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78 réflexions sur « LE MONDE-ÉCONOMIE, LUNDI 1er – MARDI 2 NOVEMBRE 2010 »

  1. Bonne nouvelle pour ..Christine Lagarde…..de nombreux surendettés vont pouvoir avoir à nouveau accès au …crédit !!Crédits qu’ils ne vont bien entendu pas pouvoir payer….

    L’esclavage de la dette récupère quelques victimes potentielles de retour dans l’infernal circuit…et elle trouve que c’est une ‘bonne’ nouvelle’…

    http://www.lalsace.fr/fr/permalien/article/4069434/Surendettement-entree-en-vigueur-des-nouvelles-mesures-de-la-loi-Lagarde.html

  2. Le dilemne mis en relef par l’économiste belge du même nom, sur Wikipédia :

    Le dilemme de Triffin ou paradoxe de Triffin tire son origine du système de Bretton Woods, lequel rendait nécessaire le déficit de la balance des paiements des États-Unis pour alimenter le monde en moyens de paiement internationaux. Une telle situation contribue à un affaiblissement progressif de la confiance des agents économiques étrangers envers la monnaie de référence ; les besoins importants de l’économie mondiale en une devise fiable aboutissent donc paradoxalement à la perte de confiance envers cette monnaie.

    Ce problème a été exposé par Robert Triffin dans Gold and the dollar crisis : the future of convertibility (1960).

    1. Le dilemme va vite être réglé, comme l’explique Gu Si Fang en dessous.

      Il y a environ une semaine, des industriels chinois (donc, s’ils ont pu parler, c’est que c’était la voie officielle du parti), ont annoncé qu’à cause de la hausse de 3 % du Yuan, leurs clients ne voulaient plus faire de contrats à long terme.

      Ce qui clôt définitivement toute négociation de hausse du Yuan par rapport au dollar. Et ceci quelques soit les variations de PIB vraies ou artificielles.

      La tension en Chine est déjà existante sur d’autres plans que le chômage…

      A moins que…
      L’Europe remplace les US comme client.

  3. Bonjour,

    Lorsqu’on cite un théorème, l’erreur la plus fréquente est d’en oublier les hypothèses. Si je dis « le carré du grand côté d’un triangle est égal à la somme des carrés des deux autres côtés » en oubliant de préciser que le triangle doit être rectangle…

    De même, le résultat de Triffin était valable dans un régime de changes fixes, avec une monnaie de réserve internationale (le dollar) convertible en or.

    AVEC ces hypothèses, ET si de plus la demande de moyens de paiement internationaux augmente, donc si les gens veulent détenir plus de dollars, cela provoque :
    – soit une déflation aux US si la Fed n’imprime pas plus de dollars
    – soit un amenuisement des réserves en or si la Fed imprime plus de dollars

    Tout cela fait beaucoup d’hypothèses qui sont loin d’être évidentes pour en tirer des conclusions aujourd’hui, vous ne pensez pas ?

    Cdt,
    GSF

    1. A la lecture du billet dans le MDE, il apparaît clairement que le résultat de Triffin n’est pas le bon outil analytique pour comprendre la situation actuelle.

      L’étalon de change-or est suspendu par Nixon après plusieurs années d’inflation. Inflation : comprendre hausse des prix de 5% puis 8% par an et qui atteindra 13% au sommet. Est-ce que cela correspond au cadre de Triffin ?

      Pour Triffin, le facteur causal est une hausse de la demande de dollars pour le commerce international. Les conséquences dépendent de la politique monétaire des US. Soit ils préservent la réputation du dollar, c’est-à-dire leurs réserves en or, et acceptent une déflation domestique. Soit ils poursuivent un objectif de stabilité des prix, et doivent créer de la monnaie ce qui amenuise leurs réserves en or et donc la crédibilité du dollar.

      Mais les US ont manifestement été plus loin, puisqu’ils ont eu une HAUSSE des prix qui a abouti à la stagflation. Je rappelle que, pendant cette période, la monnaie de basse croissait couramment de 20-25% par an. Dans ces conditions, les réserves en or se seraient amenuisées de toutes façons, c’était juste une question de temps. Le fait que le dollar soit l’unique monnaie de réserve internationale – par traité – n’était même pas une condition nécessaire pour l’affaiblissement du dollar. Savez-vous seulement si la demande de dollars comme moyen de paiement international a réellement augmenté pendant cette période ?

      Bref, il y a un autre facteur causal : un gouvernement américain qui mène une politique monétaire inflationniste alors qu’il a une monnaie convertible. Ce doit se terminer nécessairement, irrémédiablement, par la suspension de la convertibilité, et c’est ce qui s’est passé. Pas besoin d’aller chercher Triffin, même je ne nie pas que les deux facteurs peuvent se superposer. Je rappelle au passage que tout évènement historique est un phénomène social complexe soumis à de multiples facteurs causaux et que vouloir le ramener à une seule cause…

      Quelle leçon retenir de Triffin aujourd’hui ? A mon avis aucune, puisque les monnaies ne sont plus convertibles.

      SI la demande internationale de dollars augmente pour les besoins du commerce international, ET que les US veulent éviter une déflation, ALORS ils doivent imprimer plus de dollars qu’ils ne l’auraient fait autrement. Cela se traduit pas une déficit commercial qui NE POSE AUCUN PROBLEME. Chang veut échanger des T-shirts contre les bouts de papier verts de Ben ? Meiyou wenti ! Cela n’affaiblit pas le dollar, qui ne repose plus sur des réserves en or. Au contraire : si Chang veut plus de dollars, et que la Fed n’en imprime pas plus que ce qu’il demande, tout va bien.

      Vous faites une analogie entre deux situations qui se ressemblent en apparence, mais qui n’ont rien de comparable sur le plan analytique. Le dollar actuel est la première monnaie de réserve et le premier moyen de paiement international, tout comme le dollar-or de Bretton Woods. Mais le résultat de Triffin ne s’applique pas au dollar aujourd’hui. Le triangle n’est pas rectangle, et la somme des carrés n’est pas égale etc.

      Cdt,
      GSF

    2. Le sushi, Gu Si Fang, est que les échanges internationaux en dollars diminuent régulièrement…
      Ainsi que les réserves dollars des fonds souverains.

    3. Lorsqu’on cite un théorème, l’erreur la plus fréquente est d’en oublier les hypothèses. Si je dis « le carré du grand côté d’un triangle est égal à la somme des carrés des deux autres côtés » en oubliant de préciser que le triangle doit être rectangle…

      Attention Mr Si Fang, dans un espace de Minkowsky, A² = B² – C², il faut bien mettre toutes les hypothèses.
      Et il ne s’agit pas la d’un de ces espaces purement mathématiques que Mr Jorion semble abbhorer mais tous simplement de l’espace temps.

      Traduction de A²=B²-C² : le paradoxe des jumeaux de Langevin, le jumeau qui part faire le tour de la terre à une vitesse proche de celle de la lumière en empruntant les chemin B puis C (pour revenir) n’a quasiment pas vielli alors que son frère qui a emprunté le chemin A c’est à dire qu’il n’a pas bougé peut-être agé de 100 000 ans (Le jumeau qui n’a pas vielli s’est bien sur fait réduire en miette par l’accéleration de sa fusée 🙂
      A|\C
      A|/B

      On a vérifier expérimentalement ce paradoxe, l’horloge qui part dans l’espace et revient retarde;

    4. @Gu si fang :

      Vous faites un amalgame :
      Vous précisez la nature de la monnaie par rapport à une réserve en or, or le paradoxe de Triffin se déduit d’un rapport de force entre Etats. Ramené à sa plus simple individualité : L’Etat c’est nous, l’argent n’est qu’une créance sur le travail d’autrui.
      Notre époque qualifiée de ‘moderne’ démontre que nous n’avons pas besoin de ce métal de malheur comme monnaie courante. D’autres plus argentés y pensent comme réserve fractionnaire puisque l’once d’or est devenu valeur refuge pour une minorité de spéculateurs. Toute cette spéculation sur l’or reste indécente et d’un autre âge, tandis que le peuple utilise encore des billets de papier libellés en ‘euros’. En faisant fi de votre idéologie libérale, que pourriez-vous déduire de ce rapport de force ?

    5. @Gu si fang :

      Vous écrivez :  » Le dollar actuel est la première monnaie de réserve et le premier moyen de paiement international, tout comme le dollar-or de Bretton Woods. »

      Comme je vous l’ai mentionné plus haut : A la base, votre raisonnement ne tient qu’à la parité dollar / or, ce que Paul ne peut ignorer vu les termes de son billet, soulignant le rôle de tonton Nixon 🙂
      Vous êtes conservateur : En lisant la réponse à votre propre contribution, j’ai cru lire les délibérations d’un alchimiste de la FED dissertant sur le rôle de l’Etat qu’il déteste, un peu comme Alan Greenspan. Alan, de son prénom, objectiviste comme Ayn Rand comme prêt à penser.
      Néanmoins, j’apprécie votre courtoisie !

    6. Qwé, l’or, monnaie de malheur?
      Dans nos pays la plupart des systèmes monétaires depuis la Grèce antique ont été basés sur l’argent métal, pas sur l’or.
      Les gouvernements en ont généralement profité pour réduire le poids et le taux de métal fin sans le dire mais en imposant un cours forcé, quelle différence avec l’inflation?
      Nos monnaies sont basées sur la confiance envers le système, lui-même essentiellement basé sur des dettes à rembourser. Or une partie de ces dettes ne le seront pas, on le sait.
      L’or ou l’argent-métal est généralement haït par ceux qui préfèrent profiter de l’argent des autres puisqu’un lingot ne produit aucun intérêt. Il est là et ne bouge pas, sa valeur varie selon les jours, il en perd quand la bourse monte, il en gagne, parfois beaucoup, quand la monnaie papier s’effondre, ce qui est dans la nature de TOUTES les monnaies papier.
      Ce n’est pas par hasard que Roosevelt a confisqué tout l’or des américains pour le mettre à Fort Knox. En principe il y est toujours et il est toujours aux américains en contrepartie de dollars papier, pas au gouvernement, même s’il s’en sert de garantie. S’il fallait rendre cet or aujourd’hui, les gens n’en récupéreraient qu’une infime partie avec le même dollar papier.
      Les gens seraient très heureux d’avoir de vraies pièces en argent et or parce que quoi qu’il arrive on ne pourrait pas les leur confisquer à leur insu.

      Des pièces sans faciale, dont la valeur varierait de mois en mois voire de jour en jour, pourquoi pas? C’est ce qui a toujours existé depuis la nuit des temps. Ça conviendrait très bien à la plupart des gens, qui n’ont pas beaucoup d’argent en liquide.

    7. @ yvan
      Vous faites allusion au fait que le commerce international s’est effondré depuis 2 ans. C’est vrai, ET la demande de dollars a augmenté. Il y a plusieurs facteurs causaux à l’oeuvre. Mais dans une situation où le commerce international et la demande de dollars auraient baissé, on devrait observer l’inverse de ce que prédit Triffin : SI le dollar était convertible en or, ALORS soit la Fed détruit des dollars, soit elle accepte une inflation domestique. Le résultat de Triffin ne s’applique toujours pas.

      @ Otto
      C’est très intéressant, et vous avez pensé à l’axiome du choix ?

      @ Bertrand M
      « le paradoxe de Triffin se déduit d’un rapport de force entre Etats »
      Si vous réécrivez le résultat de Triffin qui est mort depuis des années, vous aurez forcément raison. Je n’ai pas cette prétention : je prends le résultat de Triffin tel qu’il est, hypothèses, raisonnement, conclusion.
      Vous n’aimez pas l’or et l’argent, soites. Il y a des aurophobes, (je dis cela sans connotation péjorative), je l’accepte. Qu’est-ce qui autorise les aurophobes à imposer la monnaie qu’ils préfèrent (le papier-monnaie) aux aurophiles par le cours forcé ? Concernant la situation de l’or aujourd’hui : ce n’est pas une monnaie. Que voulez-vous dire par « votre raisonnement ne tient qu’à la parité dollar / or » ? Le dilemme de Triffin s’appliquait dans un régime où la Fed s’engageait à livrer une certaine quantité d’or à toute banque centrale qui lui présentait un dollar. C’est fini, il n’y a plus de promesse de convertibilité dollar / or à une parité fixe. Il est possible que la Fed intervienne sur le marché de l’or, comme elle peut intervenir sur le marché des chewing gums. On ne peut pas en déduire un dilemme de Triffin des chewing gums.

      @ HP
      « Les gouvernements en ont généralement profité pour réduire le poids et le taux de métal fin sans le dire mais en imposant un cours forcé, quelle différence avec l’inflation ? »
      Tout à fait exact sur l’altération des monnaie, grand hobby gouvernemental depuis la nuit des temps. Il n’y pas de différence avec l’inflation, C’EST l’inflation (la définition actuelle de l’inflation sur un indice des prix est une invention assez récente et pas très utile pour le raisonnement économique). La différence sur laquelle je veux attirer votre attention, ce n’est pas entre l’or, l’argent et le papier-monnaie, mais entre un régime de monnaie forcée et un régime de monnaie libre ; entre des institutions où l’inflation est non seulement impunie mais sanctionnée et gravée dans la loi, et une situation où l’inflation relève de la fraude commerciale ordinaire.

      Cdt,
      GSF

    8. Comme je l’explique l’extension de l’espace de Minkowsky à la réalité n’est pas pertinent. C’est l’erreur de la théorie de la Relativité.
      L’expérience des jumeaux ne met en évidence qu’une variation de vitesse dans l’écoulement du temps, ce qui fait qu’ils se retrouvent au même point et au même moment pour comparer un décalage horaire.
      Il n’y a pas de salut en dehors de la simple règle de trois.

