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98 réflexions sur « Deux ou trois choses que je n’ai plus de mal à faire comprendre »

  1. « Est-ce que ce serait une telle perte si l’homme disparaissait ? » Pour l’homme sûrement, pas pour la planète ni les autres formes de vie. Mais quel gâchis. Avoir connu un tel développement de connaissances, d’organisation, de méthode, pour s’auto détruire par irresponsabilité, manque de courage politique (limites de la démocratie). Nous nous sommes trompé de méthode politique.
    Sauf réactions en chaînes de la dérive climatique, à ce stade de notre développement, je ne pense pas que l’homme disparaîtra, mais une grosse part de la population mondiale disparaîtra sûrement.

    Je regrette PJ d’avoir manqué votre passage à Marseille. Mais vous reviendrez, n’est-ce pas ?

  2. Merci Paul.
    Très édifiant le fait qu’on vous interroge en fin de repas d’après conf. sur le destin de l’humanité…
    Ceci implique que dans l’esprit de vos auditeurs invitants vous n’êtes pas qu’un économiste.
    Merci pour tout.

  3. Je pense réellement que les sciences économiques sont de droite sur l’échiquier politique.
    J’ai compris de Marx sans l’avoir lu, le concept binaire capital-travail.
    Si je pose cette grille de lecture sur la marche du monde, ça me semble coller. Pour le vérifier sur le terrain de l’actualité, pas besoin de pousser le calque, il se superpose tout seul comme aimanté par la justesse du constat.
    De plus avec le temps, le principe des taux d’intérêt ne fait que grossir d’une manière exponentielle, créant des déséquilibres monstrueux, l’argent gangrenant le politique, mettant en place des oligarchies régnantes jusqu’à l’asphyxie des sociétés et leur implosion.
    Le niveau de destruction que s’est forgé l’humanité est tel que cette implosion peut être définitive.
    Je n’aime pas beaucoup devoir évoquer ceci. Surtout aprés un navarin aux olives.
    Je vais me changer les idées avec Elias Canetti.

  4. Trois ou quatre échos en réponse , d’un lecteur pas encore auditeur et jamais disciple:

    – reconnaissance de dette n’est pas argent : Ok . Bien d’accord aussi avec « crédit n’est pas enrichissement « . Peut être même , si on en vient à zigouiller quelques trop riches en même temps que la reconnaissance de dettes , pourra-t-on lire le théorème aussi bien du point de vue de l’emprunteur que du prêteur .

    – Le capital : ça c’était rentré assez facilement dans mon cerveau reptilien et auvergnat .

    – Interdire les paris sur les fluctuations de prix : ça commence à « s’imprimer », mais c’est déjà plus subtil et nécessite déjà la possession de quelques éléments de décor des « échanges économiques » . Songez y lors de vos séances publiques , en situant rapidement les pièces du puzzle sur lequel vous proposez d’agir . Ce qu’apparemment les Chinois tentent , mais quelques réactions sur ce blog même montrent bien qu’il faut « matérialiser » le concept et son environnement . En tous cas si c’est des chinois que vient la lumière , il va falloir remonter le  » handicap » sémantique qui faisait que jusqu’à ce jour , quand c’était pour moi du chinois , je ne comprenais pas grand chose .

    – la crise gravissime et la fin du monde : personnellement quand je prends un pot , je vois plutôt la vie en rose car je n’ai pas encore atteint le stade où , comme le chantait Brel ,  » le muscat du dimanche ne les fait plus chanter » . Je ne suis d’ailleurs pas sûr que la fin du monde (qui pour chacun de nous ne va pas trop tarder à survenir à titre individuel) soit un sujet sain ni même porteur de sens où de désir non manipunable .

  5. A propos de l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix, une incise de Frédéric Lordon dans une interview récente et bien que sur un autre sujet précise comment peut se faire une intervention efficace et en fait permet de comprendre la nature de l’intervention de l’Etat chinois:

    Soumettre à validation, ce qui veut dire la plupart du temps à interdiction…

    C’est avec cette remarque en tête que l’on suggère de lire ce qui se passe en Chine.

    Notamment, un article obligeamment signalé par François Leclerc et Igor Milhit: China derivative rule change hits banks By Robert Cookson, Patti Waldmeir and Jamil Anderlini, November 23 2009, FT.com.

    Et aussi sur la toile, on trouvera, plus anciens : China’s Rules Put Foreign Banks in a Bind. Credit Demands for Derivatives Trade Will Be a High Hurdle, Denis McMahon, September 3, 2009, Wall Street Journal Online:

    Our loss, your problem, Sep 3rd 2009 | HONG KONG, The Economist.

    Les journaux francophones ne semblent pas se soucier du sujet, si ce n’est un communiqué officiel traduit du chinois (merci à Quidam de l’avoir signalé).

  6. J’ai fait votre connaissance en visionnant cette vidéo de Parlons net .Je vous ai trouvé plein d’urbanité.
    Et depuis je ne cesse de me repaître de ce parfum d’apocalypse qui infuse ce blog.Et je trouve mon côté mortifère trés suspect.@ M.Paul Jorion.

  7. « * Une reconnaissance de dette n’est pas de l’argent : sa valeur se situe quelque part entre le montant qui est dû et, dans le pire des cas : zéro. »

    Monsieur Jorion, lorsque en réponse à mon commentaire « Le problème de l’anticipation vis à vis de la prise de conscience. » ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=5144#comment-41623 ) à votre billet « La prise de conscience » ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=5144 ) je reçus les commentaires de Lisztfr et surtout de Paulo, oui, surtout ce dernier, je n’ai pas voulu répondre. Est-ce que cela aurait valu la peine?

    Maintenant, je sens que la certitude que Mr. Paulo tire de votre livre « L’argent, mode d’emploi » devrait être en train de craquer… toute une certitude construite sur la répudiation de la théorie de la création ex-nihilo de l’argent repose sur la seule différentiation dialectique que vous avancez aujourd’hui en premier lieu: « Une reconnaissance de dette n’est pas de l’argent.

    Qu’est-ce donc une reconnaissance de dette? Dites-le moi, que je puisse convaincre ma banque de le prendre pour gage contre ma hypothèque, au lieu de l’argent que je n’ai pas et qu’il me réclame.

    Sans blagues, une définition dialectique différentiée ne suffit pas à masquer la réalité: une reconnaissance de dette est bien de l’argent, et vous le reconnaissez vous-même en lui attribuant une valeur. Une reconnaissance de dette d’un montant d’un million d’euros… vaut exactement un million d’euros tant que celui qui l’à emprunté ne fait pas défaut sur ces paiements. Ce n’est que quand le risque « perçu » de défaut monte que sa valeur décroit en proportion.

    De ce pas, tout le système bancaire s’est mis à fabriquer des prêts, parce-que c’était le moyen de fabriquer l’argent avec lequel il allait faire affaire. La logique à été: impossible de faire des affaires sans de l’argent fabriquée, alors fabriquons-en autant que nous pouvons, on verra bien ce qu’on fera le jour que cela pète. Et la conclusion: idiot celui qui n’aura pas réalisé tous les profits possibles avant que cela ne pète. Le moment ou cela devait péter n’étant pas prévisible, il fallait accélérer le plus possible pour récolter le plus possible, même si cette accélération devait accélérer l’arrivée de la débâcle. Comme je disais, la logique de la situation requérait d’anticiper l’anticipation d’autrui tout en érigeant tous les écrans de fumée possibles pour éviter que les mouvements propres furent anticipés.

    La crise des subprimes et de la titrisation ne sont que des accidents de parcours dans cette course à l’accélération qui est toujours en cours et qui cherche aujourd’hui d’autres bulles dans lesquelles figer son expansion, tant pré-existantes comme nouvelles. Le problème restera tant qu’on n’arrêtera pas la course… et les banquiers sont tous prêts à sacrifier le moins possible, et en aucun cas la course.

    C’est pour cela que le jeu ne sera avorté que quand ceux qui prendront en mains la solution du problème ne seront pas de banquiers et ne se trouveront pas sous l’influence directe ni même indirecte de ceux-ci.

    Les banquiers et tous ces Prix Nobel d’économie semblent incapables de résoudre ce problème, non parce-que ils seraient incapables (les banquiers et les Prix Nobel sont tout sauf ignorants), mais parce-que aucune solution envisageable ne préserve leurs intérêts ni leur honneur.

    Je ne sais pas qui étaient vos auditeurs, mais les gros requins, j’en suis sur, n’ont d’intérêt en votre personne que dans la mesure ou vous seriez capable de contribuer, de gré ou de force, à leur fabriquer le meilleur écran de fumée encore possible.

    1. NingúnOtro dit : Une reconnaissance de dette d’un montant d’un million d’euros… vaut exactement un million d’euros tant que celui qui l’à emprunté ne fait pas défaut sur ces paiements.

      Vu que personne ne peut avoir la certitude absolue que l’emprunteur ne fera pas défaut avant de tout rembourser (il peut faire défaut lors du prochain remboursement), ne vaudrait-il pas mieux dire qu’une reconnaissance de dette d’un million d’euros vaut ce que l’emprunteur a déjà remboursé ?

    2. Bien sûr qu’une reconnaissance de dette ce n’est pas de l’argent!
      C’est de la CONFIANCE (ou de l’espérance, ou de la prise de risque, appelez ça comme vous voulez…)
      C’est la confiance que le prêteur accorde à l’emprunteur, laquelle ce dernier manifeste par un pauvre bout de papier signé.
      Ca peut même être moins que ça puisque j’ai connu des reconnaissances de dettes « sur parole » c’est à dire promesse orale de remboursement.
      Mais ça se passe dans des milieux où HONNETETE et FORCE MORALE sont des concepts valides, car comme le disait un de mes anciens employés: « Si ta parole vaut rien, alors ta signature vaut pas un clou! »
      Ou bien, à l’autre extrême, chez les mafieux où chacun sait que le défaut à sa parole vaut condamnation à mort… (enfin, dans la mythologie mafieuse, je pense…)

      Laquelle confiance de la part des banques est extrêmement limitée, puisqu’elles font appel à des CAUTIONS capables d’assumer le risque couru par l’emprunteur.
      Avez-vous déjà été caution???
      Moi oui!
      A chaque fois j’hurle ma colère car la banque me demande de cautionner pour 120% du montant emprunté et pour une durée de remboursement de l’emprunt supérieure d’un an! La confiance de la banque, c’est zéro! elle la sous traite à la caution!!
      Vicelardise supplémentaire, si plusieurs personnes sont caution, chacune cautionne pour la totalité, ce qui laisse la banque choisir son payeur en cas de défaut!
      En droit, ça s’appelle un CONTRAT LEONIN, et c’est illégal en toute autre matière commerciale
      Mais pas pour les Banksters…

    3. « une reconnaissance de dette est bien de l’argent, et vous le reconnaissez vous-même en lui attribuant une valeur. »

      Cette phrase est absurde. Avoir une valeur (un prix) n’implique évidemment pas que c’est de l’argent. Sans quoi tout ce qui a une valeur serait de l’argent.

