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Result of the research : 'culturelle'
La vérité (anthropologique) sur les extra-terrestres
publié dans L'Homme 157 : 197-216
Pour certains, l'événement le plus remarquable du récent millénaire fut l'écrasement d'une soucoupe volante à proximité de Roswell (Nouveau Mexique, États-Unis) en juin ou juillet 1947. La constatation de l'accident par le fermier Sid West date des premiers jours de juillet mais l'état de décomposition des cadavres découverts dans l'épave par d'autres témoins était suffisamment avancé pour que l'on puisse dater en réalité la catastrophe du mois de juin.
Comme le font très justement remarquer les auteurs de UFO Crash at Roswell : The Genesis of a Modern Myth (1997) l'incident n'est mentionné dans aucune des grandes encyclopédies en langue anglaise : « Manifestement », écrivent Ziegler et Saler, « cette ommission est due au fait que les moyens d'évaluation épistémologiques utilisés par les intellectuels en charge de tels relevés historiographiques appartenant au courant de pensée dominant, diffèrent de ceux utilisés par les ovnistes et autres croyants à la matérialité de l'incident de Roswell » (Saler, Ziegler & Moore 1997 : 154). Autrement dit, les maîtres à penser de l'opinion commune considèrent que l'événement n'a pas eu lieu. Pourtant les témoins de manquent pas, disposés à coucher leurs observations sur le papier - voire à les confier aux bons soins d'un huissier. De deux choses l'une alors, ou bien ces personnes - généralement qualifiées dans la presse américaine de « citoyens responsables » - mentent, ou bien on nous cache des choses.
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Deux ouvrages récents, l'un en anglais : celui que je viens de mentionner : UFO Crash at Roswell, l'autre en français : Des hommes, des
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Paul JORION, Intelligence
Artificielle Ce qui fait encore cruellement défaut à
l'Intelligence ArtificiellePaul Jorion
Référence officielle : Informations In cognito, No 7, 1997: 1-4
Bien entendu nous aimerions être plus avancés que nous
ne le sommes aujourd'hui . Des progrès ont été
réalisés et très loin d'être négligeables.
Mais par rapport aux ambitions affichées à
l'époque du Handbook of Artificial Intelligence
(Barr & Feigenbaum 1981, 1982 ; Cohen & Feigenbaum 1982), ou de
PDP (Rumelhart & McLelland 1986 : McLelland &
Rumelhart 1986), il s'agit bien seulement
de pas de souris.
Nous mimons l'intelligence sous quelques-uns de ses aspects et
prétendons quelquefois n'avoir jamais rien visé d'autre.
Mais lorsque nous nous contemplons le matin dans le miroir, il nous faut
bien admettre que nous avions en tête l'émergence d'un sujet
au sein de la machine. Ce que nous imaginions, c'était une machine
dont l'expression manifesterait au-delà de tout doute possible
l'existence d'une individualité - sinon d'une conscience.
Ce n'est donc pas par hasard si une partie du débat - par opposition
aux réali
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Ce dont parlent les mythesPaul JORION
paul_jorion@email.msn.com
Référence officielle: La revue du MAUSS, n.s., 12, 1991: 147- 150
"Etre sur le point de tomber dans un puits, ce n'est pas tomber dans un puits; mais empêcher quelqu'un d'être sur le point de tomber dans un puits, c'est bien l'empêcher de tomber dans un puits". Ou bien, "Habiter une maison située dans un pays, c'est habiter ce pays; mais posséder une maison située dans un pays, ce n'est pas posséder ce pays" . Voici les irrégularités qu'impose une langue à ceux qui la parlent et qui intriguèrent les logiciens chinois de l'antiquité, au point qu'ils y consacrèrent bien des efforts de réflexion. Pendant ce temps - à quelques dizaines d'années près - et à des milliers de kilomètres de là, Aristote se préoccupait des principes qui permettraient d'engendrer automatiquement des suites de propositions qualifiées de vraies (analyse) ou de probables (dialectique), tandis que les Mégariques débattaient du statut des propositions qui aspirent à dire le vrai sur ce qui n'est pas encore, et qui obligent à distinguer le nécessaire du possible.
Les choses ne sont pas comparables s'écriera-t-on: questions de logique chez Aristote, bizarreries sémantiques chez les logiciens chinois ! Peut-être, mais est-on si sûr de pouvoir distinguer les unes des autres, la question traitée n'est-elle pas une: le maintien de la compatibilité des phrases successives d'un discours ? Comme le fait remarquer Graham à propos des malentendus entre logiciens chinois et nous: la distinction entre bizarreries et paradoxes authentiques repose sur une articulation préalable de questions valides et d
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Le secret de la chambre chinoise Paul JORION
Référence officielle: L'Homme 150, 1999 : 177-202
À partir d'une observation de Jean Pouillon, il est montré, à la fois de manière déductive et en se fondant sur des données expérimentales, que la conscience ne dispose pas d'un pouvoir décisionnel. Son rôle se cantonne à transmettre des instructions au corps en fonction de l'affect qu'engendre et qu'évoque la perception. L'existence du langage permet aux sujets humains de produire un discours d'auto-justification de leurs faits et gestes. Celui-ci ne reflète cependant en aucune manière les mécanismes psychiques effectivement à l'oeuvre, son seul impact consiste à influencer l'affect de celui qui le tient (en tant que parole ou que « parole intérieure »), comme celui de ceux qui l'écoutent. Le couple « corps » et « âme » se trouve ainsi validé, mais les responsabilités qui leur sont traditionnellement reconnues doivent être réattribuées entre un corps qui décide et agit et une âme qui rétro-agit sur le mode de l'affect simplement.
