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135 réflexions sur « LES REVOLTES DU MONDE ARABE, par Guillaume Lapeyre »

  1. « Un chaos qui serait certainement contagieux, bien que les conséquences pour le reste du monde puissent être plus économiques que politiques : l’économie mondiale ne supporterait pas actuellement un nouveau « choc pétrolier ». »
    Voila la phrase qui mérite un développement dans votre analyse.
    Dans le chaos tout devient possible – La situation est excellente!

    1. Alors, je maintiens que l’économie mondiale ne supporterait pas un choc pétrolier (hausse vertigineuse des prix, ralentissement massif des productions…); la ri-lance ne ferait plus rire personne…
      Pour autant je suis totalement d’accord avec vous: « dans le chaos tous devient possible ». L’occident est outré (à juste titre) par la stratégie de terre brulé de Kadhafi, mais il est possible que le capitalisme (en premier lieu américain) réagisse comme lui dans une phase de chien enragé acculé.
      On le sait, la guerre est toujours une solution, il suffit de voir ce que la 2ème guerre mondiale a apporté aux états-unis: sortie du marasme économique post 29 et position de leader mondial.
      Je ne sous-entends pas que les U.S. vont comploter pour organiser une guerre qui par ses conséquences économiques permettrait de faire relativiser leur propre effondrement, je sous-entends que les facteurs d’instabilités dans la région nous mènent tout droit vers ce cas de figure.
      Les tensions historiques entre Israël et le reste du monde arabe risquent de rentrer dans une nouvelle phase: comme je l’écrivais, nous en reparlerons. Il est important de prendre en compte qu’en Égypte par exemple les rancœurs envers Moubarak ne sont pas sans liens avec sa politique étrangère, totalement désapprouvé par son peuple; ce qui n’est pas surprenant: c’est une diplomatie « américano-israélienne »…

  2. Toute proportion gardée s’entend, qui vole le plus la société productrice? Ben Ali et sa belle famille? Ou Wall-Street et Goldman & Sachs? (Madoff étant au trou) C’est kif kif.
    Il y a là une sorte d’égalité entre, d’une part, les potentats arabes regnant sur des sociétés entièrement dominées et cadenassées, et d’autre part Wall Street ce symbole-réalité, et des banques comme Goldman & Sachs, l’Olympe de la toute puissance de l’argent, sur toutes les autres instances étant implicitement à sont service.
    Quand on voit il y a deux ou trois jours un reprotage tunisien dans un des logements de Ben Ali (sans doute le palais présidentiel) où des coffres forts dissimulés en fausses bibliothèques, d’autres coffres forts en formes d’armoires et de placards, tous truffés et débordants de coupures, liasses de billets, cartons innombrables remplis de billets de banques, devises, écrins de bijoux sans prix et de pierres précieuses brillantes à faire cligner des yeux. Une caverne d’Ali Baba, alias Ben Ali, qui est seulement une partie visible de tout les autres actifs volés et détournés de la société tunisienne, de la société productrice et qui comme toutes les autres sociétés du monde n’a pas d’autres moyens pour vivre et ses maîtres féodaux, pourtant chéris des plus grands démocrates Occidentaux, les lui vole. Autrement dit Ben Ali et sa belle famille d’une part et Wall-Strett, Lloyd Blankfein et Ben Bernanke d’autre part: même combat !!…

    C’est une sorte de constat d’égalité de comportement (sauf qu’on aimerait bien voir s’enfuir ou plutôt être arrêtés et Jugés les gens de Wall-Street, de la FED, de Goldman & Sachs et consorts. Ben Ali et consorts (très nombreux) montrent de façon archaïque et embryonnaire le fonctionnement financier du monde contemporain. Si l’on voyait matériellement, à l’image du contenu des coffres de Ben Ali, les montagnes d’argents soustraites à la société bien plus subtilement par le système financier actuel qu’a la façon de Ben Ali, et si les gens connaissaient le fonctionnement des banques, il y aurait la révolution demain matin disait Henri Ford.

