VOIR OU NE PAS VOIR ? UNE QUESTION DE CAGE DE VERRE ET DE CONNECTIQUE, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité. À propos de DIX ÊTRES HUMAINS RÉSOLUS POUR SAUVER UNE ESPÈCE EN DANGER !

Je tentais de faire en quelques lignes une proposition de coopération afin de « Sauver une espèce en danger » quand est parue l’entrevue titrée : « Notre classe politique est déconnectée de la réalité ». Puis j’ai écouté Xavier de La Porte sur France Culture qui dit que nous risquons d’être bientôt prisonniers des algorithmes. Une crainte que deux chercheurs belges ont souligné dès 2010 !

Au moment d’envoyer ce billet, Hubert Védrine confirme sur France Culture que « les professionnels de la politique ont perdu le contact avec le monde réel ». En matière de connexion entre le politique et la réalité, tout se passe comme s’il était prévu que le personnel politique au moment où il passe en charge des « affaires publiques» cesse de se brancher sur le monde d’en bas qui les finance. Comme dans les films de science-fiction, dès que qu’il atteint la strate sacrée des responsabilités politicienne et/ou financière, toute la connectique ad hoc s’autodétruit : il n’est plus joignable, il ne comprend plus rien à ceux qui hier encore lui parlaient. Chacun sait qu’il ne nous est pas possible de conserver tous ces vieux câbles devenus inutiles quand le matériel change. En politique, il en va de même. Au mieux pour les obliger à se reconnecter sur la réalité, la seule manière de se faire entendre sera donc de tout casser et de revenir à des méthodes moins culturelles, plus sauvages, plus animales ? Étonnant non ? D’autant plus que cette impossibilité de se connecter est aussi entretenue chez les serviteurs fonctionnaires au nom du sacro-saint « devoir de réserve » et d’une carrière dans l’ombre de ses chefs grands ou tout petits.

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SOIRÉE À PAIMPOL – Communication publique et information, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité

L’histoire débute dans un grand hangar d’entretien de matériel nautique, sur les quais de Paimpol en Trégor-Goëlo (Côtes-d’Armor) un beau soir d’été il y a 2 ou 3 ans. Erik Orsenna a invité par voie de presse à une soirée d’échange sur l’avenir marin de notre région et d’ailleurs. Chacun sait l’intérêt de l’académicien voyageur pour l’eau, la mer et tout ce qui s’y déroule. Ayant un nouveau livre en préparation, il a invité des amis à lui et des lecteurs à en discuter à bâtons rompus. C’est ainsi qu’il demande à Monique, l’ostréicultrice à laquelle il achète ses huîtres régulièrement, de raconter le calvaire que sa profession vit depuis quelques années. Et Monique raconte les mortalités qui se multiplient dans tous les bassins ostréicoles français depuis une dizaine d’années et elle souligne le rôle de sentinelle que joue le coquillage dans la qualité des eaux côtières que l’on peut craindre polluées de manière chronique, avec son point Godwin inéluctable : « Quand les huitres auront disparu, nous serons les prochaines victimes ! » Sauvons donc les lanceurs d’alerte, les ostréiculteurs, pour nous sauver nous-mêmes. Effectivement, alors que dans bien des pays, les productions conchylicoles passent depuis toujours en station d’épuration afin d’en garantir la qualité sanitaire, la position officielle de la France a longtemps été que c’était la qualité des eaux qui était la meilleure garantie de la qualité sanitaire des coquillages. Cette position a évolué quand des incidents se sont multipliés, et dorénavant les conchyliculteurs disposent tous d’une station d’épuration qui leur donne droit à leur étiquette sanitaire. Cet investissement économique additionnel constate ainsi que la qualité de l’eau de mer n’est plus ce qu’elle était ! Et Monique s’emporte et dénonce ces huîtres Triplos et Diplos – évoquées ici récemment – qui brouillent les responsabilités et d’éventuelles méthodes douteuses de la part des écloseries qui les produisent.

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DE LA CONCHYLICULTURE À LA CRISE DES SUBPRIMES : UN ALLER-RETOUR, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité

Mortalités ostréicoles et finances toxiques : mêmes défis ?

L’approche de l’anthropologue a bien des outils en commun avec celle du vétérinaire généraliste de campagne que je suis par formation et par culture. L’un et l’autre se posent avant toute autre considération une question : comment l’écosystème observé fonctionne-t-il quand tout va « bien » ? Ils disposent de différentes grilles de lecture et ils arrivent à croiser des informations dispersées, qualitatives et quantitatives, pour mieux interpréter le passé, le présent et faire quelques hypothèses sur une évolution possible. En cas de pathologie, le vétérinaire utilise ses hypothèses de manière préventive et curative. Le médecin explore le corps du patient à travers les différentes fonctions connues : la respiration, la digestion, les régulations nerveuses et endocrines, etc. Et il se construit souvent une cohérence sans faire appel aux acquis d’une biochimie trop scientifique. L’avantage du généraliste est d’avoir accès à de nombreux détours expérimentaux pour construire une cohérence, chose dont ne dispose pas toujours le « spécialiste » limité par des connaissances trop pointues, trop exclusives qu’il lui est difficile de raccorder à des observations de terrain. Bref, la transmission de savoirs très pointus masque la transmission d’un vaste domaine d’ignorance. Et c’est dans ce vide entre ignorance et savoirs trop exclusifs que des catastrophes sont quasiment inéluctables.