    9. Monsieur Gu Si Fang,

      Ce que je comprends de cette histoire de Triffin racontée par Jorion est qu’il faut équilibrer les balances de paiement pour une bonne gestion économique d’un état et qu’il faut les accepter déficitaires pour une bonne gestion d’une monnaie de référence. Dans ces conditions, le dilemne de Triffin a fait sauter la parité dollar-or.
      Vous parlez d’une déflation aux US si la Fed n’imprime pas plus de dollars ou d’un un amenuisement des réserves en or si la Fed imprime plus de dollars. Je vois là un énoncé, avec des termes différents, du dilemme de Triffin. Le deuxième terme est inflationniste dès que la demande en dollars est dépassé par la vitesse d’impression de ces derniers.
      C’est, selon ma compréhension de votre idée, ce deuxième terme qui a été choisi par le gouvernement US. L’inflation seule a fait tout le travail et l’inflation est le résultat de la politique de l’état US. La disparition des réserves d’or a rendu la convertibilité intenable et donc à la décision de Nixon. Cela vous permet de dire qu’il est inutile de rechercher Triffin et son dilemme.

      Vous écrivez « que tout événement historique est un phénomène social complexe soumis à de multiples facteurs causaux et que vouloir le ramener à une seule cause… »

      Je suis totalement d’accord avec vous sur ce point. Mais il est trop général pour être utilisable. Ce problème de Bretton Woods exige de comprendre ce qu’est une monnaie de référence, quels sont les privilèges associés et ses inconvénients, comment y faire face ou comment les utiliser et encore je ne suis que dans les questions que je peux imaginer. C’est très faible. Il faudrait étudier le dilemme en détails et voir de façon argumentée si l’inflation y est admissible. Ensuite, il faudrait voir de façon argumentée comment le fait que le dollar est resté monnaie de référence agit sur les relations économiques internationales. Tout cela revient à dire « que tout événement historique est un phénomène social complexe soumis à de multiples facteurs causaux et que vouloir le ramener à une seule cause… »

      Vous expliquez l’abandon de l’étalon-or par les USA à l’aide d’une seule cause : l’inflation.
      Vous ratez l’information la plus importante du texte de Jorion. Tim Geithner reprend les termes de Keynes pour « pacifier les relations économiques ». Vous oubliez que les termes employés reprennent les termes du dilemme. Vous oubliez qu’un très haut responsable chinois a repris le terme de dilemme de Triffin pour sortir de cette guerre des monnaies. Vous négligez que les Chinois et les Américains pourraient (si je comprends ce que je lis) s’entendre dans le cadre conceptuel imaginé par Keynes. Dont le refus (toujours si je comprends la situation) a donné les termes du dilemme de Triffin. Derrière Triffin, il y a Keynes. Vous ne pouvez pas l’accepter.

      L’inflation cesserait d’être le mal absolu. Hayek, van Mieses, Friedmann deviendraient discutables. Le monde redeviendrait un monde de relations entre humains. La monnaie redeviendrait une création humaine dépendante des relations entre les humains. Je pense que cela ne vous convient pas du tout.

      Le dilemme de Triffin vous touche comme me touche cette négligence de l’humain face à l’économique marqué par l’idée que « l’économique prime ». Je pense que pour vous l’inflation a la connotation que le diable a pour moi. Vous êtes humain et tentez comme moi de comprendre le monde. Vous avez une idée et la défendez car c’est vous que vous défendez. C’est humain. Que faisons-nous ensemble ? Comment nous entendre ?

    10. @ Didier

      « il faut équilibrer les balances de paiement pour une bonne gestion économique d’un état »

      Pourquoi ? Si l’on rajouter plein d’hypothèses, on peut peut-être arriver à justifier cette proposition. De manière générale, pourquoi un déficit commercial serait-il un « problème » ? Si Chang veut épargner et que Jim veut désépargner à l’instant T, il font un contrat de prêt, ça crée un « déficit, » et il n’y a là aucun problème. D’ailleurs, quand vous achetez une voiture à crédit, vous avez vous-même un déficit commercial. Dès qu’on raisonne au niveau macro on manipule des agrégats qui au fonds n’ont guère de sens, et qui au mieux sont très difficiles à interpréter. Les histoires de PIB, de déficit, de balance extérieure, etc : poubelle ! Le point de vue que j’exprime là de manière caricaturale c’est que le seul raisonnement économique qui tienne vraiment la route est le raisonnement microéconomique, pas la macro.

      « Vous expliquez l’abandon de l’étalon-or par les USA à l’aide d’une seule cause : l’inflation. »

      Justement, l’abandon de l’étalon-or est un exemple d’évènement historique complexe. On ne peut pas l’expliquer, mais seulement l’interpréter. On ne peut pas en donner des causes rigoureuses, et je ne chercherai donc pas à le faire. On pourrait éventuellement l’interpréter, c’est-à-dire expliquer le comportement des acteurs en se mettant à leur place et en interprétant leurs motivations. C’est une recherche passionnante, mais très pointue car elle requiert 1) de fouiller les données historiques et les archives, 2) de maîtriser le raisonnement économique, 3) d’avoir une bonne dose de psychologie, de sociologie, de philosophie politique, etc. Trop compliqué pour mes petits moyens.

      Le dilemme de Triffin m’interpelle au niveau du vécu – comme dirait l’autre – parce que c’est un raisonnement qui s’applique dans des conditions précises, et que ces conditions ne sont pas toutes satisfaites aujourd’hui. Je ne jette pas la pierre à PJ qui est extrêmement actif et n’a sans doute pas le temps de mener les recherches nécessaires, mais j’espère qu’il prendra en compte le message que je lui passe ici : vous êtes en train de raconter des choses très approximatives avec Triffin. Soit vous ne le savez pas, ce qui peut arriver, soit il faudrait rajouter quelques notes de bas de page.

      Pour ce qui est de l’humain, et des interrogations, chacun a les siennes. Ici je ne parle pas de ça, et il n’y a donc pas de problème de compréhension possible sur les questions éthiques. Ce que j’écris sur Triffin est vrai – à moins qu’on prouve qu’il s’était trompé, bien sûr – que l’inflation soit bonne ou mauvaise, que la position éminente du dollar soit souhaitable ou non, etc. Son résultat est indépendant des jugements de valeur. Pour pouvoir en tirer des conclusions éthiques, il faudrait d’abord postuler un principe éthique. Par exemple, si l’on pose au départ qu’il est souhaitable d’avoir une balance commerciale équilibrée, et que l’on applique le résultat de Triffin avec ses hypothèses, alors on peut en déduire qu’il est mauvais qu’une monnaie nationale soit utilisée comme monnaie internationale. On a séparé postulat éthique et raisonnement économique, et cette approche permet généralement d’y voir plus clair. Un autre tuyau utile lorsqu’on introduit l’éthique en économie est de toujours se demander : « Mieux ? Mieux pour qui ? Mieux du point de vue de qui ? » Les jugements de valeur sont éminemment subjectifs.

      Cdt,
      GSF

  4. Mince, je crois que j’ai compris! Merci de ces éclaircissements.
    Donc rien ne bouge, si ce n’est qu’on prend une béquille parce-qu’on n’arrive plus à marcher en talons aiguilles, en plus des rambardes et autres secours de préhension. De là à y voir un pas vers un balbutiement appelant un Bancor du bout des lèvres, il faut un naif comme moi bien dans ses baskets pour y croire. Certes l’analogie n’est pas une démonstration, mais elle permet de s’appuyer sur quelque chose, n’est-il pas?

  5. L’apaisement de la guerre monétaire risque bien de n’être que temporaire tant les intérêts sont divergents et que les accords conclus au sein des G20 restent souvent formels. Tel risque bien aussi de n’être l’engagement de Geithner qui s’est toujours comme tous les Secrétaires d’Etat au Trésor s’est toujours engagé verbalement à maintenir un dollar fort! Depuis John Connlly ils pensent que « le dollar est nôtre monnaie mais vôtre problème » De la même façon ils affectent d’être libre échangistes sans hésiter sur des mesures protectionnistes: le « Buy Américan Act », le refus de laisser acheter les ports US par une société de Dubaî, de Lenovo, société chinoise, d’acheter IBM !

  6. Geithner est sans doute sur le bon chemin avec sa proposition de la semaine dernière au G20, mais il faut aller beaucoup plus loin.
    Je propose ci-dessus la création d’un marché des droits à importer:

    A plusieurs reprises nous avons précisé, que l’utopie mondialiste déstabiliserait les marchés politiques locaux, et faciliterait la naissance, ou le renouvellement d’entreprises politiques, faisant elle-même émerger d’autres produits, au sein d’un nouveau marché de la loi. De façon plus précise encore, nous indiquions que le produit « équilibre des échanges extérieurs » devait devenir un produit phare sur les marchés politiques ( °).
    Le présent texte tente de préciser, le possible mécanisme juridique assurant l’inéluctable dé mondialisation, dans un cadre autorisant encore le libre échange. Et mécanisme qui pourra se substituer, au caractère dangereux, et surtout sans avenir, de la guerre des monnaies, qui aujourd’hui semble monter en puissance.
    Parce qu’en Occident, la schizophrénie des acteurs exige à la fois, plus de rentes de protection qui enferment, et davantage de « droits liberté » qui autorisent une autonomie toujours croissante, il est clair que l’exigence d’équilibre des balances extérieures ( protection contre le siphonage de la demande globale) ne peut passer par des mesures autoritaires concernant les importations. Et encore une fois, renoncer à l’utopie mondialiste, ne saurait correspondre au repliement sur le seul espace national.
    La mise en place d’un marché de droits à importer, émis privativement par les exportateurs, est un possible équilibre entre les exigences contradictoires du couple (protection/liberté).
    Concrètement, le fait d’exporter donne lieu, à émission d’un droit à importer pour un même montant, droit librement négociable sur un marché. Symétriquement, tout porteur de droit à importer jouit de la liberté d’importer les marchandises de son choix, en provenance de son choix.
    Formellement, un tel marché serait assez comparable à celui du « Blue Next » où se négocie des droits à polluer. Sur ce dernier marché, les entreprises sont soumises à des normes en matière de volumes de carbone émis, normes qui peuvent être dépassées par achat de droits à polluer, émis par d’autres entreprises, qui polluent moins que la norme autorisée.
    Mais la comparaison s’arrête vite dans la mesure où les inconvénients bien connus du « Blue Next », pourraient ne pas exister dans le cadre d’un marché de droits à importer. Les effets pervers du « Blue Next » sont clairement identifiés : existence d’un double marché (spot et à terme) se matérialisant par une forte volatilité, bouchant la visibilité des investisseurs en matériels de dépollution. Mais surtout, prime à la délocalisation des pollueurs qui peuvent fuir ( ce qu’on appelle la « fuite carbone ») ou baisse de compétitivité, de ceux qui ne peuvent quitter le territoire, (centrales thermiques par exemple) , tout en étant victimes d’importations moins coûteuses .
    Le marché des droits à importer, pourrait en effet bénéficier d’un puissant régulateur, l’Etat, qui lui aussi, aurait la possibilité d’émettre des droits à importer, et qui pourrait par sa présence sur le marché, assurer une stabilisation des prix. Les spéculateurs seraient interdits, aussi en raison du fait que la très grande multiplicité des acteurs, procure la liquidité nécessaire du marché, sans passer par la présence des seuls parieurs non importateurs et non exportateurs. Bien évidemment, si la propension à importer est plus élevée que la propension à exporter, il en résulte une tension sur les prix, mais tension stabilisatrice. Le coût des importations étant croissant, le mécanisme de l’élasticité- prix devrait permettre le rétablissement progressif de l’équilibre.
    Tout aussi évidemment, l’ancrage d’un tel système, serait d’autant mieux fondé, qu’il résulterait d’une négociation internationale, avec accords d’étapes, sur l’objectif d’équilibre multilatéral des échanges. Les droits à importer relatifs à chaque pays, pourraient ainsi être internationalement négociés. Sans doute les exportateurs étrangers pourraient- ils délivrer à leurs clients importateurs, des droits afin de garantir ou fidéliser la clientèle, toutefois les droits étant nationaux et inconvertibles, de telles opérations seraient sans effets pervers sur l’objectif d’équilibre. Egalement, il va de soi que les Etats ne pourraient émettre que leurs propres droits à importer, faute de quoi, les Etats mercantiles ne se priveraient pas d’émettre de grandes quantités de droits étrangers, au bénéfice de leurs exportateurs nationaux.
    Le marché des droits à importer ne serait pas d’essence malthusienne, et n’aurait pas le caractère de « licence d’importation » titre regardé avec méfiance par l’OMC. A l’inverse de cette dernière, le droit à importer, est d’abord une monnaie privée, émise au premier chef par des acteurs privés : les entreprises exportatrices. C’est dire que si l’Etat peut émettre des droits, c’est à tire accessoire, et qu’en revanche, il lui est juridiquement interdit d’en retirer de la circulation, pour éventuellement s’engager dans une politique de limitation des importations. En clair, les Etats pourraient émettre des titres, sans possibilité d’en acheter.
    C’est dire aussi, que ne se cache derrière le dispositif, aucun contingentement : le droit à importer est un titre non spécialisé. C’est aussi remarquer, qu’il n’est pas l’équivalent d’un droit de douane, dont le prix est fixé par l’autorité administrative, alors que le prix du droit à importer serait fixé par le marché, et sa hauteur très largement déterminée par le dynamisme des exportations. Sans doute, ces dernières sont elles dépendantes, du prix des droits à importer qui se fixent à l’étranger, mais ces mêmes droits, se fixent aussi sur les exportations de ces mêmes pays étrangers. On est donc très loin de la fermeture tant redoutée par les adeptes du mondialisme : la dé mondialisation n’est pas la fin du libre échange.
    Nul ne connait la hauteur des bouleversements politiques qui interviendront sous la pression des déséquilibres croissants des balances des paiements, et de leurs conséquences sur les acteurs directs, toutefois, le recours au marché des droits à importer, tel qu’évoqué ci-dessus, est la solution élégante, qui permet de quitter- très progressivement- le mythe de la mondialisation, sans dangers extrêmes.

