PAUL JORION
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Result of the research Result of the research : 'commentaire'


- January 21 2008, Etats–Unis : le traitement de choc suffira–t–il ?,La Tribune
 - December 2007, La crise des « subprimes » et son impact sur le capitalisme américain, L’ENA hors les murs, No 377, décembre : 15–16
- November 2007, Prix, vérité et socialité, Vers une autre science économique (et donc un autre monde) ?.La Revue du MAUSS, No 30: 102–122
- November 2007, Neuf mois plus tard : la crise du capitalisme américain, La Gazette Permanente du MAUSS
 - July 17 2007, Les tâches et les responsabilités qui sont aujourd’hui les nôtres , La Gazette Permanente du MAUSS
- June18 2007, L’immobilier américain et ses nouvelles courroies de transmission <
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La vérité (anthropologique) sur les extra-terrestres

publié dans L'Homme 157 : 197-216


Pour certains, l'événement le plus remarquable du récent millénaire fut l'écrasement d'une soucoupe volante à proximité de Roswell (Nouveau Mexique, États-Unis) en juin ou juillet 1947. La constatation de l'accident par le fermier Sid West date des premiers jours de juillet mais l'état de décomposition des cadavres découverts dans l'épave par d'autres témoins était suffisamment avancé pour que l'on puisse dater en réalité la catastrophe du mois de juin.

Comme le font très justement remarquer les auteurs de UFO Crash at Roswell : The Genesis of a Modern Myth (1997) l'incident n'est mentionné dans aucune des grandes encyclopédies en langue anglaise : « Manifestement », écrivent Ziegler et Saler, « cette ommission est due au fait que les moyens d'évaluation épistémologiques utilisés par les intellectuels en charge de tels relevés historiographiques appartenant au courant de pensée dominant, diffèrent de ceux utilisés par les ovnistes et autres croyants à la matérialité de l'incident de Roswell » (Saler, Ziegler & Moore 1997 : 154). Autrement dit, les maîtres à penser de l'opinion commune considèrent que l'événement n'a pas eu lieu. Pourtant les témoins de manquent pas, disposés à coucher leurs observations sur le papier - voire à les confier aux bons soins d'un huissier. De deux choses l'une alors, ou bien ces personnes - généralement qualifiées dans la presse américaine de « citoyens responsables » - mentent, ou bien on nous cache des choses.

* * *

Deux ouvrages récents, l'un en anglais : celui que je viens de mentionner : UFO Crash at Roswell, l'autre en français : Des hommes, des
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Paul Jorion

 

Le mathématicien et sa magie : théorème de Gödel et anthropologie des savoirs

 


Actes STP. 2000

 

Jacques Bouveresse a publié en 1999 un petit livre intitulé Prodiges et vertiges de l'analogie où il revient sur l'affaire Sokal et Bricmont. Rappelons, à l'intention de ceux qui nous lisent alors que les cendres de cet incident sont depuis longtemps refroidies, qu'à la fin du XXè siècle le physicien Alan Sokal de l'Université de New York parvint à faire publier dans Social Text, une revue ayant pignon sur rue

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G.E.R. Lloyd, Demystifying Mentalities, Cambridge University Press 1990.

Paul JORION
jorion@aris.ss.uci.edu

Référence officielle: L'Homme, 125, 1993: 162, 163

 

L'ouvrage le plus récent de Geoffrey Lloyd, Demystifying Mentalities, interroge le concept de "mentalité" en tant que facteur explicatif en histoire. Il en démontre la vacuité, en tout cas pour ce qui touche à l'illustration choisie, qui constitue d'ailleurs le domaine de prédilection de son auteur : les débuts de la science en Grèce antique.

Au contraire de l'historiographie représentée par l'Ecole des Annales, l'anthropologie dans son ensemble n'a pas retenu la mentalité comme facteur explicatif des faits qu'elle examine : à la suite de Durkheim, elle a pris son essor davantage comme sociologisme que comme psychologisme, considérant la mentalité comme relevant de l'explanandum et non de l'explanans. Le mot "mentalité" se retrouve sans doute dans l'expressi on de "mentalité primitive", propre à la tentative isolée de Lévy-Bruhl, et revient quelquefois sous la plume des divers représentants du culturalisme américain mais dans l'ensemble, la conclusion négative de Lloyd - la science grecque n'est pas une question de "mentalités" - ne devrait pas provoquer d'états d'âme chez les anthropologues.

