IL EST ENCORE TEMPS !, par Cédric Mas

Billet invité. Au cas où ce billet recevrait une réponse sous forme d’un nouveau billet, la discussion se prolongerait là.

Malgré les élucubrations des uns et les vociférations des autres, la crise économique et sociale est devenue politique puis maintenant institutionnelle. Nouveau signe de la fin d’un modèle de société inadapté aux défis que l’avenir impose à notre espèce, elle ne pourra trouver son terme que par des changements importants de nos modes de pensée, de nos paradigmes. Ce terme en est loin.

Peu importe le résultat du vote de confiance, ni la dissolution, ni la chute de la majorité politique actuellement au gouvernement ne sont des options sérieuses aujourd’hui.

Les institutions de la Vème République, telles qu’elles sont appliquées par ceux qui se disputent aujourd’hui le pouvoir, ont complètement verrouillé toute possibilité de changement pour trois ans encore.

Si le Front National progresse inexorablement, il est encore loin du pouvoir, n’en déplaise à ceux qui ne peuvent tenir ou revenir qu’en survalorisant un prétendu rôle de « rempart » d’un danger qu’ils ont tous participé à alimenter.

Dans cet entre-deux, le système actuel, bien que condamné, montre une résistance qui peut s’évaluer en années.

Il est donc encore temps de se préparer à l’après, et de se mobiliser pour que cet après se réalise.

Continuer la lecture de IL EST ENCORE TEMPS !, par Cédric Mas

Partager

La démocratie ne serait-elle pas simplement de proposer des alternatives aux citoyens ?, par Michel Leis

Billet invité. Réponse à Quémander ou définir son pouvoir ?, par Zébu. Au cas où ce billet recevrait une réponse sous forme d’un nouveau billet, la discussion se prolongerait là.

Sans vouloir jouer les rabat-joie, tout cela me rappelle un peu les débats de « Nouvelle donne » : tout le monde saute sur son siège (mail) comme un cabri en criant « La démocratie ! La démocratie ! » La dérive actuelle du pouvoir interrogerait de manière urgente le fonctionnement des institutions.

Cette dérive n’est-elle pas tout simplement celle d’une élite vivant en circuit fermé et se passant en boucle le même programme dans une vidéothèque qui n’aurait qu’un seul film ? Le FN en présentant un programme en apparence différent avec un dirigeant qui s’est construit de toute pièce une virginité politique (!) n’a-t-il pas trouvé la martingale gagnante, au-delà de la stratégie désastreuse des autres partis ?

Pas de démocratie sans un rééquilibrage violent (vu l’ampleur du déséquilibre) avec les 1%. Pas de rééquilibrage sans un programme économique et social d’ampleur… Pas de programme sans une ou plusieurs personnalités pour le porter. C’est bien là que le bât blesse, car dans l’exercice démocratique que sont les élections, ce sont des alternatives qui n’en sont pas (le passager clandestin schizophrène) qui risque d’arriver au pouvoir… Par les urnes !

Réformer les institutions et créer une VIe, une VIIe ou une VIIIe République est une tâche noble, mais elle mobilise l’énergie qui devrait servir à construire un programme alternatif. Le sens de la démocratie ne serait-il pas le rééquilibrage des rapports de forces, afin que chacun puisse faire valoir ses droits, aller sans crainte dans la cité comme à son travail ? La démocratie ne serait-elle pas simplement de proposer des alternatives aux citoyens, plutôt qu’espérer (hypothétiquement) les voir surgir de la base, par le seul miracle de structures et de formes nouvelles. Ce serait un vrai miracle, je vous le dis !

Partager

« Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! », par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

« Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! [1] »

Connaissez-vous la raison qui fait que le PS est au pouvoir, et pas (encore) le FN ?

Elle tient, entre autres, dans la structure même de la détestation des partis politiques par les Français.

Ainsi, si 85% des Français pensent que les partis politiques ne sont pas proches des réalités quotidiennes, ou 82% d’entre eux qu’ils ne sont pas adaptés à la situation du pays, 75% des Français jugent avoir une mauvaise opinion du PS, quasiment à jeu égal concernant le FN (74%).