Starting from a reflection by Jean Pouillon, it is show
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La linguistique d'AristotePaul JORION
Référence officielle: V. Rialle & D. Fisette (eds.), Penser l’esprit: Des sciences de la cognition à une philosophie cognitive, Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble, 1996, 261-287
La pensée qui engendrera la pensée moderne ne s'éveille pas brutalement au Ve siècle av. J.-C. en Grèce ancienne : elle fut en gestation durant des millénaires dans le bassin méditerranéen. Même si nous manque cruellement la connaissance de cette culture méditerranéenne qui s'envola en fumée dans l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie, il s'est bien en effet passé quelque chose de tout à fait spécial au Ve siècle et Aristote peut être compté au rang des quatre ou cinq luminaires authentiques de la pensée. Lorsque, tout récemment (1990), Geoffrey Lloyd tenta de comprendre pourquoi il y eut un « miracle grec » et non un « miracle chinois » - alors que la Chine possède à cette époque un léger avantage technologique sur la Grèce (cf. Graham 1973), il fut obligé de considérer comme un élément essentiel de la différence, la présence en Grèce d'un penseur de la stature d'Aristote.
Pour pouvoir construire l'intelligence artificielle, il faut disposer d'une théorie du langage. La linguistique a produit de nombreuses théories du langage au cours des années récentes. Celles-ci sont souvent exclusives l'une de l'autre et l'on pourrait penser qu'il en existerait parmi elles l'une au moins qui pourrait nous servir d'outil. Or ce n'est pas le cas, toutes - et chacune à sa façon - se révèlent inadéquates. Pourquoi la
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CHAPITRE 4 LA FORMATION DES PRIX SELON ARISTOTE Le retour de Polanyi à Aristote Dans son ouvrage classique publié en 1954, l'Histoire de l'analyse économique, le prix Nobel d'économie Joseph Schumpeter consacrait quelques remarques désobligeantes à la théorie de la formation des prix d'Aristote en affirmant qu'elle est « pompeuse, plate et passablement médiocre » (1954 : 57), après quoi, sans avoir peur de se contredire, il admettait n'y avoir rien compris. Quelques années plus tard, en 1957, alors qu'il enseignait à Columbia University, l'historien d'origine hongroise Karl Polanyi publiait un texte intitulé « Aristotle Discovers the Economy », sa contribution à un volume collectif consacré aux marchés dans les économies précapitalistes. Dans cet article, Polanyi suggérait que l'on prenne au sérieux la théorie de la formation des prix proposée par le philosophe grec, et ceci pour la première fois sans doute d
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TROISIEME
PARTIE : lA FORMATION DES PRIX SUR LES MARCHES FINANCIERS
CHAPITRE
8
La
VENTE SUR LES marches ORGANISES
Spécificité
des marchés financiers
On
pourrait être tenté de définir la financecomme la partie de l'économie fondée sur une simple
interaction de la monnaie avec elle-même - par opposition à
la partie de l'économie fondée sur la production. Mayer
n’écrit-il pas que « Du fait que la
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paul_jorion
Le miracle grec : pouvoirs de la pensée anti-symétriquein Papiers du Collège International de Philosophie, N° 51, Reconstitutions, 17-38, 2000
Notre pensée moderne, contemporaine, et son corrélat scientifique est une, et pratiquement indiscutable dans son unicité, en raison des immenses retombées technologiques qui lui sont attribuées. Or, cette pensée a une histoire et cette histoire-même conduit à mettre en doute d'une part que l'unicité de cette pensée est nécessaire, d'autre part que le lien entre elle et la technologie dont nous disposons aujourd'hui dans son sillage est lui aussi nécessaire.
Pour que l'éventail des potentialités culturelles cumulatives puisse se déployer, il convient auparavant que des conditions initiales aient été rassemblées, il faut qu'ait déjà eu lieu une réflexion du type de celle que nous caractérisons aujourd'hui, à la suite de Renan, de « miracle grec ». Alors, et alors seulement s'ouvre un univers de posssibles dont nous sommes les héritiers, mais dont le cheminement, qui conduit du couple antithétique et complémentaire composé de Platon et d'Aristote à nous-mêmes, aurait pu prendre des formes infiniment variées.