    (°) les textes qui s’intéressaient à ces question sont : « Paradigmes d’entrée et de sortie de crise »5-07-10 ; « Crise et renouvellement de l’offre politique » 16-09-10 ; « L’équilibre extérieur comme produit politique émergent » 28-09-10 ; et « Mondialisation ou libre échange » 19-10-10.

    1. C’est intéressant, les droits d’importer seraient en quelque sorte une monnaie négative, du montant identique à celle de l’exportation, et qui s’annulerait comme une dette remboursée lorsque les contre-valeurs se rencontrent. Le petit jeu financier se fera sur les intérêts et la confiance du marché dans la capacité d’un pays à exporter la contre valeur de ses importations (ou l’inverse). Un grand avantage serait que le système n’utilise pas de monnaie nationale qui puisse être trafiquée. Je ne crois pas trop à la capacité des états de pouvoir calmer le jeu, et spécialement d’empêcher les petits malins de manipuler les cours pour « se payer » un pays.
      Quelle différence avec le Bancor, finalement?

    2. Je me demande tout de même , (c’est au cas où, on ne sais jamais) celui qui n’a rien à exporter ???
      Dans le même registre d’idées, dans l’article de Paul, pourquoi dans la limite de 4 % du PIB ??? (le PIB n’est que de l’argent brassé, il peut être déstabiliser de subir les aléas d’une calaminté non voulue, la dévastation de la guerre, l’implosion catastrophique d’une centrale nucléaire … )

    3. Une sorte de monnaie, réservée à l’échange international, et munie de règles ad-hoc en vue de stabilisation automatique des flux. Voila qui est plus clair que le bancor.
      Parfait, mais quels pays occidentaux accepteront d’abandonner la rente monétaire qui leur permet (encore) de vivre à crédit, sans parler des créditeurs voyant soudain s’effondrer leur château de cartes ? Finalement peu de personnes ont réellement intérêt à saborder le navire, et la reconstruction ne se fera , hélas, que sur les décombres , pour le malheur de tous. Ainsi va l’humanité.

  7. Consumer sentiment at 17-month low.

    Irish consumer confidence fell in October to its lowest level in 17 months as the mounting cost of bailing out banks and government spending cuts created a « fear factor » among households.

    The consumer sentiment index declined to 48.1 from 52.4 in September, KBC Ireland and the Economic & Social Research Institute (ESRI) in Dublin said today in an e-mailed statement.

    http://www.independent.ie/business/irish/consumer-sentiment-at-17month-low-2404181.html

  8. Kalimera!!
    oK.. le problème de ce site, c’est qu’il est difficile de répondre directement aux intervenants (à tort ou à raison).. Mais au-delà de ce fait anecdotique, force est de constater que, petit à petit, tout le monde se retourne vers l’Histoire ou vers les mises en perspectives des « élites du peuple [« a story of History » écrit par Toynbee ] devant diriger notre monde!!!
    Comme scientifique « pur et dur », plus je lis ce blog et plus je suis surpris de la vacuité des interventions (à l’inverse des textes de base des animateurs de ce site).. Tout le monde fait comme si, bien sûr, il va y avoir des changements, mais, bon en gros, nous les cerveaux musclés et formés, nous sommes à même de nous adapter … à croire que personne, ici, n’a vu MAD max où seule la valeur des muscles est utile … ou pire n’est pas à même d’anticiper les prévisions scientifiques totalement et mathématiquement établies pour le futur!!
    Et moi, je dis quoi à mes étudiants scientifiques [pourtant « vachement » attachants et bien meilleurs que ce que nous vendent les médias sur la jeunesse actuelle .. [comme quoi ils seraient égoïstes – faux, absolument faux… – égocentrés oui, mais ne pas confondre les termes-).. ] pour les motiver!!
    Allez, un bon geste, je vous écoute !!
    Chris

    1. Bon courage à vos étudiants de vous avoir comme prof.

      « prévisions scientifiques totalement et mathématiquement établies pour le futur!! »

      Pfff ! C’est mortellement triste d’avoir à vivre une vie déjà prévue par les mathématiques.

      Autant retourner dans l’œuf.

    2. Comment un discours négatif peut-il engendrer une motivation positive? Uniquement par un rejet positif.C’est pourquoi le comité étudiant des gardes rouges a décidé d’envoyer Chris en rééducation motivante et positive au service de nettoyage municipal pour anticiper les volumes d’ordures.Une telle promotion sera édifiante pour la jeunesse.Psttt….. redescends sur terre camarade.

    3. Pourquoi devrions nous dire des choses intelligentes ou intéressantes et pas toi?
      Commence déjà, on te regarde 😉

    4. La logique ne vous étouffe pas, et vous êtes comme cette personne qui va demander un aspirateur à son voisin du dessus et au fur et à mesure qu’elle monte les étages se met en colère et arrive à la porte et dit : « tu vas me le donner ton p*** d’aspirateur ? »

      La culture scientifique ne permet pas de comprendre le monde, dites leurs ça, la culture philosophique est la base de toute réflexion argumentée. L’épistémologie est fondamentale par exemple et résoudre des équations ne dit rien sur les critères de vérités utilisés dans la société. Il s’agit d’un monde clôt tel que la musique. Se confronter aux autres implique de lire Kant, Descartes, Thomas Khun, etc. Voir Florence et mourir.

    5. « Sur les credences au salon vide:nul ptyx
      Absolu bibelot d inanite sonore
      (car le maître est allé puiser des fleurs au Styx
      avec ce seul objet dont le neant s honore) »…..

      Mallarme (Ses purs ongles……..).

    6. Merci Rodolphe 🙂

      Sur des consoles, en le noir Salon : nul ptyx,
      Insolite vaisseau d’inanité sonore,
      Car le Maître est allé puiser de l’eau du Styx
      Avec tous ses objets dont le Rêve s’honore.

      =========

    7.  » les prévisions scientifiques totalement et mathématiquement établies pour le futur » !!!
      Vous devriez étudier un peu les sciences humaines, psycho-socio-historico-économiques, pour percevoir combien peu elles relèvent de telles certitudes.
      Et c’est ce qui fait leur charme, pour qui ose s’y aventurer.
      Réfléchissez par exemple à cette étonnante résilience de nos systèmes capitalistes libéraux face à la crise. Provisoire, certes, mais phénomène vivant, imprévisible comme tel.
      On y apprend l’humilité.

    8. @ Francisco
      Pour les motiver ? A quoi ? Vu votre profession, à travailler , probablement …

      Je sais pas ou peut être , faudrait voir le contexte .Tout les hommes ne sont pas fait du même bois.
      Par contre , pour ne pas les démotiver , je sais .

      Comme scientifique « pur et dur » , vous pourriez leur dire que ce qui est dur manque de souplesse , et que la pureté en ce bas monde n’est une illusion , voir une prétention .
      http://www.absurditis.com/vacuite/720/

      PS : quelqu’un a bien dû écrire un livre sur la succession d’ erreurs historiques que des générations de purs et durs s’acharnent à appeler la « science « .
      Et surtout, à propos de motivation: si vous expliquez à des jeunes que le futur est certain ,mettez vous à leur place , à quoi bon le vivre ?

    9. @ Francisco

      Tiens, c’est la première fois que je vois de près un « anticipateur de prévisions pour le futur » (faire des prévisions pour le passé, c’est plus dur, c’est vrai), et attention, pas de n’importe lesquelles, mais les « scientifiques totalement et mathématiquement établies ».

      Donc, si je comprends bien, vous prophétisez ce qui ne peut ne pas arriver (genre demain 4 novembre le soleil se levera à 7h40 – prévision mathématiquement établie).

      Moi j’appelle ça un futurologue totalement, scientifiquement et mathématiquement nul.

      Et je plains vos élèves (si vous en avez, ce dont je doute fortement).

    10. @Francisco : « Comme scientifique « pur et dur », plus je lis ce blog et plus je suis surpris de la vacuité des interventions » : vides de quoi, ces interventions ? De discours « scientifiques purs et durs » ?

  9. La planche à billet US est dénoncée depuis longtemps pourtant.

    Si bifurcation il y a eu c’est entre le réel et la pratique qui se plie à des contingences d’impuissance politique.

    Encore la conscience épiphénomène qui se croit pensée 🙂

  10. bonjour,

    Fasse à la leçon d’économie par l’intermédiaire de ce billet,

    j’ai une question :
    Comment allez de l’avant en évitant les erreurs par exemple de l’economiste Keynes dans son rendez vous avec bretton woods ?

    Thierry

  11. HP
    Il n’est pas question de modifier le systéme monétaire international dans ma proposition.
    Tout peut rester en l’état. Il est politiquement plus aisé de faire naitre le système des droits à importer que de programmer la fin de Dollar.
    Par ailleurs il n’existe pas de jeu financier, les parieurs étant juridiquement exclus du jeu.

    Cécile
    comme je l’indique l’Etat peut émettre des droits. on peut même imginer un accord international concernant le volume d’émissions: limiter les déficits est un objectif politiquement négocié, objectif qui se traduit par un certain volume de droits à émettre.

    liszfr
    oui puisque l’émission totale de droits (privé+ Etat) correspond mécaniquement au volume des ‘importations.
    Au total il s’agit de contenir toute la violence potentielle qui résulte des déséquilibres croissants des balances des paiements. Le projet consiste à réduire la toxicité de la mondialisation en maintenant l’ouverture nécéssaire sur le monde. Et la réduction de la toxicité est aussi veille au maintien de l’infinie diversité des cultures.

    1. « Concrètement, le fait d’exporter donne lieu, à émission d’un droit à importer pour un même montant, droit librement négociable sur un marché »

      Donc, la Chine exporte, ce qui lui donne un droit à importer pour le même montant. Mais ses réservent en devises lui donnent déjà se droit, n’est ce pas ?
      De plus les USA ne pourraient pas acheter ces droits à importer.
      Je vois néanmoins un avantage à votre système qui est de se protéger contre les variations des devises, et ainsi d’éviter la « guerre des devises »… Ce qui est très important.

    2. S’ils ne les utilisent pas ses droits à importer : il se passe quoi ?
      Ils n’ont plus le droit d’exporter?

      Parce que l’idée me semble séduisante mais comment la mettre en pratique ?

    3. Il s’agit d’un système de « compensations ».
      Il y a des officines censées faire çà …pour les flux financiers…avec le doutes que l’on sait.
      Qui contrôle les contrôles?

  12. lisztfr
    il n’est pas question de devises, simplement de droits.
    s’agissant de la Chine, ses entrepreneurs exportateurs générent dans l’acte d’exportation des droits à importer qu’ils peuvent céder à des collègues importateurs. Devises ou pas devises, on ne peut importer sans l’acquisition de droits achetés sur le marché des droits à importer. Maintenant le gouvernement chinois peut intervenir pour faciliter les importations s’il le souhaite. Dans ce cas il a la possibilité juridique d’émettre des droits… droits qu’il ne peut vendre à des importateurs , par exemple américains!
    Oui vous avez raison, le système apaise aussi les tensions sur le marché des devises et des mouvements de capitaux.

  13. Bonjour Paul,
    Hier, je suis allé à la Fnac de Bruxelles. Votre livre « Le prix » n’est toujours pas arrivé.
    Je n’ai pas dû répéter le nom de « Jorion ». Il était connu.
    La diffusion est-elle discrète?

  14. Tartar
    Les choses sont simples: je propose que ce soit le ministère de l’économie de chaque pays.
    Et les ministères en sont tout à fait capables. Pensez aux agences de la dette publique qui fonctionne partiquement dans tous les pays. Ce qui ne veut pas dire que cette dette est légitime…mais c’est autre chose.

    Liervol
    On ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas exporter du fait de la non utilisation des droits à importer. L’exportation d’un pays ne dépend pas des droits émis dans ce pays. En revanche elle dépend de l’émission de droits dans le pays de destination de l’exportation.
    ce qu’il y a de certain- me semble t’il – c’est que le système proposé assure une dé mondialisation apaisée.
    j’aime les questions et critiques car elles permettent d’approfondir la réflexion.

    1. Les ministères de l’économie sont juges et parties, il y a conflit d’intérêt.
      Je trouve votre solution logique mais difficile à mettre en oeuvre dans un monde ou la corruption des élites et l’influence des lobbies provoquent un chaos mental.
      Aboutir à votre solution est souhaitable mais probablement hors de portée avant un changement de paradigme mondial.
      Or dans le monde humain ce fameux « changement » suppose une phase violente à laquelle,comme tous ici, je m’attends sans aucune notion de l’échéance.

    2. En définitive, ces droits sont une sorte de dérivé de l’importation ou de l’exportation, dérivé qui comme le CDS en sorte, mais alors vous avez là de quoi séduire la finance, un nouveau jeu pour spéculer, car en définitive, même si vous dites que cela n’est pas possible de faire comme pour les crédits carbones, avec l’imagination qu’ils ont et surtout l’infini du virtuel, je doute qu’ils ne trouvent un moyen.
      Alors avantage, si vous séduisez la finance plus de chance d’en voir l’adoption, par contre c’est le prix du retour de bâton qui risque d’être élevé quand ils sauront comment jouer avec ,

  15. Maximum de 4% du de déficit ou d’excédent du compte courant pour Geithner?
    Pas de souci : seulement 2,7 % de déficit (400 Mrds $) en 2009 contre 5,3 en 2007 pour les US…

    Déficit de 1.9% (37 Mrds euros)pour la France en 2009 (les achats de titres français par les non résidents sont supérieurs de 270 milliards aux achats de titres étrangers par les résidents, les flux internationaux de capitaux et crédits traduisent, eux, « un désendettement net des résidents français pour 149 milliards » -BdF).

    Les cocus vertueux et excédentaires en face ? : Pays-Bas (excédent de 5,9%), l’Allemagne (5,2%), la Chine (4,9%) et le Japon (3,3%);

    Ce serait donc bien aux 3 premier nommés des « excédentaires », en premier lieu, à faire des efforts ! 🙂

  16. « User de devises nationales comme réserves internationales semble en effet absurde .

