L’actualité de la crise : Une journée sans particularités, par François Leclerc

Billet invité.

UNE JOURNEE SANS PARTICULARITES

Du monde entier, voici les principales informations de ce jour, mardi 7 juillet 2009, veille du G8 de l’Aquila, où il est prévu – et fièrement annoncé – que les chefs d’Etat seront évacués du lieu de la conférence si un tremblement de terre devait dépasser 4 dans l’échelle de Richter. Personne ne semblant avoir demandé aux organisateurs comment ils faisaient pour connaître la magnitude d’une secousse avant qu’elle ne se soit produite.

Laura Tyson, membre de la Commission de conseil économique de Barack Obama, était aujourd’hui à Singapour, où elle a annoncé devant le Nomura Asia Equity Forum que les Etats-Unis pourraient avoir besoin d’un second plan de relance consacré à la réalisation de travaux d’infrastructures, dont le montant pourrait être décidé à la fin de l’année, au vu des résultats du premier plan (de 787 milliards de dollars). La reprise pourrait donc avoir besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire de quelques centaines de milliards de dollars.

Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a adressé un message aux chefs d’Etat qui seront réunis demain en déclarant à Genève : « Le pire de la crise en matière sociale est toujours à venir, ce qui veut dire que le pire de la crise en matière politique est toujours à venir ». Au cas où les membres du G8 ne s’en seraient pas encore rendu compte par eux-mêmes.

Réunis à Bruxelles, les ministres européens des finances ont planché sur la situation du système bancaire. Suite à des discussions approfondies, Anders Borg, le ministre suédois des finances qui présidait la réunion, a indiqué en pesant ses mots que l’on avait besoin d’un « système financier plus robuste en Europe ». Charlie McCreevy, Commissaire européen en charge des services financiers, a heureusement expliqué au briefing des journalistes, qui étaient restés un peu sur leur faim, qu’une modification de la législation européenne sera proposée en octobre, afin de « soutenir l’introduction d’un provisionnement prospectif, qui consiste à constituer des provisions prélevées sur les bénéfices au cours des périodes de conjoncture favorable, en vue de couvrir les pertes attendues sur les portefeuilles de crédit ». D’ici là, il a sans doute été demandé aux banques de tenir et de serrer les dents.

Les Allemands, dont le secteur bancaire est particulièrement sinistré, ont demandé que les exigences en fonds propres des banques soient immédiatement assouplies. Ils n’ont pas eu gain de cause. Les ministres ont par contre été unanimes pour demander à l’IASB, l’organisme international chargé de fixer les normes comptables, de s’aligner sur les normes américaines du FASB (abandon de la « fair market value »). L’IASB se faisant prier, ils ont précisé qu’ils souhaitaient instamment que cela intervienne à temps… pour qu’il puisse en être tenu compte dans les bilans de l’année 2009. Agitant un chiffon rouge, Peter Steinbrück, ministre Allemand des finances, n’a pas caché qu’il avait parfois « réellement un doute » sur le fait que l’IASB puisse « garantir que les entreprises européennes ne soient pas désavantagées par rapport à leurs homologues américaines », d’où sa proposition initiale.

S’exprimant à Londres devant l’Alternative Investment Management Association (AIMA), qui regroupe dans le pays les fonds spéculatifs, Paul Myners, secrétaire d’Etat britannique aux finances, a tiré à boulets rouges contre le projet Européen des hedge funds, sombre manigance selon lui de l’ennemi héréditaire français. « Il est peut-être facile pour d’autres pays européens de capitaliser politiquement en exigeant une régulation envahissante d’un secteur dont ils ont peu ou pas d’expérience directe », regrettant une attitude « déplorablement à courte vue, proche d’une forme faible de protectionnisme », à laquelle il a opposé la ferme conviction que « l’Europe a beaucoup à gagner d’un secteur de l’investissement alternatif florissant. » Pour faire bonne mesure devant un auditoire conquis d’avance, il a estimé « contre-productives » d’éventuelles limites réglementaires au niveau d’endettement des hedge funds, préférant donner au FSA, l’autorité britannique de services financiers, la capacité d’intervenir au coup par coup dans les cas d’endettement excessif. Les hedge funds gèrent 1.300 milliards de dollars dans le monde, la City jouant tout son rôle dans le dispositif.

