Retranscription – « Sur Internet, le monde de l’argent veut éliminer celui de la gratuité », le 24 août 2014

« Sur Internet, le monde de l’argent veut éliminer celui de la gratuité », le 24 août 2014. Merci à Marianne Oppitz !

Dans la mesure où nous faisons des tâches intellectuelles qui ne demandent pas d’être à un endroit précis, il est évident justement que, oui, l’Internet a permis de faire évoluer les choses. Continuer la lecture de Retranscription – « Sur Internet, le monde de l’argent veut éliminer celui de la gratuité », le 24 août 2014

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VentsContraires.net – Paul Jorion : « Sur Internet, le monde de l’argent veut éliminer celui de la gratuité »

(I) « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »
(II) « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »
(III) « Les machines pourraient financer une allocation universelle »
(IV) « Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée »
(V) « Peut-on sortir d’un modèle économique fondé sur la croissance ? »
(VI) « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »
(VII) « Reconstituer la planète, c’est du travail… et de l’emploi »

Sur le site VentsContraires.net

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Internet : UNE GOUVERNANCE DE PLUS QUI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

L’avenir et la gouvernance d’Internet vont être à l’ordre du jour du NetMundial de São Paulo des 23 et 24 avril prochains. Si le sujet est à la mesure de l’importance du rôle international que joue désormais le réseau dans tous les domaines – culturel, social, et de plus en plus économique – il est cependant peu probable que la résolution finale aille au-delà de formulations très générales : les gouvernements et les différents acteurs d’Internet sont dans une phase d’observation destinée à durer faute de solution. En témoigne l’avant-projet de résolution finale de la Conférence, révélé par Wikileaks. La gouvernance d’Internet réclame des solutions qui restent à construire, mettant en évidence la nécessité d’une instance internationale susceptible d’en garantir l’intégrité, qui brille par son absence.

Deux dangers menacent Internet : sa balkanisation qui résulterait de la structuration de réseaux nationaux sous la coupe d’États les contrôlant, dont la Chine est l’exemple le plus abouti à ce jour, et l’instauration d’un réseau à deux vitesses sous l’impulsion des acteurs commerciaux d’Internet, auquel s’oppose son principe fondateur de neutralité. Dans les deux cas, les tentations sont grandes. Le premier ministre turc Tayyip Recep Erdogan l’a tout dernièrement montré en coupant l’accès à Twitter et YouTube, tandis que les pressions pour moduler les tarifs de la bande passante se font insistantes aux États-Unis, notamment des opérateurs de télécom. Pour des raisons opposées, face aux inquisitions de la NSA, le gouvernement allemand avait envisagé – et semble-t-il abandonné – la mise en service d’un Internet des 26 pays européens de l’accord de Schengen, reposant sur le même mode de ses frontières surveillées. Edward Snowden en a nié l’efficacité, conduisant les Brésiliens à abandonner un projet similaire.

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VIOLENCE BRUTE ET VIOLENCE INSIDIEUSE, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité

Les régimes autoritaires et les républiques oligarchiques à devanture démocratique se demandent, à voir éclore une révolution ici, à entendre l’émeute gronder là, à mesurer ailleurs ce qu’il en coûte à un gouvernement trop laxiste de donner du champ à l’expression populaire, s’ils tiendront encore longtemps la mer dans ces conditions. Ils cherchent d’urgence des conseils en calfatage, leur arche faisant eau de toutes parts. Les calfats à la mode s’appellent Alexis de Tocqueville et Al Gore. Les oeuvres du premier ont remplacé le Petit Livre Rouge sur la table de chevet des « nouveaux » dirigeants chinois, nouveaux parce que frais sortis des chaînes de remontage et de ravalement des momies précédentes. Nul doute que le maître essai du second, intitulé The Future, fera son chemin dans les milieux politiques étatsuniens, pour le meilleur et pour l’empire [1].

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VENTSCONTRAIRES.net : « Un tournant comme notre espèce n’en a encore connu que deux ou trois jusqu’ici »

Sur le site Ventscontraires.net : « Paul Jorion : Un tournant comme notre espèce n’en a encore connu que deux ou trois jusqu’ici ».

Deux extraits :

A une époque où les politiques ont l’air de faire de la figuration, y a-t-il des expériences en ligne de type collaboratif qui à vos yeux ouvrent des pistes ou offrent des outils pour avoir prise sur les événements ?