  8. La fin de l’humanité ? Un sujet passionnant, n’est-ce pas ?
    C’est en fait la question de l’individualisme qui est posée. Car autant l’individu a à gagner dans le respect de la liberté et du bien-être des autres, notamment le respect des autres envers lui-même, autant il n’a rien à espérer en retour, concrètement, de la survie des générations qui viendront après sa mort. Si l’individu est plus important pour lui-même que le collectif qui l’entoure, alors à quoi bon ? Après moi le déluge !
    Mais si l’on tient l’ensemble des êtres humains pour une entité, l’humanité, avec sa vie et son destin, alors on peut envisager souhaiter sa survivance dans le même esprit qu’un individu tente de rester en vie.

    Ne nous y trompons pas. Le développement de l’individualisme est la méthode trouvée par une partie de ce corps pour en optimiser son contrôle, au risque de l’affaiblissement de l’ensemble. Problème : lorsque le cancer s’est généralisé, arrêter de fumer est une bonne décision. Mais c’est très largement insuffisant. Vous reprendrez bien une tournée de soins palliatifs ? Allez, c’est ma tournée.

    1. Bonsoir,

      oui fin de l’humanité, mais avant cela il y aura la fin de l’argent et retour à l’or au diamant et au troc, faudra apprendre à vraiment jardiner son champ pour boulotter ou bien savoir fabriquer des chaussures , gare aux citadins intellectuels !

      cordialement

  9. Si Jorion su, je s’rais pas venu 🙂

    Vous êtes néanmoins la seule personne et l’unique voix qu’on peut lire sans éprouver une secrète réprobation quelque part, et je dirais l’un des rares qui donne de l’espoir…

    l

    1. Pour rire avec Listzfr (15:48) et surtout répondre à Piotr (14:48) qui ressent en découvrant ce blog
      comme « un parfum d’apocalypse »: UN REMèDE: la gaudriole; la preuve:

      LE PETIT GIBUS (Martin Lartigues) dans la Guerre des Boutons d’Y.Robert (1961) qui nous sort un su-perbe:

      OH!, BEN SI J’ÔRION SÛ, J’ÔRION PAS V’NU !!!

      http://www.youtube.com/watch?v=70WCsZXNNZs&feature=related voir précisément à 01min40sec…

  10. Paul,
    il ne serait pas forcément superflu d’illustrer par quelques exemples bien choisis ce que vous appelez « paris sur les fluctuations des prix » et les conséquences en chaine de leur interdiction.

  11. Le message de NingúnOtro est de 15h35, le mien, de 15h37, je ne l’avais donc pas lu, je ne vois pas une virgule à changer dans le message de NingúnOtro.

  12. D’après ce que je vois l’humanité ne s’en sortira pas, elle agit toujours comme n’importe quel organisme, elle va subir sa décroissance et donc sa chute au lieu de provoquer celle-ci pour s’en sortir.
    Toto club des pessimistes.

    1. Décroissance !
      En bref l’organiser ou la subir…
      A ce jour nous la subissons (crise économique, chômage, baisse de la consommation des matières premières…) et la plupart de nos dirigeants politiques et économiques et leaders de toute obédience ne voient toujours comme « sortie de crise » que l’éternelle « relance » et « croissance » que les pics de productions proches ainsi que l’impérieuse nécessité de limiter nos émissions de GES devraient nous interdire.
      Nous la subirons encore longtemps.

  13. Au vu de l’article (« intérêts », etc…), il me revient un slogan lu sur un mur dans les années ‘9O:
    « Quand la vie des gens n’est plus qu’un sous-produit de celle de leur argent, il est temps…
    …de quoi ? Imaginons !

  14. « Après ces débats publics, nous prenons en général un repas ou un pot ensemble et la question que j’entends alors, c’est celle-ci : « Est-ce que ce serait une telle perte si l’homme disparaissait ? » Que la réponse soit « oui » ou « non » à cette question, le fait qu’on se la pose maintenant en dit long. »

    la fin de la civilisation technologique occidentale ne signifie pas la fin de l’humanité !

    j’ai toujours été fasciné par la sf steampunk (retrofuturiste) ou par le mouvement low tech faire coexister l’agricluturre vivriere et internet ,avoir des vaisseaux spatiaux et vivre dans des huttes :
    la représentation des outils techniques humains n’est pas toujours en adéquation avec la satifaction des besoins primaires ,encore un truc que le néocortex ne sait pas gerer .

  15. Bonjour,

    Je suis également d’accord avec NingúnOtro.

    Mais, je sens pourtant (depuis longtemps) un point de convergence avec Paul, un point de convergence décisif : il est urgent de retirer aux banques privées (et aux crapules périphériques) le droit de créer de la fausse monnaie.

    Ça m’étonnerait que Paul tienne à conserver ce droit aux banques (le droit d’émettre sans couverture intégrale des dettes transmissibles valant moyen de paiement) : ce serait contradictoire avec tout ce qu’il dénonce par ailleurs.

    Et un bel écran de fumée pour les crapules, c’est vrai.

    Paul ?

    Étienne.
    _____________________

    L’argent n’est rien d’autre qu’un morceau de paresse. Plus on en a, plus on peut goûter en abondance aux délices de la paresse. […] Le capitalisme organise le travail de telle sorte que l’accès à la paresse n’est pas le même pour tous. Seul peut y goûter celui qui détient du capital. Ainsi la classe des capitalistes s’est-elle libérée de ce travail dont toute l’humanité doit maintenant se libérer. (Kazimir Malévitch, La paresse, véritable but de l’humanité.)

    1. Je me permets d’envoyer un extrait du roman d’Emile Zola : L’Argent, roman écrit en 1891
      Melle Caroline :

      – Oh ! vous voyez que je suis très forte, depuis que je lis le code, je n’ignore plus qu’on ne joue pas sur une obligation, qu’un obligataire est un simple prêteur qui touche tant pour cent sur son prêt, sans être intéressé dans les bénéfices et les pertes. Dites, pourquoi pas des obligations, ça me rassurerait tant, je serai heureuse !

      Mr Cassard :

      – Des obligations, des obligations ! mais jamais ! … Que voulez-vous fiche avec des obligations ? C’est de la matière morte… Comprenez donc que la spéculation, le jeu est le rouage central, le cœur même, dans une vaste affaire comme la notre. Oui ! il appelle le sang, il le prend partout par des petits ruisseaux, l’amasse, le renvoie en fleuves dans tous les sens, établit une énorme circulation d’argent, qui est la vie même des grandes affaires. Sans lui, les grands mouvements de capitaux, les grands travaux civilisateurs qui en résultent, sont radicalement impossibles…C’est comme pour les sociétés anonymes, a-t-on assez crié contre elles, a-t-on assez répété qu’elles étaient des tripots et des coupe-gorge ! La vérité est que, sans elles, nous n’aurions ni les chemins de fer, ni aucune des énormes entreprises modernes, qui ont renouvelé le monde ; car pas une fortune n’aurait suffit à les mener à bien, de même que pas un individu, ni même un groupe d’individus, n’aurait voulu en courir les risques. Les risques, tout est là, et la grandeur du but aussi. Il faut un projet vaste, dont l’ampleur saisisse l’imagination ; il faut l’espoir d’un gain considérable, d’un coup de loterie qui décuple la mise de fonds, quand elle ne l’emporte pas ; et alors les passions s’allument, la vie afflue, chacun apporte son argent, vous pouvez repétrir la terre. Quel mal voyez-vous là ? Les risques courus sont volontaires, repartis sur un nombre infini de personnes, inégaux et limités selon la fortune et l’audace de chacun. On perd, on gagne, on espère un bon numéro, mais on doit s’attendre toujours à en tirer un mauvais, et l’humanité n’a pas de rêve plus entêté ni plus ardent, tenter le hasard, obtenir tout de son caprice, être roi, être dieu !…..

      Tenez ! nous autres, avec notre Banque Universelle, n’allons-nous pas ouvrir l’horizon le plus large, toute une trouée sur le vieux monde de l’Asie, un champ sans limite à la pioche du progrès et à la rêverie des chercheurs d’or……

      Notre Banque Universelle, mon Dieu ! elle va être d’abord la maison classique qui traitera de toutes affaires de banque, de crédit et d’escompte, recevra des fonds en comptes courants, contractera, négociera ou émettra des emprunts. Seulement, l’outil que j’en veux faire surtout, c’est une machine à lancer les grands projets : là, sera son véritable rôle, ses bénéfices croissants, sa puissance peu à peu dominatrice. Elle est fondée, en somme, pour prêter son concours à des sociétés financières et industrielles, que nous établirons dans les pays étrangers, dont nous placerons les actions, qui devront la vie et nous assureront la souveraineté.

      Et devant cet avenir aveuglant de conquêtes, vous venez me demander s’il est permis de se syndiquer et d’avantager d’une prime les syndicataires, quitte à la porter au compte de premier établissement ; vous vous inquiétez des petites irrégularités fatales, des actions non souscrites, que la société fera bien de garder, sous le couvert d’un prête nom : enfin, vous partez en guerre contre le jeu, contre le jeu, Seigneur ! qui est l’âme même, le foyer, la flamme de cette géante mécanique dont je rêve !… Sachez donc que ce n’est rien encore, tout ça ! que ce pauvre petit capital de vingt-cinq millions est un simple fagot jeté sous la machine, pour le premier coup de feu ! que j’espère bien le doubler, le quadrupler, le quintupler, à mesure que nos opérations s’élargiront ! Ah ! dame ! je ne réponds pas de la casse, on ne remue pas le monde, sans écraser les pieds de quelques passants.

      Elle le regardait, et, dans son amour de la vie, de tout ce qui était fort et actif, elle finissait par le trouver beau, séduisant de verve et de foi. Aussi, sans se rendre à ses théories qui révoltaient la droiture de sa claire intelligence, feignit-elle d’être vaincue.

  16. La crise des sub-primes est une conséquence mineure – ne concernant pas l’Humanité mais les classes moyennes des pays riches – de la décroissance- pas de crise des sub-primes si la croissance était toujours là; croissance tendant vers l’infini- et de la fin de l’énergie pas chère – positionnement militaire occidental sur la ressource -.
    Je rappelle une notion mathématique qui a bien servi les financiers ces dernières années:
    A partir du moment ou vous avez une fonction positive et intégrable dont l’intégrale entre – l’infini et +l’infini a une borne supérieure alors cette fonction en moyenne part de 0 à – l’infini termine à 0 à + l’infini et passe par un maximum entre les deux.Ce maximum est pour la ressource pétrolière ce qu’on appelle le oil-peak. Chaque homme a le désir de passer par un pic de bonheur aussi …
    Les scientifiques ont manifesté le pouvoir de transformer la face du monde et la maison des Hommes depuis toujours, avec un palier crucial durant l’antiquité grecque et d’une façon effrénée depuis 150 ans avec l’accès à une énergie abondante et merveilleusement calorifique : le pétrole.
    Nous pouvons retenir six grands bouleversements, pour la société occidentale qui se sont ensuite propagés comme les sub-primes dans le monde entier, provenant de la recherche scientifique et de ses applications: L’agronomie, la médecine, la pharmacie, la biochimie, la physique nucléaire, les sciences de la vie et de la terre. L’ avenir de l’Humanité semble alors reposer une fois de plus sur eux, comment éviter qu’ils deviennent, à leur tour, une aristocratie analogue à celles qui, sous des masques divers et souvent mensongers, gouvernèrent les peuples de tout temps, clergé, noblesse, possédants d’argent ou d’expertise ?

