Piqûre de rappel : JEAN-CLAUDE MICHÉA ET LES TEMPS QUE NOUS VIVONS, par Nikademus

A paru ici sur le blog originellement le 15 mai 2012.

« Mais si l’on veut savoir d’où naît le préjugé défavorable au peuple, généralement répandu, c’est que tout le monde a la liberté d’en dire ouvertement le plus grand mal, même au moment où il domine ; au lieu que ce n’est qu’avec la plus grande circonspection et en tremblant qu’on parle mal d’un prince. » Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live, LVIII.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 15 OCTOBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 17 octobre 2015. Merci à Cyril Touboulic !

Bonjour, nous sommes le jeudi 15 octobre 2015, et si vous êtes dans la région de Douai (dans le Nord) ce soir, n’hésitez pas à venir m’écouter. Je remettrai l’annonce qui explique exactement où à Douai, où a lieu la conférence.

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Jean-Claude Michéa et les autres, par Franck Richez

Billet invité.

Merci aux commentaires constructifs et d’abord à Paul Jorion pour m’avoir permis de publier <a « http://www.pauljorion.com/blog/?p=73550″ target= »_blank »>La politique du pire sur son blog, consacré à deux ouvrages de Jean-Claude Michéa. Il ne me semble pas, comme beaucoup semblent s’en étonner, que le travail de Paul Jorion soit incompatible avec la pensée de Michéa. D’ailleurs ce dernier cite Jorion à plusieurs reprises pour rendre hommage à ses analyses (notamment Le complexe d’Orphée, p. 103 ; 126 ; voir aussi sa présentation des travaux de Jorion à Montpellier en mai 2012, en introduction à la conférence de celui-ci).

Difficile aujourd’hui de se refuser à bêler sans se voir accoler les anathèmes de zemmourien, soralien… d’autres m’apparentent à un auteur marxiste, à moins que cela ne vise Michéa ? Ces titres valent-ils réfutation ? Zemmour se dit lecteur de Michéa tout comme Michéa a lu Clouscard, dès lors, doit-on s’étonner de débusquer une influence ici ou là ? Mauss, Marx et Orwell ont marqué la pensée de Michéa ; Clouscard, Lasch, Castoriadis, Pierre Legendre également… La belle affaire ! Reste qu’aujourd’hui, Michéa constitue un des philosophes les plus pertinents pour penser notre société.

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LA POLITIQUE DU PIRE, par Franck Richez

Billet invité.

A propos des deux livres de Jean-Claude MICHEA : L’empire du moindre mal (EM) et La double pensée (DP) [1].

Cette présentation de deux livres de Jean-Claude Michéa obéit à une double préoccupation. Tout d’abord, montrer l’actualité de ces ouvrages parus en 2007 et 2008, c’est pourquoi je m’autorise à évoquer des évènements récents qui corroborent les analyses de l’auteur. Ensuite, je prends le parti d’aborder l’essayiste comme un lecteur avisé et critique de Marx. Partant de son concept d’alternance unique, je mets progressivement en relief plutôt qu’une homogénéité, la complémentarité effective de la droite et de la gauche, pour finir par m’interroger avec lui sur les causes de la désaffection de l’électorat populaire envers cette dernière.

I- L’ « Alternance unique » : un concept piégé.

À l’heure où de moins en moins se laissent encore abuser par la fausse opposition droite/gauche, les études de Jean-Claude Michéa permettent d’avancer d’un pas supplémentaire dans l’analyse sans céder à des simplifications insidieuses.

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2015 : Une année « Badiou-Michéa-Wallerstein » ?

Nous allons bientôt fêter les six ans de Sémiotique de la crise, le rapport de Jean Maxence Granier de Think-Out Research & Consulting. Je vous en rappelle l’argument, tel que je le résumais dans un billet daté du 18 février 2009 :

[Jean Maxence Granier] distingue quatre conceptions – qu’il appelle « postures » – de sortie d’une crise appelées A, B, C et D, s’étageant du bénin A où le système autorégulé oscille de manière cyclique, au catastrophique D, où il est irréparable, en passant par B où le système survit, bien que difficilement, pour retrouver sa forme originelle, et C où le système survit mais uniquement parce qu’il subit une authentique métamorphose et se retrouve à l’arrivée très différent de son point de départ.

Pour A, Granier ne trouve aucun auteur qui défende cette interprétation de la crise et ceci dit-il, à juste titre, parce qu’elle dépasse d’ores et déjà en gravité le stade où une telle lecture pourrait encore se justifier. Parmi les auteurs défendant une conception de type B, il retient Patrick Artus, Michel Aglietta et Jacques Attali. Pour la « posture » C, les trois noms retenus par lui sont Joseph Stiglitz, Paul Krugman et moi-même. Et pour le type D, Alain Badiou, Jean-Claude Michéa et Immanuel Wallerstein.

Qu’ont fait nos dirigeants depuis six ans ? Ils ont adopté d’enthousiasme une interprétation de la crise comme relevant du type A, et se sont efforcés de reconstruire à l’identique le système désastreusement endommagé.