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DE QUOI LES MARÉES VERTES SONT-ELLES LE MESSAGE ?, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité

Étiologie des marées vertes bretonnes, réinterprétation du rôle des nitrates. Pourquoi remettre en question un consensus mou, largement partagé faute d’hypothèse de travail plus solide ?

L’impression première est que tout un chacun peut avoir accès sans effort aux arcanes de la biologie. L’objectif de cette contribution est de montrer que cette impression est fausse. Pour le chercheur, faire le tri dans toutes les données d’observation est un exercice d’une grande difficulté. Les difficultés sont telles que les plus grands peuvent déraper. La simplification à outrance de concepts biologiques complexes souvent transmis sous cette forme aux médias peut avoir des conséquences dommageables.

Hervé Le Guyader dans « La complexité de la biologie à l’aune du langage naturel », Partager la science. L’illettrisme scientifique en question (Actes Sud/IHEST, 2013), p. 135

Un rapport officiel sur l’étiologie des marées vertes constate que les nitrates d’origine agricole sont la cause essentielle des marées vertes en Bretagne : Bilan des connaissances scientifiques sur les causes de prolifération des macro-algues vertes – Application à la situation de la Bretagne et propositions (2012), 147 pages.

Ce rapport est une synthèse de documents plus anciens ; il a pour but de clore toute controverse sur le thème et de justifier une politique visant à limiter les apports d’engrais dans les bassins versants limitrophes.

Ce faisant, le problème devrait se résoudre de lui-même et Gaïa et ses océans devraient récupérer leur capacité naturelle d’autoépuration ; dans 15 ou 20 ans ? Rien n’est moins sûr car d’autres catastrophes plus conséquentes auront probablement remplacé ces marées vertes si on n’a pas appris auparavant à corriger certaines impasses écologiques que nous construisons au quotidien et dont les marées vertes ne sont qu’un exemple somme toute mineur – si l’on observe ce qui se passe sur certaines plages chinoises cet été 2013.

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OPINION PUBLIQUE + ÉNERGIE DU DÉSESPOIR = ?

Qu’est-ce que cela donne ?

Difficile à dire, mais cela vaut la peine de voir.

Cela ne peut pas être pire de toute manière que ce que nous offrent nos dirigeants !

C’EST TERMINÉ !

Cela a commencé sur le mode « À quoi bon ? », pour terminer sur les chapeaux de roue et sur le mode « Allons-y, y a rien à perdre ! ».

Formidable !

Mardi 4 juin, de 15h à 17h, sur la page Les débats du blog de Paul Jorion.

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LES ENNEMIS DU PLANCTON, par Paul et Anne-Marie Jorion

Le texte qui suit servira de commentaire à la vidéo de l’entretien entre Pierrot Mollo et moi, présentée dans le billet Défendre / sauver le plancton.

Le naufrage du Rena, un porte-conteneurs dont la cargaison de pétrole continue de fuir en ce moment-même dans une baie splendide de Nouvelle-Zélande, malgré de premiers efforts de pompage, nous rappelle que les « ennemis » du plancton ont de multiples visages.

Rappelons-nous que la survie du plancton détermine en bout de chaîne celle de tous les êtres vivants qui s’en nourriront soit directement, soit se nourriront de mangeurs de plancton, ou de mangeurs de mangeurs de plancton. Notre alimentation dans son ensemble dépend du maintien de la biodiversité et le plancton, garant de la biodiversité marine, est essentiel au maintien de notre propre vie.

Les transports maritimes emportent dans leur ballast un grand nombre d’espèces planctoniques (essentiellement végétales. De telles migrations involontaires sont susceptibles de causer une prolifération de certains ennemis du plancton, dont le meilleur exemple est offert par les mnémiopsis, des cténophores (que l’on confond souvent à tort avec les méduses) originaires d’Amérique du Nord et qui ont désormais atteint la mer Caspienne et la Mer Baltique. Elles ont découvert là un terrain favorable à leur croissance, ce qui leur permet d’atteindre un diamètre de 20 cm, soit le double de leur talle habituelle. Leur appétit pour le plancton animal de petite taille (les copépodes ou les larves de mollusque, par exemple), qu’elles gobent en permanence, met en danger l’équilibre marin. Plus ces mnémiopsis sont grosses et plus, bien entendu, elles mangent ! Ce sont elles qui avaient provoqué, une catastrophe du même ordre dans la Mer Noire au début des années 1990.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 2 SEPTEMBRE 2011

L’Ile de Houat comme microcosme
La formation des prix
« Le prix » (Le Croquant 2010)
Le prix de retrait des produits de la mer
Le prix de l’immobilier
La production de plancton

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