La société de surveillance : ON NE POURRA PLUS DIRE QUE L’ON NE SAVAIT PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les commentaires que Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a placés sur sa page personnelle ne sont pas passés inaperçus, et telle était bien son intention : « quand nos ingénieurs travaillent sans relâche pour améliorer la sécurité, nous pensons protéger contre des criminels, pas contre notre propre gouvernement… ». En prenant ses distances avec ce dernier, il a en tout cas exprimé la nécessité de protéger commercialement son entreprise, ayant pris la mesure de l’ampleur des réactions aux révélations résultant de la publication des documents communiqués par Edward Snowden aux journalistes Glenn Greenwald et Laura Poitras.

Symbolisant ainsi au mieux la surveillance qu’ils dénoncent, trois intervenants salués par une ovation des participants au South by Southwest Interactive Festival d’Austin (Texas) ont été dans l’obligation d’utiliser la vidéoconférence pour s’exprimer depuis Moscou, Londres et Rio, ne pouvant quitter leurs refuges ou s’y rendre pour des raisons connues. Il s’agit bien entendu d’Edward Snowden, de Julian Assange et de Glenn Greenwald. Alors que le nouveau chef de la NSA, le vice-amiral Michael Rogers, jugeait « vital » la poursuite de la collecte des données, concédant seulement que « nous devons faire en sorte que les procédures soient scrupuleusement respectées » (à condition de ne pas les changer), et que John Brennan, le patron de la CIA, expliquait que « dans la communauté du renseignement, nous essayons de faire les choses correctement », ce qui peut difficilement être considéré comme encourageant étant donné le double sens du propos.

Continuer la lecture de La société de surveillance : ON NE POURRA PLUS DIRE QUE L’ON NE SAVAIT PAS ! par François Leclerc

Partager

FRAUDE FISCALE : J’AI VRAIMENT BIEN DE LA CHANCE !

Vous savez, j’ai vraiment bien de la chance. Le soldat Bradley Manning est traduit en justice en ce moment-même, devant une cour martiale aux États-Unis ; Julian Assange est confiné à l’ambassade de l’Équateur à Londres, sachant qu’il sera arrêté s’il cherchait à en sortir ; Aaron Swartz s’est suicidé, la rumeur voulant que la raison en est son intime conviction qu’il serait inculpé de bien davantage que d’effraction d’une base de données universitaire ; quant à Edward Snowden, il est quelque part à Hong Kong, et pas près d’en sortir. Tout cela pour avoir répété des horreurs : des choses abominables que l’on chuchote sans doute mais que l’on ne dit jamais, au grand jamais, à voix haute. Et moi, je m’apprête à vous répéter des horreurs du même acabit alors que, assis confortablement dans mon fauteuil, je ne cours absolument aucun risque d’arrestation.

Pourquoi ? parce que je vais me contenter de mettre sur le papier ce que je viens d’entendre dire dans une vidéo sur un site-toile, et que je n’ai même pas à me presser à la pensée que ce matériau subversif risque de disparaître dans les secondes qui viennent pour être remplacé par un laconique : « Retiré par l’usager » puisque le site en question est celui du Sénat de la république française, et que je ne ferai rien de plus que rapporter les propos de M. Pierre Condamin-Gerbier, gestionnaire de fortune, ancien associé-gérant chez Reyl Private Office, devant la Commission d’enquête sur le rôle des banques et acteurs financiers, le 12 juin 2013, autrement dit, mercredi de la semaine dernière.

Continuer la lecture de FRAUDE FISCALE : J’AI VRAIMENT BIEN DE LA CHANCE !

Partager

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 JUIN 2013

James Jean
The Amazing Adventures of Kavalier & Clay (2000)
Dire honnêtement comment ça se passe vraiment
Edward Snowden
La guerre civile numérique (Textuel 2011)
Le ver informatique Stuxnet
LE MONDE, « Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés », le 4 avril 2013
LE MONDE, Cahuzac n’est qu’un « fusible », le 13 juin 2013
Peter Finch dans Network (1976)
* Je me trompe dans la vidéo : je dis « Albert Finney » au lieu de « Peter Finch »
Le rapport Greece: Ex Post Evaluation of Exceptional Access under the 2010 Stand-By Arrangement, IMF Country Report No. 13/156, June 2013
Les cours constitutionnelles comme contre-pouvoir

Sur YouTube, c’est ici.