    Les USA assoit il leur puissance en rendant dépendant au dollar le commerce international ?
    Que ce passerait il en cas d’alternative au dollar comme monnaie internationale de réserve ?
    Que se passerait il ,
    l’avènement d’une nouvelle monnaie comme référence internationale (imposant la suprématie d’une nouvelle nation) , la création d’une monnaie unique consacrée aux seuls échanges internationaux , l’invention d’une sorte de mix de plusieurs monnaie ?

    Si la suprématie d’un pays satisfait la planète , pourquoi en changer ?
    Mais dans le cas contraire, le changement parait inévitable sauf en cas d’impossibilité .
    Est ce que le fait que des réserves phénoménales en dollar aient été constituées rendent tout changement impossible ?
    Et si une monnaie vaut de moins en moins, pourrait elle finira par ne plus rien valoir ?

    D’un autre côté , don Camillo aurait dit :  » rendez à César ce qui appartient à César »….

  17. Mettre des monnaies dans un même panier, et affirmer que désormais les écarts entre la valeur des unes et des autres doivent être relativsés en fonction des proportions définies par le panier me paraît faire fi de la puissance des différents émetteurs… Car qui peut croire qu’une puissance de production ascendante, forte d’un potentiel de plus de 500.000.000 de besogneux, qui voient le jour d’une couleur plus radieuse un peu plus chaque fois qu’ils touchent leur maigre salaire, qui ont un sentiment national extrèmement fort, puisse cloisonner sa capacité d’hégémonie de par le monde par la mise au pas de sa monnaie avec d’autres qui sont sur le déclin? Une entente avec les autres pays en pleine ascenscion économique est plus probable. Et pour les autres, ils n’auront probablement qu’à bien se tenir.

  18. Pourquoi le pays dont la monnaie sert de référence internationale doit-il créer plus de monnaie?
    Une question de candide, qui appelle à des réponses genre pour les nuls, à propos de cette affirmation:

    Une nation gère sa monnaie en en maintenant le stock à la mesure de la richesse créée sur son territoire mais quelle quantité doit-elle en créer lorsque cette monnaie sert de référence au monde entier ? Elle doit en créer plus !

  19. Rien de neuf :
    Jacques Rueff, le seigneuriage, et son tailleur
    « J’ai déjà écrit en 1961 que l’Occident risquait un effondrement du crédit et que le Gold Exchange Standard était un grand danger pour la civilisation occidentale. Si je l’ai fait, c’est parce que je suis convaincu – et je suis extrêmement solennel sur ce point – que le GES atteint un tel degré d’absurdité qu’aucun cerveau humain doté du pouvoir de raison ne peut le défendre.

    Quelle est l’essence de ce régime, et quelle est la différence avec l’étalon-or ? C’est que lorsqu’un pays avec une devise clé a un déficit de sa balance des paiements – disons les États-Unis par exemple – il paye au pays créditeur des dollars, qui finissent dans sa Banque centrale. Mais les dollars ne sont pas d’utilité à Bonn, ou à Tokyo, ou à Paris. Le même jour, ils sont reprêtés sur le marché monétaire à New York, et donc retournent à leur endroit d’origine. Ainsi, le pays débiteur ne perd pas ce que le pays créditeur a gagné. Et donc le pays avec la devise clé ne ressent jamais l’effet du déficit de sa balance des paiements. Et la principale conséquence est qu’il n’y a aucune raison d’aucune sorte pour que ce déficit disparaisse, tout simplement parce qu’il n’apparaît pas…

    Laissez-moi être plus positif : si j’avais un accord avec mon tailleur que n’importe quelle somme d’argent que je lui paye, il me retourne le même jour comme prêt, dans ce cas je n’aurais aucune objection du tout à lui commander toujours plus de costumes. » Dans [Rueff & Hirsch, 1965].

    Jacques Rueff était en poste à Londres entre 1930 et 1934, à l’Ambassade de France. Il dresse un parallèle entre les deux époques, celle de l’étalon-devise-or des années 1920 après la Conférence de Gênes, celle de Bretton Woods dans les années 1950 et 1960, dans les deux cas, le monde est forcé d’absorber les devises de pays anglo-saxons, leur cède un privilège indu et importe leur inflation : « C’est ainsi que le Gold Exchange Standard a accompli cette immense révolution de livrer au pays pourvu d’une monnaie bénéficiant d’un prestige international le merveilleux secret du déficit sans pleurs qui permet de donner en dollars sans les prendre dans les caisses, de prêter sans emprunter et d’acquérir sans payer. »

    Rueff va même jusqu’à considérer que le système asymétrique de Bretton Woods est une menace pour les démocraties occidentales, une affirmation très pessimiste que la réalité a démentie, son effondrement n’ayant pas entraîné la démocratie avec lui :
    « La liberté n’est pas un don gratuit*. Elle exige des systèmes monétaires efficaces. Si nous ne réussissons pas à extirper du nôtre, à bref délai, les perversions qui compromettent l’équilibre des balances des paiements, nous serons ramenés, inévitablement, à des mesures de contrôle direct des échanges internationaux, mesures qui feraient subir de graves atteintes à la prospérité de l’Occident, au bien-être de ses populations et à tous les principes qui font l’originalité et la grandeur de sa civilisation. »
    Rueff, Œuvres complètes, cité dans [Bassoni & Beitone, 1989].

    * Traduction de la formule américaine classique (Freedom is not free) selon laquelle la liberté exige des sacrifices.

    Références
    Bassoni M. & A. Beitone A., Problèmes monétaires internationaux, Armand Colin, 1989
    Rueff J. & F. Hirsch, 1965, The Role and the Rule of Gold: An Argument, Princeton University Press, 1965

  20. Rien de neuf (suite)

    Extraits d’un texte déjà ancien mais, encore tout à fait pertinent ! :
    (….)
    « Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des DOLLARS (…) pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les ETATS-UNIS à s’ENDETTER GRATUITEMENT vis-à-vis de l’étranger.
    (….)
    Cette FACILITE UNILATERALE qui est ATTRIBUEE à l’AMERIQUE contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un MOYEN de CREDIT APPROPRIE à un ETAT.
    (….)
    Il y a en particulier le fait que les ETATS-UNIS, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les MESURES VOULUES pour remédier à leur DESEQUILIBRE, SUBISSENT, d’ANNEE EN ANNEE, une BALANCE DEFICITAIRE.
    (….)
    Il apparaît chez eux une PROPENSION CROISSANTE à INVESTIR à l’ETRANGER.
    De là, pour certains pays, une sorte d’EXPROPRIATION de telles ou telles de LEURS ENTREPRISES.
    (….)
    Lors même, d’ailleurs, qu’un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu’il existe un DESEQUILIBRE en quelque sorte FONDAMENTAL. Pour toutes ces raisons, la France préconise que LE SYSTEME SOIT CHANGE.
    (….)
    Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier.»
    (….)
    La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste réforme qui s’impose désormais dans l’INTERET du MONDE ENTIER.

    Extraits….. De la conférence de presse du Général de Gaulle du 4 février 1965 tenue au Palais de l’Elysée

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    Texte complet de cette conférence de presse du Général de Gaulle, sur le système monétaire, le dollar et l’or au Palais de l’Elysée le 4 Février 1965
    Extrait de « Discours et Messages » – Charles de Gaulle – Plon, 1970 – pages 330 à 334
    (CONFERENCE VISIBLE EN VERSION INTEGRALE SUR LE SITE DE L’INA, à voir et à revoir….)

    Question – M. le Président, en changeant en or une partie de ses avoirs en dollars, la France a provoqué certaines réactions qui ont fait apparaître les défauts du système monétaire actuel. Etes-vous partisan de réformer ce système, et, si oui, comment ?

    Réponse (De Gaulle) – Je vais tâcher d’expliquer ma pensée sur ces points, A mesure que les États de l’Europe occidentale, décimés et ruinés par les guerres, recouvrent leur substance, la situation relative qui avait été la leur par suite de leur affaiblissement apparaît comme inadéquate, voire abusive et dangereuse. Rien, d’ailleurs, dans cette constatation n’implique de leur part et, notamment, de celle de la France quoi que ce soit d’inamical à l’égard d’autres pays, en particulier de l’Amérique. Car, le fait que ces États veuillent, chaque jour davantage, agir par eux-mêmes dans tout domaine des relations internationales procède simplement du mouvement naturel des choses. Il en est ainsi pour ce qui est des rapports monétaires pratiqués dans le monde depuis que les épreuves subies par l’Europe lui firent perdre l’équilibre. Je veux parler – qui ne le comprend ? – du système apparu au lendemain de la Première Guerre et qui s’est établi à la suite de la Seconde.

    On sait que ce système avait, à partir de la Conférence de Gênes, en 1922, attribué à deux monnaies, la livre et le dollar, le privilège d’être tenues automatiquement comme équivalentes à l’or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres ne l’étaient pas. Par la suite, la livre ayant été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933, cet insigne avantage avait pu sembler compromis. Mais l’Amérique surmontait sa grande crise. Après quoi, la Deuxième Guerre mondiale ruinait les monnaies de l’Europe en y déchaînant l’inflation. Comme presque tontes les réserves d’or du monde se trouvaient alors détenues par les États-Unis, lesquels, en tant que fournisseurs de l’univers, avaient pu conserver sa valeur à leur propre monnaie, il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l’or dans leurs réserves de change et que les balances extérieures des paiements s’établissent par transferts de crédits ou de signes monétaires américains aussi bien que de métal précieux. D’autant plus que l’Amérique n’éprouvait aucun embarras à régler ses dettes en or si cela lui était demandé. Ce système monétaire international, ce « Gold Exchange Standard », a été par conséquent admis pratiquement depuis lors.

    Cependant, il ne paraît plus aujourd’hui aussi conforme aux réalités et, du coup, présente des inconvénients qui vont en s’alourdissant. Comme le problème peut être considéré dans les conditions voulues de sérénité et d’objectivité – car la conjoncture actuelle ne comporte rien qui soit, ni très pressant, ni très alarmant – c’est le moment de le faire.

    Les conditions qui ont pu, naguère, susciter le « Gold Exchange Standard » se sont modifiées, en effet. Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte. C’est dire que la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, savoir la possession par l’Amérique de la plus grande partie de l’or du monde. Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. En effet, ce qu’ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l’or, dont la valeur est réelle, qu’on ne possède que pour l’avoir gagné et qu’on ne peut transférer à d’autres sans risque et sans sacrifice.

    Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l’Amérique contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un moyen de crédit approprié à un Etat.

    Évidemment, il y a d’autres conséquences à cette situation.

    Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d’année en année, une balance déficitaire. Non point que le total de leurs échanges commerciaux soit en leur défaveur. Bien au contraire ! Leurs exportations de matières dépassent toujours leurs importations. Mais c’est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties l’emportent toujours sur les rentrées. Autrement dit, il se crée en Amérique, par le moyen de ce qu’il faut bien appeler l’inflation, des capitaux, qui, sous forme de prêts en dollars accordés à des Etats ou à des particuliers, sont exportés au dehors. Comme, aux États-Unis même, l’accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contrecoup rend moins rémunérateurs les placements à l’intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une sorte d’expropriation de telles ou telles de leurs entreprises.

    Assurément, une telle pratique a grandement facilité et favorise encore, dans une certaine mesure, l’aide multiple et considérable que les États-Unis fournissent à de nombreux pays en vue de leur développement et dont, en d’autres temps, nous avons nous-mêmes largement bénéficie. Mais les circonstances sont telles aujourd’hui qu’on peut même se demander jusqu’ou irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or ? Lors même, d’ailleurs, qu’un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu’il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé. On sait qu’elle l’a fait, notamment, lors de la Conférence monétaire de Tokyo. Étant donné la secousse universelle qu’une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l’éviter. Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier.

    Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’à cet égard il puisse y avoir de critère, d’étalon, autres que l’or. Eh ! oui, l’or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n’a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. D’ailleurs, en dépit de tout ce qui a pu s’imaginer, se dire, s’écrire, se faire, à mesure d’immenses événements, c’est un fait qu’encore aujourd’hui aucune monnaie ne compte, sinon par relation directe ou indirecte, réelle ou supposée, avec l’or. Sans doute, ne peut-on songer à imposer à chaque pays la manière dont il doit se conduire à l’intérieur de lui-même. Mais la loi suprême, la règle d’or – c’est bien le cas de le dire – qu’il faut remettre en vigueur et en honneur dans les relations économiques internationales, c’est l’obligation d’équilibrer, d’une zone monétaire à l’autre, par rentrées et sorties effectives de métal précieux, la balance des paiements résultant de leurs échanges.

    Certes, la fin sans rudes secousses du « Gold Exchange Standard », la restauration de l’étalon -or, les mesures de complément et de transition qui pourraient être indispensables, notamment en ce qui concerne l’organisation du crédit international à partir de cette base nouvelle, devront être concertées posément entre les Etats, notamment ceux auxquels leur capacité économique et financière attribue une responsabilité particulière. D’ailleurs, les cadres existent déjà où de telles études et négociations seraient normalement menées. Le Fonds monétaire international, institué pour assurer, autant que faire se peut, la solidarité des monnaies, offrirait à tous les Etats un terrain de rencontre approprié, dès lors qu’il s’agirait, non plus de perpétuer le « Gold Exchange Standard », mais bien de le remplacer. Le « Comité des Dix », qui groupe, aux côtés des États-Unis et de l’Angleterre, d’une part la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique, d’autre part le Japon, la Suède et le Canada, préparerait les propositions nécessaires. Enfin, il appartiendrait aux Six États qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique européenne d’élaborer entre eux et de faire valoir au-dehors le système solide que recommande le bon sens et qui répond à la puissance renaissante de notre Ancien Continent.

    La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste réforme qui s’impose désormais dans l’intérêt du monde entier.

