SOINS PALLIATIFS POUR UNE EUROPE EN FIN DE VIE, par François Leclerc

Billet invité.

La discipline fait la force des armées. C’est tout le sens des toutes nouvelles recommandations du Conseil des experts économiques allemands, qui bénéficient du statut de « sages », c’est-à-dire au-dessus de la mêlée. D’où l’importance de leur conclusion : un pays – « non coopératif en permanence » et incapable de faire face à ses dettes – doit quitter l’euro en dernier ressort. Nous n’en sommes plus à la suspension de quelques années proposée à la Grèce par Wolfgang Schäuble.

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Nous sommes las, M. Valls, de votre politique, par Les Amis du Blog de Paul Jorion

Une discussion interne au groupe Les Amis du Blog de Paul Jorion a conduit à vouloir faire de ce texte, un texte collectif, rédigé au nom du groupe. La question qui se pose maintenant et sur laquelle nous attendons vos commentaires, c’est : « Faut-il faire de cette lettre, une véritable pétition, à proposer à la signature de tous les Français ? ».

« Et je demande : où sont les intellectuels, où sont les grandes consciences de ce pays, les hommes, les femmes de culture, qui doivent monter, eux aussi, au créneau ? Où est la gauche ? » (discours du Premier Ministre M. Valls à Limoges, le 5 mars 2015).

Nous sommes là, M. Valls. Partout, tout autour de vous. Mais vous ne pouvez pas nous voir.

Ce n’est point faute d’avoir manifesté notre présence, à de multiples reprises, d’avoir envoyé des signaux comme des fusées de détresse.

À mesure que le temps passait, il nous a bien fallu nous rendre compte de l’évidence : vous ne pouvez pas nous voir car vous semblez atteint de cécité.

Vous refusez de voir que l’abstention croissante des citoyens ‘de gauche’ fait mécaniquement augmenter le Front National. Les causes à ce retrait du champ électoral (mais pas du champ politique, lequel n’est pas réduit heureusement aux seules élections) sont pourtant limpides : vous conduisez, M. Valls, une politique de droite, une politique d’austérité, une politique dont les effets alimentent le Front National.

50 milliards d’économies seront imposés pendant les trois années qui suivront, aux collectivités locales, à l’État et à la Sécurité Sociale, réduisant un investissement public nécessaire pour relancer l’économie, réduisant d’autant la capacité des institutions publiques à répondre aux besoins des citoyens les plus fragilisés par une crise toujours en cours.

Dans le même temps, le CICE (Crédit d’Impôts pour la Compétitivité et l’Emploi) et le Pacte de Responsabilité ont été institués, permettant une baisse des cotisations patronales de 41 milliards, sans contrepartie quant à des embauches, pour les entreprises.

En comparaison, les 5 milliards attribués à la baisse des cotisations sociales des salariés, à une suppression de la première tranche d’imposition sur les revenus et à une revalorisation des minima sociaux permettent de comprendre les raisons de notre désaffection.

La politique d’austérité budgétaire, imposée par le gouvernement allemand à l’ensemble de l’Europe, n’a pas non plus été critiquée, encore moins rediscutée, lorsque le nouveau gouvernement grec a recherché des appuis en Europe, appuis que le gouvernement français ne lui a pas fournis.

Enfin, quand vous parlez d’un « apartheid territorial, social, ethnique » en France, vous ne tirez pas les conclusions logiques qui devraient s’imposer d’une telle affirmation, a minima en mettant en œuvre les moyens au niveau nécessaire pour détruire un tel « apartheid ». Ce type de posture ne peut qu’alimenter le Front National.

Pour toutes ces raisons, nous avons donc disparu de votre champ de vision, mais nous sommes toujours des citoyens français et nous sommes désormais bien las de votre politique.

Nous n’acceptons pas vos discours culpabilisants quant à la montée du Front National, a fortiori de la part d’un Premier Ministre qui conduit une politique qui n’a mené qu’à une augmentation du chômage et à une aggravation de la pauvreté en France.

