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82 réflexions sur « L’année 2009 : l’ère du semblant »

  1. Les gens qui dirigent véritablement les pays comme l’Amérique par exemple, ce grand pays de la liberté, pas vu pas pris ne donnent bien sur pas comme ça du jour au lendemain les rennes de leur pays à n’importe quel rêveur voulant changer le monde, les mêmes et vaines pratiques en cours.

    Il ne suffit pas d’être très bon à l’antenne il faut encore que leur nouveau poulain pense et fonctionne suffisamment comme eux surtout pour les gens les plus fortunés, c’est très important pour les masses endormis et qui ne comprennent toujours rien à rien de pouvoir toujours être bien rassurés à l’écran par le même genre de comportement, pire même en période de crise faute de mieux.

    Obama le faux sauveur de l’Amérique tout juste un nouveau sauveteur de plus pour les gens les plus cyniques et dangereux de Wall treet, et oui si vous saviez comme ils se fichent pas mal de vous comme du malheur des gens.

    Dans la lutte pour le pouvoir, la liberté, le commerce réussir surtout dans les affaires, gagner le monde le premier, pour mieux encore arriver à ses fins, après moi ou après nous le déluge, quelle grande consternation quand même pour beaucoup de peuples …

  2. merveilleux texte de synthèse de l’année écoulée; il témoigne pour les générations futures; même s’ils se mettent à 800 pour dire le contraire;
    quand un système, quand bien même on invoquerait l’état d’urgence, agit à ce point à l’encontre de ses principes fondamentaux, comment peut-il espérer se reconstruire à l’identique ?
    s’il ne peut survivre qu’en faisant le contraire de ce qu’il affirme, n’est-il pas temps pour qu’il se pose des questions sur lui-même ? n’est-ce pas le rôle des élites et des dirigeants ?

    1. Oui, Georges.
      Le souci est que ces élites sont justement ceux qui, profitant de toutes les opportunités pour concentrer la richesse maximale, n’ont surtout pas envie de remettre quoique soit en question…

    2. Auspitz
      « n’est-ce pas le rôle des élites et des dirigeants ? »

      Le rôle d’un comédien comme celle d’une autre troupe de théâtre, c’est de pouvoir encore jouer le plus longtemps la comédie du bien en société. N’est-ce pas d’abord leur rôle premier rira bien qui rira le dernier à l’antenne l’histoire en témoignera …

  3. Excellent billet même si j’espère que l’Histoire soit un peu plus sévère que vous 🙂
    Puisse l’Europe retourner sa casquette (tel Stallone dans Over the Top) avant qu’il ne soit trop tard, elle risque sinon de s’en mordre le bras.

    Toujours ce petit problème avec la Chine, pourquoi dire qu’elle a changé de modèle alors qu’absolument rien n’a changé ? Si elle n’est pas capitaliste aujourd’hui alors elle ne l’a jamais été car fondamentalement, rien n’a changé avec la crise (vous faites sans doute allusions aux quelques produits structurés que la Chine a interdit mais ils sont extraordinairement récent à l’échelle même du capitalisme occidental).

    Bref quel nom donneriez-vous au régime chinois ou une minorité se partage le fruit du travail de la totalité ?
    Dans la pratique qu’est-ce qui sépare le modèle chinois du capitalisme occidentale (qui se met terriblement à ressembler au fascisme au sens ou l’a défini Mussolini, l’union des intérêts privés et de l’état au plus haut niveau) ?

    Bref qu’est-ce qui n’a pas marché et qui a été changé ? (Je vous en prie ne me parlez-pas des « paris sur les prix », Hong-kong reste le plus grand hedge fund du continent asiatique Tokyo mis à part )

    1. Cela s’appelle « capitalisme d’état », comme dans le cas de la dictature fasciste que vous citez. Si rien n’est fait politiquement pour en enrayer la création, nous aurons vraisemblablement des « capitalismes d’état » (sans libertés publiques) dans la plupart des pays dits avancés. C’est un système qui ne peut pas durer, mais « nos » dirigeants comptent bien qu’il durera suffisamment pour permettre le rétablissement du capitalisme libéral « après la crise ». Une telle orientation ne changera rigoureusement rien au statut bâtard de la Chine, puisque c’est elle qui servira de modèle, en quelque sorte.

      Je ne crois pas que ce pari soit tenable, car les révoltes sociales vont se multiplier.

    2. Bonjour,

      vous ne pensez pas que l’union des interêts privés et de l’Etat existe aussi en France, et que le fascisme y régne donc déjà en maître masqué.
      Lobbying, copinage et services divers entre amis du cac (les entreprises les plus riches qui transfert leurs prix à tour de bras … ne prenant que ce qui est de meilleure), pantouflage des énarqueux, justice déficiente à bon escient (justice du prince et oubli des actions de groupe)… etc tout cela se voit chaque jours, … et ont nous dit pas tout bien sur !

      Nos sociétés occidentales sont devant un choix (sans parler celui du modéle économique) : relever encore plus haut les exigences morales des dirigeants (sans doute démocratiquement élus et ? tous pourris ?), ou bien accepter la corruption grandissante de l’argent qui gangréne déjà la trés grande partie des pays du monde d’autant plus facilement que les sommes sont colossales par rapport aux budjet des états (sans parler de l’endettement).

      Pourquoi Poutine s’interesse à des domaine viticoles en France, pourquoi tant de dictateur viennent « investir  » en France. Nous sommes si fier d’acceuillir les virées des richissimes mafieux Russe sur la riviera. Notre pays et un petit jardin si mignon et rempli de patrimoine si cosy, et en plus bout de paradis pour leurs yeux car c’est un etat de droit qui protége la propriété et soigne gratos.

      Voilà le mix interêts privés et l’Etat ça existe aussi en France, la mondialisation c’est tout ça encore plus fort.

      Que 2010 fasse exploser la bulle des emprunts d’Etats et que les opinions empêchent cette fois ci une nouvelle ponction d’impôts par nos dirigeant complices et fallots et de ne plus rien payer à leurs débiteurs qu’avec de la monnaie de signe dévaluée, au moins d’ici là nos enfants n’auront pas trop à plier sous le joug.

      Bon réveillon en attendant.

      Cordialement

    3. Je suis d’accord avec Jaycib. Cependant si « les révoltes sociales vont se multiplier », les sytèmes de contrôle aussi :vidéosurveillance (renommée « vidéoprotection » en novlangue), fichages informatiques en tous genres (cf. le nouveau fichier de la sécu en France), contrôle d’Internet sous couvert de lutte contre la cybercriminalité et le téléchargement illégal (cf. Hadopi).

    4. @ Enrique

      Si je ne m’abuse, il y a eu en France il y a 40 ans une manif d’étudiants (peu nombreux au départ) qui a bien failli faire chuter le gouvernement d’alors! L’histoire ne se répétant pas strictement dans les mêmes termes, je ne pense pas qu’il y aura un nouveau mai 68, surtout au niveau planétaire, mais, une fois que les gens « qui n’y croient pas » auront reçu une ou deux grosses taloches sur la tête du genre augmentation massive des impôts suite à une nouvelle crise financière/économique majeure, je ne pense pas que des moyens de contrôle policiers quelconques suffiront à endiguer le mouvement. C’est précisément ce qu’envisageait Michel Rocard (il n’est pas fou…) il y a quelques jours. La seule question qui vaille la peine de se poser est: qui prendra la tête de ce mouvement, difficile à mettre en place au niveau mondial? L’Europe est plutôt bien placée pour faire surgir en son sein un leadership dont nous ne connaissons pas encore les figures de proue.

    5. @BabyP

      vous ne pensez pas que l’union des interêts privés et de l’Etat existe aussi en France, et que le fascisme y régne donc déjà en maître masqué.