  21. Rien de neuf (toujours)

    Les trois deals américains pour le dollar
    par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique
    Intervention prononcée lors d’un colloque de Res Publica (site à visiter) du 12 juin 2006 « L’avenir du dollar »

    Un secrétaire d’Etat américain au Trésor répliquait à un de ses collègues : « Le dollar, c’est notre monnaie mais c’est votre problème ». Effectivement, c’est bien notre problème.

    Les Américains dépensent chaque année 700 milliards de dollars de plus qu’ils ne produisent : le déficit atteint environ 7% du PIB. Chaque année un citoyen américain dispose de biens d’importation dont la valeur excède de 3000 dollars ses revenus. En cinq ans, le taux d’endettement des ménages américains est passé de 100% à 120% du revenu disponible annuel.
    Si l’Amérique et les Américains vivent à crédit… c’est que des créanciers ont intérêt à leur prêter.

    Je voudrais vous raconter une histoire qui, comme toutes les histoires, est susceptible de s’écarter quelque peu de la réalité, mais je crois qu’elle ne doit pas en être très loin.
    C’est l’histoire des trois deals qui se sont passées depuis la fin du Gold exchange standard depuis le 15 août 1971.
    La politique américaine a consisté, depuis une trentaine d’années, à maintenir l’hégémonie monétaire en concluant fort habilement et fort discrètement des deals tacites ou implicites avec des alliés de circonstance.

    Le premier deal a été conclu entre 1972 et 1974 entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis. [Je rappelle que le choc pétrolier a eu lieu en septembre 1973.]
    Ce deal – dont un ambassadeur américain disait récemment qu’il fut l’un des plus grands services rendus par les Saoudiens aux Etats-Unis – a consisté en un échange : d’un côté les Etats-Unis garantissaient au régime saoudien sa pérennité et la protection militaire américaine, de l’autre, les Saoudiens, premiers producteurs de l’OPEP, faisaient en sorte que tous les échanges pétroliers internationaux fussent libellés et effectués en dollars. Ce qui fut fait.

    Quelques années après, des analyses montraient que l’Amérique avait manipulé le premier choc pétrolier. Je pense que c’est en partie fondé.

    L’Amérique a toujours préféré importer du pétrole plutôt que de consommer ses réserves propres. Elle importe massivement du pétrole, sans risque de change, puisque c’est en dollars.

    Les pétrodollars constituent un deuxième avantage pour les Américains. Pendant ces années, on a fabriqué des réserves en dollars dans les pays producteurs qui ont recyclé ces pétrodollars en achetant des biens aux pays occidentaux. Nous Français en avons parfois profité mais les Américains en ont largement bénéficié, notamment dans l’industrie militaire et une partie de ces pétrodollars étaient en outre recyclée sur le sol américain.

    On a eu un aperçu de ces mouvements de capitaux en 1978-1979 lorsque les Ayatollahs ont pris le pouvoir en Iran. C’est à cette époque que s’est déroulée la prise d’otages dans l’ambassade américaine.
    Cette affaire avait été en partie suscitée par le fait que les avoirs iraniens (10 milliards de dollars) étaient déposés à la Chase Manhattan Bank qui n’avait pas voulu (elle n’en était pas capable) renvoyer l’argent au nouveau pouvoir des Ayatollahs. L’affaire des otages aurait été en fait un moyen de négociation entre les Etats-Unis, la Chase et l’Iran pour tenter de récupérer les réserves de change iraniennes.

    Toujours est-il qu’à la fin des années 1970, ce deal pétrolier n’apportant plus aux Etats-Unis tous les avantages qu’ils en espéraient, ils font un deuxième deal avec le Japon. Dans les années 1960 et au début des années 1970, le Japon se trouve en plein boom économique et industriel. Il faut savoir aussi que, depuis l’époque de Mac Arthur, une partie du capital des groupes japonais, notamment des grands groupes automobiles, était détenu par des groupes américains.
    Dans ce deal avec les Japonais, ceux-ci produisent et exportent des biens de consommation : automobiles, téléviseurs, composants électroniques, ordinateurs vers les Etats-Unis et, en contrepartie, ils accumulent des réserves en dollars et ils recyclent ces dollars en bons du Trésor américains.
    Le deal fonctionne bien jusqu’à ce que les Japonais, sans doute pris par le vertige de l’orgueil, entreprennent de faire la leçon aux Américains. Dans les années 1980, ils commencent à racheter des biens immobiliers (Rockefeller center) puis une partie d’Hollywood … puis ils déclarent Urbi et orbi qu’ils vont apprendre aux Américains comment à fabriquer des automobiles.

    Un jour, quand les Américains ont voulu construire le F16, ils se sont aperçus qu’ils avaient besoin des Japonais pour les écrans à cristaux. Les Japonais se sont fait tirer l’oreille pour exporter ces écrans avant de faire comprendre qu’ils accepteraient de les exporter si les Américains leur donnaient la technologie de l’empennage. A ce moment, les Américains se sont rendu compte que les Japonais voulaient revenir dans l’industrie aéronautique, ce qui, pour les Etats-Unis, était un casus belli.
    Il était hors de question que le Japon revienne dans l’industrie aéronautique comme compétiteur de Boeing. Ce fut un combat très dur, les industriels américains des semi-conducteurs ont fait bloc, ils ont décidé de récupérer leurs technologies – ce qu’ils ont réussi à faire – et les Américains ont joué sur le plan monétaire.
    A l’époque, on parlait beaucoup de la trilatérale : le monde organisé autour de trois pôles, l’Asie, l’Europe et l’Amérique, ayant chacun leur monnaie, l’Ecu, à l’époque, pour l’Europe, le Yen pour le Sud-est asiatique et le dollar pour les Amériques… La zone yen n’a jamais vu le jour… Pourquoi est-elle mort-née ? Parce que les Américains commençaient à préparer le troisième deal, avec la Chine.

    Ceci a commencé avec les négociations sur la rétrocession de Hongkong à la Chine, dans les années 1984-1985 qui marquèrent un vrai réchauffement des relations sino-américaines. C’est Nixon qui l’avait initié au début des années 1970 car les Américains avaient besoin de diviser le bloc communiste, donc de trouver un allié en la Chine face à l’URSS. Ils avaient aussi besoin de trouver un allié économique et monétaire face aux ambitions japonaises, ils le trouvèrent en la Chine. A partir de ce moment-là, une indexation de fait a lieu entre le dollar-Hongkong et le dollar américain. Le yuan reiminbi (rmb) qui n’était pas convertible, étant, lui, indexé de fait sur le dollar –Hongkong.
    De facto, la Chine entre dans la zone dollar… et la zone yen est mort-née ! Vous avez pu constater sur les graphiques de Michel Aglietta que les réserves en yens n’existent pas. De plus les Etats-Unis forceront le Japon à réévaluer le yen, ce qui amorcera une récession japonaise qui durera quinze ans et entraînera la paupérisation des classes moyennes japonaises. Les groupes japonais, qui avaient vu venir la récession, ont été les premiers à se délocaliser en Chine.

    Au début des années 1990, ce troisième deal se met en place : l’alliance détonante entre le grand capital américain et le parti communiste chinois va se concrétiser et se renforcer dans les accords – cette fois officiels – d’indexation du yuan sur le dollar en 1994-1995 après une dévaluation du yuan de 35%. Hongkong est rétrocédé le 1er janvier 1997 et le mouvement amorcé au début des années 1990 par les groupes japonais s’amplifie pour tous les groupes de la zone et pour les multinationales américaines et européennes, en particulier pour la puissante Wall Mart qui a bien vu l’avantage d’aller s’installer en Chine.

    Nous avons donc une délocalisation massive des achats, car les Chinois ne produisent pas pour leur marché intérieur mais pour exporter. Les groupes japonais ont investi en Chine, produisent, vendent les machines-outils à leurs usines Chinoises qui, ensuite, produisent des biens de consommation qui vont être exportés dans le monde entier, éventuellement au Japon et en Occident. Les groupes américains, comme Wall Mart, s’approvisionnent massivement en Chine (Carrefour aussi, maintenant) et réexportent sur l’Occident, d’où le déficit commercial des Etats-Unis, d’où le déficit de l’Europe, sauf l’Allemagne qui vend des machines-outils aux Chinois.
    La contrepartie est que les excédents commerciaux engrangés par les Chinois sont réexportés vers les Etats-Unis. Ils achètent des bons du Trésor américain et financent la dette américaine. Les réserves de change japonaises représentent aujourd’hui 850 milliards de dollars et les réserves de change chinoises s’élèvent à 853 milliards de dollars.

    Nous avons donc une accumulation de dollars tandis que les déficits se creusent aux Etats-Unis et il n’y a pas de raison pour que cela cesse. L’Amérique ne produit plus et n’a plus intérêt à produire puisque ses importateurs achètent des produits beaucoup moins chers. Au passage, cela permet d’améliorer les marges des distributeurs, des importateurs et de peser sur l’inflation. Les ménages américains s’endettent, il y a une certaine paupérisation des classes moyennes américaines mais elles n’en voient pas réellement les effets puisqu’une partie des produits sont importés et coûtent moins cher. Le pouvoir d’achat est donc en apparence maintenu.

    Que peut-il se passer ?
    Comme avec le Japon et comme avec les pays pétroliers, l’appétit peut venir en mangeant et, contrairement à ce qui se passe pour l’instant, la Chine peut avoir, à terme, des intérêts divergents avec les Etats-Unis.

    Les Américains considèrent deux secteurs comme des chasses gardées : les matières premières (avec surtout le pétrole) et la défense (Defense aerospace).
    Or les Chinois ont des ambitions.
    Ils ont une vraie stratégie à long terme pour essayer de contrôler des sources d’approvisionnement de matières premières et de pétrole. Ils ont même voulu racheter ne compagnie pétrolière américaine (il y a eu immédiatement veto américain).

    La Chine a une armée, c’est une puissance nucléaire, elle a des ambitions militaires et spatiales et, même si Boeing vend des avions, même s’il peut y avoir des accords, il est possible qu’à terme surviennent des frictions de plus en plus fortes entre les intérêts militaires chinois et les intérêts du complexe militaro-industriel américain.

    Le deuxième type de problèmes concerne les dégâts sociaux aux Etats-Unis. On assiste à une montée des protectionnismes de la part des syndicats ouvriers relayés au Congrès car dans chaque circonscription des usines ferment, provoquant le chômage.
    La tentation existe aux Etats-Unis, de rétablir des quotas pour les importations de produits chinois mais ce serait une remise en cause du deal.
    Les Américains vont commencer à s’en préoccuper et à chercher un quatrième deal.

    Quel sera le quatrième deal ? Avec qui vont-ils le faire ? Avec l’Inde ? Avec d’autres ?
    Ce qui est certain, pour rejoindre ce que mes prédécesseurs disaient, c’est que le nouveau deal se fera avec un dollar bas et avec des taux d’intérêts du dollar plus rémunérateurs sinon, celui qui fera le nouveau deal n’y trouvera pas son intérêt.
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    Premières conclusions de Jean-Pierre Chevènement
    Intervention prononcée lors du colloque Res Publica du 12 juin 2006 « L’avenir du dollar »

    Merci, Jean-Michel, tu as introduit là une lecture plus politique d’un phénomène que Michel Aglietta a très bien décrit sur le plan économique.
    On voit qu’il s’agit de déficits réellement abyssaux, tu l’as rappelé : 7% du PIB par an, c’est considérable et, à ce rythme-là, l’endettement des Etats-Unis devient tout à fait impressionnant.

    Pourtant nous sentons bien que l’hyperpuissance est une réalité multiforme. Il y a des stabilisateurs puissants : les actifs financiers extérieurs, les sociétés multinationales – je rappelle que près des deux tiers des exportations chinoises sont le fait des sociétés multinationales – On ne peut pas raisonner comme s’il n’y avait que la Chine et les Etats-Unis.
    En réalité, c’est un système qui profite aux multinationales (on peut citer Wall Mart), c’est un système intégré : les Etats-Unis font produire en Chine, ils importent à très bas prix… et, au fond, tout cela est très commode puisqu’on fait travailler les Chinois pour un tout petit salaire et que le déséquilibre est admis par les autorités chinoises. Mais peut-être ne le sera-t-il pas toujours… En tout cas, pour le moment « le privilège exorbitant du dollar » dont parlait le général De Gaulle en 1965 se perpétue.

    Je voudrais évoquer quelques autres facteurs de stabilisation de ce système :
    D’abord il y a le rôle des fonds de pension américains qui contrôlent une partie importante du capital des sociétés étrangères : Qu’a-t-on vraiment à craindre d’un étranger qu’on contrôle ?
    Il y a les délocalisations – je les évoquais à propos de la Chine – mais le mécanisme des délocalisations n’empêche pas l’économie américaine de préserver l’accumulation de valeur ajoutée en amont et en aval : en amont au niveau de la recherche, des brevets, et en aval à travers les marges de commercialisation et tout ce qui s’y rattache.

    Enfin, un stabilisateur me paraît tout à fait considérable, on l’a peu évoqué, c’est le pétrole. Le pétrole – qui s’achète en dollars, on l’a dit – représente plus de la moitié du commerce mondial des matières premières minérales et végétales. C’est colossal : qui tient le pétrole tient l’équilibre financier du monde ! Les grandes sociétés de pétrole sont, aux deux tiers, des sociétés anglo-saxonnes. C’est fondamental. La maîtrise de cette matière première qui devient de plus en plus chère est aussi une façon de boucler le circuit. Est-ce tout à fait un hasard si la crise du système de Bretton Woods a débouché sur le premier choc pétrolier ? On peut se poser la question … on peut penser que tout cela a été une affaire quelque peu un peu arrangée entre l’Arabie saoudite et Monsieur Kissinger, le secrétaire d’Etat américain de l’époque. De la même manière, le choc pétrolier que nous connaissons aujourd’hui permet de résoudre en partie les difficultés de la balance extérieure des Etats-Unis. Même si les Etats-Unis sont de plus en plus dépendants pour leurs importations de pétrole étranger, ce pétrole étant facturé en dollars, globalement, l’économie du pétrole, c’est, un peu comme le disait Monsieur Junca à propos de l’économie de l’aéronautique, une économie en dollars. Des segments entiers de l’économie mondiale sont en dollars.