Nous voterons donc désormais comme nous le pourrons, pas à droite, ni pour un parti qui conduit une politique d’austérité, évidemment pas pour le Front National. Nous voterons à gauche, nous voterons blanc ou nous nous abstiendrons, peut-être.

Mais nous n’assumerons pas pour vous les effets de votre politique, M. Valls.

Nous sommes des femmes et des hommes, des citoyens, provenant de la Culture ou non, intellectuels ou pas, nous avons notre conscience, grande ou petite, nous sommes de gauche et nous sommes déjà au créneau.

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Loi Macron : le point le 17 février en fin d’après-midi, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Ils sortent l’artillerie lourde : Valls à Tf1 ce soir et Macron chez Bourdin demain matin.
La peur a changé de camp.

Par ailleurs, tout étant lié, qu’Hollande et Merkel devront dans les jours et les semaines qui viennent prendre leurs responsabilités face à ce choix : assurer la pérennité de l’Europe et de l’euro ou assurer la pérennité de leur majorité interne à chacun, le choix d’une option induisant automatiquement un effet sur l’autre option.

Merkel va devoir choisir avant vendredi.
Hollande vient de faire un choix : le 49-3.
Il sera lourd de conséquences dans les semaines et mois à venir.
Mais Hollande a l’avantage, lié à la Constitution française, que n’a pas Merkel : il peut suivre le changement de majorité éventuelle au PS (l’endosser politiquement) et faire sauter le fusible Valls, et il peut même dissoudre l’Assemblée Nationale.

Rien n’interdit de penser qu’Hollande joue le calendrier, puisqu’il dispose encore de plusieurs mois pour cela (concernant l’Europe et l’euro, il laisse à Merkel la responsabilité d’endosser l’effondrement ou le maintien, pour mieux se concentrer sur la situation interne).

D’abord l’Europe, en laissant faire la carte grecque contre les Allemands et l’austérité.

Le soutien, souterrain (pour éviter d’avoir à se positionner face à l’Allemagne), de Hollande à la Grèce rejoint celui de Juncker et Moscovici à la Commsission européenne et est en train de marquer des points (accord en vue).

Puis, si cela devait devenir impératif politiquement, laisser faire la carte des ‘frondeurs’ au PS contre Valls (et l’austérité), actant ensuite du changement de majorité au sein de la majorité présidentielle : changement de gouvernement, changement de politique (fin de l’austérité, couplé à celle, européenne, combattue par la Grèce contre l’Allemagne).

Pour mieux endosser les deux, ensuite, et changer de politique avant les régionales (celles-ci ne sont pas, encore, perdues).

Pas sûr que cela le sauvera non plus …

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Crédits structurés des collectivités locales : Le gouvernement le dos au mur, par Marc Le Son

Billet invité.

De nombreuses collectivités locales ont emprunté de Dexia des crédits qualifiés de « toxiques » parce qu’ils subissent une augmentation plus importante que celle des parités monétaires auxquelles ils sont souvent indexés, notamment le franc suisse.

Pour désamorcer la bombe déstabilisant les finances des hôpitaux, départements et communes et l’accroissement inévitable à court terme des impôts locaux, le gouvernement a mis en place un « fonds de soutien » destiné à permettre de substituer un taux fixe à celui indexé en prenant en charge une partie des importantes indemnités de réaménagement (IRA) réclamées par Dexia ou sa filiale, reprise par la SFIL contrôlée par l’Etat, qui a entendu s’autoamnistier d’une partie des errements passés.

Mais la valeur du franc suisse vient de s’envoler, les taux d’intérêts de ces « prêts toxiques » sont immédiatement doublés ou triplés au point d’atteindre parfois 50% (cas de la ville de Laval), les IRA s’envolant alors au point que ces acteurs publics trouveraient illusoire le recours au fonds de soutien et seraient tentés de gonfler les recours judiciaires.