La différence provient surtout quant à l’opinion entre les deux partis politiques, de la structuration de leurs mauvaises opinions : pour le PS, les ‘très mauvaises’ représentent 27% des réponses quand pour le FN cette catégorie en représente 48%, et les ‘assez mauvaises’ 48% pour le PS et 26% pour le FN [2].

Continuer la lecture de « Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! », par Zébu

Partager

Arnaud, Benoît, Cécile et les autres, tous les autres…

Ouvert aux commentaires.

Entretien hier samedi d’Arnaud Montebourg accordé au Monde, déclaration de Benoît Hamon au Parisien aujourd’hui, sans compter la sortie du livre (*) de Cécile Duflot à paraître demain, où elle écrit tout le mal qu’elle pense des partis socialistes de droite, Cécile Duflot dont Hamon dit d’ailleurs du bien dans l’article du Parisien.

Il se passe donc des choses ces jours-ci au gouvernement, au Parti Socialiste et dans l’aile gauche d’EELV. L’une des lignes de force apparaît très clairement, car elle est martelée dans cet effort probablement concerté : pourquoi des gouvernements dits de gauche en France se sentent-ils obligés d’appliquer à la lettre et le doigt sur la couture, la politique conservatrice crasse définie par un parti de droite en Allemagne ? Question que ce trio n’est pas le seul à se poser et dont je ne serais pas surpris que 80% ou 90% des Français se la posent aussi.

On en saura davantage dans la journée, puisqu’il y aura des discours prononcés à la Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse par les deux premiers susdits et par d’autres, ceux que l’on appelle désormais les Frondeurs du P.S.

La France se réveillera-t-elle différente lundi matin ? Il est trop tôt pour le dire, mais le PS se réveillera sans doute différent puisqu’il y aura très certainement une voix de gauche à nouveau audible au sein de ce parti. Le fait que le Front National s’en affole à l’avance est en soi rassurant, lui qui trônait depuis quelques années sur son OPA réussie bien qu’illégitime, sur les idées de gauche. Prudence quand même : on reparlera de tout ça lundi matin, pour dire si le soufflé est déjà retombé ou s’il se passe vraiment quelque chose au sein de la gauche en France.

====================================================
(*) De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion (Fayard)

Partager

Sondages sans surprise, par Michel Leis

Billet invité.

Le dernier sondage IFOP qui place Marine le Pen en tête du premier tour de la présidentielle en 2017 est juste une confirmation d’un scénario largement prévisible.

En avril 2013, j’écrivais dans un billet :

Avec un taux d’abstention élevé, porté par un rejet de la politique grandissant (et l’on ne peut que se désespérer de la conduite des partis de pouvoir actuels), un parti qui réalise entre 20 et 25% des voix peut très bien se retrouver au second tour si sa capacité de mobilisation est plus forte que celle des partis « concurrents.

D’ores et déjà, les conditions qui avaient permis l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen me semblent largement remplies ».

Continuer la lecture de Sondages sans surprise, par Michel Leis

Partager

La presse, le beurre et l’argent du beurre, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité. À propos du journal Le Monde, l’éditorial en ligne a rectifié le tir aujourd’hui dans la journée : Jean-Marie Le Pen rappelle à sa fille d’où vient le Front National.

Dans une vidéo publiée sur le site du FN, Jean-Marie Le Pen s’en est pris, d’une part à des artistes goyes anti-FN (Noah, Bedos père et Madonna), et d’autre part au seul juif du lot, Patrick Bruel. A propos duquel il a précisé : « On fera une fournée la prochaine fois ».

Aussitôt, deux membres éminents du FN l’ont critiqué, tout en niant qu’on doive nécessairement conclure à de l’antisémitisme. Louis Aliot, le gendre : « C’est une mauvaise phrase de plus. C’est stupide politiquement et consternant ». Gilbert Collard, le compagnon de route a fustigé « ces cabrioles avec les mots qui font vraiment des bleus à l’âme », et lui a suggéré de prendre sa retraite. La vidéo a été retirée du site. Marine Le Pen, la fille, a ménagé la chèvre et le chou : d’un côté, parler de « fournée » est une « faute politique » ; de l’autre, le sens donné aux propos de son père relève « d’une interprétation malveillante. »

Continuer la lecture de La presse, le beurre et l’argent du beurre, par Jeanne Favret-Saada

Partager

Qui donc « les Français » intéressent-ils encore ?, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Vendredi dernier, 6 juin, le Parisien a publié un sondage BVA sur les opinions des Français relatives aux deux questions du moment : qui voudraient-ils comme président de l’UMP ? Et lequel de ses leaders serait le plus apte à faire barrage au Front National ?

