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Une réflexion sur « Ma naissance se perd dans la nuit des temps »

  1. Pour moi c’est l’inverse : le futur commence à ma naissance, il n’y a pas très longtemps, la vie est donc courte.

    Il se fait qu’entre neuf et treize ans j’ai lu deux à trois mètres linéaires des revues Fiction, Galaxy, etc. En résultat, je conserve en permanence le sentiment que mon style de petit bout de vie, ici, est relié à d’autres styles de petits bouts de vie situés à quelques milliards d’années lumières, ces styles de vie peuvent être très différents, (j’ai toutefois une préférence pour un style « amish libertaire» au quotidien et hyper-technologique, seulement en cas de nécessité). Le fait d’avoir vécu le débarquement d’Apollo en direct a fixé cet imaginaire : toutes les expéditions futures sont déjà commencées. Sans rire, mon seul regret sera de ne pas avoir vu débarquer une jolie fille de Cassiopée.

    Curieusement, votre question vient de me faire prendre conscience que cette appartenance à « des mondes au-delà de moi » va, encore maintenant, uniquement vers l’avant, ce qui n’est pas « logique ».

    À la même époque, je trouvais que Staline avait bien de la chance de toujours tenir de jolies filles blondes de mon âge dans les bras ; j’étais aussi persuadé que l’on construirait les villes nouvelles avec des machines taillant d’un coup cent blocs de marbre comme des morceaux de sucre, l’avenir était radieux et du passé, j’avais sans doute fait table rase… Le passé était de la cendre sur laquelle on ne pouvait pas revenir, l’avenir était vivant dans la mesure ou je pouvais l’inventer à foison, ce qui permet de supporter de vivre maintenant dans « l’Antichambre du Paradis » (A. Zinoviev). J’ai longtemps pensé que les athées étaient (comme les haricots hâtifs) des gens qui s’étaient dépêchés d’évoluer.

    Le mieux est encore de s’efforcer d’écrire « pour dans trois cents ans », disons la durée de vie du premier support, avant qu’une bonne âme vous retranscrive, pour un tour… Je présume que l’asymétrie évoquée plus haut vient de ce que je ne peux imaginer qu’au futur « comment je vivrai dans la mémoire de l’autre »… s’agit de trouver son Platon.

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