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Syriza en France, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alexis Tsipras a donc pris donc ses responsabilités, face à l’Europe et face à ses électeurs mais en Europe, il faudra bien aussi que des responsabilités soient prises.

C’est notamment le cas en France puisque des élections cruciales arrivent bientôt, avec les cantonales en mars 2015. Cela peut ainsi paraître étrange de donner à ces élections une valeur majeure mais celles-ci sont de fait essentielles au parti au pouvoir, le Parti Socialiste, lequel est structurellement dépendant de ses élus locaux. Si comme cela pourrait se confirmer des effets d’éviction des candidats du PS par un fractionnement des alliances, notamment des Verts s’alliant dans des centaines de cantons à la gauche de la gauche, devaient se produire, un nombre important d’élus locaux PS se verraient distancés au premier tour, soit par des candidats de gauche ‘alternatifs’, soit par le FN.

La résultante serait politiquement catastrophique pour le PS et le pouvoir exécutif car les opposants au sein du PS verraient ainsi confirmer leurs propres positions lors du prochain congrès en juin 2015.

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L’avenir de la Grèce… et le nôtre

Voici donc que l’avenir européen redevient passionnant. Des élections législatives auront lieu en Grèce fin janvier, conséquence de l’impossibilité de nommer dans cette nation un nouveau président de la république, et le parti de gauche authentique (je veux dire par là « digne de ce nom ») Syriza en est aujourd’hui le favori.

En Espagne, le parti Podemos, né dans le sillage du mouvement des Indignados, a lui aussi le vent en poupe.

Si bien que la question se pose avec acuité : pourquoi est-ce en France l’extrême-droite qui tire les marrons du feu, alors que l’histoire prouve qu’au moment où les décisions cruciales doivent être prises, l’extrême-droite se mue immanquablement en chien de garde du système capitaliste aux abois ?

Quand les milieux d’affaire allemands dirent à Hitler : « Maintenant tu mets la pédale douce sur l’anticapitalisme et on est derrière toi ! », l’homme éminemment réaliste qu’il était s’est couché comme un toutou. Finis aussitôt les dithyrambes à un Ordre Économique véritablement Nouveau ! Gottfried Feder en sait quelque chose : théoricien entre tous de l’anticapitalisme et, au sommet de sa carrière authentique mentor d’Hitler, il finira au rang beaucoup moins prestigieux de… professeur d’école technique.

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La dynamique européenne : À bon entendeur, salut !, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est le poids, la quantité de mouvement en cours qui rompt l’équilibre, cet équilibre si instable et si difficilement acquis que l’on observe dans ce « no man’s land » politique et économique que nous connaissons actuellement.

« Il faut parler aux Allemands » a pu dire Paul Jorion à la télé. Car si Angela Merkel semble vivre une apogée sans déclin ces derniers temps, avec une réélection massive à la tête de son parti, cela ne peut masquer ce qui pourrait bien être le début d’un chant du cygne dans un de ces moments où tout semble redevenir possible. Car la position politique de la CDU/CSU se fragilise en Allemagne. En premier lieu, ce fut le FPD qui disparut, laissant place à la ‘grande coalition’ avec le SPD des sociaux-démocrates. Et en second lieu, c’est l’émergence d’un nouveau parti, europhobe, l’AfD, qui tend à tailler des croupières tant au SPD qu’à la CDU, sans oublier les manifestations de rues des islamophobes dont tous ne sont pas d’extrême-droite ou de partis nazis. Le vote conservateur de droite a cependant bien davantage à perdre que le vote conservateur de gauche en la matière.

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TOUT LEUR RÉUSSIT, ENCORE UNE FOIS BRAVO ! par François Leclerc

Billet invité

« Retenez-moi, sinon je fais un malheur ! ». Tel est en substance le message que la nouvelle Commission européenne vient d’adresser faute d’inspiration aux mauvais élèves que sont l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, Malte et le Portugal. Quelques mois leur sont accordés, le temps de trouver une autre manière de gagner du temps. Des engagements ont été pris pour redresser la barre, mais ceux du gouvernement français restent confidentiels, comme s’ils n’étaient pas assumés ou non destinés à être plus tard vérifiés, sans doute les deux à la fois.