    Un engagement politique basé sur le savoir qui nous a conduit à notre âge contemporain.

    L’engagement dans la constitution que le scientifique ne se servira pas de ses connaissances, de ses inventions et de ses applications à la violence, à la destruction, à la mort ou à la croissance de la misère ou de l’ignorance mais de les dévouer, au contraire, à l’élévation de l’homos sapiens-sapiens.

  17. « Retenez bien ceci,plus un peuple a de lumières ,plus il est éclairé »
    Eugène Labiche dans « C’est pas pour me vanter »

  18. Fin de l’humanité??
    Le fait que notre espèce ait conscience d’elle-même et se pose des questions sur son avenir ne l’empêche en aucune façon d’être périssable.
    Tournez-vous un peu vers la géologie ou la paléontologie, vous serez effarés par le nombre des espèces effacées de la surface de notre planète, et qui à notre différence, n’étaient probablement pas responsables de leur extinction..
    La disparition de l’espèce humaine, une catastrophe???
    Quelle prétention!!

  19. Cher Paul,
    C’est bien, s’il est acquis que les banques ne créent effectivement pas un centime via le crédit – ce qui est évident!, dans ce cas votre livre est déjà une révolution culturelle pour les « sciences » économiques! Bravo
    Vous connaisse les travaux d’Helmut Creutz et aussi le livre de Silvio Gesell que vous mentionnez et louez même dans votre livre. Nous avons eu quelques échanges à ce sujet aussi. Voir aussi mon « billet invité » du 22 ovembre 2009.

    Il me semble, cependant que l’interdiction de la fluctuation des prix, aussi sympathique que cela puisse être, cela n’empêchera pas la principale spéculation qui est constituée par le retrait pur et simple du capital financier sur des positions très liquides ou carrément vers le retrait de grosses sommes liquides du circuit, générant ainsi une pression déflationniste. Je vous ai envoyé le texte d’Helmut Creutz d’octobre 2009, où il illustre que près de 90% de l’argent liquide (en valeur, et notamment les grosses coupures), sont bel et bien hors circuit!
    Une telle situation, conformément au rapport de force favorable au détenteur de capitaux et défavorable à l’emprunteur, cause bien l’intérêt de l’argent, comme vous le signalez bien sûr!
    Or, tant que nous aurons ce système, avec ou sans spéculation, ce système va dans le mur, car la mécanique seule des intérêts et des intérêts composés suffit à cela!
    Les écarts entre fortunés et endettés ne peuvent que se creuser et ne peuvent que causer d’autres crises d’insolvabilité – qui s’annoncent déjà. Cf Dubaï.
    Aucune injection d’argent liquide d' »en haut » ne pourra plus empêcher cela!
    Et c’est bien pourquoi, j’insiste, le pas suivant sera bien une réforme de type gesellien, à savoir le lancement d’une monaie anticrise (fondante, comme on dit improprement). Car je précise que rien ne fond réellement en régime de monnaie dite fondante, car les quantités seront conservées comme vous le souhaitez, Gesell prévoyait sans aucune ambiguité possible que les sommes fondues devront être rajoutées en continu par l’institut d’émission (la banque centrale). Et les prix moyen doivent rester stables.
    Et ceci n’est que justice, car le capital détenu sous formùe liquide DOIT fondre pour être conforme le plus possible à la marchandise « spéciale » qu’est l’argent selon ce que vous articulez dans votre livre.
    A savoir une « marchandise restant toujours sur le marché » pour opérer des transactions, en nombre en principe illimité comme l’indique aussi votre notion de dimensionnalité de la monnaie que je peux parfaitement accepter.
    Pour que l’argent soit véritablement porteur de cette dimensionnalité, à savoir pour qu’il fasse le plus de détours possibles via de très nombreuses transactions, il fadra bien que sa course soit ininterrompue, autrement dit, son usager doit le passer le plus possible plus loin.
    Cela ne dit pas, contrairement à ce que vous redoutez, qu’il faut nécessairement toujours acheter, même n’importe quoi, cela dit simplement que je dois me séparer du billet dans le délai entre la prochaine date de « fonte », disons dans un mois, et je pourrai opérer cette séparation, quand je n’ai rien de particulier à acheter, aussi bien en portant le billet à la banque en échange d’une « reconnaissance de dette », comme vous écrivez si bien, autrement dit, en épargnant.
    A charge de la banque de maintenir alors l’argent en circulation, ce qui est bien sa raison d’être, son métier déjà maintennt, étant bien l’intermédiaire entre créanciers (épargnants) et emprunteurs (débiteurs).
    Au besoin en ne me versant plus d’intérêts et en me garantissant simplement l’avantage d’échapper ainsi à la fonte!
    La banque devra et pourra dès lors aussi baisser les taux d’intérêt pour ses emprunteurs, car elle pourra préserver sa marge nécessaire.
    C’est alors seulement qu’une lente logique de désendettement général pourra être initiée!
    Et ‘économie réellement stabilisée, même en dehors de toute logique de croissance!
    De plus, cette monnaie constamment et régulièrement circulante supprimera rapidement toute possibilité de chômage, car elle organisera toujours le parfait écoulement de tous les biens et services via le désendettemet du plus grand nombre dont le pouvoir s’accroîtra d’autant.
    Atre point: ce seront bien les biens durables qui seront privilégiés par les consommateurs en régime de monnaie anticrise, car cela sera un moyen élégant de se préserver aussi contre la « fonte ». En clair, une politique écologiquement responsable ne va qu’avec la monnaie anticrise, pas sans elle!

    Ce que je souhaite c’est qu’il y ait un grand nombre de personnes, dont vous, qui puissent soutenir cela, car le château de sable du désert d’Arabie qu’est le capitalisme tient encore plus debout à cause des économistes si défaillants dans leur ensemble qu’à cause des richesses confisquées de la petite miorité!
    Si le monde intellectuel et universitaire pouvait basculer et produire un discours nouveau pour contrer le capitalisme autrement plus efficacement que le funeste marxisme, nous pourrions parfaitement emporter le morceau!
    La défaite de la science économique est à ce point totale que seuls ceux qui se tenaient en marge des économistes établis, comme vous (moi aussi) pouvaient prévoir cette grosse crise comme un événement inéluctable.
    Est-ce que des économistes nullissimes avaient été « sanctionnés » pour leur incapacité d’éclairer les pouvoirs publics? Nullement, pas plus que les traders qui continuent d’être grassement gratifiés comme s’il ne passait rien!

    A suivre!

    1. Johannes, je vous lis toujours avec intérêt et votre foi fait plaisir à voir. Je ne suis pas encore convaincu que ce que Gesell propose soit la solution miracle (je ne crois pas aux solutions miracles), mais je ne vois plus ça comme quelque chose de farfelu, au contraire.
      Vous ne prêchez pas complètement dans le désert si c’est cela qui vous inquiète. 🙂

    2. Gesell semble avoir éssayé de faire fonctionner son systéme dans le cadre de son poste de Commissaire aux Finances du Conseil de Baviére (en 1919 ,et ce , pdt une semaine , d’ailleurs!!)….je passe les détails de cette situation historique (après la 1ere guerre mondiale et la révolution 1917 en Russie) que chacun devrait connaitre…
      donc , dans un cadre politique bien particulier ++++
      quel cadre politique proposez-vous pour la mise en place de la monnaie anticrise?
      car , pas de cadre politique idoine , pas de modalité économique , financière , sociale possible ……..

    3. à MOI, Hervey, sentier 198 et Domini CB
      Merci de vos accusés de réception, cela m’encourage quand même un peu.
      Quant à l’expérience de Munich, début 1919, il faut préciser que l’histoire ne durait qu’une semaine avant l’intervention dela troupe envoyée par Berlin!
      Gesell avait accepté le poste de ministre des finances, car les communistes ne trouveaient tout simplement personne d’autre de compétent pour les questions d’argent.
      Il n’avait pas le temps d’agir en une semaine, évidemment, surtout que les autres membres de ce gouvernement « révoutionnaire » ne comprenaient rien aux enjeux!
      Gesell n’urait sans pas dû accepter cette aventure dans laquelle il fut néanmoins acuitté devant les tribunaux allemands où d’autres avaient jugés pour haute trahison, ce que l’on ne pouvait finalement pas lui reprocher.
      Tout cela reste cependant anecdotique si ce n’est que Gesell avait ensuite été interdit A VIE de se rendre en Suisse où il avait pourtant une propriété – il a vécu le reste de sa vie près de Berlin où il décède en 1930.

      Pour juger de la validité de la monnaie fondante, il vaut mieux s’intéresser à l’expérience de Wörgl en Autriche (Tirol) ou de la Wära à la fin des années 1920 un peu partout en Allemagne en partant de Schwanenkirchen, ou encore, la belle expérience de Lignières-en-Berry en 1957. En cherchat sur wikipédia, vous trouverez des choses là-dessus, j’ai aussi beaucoup de documents sur ces expériences, évidemment!
      Ces expériences étaient pleinement réussies et faisaient grand bruit à leurs époques! Mais, devant le fait que leur importance locale grandissait, les banques centrales se souvenaient, en Allemagne, en Autriche tout comme en France, que cela menaçait leur monopole d’émission, et ce n’est pas absolument faux!
      Mais cela n’aurait pas dû être le seul enseignement à en tirer, car, n’oublions pas, en particulier pour Wörgl, l’expérience la plus aboutie, que le chômage de la commune ainsi que sa dette refluaient très sensiblement en 15 mois que durait l’histoire. Par ailleurs, beaucoup d’améliorations des équipements municipaux ainsi que la construction d’un pont étaient possibles en si peu de temps tout en réduisant la dette de la commune!
      Parler d’échec est révélateur de la coutumière mauvaise foi qu’opposent les économistes et les banquiers à cette monnaie, car le grand capital n’en veut évidemment pas!
      Et, hélàs, c’est ex qui influencent l’opinion y compris des savants qui ont oublié de penser librement!

  20. « Votre auditoire comprend mieux ces concepts… » non seulement parce que vous les exprimez clairement et intelligemment (mais non, ce n’est pas mon côté brosse à reluire du dimanche soir :- ), mais aussi parce que la prise de conscience globale de la réalité de notre monde est de mieux en mieux répandue.

