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Result of the research : 'conclusion'
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Paul Jorion
Why, like cats, we have nine lives
(2007 translation of the original paper in French: « Pourquoi nous avons neuf vies comme les chats », in Papiers du Collège International de Philosophie, Nº 51, Reconstitutions, 2000: 69-80)
The mishap
Armel and I had stopped on the western side of rue de Condé in Paris. Francis who was aware that we we
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CHAPITRE 11
UN CATALOGUE
RAISONNÉ DES INSTRUMENTS FINANCIERS
Au
chapitre précédent, j'ai envisagé le rapport qui
pourrait exister entre les notions de rareté des hommesau sein de leur condition, de risque et de statut
social ainsi que les deux pôles du partage du risqueque sont la « location » qui assigne au
locataire l'entièreté du risque encouru sur la
fructification de la chose empruntée en l’obligeant à
verser comme loyer une proportion fixe du principal, et le
« métayage » qui partage le risque entre
prêteur et emprunteur sur la base préétablie non
d’une proportion fixe du principal mais du revenu, écartant
automatiquement le risque de défaillance de ce dernier. Ici
j'examinerai systématiquement l'ensemble des stratégies
possibles de partage du risque au sein de l'univers économique
contemporain. Je pourrai alors montrer comment, à l'échelle
macro-économique, la location débouche sur une
logique du prêt à taux fixe (je signalerai au
passage le lien entre l’assurance et la location), et le métayagesur une logique du prêt à taux variable (je
décrirai, entre autres le fonctionnement d'un des principaux
instruments financiers contemporains, le « swap de taux
d'intérêt&nbs
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La vérité (anthropologique) sur les extra-terrestres
publié dans L'Homme 157 : 197-216
Pour certains, l'événement le plus remarquable du récent millénaire fut l'écrasement d'une soucoupe volante à proximité de Roswell (Nouveau Mexique, États-Unis) en juin ou juillet 1947. La constatation de l'accident par le fermier Sid West date des premiers jours de juillet mais l'état de décomposition des cadavres découverts dans l'épave par d'autres témoins était suffisamment avancé pour que l'on puisse dater en réalité la catastrophe du mois de juin.
Comme le font très justement remarquer les auteurs de UFO Crash at Roswell : The Genesis of a Modern Myth (1997) l'incident n'est mentionné dans aucune des grandes encyclopédies en langue anglaise : « Manifestement », écrivent Ziegler et Saler, « cette ommission est due au fait que les moyens d'évaluation épistémologiques utilisés par les intellectuels en charge de tels relevés historiographiques appartenant au courant de pensée dominant, diffèrent de ceux utilisés par les ovnistes et autres croyants à la matérialité de l'incident de Roswell » (Saler, Ziegler & Moore 1997 : 154). Autrement dit, les maîtres à penser de l'opinion commune considèrent que l'événement n'a pas eu lieu. Pourtant les témoins de manquent pas, disposés à coucher leurs observations sur le papier - voire à les confier aux bons soins d'un huissier. De deux choses l'une alors, ou bien ces personnes - généralement qualifiées dans la presse américaine de « citoyens responsables » - mentent, ou bien on nous cache des choses.
