IndyMac Bank (1985 – 2008)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Si vous avez accès à un exemplaire de mon livre Investing in a Post-Enron World, publié en 2003 par McGraw–Hill, vous verrez que j’y cite à trois reprises Mike Perry qui était jusqu’à hier P–DG de IndyMac Bank. Les trois citations contiennent des extraits d’un entretien qu’il m’avait accordé. J’étais allé le voir parce que j’avais un grand respect pour la manière dont il menait son affaire.

IndyMac Bank qui, en volume, était le 9e organisme de crédit hypothécaire aux États–Unis a été saisi hier. La Federal Deposit Insurance Corporation qui garantit les dépôts bancaires à hauteur de 100 000 dollars est intervenue et a pris possession de la banque au nom du gouvernement américain. IndyMac rouvrira lundi sous le nom de IndyMac Federal Bank mais la firme sera en liquidation judiciaire. L’opération de remboursement des clients coûtera à la FDIC 4 à 8 milliards de dollars soit 7,5 à 15 % de ses réserves. Si le renflouement du numéro 9 du prêt au logement mobilise 15 % des ressources dont dispose le gouvernement américain dans ce domaine, un rapide calcul vous confirmera que ce genre d’opérations ne pourra pas se renouveler très souvent.

Si j’étais allé voir Mike Perry à l’époque où j’écrivais mon livre, c’est que j’avais travaillé directement sous ses ordres peu de temps auparavant. En 2001, il avait décidé d’introduire la norme « Six Sigma » à IndyMac, une norme industrielle – intéressante d’ailleurs, j’aurai sûrement l’occasion d’y revenir – centrée sur une minimisation de l’erreur, et il avait fait du recrutement de la première équipe l’objet d’un concours au sein de toute l’entreprise : les dix premiers en feraient partie et se verraient décharger de toute autre responsabilité.

Les dix finalistes devaient présenter un projet devant la direction. Mike m’avait interrompu à un moment pour faire taire quelques bavards dans le fond de la salle. Il avait dit « Hé les gars ! Il faut écouter : il y a quelqu’un qui parle ici qui comprend vraiment notre business ! ». Ça m’avait fait très plaisir. A partir de ce jour-là, j’ai travaillé directement pour lui. Il m’appelait au téléphone et me disait « Paul, je voudrais que tu fasses la chose suivante ».

Un jour, j’ai été viré. Je n’ai jamais raconté cela, parce que je n’ai pas l’habitude de cracher dans la soupe. Maintenant, cela n’a plus aucune importance. Mon patron immédiat m’a appelé. Il était accompagné d’une représentante de la DRH. Je les ai suivis dans un petit bureau où ils m’ont dit que j’étais licencié. Je ne les ai pas crus, j’ai dit : « Je suis sur un projet pour Mike, on y travaille depuis plusieurs mois et on le termine demain : ça n’a pas de sens ! » Ils m’ont dit : « Si, tu es licencié ». J’ai répondu : « Je ne vous crois pas ! », j’ai dit : « Pour quelle raison ? » Silence. Ils sont allés chercher un collègue que j’aimais bien, ils lui ont expliqué la situation. Il a dit : « Je vais appeler Richard ! » Richard, était le numéro 2 d’IndyMac. Il est revenu, il a demandé aux deux autres de sortir et il m’a confirmé la nouvelle : « Paul, c’est vrai ! ». J’ai dit « Bon ! » et je suis parti.

Je ne comprenais pas : le projet sur lequel je travaillais était un enfant chéri de Mike : il voulait savoir combien de consommateurs remplissaient le formulaire de demande de prêt, combien étaient agréés, combien fournissaient les documents requis, combien voyaient leur requête acceptée ; il voulait comprendre la déperdition entre chaque stade du processus et aussi voir le temps que prenait chaque étape. Je lui avais fait cela : en dynamique, remis à jour tous les soirs. Il voulait que l’information soit accessible sur l’Intranet de la compagnie. Nous étions prêts : le lancement aurait dû avoir lieu le lendemain du jour où j’ai été viré.