    On peut en discuter, mais je pense que les attentats de 2001 ont fait comprendre la vulnérabilité des étasuniens à la planète entière, Kathrina en 2005 en a rajouté une couche sur l’incapacité de ceux ci à organiser des secours sur leur propre territoire et bien sûr a montré la violence d’événements climatiques extrêmes peu de temps après la canicule européenne de 2003 entre autres inondations ou sécheresses ici et là sur la planète… Pour les plus attentifs, différents rapports plus ou moins confidentiels, Stern en Grande Bretagne, « 3021 » de l’Assemblée Nationale en France et bien entendu du GIEC (3e en 2001 et 4e en 2007), ont alerté sur le changement climatique. En 2006, le film d’Al Gore aussi critiquable soit-il a fait comprendre à une majorité de personne ces mêmes enjeux…
    Le prix du pétrole en juillet 2008 (147$) et les supplications des pays occidentaux auprès de l’OPEC cette même année pour accroitre leur production ont conforté (on peut en discuter…) les tenants du peak Oil sur le déclin prochain de la production pétrolière. La crise des subprimes de septembre 2008 et ses conséquences en 2009 ont enfoncé définitivement le clou.

    Le moins qu’on puisse dire est que cette première décennie du XXIe siècle est riche en remise en causes de nos certitudes passées. Cela rend je pense l’auditoire attentif.

  21. Un point obscur (pour moi, pas très éclairé !) : Si la reconnaissance de dette n’est pas de l’argent, alors les banques Américaines ont quel problème?
    Il me semble bien que la Dette tient le Monde, non?
    (Pardonnez mon inculture en la matière.)

    1. « Si la reconnaissance de dette n’est pas de l’argent, alors les banques Américaines ont quel problème? »

      C’est justement ça leur problème, ils ont des reconnaissances de dette et pas d’argent.

    2. L’inculture est toujours excusable, le manque de curiosité jamais! 🙂 Pas de honte en cela…

      Le problème des banques aujourd’hui, c’est que ce qu’elles prenaient pour de l’argent n’en est pas, justement! Elles pensaient avoir tous ces milliards en stocks et finalement se retrouvent assises sur un gros tas de créances ne valant que le papier sur lequel elles sont couchées…

      Lisez le livre de Paul Jorion « l’argent mode d’emploi », une distinction très claire entre ce qui est de l’argent et ce qui n’en est pas y est établie. En particulier, une reconnaissance de dette n’étant pas utilisable dans une transaction contre un autre produit, elle ne peut être assimilée à de l’argent.

      J’en profite pour poser une question à la cantonade:

      L’argent, dans l’acceptation du terme établie par Paul respecte ce qu’il appelle la conservation des quantités. D’accord là dessus.
      Les reconnaissances de dette, en revanche, connaissent une inflation quasi illimitée et ne respectent pas ce principe, c’est le moins qu’on puisse dire.
      Sachant que les banques réalisent leur marge à chacune de ces reconnaissances de dette et que la richesse globale n’augmente pas dans la même proportion, cela signifie donc bien qu’on assiste à un inexorable drainage de la richesse vers les banques, non?
      En gros, peu importe que la reconnaissance de dette soit une création ex nihilo d’argent ou une augmentation de sa vitesse de circulation (une sorte de E=mc² appliqué à l’argent, si je comprends bien). Le point important ne me semble pas être la taille de la masse monétaire, mais le ratio entre les prélèvements opérés par les intermédiaires financiers et la création de richesse réelle (aussi vague soit cette notion à mes yeux).
      J’ai faux là ou bien?

      🙂

  22. « Est-ce que ce serait une telle perte si l’homme disparaissait ? » Que la réponse soit « oui » ou « non » à cette question, le fait qu’on se la pose maintenant en dit long.

    Elle [cette question] montre que l’euthanasie est à l’ordre du jour.

  23. Bon, admettons que nous allions vers l’extinction, à plus ou moins long terme, de notre espèce …
    ce qui je trouve serait dommage alors que les êtres humains deviennent, à mes yeux, toujours plus beaux,
    et à mon avis toujours plus intelligents et sensibles … j’espère qu’en ces décades épiques qui nous restent
    nous accompagneront toujours plus fidèlement les chefs d’Etats qui en eux-mêmes constituent véritablement
    une espèce dans l’espèce et qu’ils garderont encore et jusqu’à la fin et si courageusement comme tant de fois prouvé
    le sublime pouvoir d’encore mieux contribuer à bâcler nos ultimes et révélateurs instants

  24. Je trouve « étrange » également cette idée de ‘fin de l’humanité ». Les mieux armés, les plus chanceux, survivraient. Et les occidentaux sont plutôt dans le camp des prédateurs. Bref ne nous en faisons ni pour la planète, qui en a vu d’autres et qui sera là bien après nous si nous disparaissons, ni pour les hommes puisque quelques uns en réchapperont toujours. Fin d’une civilisation par contre, pourquoi pas…

  25. Deux ou trois choses que je sais d’elle (la crise).
    La caricature est de mise ici sur ce blog pour portraiturer la face de ce monde en crise.
    Pour croquer la chose, soulignons quelques traits caractéristiques : le principe de mondialisation, les banques ou la finance, le monde avec les pays riches et les pays pauvres, démographies comprises.
    La mondialisation c’est l’ouverture des marchés, le départ du marathon.
    La finance c’est tout le système de la monnaie, la dope.
    Le monde c’est le comportement dicté aux hommes (management, coaching) selon que l’on est riche ou pauvre que l’on est situé au sud ou au nord.
    Ces quelques ingrédients et quelques autres suffisent à mettre en route cette histoire.
    La mondialisation, rendue possible par la facilité des moyens de communications, a multiplié les échanges développant de fait la consommation de masse, exploitant toutes les ressources naturelles frénétiquement.
    A ce genre de sport on s’essouffle vite. Il y a de la concurrence.
    Pour les uns la dope c’est le travail pour les autres le capital. Les bras et la sueur pour les pays émergeants, épargne-action et avantage technologique pour des pays riches.
    Ceci s’appelle une guerre économique menée tambours battant avec des gagnants et des perdants comme aux jeux.
    La course n’est pas terminée mais parmi les concurrents on note déjà beaucoup d’abandons. Certains d’épuisement (accident du travail, licenciement, chômage) d’autres disqualifiés pour fraude, irrégularité, dopage (faillites banques).
    On peut faire encore mille et une remarques. J’en cite une et une seule: la montée en puissance des pays dits émergeants, Chine, Brésil, Inde, Corée.
    Pour l’instant la course se poursuit malgré les incidents. L’issue reste indécise. Mais le monde change. Et il va encore changé.
    Comment précisément ?
    A suivre sur ce blog, plaisant révélateur de ce monde en mutation.

    1. Bonne analogie, mais peut-être oubliez vous une chose : l’énergie.
      Si ce joli bouillonnement à la surface de notre belle orange bleue est permis, c’est grâce à une énergie qui depuis deux siècles est de plus en plus abondante et de moins en moins chère… avec le rêve affiché qu’elle ne devienne un jour totalement gratuite et infinie…
      Nous en sommes loin ! 80% de l’énergie dans le monde est fossile (40% pétrole, 20% gaz et charbon), avec une double casquette essentiellement pour le pétrole, celle d’être aussi une matière première (à partir de laquelle on produit, plastiques, engrais, solvants, peintures…).
      Si mondialisation il y a, elle fut rendu possible par cette énergie et le pétrole pour l’essentiel : production, sur production, consommation, sur consommation et gaspillage, délocalisations… et conséquemment émissions de GES avec les résultats que l’on connaît.

      Or, à analyser de plus près les derniers rapports de l’AIE, (voir les polémiques rapportées dans contreinfo.info à ce propos) il semblerait que les pics de productions soient proches voire atteints. Ce n’est pas la fin de ces ressources, mais c’est la fin de la croissance de la consommation de celles-ci.
      Finie la croissance !

    2. @Alexis
      « La mondialisation, rendue possible par la facilité des moyens de communications »
      c’est bien de cette denrée là qu’il s’agit, le pétrole et ses dérivés.
      Cela dit c’est une caricature, un instantané, un flash… avec du sens.

      Si cette énergie vient à faire défaut, la compétition elle ne va pas stopper. La course va continuer avec d’autres enjeux de domination.

  26. Loin du manichéisme primaire opposant , dans une réflexion qui n’est pas plus qu’un réflexe pavlovien , opposant donc croissance et/ou décroissance , c’est la créativité qui est à la bifurcation de nos évolutions . Selon qu’on est prêtre , soldat ou paysan on vit cette créativité inéluctable de façons différentes . Comme les guerres sont plutôt dans l’impossible (c’est patent sur tous les fronts où les forces s’enlisent) , comme les prédications sont dans le domaine du répétitif et du rite , l’issue n’irait-elle pas à l’humilité de celui qui a les pieds sur terre , qui aime la terre et qui pourra la « panser » ?

  27. Au sujet de la différence entre argent et dette, je dirais même plus : dans mon esprit la seule forme réelle d’argent c’est bel est bien la « monnaie sonnante et trébuchante » sous forme de billets bien tangibles. A partir du moment où on dépose ses billets à la banque, dieu seul sait ce qu’il en devient, et dans le fond c’est comme une forme de reconnaissance de dette également, pour la banque en tout cas c’est à mettre dans la case passif, « liabilities ». Quand on dépose de l’argent liquide à la banque, on prend le risque de ne jamais le revoir, finalement comme chaque fois qu’on prête quelque chose à quelqu’un.
    Il n’y a pas à dire, il n’y a que la cash, le liquide qui soit vrai, même pour une monnaie fiduciaire qui ne repose que sur la confiance que le système entend maintenir. Et effectivement par toutatis, un billet de banque ne valant parfois guère plus que le papier qui a servi à sa fabrication.
    C’est clair que cela nous fait une belle jambe d’avoir des millions de dollars ou autres à la banque, si le jour venu où on vient les retirer on se fait poliment notifier que ce n’est pas possible par manque de liquidité (ou pire solvabilité).
    Lorsque tous ceux qui ont des actifs financiers en tous genre, et par la galaxie il y en a une kyrielle, bref lorsque tous ces braves quidam voudront convertir leurs actifs en argent liquide, on va bien rigoler…..

    1. Les billets de banque (banque centrale) sont « aussi » des créances sur l’économie.
      La différence avec les reconnaissances de dette des banques commerciales (qui émettent « leur » monnaie), c’est que la monnaie Banque Centrale est ‘garantie’ par l’activité économique de tout le pays, donc par la « collectivité » (mais qu’a donc valu cette garantie au Zimbawe par exemple?), alors que la monnaie banques commerciales n’est garantie qu’à hauteur de la solidité des banques commerciales ou de 70000 € par compte dans le pire des cas.

      De toute façon il n’y a pas d’illusion à se faire, en cas de « bank run » il n’y aura pas assez de billets pour tout le monde (en gros 7% de billets par rapport à l’ensemble de la monnaie de crédit bancaire appelée aussi ici « reconnaissances de dettes »)

      http://www.chomage-et-monnaie.org/Documents_html/F4_Banque_centrale.html

  28. cette crise-ci est gravissime parce que c’est l’avenir de notre espèce qui se joue cette fois à une échéance de cent ans.