L’un à Bruxelles, l’autre à Francfort, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, et Axel Weber, le président de la Bundesbank, se sont sérieusement opposés, à propos d’une proposition du premier. Elle envisageait que la Bundesbank s’engage dans des prêts directs. Un communiqué de cette dernière a clos le débat avant qu’il n’ait commencé : « L’octroi direct de crédits à des entreprises en-dehors du secteur financier ne fait pas partie des instruments de l’eurosystème et de la Bundesbank. Une telle mesure n’est pas discutée par la Bundesbank ». A l’appui de ce refus, témoignant d’une grande clarté de vue dans l’analyse, Axel Weber a déclaré : « l’Allemagne ne se trouve actuellement pas dans une crise du crédit (…) le système bancaire remplit ses devoirs comme avant ». Il se trouve que le président de la Bundesbank est un des membres les plus influents du conseil des gouverneurs de la BCE.

Daté de Washington, un communiqué de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a reproduit la déclaration de Gary Gensler, son président : « Je crois fermement que nous devons utiliser de manière déterminée tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que le marché fonctionne honnêtement ». En conséquence, la CFTC étudie la possibilité d’imposer des « limites de position pour toutes les matières premières en quantité finie, en particulier les matières premières énergétiques, comme le pétrole brut, le fioul de chauffage, le gaz naturel, l’essence ou autres ». Techniquement, un plafond au nombre de contrats d’option sur un même produit qu’un opérateur pourrait vendre ou acheter en dehors des contrats pris pour sa couverture serait déterminé. Cette formule de compromis entre la situation actuelle, marquée par l’absence de toute limite de cette nature, et une interdiction de la spéculation, qui résulterait de l’obligation de n’acheter des contrats que pour se couvrir, sera discutée en juillet et août avec « les partenaires intéressés. Afin d’en déterminer les modalités d’application. On attend avec curiosité celles-ci, et ce qu’elles laisseront dans les faits subsister des intentions initiales de Gary Gensler.

Depuis Tokyo, Kaoru Yusano, ministre japonais des finances, s’est peut-être un peu avancé en affirmant que « du point de vue des puissances économiques mondiales, il existe entre les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Japon une opinion partagée selon laquelle nous serions sortis de la pire phase de la récession ». Car depuis Madrid, le gouverneur de la Banque d’Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordonez, a rappelé à l’occasion d’une conférence sur la sortie de crise qu’« Il y a un proverbe chinois selon lequel on ne peut pas dire qu’un homme a été heureux avant le dernier jour de sa vie. Nous devrions probablement montrer la même prudence pour parler de la sortie de la crise ». « Aujourd’hui, la majorité des institutions élaborant des prévisions sont d’accord pour dire que le rétablissement de l’économie mondiale pourrait avoir lieu au début de l’année qui vient » a-t-il enchaîné, « mais les niveaux d’incertitudes sont énormes ».

Demain, à l’Aquila, l’OCDE va communiquer aux chefs d’Etats réunis pour le G8 ses « douze commandements », un document qui fera date dans l’histoire des pétitions de principe sans effets. Parmi ceux-ci, il est possible de particulièrement relever le suivant : « Les instruments et structures financiers ne doivent pas être détournés de leur usage pour dissimuler les réels bénéficiaires » (de l’activité). Aucun commandement ne traite malheureusement du cas des instruments et structures financiers qui n’ont pas du tout besoin d’être détournés de leur usage pour aboutir à ce résultat.