Rentré à la maison, j’étais abasourdi. Honnêtement, ça m’a pris quelques jours pour que la petite lampe s’allume dans la bulle au–dessus de ma tête. Soudain ça a fait clic : je me suis souvenu d’une conversation la veille de mon licenciement : mon patron immédiat m’avait appelé et m’avait demandé : « Le truc que tu prépares pour l’Intranet, est-ce que ça pourra être vu des membres de Conseil de Direction ? ». Je me suis informé et je l’ai rappelé, j’ai dit : « Oui, sans problème : il y a une hiérarchie d’accès mais eux ont évidemment le droit de tout voir ».

Dans les derniers jours, je ne m’occupais plus de regarder ce que crachait notre nouveau système : je vérifiais simplement que la mécanique était bien huilée. Là j’ai soudain compris, je me suis dit : il y a quelque chose que les membres du Conseil de Direction allaient voir et qu’on n’a pas voulu qu’ils voient, et je suis allé éplucher les chiffres pour essayer de trouver où le bât blessait.

Je l’ai découvert assez vite en examinant mes rames de print-outs. IndyMac était très fier que les demandes de prêt que la firme accordait proviennent de sources multiples : rassemblés par de petites compagnies, par des firmes dont le crédit immobilier était une activité annexe, par des courtiers indépendants, etc. Mike répétait : « Aucune de nos sources ne représente plus de 5 % de notre financement du crédit au logement ! » Or ce n’était pas vrai : un de nos correspondants représentait près du quart. Et il était là, gras et solitaire : les autres étaient effectivement tout petits à côté de lui, très loin derrière en termes de chiffre d’affaires.

Le nom de ce gros correspondant ne me disait rien : un nom sans visibilité aucune. J’ai gouguelé à mort et l’une des deux mentions que j’ai trouvées était dans l’un de ces documents qui ne se trouvent sur l’Internet que par accident : une liste de transactions entre firmes. Et il y avait une adresse, à l’autre bout de Los Angeles. Nous nous y sommes rendus. Rien. Nous avons pris l’ascenseur et nous nous sommes mis à fouiner dans les étages. Et nous avons trouvé une porte où se trouvaient deux plaques de cuivre : l’une portait le nom de ma compagnie mystère et l’autre était celui d’un établissement financier très connu, qui se trouvait alors au centre de l’actualité pour une énorme affaire de pots–de–vin.

Est-ce que Mike savait ? Mon instinct me dit que non. En même temps, ce serait étonnant : une firme qui représentait près du quart des financements ? C’était peut-être d’ailleurs lui la source de la question qui m’avait été adressée : « Est-ce que les membres du Conseil de Direction pourront voir ces chiffres ? » Mais quand il avait une question à me poser, il n’hésitait jamais à le faire lui–même. Il n’est pas rare qu’il y ait dans les sociétés, des magouilles à des niveaux intermédiaires, qu’on cache soigneusement à la direction. J’en ai vu. Mais il est vrai aussi que les P–DG en savent en général bien davantage sur ce qui se passe chez eux qu’ils ne l’affirment en public.

Alors, Mike Perry ? Je ne sais pas. De toute façon j’aimais bien la manière dont il dirigeait sa firme. Je lui ai envoyé un petit mot hier soir pour le lui dire. Je lui ai dit : « Ce n’est pas toi ! C’est le vent debout ! » Allez savoir ! En tout cas il n’était pas l’un des pires.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

2Shares

13 réflexions sur « IndyMac Bank (1985 – 2008) »

  1. Génial, tout est dans cet article : des tricheurs pour ne pas dire plus : le système a fonctionné. Il est mort. Le non-dit des responsables est à la hauteur des déficits !

    Des dizaines de milliers de milliards de dollars BIDONS ! C’est d’ailleurs hallucinant que ça ait tenu le coup presque 1 an de plus.

  2. Eh beh… !!! En voila de l’actualité « chaude », Paul ! Vous m’avez plus qu’entendu, merci !

    Les Aventures de Paul Jorion en Amérique, cela m’évoque  » TINTIN AU PAYS DES SUB-PRIMES  » !!!

    … Eh ! C’est que je commence déjà à chercher le titre de votre prochain bouquin, moi ! J’anticipe l’événement ! Je prospecte le futur immédiat !

    Alors…, un « Polar subprimien » bientôt ? Voila qui serait excitant…
    Bien amicalement.

