Avant-première : LES NÉGOCIATIONS EUROPÉENNES REPARTENT, par François Leclerc

Billet invité.

L’avenir auquel l’Europe peut prétendre n’attend pas la tenue des élections allemandes et les propositions françaises pour être l’objet d’intenses et discrètes négociations. À une condition : ne pas franchir une ligne rouge en touchant aux traités et aux dispositions régissant les déficits publics. Ce qui par avance limite singulièrement la portée des négociations ardues qui s’annoncent.

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UN GRAND BANQUIER ITALIEN SE RÉVOLTE, par François Leclerc

Billet invité.

Le sauvetage à épisodes de la banque Monte dei Paschi di Siena finalement résolu, la crise du système bancaire italien est toujours sur le feu. Comment faire coïncider les modalités de sauvetage des banques les plus atteintes par les NPL (les prêts non performants) qu’elles détiennent tout en respectant la réglementation communautaire ? Là est toute la question, qui se focalise sur le sort de deux banques, cette fois-ci vénitiennes, dont le déficit en capital a été estimé à 6,4 milliards d’euros.

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LEUR EUROPE SE DÉLITE, par François Leclerc

Billet invité.

De natures différentes, les crises européennes se suivent et ont en commun de ne pas trouver de solution, menaçant une construction qui chancelle. Piliers de l’Europe, la zone euro a été menacée et l’espace Schengen est désormais en cause. La Commission marginalisée, le Conseil européen se révèle toujours aussi inopérant au fil de crises qu’il affronte sans parvenir à les résoudre, et qui s’accumulent. Mais cela ne se résume pas à un problème présenté comme étant de gouvernance et renvoie aux mesures à prendre pour sortir de la crise, ainsi qu’à la conception de l’Europe qui reste à construire.

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Espirito Santo : ENCORE UN PETIT EFFORT POUR ÊTRE PRÉSENTABLE ! par François Leclerc

Billet invité.

Il reste à faire pour que le sauvetage de la Banque Espirito Santo (BES) soit accompli ! La liste des points à clarifier en suspens s’allonge, et la concrétisation d’une vente rapide de la good bank Novo Banco s’éloigne, celle-ci restant dans les mains de ceux qui voulaient s’en débarrasser comme une patate brûlante.

Un jour, le premier ministre confirme qu’elle doit intervenir dans l’urgence, appuyé un peu vite par Bruxelles, et le lendemain que ce n’est finalement pas si pressé ! Un autre jour, son tout nouveau patron nommé par la Banque du Portugal démissionne – arguant que son mandat initial était de faire vivre la banque et non pas de la brader – le lendemain son remplaçant dont c’est devenu la mission explique qu’il faut arrêter de parler de calendrier et de modèle de vente (par appartement ou non), mais retrousser ses manches pour créer de la valeur, récupérer des dépôts et amasser de bons crédits. Une chatte n’y retrouverait pas ses jeunes.

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LES BANQUES EUROPÉENNES ONT DE QUOI POUSSER UN GRAND OUF ! par François Leclerc

Billet invité.

C’est la rentrée, donnant l’occasion à l’OCDE de délivrer de sinistres prévisions, modifiant les précédentes datant de mai dernier. Montrant que même à court terme, elles ne tiennent pas longtemps la route ! L’accent est mis sur le risque d’une récession si rien n’est fait. Il en sort que l’Italie sera particulièrement touchée par le mal, son ratio dette/PIB appelé à dépasser 145% et sa dette à devenir insoutenable. Et que l’Allemagne voit sa croissance continuer à décliner. À contretemps des dernières décisions des autorités européennes, l’OCDE préconise d’ailleurs que la BCE s’engage de manière décidée dans l’assouplissement quantitatif et remarque que « la reprise mondiale a besoin d’une poursuite du soutien à la demande ». Comme le FMI, l’OCDE s’inquiète de l’euphorie qui règne sur les marchés financiers, « déconnectée » de l’économie réelle et exposée au risque d’une « correction brutale ».

