VILLAGES POTEMKINE À FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

« Une prison à ciel ouvert de confinement dans les maisons et sur les routes » : c’est par cette description peu engageante que Greenpeace décrit le projet de retour des évacués de la région autour de la centrale de Fukushima qui est mené à grand train, normalisation oblige.

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Fukushima : CES ROBOTS QUI LES TRAHISSENT, par François Leclerc

Billet invité.

Quarante années de travaux de démantèlement de la centrale dévastée de Fukushima avaient été annoncés, il fallait bien dire quelque chose pour faire semblant de maitriser la catastrophe ! Mais, le nez sur les premiers obstacles sérieux, les premiers retards par rapport à ce calendrier de circonstance sont enregistrés.

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LE DÉMANTÈLEMENT DE FUKUSHIMA N’EST PAS BIEN PARTI, par François Leclerc

Billet invité.

Le projet de démantèlement à long terme de la centrale de Fukushima, dans lequel les autorités japonaises et mondiales se sont engagés, suscite deux grandes interrogations qui ne sont pas prêtes de trouver une réponse satisfaisante : que faire de l’eau contaminée après refroidissement des réacteurs – dont le stockage précaire actuel est provisoire – et quelles solutions inventer pour récupérer et stocker les trois coriums dont la localisation n’est pas établie, qui représentent 250 tonnes de matière nucléaire hautement radioactive ?

Pour la première d’entre elles, l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui renvoie une mission sur le site de Fukushima du 17 au 21 avril, préconise faute d’autre solution un expédient : la rejeter à la mer après l’avoir autant que possible décontaminée. On n’en sera pas surpris, connaissant sa détermination à défendre l’énergie électronucléaire dont elle représente de facto les intérêts. Yukiya Amano, son directeur général, en a fait preuve la semaine dernière en réaffirmant à son propos que « malgré l’accident de Fukushima Daiichi, elle continue à jouer un rôle important dans le mix énergétique mondial ». L’AIEA participe activement à la normalisation en cours en apportant sa caution.

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L’ÉCONOMIE DU NUCLÉAIRE JAPONAIS, par François Leclerc

Billet invité.

Dépourvu d’énergies fossiles, le Japon ne l’est pas d’une activité sismique intense. Mais cela n’a pas dissuadé les docteurs Folamour du Village nucléaire d’en faire un paradis de l’électronucléaire, à moins que ce ne soit un enfer. À la suite de la catastrophe de Fukushima, le redémarrage des réacteurs nucléaires du parc japonais est toujours suspendu au feu vert de la nouvelle autorité de sûreté, créée en septembre 2012 sur les décombres de la précédente. Celui-ci est un préalable à toute décision des autorités politiques locales et nationales.

Certains réacteurs sont d’ores et déjà voués au démantèlement, d’autres doivent subir d’importants travaux pour ne pas connaitre le même sort, d’autres enfin attendent encore le verdict. Les risques géologiques potentiels des sites sur lesquels ils ont été construits sont un critère important, renvoyant à la légèreté des décisions d’autorisation précédemment prises, qui sont réexaminées. À chaque fois, une même question est posée : une faille à proximité de la centrale est-elle ou non active ? Rétrospectivement, cela n’est pas spécialement rassurant. Des batailles d’experts s’en suivent, qui témoignent de la difficulté à trancher, si ce n’est de la complaisance présumée de ceux qui épousent la thèse des opérateurs des centrales. Mais le doute devrait naturellement prévaloir, et la nouvelle autorité de sûreté a sa réputation à défendre. Cela demande à être confirmé.

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FUKUSHIMA : LES TROIS CORIUMS NE SONT PAS LÀ OÙ ILS DEVRAIENT ÊTRE… par François Leclerc

Billet invité.

Le résultat du premier test de localisation dans le réacteur n°1 de l’un des trois coriums de la centrale de Fukushima a mis en évidence qu’il avait tout simplement disparu, présumé au fond du réacteur sans savoir s’il a ou non traversé la semelle de béton qui l’isole du sous-sol. Il aura fallu quatre ans pour arriver à cette conclusion, combien faudra-t-il de temps pour dire où il se trouve ?