    Ca reviendrait à dire que l’humanité ne consisterait qu’en cette possibilité révolue de tirer du sol des excès de ressources gaspillables, de jouir de technologies toujours plus raffinées mais abrutissantes par manque de discernement.

    J’en souris gaiement, juste en pensant au sort de la culture berbère (mentionnée par Hérodote 5 siècles avant JC). Et encore plus en lisant wikipedia:

    « La lignée maternelle directe des Berbères la plus ancienne date du paléolithique (30 000 ans avant notre ère) représentée par l’haplogroupe U6 (d’origine ouest-eurasienne)[10]. Cet haplogroupe est spécifique aux Berbères et sa fréquence s’accroît quand on va à l’Ouest. »

    Alors vraiment, peu m’importe les écrans plasma! Et finalement aussi Internet.
    A la limite, en cas de catastrophe financière finale, ou d’autosuffisance obligée ils sont exemplaires.
    Irons-nous à cette extrémité? Peut-être si aucun sursaut ne se produit.

    Après un stade de déni, j’ai passé un cap du découragement! Je me suis recentré sur les valeurs centrales de l’humain.
    Quoi qu’il arrive il est bien possible que l’espèce survive malgré les mauvais présages. Mais certainement pas dans les termes d’aujourd’hui.

    A bon entendeur: salut!

  29. @arthur, darwin à dit, ce n’est pas le plus intelligent ou le plus fort qui survie mais le plus adapté, adapté comme un pied rentre dans une botte, n’y plus n’y moins.

  30. Bonjour à tous, et à Mr PAD…

    A moi, et quelques autres visiblement, il faudra encore expliquer par quel hasard la crise qui dévaste toutes les fondations de notre système arrive au moment précis ou des tensions sans précédent animent l’approvisionnement de la ressource universelle qu’est le pétrole.

    Sinon, on finira par croire que la même société peut fonctionner correctement, que c’est juste une question d’organisation. Hors si on adapte un tant soit peu les objectifs de notre société à la disponibilité des ressources, on constate que ça change beaucoup, beaucoup de choses. Et c’est pour cela que ça coince.

    http://www.youtube.com/watch?v=vJ0sVIICY-I

    Ci dessus, le patron de total donne son opinion sur le baril à 130 $

    1. Le patron de Total qui dit qu’il a des responsabilités sociétales…. C’est vrai que le monde change…. Désolé, n’ai pas pu résister. Pas très productif pour le débat, mais ça fait du bien de se lâcher un peu.
      Juste une précision, je ne juge pas Total plus responsable que d’autres (ou que moi même) dans l’aveuglement général dont nous avons tous été frappés au cours des dernières décennies.
      Force est de constater que les consciences s’ouvrent et que cela va dans le bon sens. Il n’en reste pas moins que cela reste compliqué de le faire entendre à toute personne qui a encore le nez dans le guidon.

      Ce qui est particulièrement difficile c’est de construire une nouvelle voie correcte cette fois et conforme aux intérêts de l’humanité.
      J’ai vu notamment quelques post parlant d’évolution et d’adaptation à ce monde. Je tiens simplement à faire remarquer que je suis stupéfait par le fait que nous soyons depuis toujours en guerre permanente (guerre ouverte ou économique, je ne vois plus la différence désormais) entre nous êtres humains. Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas là d’évolution et d’adaptation. Je ne connais pas d’exemple dans le nature (ou très peu) où la compétition se situe au sein d’une même espèce, la compétition se situe le plus souvent entre espèces. J’espère que personne ne répondra que l’humanité ne forme pas une et une seule espèce car pour le coup, je serais vraiment sidéré, atterré (je ne sais quoi d’autre encore…et pour seule réponse, je ne verrais que de proposer une trépanation salvatrice à son auteur).

      Un élément important que nous inculque la société telle qu’elle a été bâtie jusqu’alors est la compétition (cela commence dès tout petit à l’école avec le système de notes et de classement…). Je pense qu’un des axes prioritaires à traiter est ce changement de paradigme si profondément ancré en nous par la société (et non par la nature) :
      nous devons passer d’une société de compétition à une société de coopération.
      Qu’on ne s’y trompe pas, cela constitue un authentique défi et peut prendre plusieurs générations.

    2. Je me sens tout de suite moins seul à m’intéresser aux causes et non à l’organisation des conséquences. Bonne journée M.Thomas.

    3. Vincent Wallon

      j’en suis aussi arrivé là (coopération) et non seulement parce que c’est la seule façon de construire la suite, mais aussi et tout d’abord la seule pour sortir de ce guêpier.

      (OK, de Margerie en Ange gardien ne passe pas le casting)

      Juste une question, à qui veut :

      Il est souvent fait mention de l’écart de revenu ou de la concentration des richesses, comme un des signes avant coureur ou une des causes de crises graves.

      Que dire alors de la différence entre ceux qui mangent, et ceux qui ne peuvent pas manger, de ceux qui vivent en moyenne 85 ans, et ceux qui vivent en moyenne 35 ans, de ceux qui sont soignés et de ceux qui ne le sont pas… ?

      Question d’autant plus désagréable que l’ignorance n’existe plus : ceux qui ont faim savent. A tirer la couverture (et voilà les ressources) de cette façon, quel monde bâtissons nous ?

  31. Je trouve amusant que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ne soit jamais explicitée. Ne sachant pas ce que cette expression signifie, je considérerai juste la position chinoise. De quoi s’agit-il ? Simplement de mettre les bâtons dans les roues aux excès spéculatifs (informatiques) . Evidemment une chose intelligente, qui limite la folie, mais en aucun cas un remède à la dominance sociale. On pourrait, de même, interdire le BX4, qui choque le pékin, que cela ne ferait pas un riche de moins. Le pouvoir de nuisance du riche reste intact. Baratin.

    1. Je trouve amusant que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ne soit jamais explicitée.

      … « jamais explicitée », vous devriez ajouter : « dans le cadre de ma conception où aucune explication ne devrait jamais dépasser un paragraphe ». Si vous étiez prêt à enfreindre vos principes, vous pourriez toujours lire avec profit ce billet-ci, entre autres : Une constitution pour l’économie : un exemple.

    2. @Paul:

      Rien d’autre qu’une tentative de remettre le capitalisme à l’endroit. Ce qui passe totalement à côté du problème, en ciblant les excès du système, et non sa cause. La cause est exactement la même depuis trois millénaires, au moins. C’est la très vieille histoire du John à la charrue et du John à l’épée. Puisque la guillotine est passée de mode, un anthropologue se devrait de comprendre que tous les système sont, en principe, viables, à la seule et unique condition de ne pas permettre à une haute noblesse de prendre le pouvoir. A partir du moment où les « John à la charrue » autorisent l’existence des « John à l’épée », peu importe les garde-fous: Le pire est toujours garanti par les lois de l’entropie.

    3. « un anthropologue se devrait de comprendre que tous les système sont, en principe, viables, à la seule et unique condition de ne pas permettre à une haute noblesse de prendre le pouvoir. »

      Betow, pouvez-vous me citer un cas de système viable? Il doit y en avoir dans l’actualité, par définition (puisqu’ils sont viables, et pas les autres).

    4. @Moi: Tous.

      * Le capitalisme serait viable avec un simple plafonnement des fortunes personnelles sur 5 millions d’euros, ce qui est collectif restant obligatoirement collectif. Privatisons les laboratoires pharmaceutiques, et il est évident qu’on doit nécessairement aboutir à la grippe Sanofi ou a la grippe Bakster.

      * Le communisme aurait été viable simplement en autorisant l’initiative personnelle. N’importe quel idiot qui va à Cuba sait ce qui va et ce qui ne va pas.

      * La royauté de droit divin, aussi absurde soit-elle, gérée avec humilité et bienveillance, est viable. Le Royaume du Boutan en est un exemple.

      Le système n’est pas le problème. On peut en changer quand on veut ou quand il s’effondre. Le problème, au changement de système, est qu’on ne peut pas espérer le remplacer par quelque chose de meilleur, sans comprendre les fondements du précédant. Il y a un an, je pensais que l’absence totale d’alternative politique préfigurait une prise de conscience de la dominance sociale. Aujourd’hui, je sais que je me suis trompé. Il n’y aura pas de prise de conscience. Il ne peut pas y en avoir.

      J’écoutais récemment la répétition d’un orchestre Balte. Le sujet était fascinant pour moi, parce que je connaissait mal cette musique, et que j’accorde une importance historique gigantesque à la mentalité nordique (aux racines de l’épopée Celte…). Jusqu’au moment où je me suis rendu compte que la chef d’orchestre s’adressait aux musiciens… EN ANGLAIS !!!

      Je me suis alors dit que je m’était encore trompé, récemment, en annonçant la fin du monde pour cause de salaire universel: La fin du monde a déjà eu lieu.

    5. Betov, vous m’avez mal compris, je vous demande des cas réels, pas des cas imaginés. Donc, parmi vos exemples qui sont viables, il n’y a que le royaume du Boutan. Et maintenant, je ne sais pas s’il faut vous prendre au sérieux.

    6. @ Moi…

      Vous avez eu de la part de Betov la réponse correcte: tous sont viables du moment qu’il n’y ait pas de « John à l’épée »

      Ce que vous n’arrivez pas à comprendre, c’est qu’il ne peut point y avoir d’exemple pratique, par définition, tant que « John à l’épée » existe… et comme celui-ci existe bel et bien et y va de tout son pouvoir à éviter d’être extinct…

      1000 systèmes n’importe comment de différents, ou poussons le vers sa limite anarchiste… 6.000 millions de systèmes différents, peuvent coexister sans problème, tant que ce soient des systèmes opérés par des « John à la charrue ». Tolerez l’existence d’un seul, je dis bien un seul système géré par un « John à l’épée »… et AUCUN des systemes n’est plus viable, même pas celui de ce « John à l’épée ».

      Il faut donc promouvoir la disparition de ce « John à l’épée » pour pouvoir aboutir à une situation ou il n’aura plus besoin de resurgir.

      C’est conditio sine qua non pour que le futur soit possible.

    7. Si NigùnOtro veut jouer les Arthur , je me refuse à être Lancelot . Merlin , peut être .

      Mais mon propre récit se veut plus complexe et ouvert ,voire sans fin .

      L’avenir n’est à personne et la vieillesse nous appartient .

    8. @NingúnOtro : « tous sont viables du moment qu’il n’y ait pas de « John à l’épée » »

      Nous n’avons pas la même définition du mot « viable ». Si un système est viable, il persistera dès son apparition. Si un système n’est pas viable, il s’éteindra peu de temps après son apparition. Donc, au bout d’un certain temps, il ne devrait exister que des systèmes viables (ou du moins une majorité car des systèmes continuent à apparaître) puisque les autres disparaissent au fur et à mesure. C’est pure logique.