Pour le monde financier aussi, c’est la rentrée ! En Europe, elle suscite de profonds soupirs de soulagement. Non seulement la montée d’un nouveau risque – le risque réglementaire – a pu être stoppée, mais les banques caressent l’espoir que les nouvelles autorités européennes vont assouplir plusieurs dangereux projets, au vu de la nomination aux postes clés de la Commission du Français Pierre Moscovici (dont les prouesses à propos de la séparation des activités des banques à la françaises demeurent dans toutes les mémoires) à l’économie, et du Britannique Jonathan Hill à la régulation financière.
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Espirito Santo : TEST DE VÉRITÉ POUR L’UNION BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Le calme est revenu sur les marchés européens, mais la partie n’est pas finie. Les interrogations sur la santé réelle du groupe Espirito Santo restent sans réponse, alimentées par de premières découvertes qui en appellent d’autres. Les agences de notation poursuivent leurs dégradations de la note des différentes structures du groupe, sanctionnant des faiblesses avérées et anticipant la révélation de nouvelles. Les liens consanguins qui unissent le groupe justifient toutes les inquiétudes, d’autant qu’il contrôle des secteurs significatifs de l’économie portugaise. L’hypothèse d’une sortie prématurée de la logique des plans de sauvetage s’en trouverait confortée, infirmant les déclarations des dirigeants européens qui l’ont présentée comme une illustration de la justesse de leur politique.

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LE BIEN MAIGRE BILAN DE L’UNION BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité : paru dans Atlantico

C’est in extremis, en toute fin de mandature, que le Parlement européen va ce 15 avril voter l’instauration d’une Union bancaire à laquelle il est prêté bien plus qu’elle ne pourra effectivement résoudre, comme en témoigne la tonalité souvent sceptique des commentaires des analystes financiers. Dès qu’il s’agit des banques, il est conseillé d’y regarder à deux fois, et l’Union bancaire n’y déroge pas, surtout si l’on considère les superlatifs accompagnant sa naissance employés par ses pères.

C’est dans la nuit du 19 au 20 mars dernier qu’un accord de compromis a été trouvé à son sujet entre les ministres des Finances et le Parlement européen, après un an et neuf mois de conciliabules incessants au niveau ministériel, le Conseil européen ayant décidé en juin 2012 de mettre en place un mécanisme de supervision unique des banques. Celui-ci, confié à la BCE pour entrer en service à la fin de l’année, il restait à mettre laborieusement au point le second pilier de l’Union bancaire : son mécanisme de résolution. Afin de déterminer, une fois un problème constaté par la BCE, par qui et comment les décisions s’imposant seront prises, et de quels moyens financiers l’on disposera. L’intention était de mettre sur pied un mécanisme permettant de dénouer le cercle vicieux institué entre dette publique et dette bancaire, cette faiblesse intrinsèque de la crise financière européenne, mais le compte n’y est pas.

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LES ALCHIMISTES DE LA FINANCE BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Tirant la leçon qu’elles avaient pris trop de risques, les alchimistes de la finance s’ingénient à ce que les banques en soient dorénavant prémunies. Non pas en les empêchant d’en prendre, mais en le faisant supporter par d’autres.

La réanimation du marché européen des Asset-Backed Securities (ABS) en fournit l’occasion rêvée. Il est annoncé que la BCE et la Banque d’Angleterre joindront leurs forces pour venir en renfort de celles de la Commission, à l’occasion de la tenue de la réunion annuelle du FMI à Washington de cette semaine. La relance de la titrisation pourrait s’appuyer sur une évolution de la réglementation de l’IOEPA, qui regroupe les autorités de contrôle nationales du secteur des compagnies d’assurance et opère dans le cadre de Solvency II, l’équivalent pour celles-ci de Bâle III pour les banques. Toute l’argumentation repose sur le fait que la titrisation n’a pas donné lieu en Europe aux dérives constatées aux États-Unis, ce qui permettrait de l’assouplir… Les banques pourraient alors développer l’émission de titres adossés à des paquets de créances afin de les sortir de leur bilan et les compagnies d’assurance, les acheter, favorisant ainsi la relance du crédit aux entreprises, est-il espéré. Mais comment séparer la bonne de la mauvaise titrisation et donner des garanties à ce propos ? La relance de la machine à fabriquer de la dette est à opérer à ses risques et périls.

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Union bancaire et taxation des transactions financières : DE LA BÊTE POUDRE AUX YEUX ! par François Leclerc

Billet invité

Le temps des conciliabules européens aboutissant à des compromis bancals n’est jamais fini, pas plus que celui de la poudre aux yeux. À nouveau sur la table des négociation, deux dossiers présentés comme déterminants restent dans l’attente d’un compromis tardant beaucoup à venir : l’Union bancaire et la taxe sur les transactions financières.