    Un mot sur l’Europe.
    L’Europe souffre beaucoup de cette situation, l’euro s’apprécie, nos exportations sont rendues plus difficiles. Les exportations jouent pour l’économie européenne un rôle beaucoup plus important que pour l’économie américaine puisque nous exportons relativement deux fois plus, nos exportations rapportées au PIB sont plus importantes que les exportations américaines, nous avons une économie plus ouverte sur le monde. Le renchérissement de l’euro est donc très préoccupant pour ce qui va se passer dans notre pays. Ce qu’a dit Monsieur Junca des perspectives de Latécoère pourrait s’appliquer à beaucoup d’autres secteurs de l’économie française et européenne : les délocalisations sont inscrites dans la logique du système.

    Un argument pourrait jouer en sens contraire, Monsieur Aglietta qui l’a évoqué tout à l’heure : pour la première fois, il y a un concurrent possible au dollar, c’est l’euro. Je nuance cette idée en remarquant que l’euro est très faible, que ses mécanismes de décision sont marqués par l’aboulie et l’immobilisme. La Banque centrale européenne n’a aucune politique de change.
    Encore faudrait-il réfléchir sur le fait de savoir s’il existe un pays qui ait vraiment une politique de change.
    Les Américains parlent du benign neglect, de l’insouciance à l’égard des mouvements du dollar. Mais ils peuvent se le permettre plus que nous pour la raison que je viens de vous dire : c’est que leur économie dépend moins de la valeur du dollar que la nôtre de celle de l’euro.
    Pouvons-nous avoir une politique de benign neglect vis-à-vis de la valeur de l’euro ? C’est ce qui se passe aujourd’hui. Monsieur Duisenberg, puis, maintenant, Monsieur Trichet professent qu’il n’y a pas de politique de change de l’euro. Sur les marchés de change, ce sont les cambistes qui font la loi en fonction d’appréciations diverses – je parle sous le contrôle vigilant de Monsieur Peyrelevade qui connaît ça beaucoup mieux que moi –. On peut se demander si en Europe, ne naîtra pas un jour la volonté de redonner aux autorités monétaires, à la Banque centrale et peut-être à un « gouvernement économique » de la zone euro les moyens de peser sur des évolutions qui nous sont tout à fait néfastes. C’est là un point décisif par rapport à la crise du dollar : sommes-nous capables de nous donner au niveau de la zone euro des moyens d’action ?

    Je souhaite évoquer un dernier point. Je rentre d’un voyage en Russie. J’ai été très frappé en voyant un certain nombre de mes interlocuteurs très choqués des propos tenus par Dick Cheney à Vilnius à propos de l’extension prochaine de l’OTAN à l’Ukraine. Ils considèrent cela comme une agression insupportable. Il y a des bases russes en Ukraine, des bases terrestres, des bases maritimes (Sébastopol), une partie du complexe militaro-industriel russe a aussi ses bases dans l’est, la région industrielle de l’Ukraine : à Dniepropetrovsk, Zaporojie…et, par conséquent, l’idée que l’OTAN puisse s’étendre à l’Ukraine pose un vrai problème à la Russie qui, à travers certains de ses dirigeants, ébauche un retournement de politique, vers la Chine notamment. La Chine, comme l’a rappelé tout à l’heure Jean-Michel Quatrepoint a, certes, des ambitions énergétiques mais elle a surtout des besoins énergétiques énormes que la Sibérie peut satisfaire en partie. Elle a aussi des desseins de modernisation dans le domaine aéronautique et dans le domaine spatial et, dans ce domaine, l’industrie russe a acquis une réelle avance. On risque par conséquent de voir se précipiter l’émergence du géant chinois sur le plan militaire du fait d’une politique à courte vue des Etats-Unis vis-à-vis de la Russie : ils la repoussent dans son « réduit », alors qu’elle a retrouvé ses frontières du XVe siècle. Tout cela ne peut pas aller sans un certain nombre de conséquences négatives.

    Pour me résumer, je pense que la montée du rôle de l’euro dans le système monétaire international – qui n’est sans doute envisageable qu’à assez long terme – peut être un moyen d’arbitrage pour certaines banques centrales.
    Il y a tout ce qui a été dit sur la montée de la Chine et le renversement du sens du mouvement des capitaux par Monsieur Aglietta.

    Et de nouvelles configurations à l’échelle mondiale apparaissent inévitablement. Prenons l’exemple de l’Irak. Que peuvent faire aujourd’hui les Etats-Unis ? S’ils se retirent précipitamment, cela créera une situation encore plus conflictuelle que la situation actuelle, ce qui n’est pas peu dire. S’ils ne le font pas, ils sont enlisés d’une manière qui paraît sans perspectives… On est arrivé à une situation où il n’y a plus de bonne solution. Les Etats-Unis ont détruit l’Etat irakien, ils ont créé une situation qui, malheureusement, ne sera pas facilement réversible. A travers l’Irak, c’est le monde arabe et le monde musulman dans toute sa profondeur que les Etats-Unis se sont mis à dos.
    Tous ces facteurs, me semble-t-il, doivent intervenir dans la prospective à long terme.

    Je pense, comme je l’ai dit tout à l’heure, que les stabilisateurs sont très puissants : puissance militaire, culturelle, financière des Etats-Unis, domination de secteurs stratégiques comme le pétrole ou l’aéronautique… Mais il y a un moment où une évolution lente et continue peut se traduire par des changements brutaux.
    Nous n’en sommes pas encore là mais n’oublions jamais que la première mondialisation, la mondialisation britannique a très mal fini, par la guerre de 1914-1918.
    La deuxième mondialisation, américaine, est beaucoup plus instable que la mondialisation britannique qui, au moins, reposait sur un pays excédentaire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec les Etats-Unis.
    Cette mondialisation peut aussi déboucher sur des chocs très violents si on ne sait pas trouver une gestion fine, très progressive d’un certain nombre d’évolutions.

    Pour conclure mon propos, avant d’ouvrir le débat, je dirai que, naturellement, les Etats-Unis sont une très grande puissance mais ont-ils les moyens d’être durablement la seule superpuissance ?
    Ne doit-on pas aller aussi dans l’ordre monétaire vers un type de relations différentes ?
    La relation euratlantique, par exemple, qui paraissait en crise profonde en 2003 [il est vrai qu’aujourd’hui ces contradictions ont été, en apparence, un peu gommées] peut-elle être organisée d’une autre manière ?

    Ce sont des questions que je lance. Je n’ai pas de réponses toutes faites mais je pense qu’à travers l’étude d’un sujet aussi important que celui qui nous occupe ce soir, on peut deviner les facteurs de fragilité du monde.
    J’ouvre le débat sur ces questions.

  22. Ma conclusion :

    Le GROS PROBLEME, le vivre à crédit, la « logique » de Bretton-Woods ?

    La crise, quelle crise ?
    Les dettes, quelles dettes ?
    Les déficits, quels déficits ?
    Les faillites, quelles faillites ?

    Non, aboutissement (jusqu’à quelle limite ?) d’un NON SENS ABSOLU IMPOSE (imposé comme IMPOSITION et impôts, pourrez-t-on peut-être même dire….) à Bretton-Woods en juillet 1944….
    Le gros problème (il y a quelque temps quelqu’un a dit : « Nous avons UN GROS PROBLEME » (sic)) est de vivre dans un système monétaire non viable avec une monnaie de réserve sans fondement (depuis au moins 1971), et même depuis les « accords » de Bretton-Woods en 1944.

    En effet le « choix » en 1944 d’une MONNAIE D’UN SEUL PAYS COMME MONNAIE DE RESERVE ET D’ECHANGE MONDIAL ne pouvait que faire vivre (DE FAIT) ce pays avec des DEFICITS (et DONC à CREDIT) avec le risque de le rendre à terme, ou de le conforter, paresseux et belliqueux en lui permettant d’user et d’abuser du DROIT DE SEIGNEURIAGE. A l’époque, Keynes avait, paraît-il, car je n’ai pas la source originale, déclaré que ce système portait en lui, dès sa naissance, le GERME DE SA PROPRE DESTRUCTION.

    Cette conséquence, VIVRE EN DEFICIT, donc à CREDIT SUR LE DOS DE LA PLANETE, INELUCTABLE dés LE DEPART, est connue sous le nom de paradoxe (ou dilemme) de Robert Triffin, il a été exposé dès 1960 (Le dilemme de Triffin ou paradoxe de Triffin tire son origine du système de Bretton-Woods, lequel rend nécessaire le DEFICIT de la balance des paiements des ETYATS-UNIS pour ALIMENTER le MONDE en MOYENS DE PAIEMENT INTERNATIONAUX. Une telle situation contribue à un affaiblissement progressif de la confiance des agents économiques étrangers envers la monnaie de référence ; les besoins importants de l’économie mondiale en une devise fiable aboutissent donc paradoxalement à la perte de confiance envers cette monnaie).

    Cependant, lors de sa conférence de presse du 04 février 1965 (extrait consultable sur le net et conférence intégrale visible sur le site de l’INA), le général de Gaulle avait parlé lui de PRIVILEGE EXORBITANT (« Il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une SORTE D’EXPROPRIATION de telles ou telles de leurs ENTREPRISES. »)

    En usant et en abusant des PRIVILEGES qu’il procure à certains, ce non système (création de montagnes de dettes, mais aussi, en contrepartie et par ABUS, CONTROLES CAPITALISTIQUES) a été poussé depuis 65 ans, jusqu’à l’extrême et jusqu’à l’absurde, et jusqu’à aujourd’hui avec les dérives (et mêmes les dérivés, c’est le cas de le dire) les plus inimaginables, les plus invraisemblables et avec des MONTANTS absolument ASTRONOMIQUES.

    Donc la crise monétaire systémique que nous vivons, contrairement à ce que l’on voudrait presque nous faire croire, n’est pas une fatalité, car en effet, tout ce qui doit arriver arrive… Comme l’a dit aussi Maurice Allais.
    C’est la poussée, à leur limite extrême ? (cela l’avenir le dira…..), des accords de Bretton-Woods.

    J’invite à lire (consultable sur le net) Robert Triffin (« Les comptes des Etats-Unis et leur impact sur le reste du monde », texte écrit en 1985), Maurice Allais («La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires», livre écrit en 1999), et aussi Le Monde Diplomatique (Manière de voir) en particulier les articles d’Ibrahim Warde, Christian de Brie, Gabriel Kolko, articles écrits pour certains DEPUIS… 1994, etc…. Et beaucoup d’autres (liste non exhaustive).

    Mais le PRIVILEGE EXORBITANT a (entre autres) permis aussi de renforcer la première armée du monde et ses à-côtés…. Le tout obtenu en partie à CREDIT bien entendu, sous forme de TRIBUT en quelque sorte).

    Bretton-Woods, la loi du vainqueur ?
    Et la dette, la « logique » de Bretton-Woods ?

    1. @ Kimalu
      Merci beaucoup pour cette mise en perspective historique, sur 45 ans, des vicissitudes géopolitiques de la valeur. Cela permet de voir les dynamiques à l’oeuvre sous les frétillements de l’actualité à la contemplation de laquelle nous corrigeons notre regard dans le sens de la myopie.
      Pour autant, je n’aurais pas la même conclusion que vous. Pourquoi ne pas pousser encore vers le point de vue que votre mise en perspective historique laisse apercevoir ? Ce n’est pas un système économique qui vit à crédit depuis 1960, mais un mode de production, économique et politique, qui vit à crédit et se répand depuis le XVIIe siècle socialement, politiquement et géographiquement, avec pour constantes utiles, mais pas pour fondement, des techniques financières inventées au XIIe siècle. Le marteau ne fait ni le forgeron ni le fer.

    2. @Kimalu

      Bretton-Woods, la loi du vainqueur

      Je reviens vers vous, moins laconique qu’à l’heure du déjeuner.
      Je ne connaissais pas ces textes très pertinents et impertinents sur la question.
      Dans les échanges avec PSDJ j’avais conclu :

      1/Qu’aucun étalon digne de ce nom n’était possible pour une monnaie, et certainement pas l’or comme De Gaulle le souhaitait en homme du 19ème. La proposition de Keynes du bancor était liée à sa tentative de sauvegarder le rang de son pays ce que les USA ont écarté, et je suppose qu’un sérieux toilettage technique s’impose.

      2/Que toute forme de débats sur une monnaie universelle ou bancor devrait auparavant être précédée d’une réorganisation de l’ONU.
      En effet si Versailles avait produit un certain nombre d’apories que WW2 a montré, Bretton Wood AVANT la fondation d’une internationale des États montrait bien ce dont il s’agissait :

      L’après guerre n’aura été que la poursuite par le biais des ficelles juridiques et monétaires de la raison du plus fort, du plus riche, apprêtée juridiquement ; Bretton Woods, ONU, FMI, OMC, en témoignent, en étouffant la lettre des discours universalistes et internationalistes légués par les siècles précédents.

      Je me cite dans la conclusion d’un texte en dessous de celui-ci.

      3/Que le passage à une monnaie sans référentiel était à l’ordre du jour. Il s’agit de quitter la logique référentielle classique du signe, cad qui renvoie à une réalité extra-linguistique localisable telle l’or divisible et quantifiable. Sous sa face de signe, l’unité monétaire est en quête de sens. Si une monnaie universelle existait, on saurait tout de sa fonction à savoir d’équivaloir avec n’importe quoi, mais rien sur ce qu’elle est comme telle, sinon sur ce qu’elle représente au moment où elle est réalisée dans sa fonction d’échange. Il y a la un saut de logique pas si simple.