      Dire que si un seul système avec « John à l’épée » rend les autres systèmes non viables, c’est trouver une hypothèse ad hoc à ce constat gênant pour le présupposé de départ que ce sont les seuls systèmes réels. Hypothèse ad hoc qui ne remplit même pas son but car si un système est viable, il est viable, peu importe les autres systèmes. Si les autres systèmes le gênent, c’est qu’il était non viable, par définition.

      Il est plus juste de penser que le système AVEC « John à l’épée » est le seul viable. Cela colle avec la constatation que ce sont les seuls systèmes qui existent et que lorsque les rares systèmes avec uniquement « John à la charrue » apparaissent, ils ne font pas long feu.

    9. @ Moi… Vous n’allez une fois de plus jusqu’au bout de votre propre logique. C’est cela, ou c’est que votre définition de « viable » est vraiment exotique.

      Libre à vous d’argumenter pour en venir au bout que seul un système qui intègre « John à l’épée » serait viable. Puis je vous demander un exemple pratique? Ce n’est pas ce système-ci avec « John à l’épée » inclus… vu que cela fait un bout de temps qu’on discute justement du fait qu’il va inexorablement dans le mur. Vous avez un autre système avec un « John à l’épée à nous proposer? Ah, le chaos du laissez-faire ou du rien faire peut être plus persistent qu’un système, mais en soi, il n’est pas un système. TINA… c’est la persistance de la manque de système, et cela peut arranger quelques-uns, surtout les « Johns à l’épée ». Pourvu que cela dure, qu’ils se disent, c’est le seul système qui nous garantit que nous mangerons moins de merde que tous les autres gens.

    10. « Ce n’est pas ce système-ci avec « John à l’épée » inclus… vu que cela fait un bout de temps qu’on discute justement du fait qu’il va inexorablement dans le mur.  »

      Tous les systèmes vont dans le mur, tôt ou tard. Ce qui fait leur viabilité, c’est leur durée de vie plus ou moins longue.
      Et je n’ai pas dit que le système avec un « John à l’épée » était meilleur d’un point de vue moral, ou qu’il ne fallait pas essayer de changer les choses. Je réfute juste cette notion de « viabilité » qu’avançait Betov, ce n’est pas à partir de là que l’on justifie l’anarchisme, au contraire.
      Ce qui semble le plus « naturel » jusqu’à présent aux sociétés humaines c’est un système avec « John à l’épée », mais la nature évolue.

  32. La deuxième crise financière arrive.

    Accrochez-vous.

    Les Bourses de Dubaï et d’Abou Dhabi en chute libre à l’ouverture.

    Les Bourses de Dubaï et Abou Dhabi étaient en chute libre lundi, premier jour ouvrable depuis la crise de la dette de Dubaï.

    Une heure après le début des échanges, la Bourse de Dubaï avait reculé de 7,19 %, alors que celle d’Abou Dhabi baissait de 8,09 %.

    Selon le règlement intérieur des deux places, les transactions sont suspendues si la baisse excède 10 %.

    http://www.romandie.com/ats/news/091130073301.cbu1n5zf.asp

  33. Bonjour,

    Une question : La chute du capitalisme est elle du à la cupidité ou l idiotie ?

    Je n ose dire mon opinion, mais je n en pense pas moins.

    Hyoo

  34. @ Paul Jorion :

    Bon …Ben y a encore du boulot et de la simplicité à mettre dans tout ça si vous voulez convaincre et entraîner les masses laborieuses .

    Voilà un billet dont le titre était trop optimiste et il va falloir revoir à la baisse d’au moins une unité ,le nombre de choses que vous n’avez plus de mal à faire comprendre . Il faudra peut être bien en venir aux démonstrations générales condensées en un paragraphe (répété), car c’est la condition pour être entendu . Tous ceux qui se sont présentés à une élection vous le confirmeront .

    Sinon l’adhésion majoritaire (ou plutôt l’émotion majoritaire qui propulse un groupe ) ne sera possible que sous la contrainte des impasses . A mon goût l’histoire montre que dans ce cas , ce ne sont jamais ceux qui souffrent des impasses qui s’en sortent le mieux .

    ça n’est pas la terre qui est basse , c’est nous qui en sommes loin .

    PS : en cherchant « dette » dans mon dictionnaire préféré , j’ai trouvé cette citation de Molière (l’étourdi) :

    « Les dettes d’aujourd’hui, quelque soin qu’on emploie,
    Sont comme les enfants que l’on conçoit en joie ,
    Et dont avecque peine on fait l’accouchement.
    L’argent dans une bourse entre agréablement;
    Mais le terme venu que nous devons le rendre,
    C’est lors que les douleurs commencent à nous prendre . »

    Comme dette s’y trouve également coincée entre  » détruit » et  » détumescence » , j’en ai conclu que nous étions bien là à la charnière entre catastrophe et plaisir .

    Dette ou ne pas dette ? Grisgi or not grisbi ? That is the question not yet obvious for everybody .
    (je ne sais pas encore faire de l’esprit en chinois et le regrette bien ).

  35. « …les économistes se sont spontanément identifiés avec ce camp-là à partir du milieu du XIXe siècle… »

    Vous ne placez pas Marx dans cette catégorie, je suppose. (Le premier livre du Capital fut publié en 1867.)

  36. @ Paul Jorion
    J’ai lu votre livre « l’Argent mode d’emploi » et approuve vos positions sur de très nombreux points. Néanmoins je me sens obligé de vous faire part de ma déception sur quelques points essentiels à mes yeux, surtout quand vous les soulignez en les reprenant dans des billets tels que celui-ci.
    En énonçant : « comprendre ce qu’est le capital » quand on n’en n’a « pas assez » ou alors « beaucoup trop » vous occultez ce qui, à mon avis, fait l’essence même du capital. Un capital c’est un bien, un avoir, une réserve qui résulte d’une absence de consommation. C’est souvent un surplus mis de côté en vue d’un besoin futur ou pour compenser un manque susceptible d’apparaître. Or, pour qu’un surplus apparaisse, surtout quand on a peu de moyens, quand on est au bas de l’échelle, il faut faire preuve de très grands efforts sur soi pour s’obliger à ne pas tout consommer dès que l’on a acquis un peu de ce qui, en l’économisant, peu devenir du capital. Je connais de très petites gens qui sans être devenues riches et sans attendre de l’assistance des autres ont su se constituer un petit capital rien qu’en ayant un comportement vertueux à base d’effort sur soi. Où sont ceux qui prônent cette voie ? La voie de l’effort sur soi avant de demander un effort aux autres.
    Certes, et c’est bien plus porteur, on peut dire que si le surplus n’apparaît pas de lui-même, c’est parce que le « système », c’est-à-dire les autres, vous en ont privé. C’est malheureusement ce que certains milieux, dont beaucoup ont des visées politiques, laissent entendre au plus grand nombre de ceux qui n’en ont « pas assez » en vue de tendre au renversement du système. Quel gâchis en perspective pour qu’en final, les plus malins, les plus puissants de cette nouvelle donne reconstituent un monde d’inégalité comme l’histoire en a donné de maints exemples.
    A mon avis, la solution qui s’impose si l’on souhaite le salut de l’humanité, consiste à prêcher l’instauration de comportements individuels et collectifs vertueux que les courants dominants ont tant mis à mal depuis 40 ans. Ne croyez surtout pas que je veuille une nouvelle fois stigmatiser mai 68. Ce serait inutile et contre productif. Au contraire il faut admettre que si les slogans tels que « jouissons sans entrave » ou « il est interdit d’interdire » ont apporté, pris dans un sens très large, une part de bienfaits pour l’expression de soi, ils n’ont par contre pas du tout contribué à développer un effort de retenue dans les comportements individuels et collectifs. C’est ainsi. Cela fait partie de notre histoire collective qui évolue avec des hauts et des bas et qu’il nous faut assumer, car nous en sommes collectivement responsables. Après avoir prôné il y a 40 ans la levée des interdits, il faut quand même admettre que demander aujourd’hui l’instauration de mesures de réglementation et d’interdiction en tout genre (y compris pour les paris) constitue un revirement majeur. Cela mériterait au moins d’être reconnu collectivement. Ce serait une première marque d’un effort sur soi qui permettrait de placer tout le monde en devoir de faire un examen de conscience.
    Une telle démarche, très respectable parce qu’emprunte d’humilité, pourrait placer ceux qui en ont « beaucoup trop », les riches, de devoir faire eux aussi un effort sur eux-mêmes pour modérer leur tendance à ne pas en laisser davantage pour les autres. Pour être plus sûr d’y parvenir il faut certainement, là aussi, ne pas mettre en exergue le comportement condamnable de quelques pervers (page 113) au lieu de tendre à présenter les riches comme de mauvaises personnes.
    Je suis convaincu que l’avenir des hommes ne pourra venir que d’un juste partage des efforts de tous permettant à chacun (riche ou pauvre) d’être vertueux et donc meilleur à l’égard des autres présents ou futurs. Il me semble que tout ce qui tend à les opposer ne peut qu’ajouter des difficultés à la résolution du problème qui se pose à nous tous aujourd’hui.

    1. @juan nessy
      D’accord, vous n’appréciez pas le prêche. Mais que prônez-vous pour traiter les sujets que j’évoque ?

    2. Ave JduCac , morituri te salutant !

      Précision initiale : je ne me sens pas une vocation de Jesus Christ salvateur.

      Faut il alors pour assurer la  » bonne conservation en vie  » ( salus-salutis) de l’espèce avoir recours à une planche de salut , un comité de salut public , écrire en de nombreux ouvrages les bonnes mesures de salut public , avoir recours à l’armée du salut ?

      Lorsque j’étais intelligent ( c’est à dire entre 15 et 18 ans ) et en recherche philosophique sur la raison de vivre , j’avais écrit sur papier canson et au rotring ( quelle galère , ça bavait de partout ) au dessus de mon bureau de taupin :  » survivre et vivre avec le plus grand npmbre possible , dans les meilleures conditions psychiques et matérielles possibles , le plus longtemps possible . »

      ça ne prône et traite pas grand chose de vos « sujets » me direz vous .

      Je ne suis pas sur d’avoir bien repèré les sujets en question hormis la recherche du salut . Si c’est bien ça , en l’état je me contente de dire avec Taine ( mais avec prudence car l’extrapolation hâtive peut être totalitaire ) et avec Mauriac :

      « Devant l’idée du salut public , les intérêts et les caprices de l’individu se sont éffacés » pour l’un et
      « Ce n’est point du dehors qu’une jeune âme peut espérer quelque secours. Le salut est au dedans d’elle même » , pour l’autre .

      Si l’on veut bien se souvenir avec Montesquieu que la vertu est la condition de la démocratie ( car chacun y est responsable d’une parcelle de pouvoir sur le groupe ), la solution est donc simple : La vertu . De gré ou de force ,! Pour raboter sensiblement les sommets et remonter les creux , et les mettre à niveau de devoirs et donc de droits .