Pour saluer cette difficile et courageuse décision, le Commissaire Pierre Moscovici a su trouver les mots qu’il faut, qualifiant cette temporisation de « politiquement et économiquement justifiée » tout en faisant valoir que « la Commission est là pour faire appliquer les règles, avec flexibilité mais sans créativité excessive ». Pourquoi d’ailleurs se précipiter ? L’inflation est encore à 0,3 % en zone Euro, selon les derniers chiffres d’Eurostat, le rythme de sa décélération ne s’aggravant pas, peut-on faire remarquer aux Cassandre, celui de l’inflation sous-jacente étant stabilisée pour l’instant.

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Les propositions de Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Penser l’économie autrement » (III) Le défaut sur la dette est-il inévitable dans la zone euro ?

Couverture choisie

Il est paradoxal de constater qu’aujourd’hui, avec une dette de 92,6 %, la zone euro ne pourrait pas intégrer… la zone euro. Nous sommes en effet très éloignés des 60 % requis par le Traité de Maastricht. Aujourd’hui, la zone euro devrait consacrer un an de sa production pour rembourser sa dette. Est-ce tenable ?

Bruno Colmant : Et les chiffres qui sont cités ne tiennent même pas compte du surcoût des pensions lié à une espérance de vie plus longue !

Toute dette doit être mesurée de manière prospective. Il s’agit d’évaluer sa soutenabilité ou supportabilité dans le futur et de mesurer la prospérité qu’elle est censée avoir créée. Si un pays affiche une dette de 200 % du PIB mais que l’on y découvre par exemple un important gisement de pétrole, le problème est évidemment moins aigu. Mais si la soutenabilité n’est pas assurée, cette dette peut être remise en cause et disqualifiée. Dans la zone euro, je pense que l’on ne pourra pas imposer cette soutenabilité aux générations futures.

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COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

Billet invité.

Jour après jour, les nouvelles tombent et vont dans le même sens :, celui de la détérioration de la situation en Europe. Selon l’Office fédéral de statistiques, la production industrielle allemande enregistre une chute de 5,7% en août, et il est difficile de la résumer au contrecoup de la forte progression de juillet dernier afin de ne pas y voir un signe de faiblesse n’ayant rien de conjoncturel. La croissance s’était déjà contractée en Allemagne au second trimestre, va-t-il en être de même au troisième, ce qui signifierait techniquement une récession ? La baisse enregistrée est principalement à attribuer aux exportations, en premier lieu en-dehors de la zone euro (là où sont placés tous les espoirs), mais le ralentissement des exportations est général, au sein de la zone comme vers les pays de l’Est européen et les pays émergents. Le modèle du salut par l’exportation n’en sort pas confirmé.

Pour la zone euro, les prévisions d’inflation à cinq ans continuent de diminuer, tandis que celles à deux ans le font encore plus fortement. Elles s’établissent à 1,094% aujourd’hui, pour un objectif d’inflation de la BCE « proche de 2% », rappelons-le. L’Istat, l’institut italien de statistiques, ne décèle aucune amélioration à ce sujet à l’horizon qui est le sien. Il prévoit par ailleurs une progression du PIB de la zone euro de 0,2% aussi bien au 3ème que 4ème trimestre, et de 0,3% au premier trimestre de l’année prochaine (et il s’agit de moyennes !). Cette très faible croissance profiterait avant tout de l’effet d’entrainement des nouvelles liquidités déversées par la BCE, selon l’institut. Continuer la lecture de COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

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Europe : DEUX PÉTARDS DONT LES MÈCHES SONT ALLUMÉES POUR DE VRAI, par François Leclerc

Billet invité.

