1 – BILAN CHIMIQUE : des centaines de millions de tonnes de produits toxiques pour quelques pépites !, par Philippe Soubeyrand

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alors que la Chine s’apprête à devenir « un acteur majeur » de la COP21, selon les propres termes employés par François Hollande, Président de la République, lors de sa réponse à la dernière question de sa conférence de presse de ce 7 septembre 2015, la catastrophe de Tianjin n’a pas encore fini de faire parler d’elle. Et alors que les dernières données rendues officielles font état de 160 morts (dont 107 pompiers et policiers) et de 13 disparus, le chiffre éloquent de 700 tonnes de cyanure de sodium (NaCN) vient d’être une nouvelle fois relayé par la presse chinoise [1], comme s’il fallait tout simplement s’arrêter à cela. Or, nous en avions déjà parlé lors d’un précédent billet [2], ce sont près de 2400 tonnes de produits chimiques divers et variés dont certains hautement toxiques, qui étaient entreposées là, sur l’un des ports commerciaux les plus importants au monde.

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VentsContraires.net, Paul Jorion : L’argent est-il notre Dieu et le marché sa religion ?

Sur le site VentsContraires.net, c’est ici.

L’hyperdiffusionnisme britannnique : Grafton Elliot Smith.

Comment faire pour oublier qu’on va mourir ? Sigmund Freud : L’avenir d’une illusion (1927), Malaise dans la civilisation (1930).

Je mentionne que dans un de mes livres j’ai voulu expliquer ce qu’était « la confiance des marchés » en la programmant. C’est dans La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008). Cela avait d’abord paru ici comme billet : La crise des subprimes et la « confiance des marchés ».

La retranscription se trouve ici (merci à Olivier Brouwer !) :

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Le système monétaire idéal de John Maynard Keynes (III) Les qualités d’un système monétaire international selon Keynes

Quelles qualités un système monétaire international devrait-il présenter ? Au fil des années Keynes avait su préciser à son propre usage ce que ces qualités devaient être : le maître-mot était sans doute « pacifié » : un système monétaire international devrait être « pacifié ». Il écrivait en 1941, dans la seconde version de Proposals for an International Currency Union : « Les arrangements proposés pourraient être décrits comme une mesure de désarmement financier ».

N’avaient pas peu contribué à sa définition d’un système monétaire international idéal, les discussions en Grande-Bretagne autour de l’étalon-or : son abandon en 1919, sa réinstauration en 1925 à l’initiative de Winston Churchill, alors ministre des finances, enfin son abrogation définitive en 1931, et le rôle très actif qu’avait joué Keynes dans ce débat, s’opposant en particulier à la réinstauration de l’étalon-or dans son petit livre A Tract on Monetary Reform publié en 1923 et critiquant Churchill deux ans plus tard dans une série de trois articles qui seraient publiés sous le titre de The Economic Consequences of Mr. Churchill quand celui-ci passa outre à ses recommandations pressantes.

La préoccupation de Keynes sur cette question d’un système monétaire international, était d’assurer ce que l’on appelle en anglais « a level playing field » : un terrain de jeu parfaitement horizontal, faisant référence à la nécessité pour qu’un match soit équitable au fait que les conditions de jeu soient strictement identiques pour les deux équipes en présence. Selon Keynes, les nations garantes d’une devise doivent pouvoir jouer dans un environnement où les conditions sont exactement les mêmes, quelle que soit la taille du pays, quelles que soient ses richesses naturelles, quelle que soit sa capacité à exporter davantage qu’il n’importe ou au contraire, l’obligation pour lui d’importer davantage qu’il n’exporte.

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QUEL EST LE DIEU QUE RÉVÈRENT LES GRANDS-PRÊTRES DE LA RELIGION FÉROCE QUI NOUS GOUVERNE ?

Un passage d’une lettre que Russell Leffingwell (1878 – 1960), qui présidera longtemps le comité de direction de la banque J. P. Morgan avant d’en devenir le président, adressa le 30 décembre 1931 à Walter Lippmann (1889 – 1974). Le colloque Walter Lippmann de 1938 est considéré comme fondateur du néo-libéralisme [*] ; parmi ses participants : von Mises, von Hayek ainsi que leur maître Alfred Schütz, du côté français : Robert Marjolin, Raymond Aron, Jacques Rueff, pour les Allemands, les théoriciens de l’ordo-libéralisme : Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow.