La condition initiale du « miracle grec » était celle d'une langue du type du grec ancien permettant d'établir entre concepts des relations aussi bien anti-symétriques que symétriques (les catégories aristotéliciennes, soit l'ensemble des figures de prédication pour un sujet). Il fallait que soit définie comme critère d'un disc
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Paul Jorion
Publié dans Synapse, 44 , 1988:
30-40.
UNE PHYSIQUE SOCIALE,
DE DURKHEIM A LACAN ou
"LES NERVURES DU CHAOS"
L'ethnologie
est aujourd'hui affreusement morose: elle se tâte, elle se cherche, elle ne
sait plus où elle en est. On lui a dit et répété que son objet de recherche
était constitué de populations sauvages et primitives et, dans la mesure où
celles‑ci s'empaysannent ou s'urbanisent, l'ethnologie est prête à croire
que sa morosité a bien là sa source: son déclin reflèterait la disparition de
ce dont elle parle et son décès coïnciderait avec celui du dernier Sauvage
emplumé, du dernier représentant d'une culture que l'on puisse authentiquement
qualifier de "sauvage", de "primitive" ou de "traditionnelle".
&nb
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Paul J.M. Jorion Publié dans Revue Philosophique, 4, 1989 : 515-541.
Intelligence Artificielle et Mentalité Primitive Actualité de quelques concepts lévy-bruhliens
Lévy-Bruhl offrit à l'ethnologie l'objet d'étude le plus central à son entreprise intellectuelle : l'anthropologie des modes de pensée. Que l'ethnologie n'ait pas jusqu'ici tiré pleinement parti de cet objet s'explique par de multiples raisons liées à ce que les Allemands appellent les « intérêts » de la discipline, c'est-à-dire les enjeux qu'elle doit à son enracinement social. Qu'une science de l'Homme - elles étaient qualifiées il y a peu encore de « sciences morales » - ait des objectifs cachés autres que le progrès du savoir, on laissera aux Alcestes contemporains le soin de s'en émouvoir.
Du parti-pris de l'« unité psychique de l'Homme », si convenant quand il fallut apporter des arguments intellectuels à la tâche - effectivement louable - de la d&eac
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Paul JORION
published in D. Chevallier (ed.),Savoir faire et pouvoir transmettre, Maison des Sciences de
l'Homme, Paris, 1991: 169-187
Typologie des savoirs et
transmission informatique
L'homme
ne transmet du savoir à une machine que dans une intention précise : que
la machine régurgite ensuite ce savoir à d'autres hommes sous la même forme ou
sous une forme traitée, la médiation par la machine n'ayant de sens que s'il en
résulte une plus-value par rapport à la transmission immédiate d'homme à
homme. Cette plus-value peut se manifester sous des formes diverses :
1) en termes de disponibilitéd'un savoir rare : un expert humain pourra, par exemple, être représenté
par le logiciel d'un système expert reproduisant une version
"rectifiée" ( ]
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L'invention de la réalité
objectivePaul Jorion
paul_jorion@msn.com
"...
une naïveté qui confond le simple reflet du monde, les faits et les chiffres,
avec son principe." T.W. Adorno, Trois études sur Hegel. "...
il est clair que notre physique n'est qu'une fabrication mentale, dont le
symbole mathématique est l'instrument." J. Lacan, Discours de Rome. "Le
petit jeu symbolique à quoi se résument le système de Newton et celui
d'Einstein a finalement fort peu de choses à voir avec le réel. Cette science
qui réduit le réel à quelques petites lettre s, à un petit paquet de formules,
apparaîtra sans doute avec le recul des âges comme une étonnante épopée, et
aussi s'amincira peut-être comme une épopée au circuit un peu court." J.
Lacan, Séminaire II, 1954-1955. Je vais définir ici la sciencecomme ce discours dont l'objectif est la description exhaustive, dynamique
comme statique, de la Réalité-objective. Les termes de cette description
sont mixtes: partiellement discursifs, partiellement mathématiques. Dans sa
partie discursive, la science se donne comme garantie de sa rigueur sa
réf&eacu
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LES TROIS MOMENTS HISTORIQUES DU SACRIFICE
Paul JORION
published in A quoi bon (se) sacrifier ?, sacrifice, don etintérêt,revue semestrielle du MAUSS N° 5: 170-180
(pour Edmond Jorion)
Don et sacrifice « païens »
Conceptuellement, au
début, avant le « don » et avant le « sacrifice », il y a la
vengeance pure et simple. La réparation a lieu sur le mode de la loi du talion
: oeil pour oeil, dent pour dent, un tort occasionné à soi-même ou à l'un des
siens se voit rétribué par la pareille (au sein de la sphère de ce que
Lévy-Bruhl appelait les « appartenances » de chacun : tout ce
qui se trouve à l'intérieur du périmètre que délimite une identitédistincte et qui correspond souvent à ce que nous appe
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