Oui, il y a sur l’internet une multitude de réseaux sociaux, de systèmes de messages instantanés, de blogs, de forums, de groupes de discussion, qui fonctionnent comme autrefois seuls le faisaient les think-tanks, les universités populaires, les groupes de recherche. L’avantage sur l’internet, c’est qu’on peut être n’importe où à la surface du globe. Au sein du groupe de discussion « Les amis du Blog de Paul Jorion », il y a des participants que je n’ai jamais rencontrés, j’ignore même pour certains dans quel pays ils vivent. Ces groupes ont joué un rôle considérable dans les printemps arabes, dans le mouvement des indignés ou « Occupy », ils vont décider de ce que la Chine deviendra, ou l’Inde – comme on l’a vu récemment dans une actualité tragique. C’est ce qui explique pourquoi les services de renseignement, y compris des gouvernements dits démocratiques, consacrent aujourd’hui tant d’énergie à infiltrer l’internet, à tenter de le manipuler.

Sur votre site, vous venez de vous passer de la possibilité de laisser des commentaires. Quelle leçon en tirez-vous ?

La formule du blog avec commentaires s’enraie, comme nous avons pu le constater, quand leur nombre dépasse 500 par jour (d’autant plus que sur mon blog les commentaires faisaient souvent plusieurs pages) : on n’a plus le temps de tout lire, les intervenants ne retrouvent plus les textes qu’ils ont mis en ligne, la frustration monte. Pour que le « think tank » spontané ne soit pas alors noyé dans une masse d’informations impossibles à traiter, il faut le recréer en plus petit ailleurs : pour maîtriser la complexité. C’est ce que j’ai fait.

 

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LA GUERRE NUMÉRIQUE

Paul Ariès m’avait demandé au mois de juillet, un article pour le N° du Sarkophage qui sortirait en septembre. En fait la revue à fait peau neuve, changé de titre, etc. et mon article est beaucoup trop long pour la nouvelle formule. Ici, on peut faire aussi long qu’on veut, Alors, le voilà.

Trois aspects des temps que nous vivons aujourd’hui sont très remarquables. Le premier est l’enthousiasme que nous mettons à rendre la planète inhabitable à notre propre espèce. Le second est l’effondrement économique et financier de nos sociétés dû à une disparition du travail par l’automation et à une tentative ridicule de remplacer le revenu de ceux qui continuent à travailler par un accès facilité au crédit, alors que les implications de la propriété privée drainent une portion toujours plus élevée du patrimoine vers une fraction toujours plus étroite de la population. Le troisième est notre perte de maîtrise sur la complexité, conséquence du fait que nous avons délégué les décisions de notre quotidien aux ordinateurs et que leur fonctionnement nous est devenu opaque parce qu’ils opèrent trop rapidement pour que nous puissions encore nous représenter de manière véridique ce qu’ils font exactement.

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OWNI.fr, « INTERNET, C’EST LA DÉMOCRATIE DIRECTE »

« Internet, c’est la démocratie directe » : un entretien sur OWNI, à propos de la sortie de mon dernier livre, La guerre civile numérique (Textuel 2011).

« Internet, c’est la démocratie directe »

Quel a été l’évènement déclencheur qui vous a poussé à écrire La guerre civile numérique ?

L’évènement déclencheur a été le refus de Paypal et Mastercard de transmettre à Wikileaks les donations qui lui avaient été faites. Du point de vue des règles du commerce, c’est incroyable. C’est une chose qui ne se fait pas, c’est tout simplement interdit par la loi. Là, il s’agissait clairement d’une interférence des pouvoirs publics, d’une décision du gouvernement américain pour sanctionner Wikileaks. Avec cet événement, on est sorti du cadre démocratique. C’est un événement très grave, vraiment très grave. Pour moi, cela équivalait à une déclaration de guerre.

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LA TRANSMISSION DU SAVOIR A CHANGÉ DE NATURE, par Nicolas Lapétina

Billet invité. La confrontation immédiate du savoir transmis par l’enseignant à celui présent sur l’internet, modifie-t-elle radicalement la nature de l’enseignement ?

Dans cette période de turbulence stratosphérique, il serait bon de se pencher sur l’Après. Tant il est de plus en plus évident, hormis pour nos édiles et Alain Minc, que le vent du boulet va en décoiffer plus d’un.

Une fois avérée la fin du système dans lequel nous évoluons, ou plus précisément nous claudiquons depuis déjà trop longtemps, il conviendra de se pencher sur une refonte générale de la société et pas seulement sur le plan monétaire. Oui, il y a bien plus que le système financier à réformer.

Enseignant vacataire à l’Université Montpellier II, il m’est donné depuis maintenant 8 années, outre le principe d’enseigner, d’observer et d’échanger avec une population étudiante en profonde mutation.

Mes étudiants ne sont plus ce qu’ils étaient. Point de nostalgie, juste un constat.

Je ne peux m’empêcher à l’instant où j’écris ces lignes, de faire référence au récent discours que déclama Michel Serres sous la coupole à propos des « nouveaux défis de l’éducation ».  « Ils n’ont plus la même tête » nous dit l’Académicien éclairé.

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