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22 réflexions sur « L’actualité de la crise : Une journée sans particularités, par François Leclerc »

  1. C’est drole que Kaoru Yusano, ministre japonais des finances affirme que « du point de vue des puissances économiques mondiales, il existe entre les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Japon une opinion partagée selon laquelle nous serions sortis de la pire phase de la récession ». Je croyais que le pire c’était quand les chomeurs arrivaient a la fin de leurs droits et que les états étaient obligés de créer de la monnaie pour payer leurs frais de fonctionnement! Si je résume pour l’instant on a eu une baisse de la bourse, de la consommation , une augmentation du chomage, une réticence des banques a prêter mais il me semble que nous n’avons fait que retarder a coup de milliard l’entrée dans la phase systémique ou le chomage entraine la baisse de consommation et crée du chomage. Si nous étions sortis de la pire phase de la récession ca voudrait dire que notre système financier a atteint une sorte de maturité qui lui permet de faire face aux pires évènements économiques, ce serait une grande victoire pour les gouvernements les états et le monde de la finance. Doit on voir chez Kaoru Ysuana de l’ironie ou une déconnection totale d’avec la réalité ou encore une prise au 1 er degres du discours des grandes puissances mondiales?
    POur ce qui est de la règlementation sur les matières premières on se doute bien que la plupart des ressources intellectuelles seront mises a contribution pour faire capoter le projet tout en sauvant les apparences.

  2. Ils ont surtout fait croire aux gens que nous étions sortis de la crise à partir du moment ou ils commencaient à prendre toute la place dans les médias pendant des mois au G8 comme au G20 tentant vainement de conjurer le mauvais sort qui pèse durement et cruellement sur les peuples… Divertir continuellement l’opinion publique sur des sujets mineurs évidemment à partir de là les premiers (2008) et seconds témoins de la crise (2009) n’ont plus guère le droit à la parole c’est pourtant eux les plus durement touchés par la crise et non les banquiers et les financiers ? Qui porte encore sur soi leur même marque de conduite, de fabrique, de parti politique ?

  3. Tant que les peuples ne sont pas en colère les « dirigeants » restent en place.
    En faisant miroiter à terme inconnu une improbable sortie de crise ils profitent encore un peu…

    Ensuite ils auront intérêt à passer loin des réverbères pour ne pas risquer d’y être pendus…ou mieux à se retirer à temps dans leurs « thébaïdes » protégées par Blackwater.

  4. Comme un couvercle …

    Quand la terre est changée comme un cachot humide,
    Ou la finance, comme une chauve souris
    S’en va battant les murs de son aile timide
    Et se cognant la tête à des plafonds pourris.

    Quand la pluie étalant ses immenses traînées
    D’une vaste prison imite les barreaux,
    Et qu’un media muet d’infâmes araignées
    Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

    Des posts tout à coup sautent avec furie
    Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
    Ainsi que des esprits errants et sans patrie
    Qui se mettent à geindre opiniâtrément.

    — Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
    Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
    Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

  5. Vive Elysée Reclus !!!
    « Groupons nous et… »

    Il va falloir le faire ce coup là,et sans tarder .
    Il y aura du monde si on sait organiser.

  6. @François Leclerc
    Pourquoi les créditeurs acceptent ils les dettes colossales des Etats-Unis sauf celles banales de la Californie ?

  7. @ Lambert Francis

    Pour l’instant, les banques acceptent encore d’escompter les traites de l’Etat de Californie. Entre l’Etat fédéral et celui de la Californie il y a un bras de fer d’engagé, ce n’est pas le premier, mais je suis mal placé et trop peu informé pour en parler.

    Les créditeurs des Etats-Unis sont dans la position d’une banque qui veut éviter que son client face faillite, en raison de son encours. Elle cherche à se désengager, mais en douceur.

  8. Les grandes banques n’accepteront les traites de l’Etat de Californie que jusqu’au 10 juillet :

    Los Angeles Times du 2 juillet :

    Bank of America announced late Wednesday that it would redeem in full the state’s IOUs (formally called « registered warrants ») from current BofA customers who want to cash them in. But the bank set a cut-off date of July 10.