  3. Cela me rappelle (de loin) une histoire que j’ai vécue.

    En 1996, j’étais consultant pour Merrill Lynch à New-York où j’ai passé une année. A l’informatique.
    Un des projets que j’ai touché était une sorte de tableau de bord qui permettait de voir l’état d’avancement des centaines de projets informatiques en cours dans l’organisation. Très joli, avec des petites bulles de couleur, des indications de retard, de budget, de dépendances entre projets, etc… Je suis parti avant la fin du projet (car rentré en Europe), mais j’ai appris ensuite que le projet a été enterré. En effet, pourquoi mettre en production un outil qui aurait montré à quel point l’informatique de Merrill Lynch était devenu un état dans l’état. Des centaines de projets. Des coûts gigantesques. Des projets dont plus personne n’avait connaissance et qui ne servaient plus à rien mais qui continuaient discrètement et permettaient à des centaines de middle-managers de toucher un salaire. Des retards partout. Des absurdités. Le tout permettait au service informatique d’être puissant car opaque. Il ne faut jamais oublier l’aspect humain des organisations.

    Une plaisanterie qu’on fait entre informaticiens est souvent : « Pourquoi les directeurs informatiques sont souvent d’accord de passer d’un parc Windows à un parc Linux ? parce que c’est le seul changement qui leur garantit de ne pas avoir à diminuer la taille de leur service ». Le pouvoir se mesurant au « head count » et au budget de son service, il est en effet difficile de demander à une organisation de s’optimiser de l’intérieur…

  4. c’est l’histoire du cancer et des fonds alloués à la recherche, et ces multitudes de structures subsistant grâce au cancer qui finissent par se transformer en véritable tumeur cancéreuse. D’ailleurs cette finance dérégulée se comporte un peu comme une tumeur qui prend puissance jusqu’à détruire l’organisme sur lequel et grâce auquel elle vit. Il suffit de remplacer organisme par organisation, économie. C’est aussi l’histoire de l’énergie facile et peu onéreuse, de la civilisation technologique et de la planète. Nous scions la branche, et la gravité nous fera tomber en plein dans notre m….. (emprunté à Cambronne).

  5. C’est l’histoire de beaucoup de choses et de beaucoup de gens. Plus le système est productif, plus il devient difficile d’y justifier sa propre présence. Au lieu que celle-ci soit un principe de base, la présence d’un membre d’une communauté humaine qui existerait vraiment n’étant pas questionnable, elle est un privilège, pour lequel il faut accepter de rentrer dans le système, tricher, le cas échéant marcher sur les autres.

    Notre société est happée par une course à la productivité et pourtant elle se doit d’entretenir à ses cotés de l’improductivité. Cependant, celle-ci doit être rare, cachée, elle doit être un levier de pouvoir et de domination. Pourquoi alors que dans le réseau des banques, dans les services de back-office « techniques » on sait dégraisser à tour de bras, cela serait-il si difficile dans les départements informatiques ? Peut-être parce que justement les services informatiques manipulent en permanence des informations qui ne peuvent être que sensibles pour certains dirigeants…

    Il ne faut pas s’étonner de voir tant de gens développer des cancers quand on voit comment notre société fonctionne. Karluss a raison d’employer cette image. Je crois volontiers que nos organismes tendent à développer des maladies en lien direct avec l’état de notre société, des maladies par lequelles nos corps s’expriment pour nous.

    Nous travaillons de plus en plus pour créer une richesse qui, non seulement, nous échappe mais devient une hydre qu’il faudra nourrir ensuite jour après jour. 1 heure de travail pour moi, une heure pour les amortissements, 1/2 heure pour les frais financiers, 1 heure pour le résultat net …

  6. Remarquable scenario! Mais celui-là: vécu.

    Quand je pense qu’à l’autre bout de ce « vestibule financier clair-obscur » se trouve ceci (que j’ai dû déjà mettre dans ce blog) :

    http://www.horizons-et-debats.ch/37/37_19.htm

    Ceci est, en effet, est très « compatible » avec cela… c’est un peu la même « biologie moléculaire »…

    Il se trouve dans le récit de Paul Jorion comme un fumet que je crois reconnaître assez bien aussi quoiqu’à un niveau bien différent. Car, c’est bien connu, l’odorat est un des plus profond et puissant stimulant de la mémoire.