La leçon à tirer est que Keynes et toute son école, ce qui signifie les fonctionnaires du ministère des Finances qui le suivent peu ou prou et pensent comme lui, n’ont pas le jugement d’hommes ayant un sens pratique. Ce sont des licenciés en mathématiques. Ce sont des fonctionnaires. Ce sont des professeurs d’économie politique. Ce ne sont pas des banquiers et ce ne sont pas des hommes d’affaires. Ce que les banquiers et les hommes d’affaires en Angleterre savent c’est que la confiance est fondée sur le fait de tenir ses promesses. Ce que Keynes lui ne saura jamais.

Et il y a une autre chose dont Keynes et son école (tous autant qu’ils sont, Strakosch, Blackett, Salter, Hawtrey, etc. sont plus ou moins des disciples de Keynes, encore que certains d’entre eux le nieront) ne sont pas conscients, c’est que l’étalon-or n’est pas quelque chose que les économistes, les politiciens et les banquiers ont inventé et mis au point comme un moyen pratique pour assurer le bien-être de l’humanité. L’étalon-or est quelque chose de profondément enraciné dans les appétits des hommes. L’amour de l’or est instinctif chez les hommes, comme leur amour de la terre ou des femmes. Plus vous tentez de substituer à l’or qu’ils désirent de la monnaie indice de prix ou de la monnaie-papier, plus ils réclament l’or.

Nulle surprise donc, le Dieu que révèrent les grands-prêtres de la religion féroce qui nous gouverne est bien celui que nous leur supposions : le Veau d’Or.

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[*] Sur le colloque Walter Lippmann de 1938 comme fondation du néo-libéralisme, voir Michel Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979 (Gallimard/Seuil 2004 : 138-142 ; 166-170) et Pierre Dardot & Christian Laval, La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale (La Découverte 2009 : 157-186).

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L’actualité de demain : NE RESPECTENT-ILS DONC RIEN ? par François Leclerc

Billet invité.

Après le Libor, l’Euribor et le Tibor, le tour de l’or et de l’argent serait-il venu ? Selon le Wall Street Journal, la CFTC (Commodity futures trading commission) – le régulateur américain des marchés à terme des matières premières – se penche sur la fixation des cours de l’or et de l’argent. Cinq banques internationales pour le premier et trois pour le second l’établissent quotidiennement à Londres par le biais d’une téléconférence, et la CFTC s’interroge sur « la transparence » de la procédure, mais aucune enquête n’a formellement été engagée.

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AVIS DE GROS TEMPS POUR LA GESTION DU RISQUE DE MARCHÉ !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Vendredi, en une seule séance des marchés à terme, l’or a perdu 5,8 % de sa valeur, et l’argent-métal, 17,8 %. Vu l’état actuel des marchés financiers et de l’économie en général, qui amorce depuis quelques semaines la deuxième branche de l’évolution en « W » ayant débuté en 2007, la chose pourrait apparaître surprenante, le métal précieux étant le prototype-même de la valeur-refuge.

En réalité, le fait que le prix des métaux précieux – et l’or en particulier – grimpait régulièrement depuis le mois de février, doit être interprété rétrospectivement comme un signe de la relative bonne santé des marchés financiers durant les trois premiers quarts de l’année.  Car si le prix de l’or et de l’argent baisse en ce moment, ce n’est pas parce qu’ils ont cessé de jouer le rôle de valeur refuge, c’est parce que certains qui en possèdent le vendent en ce moment, non pas pour réaliser leurs gains mais parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement : pour payer leurs dettes qui se creusent ailleurs, ou parce que les chambres de compensation des marchés où ils sont positionnées leur adressent des appels de marge, c’est-à-dire leur enjoignent d’approvisionner leur fonds de réserve, en raison des pertes qu’ils subissent là.

Autrement dit, les ventes d’or et d’argent auxquelles on a assisté la semaine dernière et vendredi en particulier, ne sont rien d’autre que les ventes en catastrophe d’intervenants en position délicate. Une personne interrogée hier par le Wall Street Journal signalait en particulier « qu’il semble que des banques européennes vendent de l’or, peut-être pour augmenter l’argent liquide dont elles disposent et étançonner leur bilan ».

Lorsqu’on entre dans des périodes de vente à la casse sur les marchés financiers, comme les ventes de métaux précieux dans la journée de vendredi, le plongeon se transforme bientôt en chute en vrille. Gérer le risque de marché exige en effet que le prix de certains produits monte quand celui de certains autres baissent. Or, quand chacun se débarrasse de tout ce qu’il possède parce qu’il n’a en réalité pas d’autre choix, comme c’est le cas en ce moment, le prix de tous les produits s’effondre simultanément. La couverture des positions financières – leur protection contre la perte par la prise de positions sur des produits dont le prix grimpe quand le leur baisse – cesse d’être possible et la gestion du risque entre en régime chaotique. Ce fut le cas vendredi, quand les pertes essuyées obligèrent les intervenants à se délester de certains de leurs actifs, dont la quantité offerte à la vente fit alors baisser le prix, causant des pertes à d’autres intervenants qui furent obligés de faire de même, et ainsi de suite, créant une spirale infernale.