Conséquence ? 2015 sera sans doute une année « Badiou-Michéa-Wallerstein » ! Bravo Messieurs !

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© Hervey.

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Paul Jorion pense tout haut le 24 septembre 2014 à 8h39 (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 19 septembre 2014. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, on est le 24 septembre 2014 et il est 8h 39.

Et si j’annonce l’heure, c’est parce qu’on est dans la série où je pense tout haut : ces réflexions que je me fais sans me dire a priori que je vais aboutir à une conclusion, ou que je sais d’avance qu’il n’y aura pas de conclusion, mais où je voudrais quand même vous parler de quelque chose.

Et ce qui m’a conduit à cela, c’est d’avoir reçu hier le manuscrit, enfin les épreuves, d’un livre qui va paraître dans les quinze jours à venir, et c’est pour ça que je ne dis pas exactement son titre ni l’auteur, puisqu’on va attendre qu’il sorte pour en parler officiellement, mais on m’a envoyé ce livre pour me demander de participer à un événement que j’annoncerai aussi quand les choses seront plus claires, quand les invités qui ont été approchés, abordés, auront dit oui ou non s’ils viennent.

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Paul Jorion pense tout haut le 24 septembre 2014 à 8h39

Sur Dailymotion, c’est ici.

Que faire, sinon ce que nous faisons déjà ?

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MONTPELLIER : La crise du capitalisme financier, Paul Jorion et Jean-Claude Michéa

Le 16 mai, j’étais à l’Agora des Savoirs, à Montpellier. C’est Jean-Claude Michéa qui a eu la gentillesse d’introduire le débat et de présenter, avec un soin et une amitié dont je lui sais gré, mes travaux.

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AGORA DES SAVOIRS, Où en sommes-nous ?, Montpellier, avec Jean-Claude Michéa

C’était avant-hier, le mercredi 16 mai. C’est Jean-Claude Michéa qui a la gentillesse de me présenter et d’introduire avec brio mon exposé.

Le podcast se trouve ici.

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JEAN-CLAUDE MICHÉA ET LES TEMPS QUE NOUS VIVONS, par Nikademus

« Mais si l’on veut savoir d’où naît le préjugé défavorable au peuple, généralement répandu, c’est que tout le monde a la liberté d’en dire ouvertement le plus grand mal, même au moment où il domine ; au lieu que ce n’est qu’avec la plus grande circonspection et en tremblant qu’on parle mal d’un prince. » Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live, LVIII.

Les ouvrages de Jean-Claude Michéa, ou parfois ce que l’on imagine être leur contenu, suscitent sur ce blog comme ailleurs des réactions tranchées et un intérêt suffisant dans des milieux et des groupes avec des perspectives pourtant radicalement opposées pour que chacun d’eux estime important d’en parler, même ou surtout pour le critiquer sévèrement[i]. Nous n’insulterons pas ici le lecteur bienveillant en sous-entendant que l’auteur et ses écrits ne méritent pas un tel excès d’emportement : Michéa emploie un style polémique dont il n’est que juste qu’il supporte les conséquences ; ni que l’on doive croire, sans plus de preuves, que cela signale l’énoncé de « vérités qui dérangent » : ceux qui s’y intéressent réellement devront juger sur pièces. Pour notre part, nous aimerions dans les lignes qui suivent, bien plus que rendre compte des réponses qu’il propose, rappeler le cadre de sa réflexion et les questions qu’il pose, et qui demeurent pendantes, même à ses contradicteurs.

 

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UNE « DÉMARCHE CAPITALISTE », par Tigue

Billet invité. Son auteur est chirurgien.

Parmi les deux gels utilisés dans la fabrication des prothèses PIP (voir par exemple, ici et ), l’un, « il est vrai, n’a pas reçu l’agrément des normes françaises », explique Me Yves Haddad. « Le problème est un problème de prix de revient et de coût, donc de bénéfice. C’est une démarche capitaliste, et c’est comme ça. » L’avocat a ajouté pour la défense de l’entreprise qu’il n’est pas démontré scientifiquement, à ce jour, que ce produit ait un caractère de dangerosité. « Le reste, c’est de la philosophie. Ce n’est pas bien (…) mais c’est comme ça », conclut-il.

Le philosophe peut il parler du reste ?

La pose d’implants mammaires est une intervention chirurgicale, et à ce titre comporte des risques pour la santé. Les bénéfices et les risques sont discutés au cas par cas et peuvent donner lieu à la réalisation de l’intervention moyennant un prix.

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LA PROLÉTARISATION DES ÉTATS, CONDITION SINE QUA NON DE LA COORDINATION DES POLITIQUES BUDGÉTAIRES AU SEIN DE LA ZONE EURO, par Nadj Popi

Billet invité.