À l’habitude, un mécanisme compliqué devrait être trouvé afin d’aboutir sur le premier d’entre eux. Quel qu’il soit, il ne répondra pas à trois critiques majeures. Premièrement, le montant maximum de 55 milliards d’euros du fonds destiné à renflouer les banques est totalement insuffisant. Deuxièmement, le lourd processus de décision choisi est inefficace. Troisièmement, la finalisation de l’Union bancaire dans dix ans (ou seulement 5, comme cela se profile) continue de faire reposer l’essentiel de la charge financière sur les États, alors que le problème est immédiat.

Telle qu’elle se dessine, l’Union bancaire continue de prioritairement protéger les banques dans l’espoir qu’elles seront ultérieurement l’instrument de la relance, lorsqu’elles seront enfin parvenues à se désendetter. Comme c’est lié à l’endettement des États, ce n’est pas pour demain ! Mais c’est la seule façon qui a été trouvée pour dénouer le nœud gordien liant dettes publiques et privées : qu’elles soient résorbées ! Il est désormais intégré que nous sommes entrés dans une longue période dont les avant-goûts sont déjà familiers.

Pour exactement les mêmes raisons, le dossier de la taxe sur les transactions financières est resté au point mort malgré que onze pays se soient ralliés à son principe. Les discussions portent notamment sur son assiette et ses taux, et derrière les déclarations du type « elle doit être ambitieuse » (Pierre Moscovici) se dissimulent d’autres calculs. Le sort réservé aux produits dérivés en particulier, quand il s’agit de protéger les intérêts des banques françaises, très actives sur ces marchés. Deux arguments sont utilisés pour minorer en général les taux – ne pas peser sur le crédit aux entreprises et éviter les distorsions de concurrence avec les banques britanniques – on reste dans le classique et l’éprouvé ! Pour mémoire, le projet de la Commission prévoit une taxe de 0,1 % sur les actions et obligations et de 0,01 % sur l’ensemble des produits dérivés. Il se confirme qu’il faut passer à autre chose au lieu de faire de cette taxe un cheval de bataille.

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La régulation trompe-l’œil : UNE PRIME ACCORDÉE AUX RÉCIDIVISTES, par François Leclerc

Billet invité.

« L’horizon bancaire se dégage », titre l’éditorial de l’AGEFI hebdo, une publication qui couvre « tous les métiers de la finance » pour ceux qui les exercent. Le journal traduit un soulagement manifeste au sein de ces honorables professions, qui vont enfin pouvoir penser à l’avenir, se consacrer à l’élaboration de leurs plans stratégiques, et dépenser moins d’énergie dans des batailles défensives contre des dangers réglementaires qui s’amenuisent. Rien qui ne soit trop étonnant, à vrai dire, au risque de se répéter.

Résumons-nous. Avec le Comité de Bâle, la situation est bien en mains. A force d’assouplissements, les ratios que les banques doivent à terme respecter sont tour à tour émoussés, et il en reste encore qui vont subir ce sort : son approche initiale s’est « apaisée », constate le journal. Du côté des taxes, dont les projets ont eu tendance à fleurir, l’élan est brisé. La perception de celle qui devrait abonder le fonds de résolution de l’Union bancaire s’étendra sur une dizaine d’année pour atteindre la mirifique somme de 55 milliards d’euros, si toutefois le projet global est entériné par le Parlement européen. Saluant favorablement ce qu’elle a qualifié « d’avancée » – ce qui incite à s’interroger – la Fédération française bancaire n’a pas manqué de demander que la taxe systémique déjà adoptée en France soit affectée à ce fonds de résolution, diminuant d’autant la nouvelle contribution. En précisant à toutes fins utiles que cette confusion est « impérative ».

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L’argent après l’Union Bancaire, par Alain Monod-Broca

Billet invité.

L'argent

Cher Monsieur,

Laissez moi tout d’abord vous présenter Tous mes vœux pour l’année 2014. Je crois, je crains et, parfois, j’espère que nous aurons particulièrement besoin dans les 12 mois qui viennent du « service public d’information et d’analyse lucide » que nous offre votre blog. Ne laissez pas la lassitude qui vous gagne interrompre votre effort en une telle année. En effet une crise systémique est probable cette année, je crains ses effets et j’espère en même temps qu’elle pourra donner le signal d’une remise en ordre, pragmatique et sans idéologie, de notre système économique et financier. Nous en parlerons le moment venu. (Ou plutôt M. Leclerc et vous nous en parlerez).