    On Thursday, other big banks including Chase, Wells Fargo and Union Bank followed BofA’s lead, saying they too will cash the IOUs from customers through July 10.

  9. Selon les dires de ma concierge le pire de la crise est passé surtout que les grands de ce monde ont beaucoup avancé sur le sujet.

  10. Que la bête meure !

    Mais, c’est une hydre à cent têtes ou plus encore !!!!
    Et nous vivons du lait qui suinte de ses pores, et nous nous amarrons à ses ventouses bleues !!!!

    Malthus et James Lovelock vous disent: c’est assez !

    Lovelock believes that « the welfare of Gaia is more important than the welfare of humankind. » Alors, que les traites de la Californie soient escomptables ou pas, que le G8 glougloute ou se dise Eureka… Qu’importe ?

    Que la bête meure et vite vite que nous vivions l’age d’or, Soma, manne, ruisseaux de miel, fruits défendus……

    Ok, je rêve !

    Le rêve c’est ce qui se vend le mieux d’ailleurs. La publicité, fille de Freud et de Breton s’en paye des tranches pour nous aguicher.

    Plus que des produits nous achetons du rêve (la télé et ses vedettes à dix sous, un bateau, un séjour aux Bermudes, une excursion dans les souks ou autre exotiquerie, une villa dans le suburb… une campagne à retaper, de l’avenir qui sera mieux……)

    Ce qui ne se vend pas se vit, c’est le présent, ce curieux état fluctuant entre avenir et souvenir et qu’il faut savoir dilater.

    Imaginez le temps d’une fraction de seconde vécue par ce pilote… ou ce joueur de tennis qui voit arriver la balle et prépare son revers en courant au filet. La seconde est une éternité.

    Éprouvons la durée, dilatons le présent, rendons nous au marché, cuisinons, et vivons, car si m’en croyez………

  11. Merci pour cette revue de presse. Face à l’aveuglement de nos dirigeants, seule l’ironie nous permet de rire un coup…
    J’ajouterai ceci : La posture des gouvernants depuis quelques mois est la même qu’avant mais en pire, caar ils ne savent pas faire autre chose. Je m’explique :
    Tous ces pantins du G8 (manipulés par CFR, Bilderberg et consorts) nous prennent pour des débiles et passent leur temps à nous raconter des sornettes.
    Leur dernière en date est la méthode Coué : « Nous ne savons plus quoi faire avec cette crise, nous avons tout essayé et pourtant elle continue. Alors nous allons crier que tout va bien, espérer que les gens le croient, s’endettent encore plus, et ce faisant, réduisent la crise ».
    La réalité est que bien sur cela ne marchera pas (les gens ont peur et épargnent). Or le système capitaliste est basé sur un accroissement exponentiel de l’argent (via les intérêts). C’est insoutenable car notre planète ne peut pas être exploitée exponentiellement.
    Pourtant, si je forcis le trait, chaque année nous produisons de l’argent, et on nous dit qu’il faut de la « Croissance ». Cette croissance ne sert en fait qu’à payer des intérêts (donc à enrichir les banques et quelques riches)…

    Mais l’épargne des pauvres gens condamne le systèe à la faillite, car moins de crédits, c’est moins de futur argent (si le crédit est remboursé..) pour payer les crédits futurs.. le chateau s’écroule..

  12. @ Paul jorion
    « Les grandes banques n’accepteront les traites de l’Etat de Californie que jusqu’au 10 juillet : »

    Et dire qu’il fut un temps ou l’Etat de Californie était la fierté de l’Amérique qui rêve encore d’avoir la carte verte ? D’avoir la même voiture ou la grande maison de John ou du voisin et puis après que voyons de mieux à la tête de nos sociétés ?

    Et dire que tout n’est pas dit sur les réels méfaits sociaux de cette crise sur un bon nombre de familles.

