LES BANQUES MÈNENT PAR DEUX À ZÉRO, par François Leclerc

Billet invité.

Même épaulés par la BCE, Jean-Claude Juncker et la Commission auront tout essayé, mais en pure perte : l’Union bancaire va continuer de reposer sur deux de ses trois piliers. La garantie européenne des dépôts bancaires n’est pas pour demain, le ministère allemand des finances ayant hier fait savoir que « rien n’a changé » et que Berlin n’était pas prêt à engager des négociations tant qu’une « réduction sensible des risques » portés par les banques européennes n’était pas intervenue.

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COMMENT REFOULER LA MISÈRE DU MONDE ? par François Leclerc

Billet invité.

5.000 réfugiés ont la semaine dernière tenté de rejoindre l’Europe en fuyant la Libye. Seuls 2.000 d’entre eux ont été débarqués en Italie après un sauvetage en mer, les 3.000 autres ayant été refoulés par les garde-côtes libyens.

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Europe : LE CHARME MALÉFIQUE DU SURPLACE, par François Leclerc

Billet invité.

Le bon docteur Wolfgang Schäuble ayant payé de sa personne, la Commission a finalement décidé de ne pas recommander de sanctions pour déficit excessif à l’encontre de l’Espagne et du Portugal. Seul un quarteron de prêtres de la religion féroce – alliés de toujours du gouvernement allemand – a résisté avant de finalement se ranger derrière une unité de façade.

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EN RÉPONSE À L’EFFILOCHAGE EUROPÉEN, par François Leclerc

Billet invité.

Que faire quand on ne peut plus ni avancer ni reculer ? Tel est le dilemme qui paralyse une Commission sérieusement divisée, que naturellement elle résout en ne faisant rien ! Ce qui l’a conduite hier à repousser toute décision sur les situations budgétaires et fiscales espagnole et portugaise chancelantes, en attendant d’autres actes de bravoure. Comme l’a fait valoir le commissaire Pierre Moscovici, « ce n’est pas le moment adéquat, économiquement et politiquement ». Le sera-ce jamais ?

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UN TOURNANT EUROPÉEN PAS ANNONCÉ ET À PEINE ENTAMÉ, par François Leclerc

Billet invité.

En cherchant à obtenir la participation du FMI au 3ème plan de sauvetage de la Grèce, le gouvernement allemand s’est pris tout seul les pieds dans le tapis, ne pouvant accepter ses propositions de restructuration de la dette.

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COMMENT RÉSORBER LA CACOPHONIE EUROPÉENNE ? par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants allemands vont-ils avoir toujours raison ? L’occasion va prochainement être donnée de le tester, les sujets de discorde avec la Commission et le gouvernement italien se multipliant. Que ce soit à propos du financement de l’accueil des réfugiés, de la présence des titres de la dette publique dans les bilans bancaires, ou des négociations avec la Grèce, d’autres musiques que la leur se font entendre.

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Zone euroQUAND VIENT LE MOMENT DES DERNIÈRES MUNITIONS… par François Leclerc

Billet invité.

Revenir sur un non-événement, est-ce que cela présente un quelconque intérêt ? Certainement, quand il s’agit de la dernière cartouche tirée par la banque de dernier ressort, la Banque centrale européenne.

La plupart des commentateurs se sont noyés dans les détails de son programme d’achat de titres sans se poser la seule question qui vaille : va-t-il contribuer ou non à relancer l’activité économique et créer une dynamique vertueuse, son véritable objectif ? Certes, Mario Draghi a une fois de plus réaffirmé que la banque centrale ne peut pas régler tout à elle toute seule, et qu’il appartient à la Commission et aux gouvernements de jouer aussi leur partie, mais en quoi consiste exactement la sienne ?

Son objectif est d’obtenir que les établissements financiers, dont les titres obligataires vont être achetés par les banques centrales nationales, utilisent le produit de leurs ventes pour développer le crédit aux entreprises et aux particuliers, et que cela enclenche une dynamique. Une fois évacuées les sempiternelles considérations sur le retour de la confiance, qui ne sont pas d’un grand secours, que pouvons-nous réellement attendre des banques, les vrais arbitres de la situation ?