C'est à un autre titre que Demystifying Mentalities peut retenir l'attention de notre profession : l'ouvrage apporte en effet un éclairage nouveau sur cette anthropologie des modes de pensée qu'ont construite au fil des ann& eacute;es l'oeuvre de Lévy-Bruhl, la Pensée sauvage de Lévi-Strauss, et les contributions anglo-saxonnes récentes au "Rationality debate". Notons que la contribution personnelle de Ll

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Emile Meyerson, De l'explication dans les sciences, Corpus des oeuvres de philosophie en langue française; Paris : Fayard, 1995; 979 pp., 1ère édition : Payot, 1921

Paul Jorion

Référence officielle: L'Homme, 139, 1996: 146-150

 

Quelle est la part de l’explication scientifique qui relève d’un enchaînement logique de propositions et quelle est la part qui relève de raisonnements d’ordre mathé matique ? Telle est la manière dont Emile Meyerson résumait en 1921 la question de l’explication dans les sciences. Comment, s’interrogeait-il ensuite, les différents courants épistémologiques se sont-ils situés par rapport à cette problématique ? Parmi ceux-ci Meyerson distinguait alors trois grandes tendances : l’idéalisme mathématique, héritier d’une tradition inaugurée par Pythagore et poursuivie par Platon, la philosophie de la nature telle que l’exposèrent Schelling et Hegel et le positivisme de Comte, Sophie Germain et Mach.

Pour ce qui touche à la représentativité de ces courants parmi les praticiens contemporains, Meyerson constatait que pour la quasi-totalité d’entre eux, la "philosophie spontanée des savants" - selon les termes d’Althusser - se confond avec l’idéalisme mathématique, une poignée se déclarent positivistes, tandis que plus personne ne s’affirme "philosophe de la nature" (Meyerson écrivait en 1921 et n’a pas connu, bien entendu, l’oeuvre de René Thom).

En dépit de leur grand nombre, les tenants de l’idéalisme mathématique ne retiennent que très peu l’attention de Meyerson : il n’a aucune peine à mettre en évidence, comme l’avait fait avant lui Pierre Duhem - dans une perspec

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Le secret de la chambre chinoise

Paul JORION


Référence officielle: L'Homme 150, 1999 : 177-202

 

   

Résumé

 

À partir d'une observation de Jean Pouillon, il est montré, à la fois de manière déductive et en se fondant sur des données expérimentales, que la conscience ne dispose pas d'un pouvoir décisionnel. Son rôle se cantonne à transmettre des instructions au corps en fonction de l'affect qu'engendre et qu'évoque la perception. L'existence du langage permet aux sujets humains de produire un discours d'auto-justification de leurs faits et gestes. Celui-ci ne reflète cependant en aucune manière les mécanismes psychiques effectivement à l'oeuvre, son seul impact consiste à influencer l'affect de celui qui le tient (en tant que parole ou que « parole intérieure »), comme celui de ceux qui l'écoutent. Le couple « corps » et « âme » se trouve ainsi validé, mais les responsabilités qui leur sont traditionnellement reconnues doivent être réattribuées entre un corps qui décide et agit et une âme qui rétro-agit sur le mode de l'affect simplement.

 
 

Starting from a reflection by Jean Pouillon, it is show

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Paul Jorion

Turing, ou la tentation de comprendre

À propos de Jean Lassègue, Turing, Paris : Les Belles Lettres (Collection « Figures du Savoir »), 1998, 210 pages

Jean Lassègue vient de consacrer un petit ouvrage tout à fait original à Alan M. Turing (1912-1954), mathématicien et pionnier de l’informatique. L’originalité du livre réside dans la combinaison réussie d’un résumé de l’ensemble de l’oeuvre – c’est-à-dire aussi des travaux tardifs peu connus relatifs à l’embryogénèse – et d’une tentative, parfois proche de la psychanalyse, d’intégrer la personne et ses questionnements propres à l’oeuvre scientifique. La rencontre des deux culminant dans le suicide – sans motif apparent – de Turing à l’âge de quarante-deux ans.