      Cela n’est pas aussi violent en France qu’aux Etats Unis mais cela y ressemble effectivement de plus en plus, ça me fait mal au coeur de le constater.
      J’invite les gens qui commencent à se poser des questions sur l’état de la démocratie à lire l’excellent « après la démocratie » d’Emmanuel Todd.
      Il n’est pas très optimiste le bougre 🙂

      @Jaycib

      Une telle orientation ne changera rigoureusement rien au statut bâtard de la Chine, puisque c’est elle qui servira de modèle, en quelque sorte.

      Le problème du système chinois c’est qu’il semble fonctionner alors que le notre … bref je préfère ne pas y penser.

  4. Alors si même à l’ENA ils commencent à accepter ce genre d’opinions. Si même le main stream s’engage dans voie de ceux qui voit dans tout cela un sauve-qui-peut aux allures d’escroquerie du siecle. Alors on est mal barré.

    1. @ C’est dans la tradition de l’ENA que de publier ce genre d’articles .
      Le problème est qu’ils n’en n’avaient pas beaucoup à se mettre sous la dent auparavant
      bonne année

  5. Magistral rappel historique ! C’est bien ce que l’on retiendra de cette année qui s’en va. Et dont on ne sait pas encore si on va devoir s’en féliciter, en raison de ce qui va s’en suivre.

    On pourra certainement écrire, plus tard, qu’elle a marqué le début d’une nouvelle ère, dénommée du capitalisme de survie (la sienne comme la nôtre). Une nouvelle phase bancale de ce dernier, à la viabilité incertaine, une tentative de péniblement le maintenir à flot, en rupture dans les actes avec les idées hier régnantes. Un capitalisme de fin de règne, assurant la précarité à défaut de la prospérité. Un capitalisme devenu sans fard, qui va chercher d’autres moyens pour pérenniser sa soi-disant immanence.

    Combien faudra-t-il de temps pour que s’éclaircisse une situation qui l’imposerait sans attendre ? Pour que l’activité financière soit remise à sa place, au propre comme au figuré ? Pour que l’activité humaine ne soit plus régie par une logique de zombies ? Pour que la démocratie politique cesse d’être formellement exercée et que la démocratie économique soit instaurée ?

    Nous en sommes au moment des voeux, que nous ne confondrons pas avec les mauvaises résolutions qui nous sont présentées !

    1. « en raison de ce qui va s’en suivre. »

      Là, Monsieur Leclerc, vous me mettez l’eau à la bouche.
      Car hormis un collapse des US ou de la Grande Bretagne, je ne voyais qu’un conflit suffisament généralisé pour tout remettre à plat et redémarrer comme avant.

      Dites-moi tout juste à moi, ça ne sortira pas du net..

    2. Lisez les études stratégiques des instituts militaires, étudiez les programmes d’investissement des armées de demain, vous aurez le profil des conflits qui se préparent. Ce ne sont pas des affrontements généralisés, comme on les craignait du temps de la guerre froide. Les dangers ne sont plus les mêmes, ils appellent d’autres dispositions, selon nos stratèges. Les conflits de demain n’auront pas la portée que vous leur assignez. Ils ne résoudront en rien les questions que nous évoquons.

    3. Si vous voulez parler de guerres civiles, style révolution, j’ai aussi envisagé cette possibilité. (car la « sécurité intérieure » a été largement renforcée en Chine, Russie, US,.. fin 2008)
      Mais… S’il y a répresion d’un mouvement populaire, et vu la montée du radicalisme des deux cotés (peuples et dirigeants), il y aura mort d’hommes. Et ceci n’est plus accepté dans les opinions. Même d’un pays qui lance des guerres un peu partout dans le monde.
      Donc, je ne vois comme solution que des élections de joyeux dictateurs populistes qui désigneront un pays bouc-émissaire de leurs ennuis.

    4. Bonjour,

      les conflits à venir ( et déjà trés trés réel au présent) : c’est « l’ennemi interieur au systéme » c’est la traque aux terroristes potentiels cachés derriére chacun de nous, la surveillance rapproché et la classification des citoyens, un énorme retour en arriére de nos sociétés.

      « Etat sécuritaire » + « justice déficiente » = 2021

      bon réveillon

      cordialement

    5. « … je ne vois comme solution que des élections de joyeux dictateurs populistes qui désigneront un pays bouc-émissaire de leurs ennuis ».

      C’est une idée qui revient de temps en temps. Ce type de politique est typique des régimes autoritaires du passé (la guerre comme dérivatif à des contradictions internes insolubles) ou de régimes mafieux plus récents (régime de Washington et ses guerres d’invasion, par exemple). Les échecs (voire les désastres pour les pays qui en sont victimes) des guerres menées contre l’Irak et l’Afghanistan montrent que ces « solutions » sont désormais dépassées. Pour qu’un système, quel qu’il soit, trouve dans une guerre contre l’autre un dérivatif (temporaire) à ses contradictions il faut naturellement que cet « autre » ne fasse pas partie du système. Tout est « système » aujourd’hui, tout en fait partie, rien n’existe plus qui n’ait pas d’effet feed-back immédiat et direct sur celui qui initie l’agression. Il n’y a plus d' »autre » sur lequel on puisse impunément abattre le bras de la guerre. D’un côté les « Talibans » (les Pachtounes plutôt) l’emportent à un contre dix contre la soldatesque policée de la « coalition », de l’autre ils organisent et tiennent les flux logistiques qui acheminent hommes et matériels sur les théâtres d’opération ! Lancer des guerres d’agression n’est plus une échappatoire car celles-ci, une fois provoquées, ont pour effet de miner encore davantage le « système » (économico-politico-financier, mental, etc..).

      Il est de moins en moins possible de faire jouer un ennemi extérieur. Le fantasmatique Al-Quaida ne fait plus guère illusion que dans les médias mainstream.

  6. La crise du capitalisme américain. Vous avez écrit ce livre en 2003-2004, et publié en 2007…la crise annoncée s’est révélée au monde entier en 2008. L’année 2009 ou l' »air » du semblant, annonce-elle une réalité pour 2010 ?
    Celle des voix de plus en plus nombreuses, et aujourd’hui écoutées, pour dénoncer, l’inutilité pour le plus grand nombre de l’activité financière actuelle ?
    Des expressions vidées, ou mieux détournées de leur sens : Croissance sans emplois, croissance négative, sauvetage de la finance…?
    En 2008, un grand nombre de « docteurs » se sont penchés au dessus du malade; Ils ont d’abord déclaré que le malade ne l’était pas, puis en 2009 que le malade ne l’était plus. En 2010, le malade disparait ?
    La crise que nous subissons aujourd’hui n’est pas née en 2003, ni en 2000, mais bien plus tôt. Il faut remonter à une trentaine d’année pour comprendre la situation. Depuis, les couches du millefeuilles se sont empilées pour atteindre une hauteur si haute que l’instabilité menace tout l’édifice d’anéantissement. S’est-il suffisamment écroulé pour renouer avec une certaine stabilité, du moins suffisante pour remonter quelques couches supplémentaires ?
    Une « petite » difficulté apparait, (les voix discordantes), les apprentis pâtissiers suivaient les ordres du Chef parce qu’ils étaient persuadés d’apprendre un métier qui les enrichiraient, et de manger eux aussi du gâteau. A mesure que ce gâteau s’effondre, leurs rêves s’effondrent avec…Cette génération perdue sera-t-elle remplacée par une autre tout aussi avide ?
    Voilà les questions qui me paraissent devoir être posées.