    Outre mes six premières années d’activité professionnelles où j’ai été employé de banque (à l’époque les ordinateurs étaient des énormes armoires métalliques vrombissantes avec ventilos, et toutes les pièces comptables étaient saisies sur des cartes perforées dans d’immenses bureaux assourdissants où des dizaines de perforatrices et de vérificatrices étaient dirigées par une cheftaine juchée sur une estrade), ma carrière fut ensuite celle d’un commercial du second œuvre du bâtiment. Et ce parcours fut « riche » à plus d’un titre, et même à beaucoup de titres.

    J’en étais arrivé à penser, même à mon niveau très banal et peu déterminant, que tout bon travail commercial devait se doubler de la même dose de travail d’espionnage. Car les bien trop rares fois où il m’a été donné d’être au courant, dans le menu détail, des offres de la concurrence (il m’est arrivé plusieurs fois de phocopier dans des bureaux de clients, à leur insu et avec leurs propres photocopieuses, des papiers de la concurrence, alors que quelqu’un pouvait entrer dans le bureau d’une seconde à l’autre…), je m’apercevais alors à quel point on pouvait être lanternés et « promenés en bateau »… dans ce dommaine des « marchés » où les trompe-l’œil, les chausse-trappes, les dés pipés, les enveloppes, pots de vins et dessous de table, rodent dans tous les coins et recoins, sans parler des vraies et des fausses factures…

    C’est pourquoi, à nouveau, je laisse la parole à Louis Even qui qualifia si bien les situations où nous nous trouvons :

    Alors, il est bon, notre système d’argent?

    Il serait bon, si la comptabilité était exacte, et si les chiffres qui donnent droit aux produits étaient bien répartis. Mais le système est vicié, parce que ceux qui le conduisent tiennent faussement cette comptabilité, et aussi parce que les chiffres sont mal répartis.

    Les comptables ne sont ni les producteurs, ni les gouvernements. Les chiffres commencent dans les banques; et ces chiffres ne sont pas en rapport avec la production qui s’offre, mais en rapport avec ce que le banquier pense pouvoir faire de profit sur le trafic de ces chiffres.

    Au lieu d’être une simple comptabilité de service, le système d’argent a été vicié. Son contrôle a été monopolisé ; il est devenu un objet de trafic, de domination, de tyrannie, de dictature quotidienne sur nos vies.

    Le cultivateur peut augmenter sa production : le comptable du système d’argent, qui est le banquier, n’augmente pas pour cela les chiffres-argent et n’en distribue pas à ceux qui ont besoin d’acheter les produits du cultivateur.

    Des chiffres viennent plus abondamment quand on fait des canons, des bombes, alors que personne ne veut de ces bijoux-là. On distribue ces chiffres aux salariés des munitions, qui ne produisent rient pour le marché: cela ne peut servir qu’à grossir les prix et diminuer la valeur d’achat des chiffres.

    Et quand on n’est pas en guerre, ou en préparatifs de guerre, c’est le contraire. On a vu nos grands hommes des gouvernements, dans tous les pays civilisés, permettre aux trafiquants de chiffres de mettre les peuples en pénitence pendant dix années, devant des produits qui ne se vendaient pas, faute de chiffres.

    C’était criminel. Les faux comptables étaient criminels. Les gouvernements, mandatés pour le bien commun, étaient complices des criminels, laissant faire par lâcheté ou par bêtise.

    Les créditistes veulent-ils chambarder tout le système?

    Pas du tout. Ils trouvent très bien que l’argent moderne soit essentiellement de la comptabilité. Mais ils veulent une comptabilité juste. Ils veulent que l’argent soit ramené à sa fin propre: instrument de distribution.

    Et c’est très simple. Puisque l’argent est un titre aux produits, le public doit disposer d’un pouvoir d’achat suffisant pour commander les produits dont il a besoin, aussi vite que le système producteur peut fournir ces produits.

    Puis, dans ce public, chaque personne doit posséder une part suffisante de ce pouvoir d’achat, puisque chaque personne a le droit de vivre et qu’il est impossible de vivre sans argent pour se procurer les produits.