Paul, permettez-moi tout d’abord de vous féliciter pour votre passage sur France culture et subséquemment de vous remercier d’avoir enfin expliqué à M. Couturier qu’il utilisait des « concepts zombies », pour employer l’expression du sociologue allemand Ulrich Beck (« La société du risque » 1986), concepts qui ne peuvent plus rendre compte de la réalité et qui relèvent donc davantage de l’idéologie et de la mystification que d’une description précise et détaillée de la réalité.

Je poursuis ma réflexion sur la théorie hayékienne en vous soumettant mes récentes recherches qui portent sur la forte influence exercée par le sociologue wébérien Alfred Schütz et sur le concept de « discipline » ayant pour synonyme celui de « coordination ».

Hayek appartient à l’école du « subjectivisme » en économie. Il faut entendre par subjectivisme, « la forme pure de la subjectivité », une subjectivité purement formelle dénuée de toute substance individuelle. Autrement dit, cette subjectivité correspond et coïncide avec le concept d’« aliénation » comme aboutissement d’un processus de déshumanisation ou prolétarisation de l’individu qui aboutit à la forme pure du sujet réduit désormais à l’état d’objet-marchandise ou aliéné.

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CE QU’IL FAUT POUR QUE ÇA CHANGE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

C’est Jean-Claude Michéa qui a fait remarquer que pour qu’une aspiration aux valeurs de la démocratie moderne émerge en Europe, il a fallu que les guerres de religion se transforment en un tel fléau qu’elles soulèvent dans les populations un sentiment d’écœurement généralisé.

Comment réagissaient les gens avant que le stade de l’écœurement ne soit atteint ? Certains commentateurs ici et ailleurs depuis quatre ans nous en offrent d’excellentes illustrations : 1) la conviction qu’il y a certainement moyen de s’en sortir à titre individuel (voire même de faire un peu d’argent ?) : « Monsieur Jorion – entre nous – dois-je acheter de l’or, pour protéger mes – ô combien modestes ! – économies ? » ; 2) la conviction que cela ne me concerne pas moi directement : « Quand ils sont venus chercher les communistes, comme je n’étais pas communiste, je n’ai rien dit… »

Nous sommes plus ou moins sensibles à l’écœurement. Pour les pires d’entre nous, il n’intervient pas avant que ne soit atteinte la chute du petit poème de Martin Niemöller : « Et quand ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour rien dire ». Il faut noter qu’arrivé à ce stade-là, même les moins ouverts à l’empathie d’entre nous finissent par comprendre.

Une fenêtre s’est ouverte à la chute de Lehman Brothers – dont le discours de Toulon fut un symptôme. On l’a alors, en haut-lieu, laissée se refermer, pour se contenter de tentatives navrantes (et d’une certaine manière aussi, désopilantes) de reconstruction à l’identique du système à l’agonie. Il ne restait dès lors plus au changement que l’option de l’écœurement, qu’on finirait bien par atteindre un jour.

Aussi, quand on entend aujourd’hui percer l’écœurement dans certains propos de Messieurs Samaras en Grèce et Monti en Italie, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là de petits signes très prometteurs.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Une alternative au « plus fort, plus loin et plus haut », par Didier

Billet invité.

Nous avons un système basé sur la science la plus pure impliquant naturellement les inégalités, l’exclusion et les rapports de force. Ce système est une tentative extraordinaire de maîtriser les conséquences de nos actes et présente d’importants succès.

Nous sommes humains. Nos actes dépassent toujours notre savoir. Nos capacités sont toujours en dessous des conséquences de nos actes. Ce n’est pas le désir de maîtriser ce problème qui manque. Nous ne pouvons pas le faire.

Alors, que faire ?

La réponse actuelle ressemble à une fuite en avant. Le système est appliqué plus fort, plus loin et plus haut. Vu sa place dans les relations humaines, il va exclure de plus en plus de gens, créer de plus en plus d’inégalités, devenir de plus en plus dur et insensible. Il ne peut pas faire autrement. L’appliquer plus fort quand il vous a bien servi est la seule chose qui vous vient à l’esprit. Nous sommes également engagés dans des structures extrêmement lourdes et produites par ce système. Sans lui, ces structures (que faut-il pour construire l’ordinateur que j’utilise ?) implosent. Nous serions alors vraiment mal.

Il nous faut une ou des alternatives.

La première idée est dans la philosophie de la connaissance. Admettre que notre savoir est incertain et limité nous rendrait beaucoup plus modestes dans nos ambitions. Il deviendrait au moins présomptueux de se baser sur l’hypothèse des marchés efficients pour agir. Le nucléaire serait au stade expérimental. Nous serions encore en pleine discussion sur les avantages et les inconvénients de l’euro. Il ne serait pas adopté. Nous n’aurions pas la crise actuelle. Nous n’aurions pas le problème de savoir si le réchauffement climatique est anthropique. Nous n’aurions pas cette idée de la réalité créée qui nous mène facilement au complotisme. Nous n’aurions pas notre monde. Beaucoup de ses « avancées » seraient restées lettres mortes.

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