    Le plus grave c’est que l’on préfère encore traiter l’homme de la sorte quel progrès.

  13. (petit post qui continue une réflexion débutée le 7 07 09)

    puisqu’il est question du G8, ça me fait penser au déficit démocratique
    une constitution pour l’économie, c’est certainement le moment d’y penser
    parce que cette économie que l’on a décivilisée en la dérégulant a fait de la démocratie une forme sans fond
    « a fait »…
    je ne sais pas si la démocratie a jamais réellement existé, c’est peut-être une utopie jamais atteinte
    y a-t-il possibilité démocratique avec des médias privés et concentrés, qui ont même la capacité de diffuser leur pensée de manière « gratuite »…?
    y a-t-il possibilité démocratique avec la totale liberté de circulation des capitaux?

    on parle trop souvent de la démocratie comme d’un acquis, comme une idée défendue par notre société dans son ensemble. je crois qu’on oublie trop souvent que l’efficacité, la performance, la décision rapide n’est pas compatible avec la démocratie

    la nation, c’est peut-être déjà un espace trop global pour l’exercice démocratique
    alors des empires comme les USA ou l’UE? et encore moins un « gouvernement mondial »…

    voilà aussi pourquoi il me monte parfois des impatiences
    alors d’accord, je veux bien admettre la stérilité du thème de la destruction
    et chercher à dépenser mon énergie dans un travail plus fécond
    mais je crois que 133 coup de morphing n’y suffiront pas
    il en faudra peut-être 1333 peut-être 133333

    la crise financière et la mise en évidence de la nature oligarchique de nos « démocraties »
    souligne que l’idée démocratique est vidée de son sens

    une réflexion pertinente entendue dernièrement lors d’une conversation: il n’y a rien à craindre des différents partis politiques grâce à la concurrence fiscale entre les cantons (situation de la Suisse): même un parti d’extrême gauche ne peut pas faire une politique de redistribution par la fiscalité, parce que les capitaux circulent très librement d’un lieu à l’autre. donc, il y a des décisions politiques qui figent toutes décisions politiques, et c’est vrai, quels que soient les partis élus, les décisions sont déterminées par le cadre, et le cadre est celui de l’idéologie néolib. et c’est super, avec cette idée de concurrence fiscale, on va arriver un jour à une fiscalité nulle pour l’élite et les multinationales et de plus en plus écrasante pour les salariés et les petites entreprises
    il me semble que c’est pour des raisons de ce type que certains avaient voté non au traité constitutionnel…

    personnellement j’ai le sentiment que de reconnaître cette situation fait diminuer passablement la colère
    voilà

  14. Jouez au jeu du Schtroumpf financier et sauvez les Schtroumpfs ( sans bug cette fois)

    Il n’y a plus d’argent dans les caisses et les schtroumpfs ruinés ne sont pas contents. Le Grand Schtroumpf décide donc d’aller voir son Schtroumpf financier pour lui suggérer de fabriquer des fausses pièces. Elles serviront à construire un nouveau pont et comme le droit de passage ira au Schtroumpf Financier, celui-ci pourra bien vite faire disparaître les fausses pièces comme si de rien n’était. Tout rentrera dans l’ordre , lui explique le Grand Schtroumpf.
    Le Schtroumpf financier se dit qu’il va s’en mettre une partie de côté car il en a bien besoin et accepte de faire de la fausse monnaie.
    Avec les nouvelles pièces qui ressemblent à s’y méprendre aux anciennes, le Grand Schtroumpf construit son nouveau pont . Les Schtroumpfs retrouvent du travail . Bientôt, ils auront des pièces qu’ils pourront dépenser chez le Boulanger qui pourra acheter de la farine au Meunier, qui pourra payer le paysan qui pourra faire vivre sa famille et continuer de produire. Tous les Schtroumpfs redeviendront paisibles et heureux.
    Le Schtroumpf financier qui a gardé une partie des pièces pour lui, se dit qu’il peut peut-être profiter lui aussi de la situation. Il décide d’acheter du blé qu’il réussit bientôt à revendre très cher au Meunier puisque les Schtroumpfs se précipitent pour acheter du pain et qu’il faut du blé pour produire celui-ci. Les caisses du Schtroumpf financier se remplissent discrètement.