      De gré ou de force , ça renvoie à la discussion , à l’engagement politique et associatif , au vote , au droit de manifester .

      Salut et fraternité à vous !

    3. @jducac: « Or, pour qu’un surplus apparaisse, surtout quand on a peu de moyens, quand on est au bas de l’échelle, il faut faire preuve de très grands efforts sur soi pour s’obliger à ne pas tout consommer dès que l’on a acquis un peu de ce qui, en l’économisant, peu devenir du capital.  »

      Vous faites bien d’ajouter « surtout quand on a peu de moyens » (et donc qu’on ne deviendra jamais capitaliste). J’imagine bien Bill Gates (ou Buffet ou Rockefeller), se privant de viande les vendredi dans sa modeste demeure pour pouvoir augmenter son capital pour les vieux jours. 🙂
      Vous avez une image du capitaliste qui vient d’Epinal (ou d’un film américain).

  37. 1) Paul écrit « Une reconnaissance de dette n’est pas de l’argent »

    2) Moi écrit (en partant d’une phrase de NingúnOtro )

     »
    « une reconnaissance de dette est bien de l’argent, et vous le reconnaissez vous-même en lui attribuant une valeur. » :
    Cette phrase est absurde. Avoir une valeur (un prix) n’implique évidemment pas que c’est de l’argent. Sans quoi tout ce qui a une valeur serait de l’argent.
     »

    Effectivement, une reconnaissance de dette n’est pas de l’argent, du moins l’argent sonnant et trébuchant qui a cours légal. Cependant rien n’empêche de penser que l’argent lui même, celui qui a cours légal , est, au fond, une reconnaissance de dette qui circule. Bien entendant puisque nous ne sommes plus en système gagé sur l’or, il n’existe pas de support de dernier recours à cet argent/monnaie.

    Donc, une reconnaissance de dette qui circule sans avoir cours forcé , voit sa valeur fluctuer entre zéro et sa valeur nominale, certes. Car elle suppose une opération de conversion en une monnaie sous-sous-jacente de force supérieure. Il y a un risque.
    L’argent monnaie est la forme ultime la plus puissante avant la conversion en produit ou service, qui est sa seule justification. C’est une reconnaissance de dette pourtant , à la fois dans l’imaginaire (beaucoup s’imaginent que l’argent voit sa valeur assise sur une valeur réelle ou sur un engagement d’une institution transcendante) , et dans la réalité juridique également , quelle que soit la façon dont l’argent se « duplique ».

    On peut même dire que l’argent lui-même a presque une valeur différente suivant son support : l’argent sur mon compte à vue [ et pour lequel mon relevé de compte n’est pas une reconnaissance de dette de la banque envers moi, puisque je ne le lui ai pas prêté , mais je l’y ai déposé ], a en fait une valeur un peu moindre que le billet de banque que j’ai dans ma poche.

    Mais toute argent/monnaie le plus puissant que soit le billet de banque, il reste que lorsque la confiance le quitte, « sa valeur » le quittera également .

    Bref Moi a tort parce que son analyse est trop courte.

    1. Enfin une analyse qui reflète mes pensées.

      L’argent n’est certes pas reconnaissance de dettes en périodes de crise intense. Mais pendant les 60 dernières années cela a été le cas? Et ces le pourquoi nous en sommes là! CQFD

    2. « Cependant rien n’empêche de penser que l’argent lui même, celui qui a cours légal , est, au fond, une reconnaissance de dette qui circule.  »

      Non, l’argent n’est pas une reconnaissance de dette. Ni au fond, ni pas au fond. L’argent vaut pour lui-même, nous avons un rapport immédiat à lui, il ne nécessite pas un tiers qui lui donnera sa valeur.
      Paul Jorion a déjà répondu à cela en long et en large et il le fait encore très bien dans son livre « l’argent mode d’emploi ». Question analyse trop courte (et confusion), je pense que c’est la vôtre.
      Par exemple, vous mélangez tout dans des phrases du genre « l’argent sur mon compte à vue […] a en fait une valeur un peu moindre que le billet de banque que j’ai dans ma poche ». L’argent qui est sur votre compte à vue est dans la poche du banquier et il n’a pas moindre valeur. Ce qui a moindre valeur c’est la reconnaissance de dette que vous avez reçue de votre banque en échange du précédemment vôtre argent. Dire que vous n’avez pas prêté cet argent à la banque mais « déposé » ne rime à rien (sauf peut-être à vous rassurer?).

  38. Moi qui n’est qu’une femme , pas de chameau ni de chèvre , je me demande finalement si j’ai de l’argent , même si je suis sur de ne pas avoir de dette , sauf vis à vis de mes parents et de la société qui m’ont éduqué mais ils ne me demandent pas de rembourser . Il semble par contre que je transmets sans l’avoir vraiment vu venir ni souihaiter une dette à mes enfants et petits enfants . Je ne peux que leur conseiller de ne pas règler cette dette et de s’organiser en coopérative pour assurer leurs propres besoins vitaux . J’espère en tous cas que mon boulanger , mon boucher et mes petits producteurs de fruits et légumes vont garder confiance dans l’euro car sinon ça va devenir difficile . L’idéal serait que la grippe H1N1 n’extermine que les prêteurs et ceux qui paient l’ISF .

    1. Vous n’avez pas une femme, pas plus que cette femme ne vous a . Vous êtes des individus libres et égaux, sans aucune relation de propriété .

    2. @Miannne :

      On est bien d’accord et j’aurais du éviter de faire de la vulgarisation économique à trois bandes sur le dos des femmes . M’enfin , on se refait pas . Les chameaux n’ont pas réagi et ma femme qui lit par dessus mon épaule et qui me connaît mieux que vous rigole encore .

      Je n’ai pas de nouvelle de la chèvre .

      Bise !

  39. J’ai beau aspirer à un idéal démocratique, l’étendue des obstacles – à commencer par une masse de citoyens politiquement analphabètes, de cette incompétence politique qui constituait une objection majeure de l’aristocrate Platon au principe du pouvoir au peuple – me fait dire que finalement, le concept de despotisme éclairé n’était point absurde.
    Malheureusement, le despote que les Français se sont donné est tout sauf éclairé. Rolex !er n’est point roi-philosophe, aucun doute là-dessus, ses motivations n’ont rien à voir avec l’intérêt commun.

  40. Pour revenir à la question centrale de ce qu’est la monnaie, l’insistance que je peux avoir sur le statut spécial de la monnaie fiduciaire, cela vient d’une autre observation que je n’ai pas encore exposée et qui apportera, je l’espère, un éclairage nouveau!

    0) Tout d’abord, ce n’est pas la monnaie qui est à la base, mais le fait que l’être humain travaille et doit ensuite partager le fruit du travail! Jusque là, tout le monde suit.

    1) Ensuite, l’invention de la monnaie, ancienne et toujours nouvelle, a radicalement changé les rapports humains. Pour étendre cette réflexion à la nature même de l’être humain, on peut dire que le fait que l’être humain parle, le « parlêtre » de Lacan, change tout.
    Par analogie, j’affirme (Lacan le dit aussi, d’ailleurs, mais peu importe ici!) que le signe monétaire est le « signifiant à tout faire », qu’il organise comme rien d’autre la société comme telle. Aujourd’hui, on peut affirmer, selon moi, que l’économie est monétaire ou n’est pas! On peut encore dire que les divergences sociales sont solubles quand elles sont « monnayables », c’est-à-dire quand on peut mettre de la monnaie (d’échange) sur la table. Par ailleurs, la monnaie est d’état ou n’est pas, car sa crédibilité dépend de ce que tous l’acceptent! D’où, pour l’essentiel, les difficultés de la monnaie locale tant qu’aucune autorité crédible ne la cautionne!

    Dans le quotidien des échanges économiques, nous « parlons » euro ou alors, cela ne compte pas! Ou dollar, etc…

    A partir de ce moment-là, on peut dire, d’une façon lapidaire, que la monnaie n’existe que l’instant où elle est sur la table!
    Tant que le billet est dans ma poche ou, plus loin, tant que la somme est créditée sur mon DAV, l’échange n’est pas réalisé, et il est impossible de savoir quand et où il va avoir lieu!

    En toute rigueur, la monnaie n’est monnaie que l’instant de l’échange pour devenir un objet l’instant d’après.
    Il me semble que c’est cette réalité-là qui fait qu’il est à ce point difficile, pour beaucoup, de définir ce qui est monnaie et ce qui n’est pas monnaie!

    Pour radicaliser encore, la monnaie est échangeante ou n’est pas! En même temps, elle a un caractère « permanent »
    Juste avant l’acte de l’échange, c’est un trésor précieux, et juste après aussi! Pour les comptes bancaires, y compris les DAV, cela reste des promesses de monnaie non réalisées! Même si l’échange de ces promesses est souvent satisfaisant.

    Mais je ne souhaite pas plus que cela insister sur ce point du débat pour avancer, car, à mon sens, cela est tout à fait secondaire pour saisir ce qu’est la monnaie et s’éclairera mieux dans la suite.
    Cette logique binaire qui fait que l’objet monnaie est à la fois un objet qui passe de main en main et que l’on thésaurise plus ou moins indéfiniement (que l’on cache!) comporte en elle-même toute la difficulté de ce qu’il y a à saisir!

    2)Considérant le monde des biens et services offerts (que j’appellerai marchandise pour ce débat qui suit) en échange de la demande incarnée par la monnaie au moment de l’échange, nous constatons les faits suivants:

    La marchandise apparaît sur le marché, y reste le temps d’être vendue, puis disparaît, en principe, à tout jamais, via la consommation et la destruction. Autrement dit, nous n’avons pas, comme pour la monnaie, une réapparition sur le marché.

    3) J’ai déduit, d’abord, que le mouvement de la monnaie pourrait alors être qualifié de circulaire, un mouvement de réapparition, fréquente ou rare, sur le marché, pour opérer l’écoulement de la marchandise engagé ainsi dans un mouvement linéaire de la production vers la consommation. Selon cette approche, c’est le point de rencontre de la monnaie circulante avec la ligne droite effectuée par la marchandise, autrement dit, le point où la tangente touche le cercle pour s’en éloigner à nouveau qui peut être considéré comme le moment de l’échange.

    4)Cette image assez simple permet de déduire que le mouvement circulaire de la monnaie, quand il est régulier et constant, quand la rotation du cercle s’effectue toujours à la même allure, opérera l’écoulement de la marchandise d’une façon constante. Et quand, par contre, ce mouvement circulaire est dérangé, ralentit, l’écoulement de la marchandise ralentit à son tour! Inversement, une accélération du circuit produit une accélération de l’écoulement de la marchandise.
    Ce changement du mouvement circulaire est décrit aussi comme la « vitesse de circulation » (ou de transaction) de la monnaie.