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MIRACLE, ILS CHANGENT L’OR EN PLOMB ! par François Leclerc

Billet invité.

Il est arrivé à la BCE ce que la Commission de Bruxelles venait de subir : à peine un mirifique projet est-il énoncé qu’il est sans plus tarder démonté et considéré comme ne pouvant atteindre ses objectifs. Et il est proposé que la BCE achète les tranches les plus risquées des CDO du plan d’investissement Juncker, au prétexte qu’elles seront garanties par la Commission. Dans cette histoire, qui est l’aveugle, qui est le paralytique ?

La BCE est désormais suspectée de préparer un assouplissement quantitatif de gagne-petit, additionnant la portée présumée de ses différents programmes, dont celui-ci quand il sera décidé, pour aboutir à l’augmentation annoncée de 1.000 milliards d’euros de la taille de son bilan. Mais des calculs sur un coin de nappe d’analystes réputés, comme ceux de l’institut Bruegel, aboutissent à des estimations du double si l’on veut que la création monétaire en question remplisse son office présumé. Parallèlement, il est tenu pour acquis que la BCE organisera ses achats au prorata de la participation des banques centrales nationales à son capital, afin d’éviter toute accusation de financement de la dette publique d’un pays en particulier.

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LE MARCHÉ, NOTRE SAUVEUR ? par François Leclerc

Billet invité.

En écoutant les grands décideurs de notre monde, on se demande parfois : « mais où vont-ils chercher tout cela ? ». Le sujet du moment qui nous vaut de nous interroger à nouveau est celui de la relance par l’investissement, le dernier thème à la mode. « Nous ne suggérons pas que la zone [euro] se dirige vers une récession, mais nous disons qu’il existe de sérieux risques que cela n’arrive si rien n’est fait », a prédit en marge de l’assemblée générale du FMI Christine Lagarde, dans une de ces déclarations balancée dont elle a le secret, associant la relance à la poursuite de « réformes structurelles potentiellement douloureuses ».

Mais faut-il privilégier l’investissement privé ou public ? et accessoirement, dans quels secteurs investir ? A la seconde question, le FMI n’apporte qu’une réponse très générale – les transports et l’énergie – tandis que la Commission et la Banque européenne d’investissement (BEI) doivent remettre en décembre prochain un rapport sur le sujet, rajoutant l’économie numérique aux secteurs identifiés par le FMI. Continuer la lecture de LE MARCHÉ, NOTRE SAUVEUR ? par François Leclerc

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AU PARLEMENT EUROPÉEN, LA CRISE POLITIQUE DÉBORDE, par François Leclrerc

Billet invité.

La crise politique qui parcourt toute l’Europe trouve son expression naturelle au Parlement européen, à l’occasion des auditions des candidats aux postes de commissaires. Une grande coalition composée des sociaux démocrates, des libéraux et des groupes de droite (PPE) avait pourtant été constituée avec pour objectif de garantir que les choses se passent sans mal. Mais tout est allé de travers, et une réunion de crise va réunir mardi ses protagonistes avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, afin d’éviter une catastrophe lors du vote d’investiture prévu le 22 octobre prochain.

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Europe : QUI C’EST QUI COMMANDE ICI ? par François Leclerc

Billet invité.

Tandis que les spéculations vont bon train à propos de la composition de la nouvelle Commission de Bruxelles, ainsi que son passage prochain devant le Parlement européen, un affrontement se déroule entre la BCE et les gouvernements allemand et français, vis à vis duquel le gouvernement italien tente de prendre ses distances. Remarquons simplement, pour y sacrifier à notre tour, que les contre-emplois vont pulluler à Bruxelles. Le Français Pierre Moscovici est en charge des procédures pour déficit excessif ; proche de la City, le Britannique Jonathan Hill a la responsabilité des services financiers ; le Néerlandais Frans Timermans qui va couvrir les relations inter-institutionnelles est connu pour minorer le rôle du Parlement européen ; enfin l’Espagnol Miguel Arias Cañete, en charge de l’énergie, est impliqué dans une affaire de conflit d’intérêt avec une compagnie pétrolière…