Le nom de Turing est connu des non-spécialistes du fait de sa présence dans deux expressions souvent rencontrées dans les débats relatifs à l’intelligence humaine et à la possibilité de la reproduire dans une machine : « machine de Turing » et « test de Turing ». La « machine », comme le « test », confortent tous deux la conviction personnelle de Turing qu’aucun obstacle de principe n’existe à une telle entreprise. En fait, et comme Lassègue le souligne fort bien, l’article où le mathématicien propose (en 1950) son test, vise à démontrer que tout lecteur raisonnable sera convaincu cinquante ans plus tard (soit aujourd'hui) qu’un robot pense au même titre qu’un être humain, et que, ce pas étant nécessairement franchi par quiconque un demi-siècle

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CHAPITRE 6

LA RÉPARTITION DU SURPLUS

La vérité sur l'offre et la demande

La prise de décision économique à la petite pêche se situe pour le pêcheur dans le cadre d'une représentation globale : celle de la pêche comme « jeu à somme nulle ». Tout gain de l'un est en effet censé se faire aux dépens des autres : pêcheurs concurrents comme mareyeurs adversaires. On reconnaît là la conception dite des biens en quantités limitées, mise à jour pour la première fois par George Foster (Foster 1965) pour rendre compte de la représentation spontanée du processus économique au sein d'une population de paysans mexicains (pour l'application du concept au cas des pêcheurs de l'Ile de Houat, voir Jorion 1984a : 90-91).

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CHAPITRE 4

LA FORMATION DES PRIX SELON ARISTOTE

Le retour de Polanyi à Aristote

Dans son ouvrage classique publié en 1954, l'Histoire de l'analyse économique, le prix Nobel d'économie Joseph Schumpeter consacrait quelques remarques désobligeantes à la théorie de la formation des prix d'Aristote en affirmant qu'elle est « pompeuse, plate et passablement médiocre » (1954 : 57), après quoi, sans avoir peur de se contredire, il admettait n'y avoir rien compris. Quelques années plus tard, en 1957, alors qu'il enseignait à Columbia University, l'historien d'origine hongroise Karl Polanyi publiait un texte intitulé « Aristotle Discovers the Economy », sa contribution à un volume collectif consacré aux marchés dans les économies précapitalistes. Dans cet article, Polanyi suggérait que l'on prenne au sérieux la théorie de la formation des prix proposée par le philosophe grec, et ceci pour la première fois sans doute d

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CHAPITRE 7

LE STATUT RECIPROQUE

La mesure du statut réciproque

Ceci nous conduit à poser une autre question : n'y aurait-il pas moyen d'établir de manière quantifiéele rapport objectif qu'entretiennent les parties ? Et puisque nous disposons des données qui nous permettraient une telle évaluation, comment mesurer le rapport de force entre le patron-armateur et le matelot, et entre le mareyeur et le patron-armateur, tel qu’il s’exprime dans la répartition entre eux du surplus ?

Un de ces rapports est conna

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Paul J.M. Jorion

Publié dans Revue Philosophique,
4, 1989 : 515-541.



Intelligence Artificielle et Mentalité Primitive

Actualité de quelques concepts lévy-bruhliens





Lévy-Bruhl offrit à l'ethnologie
l'objet d'étude le plus central à son entreprise intellectuelle : l'anthropologie
des modes de pensée. Que l'ethnologie n'ait pas jusqu'ici tiré pleinement parti
de cet objet s'explique par de multiples raisons liées à ce que les Allemands
appellent les « intérêts » de la discipline, c'est-à-dire les enjeux
qu'elle doit à son enracinement social. Qu'une science de l'Homme - elles
étaient qualifiées il y a peu encore de « sciences morales » - ait
des objectifs cachés autres que le progrès du savoir, on laissera aux Alcestes
contemporains le soin de s'en émouvoir.