Menée sous la conduite de chercheurs de l’Université de Tsukuba, l’expérience a fait appel à l’émission de particules à haute énergie appelées muons, qui ne sont arrêtées dans leur course que par des substances à haute densité, comme le corium, ce qui permet de produire une image de celui-ci s’il fait obstacle. Le corium est un amalgame à très haute température et très haut degré de radioactivité du combustible nucléaire fondu avec ce qui l’entourait et qu’il rencontre ensuite sur sa trajectoire, après rupture de la cuve en acier du réacteur. Il doit alors être refroidi en permanence par des injections d’eau massives dans le réacteur.

L’expérience n’a fait que confirmer ce que des simulations et des calculs avaient déjà laissé supposer, mais elle pose désormais dans toute son étendue la problématique de la récupération des trois coriums, la situation devant être identique au sein des réacteurs n°2 et 3. Pour faire bonne contenance, un calendrier a été annoncé, selon lequel les travaux d’enlèvement pourraient débuter en 2020 et durer entre vingt et trente ans. Mais, dans l’état des connaissances et des technologies disponibles, ces prévisions ne reposent que sur le besoin d’accréditer l’objectif de démantèlement de la centrale et de justifier par cette fin heureuse le redémarrage des autres.
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FUKUSHIMA TOUJOURS PAS SOUS CONTRÔLE, par François Leclerc

Billet invité.

Les fuites d’eau contaminée se succèdent sans relâche sur le site de la centrale, son opérateur n’ayant d’autre ressource que de les constater au fur et à mesure, puis de tenter d’en minimiser les conséquences. Cette fois-ci, ce sont 750 tonnes d’eau contaminées au strontium 90 qui ont débordé de l’enceinte constituée de petits murets qui bordent les citernes stockant l’eau radioactive, afin de la contenir en cas de fuite.

Si cette eau n’a pas atteint la mer, comme Tepco le prétend, elle va se mélanger dans le sous-sol de la centrale avec les eaux de ruissellement qui proviennent des reliefs avoisinants. Semblant le confirmer, une montée brutale de la radioactivité de l’eau souterraine a été mesurée dans un puits qui se trouve à proximité de la fuite. Où va-t-elle couler par la suite ? L’opérateur n’en a évidemment pas la maîtrise.

Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers jours sur la centrale – un phénomène coutumier – sont à l’origine de cette nouvelle fuite, soulignant la précarité d’installations provisoires qui semblent condamnées à durer – et qui s’agrandissent – ce qui ne fait qu’accroître le danger car elles ne sont pas conçues pour un usage prolongé.

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Fukushima : cogérer l’agonie, par Nadine et Thierry Ribault

Billet invité.

En ce 11 mars 2015, quatre ans après l’inachevable désastre nucléaire de Fukushima, on peut, bien entendu, établir un bilan officiel : 87 enfants atteints d’un cancer de la thyroïde, 23 autres suspectés de l’être, 120.000 « réfugiés », 50.000 liquidateurs mobilisés au seuil sacrificiel dûment relevé, des piscines remplies de combustibles prêtes à nous exploser au nez, des rejets massifs et réguliers d’eau contaminée dans l’océan, pas moins de 30 millions de m3 de déchets radioactifs à stocker pour l’éternité.

Ce bilan existe. Nous vous y renvoyons.

L’État fait des habitants de Fukushima des cogestionnaires du désastre

Une fois ce « bilan » dressé, une fois les victimes et les inquiétudes considérées avec respect, il s’agit de tirer les conclusions qui s’imposent. L’une d’entre elles est la suivante : au fur et à mesure que se mettait en place l’aide fournie par des groupes citoyens, des ONG, des structures plus ou moins indépendantes, l’État faisait des habitants de Fukushima, indéniablement et sous couvert de « participation citoyenne », des cogestionnaires du désastre. On pourra nous opposer que cet élan civique a relevé de la spontanéité, voire de l’amour du prochain, que l’État n’a donné aucun ordre allant dans ce sens, que chacun était, et reste, libre de « s’engager » dans de tels mouvements, certes ! Cependant, beaucoup des hommes et des femmes qui l’ont fait, même si c’est inconsciemment, ont fait le jeu de l’État.

Voilà ce que nous avons constaté.