Revenons aux affaires sérieuses, avec l’enquête de l’agence Bloomberg, ainsi que l’article du Financial Times rédigé avec le concours de ses correspondants à Berlin, Paris, Rome et Londres. Selon ces sources journalistiques, il se confirmerait que Berlin et Paris s’opposent au projet de la BCE de faire acquérir par le Banque européenne d’investissement (BEI) et les fonds d’investissement nationaux les tranches dites mezzanine dans le jargon financier : à mi-hauteur entre les tranches junior et senior – d’ABS émis par les banques et que la BCE n’en achète que les tranches senior à faible risque.

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L’actualité de demain : NOUVEAU DÉCOR, MÊME SCÉNARIO, par François Leclerc

Billet invité

Avec l’émergence de désaccords publics au sein de la Troïka, cet assemblage de circonstance, ainsi qu’entre le gouvernement allemand et la Commission européenne, le fond du prochain décor est mis en place. D’un côté le FMI prend de plus en plus ses distances avec la stratégie de désendettement poursuivie – et l’on apprend par Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, qu’il ne participerait pas à de nouveaux plans de sauvetage – de l’autre la Commission tente sans succès d’imposer une vision de l’union bancaire mutualisant le financement des futurs renflouements bancaires (et la plaçant au centre du dispositif) rejetée par le gouvernement allemand.

Le FMI a utilisé l’exemple de la Grèce pour préconiser une nouvelle restructuration de sa dette, après avoir évalué sa solvabilité et conclu qu’un remboursement n’était pas réaliste. Mais cette même analyse ne serait-elle pas également valable pour le Portugal ? Si les chiffres portugais de la dette publique donnent moins le vertige que ceux de la Grèce, ils illustrent cependant la même impasse financière. Les épisodes en cours de la crise politique portugaise anticipent d’ailleurs le retour sur le marché du pays au printemps prochain en conduisant le président de la République à appeler par précaution à des élections anticipées dès le lendemain et à la constitution d’un gouvernement de salut national. Toutefois, dans les deux cas, la même solution se profile qui va éluder toute remise de peine sur la dette et privilégier un allongement du calendrier de son remboursement à la faveur d’une restructuration qui ne dira pas son nom (bien que cela en soit une également). Cela ne fera qu’allonger la durée de la peine pour ne pas trancher, selon un schéma si l’on peut dire éprouvé, et s’inscrira naturellement dans ce qui a été déjà annoncé : au doigt mouillé, une décennie de désendettement et de récession plus ou moins larvée pour l’Europe.

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L’actualité de la crise: confusions et indécisions, par François Leclerc

Billet invité.

CONFUSIONS ET INDECISIONS

En peu de temps, de nombreux éléments concordants sont venus accréditer l’idée que nous sommes probablement au début d’un tournant de la crise. Sans être en mesure de comprendre où celui-ci va nous conduire. Comme si tous les discours dont nous avons jusqu’à maintenant bénéficié étaient épuisés, leurs veines taries, que le temps des pronostics de circonstance était révolu, et qu’il allait falloir passer d’une manière ou d’une autre à l’acte, mais lequel  ?

On perçoit dans l’actualité qu’une réelle incertitude s’approfondit dans les milieux qualifiés de décisionnaires, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, selon des modes et des sujets différents. A laquelle semble correspondre une non moins réelle et palpable indécision. L’heure est encore à l’énumération des multiples dangers qui nous menacent, celui des déficits publics ayant succédé à celui de l’inflation, qui n’était plus crédible, sans que l’on soit encore franchement entré dans le vif des sujets qui risquent de fâcher. Il faudrait en tirer les conséquences, mais lesquelles précisément ?

A Washington, on est étourdi par une multiplication d’initiatives qui partent un peu dans tous les sens. Venant du Congrès ou de l’administration, toutes témoignent, dans leurs genres respectifs, de la même exigence ressentie par leurs acteurs : aller à la rencontre de l’opinion publique, à défaut de résoudre l’essentiel de ce qui la préoccupe, c’est à dire le chômage. Alors que les mégabanques poursuivent sur leur brillante et impudique lancée.

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