La première question veut éclairer le problème de la succession de Jean-François Copé, dont on se souvient qu’il a démissionné de la présidence le 27 mai dernier, ainsi que son bureau, devant le scandale Bygmalion. Avec le soutien des cadres non sarko-copéistes du parti, il a été remplacé par un triumvirat provisoire (Juppé, Raffarin, Fillon), et mardi prochain 10 juin, un bureau politique tranchera la question de la gouvernance jusqu’au congrès, prévu pour le 12 octobre. La seconde question portait sur le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle de 2017, mais elle comportait deux présuppositions surprenantes : 1. « Les Français » voudraient « faire barrage au Front National », et 2. L’UMP, tout autant.

Continuer la lecture de Qui donc « les Français » intéressent-ils encore ?, par Jeanne Favret-Saada

Partager

MON GRAIN DE SEL SUR LA MONTÉE DU FN, par rienderien

Billet invité.

On nous dit que le FN obtient ses meilleurs scores chez les jeunes et les ouvriers.

Quand depuis deux générations, les ouvriers qui n’ont que leur force de travail pour subsister et éduquer leurs enfants subissent le « séisme », le choc, le big bang, du chômage structurel.

Quand les ouvriers, ceux qui n’ont pas d’avenir dans le monde du plus fort, vu la meilleure compétitivité d’un plus pauvre quelque part dans le monde, défendus par des syndicats qui n’ont rien vu venir depuis quarante ans, occupés à ripoliner les murs pendant que le toit s’effondrait.

Quand les enfants de ces ouvriers, ceux que l’école a laissé en bas, à côté, à la marge, rejoignent les 20% d’illettrés par classe d’âge à la fin d’un cycle de plus de 10 ans d’enseignement !

Quand ces invisibles, les assistés, nommés « cancer de la société », ceux qui mangent des chips tranxénisés sur leur canapé, coincés entre un écran plat acheté à crédit et un tancarville, pendant que la bonne pensée mange bio, pollue renouvelable, voyage éthique, et achète équitable.

Quand festoient dans des mondes parallèles ces autres très sollicités de fondation en fondation, pendant que nous courons après des voleurs de poules alors que le renard est dans le poulailler.

Quand la démocratie exclut la colère, la haine prend la place de la démocratie.

Espérons une prise de conscience de la classe politique pour entendre son peuple, au lieu de diaboliser des ennemis que c’est elle qui engendre.

Partager

« Apopthéose », par Zébu

Billet invité. À propos de l’apoptose évoquée par Paul Jorion dans son billet L’allocution de M. Hollande, président de la République française, le lundi 26 mai à 20h.

Je ne sais pas si cela est ou non l’apoptose.

De ce que j’en ai compris, celle-ci est « le processus par lequel des cellules déclenchent leur auto-destruction en réponse à un signal », un processus programmé qui permet de précipiter la disparition d’un organe condamné.

Le problème, c’est lorsque ce processus est bloqué, parce que ladite cellule « ne veut pas mourir », ce qui engendre un cancer qui se généralise aux autres cellules : « Les cellules cancéreuses sont généralement des cellules dans lesquelles [l’apoptose] ne fonctionne plus ».

J’hésite sur l’identité de la « cellule qui ne veut pas mourir » : est-ce la cellule « Hollande » ou est-ce la cellule « classes populaires », ou les deux à la fois ?

Ou le cancer FN, dans un corps social exposé à l’explosion financière de la bombe des subprimes, puis aux rayonnements économiques qui s’ensuivirent, qui l’a créé, qui l’a entretenu, qui continue encore et toujours de l’entretenir ?

Continuer la lecture de « Apopthéose », par Zébu

Partager

Un vote dont je ne peux me réjouir, par Michel Leis

Billet invité.

