Conférence sur le climat : un curieux leadership !, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Également sur son propre blog.

En vue de la Conférence de Paris sur le climat de décembre prochain, les participants doivent remettre dès maintenant leurs contributions aux Nations-Unies. Sans perdre de temps, l’Union européenne vient de remettre la sienne. Dans un entretien au Monde daté du 31 mars 2015, le commissaire européen au climat et à l’énergie, Miguel Canete, se félicite que l’Union européenne affirme ainsi son leadership. Il confirme que dans ce document l’Union européenne s’engage à réduire d’au moins 40% ses gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Comme des objectifs, aussi nobles soient-ils, n’ont qu’une valeur limitée s’ils ne sont pas immédiatement accompagnés de la définition des moyens, Miguel Canete précise que cet objectif pourra être atteint de deux manières : grâce à des « actions fortes de décarbonisation » et grâce au « développement des énergies renouvelables ».

A la question plus précise « Pourquoi l’Europe s’est-elle orientée vers un marché du carbone et non vers une taxe carbone ? », le commissaire européen répond : « Nous avons mis en place un marché du carbone pour lancer un signal aux entreprises. S’il est puissant, il sera plus facile d’avancer vers la décarbonisation. Des pays comme la Chine ou les Etats-Unis ont aussi leur marché carbone, mais notre modèle est le plus organisé au monde, avec son mécanisme de droits d’émission diminuant année après année ».

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La fiscalité environnementale mérite un vrai débat à l’heure de la constitution d’un nouveau gouvernement belge, par Frédéric Chomé 

Billet invité. À propos de « Bruno Colmant : il faut avantager l’épargnant qui prend des risques », à la rtbf.

Ce mardi 5 août, Bruno Colmant proposait sur la Première de renforcer les avantages fiscaux aux investisseurs qui prennent des risques, de shifter la fiscalité du travail vers la consommation et il notait au passage que la fiscalité environnementale est « un peu évanescente ».

Nous pensons a contrario qu’en période de confection budgétaire, lorsque les prix sont bas et que le risque de déflation nous guette, une fiscalité environnementale ambitieuse et bien pensée est précisément l’un des piliers de la réforme de nos sociétés, qui pourra contribuer au budget bien plus largement qu’une hausse généralisée de la TVA d’1%, tout en étant plus équitable pour toutes les tranches de la population si elle est assortie de mesures compensatoires favorisant les comportements respectueux de l’environnement. Tentative d’explication en quelques paragraphes.

Le problème essentiel tient à l’assiette de la fiscalité environnementale, que l’on cantonne souvent aux seuls carburants et combustibles, déjà fortement taxés, dont certains citoyens précarisés dépendent fortement et dont les prix sont perçus par les agents économiques comme un critère de compétitivité économique.

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UN EFFET DE LA COMPLEXITÉ NON MAîTRISÉE, par Jacques Seignan

Billet invité

Voici une illustration de la composante « complexité » du soliton qui grossit inexorablement et risque de tout balayer!

Obama reconnait que sa réforme Patient Protection and Affordable Care Act dite Obamacare est en très grande difficulté ; en fait, elle tourne au fiasco puisque le site internet n’a enregistré que 27.000 adhésions alors que 7 millions sont escomptées au 31 mars 2014. Nul – à part les fascistes libertariens – ne doit s’en réjouir car cela représente aussi des millions de gens laissés dans la détresse de ne pouvoir se soigner.

Exactement comme pour la loi Dodd-Frank supposée réguler Wall-Street, qui comprend des milliers de pages, cette réforme est plombée par la complexité de sa mise en œuvre et ce dès le début.

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RÉPONSE À LA RÉPONSE (L’interprétation tendancieuse d’un écheveau difficilement démêlable, par Bertrand Rouziès-Léonardi), par Cédric Mas

Billet invité.

Ton analyse, Bertrand, ne me convient pas, même après ton éclairante réponse pour deux raisons :

1) L’écotaxe contestée aujourd’hui n’a rien d’écologique et ne correspond pas au principe pollueur/payeur puisque c’est le consommateur final (ou le producteur trop faible pour résister aux pressions de la distribution) qui paie.

Le pauvre que tu cites va la payer cette taxe, pas le transporteur ni les plus gros pollueurs (l’exemple des containers ou des transports aériens est éloquents de ce double discours : écotaxe pour les routes départementales et nouvel aéroport à Nantes).

Il nous appartient de dépasser les habillages marketing donnés par le pouvoir pour faire passer en force les projets les plus délirants, alors qu’il y a tant de réformes indispensables qui sont enterrées. Or le détail de la mesure montre qu’il n’en est rien : elle n’a d’écologique que le nom, « lavant à côté de la tache » et laissant les pollueurs sans surcoût, et les bonnes volontés sans solutions alternatives. Je t’invite à jeter un oeil sur les sites officiels, c’est rapide.

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L’INTERPRÉTATION TENDANCIEUSE D’UN ÉCHEVEAU PAS COMPLÈTEMENT DÉMÊLABLE : UNE RÉPONSE À « CONTRESENS ET DÉRIVES » par Cédric Mas, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité.

Bonjour Cédric, Tu peux pointer des « faux sens » dans mon analyse – ce n’est qu’une analyse à chaud, comme il en fleurit naturellement et en toute saison sur un blog – mais parler de contresens est exagéré, car cette « jacquerie » (terme dont je dénonce l’impropriété dans la bouche d’un historien) agrège beaucoup de monde et des catégories professionnelles très différentes, comme tu le reconnais toi-même.

L’écheveau n’est pas complètement démêlable et il n’est pas certain que les acteurs eux-mêmes sachent très bien pour qui et pourquoi ils se battent réellement, au-delà de la cible facile que leur présente l’État. Restent le phénomène de cristallisation en ras-le-bol global qui ne fait pas dans le détail – il suffit de parcourir le défouloir des forums – et la récupération qui en est faite par les faiseurs et aiguilleurs de l’opinion. Si tu ne t’empoignes pas aussi avec les chiens de garde, quand ils élucubrent, c’est comme si tu abandonnais avec morgue l’agora aux sophistes. Ils ne demandent que cela.

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CONTRESENS ET DÉRIVES : UNE CRITIQUE DE « À CHAQUE PEUPLE LES COMBATS DONT IL EST DIGNE » par Bertrand Rouziès-Léonardi, par Cédric Mas

Billet invité.

Bertrand, je qualifie de contresens ton analyse dans ce billet assimilant la fronde qui saisit la Bretagne contre l’écotaxe aux divers mouvements anti-impôts suscités récemment par des pseudo-mouvements spontanés mais reposant sur la doxa néo-libérale « classique » (« pigeons », mais aussi réaction aux tentatives de taxer les PEL et PEA à 15 %…). C’est à mon avis donner à ce mouvement qui part du tréfonds des classes laborieuses, moyennes ou populaires, et qui a reçu un soutien général (y compris de fonctionnaires) un sens qui n’est pas son sens principal. D’où le terme de contresens. Tu opposes dans ce texte ainsi les manifestations contre les politiques de rigueur en Grèce, parées de toutes les vertus (défense de la démocratie, etc. alors qu’en Grèce ils tentent de résister à de nouveaux impôts), à ces manifestations qui seraient nécessairement une nouvelle ruade des anti-État et ne mériteraient qu’opprobre et condamnation morale.

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