Mais je voudrais surtout dans ce courriel vous parler de l’Union Bancaire.

Depuis « La lettre volée » d’Edgar Poe on sait que la meilleur cachette est parfois la plus en vue. Les travaux en cours sur l’Union Bancaire et les textes déjà approuvés s’appuient ainsi sur une affirmation tellement évidente que nul ne pense à la souligner : les dépôts bancaires ne sont pas de l’argent comme les billets de la Banque Centrale ou les comptes ouverts dans ses livres mais des créances affectées, comme toutes les créances, du risque de signature… Voilà la thèse de votre livre L’argent, mode d’emploi totalement validée par tous nos dirigeants politiques et financiers. Je voulais vous en féliciter. Je n’ai pas trouvé ce constat sur votre blog.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 DÉCEMBRE 2013

Sur youtube

Sauver la zone euro… malgré le gâchis actuel !

Single Resolution Mechanism
Union bancaire

Les moyens de la sauver… parce qu’on n’a pas le choix… pour autant qu’on puisse réinstaurer la démocratie !

Au grand casino de la finance, par Paul Jorion, Télérama, le 18 décembre 2013

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Le Conseil européen : DERRIÈRE LE DÉCOR EN CARTON-PÂTE, par François Leclerc


Billet invité.

« Avancée majeure », « fait décisif » : les superlatifs ne manquent pas pour présenter le Conseil européen qui s’ouvre. Pourtant, il n’y a pas besoin d’entrer dans les détails de l’union bancaire adoptée in extremis pour y rencontrer le diable. Ni de beaucoup gratter pour constater que le renforcement de l’intégration européenne chanté sur tous les tons se résume à créer un mécanisme contraignant de contrôle de réformes structurelles, assorti de mesures de « solidarité » qui baignent dans un grand flou. Le coup d’envoi va être lancé pour adoption en juin prochain.

A défaut de présenter un accord parfait, les violons du couple franco-allemand jouent leur partition sous la direction d’Angela Merkel, symboliquement venue rendre une visite parisienne pour « faire avancer l’Europe ». On est en plein story telling à l’annonce d’une nouvelle saison du Conseil européen, à nous de jouer les dupes et aux gouvernements de négocier serré leur futur contrat pour ne pas se retrouver trop contraints, leurs modalités devant être avalisés – raffinement suprême – par la représentation nationale afin que les institutions européennes ne soient pas en première ligne.

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L’actualité de demain : UNION BANCAIRE, EN ARRIÈRE, TOUTE ! par François Leclerc

Billet invité

Union bancaire, vous avez dit union bancaire ? Cela n’en prend pas le chemin, car pierre après pierre le projet initial de cette construction est dénaturé pour reposer sur des bases nationales.

La partie se joue actuellement en Allemagne, dans le cadre des négociations préalables à la constitution de la grande coalition CDU/CSU-SPD : un compromis serait intervenu qui place toute décision relative à un renflouement ou une liquidation sous la houlette des régulateurs nationaux (et de l’Ecofin en dernière instance, une structure intergouvernementale), excluant par ailleurs tout apport financier direct du Mécanisme européen de stabilité (MES). Si cette approche devait être finalement retenue au niveau européen, le renflouement ou la liquidation de banques se ferait dans un cadre national, renforçant la probabilité d’une intervention sur fonds publics, confirmant que le nœud gordien liant dette publique et privée ne sera pas tranché comme initialement revendiqué.

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L’actualité de demain : BRAVO, ILS TRAVAILLENT DÉJÀ À LA CRISE SUIVANTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Pour y revenir, que penser du dispositif de renflouement des banques adopté par les 27 ministres des finances de l’Ecofin, qui doit encore être adopté par le Parlement européen ?

Ce dispositif n’est pas fait pour la crise financière actuelle des banques, mais au mieux pour la suivante ! Il est prévu qu’il n’entrera en service qu’en 2018 et il suppose que soit entre temps réglé le délicat problème de l’autorité de résolution (à ne pas confondre avec l’échafaudage de la supervision chapeauté par la BCE). Recul après recul, aux dernières nouvelles, celle-ci devrait être mise en place fin 2014, mais ce calendrier peut encore changer.