Nul besoin d’emphase pour prédire que la période à venir va être un peu mouvementée en Europe. Inutile également de fouiller en tous sens les grands dossiers qui restent désespérément ouverts et sans solution pour le montrer.

On en saura plus dès demain sur le programme d’achat d’Asset-backed securities (ABS) de la BCE, de plus en plus présenté comme sa dernière carte à jouer avant l’utilisation de l’arme atomique : un programme massif de création monétaire reposant sur l’achat de titres souverains. Il ne s’agit pas encore de cela, il s’en faut, mais cela coince déjà fortement entre la majorité des gouverneurs de la BCE d’un côté, et la Bundesbank dont le président est l’un d’entre eux ainsi que le gouvernement allemand de l’autre. Sans même éclairer tous les ténébreux recoins de cette tentative de l’avant-dernière chance, il est clair que les obstacles rencontrés par le président de la BCE sont nombreux et que ses chances de réussite ne le sont pas.

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M. Valls et l’euro, par Jean-Michel Naulot

Billet invité.

Tout en déplorant la situation déflationniste de la zone euro, le Premier Ministre a souligné dans sa déclaration de politique générale que depuis quelques mois la parité de l’euro avait évolué dans le bon sens « grâce à l’action de la France », laissant entendre qu’elle avait pesé sur les décisions de la BCE et provoqué « une baisse de l’euro de 10 centimes ». Cette déclaration comporte deux petites inexactitudes.

Imaginer qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse avoir la moindre influence sur la BCE est une curieuse illusion tant l’histoire de la BCE a démontré le contraire depuis l’origine. Il n’y a pas une banque centrale dans le monde qui ait autant d’indépendance que la banque centrale européenne. C’est très regrettable mais c’est ainsi. Au point que, dans le cadre de la Troïka et de l’hypothétique OMT, la BCE prévoit de conditionner ses interventions à la mise en place de réformes structurelles par les Etats. Inimaginable dans d’autres pays !

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Arnaud, Benoît, Cécile et les autres, tous les autres…

Ouvert aux commentaires.

Entretien hier samedi d’Arnaud Montebourg accordé au Monde, déclaration de Benoît Hamon au Parisien aujourd’hui, sans compter la sortie du livre (*) de Cécile Duflot à paraître demain, où elle écrit tout le mal qu’elle pense des partis socialistes de droite, Cécile Duflot dont Hamon dit d’ailleurs du bien dans l’article du Parisien.

Il se passe donc des choses ces jours-ci au gouvernement, au Parti Socialiste et dans l’aile gauche d’EELV. L’une des lignes de force apparaît très clairement, car elle est martelée dans cet effort probablement concerté : pourquoi des gouvernements dits de gauche en France se sentent-ils obligés d’appliquer à la lettre et le doigt sur la couture, la politique conservatrice crasse définie par un parti de droite en Allemagne ? Question que ce trio n’est pas le seul à se poser et dont je ne serais pas surpris que 80% ou 90% des Français se la posent aussi.

On en saura davantage dans la journée, puisqu’il y aura des discours prononcés à la Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse par les deux premiers susdits et par d’autres, ceux que l’on appelle désormais les Frondeurs du P.S.

La France se réveillera-t-elle différente lundi matin ? Il est trop tôt pour le dire, mais le PS se réveillera sans doute différent puisqu’il y aura très certainement une voix de gauche à nouveau audible au sein de ce parti. Le fait que le Front National s’en affole à l’avance est en soi rassurant, lui qui trônait depuis quelques années sur son OPA réussie bien qu’illégitime, sur les idées de gauche. Prudence quand même : on reparlera de tout ça lundi matin, pour dire si le soufflé est déjà retombé ou s’il se passe vraiment quelque chose au sein de la gauche en France.

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(*) De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion (Fayard)

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Croissance zéro : il faut parler avec l’Allemagne, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Paraît simultanément sur le blog de Jean-Michel Naulot.

