LE TEMPS DE LA POLITIQUE EST REVENU, par François Leclerc

Billet invité.

Cette année, la crise politique européenne va s’exprimer dans toute sa dimension. Du Nord au Sud, les consultations électorales qui en sont une des occasions ne vont pas manquer, et celles qui vont se dérouler en Grèce, au Portugal, au Royaume-Uni et en Espagne vont être suivies de particulièrement près, en attendant les échéances françaises et italiennes qui suivront.

Le rejet et l’affaiblissement des partis de gouvernement s’approfondit, expression du refus de leurs politiques, ce qu’elles ont en commun ayant tendance à l’emporter dans l’opinion sur ce qui les différencie. Mais le vide politique qui est ainsi apparu a été comblé de manière hétéroclite, amalgamé dédaigneusement par les élites de la politique sous le terme de populisme. Suivant les pays, certains partis et mouvements s’inscrivent dans une perspective européenne, tandis que d’autres s’affirment europhobes. Ne pas confondre.

Continuer de donner une onction démocratique à une politique qui ne s’en embarrasse pas, va impliquer la création, là où cela est possible et par défaut, de coalitions des partis de gouvernement, aucun d’entre eux ne pouvant plus à lui seul s’imposer. La Grèce, l’Espagne et le Portugal pourront être tous les trois dans ce cas, ainsi que le Royaume-Uni, l’alternance se heurtant en Écosse à la montée des nationalistes au détriment des travaillistes.

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La crise : UNE CONJONCTION INCERTAINE, par François Leclerc

Billet invité

En sept ans, la crise déclenchée au centre de la planète financière s’est progressivement étendue pour devenir mondiale, et nous en sommes là… Contenue avec succès dans la précipitation, d’aiguë elle est désormais chronique et sourde. Simultanément, elle s’est diversifiée, de financière devenant économique, puis sociale et enfin politique. Aujourd’hui, elle est incontrôlable, chacun de ses niveaux pris séparément ou pire considérés tous ensemble dans leurs interactions. Et le mot crise a presque disparu, usé, signe qu’elle s’est banalisée.

Le spectacle offert par les dirigeants politiques – par exemple à l’occasion d’un G20 représentant une gouvernance mondiale dont la référence a également disparue – illustre combien ils peinent à faire semblant de maîtriser une situation qui leur échappe. Leurs sursauts permettent de mieux mesurer leur impuissance. Ici, ils tentent de reprendre pied en adoptant – pour certains – des mesures contre l’évasion et l’optimisation fiscale afin de combattre l’érosion de la base fiscale des États et de conserver des marges de manœuvre. Là, ils multiplient les enquêtes et les amendes contre des mégabanques dont la liste des malversations ne cesse de s’allonger, en espérant les inciter à revenir dans le droit chemin et ne faisant que repousser les conduites délictueuses au sein du shadow banking impénétrable.

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REVENU UNIVERSEL ET BIENS COMMUNS, par François Leclerc

Billet invité.

Après avoir été omniprésente, l’utilisation de moins en moins fréquente du mot crise dans l’actualité semble signifier que cet état est désormais banalisé et solidement installé. De prime abord, deux manifestations complémentaires le caractérisent : sous forme d’un endettement massif, une anticipation ingérable de la richesse produite a atteint des proportions considérables, et l’on assiste à une confiscation de cette même richesse sous la forme d’un transfert ayant deux facettes. Des biens publics aux biens privés, et de la richesse collective à celle d’une infime minorité.

Les deux phénomènes conjoints appellent des mesures radicales, totalement inconcevables aux yeux de ceux qui pourraient les prendre, avec pour effet la poursuite de l’endettement et de l’accroissement des inégalités, ainsi qu’une crise sociale et politique qui se laisse de moins en moins ignorer. S’il était auparavant possible de s’interroger sur la capacité du système à se réformer, la fuite en avant qu’il poursuit a apporté la réponse.

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LE CAPITALISME SUR UN FIL, par François Leclerc

Billet invité.

Un système financier présentant une apparence florissante peut-il longtemps coexister avec une économie en panne de relais de croissance ? Un tel paradoxe est-il longtemps tenable ? Poser cette question, c’est s’interroger sur sa capacité à relancer la machine alors que de puissants facteurs de déséquilibre en font douter.

Six ans et plus de labeur acharné, de conciliabules et de mesures annoncées par une multitude d’organismes, de lois et de réglementations dont la complexité n’a rien à envier à la matière qu’elles cherchent à régenter, de calendriers d’application à rallonges et de dispositions souvent émoussées, tout cela pour en arriver là ! Une nouvelle crise est inévitable est-il reconnu par ceux qui finiraient par le revendiquer, et rien ne dit qu’elle pourra être maîtrisée !

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : contribution à un futur article sur la démocratie, par Michel Leis

Billet invité.

Le succès de la pensée libérale est tel dans le monde politique qu’il rend caduque la définition de la démocratie au sens que lui donne cette même pensée libérale. La capacité de changer de gouvernement sans effusion de sang par un processus organisé (*) n’est plus que spectacle et illusion quand les alternances ne conduisent qu’aux mêmes décisions politiques. Quatre aspects me semblent essentiels dans ce processus de délitement.

Un déséquilibre profond des rapports de force s’est établi entre les Citoyens, le Pouvoir économique et le Pouvoir politique. Le monde politique n’a pas pris conscience que l’une des principales conditions du bon fonctionnement de la démocratie est la garantie donnée à cet équilibre, indépendamment de la capacité de chacun des groupes à influencer la marche de la société ou à exercer un chantage sur l’ensemble du corps social. Des choix univoques au profit de tel ou tel groupe de pression tendent à se substituer à une vision impartiale de l’État qui devrait être sinon la règle, du moins l’idéal à atteindre. Arbitrer systématiquement en faveur de l’économie parce qu’on lui a attribué une place centrale dans le fonctionnement de la collectivité, c’est instituer une oligarchie où les oligarques ne sont même pas exposés aux affres du pouvoir.

La nécessité absolue de préserver ou de gérer au mieux les biens communs n’est pas un élément central de la décision politique, au mieux c’est un aspect contingent pris en compte dans l’analyse de départ. Cette constatation n’est que la traduction d’une vision court-termiste, résultant dans les faits de cette vision univoque du cadre de l’action politique.

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L’actualité de demain : BERCY, AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité.

Ils avaient l’air bien innocent, les intervenants qui se sont succédés hier à la tribune du colloque tenu à Bercy, démentant la remarque d’un journaliste rapportée par le ministre qui l’organisait, Benoît Hamon, selon laquelle il avait fait entrer « les loups dans la bergerie ». Mais tout de même, à deux pas de la cour des ministères où se déroulait le ballet des grosses voitures noires officielles, ses invités faisaient contraste ! Moins provocatrice, une autre approche pourrait mettre en valeur le chemin parcouru, qui a permis que soient prononcés dans ce cadre, et sous couvert de contributions à l’économie sociale et solidaire (EES), des propos dont l’orthodoxie n’était pas toujours la principale qualité.

Paul Jorion a ouvert le bal avec un rappel historique. Rappelant comment l’économie sociale et solidaire avait ses racines au XIXéme siècle, mais avait alors subi « une défaite cinglante », faisant preuve d’angélisme au nom du « solidarisme », laissant aujourd’hui en jachère des questions essentielles : rien de moins que celles de l’intérêt, de la propriété et de l’héritage… Sera-t-il possible, interrogea-t-il les quelques cinq cent participants au colloque, d’éviter cette fois-ci « la prédation du système capitaliste ambiant dont ils [les projets d’alors] furent incapables de se protéger autrefois ? »

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