Il est ensuite abusif d’en faire stricto sensu un élément de l’union bancaire, ce deuxième pilier présumé avec le programme OMT de la BCE de la stabilisation de la crise, car les sauvetages qu’il décrit s’inscriront dans un cadre national, comme le gouvernement allemand le souhaitait. L’éventualité même d’une intervention du Mécanise européen de stabilité (MES) n’est même pas mentionnée dans le communiqué final. Les désaccords entre ministres portaient sur le degré de flexibilité national des règles qui allaient être adoptées, et ce dernier maintient un grand flou à cet égard : le mécanisme qui en ressort est largement à la carte.

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L’actualité de demain : IL FAUT Y REGARDER À DEUX FOIS, par François Leclerc

Billet invité

La description par la presse de l’accord intervenu hier soir, en ouverture du sommet d’aujourd’hui, entre les ministres des finances européens de l’Ecofin à propos des modalités de renflouement des banques en détresse, n’est pas sans créer une certaine confusion en raison de sa complexité. Mais celle)ci est-elle seule en cause ?

En attendant 2018, date à laquelle ces mesures prendront effet, les banques sont priées de bien se tenir (c’est à dire de cacher leurs pertes), ou bien il faudra improviser. Mais, par la suite, leur application distendra-t-elle ou non le lien pernicieux entre la dette des banques et celles des États, objectif initialement recherché ? Il est affiché que les contribuables ne seront plus désormais mis à contribution, il était certes temps de revenir sur le choix de prémunir les banques des effets de leurs turpitudes, car ils y ont déjà contribué sous une forme ou sous une autre pour 1.600 milliards d’euros depuis 2008, selon le Financial Times ! Mais cela demande pour être confirmé une solide explication de texte sur le communiqué de l’Ecofin. Même si l’on tient compte que l’implication du MES, souhaitée notamment par le gouvernement français, est dans les faits potentiellement très amoindrie.

Jusqu’à concurrence d’un niveau de pertes égal à 8% du passif d’une banque en détresse, les actionnaires et porteurs de titres non sécurisés devront les éponger, c’est clair. Au-delà, le dispositif est plus alambiqué, puisqu’il permet sous conditions certaines « flexibilités » dans le choix des contributeurs au renflouement, sachant que l’apport du fond de résolution national financé par les banques est plafonné à 5% de ce même passif. Certes, il est bien prévu que si « d’autres sources alternatives de financement » non identifiées pourront être recherchées « dans des circonstances exceptionnelles », cela ne pourra intervenir que lorsque toutes les créances non sécurisées et non préférentielles autre que les dépôts garantis auront été épuisées pour éponger les pertes. La combinaison de ces deux mécanismes n’apparaît cependant pas dans toute sa clarté, expliquant sans doute une certaine confusion chez les commentateurs.

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L’actualité de demain : 1.000 MILLIARDS D’EUROS AU FRAIS DANS LES BAD BANKS, par François Leclerc

Billet invité

Les négociations se poursuivent aujourd’hui entre ministres des finances à propos de l’union bancaire et des méthodes possibles de renflouement des banques : sans surprise, la question de savoir qui payera la note est au centre des discussions entre les États, le MES, les créanciers des banques et les déposants. Le côté surprenant de ces débats est qu’ils se déroulent en aveugle, c’est-à-dire sans référence à l’ampleur des pertes auxquelles le dispositif retenu en fin de compte permettra de faire face ! On n’est plus à un non-dit près.

Certes, l’Asset Quality Review (l’examen de la qualité des actifs) est annoncé par l’Autorité bancaire européenne (EBA) comme allant être une nouvelle opération vérité destinée à voir ce que le système bancaire européen a dans le ventre, dissimulé par des valorisations suspectées d’être accommodantes et trompeuses. D’où la défiance que les banques continuent de manifester entre elles, conduisant la BCE à continuer à suppléer aux défaillances du marché interbancaire. Mais si un de ces consensus chers aux économistes était établi à ce propos, il prédirait que cette nouvelle version des précédents stress tests, rebaptisés pour la circonstance vu la faillite des précédents, n’annoncera comme besoins de financement que ce qui sera décemment à portée, sans faire toute la lumière souhaitée. Le taux de créances douteuses des banques ne cessant d’augmenter en raison de la récession économique, il représente en Espagne 10,87 % du total des crédits bancaires, soit 162 milliards d’euros, en dépit des transferts précédents d’actifs douteux à la Sareb, la bad bank espagnole.