    C’est pourquoi le Crédit Social propose:

    A. – L’établissement d’un Office de Crédit (national ou provincial), qui tiendrait la comptabilité de la production globale et de la consommation (ou destruction, ou dépréciation) globale, dans le pays ou la province. L’Office actuel des Statistiques fournit déjà presque tous ces renseignements; une estimation approximative est d’ailleurs suffisante.

    B. – Un pouvoir d’achat global en rapport avec la capacité de production, et équitablement réparti entre les membres de la société:

    1. Par des récompenses au travail, comme aujourd’hui, distribuées par l’industrie elle-même.

    2. Par un dividende périodique à chaque personne, employée ou non, de la naissance à la mort, pour assurer au moins une part suffisante pour vivre; ce dividende serait distribué par l’Office de Crédit.

    3. Par un abaissement des prix, un escompte général bannissant toute inflation; cet escompte serait compensé au vendeur par l’Office de Crédit.

    Où cet Office de Crédit prendrait-il l’argent pour les dividendes et pour les compensations au vendeur en retour de l’escompte?

    Puisque l’argent est un chiffre qui permet de commander des choses à la production du pays, l’Office de Crédit ferait simplement ces chiffres dans la mesure où la capacité de production peut y répondre. Affaire de comptabilité.

    Ces chiffres peuvent très bien être de simples inscriptions de crédit dans un compte ouvert à chaque citoyen; et un simple chèque sur le crédit national (ou provincial) adressé au vendeur sur présentation de ses bordereaux d’escomptes.

    Impossible, et inutile, de fournir ici des détails techniques. Les modalités d’application sont d’ailleurs variées. (Une façon possible est expliquée dans la brochure «Une finance saine et efficace».)

    Croyez-vous que ces crédits-là circuleraient et seraient acceptés comme de l’argent?

    Certainement. Ils circulent et sont acceptés aujourd’hui. Les prêts ou découverts aux industriels, aux commerçants; les crédits qui ont permis à Mackenzie King, à Roosevelt, à Churchill, et aux autres, de faire six années de boucherie humaine – tout cela n’est et n’était ni de l’or, ni même du papier, mais de simples chiffres inscrits dans des comptes et mobilisés par des chèques.

    Mais croyez-vous qu’un système d’argent, ça se mène comme ça?

    Aimez-vous mieux que ce soit l’argent qui mène les hommes?

    Remarquez bien, d’ailleurs, qu’il n’y a rien d’arbitraire dans la comptabilité monétaire proposée par le Crédit Social. La production reste le fait des producteurs eux-mêmes. La consommation reste le fait et le choix des consommateurs eux-mêmes. Les comptables de l’Office de Crédit ne font que relever les totaux; ils en déduisent mathématiquement ce qui manque d’un côté pour le rendre égal à l’autre.

    Il n’y a donc ni expropriations, ni nationalisations, ni décrets dictant ce qu’il faut produire ou ce qu’il faut consommer. Le Crédit Social est une démocratie économique parfaite. Tout demeure l’affaire d’hommes libres. Bien plus libres qu’aujourd’hui, parce que des consommateurs munis d’un pouvoir d’achat suffisant commanderaient bien plus librement les produits de leur choix que ceux dont le porte-monnaie est toujours maigre et souvent vide.

    Louis Even (1885-1974) dans une époque actuelle si différente, est de plus en plus d’actualité.

  7. J’ai un peu cherché les données sur Indymac.

    Je reste avec l’impression assez désagréable que cette mise sous tutelle a été provoquée seulement par les déclarations du sénateur Schumer.

    Je ne dis pas que la rentabilité d’Indymac était extraordinaire. Ils ont joué, ils perdaient. Mais à mon avis, de manière temporaire et ils auraient pu s’en sortir.

    Mais il suffit de dire qu’une banque va tomber en faillite, pour qu’elle ait de grosses difficultés. j’ai l’impression de revivre « La Banquière »

    J’espère trouver un jour une analyse complète sur ce cas qui deviendra peut-être un cas d’école.

  8. @ Xavier

    Je restais en contact avec IndyMac. J’ai eu une longue discussion au siège avec son Chief Financial Officer en février ou mars. La lettre de Schumer est la goutte qui a fait déborder le vase, rien de plus.

Les commentaires sont fermés.