Les chiffres qui sont publiés en zone euro depuis plusieurs mois et tout particulièrement ces jours-ci, en France comme en Allemagne, démontrent que, contrairement à ce que croyaient les dirigeants de la zone euro, la croissance ne va pas revenir comme à l’orée d’un cycle. Elle semble pour le moment condamnée à l’encéphalogramme plat, de manière durable. Quand on s’est à ce point trompé, il devient difficile d’adapter son discours. Mario Draghi cherche des explications du côté de la situation géopolitique, le gouvernement français du côté des critères de convergence, des excédents courants de l’Allemagne et de la BCE, accusée de ne pas faire davantage marcher la planche à billets, les chefs d’entreprises du côté du rythme insuffisant des réformes de structure, toujours évoquées, rarement réalisées.

Les risques géopolitiques ? Ils ne jouent qu’à la marge. Les critères de convergence ? L’Allemagne a beau jeu de rappeler que nous avons signé le Traité de stabilité budgétaire. Les excédents courants allemands ? Le problème est évident, considérable, mais la solidarité qu’exigerait le fonctionnement normal d’une monnaie unique n’est pas au rendez-vous. Dès que l’idée d’une action correctrice est évoquée, l’Allemagne oppose une fin de non-recevoir. Keynes avait pourtant démontré que la correction des déséquilibres appartient autant aux pays excédentaires qu’aux pays déficitaires. La rigueur de la BCE ? Ses statuts lui interdisent de prendre certaines initiatives et son rôle de toute façon n’est pas de se transformer en pompier pyromane. Le ministre des finances le sait bien, lui qui faisait partie du Conseil de Politique Monétaire en pleine bataille pour le franc fort. Si la BCE apportait de nouvelles liquidités aux banques, elles s’investiraient une fois de plus dans la dette souveraine domestique. Les réformes de structures ? Leurs effets bénéfiques ne se font sentir qu’après de longues années et surtout elles deviennent quasiment impossibles à mettre en œuvre lorsqu’il n’y a plus de croissance. Le pacte de responsabilité est de ce point de vue déjà mort, avant même d’avoir été rédigé dans le détail. Le désarroi est général et « les chemins semblent fermés de toutes parts ».

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ALLEMANDS, FRANÇAIS ET ITALIENS FILENT UN MAUVAIS COTON, par François Leclerc

Billet invité.

Exit la Grèce, le Portugal, l’Irlande et l’Espagne, abonnés de la rubrique des désastres et des plans de sauvetage improvisés et relégués en fond de scène, les grands de l’Europe préparent leur entrée sur le plateau et ce ne sera pas sous les acclamations !

L’Allemagne n’est plus le havre de prospérité qu’elle était, chargée d’entraîner derrière elle la zone euro, et pourrait connaître une contraction de son PIB, avant même que ne se fassent pleinement sentir les effets de la crise ukrainienne qui vont particulièrement la toucher. La production industrielle, dont les chiffres restent le premier indicateur de la santé du pays, a diminuée et n’a connu depuis qu’un faible rebond. Les exportations restent de loin le principal moteur de la croissance, exprimant la fragilité de son économie dans une zone euro connaissant une forte poussée déflationniste, en l’absence de relais dans les pays émergés.

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La fable du doigt du tsar, par Jacques Seignan

Billet invité.