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L’actualité de demain : ILS BALAYENT À NOUVEAU LES MIETTES SOUS LE TAPIS… par François Leclerc

Billet invité.

En abandonnant leur projet d’union bancaire pour une pâle copie, à l’instigation du gouvernement allemand, les dirigeants européens confirment leur choix du début de la crise : ils préfèrent ignorer que le système bancaire européen a besoin d’être recapitalisé entre 500 et 1.000 milliards d’euros, selon les estimations qui circulent, plutôt que de mettre en place un dispositif permettant d’y faire face, ne sachant pas où cela les entrainerait. Car c’est bien de cela qu’il s’agit et non pas d’un hypothétique accident de parcours.

Les faits entre-temps ont tranché : les banques ne parviennent pas plus que les États à se désendetter comme prévu. Ce qui devait durer quelques années va maintenant prendre une décennie, est-il prédit. La situation alarmante du crédit, notamment dans les pays du Sud de l’Europe, résulte d’arbitrages en faveur de la consolidation bancaire au détriment de la distribution d’un crédit devenu trop risqué, sont pourtant porteurs de la désagrégation de la zone euro. Les États n’ont plus les moyens d’intervenir, confrontés à leur propre désendettement, ne pouvant qu’assurer la liquidité en maintenant leurs garanties. La BCE ne sait pas faire mieux, une fois ses guichets restés grands ouverts.

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L’actualité de demain : AU RAYON BRICOLAGE, A DUBLIN, par François Leclerc

Billet invité.

Réunis à Dublin, les ministres des finances vont courir beaucoup de lièvres à la fois avec le risque de n’en attraper aucun. Un premier gros dossier les attend, celui de la sortie qui se voulait exemplaire du Portugal et de l’Irlande de leurs plans de sauvetage. Comme d’habitude, cela s’annonce une fois de plus bidouillage et compagnie.

A la manière des banquiers qui traitent ainsi leurs débiteurs insolvables, les deux pays devraient bénéficier d’un très substantiel allongement de leurs délais de remboursement, on parle même de sept ans supplémentaires. L’objectif est de diminuer leurs besoins de financement annuels et de faciliter leur retour sur le marché. Mais il est craint que cela ne suffise pas. Même bénéficiant d’un tel assouplissement, le Portugal devrait faire face à des besoins de financement très élevés et ses timides essais en direction du marché n’ont intéressé que des hedge funds en quête de bonnes affaires. Ce n’est pas avec cette clientèle qu’ils iront loin. Un nouveau sauvetage se profile à l’horizon.

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L’actualité de demain : ON NE VOIT PAS LA FIN DU VIRAGE, par François Leclerc

Billet invité

Alors que les banques chypriotes qui devaient rouvrir aujourd’hui sont restées portes closes, de peur d’une déstabilisation fatale de la Bank of Cyprus (très vulnérable aux retraits des fonds des entreprises russes férues d’optimisation fiscale), l’interview accordée au Financial Times et à Reuters par Jeroen Dijsselbloem, le nouveau chef de file de l’Eurogroupe, n’e finit pas de faire des vagues. Décidément, quand tout part en crabe, qu’il est difficile de redresser la barre ! Après avoir décidé de taxer sans restriction tous les dépôts bancaires, un nouveau chiffon rouge a été agité : les banques ne doivent plus être secourues sur fonds publics, a-t-il en substance assené. Avant de revenir précipitamment sur sa déclaration, au vu de la réaction des marchés, en expliquant que Chypre était « un cas spécifique ».

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, l’a ouvertement contredit, parmi d’autres, en faisant valoir que Chypre est « une place financière offshore qui n’existe pas ailleurs dans la zone euro » et que ce sauvetage était donc « un cas unique »… L’argumentation vaut ce qu’elle vaut mais ne pouvait empêcher que le mal soit fait, pour la seconde fois… Interrogé le soir même par la télévision néerlandaise pour savoir s’il était prêt à tenir à nouveau les mêmes propos, Jeroen Dijsselbloem répondait d’ailleurs « oui » !

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