    Meilleurs vœux

  7. Bien résumé Mr Jorion!
    J’aurai toutefois ajouter à cela le rapport de l’AIE pour 2009, significatif de ce que sera 2010.
    Et peut-être aussi le tango Blood/Gore, qui parvint à pricer le dioxyde de carbone.

  8. D’accord sur tout sauf :
    « La deuxième était que le prix des valeurs grimpait grâce à des opérations automatisées – en croissance constante – des plus grands intervenants, au premier rang desquels, Goldman Sachs précisément, utilisant le « High Frequency Trading » pour vendre et acheter des titres en quelques fractions de seconde »

    Je doute que le HFT entretienne un mouvement haussier de la bourse. Pour une raison simple, c’est qu’il s’agit d’une technique d’arbitrage des carnets d’ordres. Le HFT profite de la déformation des spreads dans les carnets et de la volatilité des quantités dans les carnets. Le HFT aime les variations sensibles, cela permet d’écarter les fourchettes de cotations et d’augmenter les profits potentiels grâce à l’écart entre la meilleure offre et la meilleure demande.
    La conséquence est que les autres acteurs de l’industrie obtiennent des prix d’éxécution moins bons car quelques centimes auront été prélevés par le HFT. Cela se fait aussi bien à la hausse qu’à la baisse, peu importe. Il n’y a pas de stratégie directionnelle quand on parle de HFT. Le HFT profite aussi des intérêts de certaines intervenants sur telle ou telle valeur, ce qui permet de déterminer dans quel sens va s’orienter le cours dans les prochaines minutes. Mais encore une fois, il n’y a pas de pression à la hausse durable avec cette technique d’intervention.

    La hausse de la bourse en 2009 s’explique plus par le besoin des gérants de faire de la performance dans un contexte où les taux d’intérêt sont proches de 0. Ce qui incite à revenir vers les actifs plus risqués comme les actions. Les gérants n’ont pas le choix. Les liquidités se retirent peu à peu des fonds monétaires pour s’investir sur les actifs à plus forte rentabilité.

    Dernière chose : on parle souvent de capitalisme, de sa nature et de son mode de fonctionnement, du retour de Marx, du système financier, de la répartition des richesses, etc.
    Mais on oublie une partie importante de l’équation : la stratégie de développement des grandes entreprises dans le capitalisme actuel. Et leurs stratégies de marketing notamment.
    Le petit commerce indépendant continue de mourir sous les coups de butoir de la sacro-sainte tactique de « monomulticulturalisme » des grandes firmes. Ce terme signifie que les entreprises nous vendent une soi-disante diversité, conformément à la vraie vie (diversité des traditions, des groupes ethniques, etc.) mais dans le but de nous vendre un produit formaté, identique, partout sur la planète sans tenir compte de la vraie diversité culturelle. Toutes les grandes marques vendent la même chose partout, avec la même stratégie de développement, mais avec un langage différent.
    « No Logo » de Naomi Klein est l’ouvrage de référence concernant ces stratégies de branding.

    Ce mode de développement des grandes entreprises contribue à faire s’effondrer le capitalisme en renforçant davantage le contrôle du secteur privé sur nos vies. Le but ultime de toute marque puissante est de créer des « styles de vie ». Nike, par exemple, s’efforce de rendre synonyme le nom de sa marque avec le mot « sport », que les 2 ne fassent plus qu’un. Ces styles de vie qu’on nous vend ont, au final, pour vocation d’englober entièrement notre vie.
    Un exemple : quand vous habitez Val d’Europe (région Parisienne) aujourd’hui, vous vivez dans une ville Disney (partenariat entre l’Etat français et Disney), avec le parc d’attraction Disney juste à côté, avec des immeubles faussement haussmaniens, des centre commerciaux avec exclusivement des boutiques de grandes chaines, bref une fausse ville pour une vie orientée par Disney. A terme, il y aura 40 000 habitants dans cette cité.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Val_d'Europe
    http://www.valdeurope.com/

    Ne négligeons pas l’évolution de la marche des affaires. Il faut en parler.

    1. Vous avez raison, Homard. Le HFT n’est pas la composante principale des hausses de bourses.
      Le rachat tournant d’actions entre les 5 plus grosses banques américaines semble l’hypothèse la plus vraisemblable. Augmenté naturellement par les milliards d’aide qui ont montré que le secteur pouvait puiser dans les caisses de l’état sans aucune limite.

      Concernant le style de vie qui est inculqué depuis le berceau par les pubs télé, là, je pense qu’il va devenir difficile à poursuivre…
      D’une part car les clients vont se faire rares… et, le filon s’épuisant ne justifiera plus les efforts actuels.
      D’autre part car le superflu va voir sa cote chuter fortement en bourse…(l’industrie du luxe le ressent d’ailleurs déjà)

      Néanmoins sinon : MEILLEURS VOEUX A TOUS. (si on garde la santé, ce sera déjà ça 😉 )

    2. hmm, je n’en suis vraiment pas sûr Yvan.
      Ces organisations ont la capacité de se réorganiser très vite, d’influencer les règlements et les législations via les lobbys (entre autres). Bref, elles s’adaptent rapidement, toujours à la poursuite de leur but ultime : grossir sans cesse et tout contrôler.
      Quant aux marques de luxe, elles vont très bien. Hermes et Louis Vuitton, les 2 plus prestigieuses marques françaises continuent de croître et ont à peine soufferts de la crise. Les autres (américaines notamment) comme Gucci ou Richemont ont connu quelques déboires mais pas plus que les autres industries.

      Tous mes voeux pour cette nouvelle année et je souhaite une longue vie à ce blog !

  9. A moins d’un événement majeur qui ferait encore empirer les choses (guerre, terrorisme, révolution,.. en Iran, Afghanistan, Pakistan, Chine…), nous savons déjà que 2010 sera de toute façon une année très difficile : augmentation du chômage, diminution du pouvoir d’achat et de la consommation, désindustrialisation dans les pays occidentaux, surendettement des états, pauvreté et misère touchant les classes moyennes….
    Mais ne soyons pas trop découragés quand même…

  10.  » Le capitalisme occidental qui se met terriblement à ressembler au fascisme au sens ou l’a défini Mussolini, l’union des intérêts privés et de l’état au plus haut niveau  » ?
    Ceci m’inquiète également: parce-que cette idée d’une alliance de plus en plus étroite à faire entre multinationales et Etat tend à se répandre de plus en plus dans certains milieux. Ce n’est pas en soi surprenant, puisqu’on ne fait alors que suivre le mouvement imprimé par la « géopolitique des ressources » ainsi que les exemples « russe » (Gazprom) ou « chinois ». Et tout ceci est habillé sous le beau discours de la défense des intérêts de la communauté, ce qui du reste nest pas faux non plus. Je n’aime pas du tout la tournure des évènements, au delà de la crise financière. Il sera très très dur de revenir en arrière. Non pas que ça n’ait pas toujours été comme ça, d’une certaine manière, mais il y a là un danger réel.

    Toutefois j’éprouve un certain « malaise » chaque fois que je songe à cette définition de Mussolini. Ou et Comment fixer la limite, dès lors 1/ que ce monde n’est pas fait pour les enfants de choeur (rareté des ressources) et 2/ qu’afin que la majorité n’ait pas à faire des choix qu’on pourrait qualifier « d’économiquement guerriers » et garde la « conscience tranquille », il faut qu’une minorité se charge du « sale boulot » pour défendre ces intérêts qui ne se défendent pas tout seuls.
    (Imaginez que demain les français doivent décider par référendum de la continuation ou non de certaines politiques terribles pour certaines communautés mais dotées d’implications directes sur leur propre niveau de vie, voire stratégiquement vitales à moyen ou long terme… et qu’ils fassent le choix que cette « sinistre » minorité aurait fait. Imaginez la réaction de ces populations sacrifiées. Ce monde serait ravagé par la guerre. Les responsables politiques ne sont-ils pas les fusibles qui permettent aux peuples de se déresponsabiliser et d’éviter les chocs frontaux en remettant la responsabilité de leurs crimes sur leurs « dirigeants »? Mais dans ces conditions, comment éviter la marée montante de l’alliance des intérêts nationaux et des multinationales/banques ? Et comment éviter les conséquences néfastes qui ne peuvent manquer d’en résulter tant sur le plan intérieur (éclatement du libéralisme politique et de la social-démocratie) qu’extérieur (paix qui n’est plus qu’une autre forme de guerre qui ne dit pas son nom) dès lors « qu’on ne tire pas au sort son général ».