    Bientôt le nouveau pont est construit. Mais le droit de passage étant très élevé, les Schtroumpfs préfèrent toujours utiliser l’ancien pont.
    Le Schtroumpf financier, explique au Grand Schtroumpf qu’il ne peut pas détruire les fausses pièces qu’il a mis en circulation, puisqu’il n’a pas les recettes escomptées du nouveau pont. Bien sûr, ce que le Schtroumpf financier ne dit pas, c’est qu’il s’est enrichit en vendant du blé, ses caisses sont pleines. Mais que va-t-il faire de ses pièces ?

    Il va voir le Grand Schtroumpf . « Puisque le nouveau pont est boudé, reconstruisons l’ancien » suggère-t-il. « Très bonne idée » acquiesce le Grand Schtroumpf mais qui va payer ? Le Schtroumpf financier explique qu’il n’a plus beaucoup de pièces mais s’il peut aider… il prêtera une partie des fonds nécessaires avec un taux d’intérêt à la hauteur du risque qu’il prend . Il suggère que le reste soit financer par les Schtroumpfs. Après tout, le boulanger, le meunier, le paysan n’ont-ils pas gagné beaucoup d’argent ?

    Le Grand Schtroumpf commence à penser qu’il y a une embrouille et demande le temps de la réflexion.
    Que doit-il faire ?
    Lancer un grand emprunt auprès des Schtroumpfs pour financer la reconstruction de l’ancien pont et enrichir le Schtroumpf financier, le Boulanger, le meunier et le paysan ?
    Mettre un impôt supplémentaire pour le Boulanger, le meunier et le paysan afin de subvenir aux besoins des Schtroumpfs nécessiteux ?
    Mettre un impôt supplémentaire pour le Boulanger, le meunier et le paysan afin de financer la reconstruction de l’ancien pont ?
    Mettre le Schtroumpf financier en prison et lui prendre ses pièces pour construire un nouveau pont ?
    Mettre le Schtroumpf financier en prison et donner ses pièces Schtroumpfs nécessiteux ?

    La Galette

  15. à iGor milhit [10:50]

    on va arriver un jour à une fiscalité nulle pour l’élite

    Grossière E R R E U R
    L’exemption fiscale planétaire de la véritable élite est inscrite dans le marbre, en Suisse, à Bâle,
    dans le Traité de 1930 de J.P. Morgan et ses deux comparses d’alors
    (topActionnaires de First Nat de NewYork et First Nat de Chicago)
    Chicago 1930 cela vous dit quelquechose ? Eh bien retrouvez mon papier sur Joe Kennedy dont j’ai mis un extrait sur ce forum il y a une douzaine de jours, le 28 juin « L’observatoire financier »
    à 11:41

    Lire aussi 28 juin 13:33 et ce qui suit
    13:24 (LeClownBlanc ET Auguste ensuite, 1 ligne) … 16:40 et 16:43.
    Je sais bien vous préférez Auguste à LeCLownBlanc, mais la participation de ce dernier est aussi utile.

  16. @Auguste+LeClownBlanc+Tutti
    j’ai certainement mes petites préférences, mais je sais bien que lorsqu’il manque ne serait-ce qu’un ingrédient, une bonne salade ne procure pas le même plaisir.. par exemple la salade riz-lentilles-et moult légumes de ce soir, allez donc savoir à quoi je pensais lorsque je faisais la sauce, j’ai oublié la touche de miel! catastrophe… c’est bon quand même, mais le miel manque, c’est évident.

    et pour ma grossière erreur, mea culpa en effet, comment avais-je pu oublier Bâle et les statuts de la BRI?

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