LE RETOUR À LA NORMALE, VOUS AVEZ DIT ? par François Leclerc

Billet invité.

Mario Draghi était attendu ce jeudi, il a parlé mais a créé la déception en appelant avec insistance à patienter, prenant à contre-pied les commentateurs financiers qui croient dur comme fer à l’imminence d’un changement de la politique monétaire de la BCE au nom d’un retour à la normale dont ils enregistrent les premiers signaux. Et rien ne semble pouvoir les en dissuader.

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LA CRÉATION DE LA VALEUR EST DESTRUCTRICE, par François Leclerc

Billet invité.

Les temps ne sont pas cléments pour les banquiers centraux lorsqu’ils s’efforcent de garder un peu de leur mystère. Mario Draghi en a fait l’expérience à Sintra, en début de la semaine dernière, à l’occasion du forum annuel de la BCE. Prononcé devant un aréopage sélectionné de personnalités, son discours sur la politique monétaire de la banque a été surinterprété par les marchés, qui ont voulu y entendre l’annonce d’un changement de politique monétaire.

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DES SIGNAUX PARTANT DANS TOUS LES SENS, par François Leclerc

Billet invité.

Qui l’aurait prédit il y a encore quelques jours, les élections législatives allemandes de septembre prochain ne sont plus synonymes de quatrième mandat garanti pour Angela Merkel ! Bénéficiant d’une soudaine et puissante percée dans les sondages, un SPD désormais dirigé par Martin Schulz a ouvert le jeu politique, plaçant désormais la chancelière sur la défensive. Le nouveau secrétaire général peut aujourd’hui prétendre lui succéder au sein d’une nouvelle grande coalition qu’il dominerait, si les sondages le confirment.

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LA GRÈCE ET L’ITALIE SUR LE FIL, par François Leclerc

Billet invité.

Dans l’attente que le jeu avec Donald Trump et Theresa May se soit un peu calmé, et que les élections européennes de cette année soient passées, le moment n’est pas encore venu de prendre des décisions afin de solidifier une Europe de plus en plus contestée. Le seront-elles d’ailleurs jamais ? Dans l’immédiat, des précautions sont prises pour geler le contexte en Grèce et en Italie, où la situation est la plus instable.

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TROP DE FINANCE TUE LA FINANCE ! par François Leclerc

Billet invité.

Le président de la BCE a hier annoncé poursuivre jusqu’à la fin de l’année prochaine le programme d’achats de titres obligataires qui devait s’arrêter en mars, et même au-delà si besoin. Continuer la lecture de TROP DE FINANCE TUE LA FINANCE ! par François Leclerc

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LA CACOPHONIE EUROPÉENNE S’ACCROIT, par François Leclerc

Billet invité.

En faisant valoir ses droits et en bloquant l’adoption du traité commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA), le parlement wallon a décidé de ne pas jouer le jeu. Ce faisant, il a donné une leçon de démocratie dans un monde européen où elle n’est pas coutumière, suscitant l’incompréhension puis la colère des plus hautes autorités.

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LE PIRE N’EST PAS TOUJOURS SÛR, par François Leclerc

Billet invité.

Dans son rapport annuel, le FMI persiste et signe à propos de la Grèce : « Les objectifs actuels des autorités restent irréalistes, en conservant l’hypothèse que la Grèce atteindra et maintiendra des excédents primaires de 3,5% du PIB pendant plusieurs décennies malgré des taux de chômage à deux chiffres ». Pour ensuite réaffirmer que « un nouvel allègement de la dette est nécessaire pour qu’elle soit viable. »

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LE BREXIT, FENÊTRE D’OPPORTUNITÉ POUR LES BANQUES, par François Leclerc

Billet invité.

Pour les banques, le problème à résoudre est « celui de la faible rentabilité, pas celui de la solvabilité ». C’est ainsi que Mario Draghi, le président de la BCE, a hier placé au second plan la crise en cours du système bancaire italien, donnant au passage son onction à une solution faisant appel à des fonds publics, pour mettre l’accent sur une cause structurelle générale (il n’emploie pas le terme) de la faiblesse du système bancaire européen : la chute de sa rentabilité.

