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6 réflexions sur « L’implosion »

  1. Est-ce qu’on va retrouver une partie des termes de certains débats vifs de ce blog (j’ai failli écrire forum.. 😉 ) ?
    Approche plutôt anthropologique ou économique, ou… ?
    La « constitution économique » sera-t-elle abordée ?

  2. @ Dani.

    L’accroche ? Excellente suggestion : je viens de l’afficher.
    Oui, bien sûr : je parle des subprimes dans la même perspective qu’ici mais de manière plus approfondie. Et j’en ai fait un vrai livre : l’exposé est beaucoup plus systématique (le résultat de 6 mois de travail supplémentaires).

  3. Bonjour,

    Je me suis posé quelques questions en lisant L’implosion, qui relèvent si l’on veut de la théorie de l’action au sens de Max Weber. Je me suis en effet demandé quelles raisons il fallait prêter aux différents acteurs décrits dans le livre pour comprendre leurs actions. Or tout le premier chapitre « La crise des subprimes », se comprend finalement si l’on se place dans le cadre de la rationalité instrumentale (celle de « l’intérêt bien compris », citée d’ailleurs p. 77), mais en version limitée (au sens de Simon). En gros, n’est-on pas dans une situation (complexe) d’effet émergent négatif, où chacun poursuivant ce qu’il croit être son intérêt bien compris, des conséquences négatives s’ensuivent (mais pas pour tout le monde) ? Boudon dirait peut-être que la dite « crise des subprimes » même si vous montrez bien qu’elle n’existe pas en tant que telle), se comprend assez bien dans le cadre du paradigme individualiste méthodologique de la sociologie classique, celle de Tocqueville et Weber (qui ne se réduit pas à la version économique de von Hayek et Cie). Même les emprunteurs du secteur subprime avaient sans doute de « bonnes raisons » de prendre les risques qu’ils ont pris (mais il étaient placés dans un contexte d’information très limitée, qui interdit bien évidemment toute explication en termes de « force de caractère »).

    Plusieurs réflexions pour finir : la rationalité axiologique semble à peu près complètement absente chez les acteurs de la finance (comme si le contexte ou le champ produisaient des « idiots axiologiques ») ; la question du dépassement de l’opposition individualisme/holisme, à la recherche d’un tiers paradigme, comme le dit Alain Caillé (et je fais partie des très nombreux sociologues qui cherchent ce dépassement) est sans doute distincte de la question de la distinction des rationalités : les acteurs ou agents (pour éviter de parler d’individus) sont bien rationnels, mais il y a des raisons (pas seulement la raison utilitariste, mais aussi la raison cognitive, la raison éthico-axiologique…). Cependant, certains contextes sociaux conduisent à une sorte de forclusion des raisons autres qu’utilitaristes et notamment de la raison axiologique.

    Voilà en tous cas rapidement formulé ce que me suggère la lecture de L’implosion, qui figurera en bonne place dans mes bibliographies.
    Amicalement

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