Connaissez-vous la légende du « Doigt du Tsar » ? Une ligne de chemin de fer devait être tracée entre Saint-Pétersbourg et Moscou et, en 1850, le tsar Nicolas Ier eut l’honneur de tracer sur la carte cette ligne droite joignant ses capitales, située en plaine. Il prit une règle, un crayon et – pas très habile de ses mains – il traça un détour involontaire car son crayon rencontra son doigt qui tenait la règle… Mais l’histoire dit que les ingénieurs suivirent respectueusement ce tracé impérial et qu’en conséquence la ligne de chemin de fer fit une assez grande boucle (environ 17 km) qui porta ce nom bizarre (1). En fait il semblerait que ce soit juste une anecdote inventée par un écrivain russe et qu’une pente légère mais difficile pour les locomotives à vapeur de l’époque ait justifié un contournement en arrondi… Mais comme disent les Italiens « si non è vero, è ben trovato » et j’aimais bien cette fable montrant le pouvoir arbitraire d’un autocrate renforcé par la flagornerie de son entourage. Bien d’autres interventions d’un pouvoir sur un territoire avec une carte comme outil pourrait être évoquées : tels les accords Sykes-Picot qui, en découpant l’Empire ottoman en 1916, sont aujourd’hui une des sources des malheurs du Proche-Orient. Yves Lacoste a su démontrer que la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre [Maspero, 1976]. Mais travailler sur des cartes n’est pas en soi négatif. En France par exemple, le pouvoir étatique a parfois agi par la création ex nihilo de place-fortes ou de villes (Vauban à Neuf-Brisach ou les villes nouvelles de l’ère gaullienne), mais l’on pouvait se rassurer : pas d’arbitraire absolu mais des décisions, certes en partie arbitraires, fondées sur des plans pour l’avenir, basées sur une connaissance fine du territoire. Diantre, nous ne sommes pas des moujiks !

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Le changement en trompe-l’oeil, par L’homme au front

Billet invité, dont l’auteur – on le devine sans peine à la lecture – est une « source proche du gouvernement » comme l’on dit dans le jargon journalistique

Je vous écris du front. Ce qui se passe ici est hallucinant, d’une violence symbolique inouïe, d’un mépris de classe très puissant.

En fait, il ne s’agit pas de cohabitation, mais d’un changement de cheval pour le même cavalier. Le premier était trop usé, et il commençait à être évident pour tout le monde qu’il ne ferait pas le sale boulot sans renâcler. Et il était un peu amateur. Le nouveau a un avantage, c’est qu’il assume un discours républicain sécuritaire dont le pouvoir sent bien qu’il permet de maintenir l’ordre public nécessaire au maintien de la politique économique.

Toute le monde sait que la France va basculer dans la récession aux second et troisième trimestres. Tout le monde sait que le financement de l’économie n’est pas assuré par un système bancaire gangréné, que la déflation nous guette. Personne ne sait comment les 50 milliards vont être trouvés, parce qu’il n’y pas 50 milliards à soustraire à l’économie tout en faisant des transferts massifs des entreprises vers les ménages et en finançant de manière supplémentaire les efforts structurels du déficit déjà actés. Tout le monde sait que seule une réforme fiscale d’ampleur pourrait contenir les inégalités et assurer la pérennité du système mais il y aurait trop de « risque », celui de trop taxer les plus riches, celui de donner la vérité des prix, celui d’être juste et cohérent.

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UN PLAN « PLEINEMENT CONFORME AVEC LES VALEURS DE LA GAUCHE », par François Leclerc

Billet invité.

Après avoir précipitamment abandonné leur projet de négociation du calendrier de réduction du déficit (non sans voir obtenu « un rythme un peu moins rapide » d’après Michel Sapin, comprenne qui pourra), les socialistes français cherchent à présenter sous le meilleur jour possible le plan d’économie de 50 milliards d’euros sur trois ans de Manuel Valls, le premier ministre français. Dénommé « pacte de responsabilité », celui-ci représente un important transfert des revenus des particuliers vers les entreprises, en application de leur « politique de l’offre ».

Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, juge le plan gouvernemental « pleinement conforme aux valeurs de la gauche », tandis que Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, s’abritait derrière une formule : « des efforts oui, des sacrifices non ! ». Dès hier soir, Arnaud Montebourg réclamait des « contreparties » aux économies annoncées par Manuel Valls (dont les effets précis sur les finances des collectivités locales sont encore à venir) sous forme d’un changement de cap « tant sur la politique monétaire que sur le plan de relance par les investissements ». Il appelait en particulier la BCE à passer à l’acte afin de contrer l’appréciation de l’euro en lui donnant comme modèle la politique monétaire de la Fed. Toujours le fantasme de la planche à billet !

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