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LA BCE FAIT CE QU’ELLE PEUT… par François Leclerc

Billet invité.

Il était surnommé Super Mario et se retrouve maintenant comparé à Atlas supportant le poids du monde, en la circonstance de l’Europe. Mario Draghi est-il toujours le sauveur ou bien serait-il devenu une victime ? C’est en tout cas ainsi qu’il s’est un peu présenté devant les parlementaires européens, appelant pour la énième fois les gouvernements à prendre son relais.

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OÙ EST LE DIABLE QUAND LA BCE S’EN MÊLE ?, Par François Leclerc

  • Billet invité.

Deux des mesures annoncées par Mario Draghi, qui n’a pas déchainé l’enthousiasme à voir la baisse des places boursières qui s’en est suivie, méritent d’être regardées de plus près.

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BCE : M. Draghi est un grand stratège !

« Nous avons montré que nous ne sommes pas à court de munitions » a déclaré M. Draghi en commentaire aux mesures que la Banque Centrale Européenne vient de prendre.

C’est à cela que l’on reconnaît les grands stratèges : à affirmer avec autorité que la réalité est l’exact contraire de ce qu’elle est.

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L’INSATIABLE MOLOCH, par François Leclerc

Billet invité.

Mario Draghi est descendu du piédestal où il avait été placé pour avoir stoppé la crise obligataire en 2012, les marchés ayant vivement réagi aux dernières mesures de la BCE, après avoir espéré une injection monétaire encore plus massive. La fuite en avant s’accélère.

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NOUVELLE PASSE D’ARMES, par François Leclerc

Billet invité.

Une discussion sur la dette grecque ne va plus pouvoir être repoussée après le coup de pouce que Mario Draghi vient de donner, venant à l’appui du FMI et sortant de son effacement de ces derniers jours. Considérant que son allégement ne faisait pas discussion, il a estimé qu’il allait falloir se pencher sur le sujet dans les prochaines semaines. Le sommet de la zone euro avait vu les choses autrement et renvoyait à une première revue satisfaisante du futur plan l’examen de la dette, c’est-à-dire dans de longs mois.

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Grèce – Poursuivant en sifflotant mon petit bonhomme de chemin…

Certains s’étonnent – dans les commentaires ici, et dans les mails que je reçois – de mon humeur égale depuis le 25 janvier, date de la victoire de Syriza aux législatives grecques. Ils me recommandent d’adopter leur propre point de vue qui, si j’en juge par la suite de leurs messages, est fait de montagnes russes, où les périodes de désespoir profond succèdent aux époques de folle exaltation.

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IL NE MANQUERAIT PLUS QUE LES BANQUES CENTRALES PERDENT LA MAIN ! par François Leclerc

Billet invité.

Reconnaitre son impuissance est pour une banque centrale un art difficile, car l’exercice écorne sa toute puissance présumée. C’est la situation dans laquelle se trouve la Banque du Japon, qu’elle essaye de masquer. Son programme de création monétaire de l’équivalent de 620 milliards d’euros n’est pas parvenu en deux ans a faire croitre l’inflation que de 0,2%, une fois soustraite l’augmentation de la TVA de 2%. En dépit d’un taux de chômage orienté à la baisse de 3,4% en mars, ainsi que des promesses d’augmentation des grandes entreprises en réponse aux injonctions gouvernementales – en attendant leur confirmation – la demande intérieure continue à reculer de mois en mois. Un mystère de même nature que celui qui aux États-Unis dépasse Jack Lew, le secrétaire au Trésor. Pour justifier la léthargie des prix, la Banque du Japon invoque la baisse de celui du pétrole et revoit à la baisse ses prévisions de relance de l’inflation. Mais, devant le risque d’une rechute, elle évoque la possibilité « d’ajustements », c’est à dire d’une extension de son programme de création monétaire.