      J’ai bien aimé dans vos citations la remarque sur l’opportunité de diviser le bloc communiste. En fait cette division existait depuis 1963 et les états-uniens comme les chinois avaient de quoi tomber dans les bras l’un de l’autre. La soi-disant émulation entre le « camp » socialiste et le « camp » capitaliste était pipée par l’usage mondial du dollar et le néo-colonialisme, états pétroliers inclus.

  23. LA POSSIBILITÉ D’UNE ÎLE À LA MORE, LOCKE-OUT ET LOCKE-ONTO, LOGIQUE

    À chaque fois que j’ouvre Google Earth, la grosse boule tourne un peu sur elle-même et se fige en galette. Si je zoome, j’aboutis toujours dans la cour d’un immeuble carré situé entre la rue d’Hauteville, et la rue Gabriel Laumain à Paris 10ème. Le centre du monde n’est plus la gare de Perpignan chère à Dali.
    Un ordinateur situé en Belgique ou à Mexico Ciudad mène ailleurs…
    Mais chacun retrouve « son pays », au centre de la galette, galette à partager, en fonction du lieu où il est relié à la Connected Planet (marque déposée par Philips). C’est à l’image des cartes géographiques qu’on aperçoit dans les écoles communales de tous les pays, et qui forment « son citoyen » à la citoyenneté.
    Un planisphère n’évite rien puisque chacun y reçoit aussi l’instruction de sa Nation, situant au centre, le centre de ce qui lui est proposé comme image de son lieu de vie sur la galette.
    Il aurait été possible d’uniformiser la présentation et de mettre par exemple les États Unis d’Amérique au centre de la présentation du monde. Mais Google n’a pas imposé cette option pour des raisons politically correct.

    Cette présentation au centre pousse donc, l’air de rien, à la représentation.
    Car l’image de l’écran fonctionne comme image du miroir, ce paradigme des procès de re-présentation. La gestalt de « son » pays est reconnue à l’image du miracle du miroir, où « ce Lui, là, c’est moi », est transposé en « ce lieu, là, c’est chez moi ».
    Mais il y a un au-delà de l’image avec du texte. Des lettres y écrivent des noms. « France » par exemple. Et des traces, des lignes, des couleurs, comme celles qu’on lit sur un visage, délimitent un espace intérieur, et un reste : le hors cadre. Après la re-connaissance de la partie, la patrie pourra aussi être reconnaissante.

    Il est possible de saisir sur l’écran la galette avec la petite main qui par le biais de la souris fait prothèse à celle du corps propre.
    Alors par un bref mouvement de saisie, la galette se métamorphose en boule qui tourne sur elle-même jusqu’à l’ivresse possible de se prendre pour le Dictateur dans le film de Chaplin. Il est loisible de l’agiter dans toutes les directions permises sur un plan en deux dimensions. L’étonnant est que la terre cesse d’être « vue familière » sous certains angles d’impulsions. Sa présentation devient décollée de la re-présentation usuelle, comme un visage d’ordinaire identifié (soi ou autrui) devient étrange à re-connaître dans certaines circonstances.

    Sur l’ensemble de la galette, la couleur bleue domine quel que soit le mouvement initié, on l’appelle « océan ». Ce qui est massif et n’est pas bleu est dénommé « continent ».
    Ces dénominations sont arbitraires selon la doxa saussurienne.

    Un continent, c’est au choix « celui qui pratique la continence, à savoir s’abstenir de tout plaisir charnel » ou « une grande étendue de terre limitée par un ou plusieurs océans. ». Mais les deux continents ont la même étymologie qui renvoie à « Maitriser, tenir ensemble ».

    Pourtant comme l’a remarqué Perec :
    « Tellement tentant de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique ; une loi universelle régirait l’ensemble des phénomènes : deux hémisphères, cinq continents ».

    Il a raison.
    Selon l’endroit du monde où l’on se trouve, la rumeur évoque 4, 5, 6, ou 7 continents.
    La découverte de la tectonique des plaques identifiées au nombre de 14, n’est pas sans influence sur la notion de continent en sus de celles des géographes et des politiques.

    Pire, il y a des petites et grosses tâches. Ce sont les îles.
    Ne pas confondre avec les « iles » comme « parties latérales et inférieures du bas-ventre ».
    L’île est « étendue de terre ferme émergée d’une manière durable dans les eaux d’un océan, d’une mer, d’un lac ou d’un cours d’eau » mais « on réserve, généralement, le nom d’île aux territoires subissant l’influence du climat maritime sur toute leur étendue. L’Australie n’est pas une île, mais un continent »
    Il existe des exceptions : l’île de France, au climat parfois continental n’est pas entourée par un océan.
    Une autre savoureuse : l’île flottante, à consommer sans modération.

    Perec : « Si je pense avant de classer ? Si je classe avant de penser ? Comment je classe ce que je pense ? Comment je pense quand je veux classer ? »

    Un classement ouvre à la numérotation : La première classe ouvre à la seconde puis à l’analyse et à la contestation du classement, à l’occasion dénommée « lutte des classes ».
    Hélas, le classement, « Malheureusement ça ne marche pas, ça n’a même jamais commencé à marcher » toujours Perec.

    Néanmoins la galette est partagée par des lignes de fractures, des frontières, des emboîtements, des recouvrements, qui produisent des sous-classes, les ensembles sont articulés, mais on ne trouvera pas chez Von Neuman une justification incontestable des axiomes de fondation qui produisent les découpages en zones sur la galette.

    Limitons nous au plus simple : les îles.

    L’épopée du droit, toujours en débat, articule dans ses fondements latins des emprunts sous-jacents de philosophie grecque. Ce n’est pas mon propos. En droit naturel quelques noms sont incontournables. Gaius, Justinien, Grotius.
    Les juristes romains usaient de « res nullius », la chose de personne, parce que, chose sans maître. La notion antique de maître n’a plus cours et excède la sémantique moderne de propriétaire malgré le maître de forges. Néanmoins le paradigme de la « res nullius » reste entendable : c’était la bête sauvage, le gibier.
    « tous les animaux qui sont capturés sur terre, dans la mer et dans le ciel, c’est-à-dire les bêtes sauvages, les oiseaux et les poissons, sont à ceux qui les capturent » « ad hoc caput refertur primum captura ferarum, avium, piscium »

    Quand Locke énonce, « Thus in the beginning all the World was America, and more so than that is now; for no such thing as money was any where known / Au commencement du monde était l’Amérique et plus encore qu’aujourd’hui car nulle part on ne connaissait l’argent », il raisonne en faisant résonner en lui la pensée romaine de Grotius : « au commencement, le monde était peuplé de bêtes sauvages ».
    Les romains avaient développé de fines élaborations sur le droit d’appropriation des bêtes sauvages. Étaient-elles tuées sur une propriété ou pas, d’où venaient elles ? rivière ? mer ? terre ? On peut compliquer à satiété : à qui appartient l’animal domestique déplacé par une bête sauvage en dehors de son enclos ? etc. « dominium rerum ex naturali possessione originem cepit » et « quod nullius est id ratione naturali occupanti conceditur »
    Cette forme de captation a romantiquement fabriqué l’hypothèse originelle, d’un communisme primitif, et la question subsidiaire : comment s’est formée une proto-propriété ?
    Comme toute interrogation sur les origines, on ne trouvera que des constructions mythiques relatives aux questions que l’époque et le lieu font émerger.
    Les romains étendaient l’occupation aux prisonniers de guerre, mais jamais explicitement au sol ni à la terre. Seul est mentionné, dans un fragment de Gaius, le cas de l’île née dans la mer (un volcan).

    Cet hapax va plus tard faire fureur.

    C’est cette option qui sera retenue par les britanniques pour le cas de l’Australie : une « res nullius » particulière, « la terra nullius ». Il faudra attendre 1993 pour que la Haute Cour d’Australie invalide (Native Title Act) ces arguties juridiques, que les aborigènes (latins : ab-origine, depuis l’origine, comique non ?) auront subis quelques siècles.

    En 1933, la Cour internationale de Justice n’a pas tenu compte des Inuits en attribuant la souveraineté de « leur » territoire aux Danois. Le Groenland fut donc déclaré « terra nullius ». La Cour internationale de Justice est revenue sur cette décision en 1975 par le biais du devenir du Sahara occidental.
    Cette interprétation comme « terra nullius » vaudrait-elle aussi pour l’ensemble de cette grande île que constitue l’Amérique, même si elle n’a jamais été formulée comme telle ? Entre le célèbre, « un bon indien est un indien mort » et la controverse de Valladolid dont les africains firent les frais comme esclaves, court le déni de l’humanité de l’autre, et son ravalement à la faune qu’on s’approprie pour la domestiquer en bête de somme, c’est-à-dire propriété échangeable, sur une terre juridiquement vierge c’est-à-dire sans propriétaires-occupants.

    C’est dire si le discours du droit peut n’être que l’effet des rapports politiques qui l’instaurent pour l’asservir au profit d’un type d’orientation, quelle qu’en soit la conscience ou pas du serviteur juridique.

    « Carl Schmitt a proposé une interprétation saisissante de la signification historique de ces constructions intellectuelles nouvelles, en montrant que la raison de cet usage jusnaturaliste du concept romain d’occupation provenait de la nécessité de définir une forme légale de l’appropriation des terres du Nouveau monde par les États européens »

    Hugo Grotius est donné comme fondateur du droit international notamment par l’invention de la libre circulation sur les mers. Il a été remarqué qu’il servait alors de fait la nouvelle puissance navale de son pays (Provinces Unies) et sa création bordait donc juridiquement les rapports de forces économiques d’époque, notamment avec la Grande Bretagne.

    Ce qui agite ces messieurs du droit, en sous-main est la division classique depuis Justinien des deux faces de la possession : celle qu’exerce la détention par le réel du corps propre (factum apprehensionis), et celle symbolique de la rétention juridique. Autrement dit, comment faire quand on va à la chasse pour ne pas perdre sa place (formulée à l’occasion comme place au soleil).

    Le tour de passe-passe est de justifier la possession par la détention que la rétention juridique vient qualifier après coup. ?
    Comment devient-on détenteur ?
    Grotius explique gentiment que passé un temps mythique de partage communautaire, les hommes se divisèrent les choses entre eux pour se les approprier individuellement, et au dire des spécialistes il reste très discret sur l’analyse du partage. Mais il est clair que l’occupation ou acquisition primitive (dans le sens de première) est le « seul mode naturel et originaire d’acquérir (solus est naturalis, an et originarius modus) ». Le fait est constaté et le droit s’en déduit. L’occupation, cause de la propriété ? Sans doute pour ça que les patrons n’aiment pas les occupations d’usines…
    Cet énigme de l’acquisition, voire de l’accumulation primitive est une pierre d’achoppement dans le raisonnement juridique, version poule et oeuf. Même Kelsen dans sa tentative de fondation d’un droit positif détaché de tout naturalisme, n’y échappe pas en faisant appel à Kant, qui appelle Grotius qui appelle Justinien. Cette mise en abyme classique fait pourtant impasse puisque qu’il s’agit d’une « projection du cas romain de l’occupation aux « origines » de l’appropriation en général, outre qu’il est clair qu’elle est absolument étrangère à l’esprit des romains »
    En effet les romains n’ont jamais massacré les occupants de terres conquises pour y faire « un travail de romain » et s’attribuer ensuite des certificats de propriété, avec un droit « venu d’ailleurs ».
    L’ « aporie de la bivalence du fait et du droit dont le positivisme » revendique une « manière de résolution logique » le provoque à « penser la possession comme ce point élémentaire d’intersection du « subjectif » (la liberté) et de l »’objectif » (la chose réelle qui constitue ma possession), d’où une forme de « métaphysique du droit chez Kant ».
    Les lois romaines intéressent les jusnaturalistes classiques parce qu’elles ne « présupposent aucun acte entre sujets de droits, comme le seraient la cession ou la succession, pour qu’une chose puisse tomber dans la propriété de quelqu’un ».
    Et la « rétention n’est rien d’autre que le cas où s’atteste la dépendance du droit en général à l’égard du principe subjectif de la volonté ». Cette « volonté », qui par l’union des volontés de tous dans l’état de société et sa législation publique, bénéficiera en retour de son droit à la propriété.

    Bentham n’a pas raté l’affaire : « La propriété et la loi sont nés ensemble et mourront ensemble : avant les lois point de propriété, ôtez les lois toute propriété cesse ».
    Mirabeau non plus : « La loi seule constitue la propriété parce qu’il n’y a que la volonté politique qui puisse opérer la renonciation de tous et donner un titre commun, une garantie à la jouissance d’un seul ».
    Robespierre fait tout de même un petit écart dans sa déclaration des droits lue aux Jacobins le 21 avril 1793: « La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir de la portion de biens qui lui est garantie par la loi ». Petite ou grosse portion ? La question demeure…
    Stuart Mill est lyrique : « Si des hommes parviennent à fertiliser une terre, ils créent la propriété » à l’égal de l’indéboulonnable Locke « sur une terre occupée, par son travail chaque individu rend ce bien là son bien particulier, et le distingue de ce qui est commun à tous. » et peu importe ici ses arguties prothésistes du corps « propre » étendu à ses objets territoriaux.
    Jaurès ne s’y trompe pas : « La propriété foncière est mère d’inégalité et de brutalité »
    Ni Marx : « La propriété privée nous a rendus si stupides et si bornés qu’un objet est nôtre uniquement quand nous le possédons, quand il existe pour nous comme capital ou quand nous en disposons de manière immédiate – que nous le mangeons, le buvons, le portons sur notre corps, l’habitons, etc., bref que nous le consommons. »

    L’impossibilité d’une île à la More, tient à la pérennité des formes d’appropriation de la galette.