* * *
Deux ouvrages récents, l'un en anglais : celui que je viens de mentionner : UFO Crash at Roswell, l'autre en français : Des hommes, des
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Paul JORION
Paul
JORION
1800
Broadway, #105
San
Francisco Californie 94109
1
415 931 2473
paul_jorion@msn.com
LE PRIX
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Paul Jorion
Le mathématicien et sa magie : théorème de Gödel et anthropologie des savoirs
Actes STP. 2000
Jacques Bouveresse a publié en 1999 un petit livre intitulé Prodiges et vertiges de l'analogie où il revient sur l'affaire Sokal et Bricmont. Rappelons, à l'intention de ceux qui nous lisent alors que les cendres de cet incident sont depuis longtemps refroidies, qu'à la fin du XXè siècle le physicien Alan Sokal de l'Université de New York parvint à faire publier dans Social Text, une revue ayant pignon sur rue
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Paul JORION
paul_jorion@msn.com
What do mathematicians teach us about the World? An anthropological perspectivein Dialectical Anthropology 24, 1: 45-98, 1999
« Aristotle was a thorough-paced scientific man such as we see nowadays, except for this, that he ranged over all knowledge. As a man of scientific instinct, he classed metaphysics, in which I doubt not he included logic, as a matter of course, among the sciences, - sciences in our sense, I mean, what he called theoretical sciences, - along with Mathematics and Natural Science, - natural science embracing what we call the Physical Sciences and the Psychical Sciences, generally. This theoretical science was for him one thing, animated by one spirit and having knowledge of theory as its ultimate end and aim » (Peirce 1992 [1898] : 107)
I did not train as a mathematician, I trained as a Social Scientist. I had chosen however Mathematics as my main subject when at the « Athénée », the equivalent of High School in Belgium, the country where I was born and where I was raised up to graduate level. At the Free University of Brussels, I learnt mathematics for economics as part of the curriculum for sociology undergraduates. As a Graduate student I had the privilege of being one of Georges Théophile Guilbaud's students at his seminar called « Mathematics for Social Scientists » hosted by the Ecole des Haut
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Ce que Penrose dit vraimentPaul JORION
Référence officielle :
Groupe de Réflexion en sciences de la cognition. Théorie et clinique des pathologies de la pensée -
(devenu STP en 1998)
Textes des séminaires de recherche. Seconde année (1996), Paris : Maison des sciences de l'homme, 1997 : 9-13
L'objection faite à l'intelligence artificielle par Roger Penrose dans ses deux récents livres (The Emperor's New Mind, 1989, Shadows of the Mind, 1994) n'est pas à prendre à la légère car le personnage est tout à fait considérable, Rouse Ball Professor à l'Université d'Oxford, il dispose d'une réputation enviable à la fois comme mathématicien, pour son exploration des dallages non-cycliques dits « de Penrose », et comme physicien, pour sa théorie des « twistors », contribution originale visant à lever certaines des ambiguïtés de la mécanique quantique.
Dans son premier ouvrage consacré à l'intelligence artificielle (The Emperor's New Mind, 1989), Penrose avançait que nos connaissances scientifiques actuelles sont insuffisantes pour produire la théorie nécessaire à la réalisation de l'intelligence artificielle. L'objection mérite d'être prise en considération : la physique que nous avons produite jusqu'ici ne nous permet pas de rendre compte de phénomènes pourtant aussi élémentaires que l'influence de deux corps sur un troisième, alors, qu'est-ce qui nous permet de supposer en effet que nous disposons du corpus théorique qui nous permettrait de reproduire l'intellig
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G.E.R. Lloyd, Demystifying Mentalities, Cambridge University Press 1990.Paul JORION
jorion@aris.ss.uci.edu
Référence officielle: L'Homme, 125, 1993: 162, 163
L'ouvrage le plus récent de Geoffrey Lloyd, Demystifying Mentalities, interroge le concept de "mentalité" en tant que facteur explicatif en histoire. Il en démontre la vacuité, en tout cas pour ce qui touche à l'illustration choisie, qui constitue d'ailleurs le domaine de prédilection de son auteur : les débuts de la science en Grèce antique.
Au contraire de l'historiographie représentée par l'Ecole des Annales, l'anthropologie dans son ensemble n'a pas retenu la mentalité comme facteur explicatif des faits qu'elle examine : à la suite de Durkheim, elle a pris son essor davantage comme sociologisme que comme psychologisme, considérant la mentalité comme relevant de l'explanandum et non de l'explanans. Le mot "mentalité" se retrouve sans doute dans l'expressi on de "mentalité primitive", propre à la tentative isolée de Lévy-Bruhl, et revient quelquefois sous la plume des divers représentants du culturalisme américain mais dans l'ensemble, la conclusion négative de Lloyd - la science grecque n'est pas une question de "mentalités" - ne devrait pas provoquer d'états d'âme chez les anthropologues.
