NOS SOCIÉTÉS D’ENFERMEMENTS, par François Leclerc

Billet invité.

En dépit de leur désuétude, les murs sont en passe de devenir le symbole de nos sociétés de replis et d’enfermements. Leur construction se révélant une méthode éprouvée et universelle, leur inventaire est sans fin.

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Même la raison d’État est aujourd’hui en très petite forme

Rien n’est sans doute plus malaisé que de parvenir à déchiffrer en temps réel l’époque où l’on vit : les événements ayant lieu ici ou là s’égrènent l’un après l’autre et rien n’est plus tentant pour les contemporains que de les considérer disparates, faute pour eux de détecter les pointillés qui les relient, et qui n’apparaîtront en pleine lumière qu’une fois le dénouement final intervenu.

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L’ÉCŒUREMENT

Nous n’avons de leçons à donner à personne parce que ce n’est pas la raison mais l’écœurement qui a mis fin à nos guerres de religions intestines.

Espérons seulement que l’écœurement soit proche dans d’autres régions du monde. Je vois mal comment il pourrait en être autrement. Bien que sur certaines choses je sois certainement un grand naïf.

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BAGDAD, HUB STRATÉGIQUE IRANO-SYRIEN, par Florian Vidal

Billet invité

Illustrée par les frappes aériennes israéliennes sur le territoire syrien, la guerre civile en Syrie a révélé une formidable logistique entre Téhéran et Damas. À ce jour, les pays occidentaux ont été incapables de briser cette coopération étroite où Bagdad est devenu un acteur incontournable dans le conflit actuel. Depuis la fin du régime de Saddam Hussein, il y a dix ans, Bagdad convulse toujours de ses divisions religieuses et ethniques. Les attentats, quotidiens, sont tombés dans l’oubli du torrent médiatique. La confrontation, certes latente, entre chiites et sunnites fait rage et dépend dorénavant d’un règlement plus global entre les deux autorités islamiques. L’absence d’une entité sunnite « centralisée » est compliquée par la rivalité haineuse entre l’Arabie des Séoud et la République islamique d’Iran.

Dans ce contexte, la visite de John Kerry à Bagdad, le 24 mars dernier, avait un but bien particulier : faire pression sur le gouvernement de Nouri al-Maliki. En l’occurrence, l’Irak est accusé de négligence voire de complicité dans la logistique mise en place entre Téhéran et Damas. Washington suspecte le gouvernement irakien de fermer les yeux devant les liaisons aériennes entre l’Iran et la Syrie. Les États-Unis ont sommé Bagdad d’accroître le contrôle sur les vols en provenance d’Iran et en direction du territoire syrien. Les Occidentaux estiment que ce trafic régulier entre les deux pays constitue un bol d’oxygène quasi-permanent pour les forces de Bachar el-Assad. John Kerry s’est montré quelque peu menaçant en précisant que Washington « observe ce que fait l’Irak ». Dès lors, les autorités irakiennes ont montré peu d’entrain à effectuer des missions de vérification. Jusque-là, les Irakiens ont effectué quelques contrôles, sans révéler le transport d’équipements militaires. Si l’Iran a protesté officiellement, les Irakiens ont affirmé à chaque reprise n’avoir trouvé que du matériel médical ou humanitaire. Est-ce que les Iraniens invitent les Irakiens à contrôler tel ou tel avion ? Ferment-ils les yeux s’ils découvrent des cargaisons d’armement ? Flou et épais, le mystère plane à l’image des relations qui se sont nouées entre Bagdad et Téhéran depuis une décennie.

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« TOUJOURS DE LA TACTIQUE, JAMAIS DE VISION STRATÉGIQUE ! »

Nous ne savions pas dans quelle direction aller. C’était toujours de la tactique, jamais de vision stratégique.

Quel est le ministre européen d’un gouvernement post-2008 qui s’exprime ainsi ? Difficile de deviner, tant les candidats sont nombreux !

Mais non, il s’agit de Yaakov Peri, ancien chef du Shin Beth, les services secrets intérieurs israéliens, dans un entretien accordé au Monde, où il exprime son sentiment, l’étendant à ses prédécesseurs ainsi qu’à ses successeurs au même poste.

L’entretien a eu lieu à l’occasion de la présentation sur Arte, mardi 5 mars, du documentaire « The Gatekeepers », consacré à l’histoire du Shin Beth de 1980 à 2011.

 

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Le grand puzzle de Netanyahou, par Florian Vidal

Billet invité.

Alors que la tension est montée d’un cran au Proche-Orient, suite au bombardement par l’aviation israélienne d’un complexe militaro-industriel en territoire syrien, le président de l’Etat hébreu Shimon Peres vient d’inaugurer la 19ème Knesset, suite aux élections législatives qui se sont déroulées le 22 janvier dernier. Le nouveau paysage parlementaire affiche un écart minimal entre le clivage traditionnel gauche/droite. Le bloc centre-gauche, emmené notamment par Shelly Yachimovich (Parti travailliste – 15) pour la gauche et Yaïr Lapid (Yesh Atid – 19) pour le centre, rassemble au total 59 sièges contre 61 pour la droite. Ainsi, la future chambre monocamérale offre une nouvelle fois un visage très composite, et pourrait s’avérer difficilement contrôlable pour le Premier ministre sortant. En arrivant en tête lors du scrutin, la joint-venture Likoud-Beitenou (31) offre à Benyamin Netanyahou son troisième mandat. Ce qui représente un fait unique dans l’histoire contemporaine d’Israël. Cependant, ce nouveau mandat n’est pas un blanc-seing des électeurs, bien au contraire.

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LE PAPILLON ET LA PARTIE DE DOMINOS, par zébu

Billet invité

Le risque systémique vient soudainement d’apparaître aux yeux de nos dirigeants, qui constatent ébaubis l’étendue du champ des possibles en matière financière et économique : stupeur et (surtout) tremblements.

Ils devront néanmoins continuer de garder grandes ouvertes leurs mirettes car sur d’autres fronts, au niveau géopolitique et au Moyen-Orient, le risque systémique, c’est la Syrie : « […] Abdel Halim Khaddam affirme que l’état-major de l’armée syrien est conscient que le régime est fini ». Pour avoir dirigé la répression de la révolte des Frères musulmans de Hama en 1982 et avoir été le vice-président syrien de 2000 à 2005, il sait certainement de quoi il parle… De plus, la Ligue arabe vient de décider d’exclure la Syrie d’el-Assad et enjoint l’opposition à se réunir au Caire pour préparer l’après-régime. Or, si ce régime tombe, de profondes transformations pourraient voir le jour au Moyen-Orient, région de la plus haute importance géopolitique.

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