    Pour ma part, je reste donc relativement pessimiste, les deuxième et troisième et quatrième effets kisscool commençant déjà à se faire sentir là où on ne les attendait pas. A la limite, comparé à cela, le « casse du siècle » n’est qu’un « casse ». Ce qui se profile derrière est pire, bien pire.

    1. Il est évident que nous sommes en guerre économique depuis, disons, une quarantaine d’années.
      Et chacune de ces guerres par le passé s’est finie en conflit ouvert.
      Où est le problème..??

  11. @Paul

    Je vous souhaite une bonne année !!
    J’apprécie énormément vos articles, qui reflètent votre sagacité, votre culture et votre humour…
    Je trouve étonnant que, malgré votre intelligence et votre capacité à déchiffrer les actions, codes et langages de nos « élites », ils ne vous aient pas encore adopté … A mon avis, vous êtes trop indépendant et rebelle à leurs yeux, surtout quand vous cherchez à définir un nouveau « système », alors qu’eux voudraient que vous adoptiez le leur… Il est d’ailleurs très difficile de conclure si vous êtes de droite, du centre ou de gauche à partir de vos articles …

    1. De droite, de gauche ou du centre, qu’est-ce que cela signifie encore aujourd’hui? Des mots tout au plus, mais pas des actes. Un peu de poivre ou de sel…?
      Nous souhaitons tous de vivre dans « Le meilleur des mondes », nous y sommes…
      Je propose un nouveau terme pour décrire notre avenir probable (ou déjà présent?) : le fascisme financier étatique (FFE)
      Bonne année à tous et vive 2010 à ce blog.

  12. Ah zut ! J’aurais pu être le premier à formuler les mégas compliments que ce texte mérite, mais auspitz georges et François m’en ont ravi la primeur. Alors ajoutons que son style à l’imparfait est frappant. Ce « magistral résumé » sonne comme s’il avait été écrit 20 ans plus tard, ou 20 ans avant maintenant, enfin bref, je veux dire 20 ans après ce dont il parle.

    Sachant par ailleurs que Paul vient de publier « Comment la vérité et la réalité ont été inventées », un livre dont la profondeur critique laisse pantois, (pour oser parler de la « réalité-objective » comme d’un mythe, faut être drôlement culoté ou sacrément armé), je le soupçonne d’entrenir des liens secrets entre sa critique de la crise économique et sa critique de la science moderne. Vrai que cette histoire de « reprise sans emploi » sonne aussi joliment que les « états superposés » de la physique quantique. Quoiqu’il en soit, on pressent que « nos modèles » ont du plomb dans l’aile jusqu’à la moelle.

  13. « Le Fascisme devrait plutôt être appelé Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’état et des pouvoirs du marché. »
    Benito Mussolini (1883-1945)

    « Que répondriez-vous à vos opposants qui prétendent que votre nouvelle initiative en faveur des infrastructures n’est qu’une nouvelle forme de corporatisme mussolinien ? »

    C’est la question posée au gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, et au maire de New York, Michael Bloomberg, lors d’une conférence de presse conjointe le 19 janvier 2008. Ni l’un ni l’autre n’ont cherché à s’en défendre.

    Au contraire, le gouverneur reconnut avec franchise : « Je dirais que, peu importe le nom qu’on lui donne, l’essentiel est de construire cette infrastructure », tandis que le maire de New York esquivait la question….

    Comme en 1933, il faut choisir : C’est Roosevelt ou le corporatisme …

    John Mc Cain (R) et Maria Cantwell (D) qui ne proposent rien de moins que de rétablir la principale disposition du Glass-Steagall Act, instauré par Roosevelt en 1933 imposant une stricte séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires, ne font donc pas, comme vous aussi, l’économie de l’angle politique… Et historique.
    Drôle de monstre à deux têtes tout de même!
    Pour ou contre l »‘avortement économique »?….. Beau débat en perspective pour ces familiers du sujet.

    L’argent-dette « de jeu » ne peut-être moralement confondu avec l’argent-dette sur un « investissement productif ».
    Parfaitement d »accord, si je l’ai bien compris, avec Monsieur Jorion qui me pardonnera je l’espère le vocable d’argent-dette qui a le don de le faire se refermer comme une huître.
    Bonne année et bonne dégustation de Bellons à vous deux.
    (Étienne Chouard ne sait, malgré tous ses efforts, visiblement pas les ouvrir… Dommage que le sujet soit clos pour Paul car le statut des banquiers centraux, créateurs ex-nihilo ou pas, est un sujet éminemment politique en démocratie. A défaut d’être « scandaleux » , je le qualifierai d’exorbitant et de troublant. Non?)

    1. @Pierre et aux autres.

      Deux questions ont été soulevées par Pierre.

      La première concerne, au delà de la dénomination exacte, les liens entre l’état et le marché.
      Sur ce point, je crois hélas qu’il n’y a pas de réponse claire et définitive. Sachant qu’il faut à la fois un état (en tant qu’autorité régulatrice et parfois régalienne) et un marché – c’est du moins mon avis – la difficulté est de placer le curseur au bon endroit. C’est à l’état « démocratique » de fixer des contraintes claires et de les faire respecter, après c’est au marché de jouer. Le problème du capitalisme est un autre sujet, car, comme je l’ai déjà écrit ici et ailleurs, c’est la chasse aux revenus non gagnés, c’est à dire à l’argent qui « travaille tout seul », qu’il faut faire la chasse, (à l’homme aux écus de Marx), pas aux entrepreneurs.

      La deuxième question évoque un sujet que Paul – c’est bien son droit – juge non pertinent, ou mal posé, ou refermé, celui de l’argent-dette. Ce qui est sûr, c’est que les dettes colossales dont l’on parle actuellement ne sont surement pas sans effet sur l’état actuel des économies. Tant que la « monnaie » , qu’elle qu’elle soit, sera acceptée comme un moyen d’échange universel (en europe, l’euro, qu’il soit Banque centrale, Société Générale, Deutschbank ou Credit Agricole) cela fonctionnera peut être encore. Après …

      Une solution provisoire – en dehors de la monnaie « fondante » que certains appellent de leurs voeux – serait peut être de voter un amendement constitutionnel interdisant les taux d’intérêt « d’usure ». A savoir que le seul taux d’intérêt permis serait égal au taux de croissance de l’économie, corrigé du taux d’inflation (Ainsi, pour une croissance de 1%, et une inflation de 2%, on aurait un taux d’intérêt de 3%, à revoir chaque année en fonction de l’évolution de l’inflation et de la croissance). LEs intermédiaires financiers seraient rémunérés pour leurs services, bien sûr, mais pas grâce à une différence de taux entre prêteurs et emprunteurs, comme cela se fait actuellement.

      Cordialement,

      Bruno Lemaire.

  14. L’histoire est un perpétuel recommencement. Thucydide

    Ce qu’on dit être nouveau en ce monde, c’est l’histoire qu’on ignore. Harry Truman

    Tant que je peux encore continuer à jouer au casino à être avide alors tout va bien dans ma seule famille la mienne.

    Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. Aldous Huxley

    L’histoire du monde est le jugement du monde. Johann Friedrich von Schiller

    Il y aura des vices tant qu’il y aura des hommes. Tacite

    Tant que je peux encore continuer à jouer le beau rôle alors tout va bien à l’antenne.

    Cachez moi le monde de plus en plus à l’antenne comme lorsque je tourne pareillement la tête dans la rue.

    La démocratie, qui semble être la règle du monde moderne, et qui n’en est que la punition. Jules Barbey d’Aurevilly

    L’homme qui vient de perdre subitement son commerce, sa sécurité, sa société, sa superbe, son emploi pourquoi se met-il subitement en colère et en guerre contre l’autre ?

    Malheureuse la grande nation européenne, asiatique, le monde ayant voulu trop ressembler à l’Amérique.

    La grande ère médiatique des hypocrites.

  15. Il n’y a personne pour lancer des Vannes de fin d’année? Vive la Bretagne et vivent les Jorion!
    Bonne année à tous!

  16. @ Yvan
    La guerre économique a toujours été présente (déjà Rome-Carthage et la destruction qui s’en suivit).
    Par rapport aux quarante dernières années, je vois déjà 6 différences majeures:

    1/ la débâcle intellectuelle du libéralisme économique qui servait de « brouillard » même si les élites n’étaient pas dupes (bien moins que les prétendus « chercheurs » en économie en tout cas) et qui n’en est qu’à ses débuts!
    2/ la débâcle culturelle de l’Ouest qui accompagne la crise (on avait déjà la contestation des brevets pour des raisons d’intérêt national, maintenant on aura la contestation de la totalité du système normatif pour des raisons de « souveraineté de civilisation »).
    3/ la prise de conscience de la rareté des ressources encore disponibles.
    4/ l’extension et la généralisation à la sphère financière de ce qui était encore plus ou moins réservé à la sphère industrielle en terme de stratégies de puissances (même si les britanniques ont sécurisé leur domination post/néo-coloniale en s’assurant la maîtrise des flux de capitaux).
    5/ l’extension de la compénétration des Etat et des Industries à des secteurs non-stratégiques (en fait ils le deviennent tous!): de même que les Etats ont soutenu les banques, ils vont soutenir leurs industries, qui pouvaient encore être pensées comme étant autonomes dans la définition de leurs stratégies sur leurs secteur de marché respectifs.
    6/ le fait que les peuples seront vite à cran, et que la crise va révéler toute ça, comme elle a révélé les pratiques du monde de la finance. La différence étant qu’on peut encore imaginer que les intérêts des peuples ne soient pas ceux de leurs banques. Il n’en est pas de même pour leurs industries. Ce qui change tout.

    Le problème ce n’est pas tant la « guerre économique » qu’on s’est livré jusque là. Le problème, c’est celle qui vient et le fait qu’elle sera perçue comme une guerre par les peuples eux-mêmes. Autrement dit le problème c’est la perception du phénomène à une tout autre échelle et les effets de réalité qui vont l’accompagner, plus que la nouvelle intensité du phénomène lui-même, sans commune mesure avec ce qui s’est passé durant les 40 dernières années.

  17. Ca commence à m’inquiéter (= à me réjouir, c’est selon l’humeur du moment). Il y a un type assez jeune ce matin au marché qui m’a demandé: « vous ne seriez pas un petit peu jorioniste, par hasard? » après m’avoir entendu faire des prédictions de fin d’année. Paraphrasant Balzac, je lui ai répondu qu’on était « jorioniste » comme « on est gourmand, artiste ou poète ». Le bouche à oreille fonctionne, semble-t-il…

  18. Comment ma propre conception de la vérité, de la réalité, de la liberté furent peu à peu implantés dans l’esprit des hommes de notre temps, le notre indéfiniment. Voilà donc notre seule conception possible de l’histoire humaine quelque chose de plus différent à voir ça non alors, nous ne pourrons pas du tout alors l’accepter trop insupportable.

  19. « Sur la Chine semblait triomphante »

    Un post intéressant d’un des meilleurs bloggeurs américais, R.Middleton, sur la bulle chinoise: It does not take a genius
    to figure out how this well end: « For all of those who feel China is going to take over the free world, just remember that when you blow a bubble (particularly a balance sheet bubble) it is bound to pop. The damage from the pop invariably does more harm than the boost from the bubble. It has always been the case, particularly when leverage is involved – which makes the impact that much more devastating. »
    http://www.zerohedge.com/article/it-doesnt-take-genius-figure-out-how-will-end

    1. Un bémol, la banque centrale de Chine « rachète » les actifs des banques chinoises quand il ne sont plus performant elle l’a déja fait souvent. Cela aide pour une « balance sheet buble ».
      C’est un ami travaillant dans une grande banque anglaise qui m’a dit cela (sa banque rêve du marché chinois aussi il lui arrive d’aller la bas).

      Par contre il reste la bourse qui devrait à nouveau cracher (sauf si l’empire a su dresser un firewall) et la croissance de 10% qui ne sera pas au rendez-vous bref on devrait tout de même « rigoler ».

  20. LE dernier petit commentaire de ma part en 2009 à l’heure de l’apéro… Et juste avant la première entrée.

    Il semble qu’il existe une petite flamme de conscience dans l’humanité de l’argent à tout prix. Et cette petite flamme vient du pays le plus pollué par le dieu Money. Et est même relayée par les médias de masse.

    « Et si les Américains cessaient de payer leurs crédits immobiliers ? »

    Pour un peu, je chanterais Allélouya… (même si je ne connais pas trop cet auteur)

    BON REVEILLON A TOUS ET RENDEZ-VOUS EN PLEINE FORME EN 2010 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  21. Merci à Paul Jorion ,à F. Leclerc et aux intervenants.
    Je suis arrivé ici il y a quelques mois de façon « accidentelle » (surf erratique à la recherche de quelconques réalités économiques à la portée de tous) mais heureuse.
    Il est 21 h 32 , tout a été fait,dit ,ou à peu près pour 2009.
    Veuillent les astres et leurs dieux conduire des sages(ceux d’ici pour notre pays)) vers les postes essentiels de commande.
    Qu’il en soit de même sous toutes les latitudes,via le net notamment.
    Oui C’est Trés possible. Croyons y et travaillons y sans relâche.
    Ces « demains » sont entre nos mains,si « Dieu le veut » dixit les Frères protestants.

  22. « On s’inquiétait seulement de quelques anomalies, comme le fait que l’augmentation vertigineuse des ventes de voitures en Chine n’avait aucun impact sur la vente de carburant, qui demeurait elle étale »

    j’ai peut-être un début explication sur cette anomalie:
    un de mes collègues va quelquefois en déplacement en Chine. Il avait constaté de longues files de voitures devant des stations service par-ci par-là. Les chinois qui le guidaient lui ont expliqué que l’essence n’était pas disponible en permanence.
    quand une station en avait, les gens y allaient en masse, d’où les queues, et puis quand il n’y en avait plus, il fallait qu’ils tentent leur chance ailleurs.
    Il faudrait confirmer si l’approvisionnement serait effectivement rationné, pour une raison technique, économique ou autre.

  23. La notion d’etat d’urgence pourrait etre remplacee par celle d’etat d’exception, bien theorisee par Giorgio Agamben dans son livre du meme nom. C’est en cela que la crise financiere de 2008-2009 est le pendant du 9/11. Declarer l’etat d’exception permet de prendre des mesures qui apparaitraient insupportables autrement.