    10°18’15.35″N et 109°13’11.64″O
    L’atoll de Clipperton de 2 km² le plus isolé du monde, au large du Mexique côté Pacifique, découvert par des français en 1711 est nommé « île de la passion »… ils ne l’ont jamais habité.
    En 1858 la France fait état par publication officielle de sa possession, sans qu’aucun État ne vienne contester cette possession.
    Ce qui n’empêche pas des mexicains de 1897 à 1917 d’y séjourner et par cette occupation de tenter de se l’approprier…juridiquement.
    En vain car le droit international s’est installé, discrètement en 1899 à l’initiative d’une grande puissance d’alors, la Russie, avec la première conférence internationale de La Haye qui crée la « Cour Permanente d’Arbitrage » pour des arbitrages internationaux, des conciliations, et des commissions d’enquêtes dans des litiges entre États.
    C’est aussi à cette conférence de 1899 qu’on s’inquiéta de la façon de traiter les francs-tireurs ou partisans qui ne faisaient pas partie d’une armée régulière et étaient donc traités comme combattants illégaux. La clause de Martens en est issue. Les luttes armées des décolonisations, c’est-à-dire de réappropriation des sols dont les occupants avaient été spoliés, firent appel à cette clause de protection des illégaux (illégaux, du point de vue juridique dominant parce qu’établi… comme toujours).

    Après 1914/18 et la création de la SDN un nouvel organe juridique, la Cour Permanente de Justice Internationale voit le jour et va étudier le différend entre France et Mexique en 1931 à propos de l’île de Clipperton. La cour constate que l’île « était dans la situation juridique de « territorium nulli » et « qu’il est hors de doute que par un usage immémorial ayant force de loi juridique, outre l’animus occupandi, la prise de possession matérielle et non fictive est une condition nécessaire de l’occupation ». La Cour déclare en effet que « si un territoire, par le fait qu’il était totalement inhabité, est dès le premier moment où l’État occupant y fait son apparition, à la disposition absolue et incontestée de cet État, la prise de possession doit être considérée à partir de ce moment, comme accomplie et l’occupation est achevée par cela-même ». Le Mexique est débouté.
    Depuis l’adoption en 1982 de la Convention Internationale sur le droit de la mer prolongeant jusqu’à 200 miles la Zone Économique Exclusive (ZEE) l’îlot de 2 km2confère à la France le droit de contrôler et d’exploiter une zone de 435.612 km² (soit quasiment la surface de l’hexagone). Mais le pétrole semble absent…

    25°45’23.74″N 123°31’16.88″E
    Les Iles Senkaku ou Diaoyu, sont les mêmes îles selon qu’elles soient nommées en japonais ou en chinois. Dès la dynastie Ming on trouve des traces de nomination de ces îles jamais habitées par les chinois, considérées « terra nullius » du point de vue du droit occidental.
    Le gouvernement japonais annexe le royaume des îles de Ryūkyū (14ème–19ème S.) et y établit sa préfecture d’Okinawa en 1879. La Chine demande alors au Président Ulysse Grant (celui de la guerre de sécession) une médiation avec le Japon où il tranche en faveur du Japon. Les Iles Senkaku ou Diaoyu ne font pas partie du deal. Et en 1894 le Japon décide d’occuper ces îles, jusqu’alors inhabitées, après la guerre chino-japonaise.
    Une thèse récente
    http://ir.canterbury.ac.nz/bitstream/10092/4085/1/thesis_fulltext.pdf
    pose la question : « Can Western influenced law be applied in ancient East Asia? The question must be raised if it is “equitable” to apply Western-influenced methods to determine the ownership of the islands”
    « Est-ce que les lois occidentales influentes doivent être appliquées dans l’ancien extrême orient ? Est-il équitable d’appliquer les méthodes occidentales pour déterminer qui est propriétaire de ces îles. »
    Les USA ont occupé ces îles de 1944 à 1972, elles sont depuis occupées par les japonais et revendiquées et par Taïwan et par la RPC. À la suite d’un incident en septembre 2010 de réelles tensions existent entre RPC et Japon.
    La mer « de » Chine, ne signifie pas pour autant que le « de » de Chine est équi-valent au « de » de l’île « de » Bettencourt.

    5°24’56.69″S 53°17’52.59″E
    L’île d’Arros, une « terra nullius », aurait été achetée par sa nouvelle propriétaire – qu’on ne présente plus – au prince iranien Shahram Pahlavi-Nia (fils de la sœur du bien connu dernier Shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi) qui l’a lui-même acquise en 1975 auprès d’une famille locale de « premier plan ». Il était grand temps, les Seychelles deviennent indépendantes en 1976, et virent à l’inspiration socialiste en 1977.

    L’Amour change de lit et découche parfois. L’Oussouri aussi. En pleine révolution culturelle chinoise, de nouvelles îles apparaissent. Il existait 2 444 îles inhabitées donc « Terra Nullius », le long de l’Amour et des autres cours d’eau qui séparaient les territoires soviétiques et chinois. Un accord de partage existait. Seules les îles Yinlong et Heixiazi étaient pomme de discorde. Prétexte en 1969 à une guerre qui n’aura pas lieu. Par un accord le 15.10.2008 la Russie a remis à la RPC une moitié de l’une et l’entièreté de l’autre.

    Un célèbre promoteur de « Terra nullius » fut Rodrigo de Borja plus connu sous le nom d’Alexandre VI, un très riche Borgia, celui qui inspira le personnage du Prince à Machiavel. Un pape dont on a pu écrire qu’avec lui Rome, ne connaissait ni loi, ni divinité; au contraire de l’or, la violence et l’empire de Vénus. C’est sous sa coupe que fût partagé le Nouveau Monde par le Traité de Tordesillas en 1494.

    Dans ces affaires de droit de propriété, de partage de la galette, l’état-nation moderne est acteur comme personne morale publique. Celle-ci a ses représentants sous le masque de personnes physiques en liens avec d’autres personnes physiques elles mêmes représentantes de personnes morales mais de droit privé. Au plus sensible, un représentant d’un état-nation est confondu sous la même casquette avec un représentant d’une personne morale privée. On parle de conflit d’intérêts. De fait ces états-nations se comportent en propriétaires de parts de galette agissant pour le compte d’intérêts privés restés en coulisse sur la scène du monde.
    Derrière la supposée défense des intérêts publics de la nation, apparaît donc la défense des intérêts privés liée à l’accaparement et à la concentration de la richesse par une frange marginale de citoyens. Le marketing politicien, créateur de la mise en scène du spectacle politicien détourne la politique du statut acquis dans la République, c’est-à-dire le débat fondamental sur l’art et la manière de gouverner au profit de l’intérêt général.
    Les fils de l’information sont contrôlés pour diviser et régner sur le presque tous et l’opposer dans ces parties à lui-même, pour le seul intérêt des quelques uns.
    La vision internationaliste du partage de la galette dépassant ces modèles historiques des états-nations fait défaut. Les intérêts défendus par la majorité des élus ne sont plus corrélés à ceux de la majorité de ceux qui les ont élus. L’inflation du lobbying en témoigne, le hiatus est là.

    L’organisation juridique du monde n’est pas fondée sur l’intérêt général, mais sur celui d’un petit nombre de nations-états puissants économiquement, militairement et juridiquement, dont les têtes « pensantes » n’en font qu’à leur tête et pour leurs têtes, dans un espace international de collusion avec leurs semblables.

    Corsaires et flibustiers du capital surfent et écument sur l’océan numérique de l’arraisonnement de la valeur produite par le travail, pendant que les navires de guerre arraisonnent des bandes de crève-la-faim à la corne de l’Afrique, glaneurs des miettes de la galette.
    Le phare du capital éclaire l’opacité sans fard d’une planète qui dérive du far-west vers un far-earth.

    Du souffle, de l’esprit des Lumières, au profit de la lettre des Lumières, un tri est à faire.
    C’est pourquoi casser les verrous par une déLockealisation de la globalisation s’impose pour que la notion d’intérêt général, prenne la relève des intérêts particuliers fussent-ils présentés comme nationaux. L’après guerre n’aura été que la poursuite par le biais des ficelles juridiques et monétaires de la raison du plus fort, du plus riche, apprêtée juridiquement ; Bretton Woods, ONU, FMI, OMC, en témoignent, en étouffant la lettre des discours universalistes et internationalistes légués par les siècles précédents.

    Cet article est une tentative d’élucidation, un effet de la cause jorionesque manifestant répétitivement cet énigmatique :
    « On est vendredi », « On est vendredi », « On est vendredi », « On est vendredi »…
    Keskidi ?
    Qui ça « On » ?
    « On » est « Vendredi » ?
    « On » naît « Vendredi » ?
    Mézalors qui est Robinson ?

    Pour Defoe ou pour devrait… ?

    P.S. Pierre Thévenin a fait l’éclaireur dans ma chasse à la propriété, au lecteur de faire sa cueillette avec intérêts même s’il n’a pas prêté tout son capital d’attention.
    Voir ici : http://lodel.ehess.fr/cenj/docannexe.php?id=204
    Et là :
    http://www.europeanlegalcultures.eu/fileadmin/site_files/Boursiers/Pierre_Thevenin/Pierre_Th%C3%A9venin-Rome_septembre_2008.pdf

    1. Il n’y a pas une loi qui indique que si on peut prouver une occupation sur x années, on est reconnu propriétaire de fait?
      A qui appartient le Mont Blanc? A la France certes, mais à qui en particulier?

    2. @ Rosebud1871
      4 novembre 2010 à 23:13
      Bravo OrsonVarlin ! Une fois n’est pas coutume, je copie un texte de ce blog. Dans son meilleur côté, Foucault avait envisagé de s’atteler à une histoire du droit, il n’eut pas le temps. Je m’aperçois qu’en ayant moi-même écrit :

      (…) un mode de production, économique et politique, qui vit à crédit et se répand depuis le XVIIe siècle socialement, politiquement et géographiquement, avec pour constantes utiles, mais pas pour fondement, des techniques financières inventées au XIIe siècle. Le marteau ne fait ni le forgeron ni le fer.

      , il manque la fonction de l’encodage dont le droit est la pratique, et dont la fonction symbolique fait peut-être office de repère narcissique sur un registre collectif, à la manière d’un substitut de la religion. Il est bien entendu que cette fonction est seconde au « rapports de force » ou, mieux, « aux rapports sociaux de production » puisque, comme vous le dites :

      C’est dire si le discours du droit peut n’être que l’effet des rapports politiques qui l’instaurent pour l’asservir au profit d’un type d’orientation, quelle qu’en soit la conscience ou pas du serviteur juridique.

      , La question juive de Marx en parle déjà, mais peut-être peut-on mieux faire, à votre manière, aujourd’hui…

      Ce qui m’intéresse beaucoup dans votre contribution est la négation des spontanéités des corps propres (parmi lesquelles j’intègre la communauté, non seulement primitive, mais aussi ce qu’on nomme encore défensivement « la démocratie directe ») par le biais des registres positivistes de l’encodage. Ce d’autant que vous les liez à la dichotomie abstraite subjectivité/objectivité.

      A propos des vos

      fils de l’information

      et de

      l’île de France

      , je me permets de rendre public ce que les médias taisent : à savoir que quelque chose frétille encore du côté de trois incinérateurs de la banlieue parisienne (Vitry, Issy, Saint-Ouen).

    3. « L’été dernier, des explorateurs russes avaient planté un drapeau au fond de l’océan [ arctique], à plus de 4.000 mètres de profondeur, au terme d’une expédition symbolisant les velléités territoriales de Moscou sur l’Arctique.
      L’Afrique du Sud peut aussi planter son drapeau si elle veut. Cela n’y changera rien », a ironisé le chef de la diplomatie danoise, soulignant la nécessité de « respecter les accords internationaux existants ».

      Corsaires et flibustiers pas morts; ça promet de belles empoignades.

    4. Bonjour,

      Interessante retrospective juridique : oui, le droit est et n’est qu’un instrument : au profit de qui et de quoi l’instituer est une question nouvellement posée (nouvellement depuis la mort clinique du dominant américain 🙂 ).

      Cdt.,

    5. @ schizosophie 5 novembre 2010 à 09:00

      Pierre Thévenin m’a inspiré d’autant qu’il articule son propos à Foucault et sa thèse sur l’effacement des liens du droit positif au droit naturel m’a bluffé.
      Vous lisez ma « négation des spontanéités des corps propres » je crois que vous avez raison, parce que tout ce qui est « spontané » chez l’humain, me paraît la partie visible d’un iceberg extrêmement complexe. Sur le rapport droit/religion il y a des transferts c’est clair, la fiction d’une trinité c’est Nation/Peuple/État (l’ordre de l’énumération peut sauter avec une présentation borroméenne !) mais rien de saint là dedans. De sain, c’est en pourparlers.
      Ni philosophe, ni juriste, je joue du franc-tireur artisan-bricoleur.

    6. HP 5 novembre 2010 à 01:06
      De but en blanc, le Mont-Blanc est sans doute une res communis, une chose commune, par contre tout ce qui est à ses pieds et qui profite de l’or blanc ne l’est pas. J’ai le souvenir que le Maire de Chamonix avait dû protéger les travailleurs de sa commune qui n’arrivaient plus ni à louer ni à acheter à proximité de leur emploi.

    7. @ VB 5 novembre 2010 à 18:03
      Houlala, merci, vous prenez des couleurs depuis quelques semaines. « Le droit instrument au profit de qui et de quoi l’instituer est une question nouvellement posée » Ben pour ce qui me concerne j’avais appris ça à 19 ans avec le manifeste des 343 salopes. Par contre je découvre le droit depuis 2006 suite à l’intervention du gouvernement dans les histoires de psychothérapeute, et ça produit le même effet que lorsque j’ai découvert l’importance du langage. C’est un monde à découvrir !

  24. HARD ROC 5 novembre 2010 à 15:14
    Sur le même site canadien, il y avait eu un article sur le passage du nord-ouest qui raccourcirait les échanges avec l’Asie. Moins de banquise=plus de commerce. Droits de passage plus light qu’à Panama. L’antarctique reste calme pour le moment, mais des métaux précieux sont sous la glace…suffira de se mettre d’accord pour changer les règles.

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