Les mésaventures de M. Adoboli à l’Union de Banques Suisses, révélées la semaine dernière, nous rappelaient de manière dérangeante celles de M. Kerviel au début de l’année 2008. Les ventes à la casse de vendredi nous replongent elles aussi dans l’atmosphère de 2008. Contrairement à ses homologues de la Société Générale qui avaient choisi de se maintenir à la barre, M. Oswald Grübel, P-D.G. d’UBS a préféré démissionner aujourd’hui samedi. Comment interpréter son geste ? Retour en force du sens de l’honneur à la tête des banques ? Ou jet, beaucoup plus troublant, de l’éponge ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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DE L’UTILITÉ DE LA THÉORIE DE LA FORMATION DES PRIX POUR COMPRENDRE LE FONCTIONNEMENT DU SYSTÈME MONÉTAIRE, par Zébu

Billet invité

Depuis 1971, nous sommes dans un système de changes dits ‘flottants’, c’est-à-dire qui réajuste les variations des monnaies entre elles sans aucun point fixe, à l’inverse d’un système, comme l’était par exemple le précédent (Bretton Woods) où un point fixe était défini pour l’ensemble des monnaies, qui s’y référençaient de manière permanente afin de déterminer leur ‘valeur’ relativement à ce point fixe : les 35 $ que valaient une once d’or.

En fait, le système monétaire actuel n’est pas tout à fait un système sans point fixe puisque, au sein de ce système de change dit ‘flottants’ qui succéda au système de change dollar-or, subsiste néanmoins un point fixe : le dollar. A cette différence près néanmoins que le dollar n’est qu’une monnaie fiduciaire comme une autre et qu’elle n’est plus, cette fois, arrimée à un ‘objet’ de change fixe non fiduciaire, la plupart du temps lié à l’or.

Depuis 40 ans donc, nous aurions dû percevoir ce qu’un tel système monétaire aurait dû refléter, mettre en exergue : les rapports de force entre nations, au travers de leurs monnaies. Or, la spécificité de ce système est que justement, par ‘convention’ entre nations (en fait, l’ensemble des nations mises devant le fait accompli de manière unilatérale par une seule nation, les Etats-Unis), ce système monétaire conserva une monnaie dite de ‘référence’, malgré l’absence de tout change fixe non fiduciaire : le dollar.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 22 JUILLET 2011

Retraites par répartition et capitalisation
Achever l’Europe des marchands
Éliminer l’État-providence
La « science » économique
Friedrich List (1789-1846) et l’École historique allemande Roscher (1817-1894), Hildebrand, Knies (1821-1898)
« Common decency »
Une science économique n’est pas possible mais…
une réflexion sur nos sociétés l’est
« Le prix » (2010)
John Brown (1735-1788)
L’OR

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AVIS DE COUP DE VENT, SUIVI DE TEMPÊTE, POUVANT SE TRANSFORMER EN OURAGAN, par Charles Sannat

Billet invité.

Un titre un peu alarmiste, direz-vous ? Peut-être, mais lisez d’abord.

– L’université du Texas prend de l’or pour sa trésorerie….

Une information importante et passée totalement inaperçue est que l’université du Texas vient d’investir environ 1 milliard de sa trésorerie en or. L’article de Bloomberg est ici. Les membres du Board voient l’or « juste comme une autre monnaie mais qui n’a pas à souffrir d’une impression supplémentaire de billets ». Suivez mon regard ! Il est à noter que cette université forme également des économistes.

Alors que penser d’une telle stratégie? Simplement que de plus en plus de particuliers comme d’institutions commencent à avoir des doutes de plus en plus sérieux sur la pérennité du système économique mondial dans sa configuration actuelle.

Pourtant, comme le fameux cygne noir de Nassim Taleb, c’était impossible et inenvisageable.

Mais ce n’est pas tout. Ces dernières semaines sont particulièrement riches en alertes.