Ceux qui sont déjà sortis du système n’ont plus rien à perdre. Ils ne sont plus dans le cadre et par conséquent, ils n’ont plus aucune raison de respecter qui que ce soit (personne et famille) ou quoi que ce soit (la propriété chèrement acquise).

Ceux qui bénéficient des aides sociales et qui ont baissé les bras ont compris depuis longtemps que le régime d’aide ne s’arrêterait jamais, sauf à imaginer qu’un gouvernement prenne le risque d’une insécurité totale, voire d’une révolution. Cependant, comme les budgets sociaux sont mis sous pression, une partie de ces personnes se perçoivent en concurrence avec les autres bénéficiaires de ces aides et ils trouvent dans le discours du FN une réponse à cette angoisse.

Ceux qui bénéficient des aides sociales et qui se battent encore sont dans la désespérance. Ils perçoivent combien les chances de s’en sortir et de retrouver un travail décent (ou de survivre dans un travail trop mal payé) sont minimes. Il est fatal que le discours de l’exclusion qui annonce vouloir rétrécir le champ de la concurrence dans le domaine de l’emploi trouve un écho dans cette population.

Continuer la lecture de Un vote dont je ne peux me réjouir, par Michel Leis

Partager

CATASTROPHE ANNONCÉE, par Michel Leis

Une discussion à ce sujet aura lieu cet après-midi. Les commentaires seront ouverts entre 16h et 18h sur la page Les débats du blog de Paul Jorion, précisément ici.

Billet invité.

C’est fait. Le FN a viré en tête aux élections européennes. Le moins que l’on puisse dire est que la politique française ne mérite pas le grand prix du scénario, à Cannes comme ailleurs. Cela faisait déjà  plus d’un an que sur ce blog comme dans d’autres, ce résultat était largement anticipé. Si le premier tour des élections présidentielles de 2017 devait confirmer le résultat d’aujourd’hui, MLP serait présente au deuxième tour.

Les partis nous expliqueront que rien n’est joué d’avance, qu’avec un tel taux d’abstentions, tout est encore possible, que les circonstances ne sont pas les mêmes, que la personnalisation des élections présidentielles peut conduire à des résultats totalement différents. Curieusement, ils sont rejoints en ce discours par une frange de la population qui n’adhère pourtant plus au du discours des partis depuis longtemps et que je n’hésite pas à qualifier d’incurables optimistes

Ils se trompent. Reprenons les principaux arguments un à un.

Continuer la lecture de CATASTROPHE ANNONCÉE, par Michel Leis

Partager

2017 : Prologue, par Michel Leis

Billet invité.

Bien sûr, on peut d’ores et déjà se livrer au petit jeu des commentaires, la déroute se confirme à Gauche malgré une large implantation locale. Avignon ou Paris ne sont pas de nature à changer l’analyse d’un résultat. Non le FN n’a pas gagné toutes les villes qu’il espérait conquérir, oui l’UMP affiche un large sourire en regardant le nombre de villes qui basculent de Gauche à Droite. Mais là n’est pas l’important, l’implantation locale des candidats n’est pas de nature à favoriser la percée de nouveaux venus en politique.

Comme on le pressentait depuis de nombreux mois, l’élection européenne sera la mère des batailles. Par nature ce sont des élections qui portent un vote protestataire, et l’implantation locale n’est pas un facteur déterminant du résultat. Au soir des élections européennes, deux cas de figure se présenteront : Ou Marine Le Pen arrive en tête sans qu’aucune formation ne réalise un score significatif à la gauche du PS (FdG, Nouvelle Donne), ou Marine Le Pen arrive en tête, mais dans le même temps, un vote à la gauche du PS fait aussi une percée importante.

Dans le premier cas, Marine Le Pen va conforter sa dynamique de succès, et l’absence d’une force opposée à la gauche du PS confirmera l’intuition de Jeanne Favret-Saada : la disparition de la gauche en tant que force politique. Dans le deuxième cas, il restera un espoir d’inverser cette tendance mortifère qui nous conduit peu à peu vers l’extrême droite.

Continuer la lecture de 2017 : Prologue, par Michel Leis

Partager

LE 1% ET NOUS, par Michel Leis

Billet invité.