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FUKUSHIMA : LA BATAILLE DE L’EAU CONTAMINÉE N’EST TOUJOURS PAS GAGNÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Après un long silence, les coriums font si l’on peut dire surface. Tepco, l’opérateur de la centrale, a annoncé qu’un dispositif de localisation du combustible nucléaire fondu au fond de trois des quatre réacteurs de la centrale de Fukushima allait être testé prochainement. Il était temps, la catastrophe date du 11 mars 2011 – bientôt quatre ans – et leur localisation reste toujours un mystère. Répondre à cette question ne sera toutefois qu’un tout petit pas en avant, s’il est réalisé, car cela laissera entier le problème inédit de leur récupération, qui reste du domaine des intentions.

La routine s’est entre temps installée, dominée par la gestion de l’eau de ruissellement ou destinée au refroidissement des réacteurs, qui doit être stockée après avoir été contaminée. Interrompue par des pannes à répétition, la saga de sa décontamination se poursuit, mais elle n’est que partielle car le tritium lui échappe. Selon Tepco, la capacité de stockage totale d’eau contaminée va être augmentée et atteindre 800.000 tonnes. 2.000 tonnes d’eau sont désormais traitées quotidiennement, et 286.000 tonnes sont encore en attente de l’être. Devant la menace permanente que représente ce stockage terrestre dans d’immenses cuves, dans un pays soumis à de fortes secousses telluriques – une rupture de celles-ci pouvant inonder le site – l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) préconise avec insistance de déverser dans la mer l’eau une fois qu’elle a été partiellement décontaminée…

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Fukushima : UN RISQUE QU’IL NE FAUDRAIT JAMAIS PRENDRE (suite sans fin), par François Leclerc

Billet invité.

Un coup de vent plus violent que les autres, est-ce une surprise dans un pays familier des ouragans en cette saison ? Cela ne devrait pas, et pourtant cela a été le cas sur le chantier nucléaire de la centrale de Fukushima. Un petit trou initial de 30 centimètres de côté avait été percé dans sa couverture qui, depuis octobre 2011, vise à isoler de l’atmosphère le réacteur n°1, car il serait sinon à ciel ouvert. Mais, sous l’effet d’une rafale, la grue a fait un mouvement malencontreux, créant une ouverture d’un mètre sur deux dans la toiture.

Ces travaux devant s’échelonner sur des mois ont débuté afin de démonter le toit provisoire du réacteur et d’installer ensuite des moyens de levage destinés à extraire les quelques 500 assemblages de combustible usés de la piscine, ainsi que des débris hautement contaminés dispersés au sein de son enceinte dévastée par une explosion d’hydrogène. Fort d’une expérience précédente malheureuse sur le réacteur n°3, qui avait généré en août 2013 une lointaine contamination de rizières, reconnue bien après l’incident, l’opérateur Tepco a entrepris d’injecter dans le réacteur une substance fixant les poussières radioactives en suspension afin d’éviter sa réédition, d’où l’orifice initialement aménagé. Le démontage du toit devrait commencer en mars 2015, l’enlèvement des débris est pour l’instant prévu en 2016.

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À la rédaction de Science et vie, à propos de « Accident nucléaire. Comment la France s’y prépare », par Un irradié non consentant

Billet invité.

À la rédaction de Science et vie

Aux sieurs Vincent Nouyrigat et Frédéric Pajak

Messieurs,

C’est avec un dégoût mêlé de pitié que j’ai aperçu la une de votre magazine (Accident nucléaire. Comment la France s’y prépare). Afin de connaître plus en détail l’étendue de ce désastre culturel et politique – en attendant la catastrophe radiologique annoncée – je me suis forcé à lire cette chose.

Je sais depuis longtemps que le monde radioactif dans lequel les experts de la question entendent nous faire vivre se déploie inlassablement depuis Los Alamos, en dépit de tout. Je sais aussi que l’État, en France, est actionnaire majoritaire de l’industrie nucléaire, y compris et surtout de l’armement, dont les réacteurs fabriquent, entre autres, le plutonium et autres saletés qui lui sont nécessaires. Je sais aussi que les Français, en dépit de la terreur qu’une industrie de la radioactivité suscite chez tout humain un peu conscient de la vie et des enjeux, sont fiers comme des coqs de leur « savoir-faire » nucléaire et de leur armement. Ils pourront toujours venir pleurnicher, le moment venu, sur leurs cancers et leurs beaux terroirs détruits avec le même savoir-faire.

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Fukushima : DES NORMES DE SÉCURITÉ ACCOMMODANTES, par François Leclerc

Billet invité.

Fukushima est un désastre loin d’être totalement exploré, le suivi à rebondissements du chantier de la centrale dévastée de Fukushima n’épuisant pas le sujet, il s’en faut. Ainsi, la volonté gouvernementale de relance du parc des 48 réacteurs nucléaires à l’arrêt a suscité hier à Tokyo une manifestation de 16.000 protestataires opposés au redémarrage des deux réacteurs de la centrale de Sendai, suite à l’autorisation finalement accordée par l’Autorité de régulation nucléaire, laissant peu de doute sur l’hostilité générale de l’opinion publique à un tel projet.

Mais un autre angle ne peut être ignoré : celui du sort réservé à tous les Japonais déplacés en raison de la catastrophe. A cet égard, la contribution de Cécile Asanuma-Brice doit être signalée. Résidente au Japon depuis 2001, cette chercheuse en géographie urbaine du Clersé (une unité commune à l’Université de Lille I et au CNRS), fait assurément partie de ces lanceuses d’alerte qui veillent au bien commun. Dans son article, les étapes successives de la gestion gouvernementale des réfugiés sont passées en revue. D’abord installés dans des logements provisoires, construits y compris dans des zones contaminées ou imparfaitement décontaminées, ces 140.000 Japonais (chiffre officiel probablement en dessous de la vérité) ont été incités à s’adapter à un environnement devenu contaminé et aux contraintes qui en résultent. Une stratégie de communication a été parallèlement déployée en direction de l’opinion publique, afin de normaliser ce qui ne devrait pas l’être, et de banaliser ainsi la relance du parc nucléaire.
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Fukushima : LE SALAIRE DE LA PEUR, par François Leclerc

Billet invité.

Accaparé par les tonnes d’eau contaminée que la centrale continue de produire sans savoir quoi en faire, on en avait presque oublié les nuages de poussières radioactives qui s’en échappaient parfois au gré des vents à l’occasion de travaux, et les masses de terre et de végétaux contaminés rassemblés dans d’énormes sacs disséminés sur une vaste étendue au petit bonheur la malchance, dans l’attente de lieux de stockage.

L’extraction de débris dans les réacteurs ne va pas sans incidents. Il n’a été reconnu qu’en juillet que des rizières cultivées situées à une vingtaine de kilomètres avaient été contaminées un an auparavant, vraisemblablement à la suite du déblayage d’un amoncellement de ferrailles qui encombraient le réacteur n°3. Fin août, un équipement de levage du combustible pesant 400kg est accidentellement tombé dans la piscine de ce même réacteur, suite à une manipulation erronée d’une grue télécommandée. Dans l’environnement hautement contaminé des réacteurs, tout incident de chantier peut prendre d’énormes proportions.

Des mois de négociations ont été nécessaire pour convaincre la préfecture de Fukushima et les deux municipalités sur le territoire desquelles se trouve la centrale d’accueillir deux gigantesques lieux de stockage. Comme il se doit, ils sont présentés comme étant « temporaires » et sont destinés à entreposer tous les déchets résultant de la décontamination effectuée dans une vaste zone autour de la centrale.

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Fukushima : UN CHANTIER QUI N’EN FINIRA PAS, par François Leclerc

Billet invité.

L’opérateur de la centrale, Tepco, continue a être noyé sous des flots d’eau contaminée, et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Dernier en date de ses avanies, il a admis qu’en dépit de son pompage intensif des sous-sols des réacteurs, le niveau de cette eau n’y baissait que très peu. La cause en est qu’à l’eau de refroidissement s’ajoute en s’y mélangeant celle de pluies diluviennes qui s’écoulent des reliefs avoisinants, dont la quantité est estimée à 400 tonnes par jour.

Les techniques de glaciation du sol, sur lesquelles il est beaucoup escompté afin de constituer un barrage d’un périmètre d’un kilomètre et demi autour de la centrale et d’empêcher ainsi ce phénomène, ne fonctionnent pas pour solidifier l’eau contaminée de tranchées qui en font partie et permettent à l’eau contaminée de s’écouler vers la mer. La construction du mur de glace annoncé ne répond pas à toutes ses attentes. C’est également le cas des trois lignes d’installations de décontamination de l’eau (ALPS) qui ne fonctionnent que par intermittence alors qu’elles sont présentées comme le moyen-clé de régler le problème de l’eau contaminée. Enfin, Tepco a reconnu que sur le millier de citernes stockant l’eau contaminée, plus d’un quart d’entre elles sont des modèles à plaques boulonnées – dont certaines ont déjà fui – parmi lesquelles toutes ne sont pas de première main…

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Fukushima : SECOUSSE, TSUNAMI ET TYPHON, par François Leclerc

Billet invité.

Un secousse de magnitude 6,8 s’est produite dans la nuit de vendredi à samedi au large de Fukushima à une profondeur de 10.000 mètres, un tsunami d’une hauteur d’un mètre ou plus devrait toucher les côtes selon l’alerte qui a été lancée. Dans les minutes qui ont suivi la forte secousse, Tepco, l’opérateur de la centrale, a indiqué qu’aucune anomalie n’avait été rapportée dans les installations, qui avaient été préparées pour le passage du typhon Neoguri. Mais si la mer devait pénétrer dans les emprises de la centrale, qu’adviendrait-il ? Le millier de réservoirs stockant l’eau contaminée résisteraient-ils ? La vulnérabilité des installations de la centrale est très grande.

P.J.<:u> : Il y eut bien tsunami mais seulement haut de 20 cm (à comparer aux 10 m du tsunami de mars 2011).

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« Penser /Créer avec Fukushima », L’infamie gagne du terrain, par Nadine et Thierry Ribault

Billet invité.

Deux enseignants et écrivains, Michaël Ferrier de l’université Chuo à Tôkyô, et Christian Doumet, de l’université Paris 8, membre de l’Institut Universitaire de France, organisent du 12 au 14 juin à Paris, à l’INALCO et à la Maison de la culture du Japon, une « Rencontre internationale » intitulée « Penser/Créer avec Fukushima ».

L’argument est le suivant :

« Fukushima est ancré dans notre présent d’une manière si inquiétante qu’il est encore impossible d’imaginer le monde d’après Fukushima. Certes, de nombreux travaux dans toutes les langues ont porté et portent encore sur les aspects scientifiques, techniques et politiques de l’événement. Mais la manifestation proposée ici s’intéressera plutôt à ses conséquences intellectuelles et esthétiques, et au nouvel ordre mental dans lequel nous sommes appelés à vivre depuis le 11 mars 2011. »[1]

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Fukushima : UNE VULNÉRABILITÉ ACCRUE PAR LE SAUVETAGE ! par François Leclerc

Billet invité.

Plus de trois ans après la catastrophe, l’opérateur de la centrale de Fukushima est parvenu à au moins un résultat incontestable : le stockage dans des conditions de grande précarité révélée de quelques 350.000 tonnes d’eau contaminée. Et cela ne cesse de s’aggraver, l’installation de capacités de stockage de 800.000 tonnes d’eau contaminée étant pour l’instant prévue.

Les énormes réservoirs cylindriques qui s’étendent à perte de vue ont déjà connu à plusieurs reprises des fuites, mais celles-ci pourraient se révéler vénielles comparées au désastre qui résulterait des effets d’importantes secousses sismiques ou d’un cyclone les frappant de plein fouet. Le bilan est sévère : la vulnérabilité de Fukushima n’a pas été réduite mais s’est accrue.

Les installations de décontamination de l’eau connaissant panne sur panne – à tel point que l’on en vient à se demander si elles fonctionneront jamais – la centrale produit beaucoup plus d’eau contaminée qu’il n’est possible d’en traiter. Comme à chaque fois qu’il s’agit des déchets de l’industrie nucléaire, le sort qui sera réservée à l’eau contaminée reste problématique.

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Fukushima : UNE MACHINE À FABRIQUER DE L’EAU RADIOACTIVE À N’EN PLUS FINIR, par François Leclerc

Billet invité.

On s’attendait à ce que le démantèlement de la centrale de Fukushima finisse par être reconnu impossible en raison de la présence dans les sous-sols des réacteurs de trois coriums hautement radioactifs dont la localisation reste inconnue (ou non dévoilée), faute de moyens robotiques permettant de les en extraire. Mais c’est face à un autre problème que Tepco, l’opérateur de la centrale, se révèle dès à présent démuni : si celle-ci ne produit plus d’électricité depuis plus de trois ans, elle est depuis devenue une très performante machine à fabriquer de l’eau radioactive dont il ne sait pas quoi faire.