    Le fait qu’ENA hors les murs publie cet article n’est pas anodin du tout. C’est un signe, meme si je ne sais pas encore de quoi.

    Meilleurs voeux pour la nouvelle annee.

  24. Bonjour et bonne année à tous, celà fait un bon moment que je lis vos articles Mr Jorion et Mr Leclerc, et je vous remercie de pouvoir lire des points de vues excellents et surtout différents de la presse au ordre (pravda) ! Cependant, j’ai une question : Pensez vous que nous allons vers un deuxième crack (moi, j’en suis persuadé) et si oui pourquoi et quels seront les mécanismes et conséquences pour le peuple francais?
    Et deuxième question, comment peut réagir une société, un état « dit » en faillite, va t-on vers des changements brutaux (révolution, révoltes….) suite à des excès dû à des agents extérieurs à une communauté, à un peuple?

    1. « Et deuxième question, comment peut réagir une société, un état « dit » en faillite, va t-on vers des changements brutaux (révolution, révoltes….) suite à des excès dû à des agents extérieurs à une communauté, à un peuple? »

      Pour le moment tout va bien nous pouvons encore gloser et échanger sur les maints et maints détails de cette crise, mais lorsque les évènements se précipiteront douloureusement plus brutalement encore parmi ceux-ci, un certain nombre seront de nouveau séduits et accepteront sans guère mieux broncher quelque chose d’autre sur eux, ce qui signifiera pour le plus grand nombre le choix d’une plus grande erreur de conduite pour l’humanité déjà bien déchu.

    2. Bien de toute évidence, nous attendons le retour d’un Spartacus : « Je reviendrais, et je serais des millions ! » S’il y en a un qui mérite la résurrection, c’est Spartacus, dont le nom raisonne à travers l’histoire tel un avertissement.

      Et Don Giovanni (Leporello) :

      Piova e vento supportar,
      Mangiar male, e mal dormir!
      Voglio far il gentiluomo,
      E non voglio piu servir,
      E non voglio piu servir,
      No, no, no, no, no, no,
      Non voglio piu servir!

      =======

      Ceci date d’avant 1791. Le serviteur se révolte, chez Mozart. « non voglio piu servir ».

  25. @paul et à tous,

    Le billet de Paul, comme souvent, est très intéressant à lire, et repose sur des données indiscutables, tout en ayant un souffle que l’on pourrait qualifier d’épique. Quel talent.

    Quel dommage que nous soyions en désaccord sur ce qui me paraît être le point fondamental, celui de l’essence de l’argent.

    Dans cette situation d’endettement généralisé, et même s’il ne faut pas oublier le phénomène de l’épargne, bien sûr, ne pas accepter que c’est l’accumulation des dettes, et l’intérêt payé sur les emprunts correspondant, qui est le principal facteur de la crise actuelle – en dehors de tout ce qui est très justement dit sur l’avidité des spéculateurs et des capitalistes – me semble à la fois incompréhensible – ce qui ne serait pas le plus grave – et fort dommageable.

    Cordialement,

    B.L.

    1. Hmm… vous n’avez pas lu mon livre, sans quoi vous ne m’attribueriez pas des opinions qui sont le contraire de celles que je défends.

      Un petit indice, à votre intention : j’ai reçu hier le nouveau livre de Helmut Creutz, avec une dédicace très chaleureuse. Si j’avais exprimé dans « L’argent, mode d’emploi », les vues que vous m’attribuez, je doute sincèrement qu’il l’ait fait.

  26. @Paul,

    suite de ma réponse.
    Après avoir commandé votre dernier ouvrage, je suis allé voir son descriptif, qui me va tout à fait (heureusement 😉 ), ou presque.

    Autant je pense, comme vous, que les revenus « non gagnés » ne méritent pas rémunération (donc que les détenteurs d’argent n’ont aucun droit à percevoir des intérêts plus ou moins pharamineux dessus), autant, pour ma part, je fais une distinction – comme Maurice Allais – entre les « vrais » capitalistes, qui se contentent de « regarder leur argent travailler », et les entrepreneurs, aux revenus légitimes (du moins ils le sont souvent).

    Je n’oppose donc pas la « caste des capitalistes et chefs d’entreprise » à la cate des « travailleurs », mais, plus précisément, s’il y a opposition (ce qui est difficile de nier) c’est entre les « rentiers-captitalistes » et les « entreprises » (chef d’entreprises et collaborateurs) qu’elle se situe. Je ferai sans doute une exception pour les entreprises du CAC40, dont les dirigeants ne « méritent » peut être pas la dénomination d’entrepreneurs, et dont les revenus, aussi légitimes soient-ils lorsqu’ils font progresser leurs entreprises, deviennent illégitimes lorsqu’ils prennent la forme de parachutes dorés. Qu’en pensez vous?

    Bien entendu, c’est peut être mon passé d’économiste professeur à HEC qui me fait adopter cette attitude, mais n’ayant rien à défendre, j’essaye d’être aussi objectif que possible.

    D’autant plus que nous avons le m^me objectif, je pense, faire en sorte que l’argent soit au service de la collectivité, et pas à celui des plus fortunés.

    Cordialement, Bruno.

    1. [d]ans le système capitaliste […] l’on a affaire à trois classes sociales : les capitalistes, les entrepreneurs et les travailleurs, […] où le surplus produit par les travailleurs est, dans un premier temps partagé entre capitalistes et entrepreneurs, lesquels perçoivent respectivement intérêts et profit, puis, dans un second temps, entre les entrepreneurs et les travailleurs qui se partagent entre eux ce profit, les proportions exactes de ces redistributions se décidant selon les rapports de force existant entre les trois classes. Je précise que, quand je parle des entrepreneurs, je vise le dirigeant d’entreprise, autrement dit le patron, et non l’indépendant créant une petite entreprise par ses propres moyens à partir de rien : je parle de l’entrepreneur qui n’assure qu’un travail de gestion, autrement dit dont le rôle se cantonne à la supervision du travail des autres, et nullement du « petit entrepreneur » qui n’est lui, qu’un travailleur comme les autres, si ce n’est qu’il bénéficie, comme dirait Marx à son propos, du « luxe » de s’auto-exploiter ! Ce système-là conduit, comme chacun sait, à la concentration de l’argent dans les classes auxquelles appartiennent capitalistes et entrepreneurs.

      Paul Jorion, L’argent, mode d’emploi, Fayard, 2009, p. 285-286.

      L’opération stock-options a matérialisé les espoirs les plus fous de ses promoteurs : les dirigeants d’entreprise ont basculé du côté des actionnaires, provoquant une authentique rupture dans l’équilibre des forces en présence.

      Paul Jorion, L’argent, mode d’emploi, Fayard, 2009, p. 325.

  27. Bonjour,

    vous ne pensez pas que il faudrait souligner aussi 2009 comme l’année de l’avénement du G20 ou bien celui du G2+0 ?

    Cordialement bonne année à tous

  28. @Nikademus et Jorion

    Merci de la citation ad hoc du livre de Paul, que je n’ai pas encore lu (nul n’est parfait) mais seulement commandé.

    Si nous sommes d’accord sur les dirigeants des grandes entreprises et l’effet pernicieux des stock options, nous ne sommes pas d’accord sur le fait que capitalistes et entrepreneurs sont dans le m^me camp.

    « Ce système-là conduit, comme chacun sait, à la concentration de l’argent dans les classes auxquelles appartiennent capitalistes et entrepreneurs. »

    Il ne s’agit pas de faire dire à Paul ce qu’il ne dit pas, ni de lui faire des procès d’intention (que Marx l’ai écrit lui-même ou non n’est pas très important) mais je persiste à dire que ceux qui font de l’argent avec de l’argent ne sont pas à ranger dans la m^me catégorie que ceux qui développent des entreprises et des projets. Je ne confonds pas, pour ma part, Mulliez et Rockfeller, Gates et Rotschild, Steve Jobs et Madoff.