C'est à un autre titre que Demystifying Mentalities peut retenir l'attention de notre profession : l'ouvrage apporte en effet un éclairage nouveau sur cette anthropologie des modes de pensée qu'ont construite au fil des ann& eacute;es l'oeuvre de Lévy-Bruhl, la Pensée sauvage de Lévi-Strauss, et les contributions anglo-saxonnes récentes au "Rationality debate". Notons que la contribution personnelle de Ll
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Emile Meyerson, De l'explication dans les sciences, Corpus des oeuvres de philosophie en langue française; Paris : Fayard, 1995; 979 pp., 1ère édition : Payot, 1921Paul Jorion
Référence officielle: L'Homme, 139, 1996: 146-150
Quelle est la part de l’explication scientifique qui relève d’un enchaînement logique de propositions et quelle est la part qui relève de raisonnements d’ordre mathé matique ? Telle est la manière dont Emile Meyerson résumait en 1921 la question de l’explication dans les sciences. Comment, s’interrogeait-il ensuite, les différents courants épistémologiques se sont-ils situés par rapport à cette problématique ? Parmi ceux-ci Meyerson distinguait alors trois grandes tendances : l’idéalisme mathématique, héritier d’une tradition inaugurée par Pythagore et poursuivie par Platon, la philosophie de la nature telle que l’exposèrent Schelling et Hegel et le positivisme de Comte, Sophie Germain et Mach.
Pour ce qui touche à la représentativité de ces courants parmi les praticiens contemporains, Meyerson constatait que pour la quasi-totalité d’entre eux, la "philosophie spontanée des savants" - selon les termes d’Althusser - se confond avec l’idéalisme mathématique, une poignée se déclarent positivistes, tandis que plus personne ne s’affirme "philosophe de la nature" (Meyerson écrivait en 1921 et n’a pas connu, bien entendu, l’oeuvre de René Thom).
En dépit de leur grand nombre, les tenants de l’idéalisme mathématique ne retiennent que très peu l’attention de Meyerson : il n’a aucune peine à mettre en évidence, comme l’avait fait avant lui Pierre Duhem - dans une perspec
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CHAPITRE 3 LE PRIX ET la valeur La valeur comme source du prix Comme nous l'avons vu au premier chapitre, toute chose susceptible de voir sa propriété transférée par son échange contre une somme d'argent est une marchandise, la quantité de monnaie échangée contre la marchandise étant son prix. Le prix d'une marchandise fluctue, ce qui veut dire qu'à des moments et à des endroits différents, le prix du même objet est susceptible d'être différent, il se peut même qu'il diffère au même moment au même endroit. Il est en général difficile d'assigner à ces fluctuations des causes évidentes. En l'absence d'un mécanisme plausible expliquant la constitution d'un prix initial et ses fluctuations ultérieures, l'approche traditionnelle de la question a été la suivante : dans un premier temps, on décrit un mécanisme constitutif de la valeur, celle-ci représentant un élément stable (solution d'équilibre au sein d'u
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Le secret de la chambre chinoise Paul JORION
Référence officielle: L'Homme 150, 1999 : 177-202
À partir d'une observation de Jean Pouillon, il est montré, à la fois de manière déductive et en se fondant sur des données expérimentales, que la conscience ne dispose pas d'un pouvoir décisionnel. Son rôle se cantonne à transmettre des instructions au corps en fonction de l'affect qu'engendre et qu'évoque la perception. L'existence du langage permet aux sujets humains de produire un discours d'auto-justification de leurs faits et gestes. Celui-ci ne reflète cependant en aucune manière les mécanismes psychiques effectivement à l'oeuvre, son seul impact consiste à influencer l'affect de celui qui le tient (en tant que parole ou que « parole intérieure »), comme celui de ceux qui l'écoutent. Le couple « corps » et « âme » se trouve ainsi validé, mais les responsabilités qui leur sont traditionnellement reconnues doivent être réattribuées entre un corps qui décide et agit et une âme qui rétro-agit sur le mode de l'affect simplement.
Starting from a reflection by Jean Pouillon, it is show
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L'intelligence artificielle au confluent des neurosciences et de l'informatique
Référence officielle : Lekton, vol IV, N° 2, 1994 : 85-114
Suivant l'usage commun, j'appelle intelligence artificielle, la technologie informatique qui vise à simuler le comportement intelligent de l'être humain, c'est-à-dire le comportement qui permet à l'homme de résoudre les problèmes qui se posent à lui, intellectuels ou pragmatiques, soit de manière systématique et consciente, soit de manière intuitive et inconsciente.