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LE PRIX, par David Cayla

Billet invité

J’ai lu avec beaucoup d’attention l’ouvrage de Paul Jorion Le prix, et il m’est alors venu une première question : et si les « marchés », et tout particulièrement les marchés à terme où se négocient les prix des matières premières n’avaient été créés, contrairement à ce qui peut se dire, non pas pour protéger les producteurs des « fluctuations », mais bien plutôt pour supprimer les prix ? Supprimer le prix de l’or, de l’argent, du cuivre, du fer, du blé, du maïs, etc.

Et pourquoi supprimer les prix ? Pour briser les reins de l’URSS (à l’époque), sans doute, mais aussi et surtout pour permettre aux Américains en particulier et aux Occidentaux en général de continuer à mener grand train.

Se posent alors d’autres questions : comment forcer les producteurs à accepter ce marché de dupes ? Les producteurs étaient-ils crédules ? Et comment fonctionnent les « marchés », au delà de ce principe, « supprimer les prix » ? Comment y sont-ils parvenus ?

Prenons l’exemple de l’or et de l’argent, qui sont des métaux précieux et pour lesquels il y a (ou il y avait !) historiquement des stocks colossaux en regard desquels la production annuelle est peu de chose. On peut manipuler les prix à la baisse, mais sur ces marchés, le principe – jusqu’à tout récemment en tout cas – était que les acheteurs peuvent choisir indifféremment de se faire livrer leur or ou de déboucler leurs positions. Aujourd’hui, « on » sait ce qu’il en est : les banques centrales occidentales ont vendu ou « prêté » leur or en toute discrétion pour alimenter le marché… Ce qui fera la fortune de tous ceux qui se sont portés acquéreurs de cet or ou de cet argent une fois qu’il sera devenu impossible de continuer à alimenter le marché.

Le raisonnement peut être aisément transposé au cuivre ou au blé : pour maintenir les prix à un niveau artificiellement bas, il fallait être en mesure d’alimenter le marché en abondance. Et pour ce faire, rien de tel que de placer les producteurs dans une situation de surendettement chronique, que ce soient les agriculteurs pour le blé ou carrément des États tels que le Chili pour le cuivre. Car enfin, quel gouvernement sain d’esprit liquiderait ses ressources minières à un rythme aussi effréné quand il pourrait se contenter de produire moins, donc de sauvegarder ses ressources naturelles, mais en vendant à un prix plus élevé ?

De manière subsidiaire, on pourra ajouter que la tendance « naturelle » des marchés à sous-estimer les prix, telle qu’exposée dans l’ouvrage de Paul Jorion, n’a pas spécialement aidé les producteurs… Les contraignant à produire davantage pour s’assurer un minimum de recettes. Et donc à alimenter les marchés en abondance, permettant ainsi à la fois de satisfaire la demande et de maintenir les prix bas… La boucle ne serait-elle pas bouclée ?

Dernière remarque, un effet pervers particulièrement redoutable pour le monde occidental a été qu’en supprimant le prix des matières premières, le prix de la main d’œuvre est devenu LE facteur discriminant dans la « construction » du prix des produits finis. Dès lors, le mécanisme des délocalisations en masse était forcément inéluctable.

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Qu’est-ce qu’un système monétaire?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

A la proposition d’un étalon monétaire international, « aliena » oppose une analyse pointue des mythes de l’étalon-or et des changes fixes. Cette démonstration compare le défunt système de Bretton Woods et l’actuel système de « fiat currency ». Bretton Woods avait retenu la définition des monnaies en poids d’or avec convertibilité par le dollar. Le fiat currency system (FCS) se contente d’une définition des monnaies par elles-mêmes. Instituées par les lois nationales, les monnaies sont dites inconvertibles : le prix de la monnaie en or ou en toute autre matière n’est pas défini. Deux monnaies différentes s’échangent au prix d’équilibre de l’offre et de la demande à l’instant où il est calculé. Les conversions effectives de l’une par l’autre déterminent la parité de change.

Le FCS s’inscrit dans une dialectique de la valeur intérêt public/intérêt privé alors que le Gold Exchange Standard (GES) de Bretton Woods s’inscrivait dans la dialectique paix/guerre internationale. Le GES organise la finance internationale pour éviter les guerres entre les États mais délaisse la question de la légitimité de chaque puissance publique. Le FCS pose l’existence de la paix internationale et veut régler la collaboration entre intérêt public et intérêt privé dans chaque sphère politique nationale. La fiat currency associée aux changes flottants permettent à ceux qui produisent la valeur réelle, les entrepreneurs et les travailleurs de statut public ou privé, d’échapper au moins partiellement à la dépense nominalement publique qu’ils ne contrôlent pas. C’est à dire la dépense vendue verbalement aux électeurs par la dette publique non adossée à la valeur réelle.

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