    Cordialement,

    Bruno.

    1. Certes ils ne sont pas à ranger dans la même catégorie mais la nature des projets des entrepreneurs que vous citez
      n’est-elle pas d’une manière liée à la logique financière du capitalisme de casino ?

      Mulliez (Auchan) ou Bill Gates (Microsoft) n’ont pas pas développé leurs projets à part le développement du capitalisme financier.
      Ils ont tiré profit de la division internationale du travail qui augmente la taille des marchés et tire les salaires vers le bas, toujours pour gagner des « guerres » économiques, être compétitif à l’internationale, pour parler jargon.

      La distribution de masse en flux tendus, les salaires comprimés avec horaires décalés des caissières, la pression sur les producteurs, ne seraient pas ce qu’ils sont sans le « casino » mondial de la finance qui permet au capital d’aller là où les profits sont les plus juteux, et tant pis pour les salariés et la qualité des services, sans parler de l’utilité sociale des produits.

  29. La période est aux papiers-balais sur l’année 2009. Voici celui de Joseph Stiglitz, paru dans le China Daily (distribué en syndication). Il est intitulé « De dures leçons que nous pourrions avoir à nouveau à étudier ».
    C’est en Anglais !

    http://www.chinadaily.com.cn/opinion/2009-12/31/content_9249981.htm

    A noter une critique au vitriol du système financier, ainsi qu’une quasi absence de propositions alternatives à la politique de l’administration Obama, sauf pour rejoindre l’orthodoxie keynésienne de Paul Krugman en faveur d’une nouvelle forte relance de l’économie.

    1. Stiglitz écrit dans cet article : « Jamais tant d’argent ne fut transféré par tant à un si petit nombre ». Est-ce que ça ne rappelle pas Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre qui, paraphrasant Churchill, déclara : « Jamais tant d’argent ne fut dû à tant par un si petit nombre » ?

      Evidemment, les bons mots sont eux aussi en petit nombre.

  30. Bonjour Paul,
    Puisque vous citez Helmut Creutz, autant citer aussi son blog. Même si tout un chacun n’est pas coutumier de la langue germaine, voici son site :
    http://www.helmut-creutz.de/
    Signé : un malade atteint de la foi du charbonnier en Silvio Gesell (désolé, c’est dur à soigner).
    Meilleurs voeux à tous pour 2010.

  31. @Pierre-Yves D

    Comprenez moi, je ne veux pas dire que Steve Jobs, Bill Gates ou Mulliez ne sont pas attirés par l’argent. Mais ils ont participé à des aventures et des projets collectifs qui ont apporté des biens et services au monde. Ils ne sont pas restés les pouces croisés en regardant leur argent travailler tout seul.

    On peut parler de la division du travail, certes, qui n’est pas vraiment répartie justement.

    Mais il faut aussi savoir ce que l’on veut combattre. Est-ce le système de l’argent qui rapporte aux hommes aux écus, sans que ces derniers n’aient aucun mérite, sinon de regarder leur argent augmenter?

    Ou est-ce tout système qui permettrait à ceux qui ont plus de compétences ou de talents, et parfois de chances, de gagner davantage que ceux qui ont moins de talent, moins de compétence et/ou moins de chance?

    Lorsque Attali, Jorion ou d’Ormesson vendent leurs bouquins, d’autres qui ont moins de talent, moins de compétence et moins de chance n’en vendent pas. Faut-il interdire aux premiers d’en vendre plus qu’aux autres?

    J’ai défendu par ailleurs le concept de Revenu Minimum de dignité, qui permettrait à chacun d’avoir un revenu garanti égal au 1/4 du PIB moyen, indépendamment de toute compétence ou de talent.
    Faut-il aller plus loin, et faire en sorte que chacun ait le m^me revenu? Je ne le crois pas, ce n’est ni envisageable ni même souhaitable. Bien entendu, si j’étais dans le décile le plus pauvre de la population, je dirais sans doute autre chose.

    Tout cela pour dire que dans le système actuel, c’est bien à l’argent qui va à l’argent qu’il faut s’attaquer, et au système d’endettement qui est régi presque entièrement par des entreprises privées, les banques.

    Très cordialement,

    Bruno.

    1. Bruno Lemaire,

      Il faudrait peut-être commencer par définir ce qu’est le talent.
      Il faut bien constater qu’aujourd’hui c’est une logique de guerre — économique — qui oriente très nettement sa définition.
      La définition qu’on en donne, quelque soient les mérites que l’on associe au talent, est d’abord quantitative avant d’être qualitative, parce que le qualitatif est en dernier ressort jugé à l’aune de critères purement quantitatifs. C’est le constat de la disparition de l’économie politique, la science économique et le management confondus dans la technique seule, les effets sociaux éventuellement positifs n’y étant que des sous-produits.

      L’établissement de nouvelles règles du jeu pour le capitalisme financier aura nécessairement pour incidence de
      remettre en cause la définition actuelle car l’argent en allant là où il est le plus utile socialement c’est à dire au service de projets à long terme significatifs en termes d’émancipation individuelle et de bien commun (social et écologique) le qualitatif reprendra la place qui lui revient dans une économie authentiquement humaniste, la première.

      Ce projet vous paraîtra peut-être trop ambitieux, mais au point où nous en sommes il m’apparaît clairement qu’il ne ne peut plus y avoir de demie-mesure.
      Ou bien nous essayons de maintenir le système avec des aménagements périphériques lesquels non seulement ne remettront pas la planète en état mais aussi aggraveront les situations déjà conflictuelles occasionnées par la guerre économiques, ou bien nous nous nous engageons sur la voie d’une remise en cause radicale du capitalisme financier (que vous appelez d’ailleurs de vos voeux) avec toues les conséquences induites, sociales, humaines, économiques qui vont nécessairement de pair. Pour ma part la thèse selon laquelle il y a une alliance objective entre entrepreneurs du CAC 40 et capitalisme financier n’est plus à démontrer. Et il m’apparait que si la mesure phare de Paul Jorion — l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix — devait être appliquée le rapport de force s’établissant au sein du jeu économique tri partite se déplacerait du pôle constitué par les investisseurs et les entrepreneurs vers le pôle constitué par les entrepreneurs et les salariés. Paul s’en expliquera dans un de ses prochains ouvrages, comme il l’a déjà annoncé.

      Bref, ce que je veux dire c’est que les enjeux ne seront plus du tout les mêmes une fois que l’humanité aura fait le deuil de l’ancien système. On peut discuter des mérites de chacun dans l’économie mais il encore faut-il déterminer en vue de quelle finalité, dans quel système. Bien entendu, je souscris entièrement à votre dernière phrase qui me semble une bonne base de discussion ; si tous les profs actuels ou anciens d’HEC convenaient de cette même nécessité ce serait une preuve que les idées proposées et débattues ici font leur chemin 😉

  32. Autre papier-balais, celui de Paul Krugman, qui a consacré sa dernière chronique du 27 décembre du New York Times, « The Big Zero » (le zéro pointé) aux années 2000. Parlant d’une décennie « où nous ne se sommes parvenus à rien et où nous n’avons rien appris. » (en Anglais).

    http://www.nytimes.com/2009/12/28/opinion/28krugman.html?_r=1

    Revenant plus en arrière, dans les années 90, Simon Johnson évoque pour sa part, toujours dans le New York Times, du 31 décembre, « des leçons apprises mais non appliquées ».

    http://economix.blogs.nytimes.com/2009/12/31/by-simon-johnson-lessons-lea/

    Martin Wolf, dans le Financial Times, titrait sa chronique « Comment les années zéro (les noughties) ont été une charnière de l’histoire ».

    http://www.ft.com/cms/s/0/1161315a-effa-11de-833d-00144feab49a.html?ftcamp=rss

    1. Intéressant, le rapprochement Stiglitz / Krugman : deux prix Nobel américains d’économie, crachant tous deux de dégoût sur le désastre financier de leur pays, et l’absence de volonté d’y remédier.