La main de la Fed n’est pas plus assurée lorsqu’en direction opposée elle en vient au resserrement de sa politique monétaire. Avec une croissance de 0,2%, les performances de l’économie américaine sont inférieures aux attentes. La rigueur de l’hiver est mise à contribution pour l’expliquer, ainsi qu’une grève prolongée des dockers et à nouveau la baisse du prix du pétrole (mais cette fois en raison de la chute de l’extraction), mais la prudence est de rigueur pour la suite, et l’inflation est toujours très en dessous de sa cible d’objectif. Le début de normalisation de sa politique, que représenterait une hausse des taux, suscite également des craintes en raison des pertes que les investisseurs pourraient encourir suite à la baisse qui en résulterait de la valeur des obligations dont leurs portefeuilles sont abondamment garnis. Les fonds d’investissement et les ETF (Exchange Traded Funds), qui sont si prisés, seraient particulièrement vulnérables à des sorties massives de capitaux, désormais considérés à eux deux comme les points faibles du système financier. Car, afin de respecter leurs obligations de fonds propres, les banques ne sont plus en mesure de se porter acquéreuses des obligations que les fonds et les gestionnaires d’ETF devraient massivement vendre pour rembourser les investisseurs, ce qui pourrait entraîner un écroulement du marché assorti de pertes en conséquence. Il n’est pas besoin de se pencher beaucoup pour décrire des scénarios catastrophes pouvant survenir.

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Le Monde, La BCE dans le brouillard des marchés, mardi 17 mars 2015

La BCE dans le brouillard des marchés

John Maynard Keynes observait en 1923 dans son Tract on Monetary Reform que « la déflation implique un transfert de richesses du reste de la communauté vers la classe des rentiers et vers tous ceux qui détiennent des titres. Elle implique en particulier un transfert du groupe des emprunteurs, c’est-à-dire dire des commerçants, des industriels et des fermiers, vers le groupe des prêteurs, autrement dit un transfert de richesse de la population active à la population inactive ». En effet, les prix étant demain moins élevés qu’aujourd’hui, pourquoi ne pas attendre avant d’acheter ? Ceci débouche sur des carnets de vente moins fournis, des usines qui ferment, et des travailleurs à la recherche d’emploi.

La menace de déflation que connaît aujourd’hui la zone euro est encore plus compliquée par le fait que la dette souveraine nouvellement émise l’est a des taux très bas, voire même négatifs. En réponse à cette menace, la Banque centrale européenne (BCE) a mis en place le 9 mars une politique d’« ​assouplissement quantitatif  ». Elle achète des titres de dette souveraine ou privée sur le marché secondaire, c’est-à-dire non pas directement auprès de ceux qui émettent cette dette (qui empruntent), mais auprès de ceux qui sont disposés à la revendre après l’avoir achetée. Le prix des obligations émises précedemment augmentant du fait de leur rareté croissante, les nouveaux produits de dette, pour lesquels la demande est forte en raison des achats massifs de la BCE, peuvent être émis à des taux moins élevés. S’endetter devenant meilleur marché, les entreprises et les particuliers empruntent davantage. L’économie repart et les prix grimpent. La déflation est ainsi conjurée – du moins si l’on en croit ce scénario idéal.

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MM. Varoufakis, Weidmann et … Draghi !

Commencez par lire, s’il-vous-plaît, ce qui est écrit ci-dessous.

Quand, en juillet 2012, M. Draghi, à la tête de la BCE, annonce la création prochaine du mécanisme OMT et ajoute que « Tout sera fait pour préserver l’euro ! », quelle est la part de sa déclaration qui fait retomber le taux grec à 10 ans au niveau « quasi-raisonnable » de 10% ? La seconde partie bien entendu.

Cela n’avait pas été compris à l’époque et j’avais consacré à la méprise sur mon blog, un billet intitulé : Mario Draghi : et s’il s’agissait d’un abominable malentendu ? Et aujourd’hui, Yanis Varoufakis, a-t-il compris de quoi il retournait quand il s’indigne que Jens Weidmann écrive dans le rapport qui fait scandale que ce n’est pas à la Banque centrale européenne de garantir l’irréversibilité de la monnaie unique ? Pas plus apparemment. Est-ce en effet à M. Draghi de faire tomber la « prime de crédit » des pays de la zone euro en difficulté en assurant que celle-ci mutualisera tout risque de défaut ? Est-ce à lui de neutraliser toute « prime de convertibilité » en jurant ses grands dieux qu’aucun pays de la zone euro n’aura à la quitter ? Poser ces questions, c’est bien entendu y répondre, et donner raison du même coup au patron de la Buba.

