De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XIII), La taxation des opérations financières, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Le terme de gratuité est générique. De quelle manière serait-elle prise en charge ? Jugez-vous qu’il faille créer des caisses sur le modèle de la Sécurité Sociale ? Serait-elle purement et simplement à part du circuit économique ?

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L’allocation universelle favorise une meilleure répartition du travail, par Mathieu Van Vyve

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Il m’est venu à l’esprit de rédiger cette note suite au billet “Que faire ? (I) : L’emploi” par Michel Leis. Dans ce texte, l’auteur oppose une meilleure répartition du temps de travail comme une alternative à l’allocation universelle. J’aimerais ici montrer que les liens entre l’allocation universelle et la répartition du temps de travail sont très différents de ce que Michel Leis suggère.

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REVENU UNIVERSEL ET BIENS COMMUNS, par François Leclerc

Billet invité.

Après avoir été omniprésente, l’utilisation de moins en moins fréquente du mot crise dans l’actualité semble signifier que cet état est désormais banalisé et solidement installé. De prime abord, deux manifestations complémentaires le caractérisent : sous forme d’un endettement massif, une anticipation ingérable de la richesse produite a atteint des proportions considérables, et l’on assiste à une confiscation de cette même richesse sous la forme d’un transfert ayant deux facettes. Des biens publics aux biens privés, et de la richesse collective à celle d’une infime minorité.

Les deux phénomènes conjoints appellent des mesures radicales, totalement inconcevables aux yeux de ceux qui pourraient les prendre, avec pour effet la poursuite de l’endettement et de l’accroissement des inégalités, ainsi qu’une crise sociale et politique qui se laisse de moins en moins ignorer. S’il était auparavant possible de s’interroger sur la capacité du système à se réformer, la fuite en avant qu’il poursuit a apporté la réponse.

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McKinsey & Company : La Grande Dissociation

Une traduction de The Great Decoupling sur le site de McKinsey & Company. Plusieurs propos exprimés convergent avec ma propre proposition de taxe « Sismondi » sur la productivité des machines. Merci à Pierre-Yves Jacopin et Frankie Maindron pour la traduction.

 

La Grande Dissociation

L’avance rapide de l’apprentissage automatique (machine learning) présente un paradoxe économique : la productivité s’accroît, mais pas forcément l’emploi.

Septembre 2014
 
Alors que la technologie de l’apprentissage automatique (machine learning) progresse à un rythme exponentiel, quantité d’emplois très spécialisés, considérés autrefois comme le domaine exclusif des humains, sont de plus en plus exécutés par des ordinateurs. Que ce soit vu comme un progrès ou comme néfaste dépend de l’interlocuteur. Technologistes et économistes ont tendance à se diviser en deux camps, les technologistes croyant que l’innovation va guérir de tous les maux et les économistes craignant que les gains de productivité aient pour conséquence de cliver les populations en possédants et en non-possédants.

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VentsContraires.net – Paul Jorion : « Les machines pourraient financer une allocation universelle »

(I) « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »
(II) « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »

Le Monde : Arithmétique et responsabilité, lundi 10 février 2014

Le Figaro rappelle aujourd’hui ma position sur la disparition du travail : Pourquoi il faudrait travailler seulement 3 jours par semaine, par Quentin Périnel

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Revenu universel et partage, par Michel Leis

Billet invité.

L’idée de revenu universel trouve un écho grandissant dans le débat public, elle suppose que deux conditions soient remplies. La première est celle d’un consentement qui serait donné par une majorité de citoyens à la répartition de la valeur ajoutée sur une base ne reposant pas exclusivement sur le travail. La deuxième est celle de la possibilité et de la soutenabilité dans le temps d’une telle mesure. Si l’on ne peut se prononcer à la place des individus, il me semble intéressant de clarifier le débat sur la faisabilité d’une telle mesure ou les questions qu’elle soulève.

On peut réaliser chez soi quelques projections avec un simple tableur en prenant comme base les chiffres de la population active, ceux des personnes en âge de partir à la retraite et ceux en âge de faire des études. Les variables sont nombreuses[i] entre un revenu universel pour tous, par foyer, par tranche d’âge, en faisant varier le différentiel de revenu lié à l’incitation au travail. Apparemment, la valeur ajoutée générée (1 820 900 millions d’euros en France en 2012) permet de verser un revenu universel à l’ensemble des individus, indépendamment du travail, et de verser une incitation supplémentaire quand les individus font le choix de travailler. En retenant des hypothèses assez basses sur les montants distribués et un différentiel qui reste significatif pour inciter les individus à travailler, on peut créer un tel revenu en distribuant un montant compris entre 80 et 100 % de la valeur ajoutée, déduction faite du financement des dépenses de santé (11.8 % de la VA). Si l’on ajoute qu’il reste nécessaire de financer les infrastructures et un service public (éducation, justice, transport…), on doit collecter un impôt sur le revenu ou réduire les montants de l’allocation universelle, ce qui rend un tel projet finalement bien peu attractif.

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FAUT-IL METTRE EN PLACE UN DROIT À UNE ALLOCATION UNIVERSELLE ?, par Mateo Alaluf

Billet invité.

Qu’est-ce que l’allocation universelle ?

Par allocation universelle on entend l’octroi d’un revenu versé de manière inconditionnelle à toute personne de la naissance à la mort, revenu censé garantir un niveau de vie décent et déconnecté de tout emploi. Dans sa forme la plus achevée, l’instauration d’un tel revenu, financé par l’impôt, se substituerait au système de protection sociale financé principalement par les salaires.

L’allocation universelle ou revenu de base se présente ainsi comme une alternative à « la crise de l’état providence ». En permettant à ceux qui n’ont pas d’emploi de se replier sur leur allocation ou d’accepter des emplois à temps partiel ou encore faiblement rémunéré, elle serait un moyen de résorption  du chômage et d’amélioration de la flexibilité du marché du travail et de plus éradiquerait l’exclusion. En permettant le développement d’activités volontaires une telle allocation desserrerait les contraintes de l’emploi, en particulier sur les jeunes, tout en assurant un meilleur épanouissement personnel. Ce système, selon ses promoteurs, tout en s’inscrivant dans une économie capitaliste et marchande, sauvegarderait le dynamisme économique, rétablirait la cohésion sociale et donnerait consistance aux droits de l’homme.

Selon les auteurs, le revenu inconditionnel peut revêtir cependant plusieurs variantes et dénominations diverses. Pour Philippe Van Parijs qui a été dès 1982, dans le cadre du collectif Fourier, le premier à proposer cette formule en Belgique[1], l’allocation universelle serait une rente sur les ressources communes dont chacun pourrait bénéficier. P Van Parijs sera aussi à l’origine de la création en 1986, à l’occasion d’un colloque à Louvain-La Neuve, du BIEN (Basic income European network) et ensuite, lors d’un congrès tenu à Barcelone en 2004, du Basic Income Network.

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