L'intelligence artificielle est l'héritière de plusieurs traditions dont les principales sont la biologie, la psychologie, l'informatique et la linguistique. Le mot de « tradition » n'est bien entendu jamais innocent : une tradition intellectuelle est à la fois l'armature épistémologique qui soutient un corps de savoir dans ses avatars historiques et un ensemble permanent de contraintes quant à la manière légitime de définir des problèmes et de les résoudre. J'envisagerai ici les trois premières traditions : biologie, psychologie et informatique, la quatrième, la linguistique, nécessitant à elle seule un développement séparé.
Les sciences particulières
L'idée d'une science unifiée est jusqu'à présent un leurre : la réalité foisonnante du monde naturel a encouragé la diversité des angles d'attaque pour en rendre compte mais les portraits auxquels ceux-ci ont conduit demeurent souvent inconciliables. Aristote le premier avait reconnu que
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Paul Jorion
Turing, ou la tentation de comprendre
À propos de Jean Lassègue, Turing, Paris : Les Belles Lettres (Collection « Figures du Savoir »), 1998, 210 pages
Jean Lassègue vient de consacrer un petit ouvrage tout à fait original à Alan M. Turing (1912-1954), mathématicien et pionnier de l’informatique. L’originalité du livre réside dans la combinaison réussie d’un résumé de l’ensemble de l’oeuvre – c’est-à-dire aussi des travaux tardifs peu connus relatifs à l’embryogénèse – et d’une tentative, parfois proche de la psychanalyse, d’intégrer la personne et ses questionnements propres à l’oeuvre scientifique. La rencontre des deux culminant dans le suicide – sans motif apparent – de Turing à l’âge de quarante-deux ans.
Le nom de Turing est connu des non-spécialistes du fait de sa présence dans deux expressions souvent rencontrées dans les débats relatifs à l’intelligence humaine et à la possibilité de la reproduire dans une machine : « machine de Turing » et « test de Turing ». La « machine », comme le « test », confortent tous deux la conviction personnelle de Turing qu’aucun obstacle de principe n’existe à une telle entreprise. En fait, et comme Lassègue le souligne fort bien, l’article où le mathématicien propose (en 1950) son test, vise à démontrer que tout lecteur raisonnable sera convaincu cinquante ans plus tard (soit aujourd'hui) qu’un robot pense au même titre qu’un être humain, et que, ce pas étant nécessairement franchi par quiconque un demi-siècle
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Paul J. M. Jorion
Comments in Behavioral and Brain Sciences
Comment on Byrne, R.W. & Russon, A.E. Learning by imitation: A hierarchical approach.
abstract:
Byrne & Russon's text displays all the difficulties involved in approaching imitation in a non- methodological behaviourist perspective. Their conceptual apparatus is grounded in a mix of introspection and folk psychology. Their distinction between action level and program level imitation falters on goal imputation for sequential acts. An alternative
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La linguistique d'AristotePaul JORION
Référence officielle: V. Rialle & D. Fisette (eds.), Penser l’esprit: Des sciences de la cognition à une philosophie cognitive, Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble, 1996, 261-287
La pensée qui engendrera la pensée moderne ne s'éveille pas brutalement au Ve siècle av. J.-C. en Grèce ancienne : elle fut en gestation durant des millénaires dans le bassin méditerranéen. Même si nous manque cruellement la connaissance de cette culture méditerranéenne qui s'envola en fumée dans l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie, il s'est bien en effet passé quelque chose de tout à fait spécial au Ve siècle et Aristote peut être compté au rang des quatre ou cinq luminaires authentiques de la pensée. Lorsque, tout récemment (1990), Geoffrey Lloyd tenta de comprendre pourquoi il y eut un « miracle grec » et non un « miracle chinois » - alors que la Chine possède à cette époque un léger avantage technologique sur la Grèce (cf. Graham 1973), il fut obligé de considérer comme un élément essentiel de la différence, la présence en Grèce d'un penseur de la stature d'Aristote.
