notre manie de tout ranger dans des catégories intellectuelles et de tout étiqueter avec des —ismes est de nature à nous envoyer tête première dans une voie sans issue. Continuer la lecture de Comme un grand cerf-volant (Gouverner la Chine), par DD & DH

Partager

Intelligence artificielle, une douce installation, par Marc Dujardin

Billet invité.

En médecine, une partie de la réussite tient au fait d’avoir été bien orienté dans le système des soins de santé. Si votre état nécessite une prise en charge rapide par une structure technique spécialisée, vous avez intérêt à y être adressé dans les meilleurs délais. C’est le cas par exemple des infarctus cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, des perforations digestives, etc.

Continuer la lecture de Intelligence artificielle, une douce installation, par Marc Dujardin

Partager

Le prix des médicaments, par Michel Leis

Billet invité.

Ce vendredi 25 mars 2016, Arte a programmé une fiction inspirée par l’affaire de la thalidomide. Le brevet de ce médicament fut déposé en avril 1954 pour une durée de 20 ans par la firme Chemie Grünenthal. Commercialisé d’abord contre la grippe, il fut ensuite commercialisé sous l’appellation Contergan en Allemagne, Softenon en Belgique et dans d’autres pays du monde comme le Canada, la Grande-Bretagne sous divers noms. L’indication est celle d’un sédatif et d’un antinauséeux, administré principalement aux femmes enceintes. La documentation produite à l’époque par le laboratoire minimise les effets secondaires. La France et les États-Unis, plus exigeants sur les tests cliniques ne délivreront pas d’autorisation de mise sur le marché. Bien leur en prend, les effets secondaires se sont révélés dramatiques, des malformations congénitales se multiplient : plus de 12 000 cas dans le monde. En Belgique, un couple désespéré par la naissance d’un enfant sans bras donne la mort à son enfant, ce qui donnera lieu à un retentissant procès en novembre 1962 à Liège (les parents furent acquittés).

Continuer la lecture de Le prix des médicaments, par Michel Leis

Partager

Parler à une femme pour aller bien, par Marie-Paule Nougaret

Billet invité.

Réponse à Timiota, Games of ThOrMones, ou la réciprocité depuis Shakespeare. En hommage à Chantal Bismuth.

Rappelons que l’ocytocine est surtout le pendant de l’adrénaline, dont les effets, en situation tendue (stress) varient suivant la dose circulante, de calmants à excitants avec polarisation vers l’action, changement de rythme cardiaque, préparation des muscles mais d’abord tranquillité, avant le combat ou la fuite : fight or flight.

Jusqu’aux années 90, on croyait l’ocytocine réservée au moment de l’accouchement. Cette hormone élève le seuil de la douleur (on a moins mal) et de la peur (on a confiance).

On a d’abord découvert que des opiacés interne (endorphines) atténuaient aussi la douleur. Leur sécrétion augmente dans le cerveau tout au long de la grossesse. Leur absence après la séparation, post partum, peut causer une dépression, surtout en cas d’impossibilité d’allaiter (ce qui ferait remonter le taux) ou de manque affectif.

Continuer la lecture de Parler à une femme pour aller bien, par Marie-Paule Nougaret

Partager

Ebola, une épidémie qui ne doit rien au hasard, par Marius Gilbert

Billet invité. Cet article paraît également sur le blog de la Revue Nouvelle, une version imprimée paraîtra dans le numéro de novembre de la revue.

Les maladies émergentes comme la grippe aviaire, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), le MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) et aujourd’hui Ebola ont toutes un point commun. Les agents de ces maladies sont des virus dont le réservoir est d’origine animale, mais les causes de ces épidémies sont humaines, conséquences de choix économiques, de développement et de gouvernance.

À l’heure où l’on reconstitue, chez nous, des organes avec des imprimantes 3D, dans un autre monde social, économique et géographique, on a laissé s’étendre une épidémie que l’on aurait pu arrêter avec des moyens du début du siècle passé : hygiène, isolement des malades et beaucoup, beaucoup de chlore. Comme le disait Brice de le Vingne, responsable logistique de Médecins sans frontières (MSF), à la commission Santé de la chambre du Parlement belge consacrée à Ebola : « Monter un centre d’isolement pour patients d’Ebola, cela n’a rien de compliqué ! »

Continuer la lecture de Ebola, une épidémie qui ne doit rien au hasard, par Marius Gilbert

Partager

KEYNES EN DES BONNES MAINS

J’écrivais dans NAUFRAGE DE KEYNES À LA FIN DE SA VIE que

… les antibiotiques auraient été d’un grand secours mais n’étaient disponibles que depuis peu et l’affection cardiaque dont souffrait Keynes n’était pas encore attribuée à une infection par les streptocoques.

J’ai découvert depuis que Keynes avait été diagnostiqué au moment de sa première crise cardiaque en 1937 comme souffrant d’une « endocardite causée par le streptococcus viridans » (Skidelsky 2000 : 6). Par ailleurs, l’un d’entre vous, que je remercie, me renvoie à une documentation suggérant que le Dr. Janos Plesch, le cardiologue de Keynes, fut l’un des tout premiers à prescrire à ses patients du Prontosil, le premier sulfamide connu, qui constituait un antibactérien puissant, efficace précisément contre les streptocoques.

Le Prontosil était utilisé dans les années 1930 comme colorant industriel. À partir de 1932, un médecin, Gerhard Domagk, s’est mis à tester les éventuelles vertus antibactériennes de la substance, vertus qu’il put confirmer en expérimentant sur des souris. Ariel Fenster rapporte la (trop belle ?) histoire de Domagk obtenant la confirmation de l’action fulgurante du Prontosil sur les streptocoques en pouvant sauver la vie de sa fille à l’aide de ce qui se révéla à cette occasion être un « médicament miracle ».

Il semblerait donc que John Maynard Keynes, atteint d’une affection cardiaque qui avait été diagnostiquée comme étant causée par les streptocoques, ait eu en fait la chance, après sa première crise cardiaque dramatique de juin 1937, d’être soigné par l’un des seuls médecins capables à l’époque de lui prolonger la vie de près de neuf ans.

================================================

Bernstein, Jeremy, « Janos Plesch. Brief life of an unconventional doctor: 1878-1957 », Harvard Magazine, janvier-février 2004

Fenster, Ariel, « Prontosil – la petite histoire du premier ‘médicament miracle’ », Les Manchettes scientifiques d’Ariel Fenster, 4 mai 2012

Skidelsky, Robert, John Maynard Keynes. Fighting for Britain 1937-1946, London : Macmillan, 2000

Partager