Il s’agit là d’un extrait d’un billet publié ici le 2 mai 2013, intitulé Notes en vue de l’entretien avec Martine Orange publié par MEDIAPART le 30 avril [2013].

Vous pouvez retourner pour les détails au billet en question, et à ceux auxquels il renvoie. Il y est question, comme vous venez de le comprendre, de Yanis Varoufakis – pas encore ministre grec des Finances à l’époque mais déjà économiste grec -, reprochant à Jens Weidmann, déjà Président de la Bundesbank, la banque centrale allemande, de reprocher lui-même à M. Mario Draghi, Président de la Banque centrale européenne, de se conduire de facto en Président de la zone euro, fonction qui – je vous le rappelle – n’existe pas, et que M. Draghi n’est pas habilité – en principe – à exercer.

C’est hier à 22 heures que M. Draghi a fermé l’un des robinets amenant de la liquidité en Grèce (pour les détails techniques, voir l’article de Marie Charel dans Le Monde : Entre Athènes et la BCE, « une partie de poker menteur », il s’agit des « T-bills » dont il est question au milieu de l’article).

M. Varoufakis a-t-il maintenant compris qui est le véritable boss ? le « Président de la zone euro » faisant fonction, c’est-à-dire son seul interlocuteur véritable dans le bras de fer actuel ? A-t-il maintenant compris, cette fois dans le feu de l’action, pourquoi M. Weidmann avait raison de se plaindre ?

La zone euro a besoin d’un Président, mais pas que ce soit le premier venu passant par là et qui se sente assez fort pour dire : « C’est moi ! »

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 23 JANVIER 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 23 janvier 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 23 janvier 2015. Et je voudrais, pour commencer, vous parler de deux livres, deux livres que j’ai là. L’un s’appelle : « Thermodynamique de l’évolution », par François Roddier (il ne faut pas que je cache son nom), qui est déjà intervenu ici sur le blog. Et puis, il y a un autre livre, très intéressant, qui s’appelle : « L’effondrement des sociétés complexes », par Joseph A. Tainter.

Et qu’est-ce qui m’a fait penser à ces deux livres ? Eh bien, c’est la déclaration de la Banque Centrale Européenne de cet après-midi. Parce que j’étais à France-Culture, à 12h30, pour commenter l’actualité avant la déclaration de Monsieur Draghi en début d’après-midi, et j’ai expliqué ce qui pouvait se passer qui signalerait l’effondrement de la zone Euro. La zone Euro présente des dispositions, je dirais, naturelles, à s’effondrer, puisqu’il y a un processus de construction d’une unité économique, financière et politique qui devrait soutenir la création d’une zone correspondant à une monnaie unique, une monnaie unifiée, et ces conditions n’ont pas été remplies, et une décision devrait être prise cet après-midi, il y a une opposition…

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Trends-Tendances, 2015 : La paralysie est au menu

Ma chronique dans l’hebdomadaire Trends-Tendances, parue le 18 décembre 2014 et que j’ai apparemment oublié de mettre en ligne ici.

Au jeu d’échecs, le « pat » renvoie à une situation où l’un des joueurs ne peut plus déplacer son roi car tout mouvement dans une direction ou une autre signerait son arrêt de mort. Le roi du joueur en difficulté est condamné à l’immobilisme, mais l’adversaire ne peut plus rien non plus. La partie est alors annulée. Dans le monde réel, l’annulation n’existe malheureusement pas et, comme nul ne l’ignore, qui n’avance pas, recule.

Aux États-Unis, le président a perdu sa majorité parlementaire au Congrès. Il ne peut plus mettre en œuvre son programme que par décrets, mesures que la majorité républicaine rendra sans effet sur le terrain en les privant des moyens pratiques de leur mise en application. Pas d’élections législatives en 2015, la prochaine élection présidentielle aura lieu en 2016. En 2015, les Etats-Unis seront donc « pat ».

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