Partager

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 5 AVRIL 2013

L’affaire Cahuzac et ses retombées… qui ne font que commencer !

J’évoque ceci dans la vidéo, mon billet du 20 janvier 2010 : Top 10 du Post des blogs politiques qui montent.

J’écris à l’époque : 160.000 accès mensuels ; pour mettre en perspective, aujourd’hui : 303.000 accès mensuels.

Sur YouTube, c’est ici.

Partager

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 17 AOÛT 2012

Julian Assange et le siège de l’ambassade de l’Équateur à Londres
Ringolevio d’Emmett Grogan
La banque Standard Chartered et les régulateurs

La vidéo sur YouTube.

Partager

L’ÉQUATEUR OFFRE L’ASILE POLITIQUE À JULIAN ASSANGE

The English version of this post can be found here.

Avec la Grande-Bretagne qui menace du coup de prendre d’assaut l’ambassade équatorienne à Londres, m’est avis qu’on en reparlera. M’est avis que cela pourrait être cette fameuse petite étincelle qui met le feu à la plaine. M’est avis que l’on a ici le potentiel d’une dépêche d’Ems, d’un certain assassinat à Sarajevo, d’un certain incident dans le Golfe du Tonkin.

Une intuition, une intuition seulement.

Partager

LES ÉCHOS, Chute du monde ancien ? Enjeux de « La guerre civile numérique »

Un compte-rendu de La guerre civile numérique (Textuel 2011) par Pascal Ordonneau dans Les Échos.

Le texte se trouve ici.

Et si cette guerre civile numérique que décrit Paul Jorion était le commencement d’un renversement radical, non pas simplement des autorités et des pouvoirs mais avant tout, des idées, des méthodes, du rapport de l’homme à une nouvelle conception de l’ordre des choses, des voies et moyens de construire le bonheur et d’œuvrer à l’émergence monde vraiment « mondialisé », où « sans frontières » n’est pas synonyme d’impunité, ni « ouverture » synonyme de droit « de pillage » ?

Partager

LE MONDE OÙ NOUS VIVONS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Révolté par la bavure du 12 juillet 2007 à Bagdad, quand neuf hommes furent abattus par deux hélicoptères, dont deux correspondants de guerre de l’agence de presse Reuters, et un père de famille qui se portait au secours d’un des journalistes qui n’était encore que blessé, et dont les deux enfants furent grièvement blessés, le soldat Bradley Manning a communiqué à WikiLeaks les enregistrements des « incidents », ainsi que 260 000 dépêches diplomatiques américaines. Il attend – dans des conditions de détention brutales – d’être jugé par une cour martiale. Il y a vingt-deux chefs d’accusation retenus contre lui, dont « collusion avec l’ennemi ».

Révolté par la bavure du 12 juillet 2007 à Bagdad, Julian Assange, en a fait circuler au nom de WikiLeaks une vidéo intitulée « Meurtre collatéral », et a rendu public une partie des 260 000 dépêches diplomatiques transmises par Manning et en particulier celle où la Secrétaire d’État Hillary Clinton enjoint aux diplomates américains de se consacrer, comme faisant désormais également partie de leur mission, à l’espionnage. Le Vice-Président des États-Unis, Joe Biden a qualifié Assange de « terroriste haute technologie ». Newt Gingrich, une personnalité du parti républicain qui envisage d’être candidat aux prochaines élections présidentielles américaines, a qualifié Assange de « combattant ennemi », le terme inventé aux États-Unis pour désigner les prisonniers qui peuvent être détenus indéfiniment sans jugement, en contravention avec les principes élémentaires du droit. Une rumeur veut qu’un grand jury s’est déjà réuni pour déterminer si Assange peut être inculpé d’espionnage.

Révolté par l’existence de l’islam, le pasteur Terry Jones a solennellement brûlé un coran le 20 mars dernier. Hier, à Mazar-I-Sharif, en Afghanistan, une foule en colère à la suite de cet acte, a tué sept membres du personnel de la représentation des Nations-Unies : quatre Népalais, un Suédois, un Roumain et une Norvégienne. Le pasteur Terry Jones va bien, merci.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager