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235 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 21 mai 2010 »

  1. Bonjour,

    Concernant la proposition de résolution du parlement européen (de Mme. Berès) : plusieurs éléments contradictoires me sont venus à l’esprit :

    1) il y a incontestablement dans ce texte de bonnes idées et « propositions » pour l’avenir
    2) le point fâcheux est le suivant : toutes ces idées ne s’inscrivent pas clairement dans un cadre de restauration de la démocratie ; il n’est nulle part question de rétablir un pouvoir démocratique sur toutes ces questions de régulations, pas plus que la problématique cruciale des contrepouvoirs n’est abordée. Or, aujourd’hui, il me semble que cette restauration démocratique est un prérequis au reste : rien de sérieux, c’est-à-dire de porteur d’avenir (un avenir positif s’entend) ne me semble être possible dans le contexte de l’affaiblissement démocratique que l’on vit.

    Cordialement,

    1. Je vous suis totalement sur votre point n°2, c’est d’ailleurs pourquoi les français ont refusé le TCE en 2005. Ce n’est pas parce que le texte de Berès émet quelques idées de gauche, qui sont d’ailleurs toujours d’ordre général, que le recours systématique à la commission est très inquiétant pour la démocratie.

      2. estime que ce dont l’Europe a besoin, c’est de plus d’Union plutôt que de coordination; est d’avis que la Commission, à qui il appartient de définir l’intérêt général européen

      Triplement non, c’est au peuple de décider quel avenir ils se choississent, on a d’ailleurs pu constater le soucis d’écoute des peuples en 2005.
      « Plus d’Union que de coordination », c’est un appel à l’union sacré, sans compromis ou négociation, on sent clairement une pointe d’autoritarisme.
      En vrac, à méditer

      9. juge inopérante la distinction entre institutions financières selon qu’elles comportent un risque systémique ou non

      Quid de la séparation banque de financement et de dépôt?

      7. souhaite favoriser l’innovation financière là où elle permet la mise au point d’instruments simples et transparents permettant de financer l’innovation technologique, l’investissement à long terme, le financement des retraites, l’emploi et l’économie verte;

      Financement des retraites, et si un pays ne veux pas de la retraite par capitalisation, vous voyez à qui je pense…

    2. Tout à fait le même sentiment pour sur votre 2ème point, en vrac des interrogations:

      c’est de plus d’Union plutôt que de coordination; est d’avis que la Commission, à qui il appartient de définir l’intérêt général européen

      souhaite favoriser l’innovation financière là où elle permet la mise au point d’instruments simples et transparents permettant de financer l’innovation technologique, l’investissement à long terme, le financement des retraites

      donc il appartient à la commission, sans légitimité démocratique, de définir l »intèrêt et l’innovation financière doit assurer le financement des retraites.

    3. Pas du tout d’accord avec votre point 2 qui procède d’une erreur assez banale : changer d’abord le cadre pour changer ensuite le tableau. Autant se mettre en hibernation et attendre mille ans ! Le caractère néfaste de la spéculation résulte du fait qu’elle est un jeu : sa nocivité est donc indépendante de tout autre préalable, de sorte qu’il n’y a rien à attendre avant de la rendre illégale.

    4. C’est justement ce que dénonce le point 2, pourquoi faut il changer de cadre institutionnel pour abattre la spéculation?
      Quand à votre argument d’attendre mille ans c’est un peu la fin justifie les moyens. Passer à un système bureaucratique central n’est pas une solution et gage de quelque garantie, vous êtes trop pressé.

    5. Tout à fait d’accord avec le point deux. L’absence de démocratie est tout aussi dangereuse que l’absence de régulation dans la finance. Ce n’est pas parce que nous avons une urgence que nous devons nous autoriser à passer sur la représentativité des personnes qui décident. les conséquences seraient trop graves.

    6. @Galien : vous n’avez pas compris le point 2 qui fait de la « restauration démocratique () un prérequis » : moi je dis le contraire ! Pas de prérequis nécessaire pour s’attaquer à la spéculation !

    7. @Armelle : « L’absence de démocratie est tout aussi dangereuse que l’absence de régulation dans la finance. » : Ce fameux point 2 discute d’une question de priorité, il fait du « rétablissement » des démocraties une condition sine qua non pour tout le reste. C’est tout à fait contestable, et formellement sans intérêt puisque nous sommes en démocratie.

    8. VB dit que si l’on donne le pouvoir à des instances européennes pour s’occuper de la finance, elles DOIVENT être démocratiques et représentatives, aujourd’hui ce n’est pas le cas avec commission.
      Je pense que vous faites preuve de naïveté si vous pensez que les instances ACTUELLES de l’U.E. puissent tendre à un changement réel en matière économico-sociale.

    9. A bien y regarder – je veux dire à regarder le mode de nomination – les membres de la Commission ne sont pas moins légitimes que les ministres en France par exemple. Et désormais sous le contrôle du Parlement européen. Alors venir encore nous bassinez avec ces arguments démago de Démocratie et de « parole aux peuples », c’est rigolo …. et triste.

    10. Crapaud rouge
      La démocratie n’est jamais instituée d’une façon définitive. Elle ne se décrète pas, elle doit être sauvegardée dans toute nouvelle organisation politique, organisationnelle ou toute nouvelle loi.
      Si la régulation de la finance est effectivement pour l’exercice de plus de démocratie, elle ne doit pas se faire dans un cadre qui ne l’est pas, à mon sens.
      Simorg (ou Armelle de l’ordinateur du boulot).

    11.  » Si la régulation de la finance est effectivement pour l’exercice de plus de démocratie, …  » quelqu’un peut-il m’expliquer cette phrase ?

    12. Il faudrait savoir pourquoi il faudrait à tout prix créer un Empire sur le continent européen, au détriment de l’indépendance des nations. Ceux qui pensent que c’est pour éviter 14-18 et 39-45 croient aux « histoires- de- méchants- et- de- gentils- où -c’est -les -gentils-qui-gagnent ».

    13. @ Didier,

      Certes, en France, les ministres sont nommés par la chef de l’Etat, qui est, notez le bien, élu par le peuple. Les membres de la commission ne sont nommés par aucune personne tirant sa légitimité d’une élection populaire et ne peuvent pas, à ma connaissance, être démis de leur fonction par le parlement de Strasbourg.
      Comprenez bien ma position : le problème n’est pas tant de savoir qui est élu ou désigné par qui, que celui de savoir qui est responsable devant qui.
      Les institutions européennes sont, selon moi, problématiques parce que les instances exécutives en place ne sont contrôlées et limitées par aucun contrepouvoir populaire. Les règles (règlements, directives etc.) ne sont soumises à l’appréciation d’aucun peuple. Et l’inflation législative sévit autant en Europe qu’en France.
      Quant au cas de la France : le jeu institutionnel est, pour des raisons variées, grippé ; les contrepouvoirs en place étant de moins en moins opérant.
      Les raisons exposées ci-dessus expliquent ma position : nous vivons, actuellement, un déficit démocratique.

      Cordialement,

    14. A tous ceux qui me répondent ci-dessus : vous avez décidé de me rendre fou, ou quoi ? C’est un complot ? Si oui, dites-le vite, parce que je suis très soupe au lait, je fais exploser le blog !

      Or donc, de quoi s’agit-il ? VB a découvert un « point fâcheux », à savoir qu’il conviendrait de procéder, avant toute chose, à une « restauration démocratique », parce que, dit-il, c’est « un prérequis au reste ». Or, dans le « reste », il y a les objectifs de ce blog, en particulier l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix, ie: la spéculation.

      Ca va, jusque-là, vous avez compris ? Je peux continuer ?

      Or donc, j’explique ci-dessus que :

      Le caractère néfaste de la spéculation résulte du fait qu’elle est un jeu : sa nocivité est donc indépendante de tout autre préalable, de sorte qu’il n’y a rien à attendre avant de la rendre illégale.

      – « indépendant », ça veut dire quoi ?
      – Ben… que ça n’a rien à voir avec le « reste ».
      – Bravo ! Et si ça n’a rien à voir avec le « reste », alors ça n’a rien à voir avec la « restauration démocratique » dans laquelle VB voit un « prérequis » indispensable, nécessaire, crucial et capital pour que le « reste » soit possible.

      Bien sûr qu’il y a énormément à redire sur l’état de nos démocraties ! Bien sûr, nous sommes gouvernés par le grand capital ! Mais enfin, bon sang de bon soir de scrogneugneu, si on attend d’avoir d’abord détrôné le grand capital, il ne se passera jamais rien !!!

      On doit à Paul Watzlawick d’avoir identifié le type d’argumentation que VB utilise ici. Tellement banal et simple à comprendre que c’est l’une des 4 citations de Watzlawick recensées sur Evene :
      En nous efforçant d’atteindre l’inaccessible, nous rendons impossible ce qui serait réalisable.

    15. Je rejoins « Crapaud rouge ».

      Dans les gouvernances, qu’elles soient d’entreprises et/ou de communeauté, l’idéal « un homme-une voix » est utopique.
      Ce dont nous avons besoin c’est de réels CONTREPOUVOIRS !
      Organisés, légaux et efficients.

    16. @ VB : juste trois petites remarques pour ne pas traiter le sujet européen ici :

      1/ Barnier a été nommé par Sarkozy;
      2/ avec Lisbonne, la Commission est « approuvée » par le Parlement et partage son pouvoir avec celui-ci – et souvenez vous de ce qui est arrivé à la Commission Santer !
      3/ les Directives et autres sont surtout faites et approuvées par le Conseil des ministres

      Bon, d’accord, je lis ici souvent que Mme Lagarde n’est pas très légitime 🙂

    17. Crapaud Rouge veut faire exploser ce blog AVANT le capitalisme. Prenons les choses dans l’ordre Crapaud Rouge SVP – je suis avec vous 😉

    18. Bonjour,

      @ Didier :

      « 1/ Barnier a été nommé par Sarkozy;
      2/ avec Lisbonne, la Commission est « approuvée » par le Parlement et partage son pouvoir avec celui-ci – et souvenez vous de ce qui est arrivé à la Commission Santer !
      3/ les Directives et autres sont surtout faites et approuvées par le Conseil des ministres »

      => Oui, vous avez en partie raison : pour ce qui concerne les nominations mais la question des responsabilités reste entière :
      => la Commission est approuvée par le parlement ne signifie pas que le parlement a un pouvoir de proposition concernant les membres de la commission.
      => la Commission partage son pouvoir d’initiative réglementaire avec le Parlement ne signifie pas une responsabilité des membres de ladite Commission devant le Parlement européen.
      => les directives et autres ne sont pas « surtout faites par le Conseil des ministres » : renseignez-vous.

      @ Alain Loréal :

      En effet, notre plus grande protection résiderait dans la restauration d’un jeu institutionnel sain fait de contrepouvoirs effectifs ; nous en sommes loin. La seule valeur fiable est l’existence de contrepouvoirs institutionnels efficaces : il faut le dire et le redire.

      @ tous :

      Nous vivons une époque historique de « convergence » des grands problèmes de notre Société : les problèmes financiers et institutionnels se conjuguent désormais au présent.
      Le problème est double : résoudre la question financière et la question institutionnelle.
      Concernant la haute finance (ou le grand capitalisme : ce qui revient à peu près au même) et le politique (qui sont, sauf en France, de moins en moins partie liée pour les raisons que vous connaissez) : pour l’instant le tableau renvoi l’image d’ennemis qui se regardent en chiens de faïence, chacun guettant le premier faux pas de l’autre pour en tirer profit.

      Le danger pour nous est qu’un corps, au demeurant peu légitime ou pas légitimé par tous (ce qui peut revenir au même), n’utilise la résolution de l’un des deux problème pour asseoir son autorité par la force en tirant une pseudo légitimité de la résolution partielle ou totale de l’un des deux problèmes.
      Le pion le mieux positionné pour prendre un pouvoir autoritaire me semble être le pion politique, mais je peux me tromper.
      Le déficit démocratique de nos institutions, auquel nous nous sommes léthargiquement habitués, pourrait, à ce moment précis, se payer très cher : se payer au prix de notre liberté de mouvement (après avoir déjà plus ou moins perdu celle de penser).

      Je vous ai ainsi dressé un portrait assez sommaire mais que je pense réaliste, et que je ne souhaite pas polémique, de la situation d’ensemble ; vous pouvez réagir, et c’est même l’objectif essentiel de ce blog que de permettre aux gens de réagir.

      Cordialement,

    19. @Didier « Si la régulation de la finance est effectivement pour l’exercice de plus de démocratie, … » quelqu’un peut-il m’expliquer cette phrase ?
      Si la finance cesse de peser sur les Etats (ou pèse moins), alors les Etats gagnent en indépendance. C’est un plus de démocratie. La main mise de la finance non régulée sur le politique n’est certainement pas bon signe sur cette question.

    20. @ Simorg : merci – bon, je comprends votre logique mais là où je cale c’est le lien entre finance et Démocratie, je veux dire : se libérer des contraintes liées à la finance relève de la POLITIQUE, pas du système qui légitime cette politique. Nous vivons sous l’influence (contraintes) d’un marketing forcené. Dit on qu’il est contraire à la Démocratie ?

    21. L’ ‘échange, passionnant, montre bien
      l’incompréhension engendrée par les idées fixes,
      raisonnables mais superficielles, ou par charité,
      étroites.

      Je suis entièrement de l’ avis de Crapeau Rouge.
      Sous une autre forme:
      L’extrémisme des bonnes intentions nous expose
      à n’atteindre la perfection que dans un cimetière.
      Pour le cas d’espèce et pour l’instant,
      je prétends que la Démocratie, on s’en balance.
      Je pense que « cintrer » la finance est d’ urgence
      extrème. « le feu est dans la demeure ».
      Son pouvoir de corruption compromet
      le fonctionnement même de la Démocratie.
      A la question « Que faire pour améliorer la Démocratie ? »
      la réponse évidente est « Replacer la finance
      dans le champ de la Loi formelle et commune. »
      Son impunité doit cesser, la spéculation
      doit cesser, sa « complexité » doit cesser.
      Tous ses moyens d’extorsions, de transferts et
      de concentration des richesse doivent être encadrés.
      C ‘est légitime et démocratique.
      (Ce but n’est pas pour autant la fin de l’ histoire.)
      Nos représentants, tous dotés de la légitimité
      du suffrage, ne se comportent pas en responsables
      démocratiques. Ils alimentent les mouvements
      pré-insurectionnels , tels les Tea-parties.
      Dans une optique nationaliste, l’accusation
      de sape ou d’ affaiblissement des intérêts communs
      dont ils ont la charge paraît fondée.

      On comprend que la phrase
      « je prétends que la Démocratie, on s’en balance. »
      n’est que le résultat d’un échelonnement
      opératoire,  » pour cet instant ».
      ( Il me semble que dans le très long pensum
      PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN,
      par Pervenche Berès, la litanie des « vu… » aurait
      pu être remplacé par un unique « vu l’urgence ». ).

      Remarques:
      l’intervention de Alain Loréal,
      commençant par « Je rejoins « Crapaud rouge ». »
      m’est incompréhensible, en restant dans la logique
      de Crapaud rouge. Mystère.

      La démocratie est-elle transmissible par désignation
      bureaucratique ? si oui, jusqu’à quel degré ?.
      Je crois, comme l’établissait la première constitution
      française non appliquée, que chaque emploi
      de nature politique devrait être pourvu par le suffrage.
      La Commission est hautement politique.

      La présence, souhaitée et sollicitée par la Commission,
      de groupes de pression catégoriels, dotés de moyen financier
      sans commune mesure, perverti l’exercice de la
      démocratie.

    22. Didier : « Là où je cale c’est le lien entre finance et Démocratie, je veux dire : se libérer des contraintes liées à la finance relève de la POLITIQUE, pas du système qui légitime cette politique. Nous vivons sous l’influence (contraintes) d’un marketing forcené. Dit on qu’il est contraire à la Démocratie ? »

      Nous sommes obligés de nous entendre sur la définition que nous donnons aux termes. La démocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple. Sur ce terrain c’est facile.
      Lorsque vous parlez de la politique, à quoi pensez-vous ? La politique selon Aristote c’est à dire l’Etat ? L’avantage est que cette définition est précise. La politique est-elle pouvoir (autorité) ? ou bien relève-t-elle de la définition qu’en donne Werber par exemple : « est politique un groupe de domination dont les ordres sont exécutés sur un territoire donné par une organisation administrative qui dispose de la menace et du recours à la violence physique. »
      Est-on sur le terrain des sciences politiques (doctrine de l’Etat et du Droit), de la sociologie politique…. ?
      Selon, le diagnostic des « contraintes » comme vous dites ne sera pas le même.

    23. Je souhaite préciser, pour ne pas faire « péter les plombs » chez Crapaud rouge, (loin de moi cette intention), que je ne nie en rien que feu est dans la demeure et qu’il faut actionner les sirènes. Mais à force de passer outre le contrôle ou le pouvoir du peuple, des conséquences néfastes peuvent apparaître très vite. Car tout le monde il n’est pas gentil… A force d’accumuler les « entorse » à enfreindre la constitution au nom de l’urgence, surtout dans la confusion que nous vivons actuellement, nous risquons une déviance voire même un écroulement du régime démocratique. On s’habitue au manque de vigilance. La plupart d’entre nous n’a pas connu le totalitarisme nous n’avons pas vécu cela dans notre chair.
      Nous ne devons pas oublier qu’une légère modification de la constitution sous la 3è République, un peu trop rapide, a été l’occasion rêvée pour un certain Pétain, d’œuvrer à son idée. Pardonnez-moi cette comparaison violente.

    24. Bonjour,

      @ Daniel :

      Votre intervention est, comme souvent, instructive et éclairante. Est-ce moi que vous visez dans votre assertion selon laquelle : « l’incompréhension engendrée par les idées fixes, raisonnables mais superficielles, ou par charité, étroites » ?
      Si oui, je ne savais pas avoir la charité étroite ou les idées fixes superficielles ; mais bon, on en apprend sur soi tous les jours, je dois donc probablement souffrir d’un déficit de communication utile (ou le marketing serait finalement nécessaire voire même indispensable ! 🙂 ).

      Plus sérieusement, l’État bureaucratique et technocratique me semble tout aussi dangereux que la haute finance ; évidemment, aujourd’hui et depuis longtemps déjà, l’Etat technocratique semble être au service de la haute finance. Tout le monde en déduit que remettre la haute finance à sa place permettra à l’Etat de redevenir démocratique. Cette idée est fausse : fausse parce que les fondamentaux de la démocratie, à savoir l’existence de contrepouvoirs efficients, n’existe plus ni dans les faits (institutions), ni dans les mentalités (comme brillant résultat d’un efficace travail de sape effectué au niveau de la formation des « zélites » et descendu, comme valeur à suivre, dans tous les échelons de la société). Où l’on en revient à ce que M. Jorion dénonce : la perte des valeurs d’intégrité et de courage de la civilisation occidentale.

      Cordialement,

  2. je suis tombé sur une note de d’Edhec Risk concernant l’interdiction des ventes nues.

    http://docs.edhec-risk.com/mrk/000000/Press/EDHEC_Position_Paper_Short_Sale_Ban.pdf

    La méthodologie reste à vérifier mais elle offre un point de vue différent de ce qui se lit sur ce blog.

    Les conclusions de cette étude sont les suivantes:

    En s’appuyant sur les résultats de nombreuses études académiques ainsi que sur ses propres recherches, telles que le position paper publié en mars 2010 par le professeur Abraham Lioui intitulé « Spillover Effects of Counter-cyclical Market Regulation: Evidence from the 2008 Ban on Short Sales », EDHEC-Risk Institute considère que les mesures unilatérales prises par la chancelière Merkel sur les marchés de la gestion de la dette souveraine, tant sur les ventes à découvert d’emprunts que sur les credit default swaps (CDS), sont contreproductives, incohérentes et de nature à freiner la croissance européenne.

    Contreproductives

    Outre le fait que la divergence avec les autorités américaines sur ces questions laisse peu d’espoir que les mesures soient effectives, EDHEC-Risk Institute estime que cette interdiction pose de nombreux problèmes et se heurte à des obstacles juridiques et pratiques qui la rendent inapplicable voire contreproductive :

     Il sera impossible, pour les intermédiaires et au final pour les régulateurs, de vérifier l’existence chez les investisseurs des titres représentatifs du risque supposé être couvert par le CDS.
     Une stricte obligation de couverture par les CDS des risques des emprunts des états empêcherait par voie de conséquence ces derniers d’émettre de la dette sur des échéances longues car le marché des CDS est peu liquide sur des protections à plus de 10 ans.
     Cette interdiction rend plus difficile une gestion active du risque de taux d’intérêt de la dette par les états car leurs contreparties ne peuvent alors plus se couvrir contre le risque souverain des swaps de taux qu’elles auraient signés. Or, cette gestion active de la courbe de taux est un élément important de l’optimisation du coût de la dette publique.
     En complexifiant et en rendant plus difficile le marché des couvertures de risque de défaut on risque de priver le marché de la dette des états dont les notations ne sont pas bonnes, d’investisseurs et donc de liquidité, ce qui renchérira inévitablement le coût de cette dette.

    Incohérentes

    Alors même que dans une lettre au Professeur Noël Amenc, directeur d’EDHEC-Risk Institute, le 5 mai 2010, le commissaire européen Michel Barnier a confirmé qu’un « groupe d’experts de la Commission s’est vu confier la mission d’étudier les effets des CDS sur la formation des cours et la liquidité du marché obligataire sous-jacent », la décision unilatérale de la chancelière Merkel, qui rend responsable le fonctionnement du marché de la dette souveraine des difficultés de l’euro et du renchérissement du coût du crédit pour certains pays européens, est incohérente.

    Une fois de plus, les décisions de régulation financière sont basées plus sur des a priori et des postures populistes que sur une analyse objective des faits. De ce point de vue, la position du président de la Commission qui, sans se soucier des travaux lancés par le commissaire Barnier sur le sujet, soutient le raisonnement de l’Allemagne, paraît peu compatible avec la nécessaire solidarité de la Commission et la cohérence de la politique européenne.

    Frein à la croissance européenne

    Une interdiction de vente « nue » définie très strictement empêcherait tous les investisseurs qui financent des investissements publiques ou des entreprises qui signent des contrats avec des états ou des entreprises publiques de se couvrir contre le risque de défaillance de leurs contreparties. Au moment où les partenariats publiques et le financement privé des infrastructures publiques est décrit comme un des moteurs de la croissance mondiale, la réduction de la capacité à gérer le risque souverain risque au mieux d’en renchérir le coût, au pire d’en fortement ralentir le développement.

    Cette limitation à la couverture du risque pour les entreprises exportatrices de biens d’équipements, assurant des grands contrats à l’international avec les collectivités publiques, ainsi que pour les établissements de crédit qui les financent, est de nature, si elle était généralisée, à freiner ou rendre plus difficile les exportations d’un grand nombre de pays au sein de l’Union.

    1. Pierre, je m’excuse mais… c’est l’EDHEC. Donc, tout ce qui peut réduire la liberté de la finance ne leur plait pas spécialement.

      Juste un contre-argument général : pourquoi avoir besoin d’une couverture si l’on connait un risque.??
      (je fais me faire tuer par les assurances, avec un argument comme cela..)

      Regardez sur quelles « données » ils appuient leur « étude » et vous verrez qu’elles sont fausses car non circonstanciées.
      Déjà, des cours de bourse….

    2. Il n’est pas question, à ma connaissance, d’interdire les instruments de couverture (y compris les CDS) contre le risque réel. Les « positions nues » sont clairement identifiées comme nocives par le gouvernement allemand, pas les autres. Mais les observateurs favorables au statu quo sont favorables à la préservation de l’ensemble des CDS au motif qu’ils ‘créent de la liquidité’ susceptible de stimuler la croissance. C’est là que situe le hic: l’EDHEC Institute se complaît à mêler les uns aux autres, comme d’ailleurs la plupart des ‘économistes’ conventionnels. Cela permet de ne pas examiner le fond de la question.

      Paul Jorion n’a jamais, pour sa part, rejeté les CDS en bloc, il existe des CDS à fonction vraiment assurancielle, ce qui les rend légitimes, et il y a les CDS ‘nus’ qui n’assurent aucun produit et dont le rôle est donc purement spéculatif. La plupart des observateurs hésitent à examiner cette distinction, et pour cause! Ils seraient bien forcés de reconnaître que la grand majorité des CDS en circulation n’assurent rien du tout.

      J’admets que l’interdiction appliquée aux avoirs des banques allemandes concernées peut prêter à confusion: Mme Merkel protège ses ouailles (et financeurs) sans doute avec l’objectif de ‘geler’ la situation peu glorieuse des banques allemandes, mais dans le cas de l’interdiction des CDS nus concernant les titres de dette souveraine, il n’y a aucune ambiguïté: il s’agit bien d’une tentative de défense de taux d’intérêt plus ou moins acceptables (ils sont encore trop élevés, malgré un mieux certain), et, en ce sens, la position allemande n’est pas critiquable, du moins si l’on considère que la défense des Etats compte davantage que celle des ‘investisseurs’. A ce jour, ce n’est évidemment pas le cas de la France, dont il n’y a pas lieu d’être fier. L’excuse de l’absence de concertation préalable avec les partenaires européens ne tient pas. Si l’on a une vision claire des choses, rien ne justifie le refus de rejoindre Merkel. L’absence d’arguments valables opposés à la décision allemande est bien là pour le prouver.

    3. Non spécialiste mais doté d’un cerveau, je m’interroge sur plusieurs point de l’Edhec Risk Institute.

      Par exemple la conclusion suivante:
      « En complexifiant et en rendant plus difficile le marché des couvertures de risque de défaut on risque de priver le marché de la dette des états dont les notations ne sont pas bonnes, d’investisseurs et donc de liquidité, ce qui renchérira inévitablement le coût de cette dette. »

      NOter l’incertitude dans l’affirmation et observons in vivo.
      L’expérience a prouvé que « le marché » a été incapable de noter convenablement les états (Grece etait AAA jusqu’à il y a quelques mois aujourd’hui proche du spéculatif-pourri, Titrisation Goldman Sachs , pour ne parler que de deux exemples tres médiatisés. « visible », .
      Cette non efficence du « marché-agences de notations », avérée, a mesurer le risque, rend donc le système d’une prévention basée sur des CDS, bien inutile. Par ailleurs le système existant aboutit de facto à un renchérissement des coûts de dettes (taux grecs de 7à 15%) les mécanismes spéculatifs expliqués et étayés ici confèrent donc une énorme instabilité du système, et son inefficace car profondément « divergents ».

      De plus le paragraphe « incohérentes » emiple des affirmations non étayées. L’opposition entre la déclaration de mr Barnier et la décision de l’Allemagne ne saurait faire oublier la pleine souveraineté de la République Fédérale, dans l’état actuel des traités.

      Enfin globalement en quoi interdire la position « nue », prive t’il l’existance d’un système assurantiel contre les défauts d’emprunts?. Je ne vois pas (ou ne comprends pas) le mécanisme.

      Petite question: quelle est la répartition des CDS nus sur l’encours de CDS?

      Dernière question: L’Edhec Institute Risk a t’il vu venir le risque systèmique financier avant la crise?

    4. @Pierre : « elle offre un point de vue différent de ce qui se lit sur ce blog. » : merci de nous apprendre que tout le monde n’est pas d’accord avec « ce qui se lit sur ce blog »… Mais vous-mêmes, qu’en pensez-vous ?

    5. Plutôt que de demander à l’EDHEC, demandez directement à Soros. Il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints.

    6. Franchement, ils sont bien gentils avec leur clientèle à l’EDHEC, et on veut bien les comprendre, mais que valent leurs ratiocinations vaseuses en face des 185Mrds de $ du krach AIG !!!
      Ça me semble suffisant comme démonstration, non?!?
      Qu’ils aillent expliquer ça à leurs anciens élèves de la SG de la BNP ou de CASA en cours de rattrapage, et que Barnier vienne sur ce blog plutôt que faire des mamours à cette bande de prêcheurs avariés!!!

    7. Bon, ok, faut savoir tenir compte de l’argumentation adverse, alors j’ai commencé à lire. Mais ça coince vite : « En s’appuyant sur les résultats de nombreuses études académiques… » : elles sont foireuses depuis 30 ans les « études académiques ». Bon, alors, je continue à lire ou pas ? Je continue. Zut, de l’anglais. Tant pis, je saute à : « sont contreproductives, incohérentes et de nature à freiner la croissance européenne. » Alors là, ça va pas bien non plus, parce que : 1) « contreproductif » est l’argument massue passe-partout ; 2) « incohérentes » évidemment puisqu’ils raisonnent à partir d’autres présupposés ; 3) « frein à la croissance européenne » : répétition de l’argument 1 puisque le seul but est la croissance. Je continue quand même. Et toc, déjà un argument RIGOLO : « peu d’espoir que les mesures soient effectives » : si elles ne peuvent pas être « effectives », elles ne risquent pas d’être contreproductives.

      Bon, allez, stop, halte au feu. Tissu d’âneries. Point barre.

    8. Ces spéculateurs qui nous bassinent d’être rémunéré de leurs risques, tout en s’assurant contre leurs risques , ce qui inévitablement rajoutent encore des frais sans pour autant minimiser la rémunération initialement facturée des soit-disant risques, ce jusqu’à carrément se prémunir contre des risques de risques dont ils n’ont aucun risque puisque sur des investissements qui ne les concernent pas ceux des investissement pris, …
      cela pour rajouter par dessus de la facture du risque à investir, après l’ajout de la couverture du risque éventuellement pris, l’ajout de la couverture d’un risque extérieur à l’investissement pris, …
      ne pourraient-ils pas se contenter de réfléchir avec leur têtes de ce dans quoi ils investissent ??

      Si l’objet des investisseurs est vraiment de se gargariser du risque, au point de se prendre au sérieux d’en être jusque d’investir de se couvrir contre des risques pour lesquels ils n’ont aucun risque , c’est que la financiarisation libérale est aussi ravagée que ne l’était celle de la papauté catholique lorsqu’elle vendait ses indulgences …
      Peut-être que la papauté de cette époque défendait son commerce d’indulgences, comme un indice opérant et très significatif de la bonne ou la mauvaise notation du crédo catholique, avec le même aplomb que certains financiareux défendent aujourd’hui leurs ventes à découvert ???

      La financiarisation libérale investit désormais le fétichisme, et scrute la mesure de ces investissements fétiches comme un des indices à faire-valoir de la bonne notation des investissements financiers ???

    9. Si on fait un résumé objectif des arguments avancés par nos « experts de l’institut du risque » (ou risque institué peut -être!) , on obtient quoi?
      « Bon arrêtez de nous titiller avec vos c….ies, sinon on achète plus de votre daube ou on vous le fait payez très cher! Capito? »
      Genre la pythie de Delphes avec un pistolet à eau! Mais ça marche!

    10. Pierre,
      Comme je l’ai dit sur mon blog, le problème des CDS qui n’est qu’une extrapolation des options PUT, ce n’est pas qu’elle soit une assurance, mais que le client et le fournisseur de l’assurance est le même.
      S’assurer en tout, contre l’imprévisible, c’est justement ce qu’il faut faire.
      Pas dans le cas, où, il y a intérêt de faire faillite pour le client.

  3. Bonjour monsieur Jorion,

    Vous avez raison. L’inquiétude provoquée par l’actualité, l’angoisse même, alors que les échéances se rapprochent manifestement, porte beaucoup de commentateurs à souhaiter le pire. Cela m’arrive régulièrement d’ailleurs. Le déni de la situation par le plus grand nombre, la peur d’un avenir incertain (peut-être plus forte pour ceux qui comme moi sont jeunes, ne sont ni rentiers ni possédants ni blasés et seront les premiers et les plus durement touchés) et la frustration de voir les choses se faire dans la bêtise, la cupidité, font que parfois oui : on peut souhaiter que tout cela prenne fin avec autant de violence que nous avons de colère et de frustration en nous. C’est humain du reste : nos sentiments et nos émotions nous tiraillent…

    Merci de rappeler qu’il faut toujours penser « constructif ». Vous avez probablement raison, la direction que prennent les choses sur l’initiative allemande semble être la bonne, A. Merkel a vraiment l’air déterminé d’ailleurs, mais j’ai du mal à y croire : j’ai tendance à penser maintenant que le rapport de force est de toutes façons trop peu en faveur de ce type d’initiative. J’espère que les évènements à venir vous donneront raison.

    1. Oui, « Cap au pire » disait beckett ?

      http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9553

      L’autre politique : Il vaudrait mieux accroître les salaires qu’augmenter les dettes publiques

      (Patrick Artus, Natixis)
      jeudi 20 mai

      Dans la totalité des grands pays de l’OCDE, le partage des revenus se déforme ou va se déformer au détriment des salariés.

      La hausse induite de la part des profits dans le PIB est dans la plupart des pays peu utile, car elle ne finance pas un supplément d’investissement des entreprises en raison de la situation d’excès de capacité de production. L’affaiblissement de la demande des ménages qui résulte, d’abord de l’arrêt de leur endettement, puis maintenant de la déformation du partage des revenus, est une des causes essentielles des déficits publics et de la hausse des taux d’endettement public.

      Compte tenu de la situation des finances publiques, il serait efficace d’éviter la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, ce qui soutiendrait la demande privée et contribuerait à la réduction des déficits publics.

      ================================

      Et ainsi l’on provoque une inflation, c’est ce que j’ai préconisé hier.

      Taxer le capital est aussi peu rentable surtout lorsque la bourse chute.

      Le système est fichu, parce que la demande global basée sur la rémunération du travail est toujours inférieure à l’offre globale, mais l’on pourrait survivre il me semble, encore un peu avec une politique inflationniste, l’inflation étant l’unique indice permettant de dire que la demande solvable existe….

  4. Votre position, Mr. Jorion, est essentiellement social-démocrate.
    Votre désir le plus cher est de continuer -le socialisme est une transition- dans le mode de production capitaliste. Ce mode que vous ne parvenez toujours pas à saisir comme séparation en classes et exploitation d’une classe par l’autre.
    Pendant ce temps : les guerres continuent, la terre est saccagée, le pétrole coule à flot, etc…
    Vous prétendez, honteusement, que vouloir l’écroulement de ce mode de production c’est vouloir la « politique du pire ». En fait la politique du pire c’est le mode lui-même.
    Et si vous pensez être modéré et humaniste, vous êtes comme la classe possédante pense être, éclairée, rationnelle, bien-pensante vraiment, sur fond de misère, de ravages et répression tous azimuts. Vous voulez encore un peu de tout cela, car d’une part vous ne pouvez pensez un dépassement (malgré, ou à cause de votre horizon universitaire), d’autre part vous appartenez à la classe exploitante, ou du moins vous fréquentez ces sphères.
    Le modérateur ayant censuré un commentaire mien à propos d’un billet du social-démocrate portugais Coelho, je me suis abstenu depuis. Je ne peux que constater ce que je savais déjà : la connivence est de mise dans ce milieu.

    1. Bien dit ! 🙂 Vous avez su mettre des mots sur ce que je pense depuis pas mal de temps sur ce blog…

    2. « Ce mode que vous ne parvenez toujours pas à saisir comme séparation en classes et exploitation d’une classe par l’autre. » : impossible d’imaginer plus criante contre-vérité à propos de Paul, mais bon, je sais ce qui vous fait dire ça : avec des gens comme vous, il faut utiliser le mot exploitation toutes les 3 lignes sinon on n’est qu’un vendu à la classe bourgeoise.

    3. Camarade communication, Je lis que P. Jorion déclare : « Le capitalisme meurt sous nos yeux et nous entraîne dans sa perte. Toute tentative de rafistolage du système épuisé ayant implosé devant nous, sera certainement douloureuse et plus que certainement, vaine. » On trouve la citation sur Bellaciao.
      C’est un faire-part y compris aux représentants du Kapital. Ça n’a rien de typiquement social-démocrate comme annonce ! Quelque chose cloche dans ta façon de « savoir » le désir le plus cher de P. Jorion. Même bien caché, je doute que ça ne transpire pas dans ce qu’il écrit, car je ne connais pas de façon de savoir, d’apprendre, le plus cher désir d’un quidam, sans écouter ce qu’il peut en dire lui-même, actes inclus, à son insu compris. Or P. Jorion ne rejette pas Marx, il suffit de lire qu’il l’utilise à sa sauce comme toute lecture active. Ta leçon « morale » est pénible et hors sujet. L’avenir n’est pas mécanique et c’est pourquoi le « faire savoir » qu’est le pari de ce blog concoure à l’érudition des consciences. C’est peu de chose, juste une brise. Et sur la politique du pire, ceux qui en souffrent le plus, ne sont pas ceux dont tu souhaites la disparition. Pour un 89 ou un 17, il faut des circonstances extraordinaires, et ce n’est pas le cas. Zelaya était à Cuba récemment et Allende ne bougera plus. « L’hypothèse communiste » selon l’expression de Badiou n’est pas écrite ; nouvelle mutation du capitalisme ou transition vers autre chose…à suivre. Je me débranche 3 jours. Invente plutôt une critique du tryptique de P. Jorion rentiers/entrepreneurs/travailleurs.

    4. question pertinente…

      monsieur jorion, pensez vous la terre capable de supporter le logique capitaliste un siècle de plus (combien même vous arriveriez à donner un cadre à la finance) ? et si oui, pensez vous que les solidarités humaines traditionnelles (vous savez, ces machins qui font qu’on ne fonctionne pas que sur un mode de la guerre de tous contre tous) capables d’y résister ?

    5. @comunisation
      Votre radicalité vous honore et j’y cède moi même le plus souvent, ne pouvant refréner une instinctive jubilation à chaque râle déchirant de la bête capitaliste agonisant, au moindre craquement sinistre annonciateur du grand effondrement…

      Mais comme dit Paul, difficile de ne pas penser à la somme des souffrances des plus innocents qui accompagne déjà, et plus encore demain, cette chute. La transition avec « autre chose » doit limiter, autant que faire ce peut, ces souffrances.L’idée que c’est de cette accumulation de souffrance que germera la conscience, mère de la révolte est séduisante mais perverse, dangereuse et fausse. C’est la politique du pire, et le chaos qui en résulte est toujours profitable à l’empire dominant. Ce dernier est passé maitre pour rebondir sur le chaos, quitte à le provoquer lui même…

      C’est dans un tunnel, un passage obscur, que nous sommes et tous sur ce blog s’impatientent de trouver une lumière, plus diffuse, naturelle et douce que celle, cruelle à nous bruler les yeux, des projecteurs manipulés par le grand capital. Ce temps viendra, mais gare à ne perdre personne en route… A trop accélérer le pas, certains préfèreront faire demi-tour, ou pire peut-être, s’arrêter dans des zones des plus obscurcies…

      Dites vous plutôt que Paul, dans ce qui vous apparait comme de la modération coupable, est peut-être, grâce à celle ci et à l’audience dont elle lui permet de bénéficier, un compagnon de route utile à la lutte que vous voulez mener. Mieux vaut avancer caché et s’associer à ceux qui peuvent vous aider contre un adversaire commun (je sais, vous auriez dit ENNEMI…). L’heure du combat éternel, radical/modéré, viendra en son temps…

      Les bolchéviks se sont servis des mencheviks, non? Le monde ne peut se diviser entre ennemis, camarades et traitres. Il n’y a que des participants, des intérêts, des conflits et des circonstances…

    6. Alors là, communisation lorsque je lis un tel commentaire, les bras m’en tombent !!! (là, je tapote le clavier avec les pieds !)

      Bon pour que vous ne soyez pas venu pour rien, quelques textes de Paul, qui remettront les pendules à l’heure ! Et surtout ne vous privez pas de lire l’ouvrage de Paul concernant cette crise.

      Excusez-moi mon vieux, mais vous êtes complètement à côté de la plaque…Paul social-démocrate !!!

      ouarf,ouarf,ouarf ! Pourquoi pas démocrate -chrétien pendant que vous y êtes, allez sans rancune et merci pour la crise de rire !

      les liens vers les textes que vous DEVEZ absolument lire…(sinon la prochaine fois c’est le goudron et les plumes!)

      DB, profitez-en aussi…

      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2216&var_recherche=paul+jorion

      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1913&var_recherche=paul+jorion

      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2296&var_recherche=paul+jorion

      bon w-e à tous !

    7. à communisation
      je ne vois pas les choses comme toi comme ça, mais je comprends aussi très bien ce que tu dis..
      je dirais donc que ce n’est peut-être pas l’endroit, et aussi qu’il faut bien travailler à tous les étages…
      ou encore peut-être que le mot « transition » est un peu fade, que celui de « transfiguration », qui porte plus de la remise en cause de l’existant, d’un sens plus favorable à celui de révolution, … mais bon, il faut bien décrire le passage, essayer d’ouvrir les chemins, tirer des fils, …
      surtout lorsque l’on ne se prend pas pour un héros, donc de renverser la table …
      donc non, je ne vois pas les chose comme toi, comme ça
      mais, soit très très communisationnellement, et bien évidemment en attendant que ce temps vienne

    8. @communisation
      Paul Jorion serait un « petit bourgeois » ? Si vous le dites…
      Mais Marx alors ?

      Ceci dit, la transition que Paul Jorion appelle de ses voeux ne doit surtout pas s’arrêter en chemin.

    9. Bon, faut bien qu’il y en ait un qui se dévoue pour faire le sectaire de service, de temps en temps…
      Mais faudra bien veiller à ce que les bolcheviks de demain, profitant du chaos à venir, ne prennent pas le pouvoir une nouvelle fois, naturellement par un coup d’Etat, afin de détruire la liberté de penser et rouvrir les goulags. En cela, l’intervention de Communisation peut faire fonction de rappel à la vigilance contre le sectarisme dogmatique. Pensez donc, Paul pourrait sinon finir devant un peloton, en tant qu’enemi du peuple et comploteur, et beaucoup d’entre vous avec lui…

      Charmante, l’être humain est vraiment une créature charmante.

    10. Je suis d’accord avec cette formule de communisation : « vouloir l’écroulement de ce mode de production c’est vouloir la « politique du pire ». En fait la politique du pire c’est [ce] mode lui-même. »

      Sur ce blog se croisent ceux dont l’imaginaire spécule sur la mort du capitalisme comme mode de production et ceux qui s’en inquiètent. Il en ressort l’image générale d’une spéculation sur la mort du capitalisme comme système mais sur sa survie comme mode de production. Or il est tout à fait évident que la révolution ne se construit pas les yeux rivés sur la bourse. Communisation fait bien de le montrer, quitte à effrayer en rappelant que la révolution est possible.

      Cela me donne une occasion de réitérer ma conception des limites de la pensée de Jorion que j’avais diffusée le 25 mars 2010 http://www.pauljorion.com/blog/?p=9441#comment-67613

      Communisation rappelle cet enjeu aux lecteurs de ce blog et contrarie généreusement l’hypnose que peut diffuser la spéculation non seulement boursière mais aussi historique.

    11. @ tous

      certaines interventions traduisent essentiellement un besoin d’Utopie, la première, imparfaite, s’étant auto-détruite avec l’aide du capitalisme.

      c’est ce besoin d’Utopie que traduit la montée des intégrismes religieux, la religion étant en quelque sorte une forme de ‘socialisme’ primitif dans le monde ancien (moins d’un milliard d’individus).

      l’Utopie nécessite une condition sine qua none: Penser librement.

      pour ma part je vois ce blogg comme une sorte d’épitaphe pré-mortem signifiant: je peux me tromper mais après tout je suis à présent âgé et il est temps de faire partager ce que la vie m’a donné d’apprendre. et tant pis pour ceux que ça gène. mr jorion, quoi qu’il en soit, il n’y a que peu de certitudes dans nos vies. bien à vous.

    12. @Paul : j’ai une question qui me turlupine, en rapport avec le grief que communisation vous fait : « vous êtes comme la classe possédante pense être, éclairée, rationnelle, bien-pensante vraiment, sur fond de misère, de ravages et répression tous azimuts. » Un grief scandaleux, dois-je dire, que communisation ne vienne pas s’imaginer que j’accorde une once de crédit à son post !

      Cependant, j’imagine ce qui aurait pu le motiver : le fait que, sur ce blog, vous n’avez jamais (à ma connaissance) condamné moralement et explicitement le capitalisme. A 3’50 vous dites : « je l’ai dit, moi je crois que le système capitaliste est condamné… » , ce qui signifie : voué à disparaître à cause de la crise. Les pires spéculateurs pourraient fort bien partager ce pronostic, car il ne présuppose aucun parti pris, aucun choix moral. La question morale est omniprésente sur ce blog, et tout le monde sait qu’elle n’y est pas tranchée en faveur du capitalisme, mais c’est le plus souvent de façon implicite. Aussi, ne serait-ce pas judicieux de prononcer sa condamnation, c’est-à-dire de vous déclarer « officiellement » anti-capitaliste ?

    13. @schizosophie :

      1) « Je suis d’accord avec cette formule de communisation : « vouloir l’écroulement de ce mode de production c’est vouloir la « politique du pire ». » : je vous signale que cette formule est de Jorion, et que communisation la lui reproche. Grosse erreur de votre part.

      2) « Communisation fait bien de le montrer, quitte à effrayer en rappelant que la révolution est possible. : peut-être, mais communisation ne fait pas que çà. En classant Paul dans la classe exploitante, classe qu’il voue à mort par sa révolution, il condamne à mort un homme comme vous et moi qui n’exploite personne et se bat, de façon exemplaire, contre l’exploitation. Ainsi, il fait débuter sa révolution par une erreur de jugement moral : totalement inadmissible.

      Je condamne fermement le capitalisme, mais aussi toutes ces révolutions qui lui sont égales en STUPIDITE.

    14. @Crapaud Rouge du 22 mai à 11 h 11

      La formule de Communisation prolonge celle de Jorion en la contredisant ainsi  » En fait la politique du pire c’est [ce] mode lui-même. » J’y substitue « ce » au « le » pour bien marquer qu’il s’agit du mode de production capitaliste.

      Cela me donne une occasion de réitérer ma conception des limites de la pensée de Jorion dans une version améliorée de celle que j’avais diffusé le 25 mars 2010.

      L’aporie de Jorion (ou l’histoire ne se laisse pas prendre en photo)

      Si Jorion s’enquiert d’une théorie du prix c’est qu’il a compris qu’il ne correspond pas à un équilibre entre l’offre et la demande comme on l’enseigne dans les écoles d’économie, mais qu’il coïncide à une stabilité des positions entre des acteurs sociaux. En ceci, il n’est pas « économiste » au sens où l’on nomme d’un « isme » un parti pris en assumant consciemment une position idéologique. Mais il est encore économiste au sens où il demeure pris dans le tropisme des économistes qui cherchent une valeur juste à laquelle devrait correspondre – fût-ce au moyen d’une certaine intervention de la « société civile » bürgerlichen Gesellschaft (« société bourgeoise » traduirait un marxiste en français) – de justes prix et de justes rémunérations : de juste exploitation.

      Jorion est limité par sa volonté de considérer les acteurs sociaux par le seul recours de déterminations sociologiques, ethnologiques voire psychologiques ou cognitives, or ces mêmes déterminations relèvent encore plus fondamentalement de la dynamique historique. Il croit en la possibilité d’une combinatoire entre des sciences, et de sciences correspondant à des régimes de vérité où l’écoulement du temps est considéré du dehors, d’un point de vue sans histoire, similaire au rêve structural levi-straussien dans lequel l’horizon de constantes historiques les fait apparaître comme des signes de vérité au détriment de ce qui change. Cela génère le mythe d’un âge d’or, éventuellement ultérieur, constitué de ce qui résiste au changement.

      La négation de l’histoire est la seule négation dont le spectacle, ou l’idéologie moderne, fait usage ; et cette négation de l’histoire est la continuation de l’affirmation du passé. Elle est la perpétuation du passé dans la mesure où elle nie sa dynamique.

      Il s’agit de l’aporie commune à la sociologie et à l’ethnologie (la première au gré de constantes synchroniques et la seconde au gré de constantes diachroniques, pour parler la langue de « l’horizon universitaire) : un heureux présent perpétuel reposant sur un trépied avec une stabilité reposant sur trois catégories ou classes. Il s’abstrait ainsi non pas exactement de la dynamique historique, mais de son caractère fondamental qui polarise l’humanité en prolétarisant l’immense majorité. Cette abstraction confère une innocence ou une naïveté constitutive d’une utopie timide et censément prudente qui se satisferait d’une constitution pour l’économie, comme si l’économie était le but de la loi. Cela explique aussi cet étrange éclectisme qui ne choisit pas entre des points de vue aussi inconciliables que ceux de Pervenche Berès, Lepage, Cohn-Bendit, Lordon ou Anselm Jappe.

      La quête d’une théorie du prix « marxiennement aristotélicienne » de Jorion (c’est cela son marxisme « à la sauce » démocrate) échouera comme pratique possible et en restera au stade d’incantations morales tout à fait acceptables, en tant qu’utopie politiquement traductible, pour le maintien du mode de production capitaliste. Car il n’y a pas et qu’il ne peut pas y avoir de théorie des prix de Marx, ou à la Marx, Marx substituant la théorie de la plus-value à la théorie des prix. Et c’est cela qui dégage la perspective du renversement de ce mode de production. La théorie de la plus-value emporte celle des prix dans deux mouvements : la modernisation de l’appareil de production et la nécessité d’un excédent de la quantité de valeur.

      Et ce sont précisément ces deux mouvements, fondamentalement historiques, qui portent la contradiction du mode de production capitaliste.

      Chacune de ces contradictions inhérentes au capitalisme, celle de l’appareil de production et celle de la nécessité d’un excédent de quantité de valeur recèle une contradiction interne :
      – La modernisation de l’appareil de production mène à la raréfaction tendancielle des producteurs nécessaires à la production : elle est aiguisée par la concurrence industrielle et elle est contradictoire en ce que, dans le même mouvement, elle organise un type de société où l’immense majorité des hommes est prolétarisée, qu’ils soient ou non occupés à la production. L’idéal de l’entreprise zéro salarié, qui est déjà une réalité juridique à des fins d’économies fiscales, est aussi une illusion capitaliste : il faudra toujours au moins un salarié pour lui extorquer de la plus-value.
      – La nécessité de l’excédent de la quantité de valeur mène à la tendance exponentielle de l’aspect financier des crises, l’évolution technique de son appareil de production émettant les échange à la vitesse des bits (0,6 milliseconde en septembre 2009 apprend-on sur ce blog) et la robotisation aliénante qu’elle induit chez les professionnels et les commentateurs des vicissitudes de la valeur qu’elle induit n’étant pas à négliger dans cette évolution. L’effet en étant la vie à crédit, toujours plus à crédit, du capitalisme.

      L’ensemble aiguisant les crises de surproduction consubstantielles au capitalisme et impose aux comportements sa frénésie adaptative comme une marque impérative.

      La leçon de Marx, indépassable en tant que problème posé quant aux limites de l’économie politique, est qu’il n’y a pas de point d’équilibre économique idéal possible, il n’y pas de juste valeur. Et ce parce que toute la valeur est une transformation du qualitatif en quantitatif. Il n’y a pas, entre la valeur du temps de travail moyen nécessaire et celle du surtravail, une valeur cardinale qui serait un point d’équilibre et ferait tenir le système. Car cette valeur mythique dépend de tous les paramètres de la réalité, des conditions qualitatives d’existence ou de survie que les économistes ne sauraient capturer dans un quelconque modèle. L’une des raisons principales est que ce faisant, il leur faudrait prévoir l’avenir en prenant en compte toute la réalité présente : ils sont condamnés à la spéculation et à la prophétie. Ce point d’équilibre est l’arlésienne des économistes lecteurs de Marx, et des marxistes comme des capitalistes assumés. Il n’y a donc pas de solution économique. Le capitalisme vit déjà demain mais pense, en fait il compte, encore aujourd’hui.

      Les capitalistes assumés cherchent ce point d’équilibre par une limitation du crédit, mais ils se l’interdisent pratiquement parce qu’en faisant tout dépendre de la valeur d’échange, ils empêchent l’édification d’organisations qui n’en dépendraient pas. Les églises et les États, par exemple, sont rongés par la valeur d’échange, les associations paysannes siciliennes sont devenues les mafia : elles jouent le rôle d’intermédiaire. Les capitalistes d’État que furent les staliniens, dès la NEP de Lénine, édifièrent l’État comme un immense appareil de production, et de surveillance bureaucratique corrélative, qui devint une sorte d’État-entreprise où la concurrence et le crédit étaient absents mais au prix de la liberté, en capitalisant toutes les formes d’énergie ce qui bloqua toute dynamique.

      Aujourd’hui, où les États sont devenues des marchandises à la faveur de la crise des subprimes, le moment keynésien apparaît comme le compromis salvateur, c’est la prochaine idéologie. Mais il ne peut pas, à l’instar du compromis gaullo-stalinien, s’élaborer à l’échelle d’un pays, pas même d’un continent. Il s’imaginera au niveau mondial, DSK en est l’image pour la France, Cohn-Bendit en est l’icône européenne, Galouzeau en présentera l’image nationale. Mais cet idéal mondial rencontrera l’impasse stalinienne… un monde-entreprise déjà en marche, avec par exemple une rationalisation de l’exploitation des ressources naturelles (l’écologie), une administration économique mondiale par l’Internet boursier scandant l’actualité et des guerres de basse intensité menée par les polices de chaque pays pour cantonner les révoltes sociales induites par l’endettement permanent.

      Enfin, malgré la critique, peut-être un point d’accord : Jorion ne dit pas que le capitalisme est mort mais qu’il meurt. Je suis d’accord avec cette thèse si elle signifie que le capitalisme a atteint son acmé. Il a rencontré sa finitude et ne suscite plus espoir mais crainte, sa propagande heureuse est devenue fatale. Son spectacle est assumé comme une catastrophe. Mais celle-ci peut durer longtemps… tant que ces contradictions ne sont pas comprises comme des brèches. »

      Il y a quelques décennies on nommait ces pratiques « de la maspérisation ». Cher Crapaud Rouge, avant de parler de crime non commis, il y aurait lieu de parler de moralité intellectuelle. A ce propos, je vous signale que Communisation regrette l’impossibilité de dépasser un certain niveau critique et qu’il n’a pas souhaité la mise à mort de Jorion.

    15. « je vous signale que Communisation regrette l’impossibilité de dépasser un certain niveau critique et qu’il n’a pas souhaité la mise à mort de Jorion. » : on tue plus par erreur que par intention. Si le niveau critique consiste à marteler les deux constantes du capitalisme, exploitation et prolétarisation, et en appeler à « la révolution », je n’en vois franchement pas l’intérêt. Surtout qu’elle serait mal barrée, SA révolution qui, je vous le rappelle, classe des universitaires comme Jorion dans la « classe exploitante ». Pol Pot non merci, je préfère encore le capitalisme.

    16. @schizosophie : dans votre post référencé en lien, vous écrivez : « C’est pourquoi sa quête d’une théorie du prix « marxiennement aristotélicienne » échouera. Quand bien même elle serait écrite, elle échouera comme pratique possible et en restera aux incantations morales. » : la théorie aristotélicienne des prix n’est pas destinée à être une pratique, elle décrit la réalité de la formation des prix, indépendamment des pratiques et discours par lesquels les acteurs justifient leurs choix : c’est une sorte de loi newtonienne de la gravitation mais pour les prix. Jorion en parle sans porter le moindre jugement de valeur. Les prix se forment selon cette théorie, mais celle-ci est incapable de dire s’ils sont justes, injustes, ou « optimaux ». On n’est pas obligé d’y croire, c’est tout, mais il n’est pas interdit aux sceptiques d’étudier le phénomène au lieu de jeter l’anathème sur cette théorie.

    17. @communisation

      L’esprit bourgeois n’est pas une caractéristique de classe.
      Voyez tous ces ouvriers, tous ces employés, tous ces salariés, courir après la première compromission, voter plein de craintes fétides et d’attentes égoïstes pour un illusionniste comme Nicolas Sarkozy (bientôt pour un deuxième, encore plus malin…), pour ne pas perdre une once de leur minuscule pré carré, de leur petite épargne (Raté. Bien fait pour eux !), de leur petite France.
      Que croyez-vous donc ? que le capitalisme tient par le haut ? Pauvre naïf. Le capitalisme tient par le bas !
      Par l’envie, par le désir secret de posséder à l’instar de Johnny & Vanessa une jolie romance dans une jolie villa du Luberon.
      Quant aux révoltes magnifiques d’une classe merveilleusement unie sur le papier, excusez-moi, mais dites voir combien de vos pauvres estampillés intégres de naissance auraient dans la même situation que Paul Jorion choisi de perdre autant ? combien auraient eu concrètement le cran de lâcher un très grand confort financier, même, ou surtout, temporaire.

      Un doute peut-être ?

    18. @Martine Mounier : vos com sont toujours justes et, en plus, ils ont un je-ne-sais-quoi de sympathique. Une Martine Mounier’s touch qui ne peut venir que du cœur…

    19. Bernard Stiegler a revu le concept de prolétarisation, j’ai beaucoup aimé :
      = perte du savoir-faire
      =  »  » du savoir-vivre (si vous étiez lavandière)
      (avec un « égale » asymétrique dans les deux cas, comme dirait Jorion)

      Du coup ca se découple du paramètre $$$$$ (ou €€€€€€ ou £££££ au choix).

      Les débats sociétaux illustrent très bien ces temps-ci cette fêlure ressentie par le cadre de France Télécom ou dans le dossier de Mariane sur les retraites, les sondés disent qu’ils regrettent beaucoup de ne pas avoir le temps de faire un travail bien fait. Richard Sennett a commenté cela de façon illuminante aussi.

      Aujourd’hui, les apéro géants répondent enfin (bien ou mal , je ne juge pas) à « l’excès d’écran » (pour faire court) qui a engendré la privation de relation (et du savoir-faire des génération antérieures infusé dans les jeunes nolens volens mais ainsi frustré) .
      Ceux qui ont vraiment essayé de démonté le mécanisme d’un réveil en voient mieux les engrenages que ceux qui , soyons sympas, regardent les étiquettes apposées dessus ou la marque. (Ciel ma Caverne, dirais-je platoniquement).

      Même si révolution il doit y avoir, je dois être sûr que je sais où est la mèche et l’explosif, pas juste d’avoir écrit « explosif » sur le magasin de munition et d’avoir vu un fil électrique qui rentre dedans.

    20. @Crapaud Rouge 22 mai 2010 à 20 h 02

      Je vous réponds en restituant le passage de Jorion qui avait occasionné ma contribution critique développant ce que je considère comme son aporie.

      « Par ailleurs, aussi, [Marx] n’a pas véritablement une théorie du prix. Si on regarde la théorie du prix d’Aristote, on pourrait considérer que c’est une théorie tout à fait de type marxiste parce qu’elle met les rapports de force politiques comme déterminants de la formation du prix. Mais, curieusement, cette interprétation politique du prix, elle n’existe pas chez Marx lui-même. On pourrait dire que sa théorie du prix n’est pas marxiste et qu’une théorie marxiste du prix, on le retrouve uniquement chez Aristote. C’est paradoxal bien entendu. »

      C’est un problème très intéressant qu’on ne peut pas éviter en choisissant à l’envi entre deux camps : soit celui de Marx, soit celui d’Aristote, comme on parierait sur une cheval de course. Il n’y a aucun anathème dans mon développement, je n’interdis rien à personne, mais je ne me contente pas d’avancer des croyances pour étayer ma conception. En trouvant curieuse et paradoxale cette absence relative d’une théorie des prix chez Marx (il dit qu’il n’en « n’a pas véritablement une »), Jorion fait part d’un étonnement qui tient à la manière d’envisager les rapports de force politiques.

      La conscience historique de la Grèce antique, dont le mode de production reposait sur l’esclavage et pas encore sur le salariat en voie d’industrialisation, quand Marx écrivait, n’était pas passée par les problèmes qu’ont pu rencontré Machiavel, Vico ou Hegel, par exemple. Dans le tel contexte, où la dialectique historique était encore plus inconsciente, où une pensée du devenir n’avait pas de sens, les rapports de force politiques s’envisagent comme des fonctions susceptibles d’être complémentaires voire harmonieuses mais dont les relations peuvent corroder le tout, ce qu’il s’était produit en Grèce avec les crises économiques qu’Aristote avait théorisé sous le nom la notion de chrématistique. Or envisager les temps modernes essentiellement à la lumière de cette théorie me semble insuffisant pour résoudre les problèmes que l’humanité se pose plus de deux millénaires, (durant lesquels bien des choses, mais certes pas toutes, ont changées, et selon un certain type d’évolution dont il faut bien prendre acte,) après Aristote.

      C’est pourquoi je propose d’envisager ces problèmes présents à la lumière de la dialectique historique. Que cette dernière, souvent récupérée et abâtardie, ait été le prétexte de délires eschatologiques et de crimes abominables ne l’invalide pas plus que le bombardement de Dresde ou les multiples invasions américaines en Asie du Sud-Est ou au Moyen Orient n’invalident la notion de liberté.

      A propos de Communisation, qui a mis les pieds dans le plat, il s’agit d’être cohérent. Si l’on pense que le capitalisme est un horizon indépassable, il serait conséquent de prendre son jugement concernant Jorion comme « social-démocrate » autrement que comme une insulte, mais comme un constat. Il est inutile d’agiter Pol Pot en guise de repoussoir. L’étonnement de Communisation peut apparaître naïf, mais il s’appuie sur le fait que Jorion s’affirme plus radical que Marx. Si on pense que le capitalisme est en voie de dépassement ou de dépérissement, comme Jorion, s’agit-il de soigner son agonie ? C’est ce que m’apparaît être le projet de « constitution pour l’économie », comme si l’économie était le but de la loi. J’entends bien que cela signifie aussi « constitution à propos de l’économie » impliquant que l’économie pécherait par lacune d’encadrement législatif. Je doute de ce constat. Mais je ne vois sur quel support social la sorte de keynésianisme mondial que propose Jorion reposerait. Et si ce support s’avérait la manifestation d’un désir collectif de libération, il n’est pas évident que ce désir choisisse cette voie.

    21. @schizosophie 25 mai 2010 à 18:29 :

      1) Je « crois » à la théorie aristotélicienne des prix qui exprime le rapport de force entre classes sociales : quand il est défavorable au vendeur, celui-ci est contraint de proposer les prix les plus bas possibles ; quand il lui est favorable, il peut se permettre d’imposer les prix les plus élevés possibles. Voir à ce sujet ce post d’yvan et ma réponse. En ce qui concerne Marx, désolé, je ne peux pas vous répondre, mais une chose est sûre : si l’on ne tient pas compte de la théorie d’Aristote, on ne peut que se planter.

      2) « social-démocrate » est une insulte quand on sait que la gauche, sociale-démocrate, a autant, sinon plus, contribué que la droite à l’instauration du néolibéralisme. Et elle continue, qui plus est, deux ans après le déclenchement de cette mégacrise ! DSK n’a pas donné sa dem’ et n’a pas changé d’un pouième. Aucune sueur froide sous son képi.

      3) « Si on pense que le capitalisme est en voie de dépassement ou de dépérissement, comme Jorion, s’agit-il de soigner son agonie ? » : c’est sa position, me semble-t-il, qui se justifie d’éviter un chaos destructeur ou la montée des extrêmes. Sur ce point, je l’approuve totalement, car ce n’est pas la peine d’ajouter du mal sur le mal. De plus, les extrêmes sont stupides, et je tiens la stupidité en horreur.

      A mon avis, Paul ne commet pas d’erreur, mais s’illusionne en espérant pouvoir rendre le monde meilleur, moins « sauvage », moins « violent ». Selon lui, l’histoire aurait un « sens » : le progrès de « la raison » permettrait de « pacifier » les relations humaines. Croire des choses comme ça c’est manquer de lucidité. A sa décharge, disons que quiconque ne manque pas de lucidité n’a d’autre solution que chercher refuge dans la littérature.

      Reste mon idée de condamnation morale qui n’a pas rencontré un vif succès. Pourtant, quand les puissants de ce monde veulent déclencher une guerre, ils commencent par prononcer la condamnation morale d’un ennemi. Et ça marche, tout le monde suit bêtement. C’est donc que le procédé n’est pas aussi vain et superflu qu’on pourrait le croire. Appliqué à ce capitalisme dans lequel nous baignons, on en aurait bien sûr mauvaise conscience, ce qui n’est pas confortable du tout, mais il n’y a pas d’autre solution. Pour que le capitalisme puisse vraiment mourir, l’humanité doit le voir du dehors, (Icare au-dessus du labyrinthe), car, du dedans, il semblera toujours assez bon, comme la nature l’est à notre égard.

    22. @ Crapaud Rouge

      ce que vous dites est parfaitement inconséquent : soit la social-démocratie participe à l’essor du néo-libéralisme et est en grande partie responsable des crises à répétition qui nous mènent vers le chaos (auquel cas il est nécessaire d’envisager un autre système) ; soit la social-démocratie est un rempart contre « le chaos destructeur » et il faut faire en sorte de la maintenir en vie…
      vous pouvez choisir la position qui vous convient mais il est impossible de tenir les 2 discours à la fois… c’est juste incohérent …

      @ Paul Jorion
      Je vous serais infiniment reconnaissant si vous pouviez répondre à mes questions, qui sont :
      1/pour les 100 ans à venir (ou même 50), est ce que vous pensez qu’il est possible de continuer sur un mode de production capitaliste (cad essentiellement basé sur la surproduction/destruction de ressources) étant donné à la fois la démographie et le niveau des stocks des mat 1eres ?
      2/si oui, est ce que la social-démocratie (ou tout autre nom que vous donnez au système de la finance maitrisée) sera capable d’offrir assez de débouchés en terme de main d’œuvre à l’humanité pour permettre aux gens une existence qui ne soit pas basée uniquement sur la frustration et la compétition entre individus ?

    23. @ Crapaud Rouge 25 mai 18 h 29
      La discussion s’élucide dans son ensemble. Le problème n’est pas de choisir Marx contre Aristote ou l’inverse, mais de savoir à quel niveau discursif ou sur quel registre l’un et l’autre nous amène, en politique on emploierait l’expression plus polémique de « niveau de conscience » et en sociologie celle de « champ ». Or ces registres ne sont pas équivalents ni non plus comparables.

      Marx n’invalide pas la logique aristotélicienne des échanges, devenue finalement celle de l’économie classique, dont il ne critique pas la cohérence mais la pauvreté, relative à son époque, de ses fondements. Il envisage cette logique comme animée par une forme plus fondamentale du devenir, celle qui correspond à des régimes de production, qu’il appelle des modes. C’est ce que j’appelle le dépassement d’une pensée par une autre, on peut nommer cela plus simplement un approfondissement.

    24. @schizosophie : je vous remercie de votre réponse mais ne puis y donner suite : faudrait que je passe le niveau supérieur, ce sera dans une autre vie… 🙂

      @von der blob : 1) de nos jours, « sociale-démocratie » n’étant qu’une étiquette équivalente à néolibéralisme, votre dilemme ne tient pas la route ; 2) ça m’étonnerait que Paul réponde à vos questions, ce n’est pas un devin. Pour le reste, ghost dog a cité ci-dessus quelques articles où Paul expose sa conscience des limites du système. Donnez-vous la peine de les lire, siouplaît. Mais surtout, ma grande question : estimez-vous qu’un homme seul serait capable de penser intégralement LE nouveau système qui :
      1) évitera à l’humanité de foncer droit dans le mur ;
      2) permettra en quelques décennies de répartir équitablement les ressources, d’éliminer l’exploitation de l’homme par l’homme, et de rendre tout le monde heureux ;
      3) éradiquera les apories de la finance ;
      4) éliminera les pollutions qui s’étalent du fond des abysses aux sommets de l’Himalaya ?

      Moi aussi je trouve que mon blogueur préféré n’en fait pas assez sur le registre de la dénonciation, mais il faut bien reconnaître qu’il en fait beaucoup sur celui de la réflexion. C’est bien gentil de crier au scandale de l’exploitation de l’homme par l’homme, mais on s’en lasse vite.

    25. @Schizosophie

      Une Constitution ne représente pas seulement un cadre législatif au sens faible. Une Constitution c’est un principe, un principe démocratique, une possibilité de restitution du politique à l’intérieur de l’économique (ce champ des échanges dont l’argent est le médiateur). Ou, pour le dire d’une manière un peu rigolote, dans la phrase « Constitution pour l’économie », constitution l’emporte.

      En ce sens la réponse de Paul Jorion à votre commentaire — réponse sur laquelle malheureusement, vous semblez avoir glissé comme sur une peau de banane verte, vous contentant de ne rien entendre à la notion de passivité du travailleur-producteur —, me semble incroyablement lumineuse. Car enfin, c’est bien en appréhendant le travailleur au-delà de la seule logique économique, que Jorion ouvre la possibilité de dépasser les contradictions de Marx tout en lui restant fidèle.

      Alors je ne sais pas vous, mais moi, c’est très exactement ce que j’appelle une radicalisation.

    26. @ Crapaud Rouge

      la social-démocratie c’est le capitalisme encadré ; par l’état, par une constitution, peu importe…
      Plusieurs personnes pointent ici le fait que le moment historique où le rapport de forces entre les travailleurs et les capitalistes était favorable à ces premiers créant la possibilités d’un état-providence est irrémédiablement révolu du fait de la modernisation de l’appareil de production ; autrement dit le capitalisme gentil qui accepte de porter une muselière c’est terminé et on se retrouve à un moment où il faudra faire le choix soit du capitalisme soit de la gentillesse. c’est précisément devant ce choix là que se sont retrouvés les sociaux-démocrates et comme ils n’ont su se résoudre à rompre avec le capitalisme, ils doivent maintenant renoncer à l’état-providence en perdant dans l’affaire leur raison d’être…

      c’est ici qu’intervient l’idée d’une instance mondiale apte à réguler le capitalisme, personnellement je la trouve dangereuse, dans les faits elle ne pourrait être autre chose qu’une UE puissance 100 soit une technocratie visant à uniformiser le monde entier pour le bénéfice des multinationales, avec au milieu des états chargés de faire la police parmi leurs pauvres et en bout de la chaine des gens complètement impuissants avec le sentiment de ne rien maitriser de leur vie…

      mais le pire dans tout ça c’est que le capitalisme lui même à trouvé ses limites physiques, que chaque plein de voiture fait en chine prive un mexicain d’un équivalent d’un an de nourriture, que chaque vieux mobile remplacé par un iphone en europe pollue des nappes phréatiques en chine etc. etc.

      Et comme tout cela ça fait quand même pas mal de contradictions, je voudrais demander à Jorion la manière dont il voit ça, lui qui n’a pas l’air de vouloir en finir ni avec la gentillesse ni avec le capitalisme. Je me doute bien qu’il ne prédit pas l’avenir dans les écailles des carapaces de tortues, mais il doit bien avoir une idée des conditions qui rendraient possible le changement qu’il juge souhaitable…

    27. À schizosophie.
      Vous récusez l’épithète marxiste, répondez avec « répugnance », dites que vous parlez « du point de vue d’aucune identité politique » bref une forme atopie, pourtant intenable dès que vous écrivez « Aux soviets, aux vrais, ceux qui commencèrent en 1905, pas ceux qui furent centralisés » ou que vous assentez sur « l’impasse stalinienne est une impasse leninienne ».
      Je soutiens qu’il vaut mieux déduire l’espace politique occupé à partir du discours tenu que de se fier au panneau du pin’s porté, et qu’on ne peut parler « du point de vue d’aucune identité politique », ceci étant une pirouette isomorphe à celle de la fin des idéologies.
      Je me pense volontiers marxiste, ce qui signifie pour moi la « croyance étoffée » à des formes historiques de productions, à la lutte des classes, et c’est même pour ça que dépasser le binaire pour le ternaire de Jorion m’étonne. L’intérêt de l’initiative de Jorion est de faire mousser médiatiquement des propositions raisonnées et enseignées autrement que la soupe mainstream dans laquelle chacun patauge et plus encore depuis la dissolution de l’expérience soviétique. Cet appel à une autre raison résonne pour chacun à partir de chaque cheminement propre, très variés à la lecture de ce blog. Comme de toute parole entendue, on peut en attendre des effets. Ce que je souhaite mène à réunir le plus largement possible tous ceux qui peuvent prendre conscience qu’autre chose est souhaitable et possible sous conditions. Lesquelles, je l’ignore, mais le « narcissisme de la petite différence » formule de Freud plutôt que diviser ceux qui pensent voisins, devrait plutôt exclure la vraie différence même si la définition d’un « possédant » est plurielle. Sur Marx, pour la question du prix et de la valeur (notion d’une grande richesse sémantique), le tryptique de Lacan besoin/demande/désir, la fonction du phallus, la fonction de la monnaie, la question de la perte comme du manque et de l’étalon, plaisir et jouissance, mériteraient de cesser d’être cloisonnées par la division du travail dans le « savoir ». Mais c’est du lourd à manier et au risque d’éclectisme, pourtant parfois heureux ! Enfin si l’incidence du faire part de Nietzsche, Dieu est mort, reste modeste, après 1989 il y a eu Marx, ces temps-ci c’est Freud, et tant mieux si Jorion apporte démenti.

  5. Pensez-vous que la position de l’Allemagne arrivera à s’imposer dans toute l’Europe ?
    (Mme Lagarde a affiché ses réticences)
    Quel est l’impact de l’interdiction des ventes à découvert en position nue sur le reste du monde si seul l’Europe l’applique ?
    (mesures fortes en Europe , « mesurettes » aux Etats-Unis )

  6. Merci Mr. Jorion pour ce petit temps suspendu. La vulgarisation des réflexions passées n’est rien moins que nécessaire. Ce réapproprier ces débats des années après et d’autant plus enrichissant que l’on embrasse une réflexion complète – une carrière – et que l’on peut la juger à l’aune du temps.
    Dans le même registre, ne serait il pas intéressant de faire appel à l’anthropologie du passé pour montrer en quoi le combat opposant la concentration et la répartition des richesses n’est qu’un cycle éternel, depuis que nos ancêtres du Néolithique ancien ont mis leur pas dans la route de la production sans cesse accumulée de biens.

  7. Monsieur Jorion.
    Je veux bien éventuellement ne pas être pour la fin de façon effondrement, mais…
    Combien de temps a-t’il fallu à l’Europe pour être obligée d’abandonner la règle du mark-to-market comme aux US?
    Les banques qui sont sur votre territoire parlent alors de « désavantage concurrentiel »…

    Même Mr Zapaterro qui était pour la mesure de l’Allemagne ne l’a pas appliquée dans son pays…

    1. Hhmm.. chacun son maître à penser :

      On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré

      Albert Einstein

  8. Je suis d’accord avec Paul Jorion. L’Allemagne a pris une position intéressante et encourageante. C’est positif d’une certaine façon.

    Néanmoins, le problème de fond demeure : le monde est toujours gouverné par des corporations cupides et des politiciens gardiens du statu quo.

    La différence est que nos gouvernements sont maintenant prêts à faire quelques concessions, espérant ainsi prolonger ce système.

    On nous parle d’austérité, de rigueur, d’effort, au lieu de parler de changement, de progrès, de nouveau départ. On souhaite préserver l’esclavagisme des masses au lieu de repenser complètement notre société.

    Les peuples devraient être gouvernés par des sages et par des hommes de coeur. L’éthique doit devenir la priorité dans notre société. Ca passe par une prise de conscience de chacun.

    Aussi, merci Paul Jorion pour votre blog et votre combat qui va dans ce sens. Internet est une lumière au milieu des ténèbres. Peut-être qu’un jour cette flamme embrassera notre société et que nous irons vers une société juste et équitable pour tous.

  9. Tant que les Hommes politiques utilisent dans leur dialectique:
    « des mesures pour rassurer les marchés »
    Nous ne serons pas dans l’ordre de grandeur approprié à la situation réelle.

    1. D’ou l’importance de leur « rappeler » avec abnégation et constance les diagnostics et propositions etablis ici notamment.

    2. Les marchés se posent simplement en victimes…
      Stratégie qui permet de mesurer un « courage »…

      Et prennent en otage parallélement.
      Les paralléles sont fourbes.

  10. @ Paul, à propos des emprunts des anthropologues (pour ne citer qu’eux) les uns aux autres…

    Vous connaissez la formule…

    « Stealing from one is plagiarism, stealing from many is research. »

    😉

  11. bonjour

    je suis votre site (et d autres) depuis un bon moment, j apprecie toute vos remarques, pertinente a mon sens.
    J espère que la propositions de Mme Merkel sera appliqué a toute l Europe et au monde évidement il est clair que les paris sur la monté ou la chute de valeur est anormale et en plus quand il existe des conflits d interets cela devient de l escroquerie pure et simple (cf goldman sachs et autres) .je pense aussi que la pression du capital sur le monde du travail est aussi anormale, rentabiliser le capitale des actionnaires au détriment le plus souvent des employés et a fortiori de notre système de valeur communautaire est contraire a ce pourquoi nos « grands parents » se sont battus. je pense que l etat doit nous protéger du système financier, bancaire et boursier. je pense que l etat doit avoir pour seul motivation la protection du plus grand nombre et non les interets des grands patrons (même si il doivent etre entendu), des actionnaires et des lobbies. il existe des gens tellement riche qu il ne savent même pas quoi faire de leurs argents, alors que la famine règne en Afrique…(bien pratique cela dit en passant!)

    J espere que cette crise permettra de voir la corruption de nos gouvernants et une opposition qu il l est tout au tant (straus kahn au FMI c est vraiment une blague pour un socialiste). j espère qu elle nous permettra de redevenir maitre de notre pays et non pas au main d une Europe anti démocratique et lobbyiste.

    il faut « protéger » les habitants des pays développé, pour ne pas les paupérisé avec une mise en concurrence déloyale avec les pays ou la main d oeuvre est sois disant moins chère ( mais a quel prix la aussi) et aider les autres nations pour que tout a chacun puisse vivre de façon descente et ceux en respect de leurs intérêts, de la planète et de notre Avenir.

    ++

  12. Tout à fait d’accord avec Paul Jorion sur la mesure d’interdiction des ventes à terms par l’Allemagne.

    Texte d’un de mes commentaires sur Rue 89 daté 20 mai (en réponse à un commentateur de mon billet sur le sujet) :

    Question : « Que diras-tu Yéti si les autres pays de l’Union reprennent cette mesure? »

    Réponse : « J’applaudirais des deux mains et je voterais oui au referendum sur un projet de constitution européenne qui adouberait une telle politique… car alors ce serait un coup mortel porté à la finance internationale qui se gave de tels procédés dégueulasses (les ventes à découvert, les paris sur les fluctuations de prix) et s’en sert pour saigner le monde à blanc. »

    1. Une bonne nouvelle ces initiatives, mais cela ne changera pas fondamentalement la situation. Les attaques spéculatives vont s’affaiblir, mais les financiers continueront néanmoins de manipuler les marchés pour leurs propres intérêts. Et surtout, l’endettement des États ne sera ni résorbé; ni leur croissance interrompue.

      La source du problème étant ailleurs, dans la nature même de la monnaie et dans la dépendance aux financier pour sa création sa multiplication et son allocation.

      Mais appuyer sur la baisse de la spéculation pure, sur le rééquilibrage des monnaies (Bancor) et contre les paradis fiscaux sont des initiatives utiles et probablement nécessaires avant de s’attaquer au fond du problème. S’attaquer à la spéculation s’est affronter les marchés et leurs acteurs. Et cela, en soi est déjà un énorme changement et progrès !

  13. Un lien récupéré sur contre-infos histoire de remonter le moral à tous ceux qui viennent sur ce blog plus particulièrement lorsque la bourse baisse.
    Sauf erreur de ma part vu mon modeste niveau en anglais, l’auteur anticipe une baisse massive des marchés dans les semaines à venir pouvant atteindre 90 à 95%.

    Un conseil amical Paul : renforcez votre serveur et systèmes informatiques car je crains que votre blog n’explose si ces prédictions se réalisent.

    http://av.r.ftdata.co.uk/files/2010/05/GMIcrash.pdf

  14. La technologie est le maitre incontrolable de nos sociétés occidentales. Une fois une percée acquise, la société s’adape à cette nouvelle technologie. Or la société ne se pose pas la question du bien fait de la technologie sur le bonheur des gens. Le seul critère exigée d’une technologie est d’être efficace. Efficace pour satisfaire ses désirs (ce qui revient aujourd’hui à asservir autrui pour assouvir sa cupidité). Si elle remplit ce rôle alors on permet à la technologie de s’installer. Une fois répandue, on ne peut plus faire marche arrière, supprimer la technologie installée. Il est extrêment difficile de faire marche arrière. En effet, trop de sagesse de la part du plus grand nombre est requise pour cela.

    Interdire les paris financiers revient à interdire une technologie financière et à faire marche arrière. Il sera bien difficile de faire marche arrière car trop d’égo s’accrochent à cette technologie.

    1. Il y a des technologies qui tombent en désuétude.Le fil à couper le beurre par exemple.
      Idem pour l’argent du beurre.

  15. Y a t’il un seul homme politique pour faire des propositions pour vraiment fortement et durablement relancer l’économie réelle et donc la création d’emplois ?
    Silence radio..ils n’ont plus aucun projet,on dirait une bande de comptables en réunion
    permanente…..
    Les peuples attendent autre chose et vite..du concret et pas que de la rigueur svp.
    Avec quoi vont’ils relancer la machine,vu qu’ils sont prix au piège..sortie par encore plus
    de dettes impossible,croissance par quoi pas en faisant de la rigueur à ce moment ci….pourquoi avoir fait des plans de relance pour ensuite faire des plans de rigueur?De plus ces plans de relances n’ont pas vraiment relancé grand chose à ce jour…ça se saurait.

    1. Emploi, chômage
      Voila une raison de modifier la Constitution : un emploi pour chacun avec un revenu décent ou une allocation de reconversion.
      Le chômage : silence radio dans les médias, pas un C dans l’air consacré au sujet me semble ‘il, secret défense ? On en parlera à foison à la première amélioration, j’en prend le pari.

    2. Pourquoi ne pas taxer la finance et le secteur privé en général en fonction du nombre d’emplois créés, de l’investissement dans l’économie réelle plutôt que dans des jeux de casino qui ne font qu’enrichir une toute petite minorité?
      Plus une entreprise créerait de richesse et d’emplois, moins elle paierait de taxes…
      Je pense que si ce principe ultra simple n’est pas mis en place c’est parce que le chômage élevé est tout simplement voulu ..ils ne le diront jamais mais c’est une réalité…pression à la baisse sur les salaires..mais à force d’appauvrir les masses et les fonctionnaires à présent un peu aussi avec les plans de rigueur ..les capitalistes n’auront plus assez de clients et surtout plus assez de clients solvables….ce qui un jour provoquera leur chute (en principe on est plus certain de rien)…
      Que va bien pouvoir faire l’Espagne avec un taux de chômage de 20 pct (officiel)et de quasi 50 chez les jeunes,pour relancer sérieusement l’emploi??La rigueur?Plus de dettes?J’en doute…mais quoi alors ??Comme elle ne peut pas dévaluer….les pays du clubmed sont pris au piège…

      A l’instant une phrase qui va faire du bruit: L’Allemagne veut aussi prévoir une mise en faillite des Etats trop endettés.

      http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/584178/les-europeens-au-pied-du-mur-pour-durcir-la-discipline-budgetaire.html

    3. @ Dissy,

      « Je pense que si ce principe ultra simple n’est pas mis en place c’est parce que le chômage élevé est tout simplement voulu ..ils ne le diront jamais mais c’est une réalité…pression à la baisse sur les salaires.. »

      Marx explique cela dans « Le Capital, livre I, septième section (l’accumulation du capital) chapitre XXV (la loi générale de l’accumulation capitaliste) partie III (production croissante d’une surpopulation relative ou d’une armée industrielle de réserve)

      En espérant que Paul ne va pas censurer cette référence d’extrême gauche…
      Faudra qu’un jours les « communistes révolutionnaires » lisent un peu les fondateurs idéologique. Ça éviterait bien des âneries d’analyse du type « Jorion participe indirectement aux intérêts de l’hyperclasse capitaliste » comme j’ai pu le lire. Ou alors, Paul, vous nous faites un coup à 3 bandes.

  16. Ouille, désolé Mr Jorion, mais plus votre petit billet avance moins le son est audible sur mon pauvre ordinateur de bureau. Pouvez vous dans la mesure du possible, amplifier le son de vos enregistrement car tout un chacun n’a malheureusement pas la possibilité d’avoir des enceintes puissantes sur leur ordinateur.

    Merci d’avance.

    1. en voilà une bonne idée, je vais chercher si j’ai encore des filaires discrets parce qu’en open space les gros casques à l’ancienne façon cache oreille c’est pas discret !

  17. « Souhaiter le pire » ?
    Par la verrue logarithmique de Saint Mistouflon ! ôô

    En ce qui me concerne, je n’espère aucune guerre civile, car rien de bon ne peut sortir de la violence… Et je voudrais bien que les choses se passent de manière civilisée.
    Mais si seulement elles pouvaient enfin se passer…

    Parce que le pire, beaucoup d’entre nous y sommes déjà. Et pas forcément des gens qui manquent de compétences ou de talents. Juste des personnes qui ne sont pas « conformes » au modèle nécessaire pour trouver du travail. Qui l’ont été, souvent, mais qui ne le sont plus, avec la raréfaction des postes proposés. Et qui n’ont pas la santé ou la disponibilité indispensable pour s’installer en indépendant, dans ce contexte où il faut aller chercher chaque client avec les dents en haut de l’Anapurna.

    Nous, les parents seuls, par exemple, nous sommes réputés trop « imprévisibles » pour les employeurs, ils ne nous aiment franchement pas. Déjà avant la crise, les statistiques de notre pauvreté étaient ahurissantes, dans l’indifférence générale :
    http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATCCF04406
    Il y a des chiffres invraisemblables qui se baladent là au milieu et personne dans ce pays ne veut prendre la mesure du problème (alors que d’autres Etats européens l’ont fait, pourtant).

    Et quand il y a des parents, qu’est-ce qu’on trouve toujours à la remorque ? Forcément, des enfants. Ce sont eux les premières victimes de « la crise ». La France est un pays de golden boys dorés sur tranche, hurlant dès qu’on touche aux moindre de leurs privilèges de pilleurs … et de gamins abonnés aux nouilles quotidiennes qui sont priés de finir leur assiette en silence.

    1. Merci pour ce post Isabelle! Le vécu est toujours pertinent, il nous parle de l’essentiel.

      Et quant on sait que le modèle social est, miraculeusement, encore protecteur des parents isolés et des enfants (politique officielle CAF)! Je vous laisse imaginer la situation aux US qui ont engagé dès Reagan une politique néo-cons anti parent isolé (cad anti femme noire seule avec enfants). Evidemment, on les comprend, payer à bouffer aux hommes noirs qu’on fout en prison à tour de bras, payer la pension aux conglomérats de l' »hôtellerie carcérale » ( industrie florissante aux US avec ses 2 500 000 prisonniers plus 5 000 000 sous contrôle judiciaire en 2006), payer les allocs des femmes noires seules( forcément seules..) pour qu’elles élèvent des enfants destinés à la prison, tout en baissant les impôts sur les gros revenus et le capital… Ça commençait à bien faire comme dit l’autre!

      Cela dit, dans notre beau pays on commence à entendre des réflexions un tantinet dans ce genre de « pittoresque »… Comme si la baisse insidieuse et insupportable du niveau de « vie » des minima sociaux suffisait pas!
      Et surveillez vos mouflets,… sinon les allocs…!
      Quant on pense que la justice des mineurs, qui était fondée depuis 45 sur la protection des mineurs, est en train de devenir une simple justice pénale des mineurs, on peut s’attendre à tout!

      Amicalement. Courage…

    2. @ vigneron

      Vous m’avez fait rire (gentiment)…
      Pourquoi associer « pauvreté » et cas sociaux ? (on va dire comme ça^^)

      Nous avons une grosse culture littéraire dans la famille. Mes enfants ont grandi au milieu des bouquins et leurs professeurs les ont toujours trouvés très bien élevés. Il s’accrochent à leurs études d’ailleurs. L’école de la République, c’est tout ce qu’il nous reste pour inverser un jour, peut-être, ce… comment dire ? …déclassement brutal.

      Non, il n’y a simplement plus de travail pour un tas de gens.

      Monoparental(e) et « senior », par exemple, c’est la double peine. Et ça, c’est infernal à vivre.

    3. Mille excuses si j’ai pu vous froisser, tel n’était pas le sens de mon commentaire.

      C’est au contraire cette thèse du « pauvre = cas social » que je dénonçais. Après la victimisation, il me semble qu’on assiste de plus en plus à un processus de stigmatisation/dénonciation du pauvre. Et cela précisément à mesure que la pauvreté quitte le domaine de l’exclusion,du phénomène marginal, symptomatique d’un dysfonctionnement majeur de la société, pour devenir massive et multiforme (jeunes, vieux, chomeurs, travailleurs, déclassées, reclassés, sans diplôme, diplômés, natifs, pas natifs, blancs, pas blancs…), signe d’un effondrement des bases du contrat social qui unit les individus.
      Les systèmes de compensation de la société face à la pauvreté (soutien familial, état providence, caritatif, réseaux etc..) deviennent inopérants. Et les réflexes individuels préexistants de méfiance, défiance, rejet, accusation, mise en cause du pauvre tendent à se généraliser, à être entretenus et à s’imposer comme norme admise de traitement du problème. Et tout cela de façon insidieuse, parallèlement aux valeurs de liberté, responsabilité, autonomie qui emplissent tout l’espace avec la propriété comme aboutissement et marqueur indépassable de la réussite.

      A problème individuel réponse individuelle… L’être social doit être libre, responsable et autonome. S’il est pauvre c’est donc qu’il le veut bien. Et s’il ne le veut pas, c’est donc qu’il n’est pas libre, responsable et autonome. C’est donc un cas social. Il faut donc s’en protéger.
      Alors on pénalise la pauvreté. Presque ouvertement. De plus en plus ouvertement. Mais avec 20% de chômage et autant de pauvres authentiques dans ce pays, c’est plus des prisons mais des ghettos ou des camps « d’isolation » qu’il va nous falloir! 20% de cas sociaux, ça fait beaucoup pour des cas, non?

      Je me demande si les cas sociaux ne seraient pas, par exemple, les 300 contribuables US qui ont déclaré, en moyenne, 1 Million de $ par JOUR de revenu au fisc en 2007.
      Voila ce que j’appelle des cas sociaux à traiter en urgence. Car je ne les crois ni libres, ni responsables, ni autonomes. Simplement hors normes. Au dessus des lois. Hors la loi.

      Ps: pardon pour la thèse, mais puisque vous aimez la lecture, j’ai fait un peu long… et pas très argumenté, ni bien neuf (Les Misérables!). Juste un sentiment primesautier!

    4. J’avais découvert , après avoir élevé seule plusieurs enfants, que j’étais considérée cette année comme une « niche fiscale » : on me supprime à partir de cette année la demi-part accordée aux parents isolés dont les grands enfants ont quitté le foyer . En clair, je suis devenue pour le FISC une célibataire sans enfants, donc pas censée aider mes enfants (qui n’ont personne d’autre vers qui se tourner) le jour où ils seront en difficulté ni recevoir mes petits-enfants . Pendant ce temps le bouclier fiscal est maintenu pour les riches .
       » Même pas mal ! » Une « chance » que mes modestes revenus ne soient toujours pas imposables .

  18. C’est original et fort pertinent d’estimer l’intérêt d’une décision au caractère « venimeux » des réactions de ceux qu’elle n’arrange pas. On trouve la même idée dans le billet À propos de « Pour un système socialisé du crédit » par Frédéric Lordon.

    (…) la manière dont ils accueillent ma proposition d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix : urticaire et sueurs froides.

    Notons en passant que nos zélées zélites ont peur, très peur, de donner urticaire et sueurs froides à nos zélés capitalistes. En revanche, ils n’hésitent jamais à en coller au menu peuple.

  19. Tiens, me serait-je fais taillé mon premier commentaire ? Si c’est car nos avis divergent sur le rôle que joue notre classe politique dans la société humaine, je suis assez déçu. Si c’est pour les mots quelque peu durs qualifiant notre personnel politique, même si je pense qu’ils ne méritent pas mieux, je conçoit qu’un langage plus châtié puisse être employé pour dire la même chose.

    Je vais vous donner une anecdote parmi celles encore moins honorables expliquant ma faible appétence générale de la voie « politique ». J’ai assisté aux arbitrages entre la construction d’un parking public à proximité d’une banque et la restauration d’une cantine collective posant de gros problème de sécurité et ne respectant pas la législation sanitaire:

    Je résume:
    « Oui c’est une priorité mais le parking donne une meilleure exposition de la ville et me permettra de mieux passer sur ces quartiers commerçant. De plus, je sais que le banquier me prêtera de l’argent pour son parking et pas pour cette histoire de cuisine ».

    Conclusion :
    1) C’est le banquier le décideur et ceci sans même qu’il ai besoin de forcer son autorité.
    2) Les priorités de l’élu sont : 1) Sa pomme, 2) Ses amis (puissants) 3) Sa population.

    J’ai malheureusement un paquet d’exemple de ce tonneau, auprès de « décideurs politiques » différents.

    Voilà, vous me trouverez certainement cynique mais même si je nie pas que le texte de la députée européenne est intéressant, y attacher un quelconque impacte sur la vie réelle, c’est à mon avis naïf. Nous avons à domicile, un grand amateur de déclarations solennelles sur la moralisation de la finance, on sait qu’il ne fera jamais rien, j’ai du mal à m’esbaudir devant des déclarations d’intentions.

    Contrairement à votre petit billet qui peut être a été inspiré dans le sujet de la « stratégie du pire » par mon ticket précédent, je ne vois pas en quoi un crach boursier, nuirait beaucoup vu que vous constatez vous même que la richesse se concentre dans les mains de peu de gens. Évidemment, il me parait évident qu’il essaieront d’appliquer la privatisation des bénéfices/nationalisation des pertes, mais les réactions virulentes des « consommateurs » risquerait de se retourner contre eux, forçant un peu plus de consoma-action citoyenne que le suivisme à la mode actuellement. Et qui dit qu’il en sortirait du mal ? J’ai personnellement fois dans la capacité des peuples à s’organiser bien plus intelligemment que ce que pourrait inventer une élite ayant perdu pied avec la réalité.

    1. je ne sais pas, moi aussi je veux croire en l’humanité, …
      mais je me demande aussi : -quid de nos merveilleuses centrales nucléaires ??? -ou quid de la fuite de BP (que déjà …) ???

  20. J’ai particulièrement retenu votre passage au sujet de la névrose de guerre je ne sais pas si c’est voulu de votre part, je me demande en effet jusqu’à quand et jusqu’à quel stade une société humaine peut endurer la névrose des comportements toujours plus violents en bourse et en série.

    Quand ça monte rapidement comme le thermomètre on éprouve donc une grande palpitation au coeur, c’est le bonheur partout les dettes du privés sont même mieux solutionnés en vitesse en plombant davantage les caisses des Etats, mais alors qu’un autre grain de sable vienne de nouveau à enrayer le système et c’est alors la même angoisse boursière qui revient subitement nous faire peur celui de tout perdre matériellement du jour au lendemain, les choses vont si vite.

    Oui pourquoi viennent-ils d’abord sur le blog à certains moments, la crise est si brutale. Elle se traduit pour beaucoup par le sentiment d’être davantage pris en otages c’est le chantage de plus. Rien n’est résolu, si ce n’est de vouloir avancer au compte goutte comme dernièrement en Allemagne avec Mme Merkel, mais cela suffira-t-il avant le grand patatrac car la bulle gonfle ?

    Aux maux de tête toujours plus violents sur les écrans, tout défile si vite de nos jours et pour beaucoup, l’impression même d’un plus grand malaise général plus de sueurs froides et de pâleurs subites sur les marchés autres palpitations, accélération même plus rapide des rythmes cardiaques, tension nerveuse extrème cela va-t-il bien tenir jusqu’au bout ?

    Mal au ventre, troubles de l’estomac supplémentaire, les petites aspirines politiques de plus n’y changeront rien et c’est alors que le mal se répand dans l’organisme complet, on en finit même par entendre davantage les rales et les spasmes des plus mécontents des corps et des estomacs, etc.

    Le traitement consiste surtout, à prendre des anxiolytiques médiatiques pour anesthésier la foule, la conscience humaine, aux entretiens réguliers et personnalisés de plus vouloir d’abord vous faire peur avant tout afin d’essayer d’enrayer surtout le mal idéologique à l’origine de la névrose. Quelle grande peur partout présente, à la névrose même obsessionnelle d’un plus grand chacun pour soi à la tête des autres et si demain je devais perdre mon emploi et tout mon argent qu’adviendra-t-il alors de ma vaine réussite matérielle sur terre, comme pour une plus grande tension nerveuse et fatigue morale de plus.

    Qui en pousse même davantage à accomplir d’autres actes plus absurdes et violents encore. Pour lutter contre tout cela qu’est-ce qui se met alors davantage en place faute de mieux, les mêmes rites de conduite d’hier comme d’aujourd’hui incantations du tout sécuritaire de plus et autres.

    Quel théatralisme à l’antenne, comportement excessif qui vise à attirer l’attention c’est pas moi c’est d’abord l’autre le mauvais gestionnaire socialiste de plus, impossibilité même pour le banquier devenu grandement malade par les mêmes valeurs de l’argent de reconnaitre d’abord ses propres fautes de conduite.

    Le placebo médiatique consiste à répéter la même chose, il faut à tout prix faire monter la bourse quitte même à en pousser encore dans la violence boursière d’être plus mal traité dans la peur, les mauvais médicaments boursiers ne donnent jamais hélas de bons résultats sur la durée.

    Hébétude, oubli partiel ou total de l’incident d’hier, sursauts déclenchés par le bruit et la surprise d’avoir déjà vu et entendu cela quelque part, cauchemars et autres mauvais souvenirs boursiers qui obsèdent idéologiquement le patient qui ne comprend toujours rien à rien et c’est la même recherche rapide de fausses solutions aux éventuels problèmes (d’emplois, financiers et autres qui s’accumulent toujours sans cesse ) les belles valeurs du monde, les notres.

    Pourvu que le monde n’en devienne pas davantage malade et violent quand même.

  21. Oui, ce n’est pas le moment de flancher ou de tirer sur la chaîne, alors
    qu’elle est encore solidement scellée au mur ou attachée au poteau ;
    et que le collier est toujours étroitement bouclé autour du cou.

    Ce modèle de civilisation prédateur et criminel imposé a la peau dure,
    et il est profondément ancré dans les mentalités.
    Ca ne lâchera pas de sitôt.

    Une bonne constance dans la résistance est préférable,
    et le champ déjà assez vaste s’agrandit au fur et à mesure
    que les abus, les supercheries, les mensonges sont démontés,
    que les brutalités sont dénoncées, et que tombent les masques.

    Bons ouvrages et courage.

  22. A Yvan:

    merci pour votre commentaire sur la « note EDHEC ».

    Que l’EDHEC soit pro finance/bourse, peut-être… Mais que faisons-nous une fois que cet argument est posé ? L’étude existe. Donc « est-elle fiable ou pas » oui ou non?
    L’étude se base sur des données boursières. Ok mais c’est là le sujet non?

    je note que ce n’est pas la première fois que des études pointent que les ventes à découvert ne sont pas à diaboliser. En faissant une brève recherche je suis tombé sur un commentaire du régulateur anglais (proche du pouvoir, de la bourse, des banques…) pointant que  » In its 2009 Discussion Paper, the UK Financial Services Authority stated, ‘we regard short selling as a legitimate investment technique in normal market conditions ».

    Les conditions de marché ne sont pas normales pour le moment. Donc on peut légitimer cette mesure allemande. Si la situation se calme (et elle se calmera pcq nous sommes dans un environnement de retour à la moyenne et non de fin du capitalisme), la mesure pourrait être levée.

    1. En cherchant bien, vous pourrez encore trouver des études qui démontraient que le tabac n’était pas nocif pour la santé. Il se trouve qu’on a découvert que ces études n’étaient pas vraiment indépendantes. (Idem pour le climat, les OGM, etc)
      Bon, je crois qu’il vaut mieux que je vous le fasse plus clair: l’EDHEC et la plupart des économistes vont à la soupe.
      Et puis, non on ne retournera pas à la normale si par là vous entendez le capitalisme tel qu’il existait. Vous en êtes encore à une posture que l’on sait dépassée et qui a été discutée sur ce blog il y a déjà un an. Le business as usual ne reprendra pas, voyez les choses en face. C’est pas une crisette.

    2. Houlà…

      Deux postulats faux dans un même commentaire… Où allez-vous, très cher..??

      Ne vous serait-il pas apparu que les cours de bourse ne sont nullement liés à une quelconque conjoncture, mais juste à la soif de maximiser les profits..???

      Et, dire que les conditions de marché ne sont normales en ce moment me parait hautement aventureux si l’on se souvient que nous sommes dans une légère petite ébauche de soupçon de projet d’éventualité de début de réflexion de la prise de conscience d’une crise économique mondiale.

      Certes, c’était normal avec un CAC40 à 6000 « points » juste avant la « chute à Lehman »…

      Laissez tomber les « cours de bourse ». Poudre aux yeux.

    3. Vous parlez d’une autre sujet que celui qui est débattu en ce moment : il n’est pas question des ventes à découvert, très vaste sujet, mais des ventes à découvert nues, c’est-à-dire s’assurer sur quelque chose qu’on n’a pas. Si vous trouvez ici une certaine méfiance envers la position que vous défendez, c’est que certaines personnes font l’imbécile quand elles disent : « Il n’y a pas de mal dans la vente à découvert », élargissant volontairement ce dont il est question : les ventes à découvert nues, à la question des ventes à découvert en général. C’est alors une tactique, visant à noyer le poisson.

      Je vous donne un exemple, quelqu’un dit : « Il n’y a pas de mal à prendre une assurance-vie », sauf que le naïf comprendra ça comme voulant dire s’assurer soi-même, alors que lui ce qu’il vise, c’est prendre une assurance sur votre vie.

      Tout ça, c’est au même niveau de bonne foi que celui qui affirme – on a pu lire ça ici-même : « Il n’y a pas de mal à spéculer parce que spéculer, ça vient du latin « speculare », qui veut dire « réfléchir », etc. etc. »

  23. Effectivement si les choses devaient se passer violemment, se sont toujours les mêmes : les pauvres et les travailleurs qui en souffriraient.
    Ce n’est donc absolument pas souhaitable. Mais je pense que les réactions ulcérées face aux injustices motivent en grande partie ce désir de voir le système capitaliste s’effondrer rapidement et avec fracas.
    Le fait de savoir que ce sont les individus, politique, banquier, responsables de la crise qui vont nous dire, nous répéter inlassablement, que le peuple à vécu au dessus de ses moyens et qu’il doit maintenant se serrer la ceinture, à quelque chose de révoltant.

    La réaction énervée des personnes sur le blog, qui savent cela, est assez compréhensible (c’est mon cas) et si la majorité de la population s’intéressait de la même façon à l’économie et détenait les même informations, je pense que le mécontentement serait le même, mais à une échelle plus dangereuse.

    C’est sans doute pour cela d’ailleurs, à mon avis, que les médias classiques ne relaient pas l’information économique avec plus d’exactitude.

    C’est donc pour ces deux raisons :
    1 le fait que vous relayiez ces informations,
    2 que vous nous rappeliez qu’un effondrement violent n’est pas une bonne perspective d’avenir,

    que personnellement je vous remercie.

    1. Tout à fait d’accord. J’ajouterai que ce n’est pas la peine de chercher la politique du pire car « ils » sont en train de faire la pire des politiques.

    2. Tout juste , Crapaud Rouge.

      Les véritables anticapitalistes ne sont pas facteurs, mais banquiers. Ce système est à ce point construit sur l’égoïsme grégaire qu’il ne peut faire que s’écrouler sous le poids de sa propre stupidité nihiliste.

      La démarche de Paul s’apparente à la démolition contrôlée de bâtiments. C’est une technique très efficace en temps normal, mais inopérante en cas de tremblement de terre.

      Ceci étant dit, je ne souhaite pas le pire. J’aimerais pouvoir applaudir la proposition allemande, mais elle n’est guidée que par la préservation de ce qui est. Or, ce qui est n’a pas d’avenir.
      En ce joyeux début de millénaire où « réforme » est devenu synonyme de retour au servage et où le sujet qui devrait nous préoccuper au premier chef, à savoir la transition énergétique, n’empêche pas grand monde de dormir, le status quo ne peut être qu’un retour en arrière.

      En d’autres termes, si cette proposition émanait d’Evo Morales plutôt que d’Angela Merkel, je la trouverais très encourageante.
      Là, par contre, ça ressemble plutôt à une manœuvre désespérée de l’Allemagne pour essayer de sauver ce qui a déjà disparu. Le simple fait que cette mesure soit provisoire suffit à comprendre que le but n’est pas de rendre le monde un peu moins invivable.

      Ceci dit, au risque de me contredire, je constate avec plaisir que l’Allemagne semble s’apercevoir que Herr Marché n’a pas toujours raison, et qu’elle semble même se souvenir d’une époque où les souverains n’hésitaient pas à zigouiller leurs créditeurs lorsque ces impudents avaient la mauvaise idée de réclamer leur dû au mauvais moment. Prenons-en de la graine.

      Paul, vous êtes né lorsque notre société était encore dans un mouvement ascendant, lorsque la notion de progrès avait encore un sens. En ce qui me concerne, je suis un enfant de la crise, né au moment où les « trente glorieuses » tombaient dans les poubelles de l’Histoire. Je me suis éveillé à la conscience dans une société sans avenir, entre Tchernobyl et Pinochet. Je souhaitais déjà la fin de cette société lorsque j’avais huit ans. Nous y sommes, la bête agonise. Je n’en éprouve ni plaisir, ni regret. Tout au plus une certaine angoisse face à l’inconnu qui m’aide à comprendre votre position. Nous ne voulons pas le pire, Paul, mais nous savions depuis notre premier jour que nous y aurions droit tôt ou tard.

  24. Assisterions nous aux premières pelletées qui mettraient en chantier le FME ?

    J’essaie d’imaginer ce que sera le cadre de l’Europe avec le grand marché transatlantique dont l’officialisation est prévue pour 2015 … pas évident.

    Je présume que ce n’est pas un hasard, si cette année 2010 qui est une année charnière en ce qui concerne la phase des services financiers et des capitaux, connait de nombreux et rapides changements

    …La troisième nécessité est de finaliser le «mécanisme de gestion des crises». Celui mis au point le 9 mai, doté de 750 milliards d’euros, doit encore être créé et il durera trois ans.
    La question est donc de le pérenniser,
    voire de le transformer en futur «Fonds monétaire européen».

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8b91dedc-64c3-11df-bf6d-1841483df892%7C1

  25. Cher Paul,
    Alors, je suis à 99% d’accord avec vous. Comme vous me l’aviez fait comprendre, pour vous nous allons vers la fin du capitalisme. A mon avis, nous serons déjà mort avant lui.
    C’est un problème de mentalité qu’il faut changer. Ce n’est pas en une génération que cela se passe.
    Je vous ai fait de la place dans mon prochain article de lundi. Il ira parfaitement avec votre blog.
    Je joue peu dans le domaine de l’économie comme vous et pas au même rythme.
    Un peu de pub, peut-être. Que ferions-nous sans la pub aujourd’hui?
    C’est un article que j’ai sur le bout de la langue d’imaginer cela.
    Encore quelque chose, qu’il faudrait éradiquer le capitalisme.
    Je vous avais prévenu que mon article était sur le feu.
    Je l’ai rendu le plus humoristique possible. L’humour fait passer les messages avec plus d’élasticité. Mais tout le monde ne peut s’appeler enfoiré, évidemment.

    1. J’ignore aussi si l’amour de la pub passera en une génération…

      Encore une conséquence de la concentration de richesse, certainement.

    2. Paul,
      Bonne idée. Je n’irai pas à son invitation le 9 juin.
      Ainsi je pourrai ajouter cette info à mon article.
      Testez aussi son sens de l’humour.
      Sans ça, il peut aller se faire rhabiller, car dans notre monde, faut en avoir une certaine dose.
      Chez nous nous avons aujourd’hui, la Zinneke Parade. Impossibilité d’y aller, mais j’ai des photos d’il y a deux ans.
      . -))

  26. Ce sont effectivement des actes qu’il nous faut pas des paroles, mais l’Europe se doit d’agir de concert. Après le discours offensif de Suzan George, Présidente d’honneur d’ATTAC, auteur de « Leurs crises, nos solutions » on sent le vent tourner et l’espoir poindre, en tous cas il n’y a pas qu’un seul discours audible. En vrac :
    « Il faut s’en prendre aux racines de la crise, mettre les marchés sous contrôle, les politiques freinent car ils sont alliés aux marchés, aux banques, le renflouement des banques a coûté 19 trillons !!!, on aurait du prendre les banques sous contrôle, le monde croule sous l’argent !!! »
    « Le système est injuste, on récompense les coupables, on punit les innocents » (j’adore, aux innocents les mains pleines dit-on pourtant).
    « Il faut éradiquer les paradis fiscaux, interdire différentes transactions financières et en taxer certaines.
    « La BCE ne fonctionne pas comme la FED » OK pour l’initiative Merkel mais pas seule.

    En face de Mme George, son détracteur, Philippe Manière, économiste, plutôt libéral faisait remarquer que :
    les dépenses ont été votées par les peuples (on a les dirigeants que l’on mérite dirais je)
    ce que dit Mme George est facile, utopique
    en Suisse les cantons francophones ont une constitution qui interdit les déficits ===> ils ont des déficits à l’inverse des cantons allemaniques dont la constitution est neutre à ce sujet ! (la bonne volonté suffit, pas besoin d’user du marteau pilon)
    on commence seulement à dire les choses
    le grand emprunt : c’était pas le moment.
    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/index.php?id=91821

    Je pense que la bonne voie à suivre se situe à mi-chemin de ces propos.
    Comme papi, je m’inquiétais pour l’avenir de mes petits-enfants dès e début de la crise, à cette époque vos informations précieuses m’ont éclairé. Depuis un an je m’inquiète pour nos enfants et depuis quelques mois pour nous aussi.
    Il faut changer de cap et cela en douceur mais il faudra faire preuve de beaucoup de pédagogie et de vulgarisation face à des adversaires qui défendront bec et ongles leurs avantages acquis et leurs rentes de situation.
    A l’heure du déjeuner j’ai encore découvert des « robin des bois », pacifiques, résistants civils (EDF, instits, Poste, Pole emploi, ONF) au service des citoyens et dénonce l’Europe de la déflation et les excès dans des services publics qui se « modernisent ». C’était à l’écoute sur F. Culture ce midi de Elisabeth Weismann qui publie « la désobéissance publique » et j’oubliais, le OK du Sénat US, à suivre cependant.
    http://www.franceculture.com/emission-journal-de-12h30-journal-de-12h30-2010-05-21.html

    Encore merci pour vos efforts et votre constance.

  27. Paul Jorion

    Vous compariez il y a peu, certaines activités financières à un parasitisme débridé, ne prenant aucune mesure de l’état de son support à l’agonie qu’est l’activité économique en général.

    Si certains souhaitent « le pire » comme vous dites, c’est peut-être qu’ayant pris conscience de l’état de notre support planétaire vital, également à l’agonie, ils souhaitent simplement voir cesser cette destruction sans issue.
    l’économie dans son ensemble, actuellement, se comporte comme un parasite sans limites, pourtant elles ne sont plus très loin.

  28. Tant qu’il y aura des rentiers et des usuriers bien protégés le monde n’est pas prêt de changer de valeurs.

    Le temps qu’il fait sous la mer n’oublions pas aussi les petits poissons qui suffoquent :
    http://globalwarming.house.gov/spillcam/

    Il est certain que si un petit poisson plein de pétrole devait en finir par prendre la parole contre l’industrie pétrolière on en finirait également par le traiter de socialiste forcément, c’est pour vous dire comme il ne faut pas trop penser en dehors de la norme.

    Et des politiciens qui changent d’avis comme de chemises du jour au lendemain c’est pas beau tout ça quand même, un jour ils vous disent une chose et puis le lendemain carrément son contraire pour pouvoir encore garder la face. C’est encore le mauvais temps qu’il fait pour le monde.

  29. « LONDRES – L’Agence européenne des médicaments, l’EMEA, a confirmé vendredi qu’elle n’imposerait aucune restriction d’usage sur des vaccins de GSK et Sanofi-Aventis dans lesquels des traces d’un virus de type porcin avaient été détectées, celui-ci étant sans danger pour l’homme. »

    Bonne nouvelle pour nos amis les PIGS ,dans le cochon tout est bon.

    1. L’an dernier , la France a débarqué d’un bâteau ukrainien, de l’huile de tournesol dans laquelle il a été détecté des traces d’huile de moteur ….
      Là aussi, il a été déclaré que l’ huile de moteur c’est très bon …

  30. Je comprends le point de vue de certains et leur très grande envie d’en découdre avec tous ces usuriers du capitalisme mais il ne suffirait à rien d’éradiquer le capitalisme si je me prive également la possibilité de pouvoir éradiquer aussi le socialisme qui est en moi par autre chose.

    Pourquoi les peuples se sentent de plus en plus mal et abandonnés, n’avez-vous jamais éprouvé cette facheuse impression désagréable, la facheuse impression d’être traité de plus en plus comme les poulets en batterie prenant le métro, pendant ce temps là les nantis, les dominants sirotent bien encore tranquillement dans les paradis fiscaux quand bien même leurs autres méfaits de plus sur les matières premières finira tôt ou tard par mettre la terre à feu et à sang.

    Je me demande parfois quels sont exactement les termes du contrat auquels les grands de ce monde ont bien signés et pactisés avec le Diable sans même d’ailleurs qu’ils ne s’en rendent bien compte entre eux. C’est peut-être bien là le plus grave pour l’humanité en péril.

  31. Merci pour le passage sur les anthropologues. C’est très loin de mon domaine, mais du coup très instructif.

    Les marchés essayent ils de tuer leur père capitalisme???? Qui leur dit qu’il est déjà mort, mais que l’acte de décès est en cours d’impression….

    On vit une époque passionnante.

    NB : des tensions en cours semble t’il en chine….encore un pan (spéculatif) qui serait en train de se détacher.

    1. Je suppose que M.Jorion voulait élargir le débat.C’est un peu le problème avec Paul ,quelquefois ça part dans toutes les directions ,ce qui fait qu’on ne sait plus quel est le plat du jour .

  32. Qui sont les « marchés » ?
    http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2010/05/21/qui-sont-les-marches_1361079_3208.html
    //Un rôle essentiel dans le financement de l’économie. L’essor des marchés remonte au XIXe siècle, lors de la construction de grands projets d’aménagement comme le canal de Suez et de Panama. « A ce moment-là, on a eu besoin de l’argent de tout le monde », indique Paul Jorion, auteur de L’Implosion. La Finance contre l’économie (Fayard, 2008). Le marché de la dette souveraine a connu, lui, son essor en temps de guerre.//

  33. Chacun tue son père comme il peut; c’est la lecture que je fais du contre hommage que votre message du jour délivre à Levy-Strauss en cette veille de Pentecôte !!

  34. La vraie situation des petites gens aux USA ….

    http://www.wsws.org/articles/2010/may2010/econ-m21.shtml

    En resume 5 millions de travailleurs demandent des aides d’urgence genre bons alimentaires contre la moitie il y a un an. On multiplie par 5 pour avoir le nombre de chomeurs. 25 millions. 1 actif fait vivre 3,4 personnes. On est a entre 70 et 100 millions de personnes dans la mouise noire. Sur 300 millions.

    C pas beau le liberalisme !!!

    Mon grand pere disait toujours a propos de la guerre qu’elle etait faite par des millions de gens qui ne se connaissent pas au profit de quelques uns qui se connaissent tres bien. Remplacez guerre par économie …

    1. Votre grand père avait lu Paul Valéry: »La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais qui eux ne se massacrent pas. »

    2. Si mes souvenirs sont bons Anatole France avait eu cette citation :
       »On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels »

  35. Rien contre une « transition », mais il y a transition et transition. Une transition peut être rapide, comme en musique; on passe d’une tonalité à une autre par modulation. Mais il y a des transitions qui durent, parfois ad infinitum, et c’est, dans la plupart des cas, voulu. L’intérêt de l’Allemagne consiste à ce qu’il y ait conservation du status quo, c’est-à-dire de l’euro, le reste n’a que peu d’importance. L’euro a une fonction vitale au sein de l’économie allemande: plus de fluctuation des monnaies européennes, donc limitation de la concurrence au sein de l’Europe. Et si certains pays ne pourront plus contribuer au mantien de ce système, alors qu’ils adoptent la rigueur allemande ou qu’ils dégagent. C’est la raison pour laquelle Sarkozy veut une gestion centrale des affaires économiques européennes, et il y probablement raison. Malgré un discours hypocrite, la taxation des flux financiers internationaux n’est pas une priorité absolue du gouv. allemand, et la mesure récente prise avec grand éclat n’est que du perlimpimpin (exprimé d’une manière décontractée). Ce qui compte pour l’Allemagne, c’est de devenir une grande puissance sur le plan mondial, et le moyen pour y parvenir serait le commerce extérieur. D’où les efforts pour limiter les charges patronales, restreindre les budgets sociaux et cétera. Je pense que l’on aurait tort en France de penser que l’Allemagne, qui vise l’échiquier mondial, va oeuvrer avec ardeur pour une taxe sur le traffic financier.

  36. Il faut dire que les socialistes sont en faveur de mesures sociales (une allocation de survie sous l’une ou l’autre forme) et que c’est pour cela que beaucoup de gens en Belgique votent encore pour eux….ils ont peur de se retrouver à la rue …et je les comprends….seulement c’est aussi à cause des socialistes (entre autes) qu’un système capitaliste sauvage basé sur le marché s’est mis en place il y trente ans en Europe …maintenant que les gens et l’Europe se trouvent dans un tel état, dire que c’est uniquement la « faute  » des financiers,banques ou libéraux est un mensonge….Depuis trente ans, tous les partis au pouvoir se sont montrés favorables à tous les traités mondialistes et capitalistes, qui ont été adoptés avec leur aval ….provoquant une désindustrialisation , une crise économique, une baisse du pouvoir d’achat, l’augmentation du chômage ,des inégalités et des injustices.Même si certains à un moment donné ont admis et accepté la connivence entre la gauche « caviar » et le monde des banques ils ont dur à l’accepter et rêvent toujours de changer le système de l’intérieur….

  37. Les héritiers de W. H. R. Rivers, ne manquent et ne manqueront pas de matériel humain, votre option de la ‘ »voie du milieu » vers le « meilleur des mondes possible » ne pouvant déboucher j’en ai peur que sur d’insupportables traumatismes et l’obligatoire psychiatrisation des masses.
    Nos « vétérans » de l’ancien monde, qu’ils soient militaires ou salariés, sont déjà dans un sale état…..

  38. 1) Chez Emmanuel Todd les structures de parenté
    et la typologie familliale jouent un grand rôle.
    « Le fou et le prolétaire » qui redevient d’actualité
    est stimulant au possible.
    Cet approfondissement sur la Famille ,
    est peut-être un tropisme universitaire brit.

    2) Le négativisme systématique est un danger.
    Assister aux catastrophes d’un balcon est un privilége
    réservé à ceux qui peuvent attendre.
    Pour les plus démunis, ballotés par une crise
    aveugle, c’est un luxe hors de portée.
    Pour eux, la crise, c’est un retard administratif
    de 24h dans l’approvisionnement du compte bancaire.
    Une chute du système aggraverait tout, immédiatement.
    Je le souhaite parfois -en finir, n’importe quoi plutôt
    que cette injustice géante-mais c’est déraisonnable.

    Un autre danger lié au premier est le perfectionnisme.
    Et sur ce blog, cette forme d’absolutisme est menaçante.
    Nous devons être capable de plusieurs actions en même
    temps – s’amèliorer personnellement avec un truc à
    la mode, critiquer ce qui doit l’être et proposer
    ou soutenir les propositions raisonnables.
    Refuser une idée pratique sous le prétexte
    qu’elle ne satisfait pas à un canon idéologique
    ou une prescription d’un ancêtre est débile.
    L’extrémisme des bonnes intentions nous expose
    à n’atteindre la perfection que dans un cimetière.
    Et par dessus tout, nous avons droit à l’erreur.

  39. Il est certain que le monde de la finance n’a jamais aussi bien prospéré sous les socialistes ou les démocrates américains.

  40. Ce n’est pas le thèmatique principale du blog, mais aucun commentaire sur les fortes tensions entre les 2 Corée ? C’est bien triste mais la guerre a un impact dans l’économie non négligeable…
    Entre les tensions au moyen-orient et maintenant la Corée, une étincelle et tout s’embrase ?

    Concernant le fait que certains « souhaitent » l’éffondrement du système afin d’en créer un à nouveau, c’est peut-être en raison d’un souhait de changement d’attitude vis à vis de l’Argent (avec un grand A). La fin du « culte de l’argent ». Non ?

    Cdt,

  41. Bon, en cette veille de Pentecôte, dans l’ordre de lecture, ces MOTS (oubliés?):

    Sagesse, Intelligence, Conseil, Force, Science, Piété, Crainte de Dieu, l’amour, la joie, la paix, la bienveillance, la bonté, la douceur, la maîtrise de soi, la fidélité (ou la foi), la modestie, la continence, la chasteté.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Esprit#Dons_de_l.27Esprit_Saint

    Sincèrement, M. Jorion, sans valeurs spirituelles je pense que nous n’y arriverons pas. Qu’en pensez-vous ?

    Bien cordialement et bon week-end!

    1. Nota : La modestie, la continence, la chasteté ne sont pas des qualités contenues dans Galates 5:22-23.
      Que ne le disiez vous !
      Ras le bol ,je fais les questions et les réponses.

    2. @ Piotr
      Sans continence et chasteté comment peut-on être dans la piété et dans la crainte de Dieu ?
      En ce temps de crise la crainte de Dieu s’impose à nous! je ne peux que vous conseiller mon cher Piotr de devenir chaste et continent pensez à votre âme faîtes l’économie du purgatoire.
      Bonne Pentecôte
      Bonne repentance!

    3. Très amusant : pour mériter (pas de gains, y compris matériels
      sans un effort, spirituel celui-là- où vous croyez vous?) ,
      oui pour mériter
      de ne pas crever de faim( réfrigérateur vide- et le gosse est malade),
      ou de désespoir ( fin de mois difficile, surtout les 30 derniers jours- et le pédiatre est cher)
      ou de toute autres lacunes matérielles
      ( les sentiments : Dieu, ou l ‘esprit, y pourvoira plus tard- où vous croyez vous?) ,
      il faut d’abord vous démerdez pour naître en conditions telles
      que le secours — social, le secours– soit inutile.
      Exemple de récursivité contratemporelle.
      Ce genre de cliquet anti-retour – à motivation évidemment empathique-
      et justifié par un haut niveau d’ exigences spirituelles me rend malade.
      Une simple supposition , parfaitement virtuelle:
      Et si l’ Esprit n ‘était pas suffisant ?
      Pas d’importance, en attendant sa transfiguration, le sujet est mort.

      Lu à Thionville sur un mur lépreux en 1984
      – l’emploi n’ allait pas fort, déja et encore-
      « pas d’embauche? vive la débauche ! »
      [ Je m’ étais arrêté en catastrophe dans une petite rue
      tranquille – sinistre mais vraiment tranquille- pour que
      ma femme puisse allaiter notre fille. Ne pas faire attendre…]
      La débauche, une solution hautement exigeante j’imagine,
      ou un scapulaire ou le grand saut sportif à l’ élastique cassé…

  42. Peut-être un peu HS (Hors Sujet), je voudrais faire une remarque sur l’expression : « Le pire n’est jamais sûr »
    Elle paraît signifier que le pire sénario, pour une crise, quelle qu’elle soit, envisagé par notre conscience est en-deça du réel, dans l’infini des ces possibles, simplement parce que notre inconscient, nous impose des limites protectrices par le mécanisme du refoulement, nous nous rassurons à peu de frais en invoquant l’incertitude que nous avons sur le sénario du pire, pour le dire autrement le pire est dans l’audelà de notre connaissance immédiate.
    Alors voila, ceux qui souhaitent le « pire » comme issue à « cette » crise, qui par ailleurs n’est jamais sûr, donc rassurant, n’imaginent peut-être pas qu’ils laissent ainsi s’exprimer la fameuse pulsion de mort.

    1. Je ne comprends rien, ce à quoi Anzieu ajouterait qu’il faut retourner la pulsion de mort contre elle-même. Je n’ai jamais essayé, mais voilà.

      La pulsion de mort ou de répétition a d’ailleurs un statu ambiguë chez Freud puisque la répétition en question a une fonction de guérison, en fait (cf. « Vie et mort en psychanalyse », ou Ricoeur sur le sujet). La répétition dans les névrose traumatique intervient pour atténuer le trauma…

      De plus il est impossible de suivre Freud lorsqu’il dit que cette pulsion serait le désir du retour à l’inorganique. Un tel « désir » ne saurait être pris en charge par le vivant, qui n’a pas connaissance de l’inorganique. S’exprime ici chez Freud un mythe, une métapsychologie.

      En ce qui concerne la crise, chacun se doit d’avoir un fil d’Ariane….

    2. Donc voila affirmée la borne ultime du pire, c’est le retour à l’inorganique qui justement est une certitude !
      C’est la mort du sujet. Si le pire est incertain c’est parce que la mort est du domaine de la Foi.

  43. Merci pour la mise au point contre la politique du pire. Nous ne pouvons nous payer le luxe de faire la fine bouche devant les avancées positives, d’où qu’elles viennent. Il faut absolument soutenir Merkel sur cette mesure, quoi qu’on pense d’elle et de sa politique par ailleurs, tout en sachant que ce n’est qu’un premier pas. Je pense que des choses plus importantes pourront se passer quand les gouvernements réaliseront que les politiques d’austérité adoptées pour « plaire » aux « marchés » les mènent dans le mur et qu’ils comprendront enfin clairement que leur seule option réaliste est de se libérer desdits « marchés », notamment en déconnectant leur fonction de valorisation de leur fonction de financement (je sais, ce n’est pas très clair, mais il faudrait un long développement). Espérons que ce moment arrivera le moins tard possible et, en attendant, soutenons tous les pas qui vont dans ce sens.
    J-O. Charron

  44. Estimations mondiales des balances commerciales pour 2009:

    Excédent commercial mondiale :En% du total des excédents

    Chine 296 200 000 000 -> 26,6%
    ————————–
    Japon 131 200 000 000 -> 11,8%
    ————————-
    Allemagne 109 700 000 000 -> 9,9%
    Suisse 79 180 000 000 -> 7,1%
    Norvège 58 560 000 000 -> 5,3%
    Pays-Bas 33 720 000 000 -> 3,0%
    ————————-
    Russie 42 080 000 000 -> 3,8%
    Taiwan 31 100 000 000 -> 2,8%
    Corée du Sud 30 380 000 000 -> 2,7%
    Hong-Kong 28 340 000 000 -> 2,5%

    Total excédent EUROPE: 281 160 000 000

    ********************

    Déficit commercial mondial : En% du total des déficits

    États-Unis 380 100 000 000 -> 34,2%
    ———————–
    Belgique 18 920 000 000 -> 1,7%
    Portugal 18 610 000 000 ->1,7%
    Espagne 69 460 000 000 -> 6,2%
    Italie 55 440 000 000 -> 5,0%
    France 43 670 000 000 -> 3,9%
    Grèce 34 430 000 000 -> 3,1%
    ————————
    Canada 36 320 000 000 -> 3,3%
    ————————
    Australie 33 310 000 000 -> 3,0%
    Royaume-Uni 32 370 000 000 -> 2,9%
    Irak 19 900 000 000 -> 1,8%
    ————————

    Total Deficit Europe : 240 530 000 000
    *********

    Bilan:

    SOLDE EXCEDENTAIRE EUROPE: +40 630 000 000

    SOLDE DEFICITAIRE USA: -380 100 000 000

    1. Suisse 79 180 000 000 -> 7,1%
      Norvège 58 560 000 000 -> 5,3%
      Deux Etats qui ne font pas partie de l’Empire. Ils se portent bien. Est-ce une coïncidence ?

  45. Aux US on tergiverse apparemment sur la réintroduction de l' »Uptick rule  » ,qu’en est-il de son efficacité d’après votre expérience , cette définition ci-dessous mise à part ?

    What Does It Mean?
    What Does Uptick Rule Mean?
    A former rule established by the SEC that requires that every short sale transaction be entered at a price that is higher than the price of the previous trade. This rule was introduced in the Securities Exchange Act of 1934 as Rule 10a-1 and was implemented in 1938. The uptick rule prevents short sellers from adding to the downward momentum when the price of an asset is already experiencing sharp declines.

    The uptick rule is also known as the « plus tick rule ».
    Investopedia Says
    Investopedia explains Uptick Rule
    The SEC eliminated the rule on July 6, 2007, but in March of 2009, following a conversation with SEC Chair Mary Schapiro, Rep. Barney Frank of the House Financial Services Committee said that the rule could be restored. Frank’s conversations were spurred by a call for the return of the rule by several members of Congress and legislation reintroduced on January 9, 2009, for its reinstatement. On April 9, 2009, the SEC approved the release of five proposals for reinstating the uptick rule, which will each be put out for a 60-day public comment period.

    By entering a short sale order with a price above the current bid, a short seller ensures that his or her order is filled on an uptick. The uptick rule is disregarded when trading some types of financial instruments such as futures, single stock futures, currencies or market ETFs such as the QQQQ or SPDRs. These instruments can be shorted on a downtick because they are highly liquid and have enough buyers willing to enter into a long position, ensuring that the price will rarely be driven to unjustifiably low levels.

    1. Intéressant,

      c’est une sorte d’ « auto-taxe-Tobin », on doit vendre à un cours epsilon (un cran du système, un pixel si vous voulez) plus haut que le cours du moment. Le delta est encaissé par la contropartie, mais vous réfléchissez à deux fois.

      Un peu de douceur long-termiste dans un monde de brutal court-termisme.

  46. Pour les esclaves romains, le « pire » n’était pas leur état misérable, mais celui que leur décrivait leur maître pour leur faire peur : de la même façon, on nous expose le pire avec des documentaires de la première ou la deuxième guerre mondiale… et pour l’éviter, « ils » (nos maîtres) ont la solution toute faite : l’austérité et la rigueur… Puisque selon eux, le ou les peuples (les états) ont trop profité de la croissance, des pays pauvres ou de la planète, ils ont accumulé des dettes… Mais le pire, ce ne sont peut-être pas les guerres dont on nous fait part tout les jours : le pire, c’est notre époque actuelle car le seul rêve autorisé, c’est une sortie de crise grâce à l’austérité dans 25,30…..100 ans selon les prévisions !… Des sacrifices (sous-entendu du chômage, de la misère, de la pauvreté ) pour la majorité avec pour unique espoir un retour à l’équilibre (selon les critères de Maastricht) comme avant la crise . Tuer l’espoir, le rêve…c’est peut-être cela le plus terrible ! Avec une politique d’austérité (rigueur) au niveau des pays occidentaux, on va droit dans le mur. Baisse des dépenses publiques, augmentation des impôts et du chômage, baisse du pouvoir d’achat et de la consommation, baisse des importations et des exportations (puisque tous le pays pratiquent une politique d’austérité), cela entraîne une baisse de rentrées fiscales, d’impôts et… une augmentation de la dette….on tourne en rond !… La Chine comme moteur? Pas possible (économie encore trop petite) … D’ailleurs, la bourse chinoise a diminué de 26% depuis 8/2009 et le Baltic dry index reste bas. L’Allemagne veut cette politique d’austérité mais elle va vendre ses bagnoles à qui ??? A moins qu’elle ne veuille seulement construire des usines dans les pays BRIC.. Nos dirigeants (tous les partis confondus)nous prennent en otage et espèrent que nous serons atteints du syndrome de Stockolm et que nous allons adhérer à leurs thèses et régresser volontairement, tout cela pour protéger le système qui les avantage !… C’est pour cela que je ne crois pas (contrairement à certains) à une crise en W étant donné que l’élite politico-financière fera absolument tout pour éviter le « pire » pour elle-même, c’est-à-dire perdre leur pouvoir et leur argent….
    La mondialisation n’a été qu’exploitation des masses au S comme au N – sans parler de la pollution (transport…) – et cela au bénéfice d’une petite minorité politico-financière. C’est pour cela qu’il devient urgent d’arrêter cette mondialisation !
    Seule solution : pratiquer le protectionnisme au niveau européen (américain) et si possible faire des accords avec les USA et la Russie (matières premières…).Développer le marché intérieur, réindustrialiser l’Europe (ce qui va restaurer le pouvoir aux travailleurs), diminuer la spéculation, restaurer la démocratie…Si on le fait pas – ou trop tard – ça sera la catastrophe…. y compris pour l’Allemagne….Et laissons les pays BRIC développer leur propre marché intérieur (au lieu de tout exporter vers les pays du N) et par la même occasion le bien-être de leurs peuples.

    1. Entièrement d’accord avec vous sur l’utilisation du mot  »guerre » pour effrayer les peuples et leur faire accepter les mesures d’austérités en préparation.
      D’ailleurs, la peur de la guerre ou la garantie de la paix furent largement évoqués lors du vote sur le traîté de Maastricht.
      Dire OUI au traité c’était s’assurer que nous ne connaîtrions plus de guerre notament entre l’Allemagne et la France.
      Aujourd’hui le mot  »guerre » apparaît ci et là. Hier Dominique Strauss Kahn l’a lui même employé dans l’émission  »A vous de juger ».
      Je pense que cette crainte est bien présente dans la population et cette arme psychologique sera utilisée surtout s’il y a des tensions sociales importantes couplées éventuellement à des tensions internationales (Iran…).

      Les grèvistes seront bientôt qualifiés d’inconscients, d’égoïstes nous conduisant au pire.

    2. « C’est pour cela que je ne crois pas (contrairement à certains) à une crise en W étant donné que l’élite politico-financière fera absolument tout pour éviter le « pire » pour elle-même, c’est-à-dire perdre leur pouvoir et leur argent…. »

      Vous avez vraiment l’impression que les « élites » (guillemets de rigueur) de notre « société » (id.) contrôlent quoi que ce soit ?
      Pour être machiavélique, il faut être intelligent. Ces gens pour qui intelligence est synonyme d’avidité ne pourront certainement pas empêcher l’Histoire de suivre son cours. Si ces tristes caricatures de ce qu’il y a de pire dans l’humain voulaient conserver leur pouvoir, elles auraient mieux fait d’y réfléchir avant que la branche sur laquelle elles étaient assises rompe sous leur poids (même pas besoin de scie).

      Pour le reste, nous sommes à peu près d’accord, sauf que vous ne tenez pas compte de la crise énergétique imminente qui fera passer cette crise financière pour une aimable plaisanterie.
      Je ne crois pas plus que vous à une crise en W. Je penche plutôt pour une lettre inconnue de notre alphabet, une sorte de W dont la troisième barre se prolongerait jusqu’à ce que la cartouche d’encre soit vide et dont la quatrième barre deviendrait une divinité.

    3. On est en plein dans le sujet développé ce matin sur France Culture dans l’hebdo du samedi « l’économie en question ». On faisait des gammes autour du bouquin « Choc des populations », « Guerre ou paix » et les interlocuteurs ont effectué le tour de la planète à la lueur de la démographie et de la vitalité des peuples de ce bas monde. Il va falloir ramer en Europe pour ne pas sombrer. ===> voir site de France Culture.

    4. Merci pour vos réactions.

      @Papimam

      Dans l’émission de France Culture, on justifie la mondialisation (le nomadisme) avec des raisons démographiques. Bien qu’il ne s’agisse que d’un seul aspect de la mondialisation (les principaux arguments contre la mondialisation sont pour moi d’ordre économique), l’argument démographique n’est à mon avis pas valable. Aller chercher des jeunes dans les pays pauvres pour payer les pensions (ou entretenir la croissance) n’est pas acceptable pour plusieurs raisons.D’abord les pays « riches » devraient être parfaitement capables d’entretenir leur population âgée. D’autre part c’est plutôt un problème de chômage auquel les pays occidentaux sont confrontés ! On peut aussi dire que la démographie est cyclique et qu’à un moment donné le nombre de personnes âgées devrait forcement décroitre surtout si on arrive à un taux de natalité assez élevé pour assurer un remplacement de la population (pour cela il faut bien sûr mener une politique familiale adéquate ). L’idéal serait en effet que chaque pays développe une politique visant tout juste à remplacer sa population.Trop d’humains sur terre ne peut qu’entraîner des conséquences néfastes pour la planète (manque de ressources, pollution)….

      @candy

      Bien que l’influence du monde politique semble diminuer, on peut quand même constater que celle du monde financier est énorme sur l’économie et le « monde  » en général.On peut, en plus, constater que dans beaucoup de pays, les acteurs du monde financier ont souvent des « familiaux » dans le monde politique .
      Comme vous, je pense que tant qu’il n’y aura pas de changement radical d’un point de vue politico-économique, nous irons vers une suite de mini-crises (j’avais, dans le passé, fait l’analogie avec un tremblement de terre et ses répliques) qui nous mèneront inévitablement au désastre final.

      @jeanpaulmichel
      Je crois que cette référence perpétuelle à l’épouvantail de la deuxième guerre mondiale a ses raisons – notamment pour les partis de gauche : cela explique ainsi pourquoi ils ont opté si facilement pour la mondialisation (ce qui est pour moi une autre forme de despotisme). En effet, pour la gauche, l’association du nationalisme et du socialisme par le passé laisse des traces et des souvenirs très douloureux….

      PS : Bien que je sois opposé à la mondialisation et à certaines formes de nationalisme, je plaide pour un protectionnisme économique et culturel au niveau de l’Europe…

  47. J’ai pour pentecôte une prévention viscérale : le saint esprit plus ou moins enflammé qui descend sur les apôtres , je me sauve !

    Pour la démocratie , Montesquieu encore et toujours ; un citoyen -une voix , trois pouvoirs , des contre-pouvoirs , des droits et des devoirs , une constitution . J’ y rajoute le RIC comme une clé de ceinture de chasteté non négociable .

    Pour la finance et la constitution économique ( c’en est où ?) : assujétis à la Constitution ( tiens voilà que Sarko s’y intéresse à nouveau : ce sera un nouveau test de l’ignominie qui prive le peuple de traiter de son propre extrait de naissance ).

    Prenons le premier pas de Merkel pour ce qu’il est : un pas .

    Combien de coups de pieds au cul pour que d’autres s’y mettent avec une feuille de route ?

    Je n’aime pas la langue anglaise même écrite par un anthropologue .

    La candidature d’Eva Joly semble faire son chemin : j’aime .

    José Bové est il un social traître démocrate ?

    Au moins a-t-il ,lui, payé le prix de ses combats , en le revendiquant . J’apprécie cette pudeur courageuse chez les vrais combattants , car elle ne s’aveugle ni du chemin à parcourir , ni des forces à vaincre .

    Et ils ne jouent pas les saints esprits .

    Viva via campesina et la conf paysanne !

    1. Pour quelqu’un qui fuit l’esprit sain, vous invoquez beaucoup les forces de l’esprit …
      C’est assez sain, non ?
      😉

  48. Pendant ce temps…………………….
    Voici les pistes explorées par l’OCDE pour repartir du bon pied……………
    Misère humaine!
    Sans autre commentaire.

    Les pistes de l’OCDE pour une croissance française forte

    [ LES ECHOS 21/05/10 – 14H40 – actualisé à 17:12:45 ]
    La reprise économique de la France peut être «solide» à condition qu’elle réforme les retraites et le marché du travail et qu’elle réduise le déficit, y compris en augmentant certains impôts, estime l’OCDE.

    «La France est bien placée pour assurer une reprise solide à la suite de la crise économique, à condition qu’elle redresse ses finances publiques en opérant des coupes dans les dépenses et en réformant son système de retraites», affirme le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Angel Gurria, dans un rapport qu’il doit présenter vendredi à la commission Attali pour la libération de la croissance.

    Il souligne «les avantages» sur lesquels la France peut s’appuyer, dont «des taux de productivité élevés, des infrastructures solides et de bons services publics». Il juge toutefois «nécessaires» certaines réformes structurelles supplémentaires, notamment une refonte «vitale» du marché du travail. «Pour utiliser les ressources de main d’oeuvre de façon plus efficace, le coût du travail doit être réduit, et les taux d’emploi des seniors et des jeunes peu qualifiés doivent être accrus». Pour l’OCDE, il faudrait aussi s’attaquer à l’organisation de l’Etat, en «rationalisant» «le nombre et le rôle des collectivités territoriales» via une «suppression des départements».
    Fragilité de l’économie globale

    Sur le plan des déficits, Angel Gurria juge «tout à fait bienvenues» les mesures annoncées jeudi par Nicolas Sarkozy à l’occasion de la deuxième conférence sur le déficit. Toutefois, il prévient que celles-ci doivent «être prises avec précaution, compte tenu de la fragilité de l’économie globale». Selon lui, «un ensemble équilibré pour consolider les finances publiques devra incorporer des mesures pour accroître les recettes et d’autres pour réduire les dépenses». Autrement dit, certains prélèvements obligatoires peuvent aussi être augmentés, contrairement à la position défendue par le gouvernement. L’OCDE évoque ainsi «l’accroissement des prélèvements sur la propriété, sur les biens et services qui bénéficient de taux réduits de TVA, et les émissions de carbone».

    L’OCDE estime que les réformes structurelles, «en renforçant le potentiel de croissance», sont «l’unique voie» pour répondre «au défi d’avoir simultanément à alimenter une reprise fragile et à se diriger vers une trajectoire budgétaire plus soutenable». «Le succès de la réforme du secteur financier et des finances publiques conditionnera le retour à la confiance dans le secteur privé, sans lequel il sera difficile d’obtenir une reprise conjoncturelle rapide, puis une expansion durable», affirme encore l’organisation.

  49. je suis bien curieux de la suite qu’aura cette interdiction de la vente des « positions nues »
    Cela implique-t-il par exemple que ceux qui détiennent les « obligations pourries » seront moins exposés? Car spéculer à la baisse trop rapide de ce qui ne vaut guère grand’chose, je suis d’accord, ne peut qu’aggraver le problème et ne permet pas des restructurations des dettes, car cela va trop vite?
    Il n’empêche, même si on peut saluer le fait que cela ramène un peu de calme et de raison, est-ce vraiment suffisant pour sauver ce qui peut l’être dès lors que la position la plus prudente et la plus « rationnelle » devient dès lors le retrait liquide général chaque fois que cela est possible?
    Pour tout dire, j’aimerais que l’on m’expose plus clairement les implications de tout cela, car je suis un peu dépassé.

    1. Vous maintenez « chandelière » au sujet de Merkel Yvan?
      Ou c’est un acte manqué?
      « on dit qu’une personne « tient la chandelle » lorsqu’elle est seule avec un couple. La plupart du temps, ceci évoque une situation inconfortable. »

      Elle a dû s’ennuyer en éclairant les ébats Elyséens d’hier entre Sarko et Cameron.

    2. Le « du » allemand est plus facile car moins familier que le « tu » français . Ceci dit, tout ce beau monde se côtoie depuis des décennies, l’époque de ses études, dans des repas, cocktails , soirées et il est normal qu’ils se tutoient .

      A propos de la chancelière Merkel, comment les journaux « people » français appellent-ils son conjoint ? Le « premier monsieur d’Allemagne » ? Cela m’amuse de lire « la première dame de France  » à propos de Mme Bruni car les Français ont la mémoire courte : c’était pour le couple Nicolas-Cécilia qu’ils avaient voté. Aucune importance d’ailleurs, c’est pour le fun .

  50. Il parait qu’il existe maintenant, aprés les PIGS, les « F-UK »(France-Angletere) et que cela va être aussi jouisif!!
    Le cirque financier continue et les clows se renvoient les quilles, et ce sera comme au bowling où il faut plusieurs essais pour espèrer le strike.
    La transition se fera par essais(bien vu l’Allemagne) juqu’au renversement final mais quand?
    Quand un monsieur LOYAL se lévera pour arrêter ces clows CUPIDES et PERFIDES et les fera rentrer dans leur boîte de Pandore avec interdiction de l’ouvrir.

  51. M. Jorion, que pensez vous de la réforme de wall street approuvée par le Sénat américain aujourd’hui?

  52. Une administration de l’Etat vient de suspendre deux directeurs régionaux, hier jeudi, qui avaient diffusé dans leurs services des informations de Paris relatives à « une difficulté rencontrée en ce qui concerne la masse salariale ».
    On suppose des échéances pour le mois de septembre. On peut les craindre plus rapides.
    Cet épisode dit l’état de nos finances et nos perspectives.

    Nous allons connaître vite des temps difficiles que nous n’imaginions pas. On s’y prépare ou en ne veux pas savoir. On le sent dans nos provinces et nos villes. Le mode survie est à l’oeuvre dans les rues.

  53. Desolé si je repose une question qui a déjà été posée ailleurs, mais si fin du capitalisme il y a, qu’est ce qu’il y aura après ?

    1. Ce n’est pas moi qui prétends que le capitalisme arrive à son terme, ce n’est pas à moi de faire des propositions.

    2. @Stephane

      Belle attitude…

      Une question tout de même: Pourquoi faudrait-il absolument que le capitalisme soit remplacé tout d’un bloc par un système « clé en main », tandis que lui-même aura tout de même disposé d’une presque demi-douzaine de siècles pour atteindre la forme qu’on lui connait aujourd’hui?

      Cette urgence me paraît terriblement artificielle et sans doute l’apanage de ce genre d’individus qui aiment à lire la fin d’un livre avant d’en avoir lu le reste. Une impatience de consommateur médiocre, en somme.

    3. Il y a et il y aura cette question vertigineuse : qu’est-ce que le JE ? et qu’est-ce que le NOUS ?

    4. « On nous dit: Le bonheur c’est le progrès faites un pas en avant. Et c’est le progrès… mais ce n’est jamais le bonheur. Alors si on faisait un pas de côté! Si on essayait autre chose! Si on faisait un pas de côté, on verrait ce qu’on ne voit jamais. »

      http://www.youtube.com/watch?v=WSEpESmR9qU

  54. Fin du consumérisme hypercapitaliste.

    UN peu utopiquement, il lui succédera un capitalisme quelque peu autogestionnaire.

  55. Si je suis venu sur ce blog récemment, ce n’est pas parce que j’ai peur de perdre l’argent de mes actions – Je n’en ai pas – mais parce que je cherche une réponse:
    Je comprend par ‘le pire’ dans l’analyse de Paul et les commentaires qui l’ont suivie, comme étant la désintégration économique et sociale dans un ou plusieurs pays ou même de groupe de pays (l’Europe?) et même encore ‘mondiale’. Le ‘pire’ serait fatalement suivi de dictatures politiques, plus probablement de la droite extrême, et par des guerres qui dégénéreraient en guerre mondiale. Il est évident que nous – Les suiveurs de ce journal dans leur ensemble – ne souhaitons pas cet épilogue à la crise du capitalisme. Mais la question est que peut-être nous n’allons pas avoir le choix, parce que nous ne sommes pas assez nombreux et / ou prosélytes, mais surtout parce que c’est un engrenage où la logique du capitalisme, la recherche du profit, aboutit à une concentration du pouvoir économique dans les mains d’un petit nombre de personnes dirigeantes qui n’ont de cesse que de protéger et d’agrandir leur pouvoir. Que faire dans ces conditions? La réponse classique du Marxisme-Leninisme est de construire et développer un parti des travailleurs – Ouvriers et Paysans. Mais on sait a quoi ceci mène, de plus la société du 21 siècle n’est plus celle de la fin du 19 siècle – La classe ouvrière n’existe pratiquement plus – sauf en Chine où elle est asservie à l’oligarchie qui se réclame faussement du marxisme – La paysannerie s’est aussi transformée – Il reste, dans les pays de l’occident, une classe dite moyenne, plus ou moins consciente des enjeux mais qui peu a peu perd de sa puissance économique et politique. Ajoutons à cela l’épuisement des ressources de la planète pillée par le développement anarchique du capitalisme depuis maintenant deux siècles – la marée noire du golfe n’en est qu’un exemple récent. Alors oui que faire pour remplacer la bête agonisante? Personnellement je n’ai pas de réponse générale seulement la prémonition que au moins certains éléments de cette réponse résident dans les discussions générées par ce journal et autres blogs similaires sur internet.

  56. Merci pour ce petit flashback anthropologique, mais je reste sur ma faim.
    Je n’ai aucuns livres de WH Rivers et il ne semble pas très populaire sur la toile. Alors, parlez nous davantage de la disparition et régression des cultures selon Rivers! Il semble devancer une fois encore notre regretté Claude Lévi-Strauss.
    J’ai pu lire qu’il a eu un intérêt pour la perception de l’espace (indépendamment de son penchant pour le diffusionnisme).
    Quelques références bibliographiques me feront patienter, mais rien ne remplace la pertinence de vos analyses et de vos témoignages.

  57. Cher Paul,
    Depuis quelques mois, je scrute la planète finance par la lorgnette des médias classiques ET les multiples analyses (beaucoup plus riches) disponible sur la toile et dont vous êtes l’un des meilleur exemple.
    N’étant pas économiste, je me suis rendu compte assez rapidement que les analyses économiques, par exemples celles du Monde, maniaient des termes (et derrière des idées) qui n’avaient pas de signification directes pour moi. J’ai donc compris qu’elles n’étaient pas écrites pour des lecteurs « de base » mais uniquement pour des spécialistes, ou si vous préférez, des investisseurs. Mais je n’ai pas cessé de les lire, étant bien décidé à comprendre ce qui s’était passé avec les fameuses « subprimes ». Au fil du temps, et en m’attelant à des approches comme celle de M. Lordon dans le Diplo, j’ai commençé à comprendre l’insoutenable légèreté de la finance et son coté mortifère (celui des Goldman Sachs par exemple). Découvrant ces pratiques tel un angelot débarquant en enfer, je n’ai eu de cesse ensuite de me poser une question simple : Est-ce que tout les décideurs politiques connaissent ces pratiques ? Si oui, (ce que je pense) pourquoi ne les dénoncent-t-ils pas lors de leurs fameuses déclarations politiques insipides ? Pourquoi ne s’attaquent-t-ils jamais au problème ? (comme l’Allemagne actuellement ?) alors que leurs budgets explosent et qu’il n’y a rien de plus logique que de prendre l’argent là ou il s’en gagne à foison ? Ce fatalisme qui fait que l’on est nécessairement décervelé de vouloir faire participer les gains financiers au budgets des états par l’intermédiaire d’un impôt me révolte. Ceux qui l’évoque sont directement rangé dans la catégorie « doux réveur » ou pire « dangereux alter »… avec lesquels il est inutile de discuter…
    Bref, j’ai bien peur d’avoir compris que nous n’avions pas grand chose à attendre de ses pleutres de politiques européens qui se croient géniaux d’avoir trouver une issue en gelant les revenus et donc tarissant la consommation de notre vieux continent au lieu d’embrayer un mouvement fort comme l’Allemagne et les EU sont entrain de le tenter. Pour contrer les marchés financiers, j’ai bien peur qu’il faille un peu plus que notre président actuel ou que celui qui se profile… et c’est là que je commence à douter d’une évolution « en douceur ». Qui à les moyens de l’imposer à ceux qui sont nos créanciers ??

  58. réformisme ou révolution j’oscille, c’est selon les jours, ce qui arrive ou ce qu’on apprend, réduire cela à la labilité des passions pourquoi pas, je ne supporte pas de me faire tondre en mouton du progrès, ou la révolution furieuse sous-jacente fait de chacun un consommateur averti, un dangereux aliéné de l’obéissance, alors que le spectacle comme modèle et les systèmes d’organisation comme flicage déresponsabilisent, évaluations et critères de rentabilité tuent l’intégrité, anéantissant tout ce qui requiert de la durée. les coutures de ceux qui s’honorent du pouvoir de décider sont de plus en plus grosses, tristes et cyniques, camelots de magie blanche, parfois c’est bizarre et cruel on a honte d’être homme, quand d’autres fois on trouve une fuite, d’autres territoires de connivence où s’éprouve la liberté, notre humanité, notre seule chance, ou encore quand vivre suffit amplement. Ce blog par la multiplicité des sensibilités qui s’y expriment produit du collectif, de la démocratie. Il aide à accepter la facticité du système, à n’en être pas trop dupe, à se remettre à l’école du scepticisme.
    N’empêche que nous sortons groggy d’une contre révolution libérale, ou ex soixante huitards et réformistes ont eu leur part. signe inquiétant c’est la rigueur de la réparation à endurer, et l’urgence du discours à la légitimer augure du pire; accélérer le profit et vite, passer la liberté par pertes et profit… un truc à la chinoise, le système va paniquer dur… Marx, dans l’Idéologie allemande, écrivait « L’idéologie est une production de la pensée abstraite détachée de ses conditions. L’idéologie est le fait d’une pensée qui se pose illégitimement en source absolue du sens; l’expression d’une pensée oublieuse de ses assises pratiques; d’une pensée qui s’abstrait du processus de la pratique pour s’ériger en fondement des actes de signification. » … l’idéologie avec cette crise n’est-elle pas massivement du coté des réformistes?
    Cl. Rosset « Agis de telle sorte que ton empreinte dans le réel soit en même temps une reconnaissance de sa réalité irréductible. Agis de telle sorte que ce que tu souhaites ne puisse surgir que de ce que tu peux voir, toucher, saisir et approuver, d’abord, s’agît-il du pire. »

    1. Quand nous avons décidé de préparer notre vie en autarcie, à plusieurs familles, y consacrant toutes nos économies, décidé de ne plus avoir de crédit ni de carte de crédit, de retirer notre argent de la banque le jour même où il est versé ( tant que de l’argent sera versé, puisqu’un compte en banque est exigé pour les salaires ou indemnités), décidé de fuir les centres commerciaux, de n’acheter que le strict nécessaire à des petits producteurs locaux, d’aider personnellement les personnes en difficulté que nous connaissons sans passer par des associations incontrôlables, nous sommes entrés en dissidence pacifique . Nous n’alimentons plus le système financier international-vampire et ne lui donnons aucune prise . Evidemment pour l’instant nous ne sommes pas assez nombreux pour l’affaiblir .

      Si la finance mondiale provoque, comme d’habitude, un embrasement du monde pour repartir de plus belle ou si une guerre civile de la misère se met en place, nous serons bien sûr dans le camp des pauvres .

      Cependant, je crois que si les pauvres , les plus nombreux, n’alimentaient plus le système financier-vampire actuel, il serait obligé de se transformer et de se mettre au service des humains pour survivre .

      Une révolution dans un bain de sang risque, sans rien résoudre, de mettre une dictature militaire au pouvoir : la Grèce a mis des décennies à se défaire de ce régime de terreur.

  59. ce texte de Walter Benjamin comme contribution, comme aseptie, à la question inévitable de la révolution:

    LE CARACTERE DESTRUCTEUR:

    « Jetant un regard rétrospectif sur sa vie, il se pourrait qu’un homme se rende compte que presque toutes les relations approfondies qu’il a connues avaient trait à des personnes dont tout le monde admettait le « caractère destructeur ». Un jour, par hasard peut-être, il ferait cette découverte, et plus le choc qu’elle lui causerait serait violent, plus il aurait de chances de parvenir à dresser un portrait du caractère destructeur.

    Le caractère destructeur ne connaît qu’un seul mot d’ordre : faire de la place ; qu’une seule activité : déblayer. Son besoin d’air frais et d’espace libre est plus fort que toute haine.
    Le caractère destructeur est jeune et enjoué. Détruire en effet nous rajeunit, parce que nous effaçons par là les traces de notre âge, et nous réjouit, parce que déblayer signifie pour le destructeur résoudre parfaitement son propre état, voire en extraire la racine carrée. À plus forte raison, on parvient à une telle image apollinienne du destructeur lorsqu’on s’aperçoit à quel point le monde se trouve simplifié dès lors qu’on le considère comme digne de destruction. Tout ce qui existe se trouve ainsi harmonieusement entouré d’un immense ruban. C’est là une vue qui procure au caractère destructeur un spectacle de la plus profonde harmonie.
    […]
    Le caractère destructeur est l’ennemi de l’homme en étui. Ce dernier cherche le confort, dont la coquille est la quintessence. L’intérieur de la coquille est la trace tapissée de velours qu’il a imprimée sur le monde. Le caractère destructeur efface même les traces de la destruction.
    Le caractère destructeur rejoint le front des traditionalistes. Certains transmettent les choses en les rendant intangibles et en les conservant ; d’autres transmettent les situations en les rendant maniables et en les liquidant. Ce sont ces derniers que l’on appelle les destructeurs.
    […]
    Aux yeux du caractère destructeur rien n’est durable. C’est pour cette raison précisément qu’il voit partout des chemins. Là ou d’autres butent sur des murs ou des montagnes, il voit encore un chemin. Mais comme il en voit partout, il lui faut partout les déblayer. Pas toujours par la force brutale, parfois par une force plus noble. Voyant partout des chemins, il est lui-même toujours à la croisée des chemins. Aucun instant ne peut connaître le suivant. Il démolit ce qui existe, non pour l’amour des décombres, mais pour l’amour du chemin qui les traverse.
    Le caractère destructeur n’a pas le sentiment que la vie vaut d’être vécue, mais que le suicide ne vaut pas la peine d’être commis. »

    Walter Benjamin, Le caractère destructeur.

  60. @cedriC

    Ce n’est pas l’anthropologue qui a retenu l’attention de ma troisième oreille , mais le psychiatre militaire . Une lecture de Lacan sur cette psychiatrie m’est revenue . Or si vous avez consulté la très détaillée biographie de Rivers sur Wiki , elle est issue d’un vaste travail sur l’histoire de l’armée britannique et de sa médecine militaire . Et dans la liste alphabétique des célèbres psychiatres militaires étudiés , un certain Rees précède Rivers . C’est lui qui permit à Lacan arrivant à Londres en 1945 de se pencher sur ce que certains appellent ici la « névrose de guerre » et du travail accompli par cette psychiatrie « réaliste » pour aider à résister et apporter sa part à la victoire (« Autres écrits »). La dimension du travail social du psychiatre -anthropologue comme Rivers prend alors un relief différent dans leur implication « engagée » dans l’approche des dégâts des crises et des guerres .

    1. connaissez-vous l’hôpital psychiatrique de Laborde, Guattari, Oury, l’impérative nécessité qu’il y a de soigner l’institution en même temps que l’accueil des malades c’est chaque jour toute la vie, démarche nourrie d’anthropsychiatrie pour que reste vive la question de qu’est-ce qu’être homme, femme, c’est faire quoi ?
      ce docu de N. Philibert « La moindre des choses »
      http://www.commeaucinema.com/bande-annonce/7886

  61. L’interdiction en Allemagne des positions nues dans les ventes à découvert ne résulte-t-elle pas d’un pragmatisme certain? Cela coute moins cher que d’emprunter et de s’endetter pour aller jouer aux frais de la nation contre les spéculateurs avec un rapport de force financière de un à dix.

  62. Je rejoins l’opinion de Crapaud Rouge et de Jacques qu’il faut agir VITE dans l’intérêt des nations et contre les spéculateurs pour supprimer , sans attendre qu’il existe un cadre prétendument démocratique, toute règle du jeu financier, établie par quelques spéculateurs , qui condamne des peuples entiers à la misère . C’est une mesure d’urgence.

    Et d’abord, ces règles du jeu autorisant des positions nues dans les ventes à découvert, ont-elles été instituées démocratiquement ? Evidemment pas, c’est un petit groupe de riches joueurs qui en a décidé ainsi sans consulter personne .

    C’est quand même étrange que les spéculateurs n’exigent l’existence d’un cadre démocratique que quand on veut les empêcher de jouer sur la misère de plus d’un milliard d’êtres humains .

    Ceci dit, il est scandaleux qu’au Parlement Européen, des personnes non élues démocratiquement par les citoyens prennent les décisions politiques , économiques, financières qui affectent la vie de tous les peuples européens sans jamais les consulter. Et quand les peuples sont consultés par referendum, leur avis n’est pas respecté . Il faut que l’Europe devienne démocratique et non une supramonarchie de droit divin comme c’est le cas actuellement , le dieu en question qui édicte ses lois étant un petit groupe de richissimes spéculateurs .

    1. « Il faut que l’Europe devienne démocratique ».
      Les pays d’Europe sont, à la base, démocratiques; c’est l’UE qui ne l’est pas. There Is No Alternative.

    2. Oui le vote non pour la constitution a été une catastrophe à mon sens. Cette constitution prévoyait des instances politiques et un contre pouvoir.

  63. J’ai bien une idée mais j’ai bien peur quelle ne puisse suffire à les stopper à temps,

    — CODE MORAL DU BANQUIER ET DU POLITICIEN MAIN DANS LA MAIN —

    N’aime et ne fait que ce qui est juste pour toi et tes ami(e)s,
    Ignore et rejette davantage le propos venant du plus pauvre,

    Sois rusé et plus renard que ton prochain, injustice et iniquité,
    Ne te montre jamais le plus juge envers les plus gâtés par la vie,

    Le temps c’est de l’argent sois surtout impatient sur les marchés,
    Consacre-toi davantage au pouvoir d’abandonner plus de monde,

    Et comme tant d’autres sois plus riche et plus pressé encore,
    Ne pense plus qu’à tes richesses et à l’économisme de plus,

    Sois insensible, plus malin et plus brutal que le concurrent,
    Pratique l’ironie et le cynisme surtout à la vue de l’inférieur,

    Sois méfiant, complétement satisfait et imbus de tes richesses,
    Sois plus troublé et envieux face à l’esprit de pauvreté,

    Vis dans les excès, vénère et prie constamment le marché à l’antenne,
    Sois le premier en tout, le plus libre renard aussi dans le poulailler,

    Ne sois pas toujours pauvre en paroles comme en actes,
    Sois plus habile et plus menteur encore dans tes actions,

    Ne dis donc jamais la vérité sur tes livres de compte toxiques,
    Soit d’abord et avant tout menteur moins droit et honnête,

    Sois peu serviable et peu bienveillant envers tout ce qui est,
    Pour l’amour du gain et du pouvoir ne t’arrête donc jamais,

    Protège surtout le marché répands davantage la peur et la servilité,
    Entoure-toi surtout de ceux qui te ressemblent le plus dans le monde,

    Car quand le commerce mondial fonctionne tout va bien dans le superficiel,
    Mais lorsque patatrac plus personne ne s’entend plus guère à cause de tout ça,

    Rira bien qui rira le dernier lorsque le prochain Orage Géologique éclatera,
    Faut pas trop faire croire non plus que le marché ne sera jamais plus secoué,

    Moi à mon avis cela ne va pas tenir bien longtemps debout,
    Parole de Jérémie devant son petit bol de riz à moitié vide,

    1. @ Crapaud Rouge

      Merci l’ami j’en verserais alors la moitié des royalties pour vous pensez-vous que grand corps malade accepterez de le mettre en musique. J’ai grande estime pour lui comme pour Yannick et bien d’autres prénoms du rap ou de la musique, ça serait bien je trouve pour nos oreilles.

  64. @ Schizosophie

    La première partie de votre objection reprend celle de Godelier quand il critique Lévi-Strauss, lui reprochant – à mon sens, à juste titre – une approche combinatoire qui élimine la pertinence de l’histoire (explique la synchronie mais non la diachronie). Très bien, mais quel rapport avec ce que je dis ? Me rappelez-vous ça parce que vous avez lu que j’avais été l’élève de Lévi-Strauss ? Mais vous avez dû noter que la manière dont j’interprète l’histoire est hégélienne et sans rapport avec celle de Lévi-Strauss. Ou bien est-ce parce que Stefan Fuchs qualifie la manière dont je traite la question monétaire de « structuraliste » ? Il s’agit dans sa bouche du structuralisme en théorie économique, qui met l’accent comme je le fais sur la distinction entre argent et reconnaissance de dette. Il n’y a à ma connaissance aucun rapport entre ce structuralisme économique et le structuralisme en anthropologie.

    Enfin, vous lisez dans ma théorie de la formation des prix un attachement à une théorie du « juste prix ». J’interprète le prix comme le fruit d’un rapport de force. Votre hypothèse implique donc que je considérerais un rapport de force particulier comme « juste », et les autres « injustes ». Seule la justification d’une société à castes pourrait conduire là. Soyons sérieux, est-ce là la position que je défends ?

    À mon tour de vous poser une question : j’affirme radicaliser la position de Marx en proposant une explication d’ordre politique de la formation des prix, justement en termes de rapport de force, alors que Marx, répétant simplement ce que Smith et Ricardo en avaient déjà dit, s’en tient à une approche bourgeoise en termes de temps de travail socialisé incorporé dans la marchandise, par un travailleur conçu, non pas comme je le propose, comme un acteur dans la redistribution du surplus, mais en tant que simple facteur de production, au même titre que le métier à tisser ou le minerai de fer. Autrement dit : Marx exclut paradoxalement sa théorie de la formation du prix de la dynamique de la lutte des classes. Pour moi, c’est simple : il s’agit d’une bévue de sa part, qu’il aurait reconnue si quelqu’un avait attiré son attention dessus.

    Ma question est donc celle-ci : pourquoi l’approche de Marx, où le travailleur est un élément passif dans un processus où il n’intervient que comme un élément inerte, serait-elle préférable à la mienne qui le situe comme un authentique agent dans un affrontement de nature politique ?

    1. les changements de modes de productions ne se déroulent-ils par mutations technologiques avec corollaire les pensées d’encadrements et de contrôles de la complexité, par extension en réseau d’échange (la lutte des classes devient alors une lutte des places profitables – grosse dépense pour cela qui la rend inerte, luttant et coincé dans une position sans voeux).
      ou par agents, par refus éthique économique lors d’un instant T quand ça ne va plus de soi.
      Il semble que la logique folle de la finance accouche d’une situation historique inédite. et nous ferons un vœux nouveau… mais si nous considérions déjà que le chemin se fait en marchant? qu’il n’y a pas de conditions qui aillent d’elles-mêmes, comme pré requises. à ce jeu il faudra se casser la figure combien de fois?

    2. note d’aujourd’hui de chevillard, sur son site:
      « Soudain, au milieu de la plus parfaite quiétude, se déchaîne un épisode catastrophique par accumulation d’incidents simultanés sans lien entre eux : je me blesse au doigt en décapsulant une bière, le bébé se réveille en hurlant, le fil à linge se détache et toute la lessive est par terre ».

    3. @ PJorion

      « .. pourquoi l’approche de Marx, où le travailleur est un élément passif dans un processus où il n’intervient que comme un élément inerte, serait-elle préférable à la mienne qui le situe comme un authentique agent dans un affrontement de nature politique ?
      Répondre  »

      je crains qu’il n’y ait un grand malentendu à juxtaposer les termes de « passif » , « inerte » et de « travailleur » pour qualifier la pensée de KMarx…..il n’a jamais à mon avis « mésestimé » la dimension politique…..et vos propos semblent pourtant le laisser entendre , à moins d’une mauvaise interprétation ?

      l’explication semble résider dans ce que vous désignez comme la « politique » …qui semble se traduire chez vous à l’ interprétation d’un rapport de force (donc quelque chose de postérieur à la manifestation de ce rapport de force ,ce qui pour moi est « la politique » ) , » illustré » par la fixation de la valeur des choses (le « Prix »).
      un peu comme l’on prends une photo d’un processus dynamique..

      bon , je ne sais pas si je m’exprime bien…

      ce que j’essaye de dire , c’est que schizosophie et vous ne parlez pas de la même chose quand vous utilisez le mot politique et possiblement KMarx (que je ne connais pas bien).
      il s’agirait de préciser les choses à ce point là.

      d’autant que celà me permets de ramener ma ritournelle sur le fait que l’homme doit franchir radicalement un étape « révolutionnaire » et considérer d’emblée que les systèmes qu’il met en place depuis toujours (politique,économique,sociaux..) ne sont qu’une production de sa subjectivité et que tant qu’il ne se posera pas des questions sur les raisons qui amènent son mental à produire des solutions manifestement de plus en plus inadaptées , il ne pourra produire QUE des systèmes organisationnels défectueux (le capitalisme , le communisme leniniste,le stalinisme,le nazisme……le liste est longue , hélas).

      enfin , au début de cette année vous nous aviez parlé de propositions concrètes concernant une nouvelle organisation de nos sociétés afin de diagrammatiser dans le réel un système cherchant à bannir les « abérations » que vous soulignez régulièrement sur ce site et dont nous vous remercions (ainsi que FLeclerc).

      où en sont ces idées ?

      bien cordialement

    4. @ Sentier

      Pour faciliter le dialogue, j’ai utilisé comme définition du politique – je le précise d’ailleurs – celle de Marx lui-même : « envisagé dans le contexte de la lutte des classes ». Il n’y a donc pas de malentendu possible à ce niveau-là.

    5. @ Pjorion

      soit !

      il faut alors expliquer comment se fait le « déplacement » LutteDesClasses -> »travailleur..élement inerte » , si vous définissez les travailleurs (et non le prolétariat) comme potentiellement devant être à « Classer » , par rapport aux possesseurs du capital….

      mais , bon , je ne pense de toute façon pas que cette voie ouvre vers une quelconque solution à nos problèmes…

      tout ceci est une affaire de re-découpage des champs « de pouvoir » ..par ceux qui le détiennent….(un processus très clair de ce que Deleuze-Guattari appelle une déterritorialisation -> reterritorialisation)

      mais tout ceci est un peu dans le même état d’esprit que les « découpages » financiers ayant amené à la crise actuelle et qui sont à juste titre dénoncé sur ce site , vous en rendez-vous compte ?.

      idéologiquement , il devient de plus en plus évident de comprendre où vous voulez en venir et là je rejoins le sentiment de Communisation (et non ses arguments) .

      c’est là qu’il va falloir se décider à intervenir..

      désolé de vous avoir dérangé …
      en tout cas , je constate que vous évitez soigneusement de donner suite à ma dernière remarque ..

      bien cordialement..

    6. sans vouloir me faire le porte parole de qui que ce soit, ce n’est pas dans ce sens là que j’ai compris la critique de Schizosophie, pour moi il (elle?) vous reproche de ne pas prendre en compte la dynamique historique du capitalisme qui, du fait de la modernisation continue de l’appareil de production, n’a dans les faits plus besoin d’une part grandissante de la population en tant que main d’œuvre, ce qui dans un futur proche mènera logiquement à l’instauration d’un régime politique de type stalinien (ou mussolinien comme je l’ai suggéré dans un commentaire passé à la trappe) à l’échelle mondiale toujours basé sur le productivisme mais où la surveillance et la répression des improductifs joueront un rôle central.

      c’est dans cette optique là que l’instauration d’une interdiction de ventes à découvert nues, en tant que condition nécessaire à la perpétuation du système actuel peut être vue à terme comme étant la politique du pire, malgré son caractère vertueux ou moral perçu dans l’immédiat…

    7. Nous en revenons à la définition du politique. Question centrale en effet et toujours en cours de construction et de transformation.
      D’audacieux physiciens l’affirment : ce que nous prenons pour la réalité n’est en fait que l’information que nous avons sur elle. Et cela change tout : non seulement les lois de l’infiniment petit deviennent enfin compréhensibles, mais les notions de temps, de matière et d’espace sont à réinterpréter en termes informationnels. Il faut donc construire « du neuf » en tenant compte d’une constante : l’information que l’on a sur la réalité. Elle est relative à notre connaissance. Et, comme je l’espère, elle se développe sans cesse, c’est la recherche de la réalité à mesure qui donnera la solution recherchée. C’est cette démarche qui me semble être choisie ici dans ce blog.

    8. @sentier198: « idéologiquement , il devient de plus en plus évident de comprendre où vous voulez en venir et là je rejoins le sentiment de Communisation (et non ses arguments) . »

      L’échec du communisme, c’est précisément qu’ils avaient en tête un schéma précis de l’organisation sociale à atteindre. D’où le fait qu’ils ont reproduit une hiérarchie sociale (avec au sommet ceux qui avaient le schéma en tête).
      Cela ne fonctionne pas ainsi sur ce blog, je crois. Nous appuyons certaines mesures-clé qui bien que ponctuelles sont censées faire effet de levier et changer l’organisation sociale dans le bon sens. Ce que cela donnera, je crois que nous ne le savons pas (je ne veux pas parler pour Paul). Ce qui est important est la direction prise. D’où le fait que vous risquez de rester frustré de ne pas savoir où Paul veut en venir idéologiquement.

    9. au secours , @ Moi !

      totale méprise sur mon propos …
      décidément je me fais très mal comprendre..

      pour dire les choses de façon caricaturale je dirais que j’ai en tète de ne rien avoir en tète en ce qui concerne l’organisation sociale..

      par contre , j’ai en tète d’imaginer un dispositif qui permettrait à tous de s’exprimer sur la dite organisation..

      (j’ai évoqué ailleurs l’idée d’une organisation politique autour d’un bicamérisme , une assemblée classique (suffrage universel direct et proportionnel) , contrôlée par un sénat désigné par tirage au sort)

      cette parenthèse n’est juste qu’un brouillon…ne nous emballons pas…
      les dispositifs financiers viennent bien après..notamment après une organisation micro-politique au niveau local , permettant une prise en compte réellement fidèle des « intérêts,des conflits,des circonstances »..

      là dessus , j’ai depuis longtemps ma petite idée que j’ai déjà évoqué sur ce site (il y a longtemps , soit )..

      bien cordialement.

    10. Merci pour ces clarifications, bien que des malentendus ou des désaccords profonds subsisteront. Je réponds selon l’ordre d’exposition de vos paragraphes.

      1) Je n’ai que feuilleté Godelier et si ma critique rejoint certains aspects de la sienne c’est sans influence directe, mais divers chemins peuvent parfois aboutir à des conclusions de même ordre. De même, je n’ai pas été particulièrement attentif à l’influence qu’aurait eu Lévi-Strauss sur votre pensée. Il m’avait semblé, à l’occasion de certaines de vos communication à propos de l’état de nature, que vous en étiez relativement dépris. Enfin, je ne connais pas du tout Stefan Fuchs.

      J’ai évoqué Lévi-Strauss en référence à sa manière d’étayer philosophiquement son développement sur les structures de la parenté. Il m’était apparu qu’il extrapolait de son travail sur les structures de parenté des certitudes générales à portée philosophique selon lesquelles des invariants profonds et proprement humains déterminaient l’histoire quelle que soit l’époque et que ces invariants forment des constantes historiques diachroniques, lesquelles sont les signes de vérité propre au champ disciplinaire anthropologique. Il se peut bien je j’énonce-là le contraire de ce qu’avance Godelier. Parallèlement, la sociologie offre le même type d’approche disciplinaire dans le contexte du présent, d’un présent étendu à la période de quelques décennies qui tend d’ailleurs à se restreindre vers l’immédiateté de l’actualité à mesure que son rôle d’expertise idéologique et politique, qui est un dévoiement, se renforce. Le problème matriciel de la sociologie étant la polarité entre institution et génération. C’est cela que j’appelle les photographies de l’histoire. S’il on veut, l’idéal de l’anthropologique serait une coupe longitudinale de l’histoire et l’idéal de la sociologie sa perpendiculaire.

      Il me semble que ces modes de penser, qui eurent leur heure de gloire, et qui sont certainement beaucoup plus consistants que ce dont est capable en général la misère mentale depuis une trentaine d’années vous a beaucoup influencé. Mais les problèmes réels qui sont en jeu dans votre blog exigent de dépasser ce type d’approche que j’appellerais « l’idéologie représentationnelle », c’est-à-dire ce leurre consistant à prendre l’histoire en photo. Je ne doute pas de vos efforts ni la sincérité de vos intentions, mais elles me semblent rencontrer un certain type de blocage que j’essaye de communiquer dans votre blog. Ce mode de penser je ne vous l’attribue pas personnellement comme si vous en étiez l’origine unique, et je suis même content que vous l’explicitiez, cela permet de comprendre des blocages théoriques qui nous dépassent tous et, ce faisant, nous permet de chercher à les dépasser.

      L’expression de « structuralisme » est selon moi une catégorie très vague, de type journalistique, pas plus consistante que celle de « post-modernité » qui lui a succédé pour dire l’air du temps théorique sans ne rien dire des théories. Aussi, pour moi, l’expression de « structuralisme économique » n’a aucun sens et celle de « structuralisme anthropologique » serait un pléonasme s’il on considère Lévi-Strauss comme un maître en la matière. A cette « idéologie représentionnelle », je n’ai rien d’autre à opposer que la continuation, ou plutôt la reprise, d’une tradition, que je considère comme celle de la pensée révolutionnaire : la dialectique historique, que l’usage qui en fut fait fut abominable nous oblige évidemment à la considérer à nouveaux frais (si je puis dire, pour reprendre une odieuse expression universitaire). Parmi les commentaires, le premier paragraphe de von der blob (du 23 mai à 13 h 44) restitue bien une partie de ce que j’ai voulu dire. Pour le coup, je n’ai pas lu beaucoup d’hégélianisme dans vos propos.

      Quant à la différence que vous faite entre argent et reconnaissance de dette, elle ne me pose aucun problème. Je considère le crédit comme de l’argent qui n’existe pas encore et qui est donc susceptible de ne jamais exister.

      2) A propos du juste prix, cela nous renvoie à des discussions que nous avons eu, avec d’autres intervenants à propos de la relation entre Marx et Aristote. S’il on pense que Marx n’a pas dépassé Aristote et que sa théorie de la plus-value ne dépasse pas celle des prix qu’Aristote fondait sur la critique de la chrématistique, alors la perspective d’un dépassement du capitalisme comme mode de production disparaît. Il reste l’idéal d’une harmonie sociale fondée sur des catégories sociales complémentaires qui ne peuvent qu’être reliées de manière économique ce qui suppose un certain degré d’exploitation. C’est cela que j’appelle « le tropisme économique ». Sans ce dépassement d’Aristote par Marx, la perspective de l’abolition du salariat disparaît et l’équilibre social ne peut que passer une stabilité des rapports de force qui laisse l’état des relations dans des limites pacifiées.

      Au fond, précisément parce que le rapport de force fonde le prix, il y a un juste prix à payer aux salariés et aux chômeurs : celui de la non-révolution. C’est l’affaire de l’économie politique et des gestionnaires, Jospin, dont on connaît le parcours, parlait d’équilibre. Je ne veux pas dire que vous considérez un prix juste et un prix injuste. Je veux dire que le tropisme économique auquel vous condamne votre lecture de la relation entre Marx et Aristote vous force à penser de telle manière le salariat perdure et que, conséquemment, un certain seuil d’exploitation devient un repère fondamental pour l’équilibre du système.

      Ceci est valable dans une économie fermée de type soviétique comme dans une économie mondialisée de type capitaliste. Les uns et les autres sachant bien, au fond, d’où ils tirent la plus-value en général. Les capitalistes assumés différant des autres en ce que les problèmes du crédit et de la circulation monétaire non immédiatement productive est, pour eux-mêmes mais non pour le système en général, une donnée préalable à leur propre assise sociale.

      3) Cela aussi renvoie aux discussions que nous aviez lancées à propos de Marx. Je ne comprends pas en quoi votre position serait plus politique que celle de Marx, et par voie de conséquence plus radicale. Lorsque Marx parle de classes sociales, il parle de quelque chose qui est susceptible, au prix de leur dépassement libérateur, de traverser des modes de production en se niant. Il ne parle pas de catégories vouées à durer dans toutes formes de société. C’est ce passage d’un mode de production à un autre plus libérateur en quoi consiste la révolution, difficile d’être plus radical et plus politique, au sens où le politique serait la remise en cause de toutes les institutions. Quand vous dites que Marx « s’en tient à une approche bourgeoise en termes de temps de travail socialisé incorporé dans la marchandise » vous évoquer des passages où Marx décrit le fonctionnement de l’économie politique qu’il critique fondamentalement.

      Ce que Marx dit est que cette incorporation est comptée comme un coût, mais cela est sa description du fonctionnement de l’économie politique. Pour la contredire il distingue le capital variable du capital fixe et l’appareil de production des forces productives. Et sur un plan plus éthique, il dit que ce processus est celui par lequel « le mort saisi le vif », le travail mécanisé incorpore la vie et les désirs de la personnes salariées. Et ces données échappent à toute quantification possible.

      4) Le travailleur est une personne aliénée qui crève s’il ne travaille pas. Sa liberté contractuelle et juridique de salarié est une forme de son aliénation économique. Il ne suffit pas de le déclarer comme authentique agent pour qu’il le devienne. Le travailleur sait d’ailleurs très bien être acteur de son existence, mais il le peut rarement. Il lui faut s’en donner les conditions de possibilité par lui-même. La violence quotidienne qui fait aller au chagrin ou s’endetter peut se retourner, non comme finalité mais comme détour pour une libération à l’égard de l’aspect économique de l’aliénation. Et il y aura encore bien d’autres formes de libérations à conquérir.

    11. @ schizosophie

      Merci pour votre réponse, ce paragraphe surtout est essentiel à mon sens :

      Au fond, précisément parce que le rapport de force fonde le prix, il y a un juste prix à payer aux salariés et aux chômeurs : celui de la non-révolution. C’est l’affaire de l’économie politique et des gestionnaires, Jospin, dont on connaît le parcours, parlait d’équilibre. Je ne veux pas dire que vous considérez un prix juste et un prix injuste. Je veux dire que le tropisme économique auquel vous condamne votre lecture de la relation entre Marx et Aristote vous force à penser de telle manière le salariat perdure et que, conséquemment, un certain seuil d’exploitation devient un repère fondamental pour l’équilibre du système.

      Je n’y vois pas tellement une objection à ce que je dis qu’une mise à jour de la thèse du niveau des salaires aligné sur le salaire de subsistance, telle qu’on la trouve chez les classiques, c’est-à-dire jusqu’à Ricardo et Marx.

      Dans la perspective du consumérisme, le salaire doit assurer la subsistance du prolétaire et de sa famille mais il doit être AUGMENTÉ d’une somme qui assure la consommation optimale par eux des marchandises produites. Ce salaire garantit la non-révolution dans la mesure où il contient suffisamment d’« opium » : la jouissance qui accompagne (quand même) l’achat de produits futiles et à marge bénéficiaire élevée.

      Quand le salaire baisse, le système prétend le compléter par du crédit, lequel se fait passer pour de la richesse, jusqu’à ce que le salarié découvre qu’il n’est rien d’autre que du salaire futur hypothéqué dont l’utilisation est anticipée. Un partage se fait : d’un côté le crédit est affecté à la part de consommation proprement consumériste, tandis que de l’autre et en arrière-plan, le salaire effectivement payé régresse vers sa limite « naturelle » dans un cadre d’exploitation : un simple salaire de subsistance. Le seuil de non-révolution est alors enfoncé. Avec les conséquences que l’on imagine.

  65. … un travailleur conçu, [non pas] comme je le propose, comme un acteur dans la redistribution du surplus, …

    Ah, un acteur, avec une dimension et une psychologie personelle, individuelle, donc.
    Mais noyé dans le collectif. Il redistribue.
    … « individuation psychologique et collective ». ça décrit une des dimensions du travailleur, alors.
    … j’ai déjà lu ça quelque part…

  66. @tous

    « Marx, répétant simplement ce que Smith et Ricardo en avaient déjà dit, s’en tient à une approche bourgeoise en termes de temps de travail socialisé incorporé dans la marchandise, par un travailleur conçu, non pas comme je le propose, comme un acteur dans la redistribution du surplus, mais en tant que simple facteur de production, au même titre que le métier à tisser ou le minerai de fer. »

    A rapprocher du texte de PJ du 13 Janvier 2010: « Où se situent les salariés? »

    « Chez Marx, les salaires sont un facteur objectif, un « donné », tout comme le prix des matières premières, alors que dans ma manière à moi d’aborder le problème, les sommes qui seront allouées comme salaires constituent une part du surplus, et leur montant reflète en réalité le rapport de force entre les salariés et leur patron.

    Je dirais donc que chez Marx, les salaires sont « réifiés », et je veux dire par là qu’ils sont considérés comme une donnée objective au même titre que le coût des matières premières nécessaires à la production, alors que pour moi, ils constituent une part du surplus et leur montant se détermine en fonction d’un rapport de force.

    Il me semble qu’il y a du coup une certaine radicalisation dans ma manière de voir les choses par rapport à celle de Marx, et qu’elle se révèle par le fait que les revendications des salariés pour obtenir une meilleure rémunération ont un sens dans le cadre tel que je le définis, puisqu’elles sont susceptibles de modifier le rapport de force entre leurs patrons, les dirigeants d’entreprises que sont les industriels ou « entrepreneurs », et ces salariés, alors que chez Marx, on ne voit pas pourquoi ces revendications pourraient faire une différence, les salaires ayant la même objectivité, la même « solidité » que le prix des matières premières par exemple. »

    Il me semble que c’est assez clair, non? On va dire politiquement « plus PSU que PCF et plus Jaures que Guesde » (avec guillemets pour l’anachronique comparaison..), et en tout cas plus participatif autogestionnaire, coopératif que collectiviste, « classe contre classe » ou prolétariste.

    A noter qu’un petit tour vers les sites de l’institut Polanyi, ou du MAUSS (dans le rollblog…) permet d’éclaircir un peu les angles d’approche de notre hôte sur ce blog. Au delà des fameuses bifurcations, il n’est pas vain d’essayer de dépasser les inévitables, et souvent artificielles, oppositions convenues entre les visions lbérales, marxistes, ou néo-mercantilistes (Keynes) sur le fait capitaliste. Sans parler du bain utilitariste qui noie tout ce fatras…

    @Sentier

    « homme doit franchir radicalement une étape « révolutionnaire » et considérer d’emblée que les systèmes qu’il met en place depuis toujours (politique,économique,sociaux..) ne sont qu’une production de sa subjectivité et que tant qu’il ne se posera pas des questions sur les raisons qui amènent son mental à produire des solutions manifestement de plus en plus inadaptées , il ne pourra produire QUE des systèmes organisationnels défectueux (le capitalisme , le communisme leniniste,le stalinisme,le nazisme……le liste est longue , hélas). »

    Voila qui est bel et bien!

    Cela semble une approche d’apparence pragmatique et rationnelle, qui me parait, toutefois présenter le risque -dans une vision globalisante- du réductionnisme, de la négation de la complexité des dynamiques internes et relever d’une forme d’utopie matérialiste et essentialiste, sans doute séduisante, mais maintes fois tentée avec pour seul résultat l’horreur totalisante, et ,dans le meilleur des cas imaginable, l’irénisme totalisant: Le Meilleur des Mondes…

    Subjectivement votre.

    1. @ vigneron

      dommage que vous compreniez ainsi mon propos…

      je ne pense pas qu’il y ait d’expérience historique illustrant mon idée permettant d’anticiper une destinée aussi funeste..
      surtout quand vous parlez du « ..risque -dans une vision globalisante- du réductionnisme, de la négation de la complexité des dynamiques internes.. »

      vous sortez cela d’où ?
      c’est exactement le contraire , à savoir considérer à priori l’organisation des échanges humains dans toutes leurs complexités et définir des modalités sociales permettant leurs manifestations systématiques (schizosophie rappelait à juste titre les « soviets » pré-soviétique)

      « ..Le monde ne peut se diviser entre ennemis, camarades et traitres. Il n’y a que des participants, des intérêts, des conflits et des circonstances….. »

      certes , mais ne tombez pas dans la caricature quand il s’agit de trouver le chemin dans cette brousse…
      vous risquez de nous (vous) égarer.

      bien cordialement

  67. il est de notoritié publique que lors des époques révolutionnaires et c’est bien ainsi qu’analyse Paul jorion l’époque actuelle, les réformateurs – et c’est bien ainsi qu’il se définit lui-même – subissent des sorts cruels. Chapour batkiar par exemple ne trouva aucune audience auprès du peuple iranien, en essayant d’améliorer les choses de l’intérieur, l’ancien premier ministre du Shah ne trouva d’audience qu’auprès des occidentaux. Il en fut de même pour Gorbatchev qui dû laisser la place malgré le soutien international à Eltsine puis Poutine.
    Puisque P. Jorion pense que nous sommes actuellement à une époque semblable à celle de 1788 le plus raisonnable serait non pas de batir des plans sur la comète et d’essayer d’améliorer le Présent mais de préparer l’avenir afin que la révolution qu’il prédit ne se transforme pas en une contrerévolution massive et ne précipite pas les peuples dans une misère plus grande comme ce fut le cas en 1793.

  68. La révolution c’est la prise de conscience que l’histoire de l’homme est confondue à celle du monde .

    Certains pensent que c’est le contraire .

    Les rapports de forces n’ont de sens que dans cette dynamique historique là .

  69. Bonjour Paul Jorion et les autres,
    je ne peux pas m’empêcher d’adorer quand Paul non seulement nous informe, mais fait de la maïeutique.
    Les temps forts du temps qu’il a fait ce 21 mai pour moi :
    « la transition dans le calme et la réflexion » (ça doit nous inspirer, nous les blogueurs/blagueurs) ;
    « le site n’est pas que consacré à la Bourse » (heureusement, ça deviendrait vraiment sec) ;
    Paul Jorion affirme sa « sympathie pour ceux qui sont inquiets » (je renvoie à la lecture d’un Après nous le déluge de Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini – inquiétude pour prendre conscience de l’urgence)
    William H.R. Rivers : en toute modestie, je ne connais pas, mais je vais me dépêcher d’essayer de connaître
    « Tuer son père » (me fait penser à un livre -écrit en 1990 par Roy Lewis- recommandé par Théodore Monod à Vercors qui l’a préfacé « pourquoi j’ai mangé mon père », livre truculent/succulent (même si le titre d’origine fait moins rire « the evolution man »). Et on mettra un peu d’humour dans notre réflexion au cri de ralliement « back to the trees, retour aux arbres ».

  70. @Roma

    Est-ce que la comparaison d’un spécifique historique et d’une praxis au quotidien infirme l’un ou l’autre ? Il s’agissait aussi de « généraux » particuliers , honorables comme le dit Paul Jorion dans son intervention au Canada . C’est ce côté rare chez les britanniques dans les deux guerres qui ne se retrouve pas dans l’armée française à ma connaissance , que j’ai voulu souligner . Et loin de moi la moindre idée de vouloir dire que la psychiatrie française ne se « coltine » pas les échos de la société et de ses crises .
    Au sujet des grandes guerres , les inventions militaires précèdent souvent les inventions civiles ( nucléaire , internet , supersonique , etc …) n’oubliez pas que la mondialisation date des guerres mondiales . C’est pour le lien avec la violence en général et celle de de la mondialisation en particulier et votre texte de Benjamin .

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