Du parti-pris de l'« unité
psychique de l'Homme », si convenant quand il fallut apporter des
arguments intellectuels à la tâche - effectivement louable - de la
d&eac
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Paul JORION

published in D. Chevallier (ed.),Savoir faire et pouvoir transmettre, Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1991: 169-187

 

Typologie des savoirs et transmission informatique

 

          L'homme ne transmet du savoir à une machine que dans une intention précise : que la machine régurgite ensuite ce savoir à d'autres hommes sous la même forme ou sous une forme traitée, la médiation par la machine n'ayant de sens que s'il en résulte une plus-value par rapport à la transmission immédiate d'homme à homme. Cette plus-value peut se manifester sous des formes diverses :

1) en termes de disponibilitéd'un savoir rare : un expert humain pourra, par exemple, être représenté par le logiciel d'un système expert reproduisant une version "rectifiée" (See the continuation... ]

Jean Pouillon et le mystère de la chambre chinoise

Paul JORION

Référence officielle: L'Homme, 143, 1997: 91-99

 Un des arguments les plus fameux élevés contre le projet technologique d’une intelligence artificiellement reproduite sur machine est celui proposé par le philosophe John Searle et connu sous le nom qu’il lui donne d’« argument de la chambre chinoise ». Searle a présenté sa parabole à de nombreuses reprises et sous des formes multiples. En voici l’une, concise et parmi les premières.

 

« Imaginez que vous êtes enfermé dans une pièce, et que dans cette pièce se trouvent diverses corbeilles remplies de symboles chinois. Imaginez que vous (tout comme moi) ne compreniez pas un traître mot de chinois, mais que l’on vous a procuré un manuel en français pour manipuler ces symboles chinois. Les règles spécifient les manipulations de symboles de manière purement formelle, en termes de syntaxe et non de sémantique (...) Maintenant supposons que certains autres symboles sont passés dans la chambre et que l’on vous communique de nouvelles règles pour faire sortir des symboles chinois de la chambre. Su7pposons, qu’à votre insu, les symboles qui entrent dans la chambre sont appelés "questions" par ceux qui se trouvent à l’extérieur, et les symboles que vous faites sortir sont appelés "réponses aux questions". Supposez (...) que vous êtes tr&rave;s fort à ce petit jeu de manipulations de symboles, et que très rapidement vos réponses ne puissent plus être distinguées de celles d’un locuteur chinois. (...) La mo

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L'invention de la réalité objective

Paul Jorion
paul_jorion@msn.com

 

"... une naïveté qui confond le simple reflet du monde, les faits et les chiffres, avec son principe." T.W. Adorno, Trois études sur Hegel.

 

"... il est clair que notre physique n'est qu'une fabrication mentale, dont le symbole mathématique est l'instrument." J. Lacan, Discours de Rome.

 

"Le petit jeu symbolique à quoi se résument le système de Newton et celui d'Einstein a finalement fort peu de choses à voir avec le réel. Cette science qui réduit le réel à quelques petites lettre s, à un petit paquet de formules, apparaîtra sans doute avec le recul des âges comme une étonnante épopée, et aussi s'amincira peut-être comme une épopée au circuit un peu court." J. Lacan, Séminaire II, 1954-1955.

 

Je vais définir ici la sciencecomme ce discours dont l'objectif est la description exhaustive, dynamique comme statique, de la Réalité-objective. Les termes de cette description sont mixtes: partiellement discursifs, partiellement mathématiques. Dans sa partie discursive, la science se donne comme garantie de sa rigueur sa réf&eacu

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La pensée se confond-elle avec la parole intérieure ?

Paul Jorion

in Groupe de réflexion en sciences de la cognition. Théorie et clinique des pathologies de la pensée - Textes des séminaires derecherche. Première année (1995)

Le travers Wittgenstein

            J'ai choisi ici de présenter « en l'état », l'ensemble des questions qu'à un endroit ou un autre de Principes des systèmes intelligents j'avais laissé en suspens. Ce n'est pas pour autant que je dispose aujourd'hui de réponses sur ces questions mais je fais ici le saut de les aborder de front et de soumettre au monde l'état présent de ma réflexion.

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