Pour pouvoir construire l'intelligence artificielle, il faut disposer d'une théorie du langage. La linguistique a produit de nombreuses théories du langage au cours des années récentes. Celles-ci sont souvent exclusives l'une de l'autre et l'on pourrait penser qu'il en existerait parmi elles l'une au moins qui pourrait nous servir d'outil. Or ce n'est pas le cas, toutes - et chacune à sa façon - se révèlent inadéquates. Pourquoi la
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Paul Jorion paul_jorion@email.msn.com
Official reference: Canadian Review of Sociology and Anthropology, forthcoming 1999. La valeur et le prixRésumé : Le concept de "valeur" est apparu historiquement comme l'envers objectif du prix. La nature changeante de celui-ci étant alors envisagée comme l'expression phénoménale d'une essence plus permanente appelée "valeur". Un progrès conceptuel similaire est attesté ailleurs ; un parallèle s'impose entre la paire prix/valeur et celle chaleur/température, le concept de température offrant la contrepartie objective, car quantitative, de la qualité qu'est la chaleur. Le parallèle s'évanouit lorsqu'on observe que l'objectivité de la température lui vient de sa nature quantitative, alors que dans le cas du couple prix/valeur, c'est le prix - le donné phénoménal - qui est quantitatif, alors que la valeur est qualitative. C'est en réalité la variabilité du prix qui fait problème, et la valeur est invoquée comme fondement d'une certaine permanence. Le rapport entre l'usage - qualitatif - d'une chose et son échangeabilité pour un prix - quantitatif - demeure mystérieuse. Pionnier de la réflexion sur la valeur, et représentatif des tentatives ultérieures pour la fonder, Adam Smith propose deux théories entre lesquelles il hésite. La première est l'interprétation dite additive qui lit dans la valeur l'addition de la
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CHAPITRE
6
LA
RÉPARTITION DU SURPLUS
La
vérité sur l'offre et la demande
La
prise de décision économique à la petite pêche
se situe pour le pêcheur dans le cadre d'une représentation
globale : celle de la pêche comme « jeu à
somme nulle ». Tout gain de l'un est en effet censé
se faire aux dépens des autres : pêcheurs
concurrents comme mareyeurs adversaires. On reconnaît là
la conception dite des biens en quantités limitées,
mise à jour pour la première fois par George Foster
(Foster 1965) pour rendre compte de la représentation
spontanée du processus économique au sein d'une
population de paysans mexicains (pour l'application du concept au cas
des pêcheurs de l'Ile de Houat, voir Jorion 1984a :
90-91).
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CHAPITRE 4 LA FORMATION DES PRIX SELON ARISTOTE Le retour de Polanyi à Aristote Dans son ouvrage classique publié en 1954, l'Histoire de l'analyse économique, le prix Nobel d'économie Joseph Schumpeter consacrait quelques remarques désobligeantes à la théorie de la formation des prix d'Aristote en affirmant qu'elle est « pompeuse, plate et passablement médiocre » (1954 : 57), après quoi, sans avoir peur de se contredire, il admettait n'y avoir rien compris. Quelques années plus tard, en 1957, alors qu'il enseignait à Columbia University, l'historien d'origine hongroise Karl Polanyi publiait un texte intitulé « Aristotle Discovers the Economy », sa contribution à un volume collectif consacré aux marchés dans les économies précapitalistes. Dans cet article, Polanyi suggérait que l'on prenne au sérieux la théorie de la formation des prix proposée par le philosophe grec, et ceci pour la première fois sans doute d
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CHAPITRE 12 LES Interactions ENTRE CONDITIONS Le mécanisme de l'inflation J'ai envisagé au début du chapitre 10 le rapport qui pourrait exister entre les notions de rareté des hommes au sein de leur condition, de risque et de statut social, ainsi que les deux pôles du partage du risque, constitués de la « location » qui assigne au locataire l'entièreté du risque sur la fructification de la chose empruntée, et du « métayage » qui propose un partage du risque entre partenaires sur une base préétablie et demeurant constante pendant toute la durée du contrat. Ayant situé alors la problématique du partage du risque de manière générale, je suis désormais à même de traiter d’un ensemble de questions d'ordre macro-économique et en particulier d'une question cruciale : celle du mécanisme de l'« inflation &raqu
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CONCLUSION
L'Economique
comme l'interaction humaine dans la perspective du prix
Une
nouvelle théorie de l'économie est impliquée par
la double hypothèse développée dans cet ouvrage,
du « prix comme interaction humaine », et de
« l'économie comme les choses dans la perspective
du prix ». Il a été suggéré
ici que l'équation abondance ou rareté des personnescontribuant à définir le risque de créditqu’elles constituent pour les autres, à quoi s’ajoute
la dangerosité des activités exercées et
l’irrégularité de celles-ci, le risqueglobal des personnes déterminant leur statut, le statut
relatif de différents
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