Une fois de plus à l’arrêt, les installations de décontamination de l’eau dont il était attendu la solution au problème, ne fonctionnent pas comme prévu. Dénommées ALPS, ces trois usines ne marchent que par intermittence, leur performance déclinant au fur et à mesure qu’elles sont en service sans que l’on sache pourquoi. Dans ces conditions, il est exclu de réutiliser l’eau de refroidissement en créant un circuit fermé ou de la déverser dans la mer : il n’y a pas d’autre solution que de poursuivre son stockage dans de gigantesques réservoirs qui s’alignent déjà à perte de vue sur le site de la centrale.

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Fukushima : L’ART DE DIRE LES CHOSES À SA CONVENANCE, par François Leclerc

Billet invité

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© Matthieu Ferrand

« Rendre le monde plus sûr ! », c’est sur ses paroles apaisantes et sans crainte de manier les paradoxes que Yukiya Amano, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a conclu hier sa conférence de presse de Tokyo. Il faut dire que l’organisation est née en 1957 sous l’égide de l’ONU, en pleine guerre froide, sous le slogan « Atom for Peace » (L’atome pour la paix) et n’a cessé depuis de promouvoir les applications civiles du nucléaire (tout en ayant comme mandat d’en limiter les développements militaires).

Prenant le taureau par les cornes devant son auditoire japonais, le haut fonctionnaire international venait auparavant d’aborder le sujet pour lequel il était venu, dans un pays où les centrales sont arrêtées avec comme enjeu leur relance. « La sécurité à 100 % n’existe pas », a-t-il expliqué pour appuyer le lobby de l’électronucléaire, en prenant pour preuve qu’une « catastrophe naturelle peut arriver n’importe où dans le monde », sans s’arrêter à un petit détail : dans le cas de l’électronucléaire, ce risque est créé de toutes pièces !

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PLEASE ! UNE BONNE NOUVELLE !, par Olivier Brouwer

Billet invité.

Bonjour Paul,

Tu nous as demandé si aujourd’hui nous avions « le moral ». Une partie de ma journée est passée (entre autres) à :

1. Ecouter ton interview sur France Info : les robots sont prêts à nous remplacer.

2. Lire l’article de Jacques Seignan sur la « Tsar Bomba » (dont j’ai appris l’existence à cette occasion) et aux « Frankenvirus ».

3. Dans la foulée, j’ai enchaîné sur YouTube (par la magie des propositions successives) :
La video proposée par J. Seignan sur la bombe « Tsar »,
– Un reportage d’Arte sur les fûts de déchets nucléaires dans l’Atlantique, puis sur les trois sous-marins nucléaires russes coulés dans l’océan arctique, trois bombes à retardement que le Monsieur chargé de la sécurité de la mer à l’AIEA (dont je ne donne pas le nom par charité chrétienne) ne juge pas utile de faire renflouer,
– Un reportage d’Arte (très bien documenté au demeurant) sur les causes de l’accident du réacteur n° 1 de Fukushima, qui sont – comme toujours dans ce genre de cas – un enchaînement de concours de circonstances où des économies de bouts de chandelle ont fait office de « politique de sécurité »,

4. « Réalité comptable et vérité »,

5. Le record du monde du Rubik’s Cube,

6. « Les vrais aventuristes de la politique », par F. Leclerc.

Ma conclusion : heureusement qu’un moral bas me pousse à en faire davantage et que chez moi, c’est bas de plafond, parce que sinon je me retrouverais comme dans le dessin de CoCo, le type qui dit « c’était super la conférence de Paul Jorion ! » (si tu vois ce que je veux dire…)

Ceci était une supplique pour une bonne nouvelle.

Please ! Une bonne nouvelle ! Je ne sais pas moi, quelque chose sur la sagesse humaine, par exemple (si ça existe encore, ou si ça s’est mis à exister « sui generis »…)…

A bientôt,

Olivier

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© CoCo

Paul Jorion : Une bonne nouvelle, Olivier ? Notre espèce ne changera pas de cap si un sentiment de panique ne s’installe pas (nous en sommes à interdire à un automobiliste sur deux de rouler pour une journée quand l’air est devenu irrespirable, c’est dire si nous en sommes loin !). Merci pour ta contribution modeste à cette tâche indispensable ! Comme je l’ai dit à la Gaîté Lyrique et comme je le répète depuis : « Notre responsabilité vis-à-vis des générations futures ? Faire qu’elles existent ! »

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