    2. @François Leclerc

      Contrairement à ce qu’écrit Krugman, je pense que nous avons – du moins ceux qui le veulent et sont suffisamment ouverts – beaucoup appris.

      Nous avons en particulier appris que l’argent-monnaie était d’une importance cruciale, et que les classiques et les néo-classiques se trompaient en lui faisant jouer un rôle secondaire, un simple « voile monétaire » n’ayant une influence que sur les prix.

      Nous avons appris que la régulation (ou l’absence de régulation) monétaire était LE problème crucial, et que tant que ce problème ne serait pas abordé de front – indépendamment de l’avidité obscène des « capitalistes » « toujours plus » – il n’y avait pas grand chose à espérer d’autres mesures, aussi importantes soient-eles.

      Cordialement,

      Bruno Lemaire.

      A propos de prix Nobel, et quoiqu’ayant le plus grand respect pour Krugman (pour Stiglitz, c’est autre chose), je ne peux que conseiller la lecture de M. Allais. C’est pas mal non plus.

  33. @Francois Leclerc et @Paul

    Sur le sur le désastre financier de leur pays cité par Krugman sur lequel revient Paul.

    On ne peut qu’être d’accord sur ce point.

    Je ne sais pas, en revanche, si les USA n’ont pas vraiment eu l’envie d’y remédier.

    Le problème c’est que, vu la façon dont la régulation monétaire est faite dans ce pays, comme dans la plupart des autres, vu aussi le fait qu’il s’agit de ne pas toucher à Wall Street – assimilé, à tort – au symbole de la libre entreprise (alors que c’est bien plus le refuge de la haute finance et de la spéculation la plus avide), les USA ne pouvaient rien faire.

    Le slogan « Yes we can » est un très bon slogan, bien sûr. Mais pour pouvoir, il faut vouloir changer complètement de paradigme, et remettre l’économie réelle, et les sphères productives et consommatrices, sur le devant de la scène, au lieu de l’inféoder à la sphère banco-financière.

    Lorsque Marx décrétait: le petit capitaliste doit grossir ou mourir, cela reste vrai, encore plus vrai, de nos jours. C’est donc à l’homme aux écus, au spéculateur, aux « revenus non gagnés » qu’il faut s’en prendre en priorité. Tout le reste suivra, « hopefully ».

    Cordialement, Bruno.

    1. Je viens d’aller voir sur Wikipedia qui il est. Honnêtement, je ne vois rien que nous ayions en commun : je n’écris pas de science-fiction, je n’ai pas été anobli par la reine d’Angleterre, je ne fais pas de donations d’un million de dollars, etc. Pouvez-vous en dire plus ?

  34. Si je comprends bien les bilans des banques sont mensongers puisque des actifs « pourris » y figurent encore avec une valeur irréelle. Les bénéfices de ces établissements sont donc fictifs. Et c’est sur cette base qu’on verse des bonus bien réels aux traders et dirigeants ! Quelle impudence, quel scandale !

    Les traders prétendront bien que les pertes des années passées, provenant des autres métiers de la banque ne les concernent pas, et qu’ils ont eu, eux, de beaux résultats cette année. On peut cependant penser qu’ils n’y sont pour rien : quand l’argent coule à flot des banques centrales et qu’on le dirige vers les marchés (au lieu de le prêter) on est sur que ces marchés vous feront gagner de l’argent.

    Les banquiers me font penser à l’aristocratie de 1788 qui détenait des droits apparement naturels sur les richesses de la Nation. Il a fallu une révolution pour qu’ils en abandonnent une bonne partie. Comment fait-on une révolution contre les banquiers ?

    1. Les deux paragraphes finaux de mon article, « La sortie du capitalisme », dans Le Débat No 157 (pages 17 – 30) :

      Alors on ferme les yeux et l’on touche du bois ou bien l’on prie. On dissimule la gravité de la crise, on dope les efforts de propagande en espérant que si le moral s’améliore, les choses iront peut-être mieux suffisamment longtemps pour que le système tout entier se refasse une santé. Ce faisant, des îlots de prospérité se recréent, par exemple grâce aux commissions colossales que génère la liquidation de l’ancien système, primes touchées par ceux qui furent responsables de sa perte et qui apparaissent encore une fois récompensés, contre toute logique et contre toute justice. Les soubresauts du moribond se poursuivront quelques temps encore et sa survie assistée nous convie, non plus dans la Wall Street florissante d’autrefois mais dans son cadre en ruines, au spectacle renouvelé de tous les excès passés : ceux d’une aristocratie condamnée à terme, s’accrochant désespérément aux dernières bribes de son pouvoir et aux signes passés d’un Âge d’Or définitivement éteint.

      Quand aura succédé au système capitaliste celui destiné à prendre sa suite, la succession de l’un par l’autre n’apparaîtra pas comme ce qu’elle est pourtant : la substitution banale d’un système neuf à un autre cassé, mais comme le triomphe de la Raison : l’évacuation sans gloire d’une classe corrompue, terrassée par ses propres outrances.

    2. Bonsoir,

      Je voudrais juste faire remarquer (pour mon humble défense) que je ne suis (heureusement) pas le seul à dénoncer en ces lieux les odieux privilégiés qui nous volent comme au coin du bois, et ce même sans citer de noms.

      Et ceux qui dénoncent (avec juste raison) les prédateurs déchaînés du moment que sont les financiers cupides, ne sont (heureusement) pas toujours considérés ici comme sottement complotistes, tournant en rond indéfiniment autour de leurs scandales chéris… 😉

      Ça me rassure bien. Merci beaucoup.

      —-

      Bonne année à tous et je souhaite que 2010 voit enfin grandir, dans la tête des milliards d’humains ordinaires, la belle et forte idée d’imposer chez eux la désignation d’une ASSEMBLÉE CONSTITUANTE TIRÉE AU SORT, seule procédure logique pour s’affranchir un jour de la malhonnêteté traditionnelle en matière d’institution du contrôles des pouvoirs.

      Étienne.

      _____________

      Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ?

      Évangile de Luc, 6, 41.
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  35. Ah bon, le hasard ferait mieux que la divine providence mon cher Etienne ? C’est vous qui avez commencé en citant les pitreries de Luc !

    Arf, drôle d’idée de s’en remettre ainsi à la stochastique pour les affaires humaines. Savez-vous qu’un nombre conséquent de branches évolutives n’ont pas perduré à ce petit jeu ?

  36. je prends date: bonne année 2010!
    La Chine basculera en récession cette année, tout simplement parce que la hausse de sa production industrielle de près de 20% en 2009 ne trouvera pas de débouchés.
    Sans doute, c’est cette récession qui précipitera le dollar etc….

    1. L’augmentation de 20% de la production industrielle chinoise ne trouvera pas de débouchés! Meme pas dans son marché intérieur ou dans des démonstrations navales? Vous y allez fort Mr Finckh, vous etes confondant .Va pour une bulle financière ou immobilière mais pas pour une bulle industrielle. Etant contrariant,je prends date sur une reprise du dollar en 2010 et une reprise de la récession du début des ides de mars à la miaou.

  37. « Wall Street embrassait Obama et c’en était fait de lui. »
    La formule est forte !
    Bonne année cher Monsieur !

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