    5)On peut, sans peine, étendre cette image à tout ce que la monnaie achète, y compris les biens d’équipement, les maisons, etc…

    6) Il y a un autre élément qui frappe dans cette image: la réapparition continuelle de la monnaie sans rien perdre de son pouvoir échangeant (hors inflation ou déflation pour le moment) lui confère un singulier pouvoir! En effet, ce pouvoir d’achat constant, cette bonne résistence au temps qui passe, tranche singulièrement avec la mauvaise résistence au temps qui passe qui affecte la marchandise. La marchandise est engagéé, dès qu’elle est produite pour le marché (imaginons des fraises par exemple, ou un journal quotidien), dans une course contre la montre! Si elle n’est pas échangée pour être consommée, elle se « consomme » toute seule et sur place! Cela s’applique même aux biens durables, à l’exception,sans doute, de l’or des diamants et de la terre en principe, ainsi que quelques autres articles particulièrement « durables ». Mais pour l’essentiel des marchandises, le principe de l’usure du temps s’applique. Pour les biens d’équipement et les maisons, cela s’appelle « amortissement », voire « obsolescence » parfois, en tout cas, ce sont des événements qui ne frappent en rien le signe monétaire.

    7)En cela, d’ailleurs, le signe monétaire se révèle être un objet (ou un « signifiant ») bien particulier, à savoir un objet qui n’est pas « atteint » par le temps qui passe! Cette qualité est certainement un héritage de la monnaie or qui, du fait que l’or résiste bien au temps qui passe, a donné le modèle et le cadre règlementaire à la monnaie telle qu’elle est. Cet objet, de fabrication humaine et absolument primordial dans le fonctionnement économique, a ainsi un comportement et un fonctionnement pour le moins baroque! Un objet d’échange qui résiste au temps qui passe!

    8) Il résulte de ce caractère baroque de la monnaie des conséquences:
    *sa résistence au temps qui passe lui confère un pouvoir qui lui permet, à sa guise, de retarder les échanges, autrement dit, la monnaie se retire plus ou moins longtemps de son mouvement circulaire, en fonction de ce que décide son détenteur. Le ralentissement, via des thésaurisations, est parfois à ce point massif que l’on doit parler alors de véritables modifications de la monnaie circulante (M0) que la BC compense comme elle peut par une émission supplémentaire, car, sinon, nous assiterions à une déflation violente!
    *Le détenteur agit ainsi parce que cette façon de faire lui confère un avantage et un pouvoir: celui de la maîtrise du temps qui passe, en tout cas face au producteur de marchandise qui ressent toujours une « urgence » à vendre!
    *L’intérêt monétaire net, une fonction stricte du temps, est ainsi la racine même du système capitaliste!

    9)Il s’ensuit aussi qu’il suffirait de construire une monnaie qui résiste moins bien au temps pour trouver une sortie du capitalisme et de la crise systémique dans laquelle nous sommes.

    10)Le pouvoir capitaliste de cette monnaie se transmet, via les banques, chargés de remettre la monnaie dans le circuit, à l’épargne, puis au crédit et puis à tout ce qui se constitue comme capital!

    11)Si je dis toujours que les banques ne créent pas de monnaie, cela vient de cela aussi: elles sont largement occupées, déjà, à remettre la monnaie dans le circuit en collectant l’épargne et à éviter ainsi des thésaurisations massives, afin de maintenir le circuit monétaire fonctionnel!
    Elles ne créent pas de la monnaie, car cela contredirait radicalement le fonctionnement circulaire de la monnaie. Elles ne l’affirment d’ailleurs nullement!

  41. Si les chinois se prononcent pour l’interdiction des paris sur les variations des prix, n’est ce pas dans une certaine mesure pour limiter la flambée prévisible des prix sur les matières premières, dont ils ont si besoin pour leur développement, du fait de leur raréfaction accélérée (particulièrement les minerais métalliques)?

  42. @ juan nessy 30 novembre 2009 à 19:13
    A manier ainsi l’ironie et la dérision, vous me donnez l’impression d’être mal à l’aise avec les sujets que j’évoque. Si c’est le cas, alors pardonnez-moi de les avoir abordés.
    Vous auriez pu aussi, pour répliquer dans la même couleur que celle que vous avez voulu donner à mon intervention, évoquer cette formule qu’on attribue à A. Malraux « le 21ème siècle sera religieux (spirituel) ou ne sera pas ». Cela dit, je trouve que l’on fait un peut trop référence à ce qu’ont pensé les grands auteurs. Cela me gêne un peu, non parce que je suis très loin de pouvoir rivaliser avec certains puits de savoir, mais parce que cela ne permet pas de savoir ce que pense réellement l’autre. J’ai l’impression parfois, qu’il crée ainsi un brouillage de manière à ne pas livrer sa propre pensée, à moins qu’il n’en ait pas et qu’il se contente de traiter scolairement le sujet abordé.
    Quant au salut de l’humanité, je n’évoquais rien d’autre qu’une issue bénéfique pour la santé physique et mentale des hommes sur cette planète ; leur survie. Pour tout dire, votre réponse m’a néanmoins donné beaucoup d’espoir non en un dieu mais en l’homme. En effet, avant de parler des droits, vous avez cité le mot devoir. C’est bien par ce mot là, à mon avis, que s’ouvre la voie du salut.
    Bien cordialement.

    1. Pour l’ironie , c’est en fait une tare innée qui me poursuit depuis la maternelle . En première des lycées , un professeur de philo avait écrit en dessous d’une bonne note de devoir : vous maniez assez bien l’ironie ,mais attention c’est une arme dangereuse ( à double tranchant comme la double hâche minoenne ) . Il avait tout à fait raison comme il m’est arrivé de le constater dans un débat acerbe avec un ministre du travail en exercice qui n’appréciait pas qu’on le mette en boîte sans qu’il trouve réplique . Mais bon , il est mort ( je crois) et je suis toujours là .

      Pour les citations , je veux vous dire sincérement que ce n’est pas pour moi un écran facile , mais la simple reconnaisance que des femmes et des hommes m’ont précédé et ont exprimé mieux que je ne saurais le réécrire certaines de mes convictions ( ou choses apprises ) . Je ne les cite que parce qu’ils ont su dire en trois mots riches , ce que je me noierais à délayer en une page . Ma seule règle est de les citer à propos ( j’espère ) .

      Pour « le salut de l’humanité » , nous sommes surement dans la même humanité tous deux ,et sans doute dans la même vision du salut .Mais laissez moi mon ironie , qui ne veut être que de l’esprit moqueur …sinon je meurs .

      Pour le devoir :  » Pour éponger ses dettes , il ne faut pas ménager sa sueur. »

  43. « Une reconnaissance de dette n’est pas de l’argent. »

    En effet celui qui possède de l’argent est créancier de la société et peut choisir librement son débiteur qui ne peut refuser l’argent contre le bien qu’il vend. En revanche celui qui possède un dette est le créancier d’une seule personne et nul tiers n’est obligé d’accepter cette reconnaissance comme moyen de paiement. Et la défaillance de la société est infiniment moins probable que celle d’un débiteur particulier.

    En pratique, le système de réserve fractionnaire et le système financier mondial actuel dans son ensemble n’ont de sens que si une reconnaissance de dette est de l’argent. Les règles prudentielles, les modèles mathématiques,… étaient sensés le garantir contre les défaillances et garantir cette égalité en pratique, faisant des quelques rares défaillances des exceptions imperceptibles.

    En fait je crois que les architectes du système financier actuel n’ont jamais voulu que cette obligation morale ne mette un frein à leur avidité et elle ne devait jamais leur empêcher de s’approprier les richesses des producteurs, c’est à dire des entrepreneurs et des prolétaires. Grâce à ce parasitage de la société leur richesse crut tant qu’ils ne continrent plus leur arrogance et leur témérité. Faisant sauter une à une toute les sécurités ils tuèrent en fait la poule aux oeufs d’or.

    Telle est la situation actuelle, la crise que l’on vit.

    L’avenir passe par un nouveau système monétaire où l’industrie financière n’est plus utile et donc n’existe plus !

  44. Bravo, Laurent S, vous avez presque raison!
    Sauf sur le statut des réserves fractionnaires.
    Ces réserves fractionnaires, pour préciser, existent pour introduire un peu de souplesse dans le très court terme entre les banques. Dès le lendemain, les banques devront les réconstituer, et leur usage leur coûte plus cher que le marché interbancaire.
    En aucun cas, les réserves fractionnaires ne seront utilisés pour accorder des crédits aux particuliers.
    Tout ce qui sert pour les crédits provient donc de l’épargne!

  45. @johannes finckh

    Dans wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ation_mon%C3%A9taire) on parle de système de réserve fractionnaire qui est matérialisé concrètement par les réserves obligatoires. Je reconnais volontiers tout abus de langage n’étant pas assez assidu sur la question et n’ayant pas encore de trouvé de mentor à suivre aveuglément. Mais j’espère que cela ne nous empêche pas de nous comprendre.

    Je pense toujours comme Etienne Chouard et Rumbo et Maurice Allais, que les banques privées créent de la monnaie. Pour reprendre les termes élégants de Wikipédia elles le font en émettant des créances sur elles-mêmes. A strictement parler comme vous et Paul ce n’est pas de la vraie monnaie. (Encore que je ne sois plus certains que vous admettez que les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas même dans les dépôts de leurs clients). On est bien d’accord pour dire que c’est de la fausse monnaie. Ce que je reproche à cette vision stricte et que premièrement cette monnaie dette représente en fait la quasi-totalité de la monnaie qui circule et que donc il est difficile de qualifier d’ersatz ce qui a remplacé l’original. Le deuxième point est que cette « fausseté » n’est pas niée par les institutions financières, elle est voulue, et elles ont initialement dicté des règles pour que cette « fausseté » fonctionne aussi bien qu’un système de réserve pleine. On ne peut donc parler de faux argent lorsqu’on en légalise et réglemente l’usage.

    On ne peut parler de faux argent que d’un point de vue moral (ce n’est pas normal de confier la création monétaire au privé) et surtout parce que la crise actuelle montre que ce système a failli ou tout au moins a été totalement dévoyé.

    C’est en se plaçant de ces points de vue que l’on peut légitimement dire qu’une reconnaissance de dette n’est pas de l’argent. Mais si on se place à l’intérieur de système financier alors cette affirmation n’a aucun sens puisqu’il a été construit pour rendre l’égalité dette-argent effective.

    Ceci étant dit je ne voudrais pas réveiller un vieux débat. Je préfère m’attacher aux solutions ou à l’analyse de la chute.

  46. @ Paul Jorion – chine – interdiction les paris sur les fluctuations de prix

    « Les Chinois ont très bien compris de quoi il s’agit puisqu’ils appliquent désormais cette mesure et, vu le rapport de force actuel dans le monde, ils sont en passe d’imposer cette interdiction à tous ceux qui voudraient traiter avec eux ».

    Reuters 27.11.09 – la Chine réfléchit à la question de l’application de cette mesure en 2010…

    Les bourses de Shanghai, Shenzhen et Hong Kong fonctionnent normalement, non?

    Merci

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