Le 1 %, (les plus riches) qui s’oppose aux 99% (vous et moi) est en réalité un concept interstellaire qui échappe à l’entendement de la plupart des individus. On le dénonce quand on a atteint un certain niveau de compréhension de l’état des rapports de forces dans notre société, on l’instrumentalise dans certains discours (ça peut être plus grave), rien n’y fait, on est aux antipodes de la réalité vécue par les citoyens.

La grande force du Front National, c’est d’être capable de mettre en scène ces inégalités vécues au quotidien comme une représentation de celles plus larges qui traversent la société. S’attaquer à ces inégalités supposées évite de traiter d’autres inégalités plus fondamentales. Réclamer la tolérance zéro s’applique au voleur à la tire, pas aux fraudeurs du fisc qui volent des milliards à la société ou aux spéculateurs qui jouent avec l’argent d’autrui. Réclamer la fin de l’assistanat ne vaut que pour le HLM en face, pas pour les banques qu’il faut à tout prix préserver de la faillite afin de sauver l’épargne du bon père de famille, etc, etc…

C’est bien la difficulté d’un programme de gauche (ou social-démocrate extrémiste). Réduire les inégalités et l’appétence pour le profit des 1 % ne modifie pas à court terme le quotidien des individus. Il ne semble pas avoir de prises ou de relations avec les fins de mois difficiles, les pressions subies dans l’entreprise, la difficulté à trouver un travail. Un tel programme ne se projette pas au niveau du citoyen, tout simplement…

Celui qui arrive à établir cette connexion entre les problèmes fondamentaux évoqués à longueur de billets dans ce blog et le quotidien des individus est candidat pour 2017…

Partager

De surprise, il n’y en eut point…, par Michel Leis

Billet invité.

On peut déplorer les résultats, se consoler de quelques batailles que l’on n’a pas perdues, se cacher derrière le taux d’abstention record, spéculer sur les possibles réserves de voix qui pourraient être mobilisées, en ignorant superbement le fait qu’une masse de personnes aussi significative sur le plan statistique présente peu de chance d’avoir un comportement radicalement différent du reste de la population, rien n’y fait. Le résultat d’hier est tout sauf une surprise.

Marine le Pen a gagné la première bataille. Si elle double la mise aux élections européennes (la mère des batailles) en mai prochain, la messe sera dite. Sauf accident de l’histoire, il faut se préparer à voir ce qui semblait inconcevable pour beaucoup, l’arrivée d’un président d’extrême droite en France en 2017. L’attitude des médias changera à son égard (on ne peut ignorer ce que dit une part croissante de nos concitoyens, n’est-ce pas ?), un certain nombre de jeunes Rastignac carriéristes qui hésitaient à se lancer dans l’arène politique au côté du FN vont finir par rejoindre cette machine à gagner et fournir cette ossature locale qui fait encore défaut au parti de MLP. Ils fourniront aussi un contingent d’experts à la manière Cahuzac (qui devait tenir des raisonnements similaires avec le PS il y a 25 ans…).

Continuer la lecture de De surprise, il n’y en eut point…, par Michel Leis

Partager

LE SOIR D’UNE BATAILLE, par Zébu

Billet invité.

Le système politique :

« La première leçon de ce soir, c’est que le système politicien est carbonisé » (Olivier Besancenot, sur i-télé)

« Quand on additionne l’abstention plus le nombre de personnes qui ne sont plus inscrites sur les listes électorales (…) la majorité des gens ne votent plus »

Les non-inscrits (ou ceux pensant ne pas l’être) représentent entre 10 et 13% du corps électoral.

A cela, on peut adjoindre les 38,6% d’abstentionnistes, en attendant d’avoir les chiffres définitifs du Ministère de l’Intérieur.

Soit une moitié, au mieux, ayant choisi d’exprimer un choix lors de ce premier tour des élections municipales.

 

Continuer la lecture de LE SOIR D’UNE BATAILLE, par Zébu

Partager

1er tour des Municipales en France

Vous me l’avez peut-être entendu dire ce matin, sur la radio suisse : quand les partis dits « raisonnables » ignorent délibérément les enjeux de société, la nature – qui a horreur du vide – permet aux partis dits « populistes » de s’en emparer. L’attachement du peuple à ce que les problèmes qui se posent à lui soient résolus, va se nicher où il le peut. Et Dieu merci, puisqu’on reste ainsi dans le cadre démocratique. Tant, du moins, que ces partis populistes demeurent légaux parce qu’ils respectent les règles du fonctionnement démocratique. Il faut louer le peuple de faire preuve de tant de sang-froid quand on voit la manière dont on le traite !

Ceci est-il susceptible de rendre un peu de jugeote aux partis dits « raisonnables » ? On aimerait bien, mais vu leur incapacité constatée au cours des six dernières années à secouer le joug de la finance sur les enjeux de société, et leur entêtement à adopter – quand ils prennent des mesures – celles qui ne font encore qu’aggraver la situation, on a toutes les raisons d’être inquiet !

Partager

BONJOUR MADAME LA TERRE, LE 26 NOVEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

Le blog de Paul Jorion
L’Encyclopédie au XXIème siècle
Répondre à la rumeur qu’il n’y a pas de pensée alternative au discours du Front National, que « les intellectuels se taisent »

Ma relation au Parti de Gauche

Partager

« Populisme » est en France aujourd’hui un élément de langage pour discréditer toute revendication de démocratie réellement vraie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Dans mon billet précèdent : Convoquer en 2014 les États généraux de l’Union Européenne, je n’ai pas explicité la source de l’expression « États généraux ». Louis XVI a convoqué les États généraux pour mettre en délibération la constitution financière de son royaume. L’Etat central de la France était en faillite par absence de constitution économique adossée à une constitution politique agréable à tous les sujets du Roi. La finance, le crédit et la monnaie ont été le catalyseur de la révolution politique consistant à constituer l’économie des droits sur une égalité réelle et solidaire devant la loi.

Comme tous les Français, Louis XVI a été fait citoyen de la République monarchique enfantée par les États généraux. La révolution française issue des Etats généraux a été un succès du point de vue de la théorie politique de la démocratie mais un échec pratique sur le plan de l’économie des droits. La stabilité financière et monétaire a été établie par Napoléon sur la mise en parenthèse de la démocratie.

L’esprit de la République française s’est répandu dans toute l’Europe, détaché de son inspiration démocratique. La démocratie pensée par les États généraux français à partir des cahiers de doléance est restée une théorie sans réalité pratique dans l’ordre de la politique étatique et des institutions politiques.

Continuer la lecture de « Populisme » est en France aujourd’hui un élément de langage pour discréditer toute revendication de démocratie réellement vraie, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager

ET MAINTENANT, QU’ALLONS-NOUS FAIRE ?, par Zébu

Billet invité. Ce billet fera l’objet d’un « chat »sur la page Les débats du blog de Paul Jorion en fin de semaine prochaine. La date sera précisée ultérieurement.

Le présent billet n’a pas pour objet de retracer les constats, les analyses qui ont été déjà réalisés ici, sur Le blog de Paul Jorion, sur la ‘grande perdition’ : je n’y reviens donc pas (‘ceci est bien une pipe’). Son objet est très clairement de pouvoir proposer des constats et des analyses pouvant déboucher sur des actions et d’en définir les objectifs. Il s’agit, évidemment, d’une liste non exhaustive, qu’il convient de modifier et compléter.

Tout d’abord, un constat : bien que parcellaire, on ne peut que constater une poussée politique croissante du Front National. À moins de faire un déni de réalité comme certains le font au pouvoir (ou même dans l’opposition), d’élections en élections (partielles), le FN est en train de gagner son pari : imposer ses thématiques dans les débats politiques, forcer ses concurrents à les suivre (ou à se positionner contre, c’est ‘pareil’), recentrer son parti politiquement (en passant d’un parti extrême à un parti populiste), sans rien renier de son vieux fonds d’extrême droite.

Cette poussée du FN ne semble pas devoir s’arrêter, étant donnée la déréliction du champ politique, de tous bords. Déréliction de ce champ politique, dans tous les partis, y compris d’opposition (UMP, mais aussi chez le FdG), mais surtout du pouvoir en place (PS, Verts) : celui-ci navigue à vue, n’a aucune vision ni structuration politique en dehors de continuer à appliquer sa politique de ‘containment’ de la dette publique.

Continuer la lecture de ET MAINTENANT, QU’ALLONS-NOUS FAIRE ?, par Zébu

Partager