    Effectivement, les problématiques sont différentes dans le monde occidental et dans le monde arabo-musulman. Dans les pays arabo-musulmans ils ont fait sauter la chappe de plomb parce que après tant de décennies d’écrasement, ils ne pouvait plus ne pas voir la réalité. Dans les pays occidentaux, nous n’avons pas la même attitude parce que la violence n’a pas du tout le visage de la violence, mais les visages des bourgeois tranquilles et des classes en col blanc qui s’interposent car bénéficiant de la rente.

    Qui va chercher à s’emparer de la rente maintenant?
    Mais dire ceci est d’une bêtise abyssale! Ça ne change absolument rien, révolution ou pas, et relève de l’aveuglement certain, et même entretenu des rapports que nous avons, nous la société dans son ensemble, avec le monde financier, des rapports qui sont au niveau de l’école maternelle…
    Et c’est bien dans ce fonctionnement financier inique que les sources des détériorations inéluctables des rapports entre les hommes se trouvent avec leurs révoltes sans suite ou presque, et leurs révolutions sans lucidité, les guerres, y compris après Hiroshima, et d’autres désordres majeurs.

    Il y a, je crois, un modeste programme scolaire en primaire d’instruction civique. Pourquoi n’y a-t-il aucun programme de rudiments de base à ce niveau sur la nature et le rôle de la monnaie? La momnnaie concerne chacun et chacune d’entre nous sans exception, tous les jours sans exception. La moitié de l’humanité au moins dort mal la nuit à cause de « problèmes d’argent » et c’est l’ignorance crasse sur l’argent et la monnaie même dans l’instruction publique. Qui est donc de mèche avec cette situation?

    1. Oui Rumbo, il nous faut soulever le couvercle de la marmite capitaliste tenue par les spéculateurs, alors que nous nous étripons dans la marmite pour des drapeaux et des partis.

    2. Très bonne comparaison. Je crois que c’est Shakespeare dans une de ses pièces qui disait en parlant des peuples : » des aveugles guidés par des fous  » , aujourd’hui nous sommes plutôt des aveugles manipulés par des truands.

    3. Tout à fait d’accord avec l’ensemble de vos remarques.
      Mais n’oublions surtout pas que ce blog reste un asile de lucidité dans un monde qui s’est profondément perdu: la plupart de nos concitoyens ne sont toujours pas en mesure de mettre le droit sur les sources majeures de nos maux. (ou alors avec un déficit du sens des nuances perceptible dans des remarques du type: le problèmes c’est les banksters, l’argent, la mondialisation…). cela n’est pas vrai que chez nous …
      Je pense comme vous que les solutions à trouver reposeront sur une meilleur culture citoyenne, je ne parle ni de culture professionnelle, ni de culture générale, ni d’un mélange des deux… Il nous faut réfléchir à ce qu’est ou devrait être la culture citoyenne.

  3. Un proverbe arabe dit « El ack youkal » : la vérité se dit et je pense que tout être humain n’a que l’envie de sortir d’un système où, qui que l’on soit ,où que l’on soit, l’on est dévalorisé (culturellement, ontologiquement, financièrement,etc ) système dans lequel nous évoluons mondialement.

  4. Plus le temps passe, plus je suis scéptique face a ces révolutions spontanées acceptées et parfois encouragées par le grand frère américain. Un des héros en Egypte était le responsable Google pour la région Afrique du nord moyen orient. Je pense plutôt à une transition de dictatures apparentes vers de dictatures sous apparence démocratique style européen ou le capital est roi. Peut être je divague…

    1. @ Gladiator
      Non, vous ne divaguez pas. Le risque est réel, cette solution reste la plus probable, tant que NOUS n’aurons pas changé le système.
      L’arrêt de la spéculation sur les fluctuations de prix sera la première étape, car cette simple revendication aura permis à beaucoup de comprendre le fonctionnement de ce système. En ouvrant les yeux, les citoyens se rendront compte de ce qui se passe réellement.
      Soutenons donc ce blog et tous les politiques qui reprennent la proposition de Paul. Une fois mis en route, nous « créerons le chemin en marchant » comme dit le proverbe espagnol, forts de la réflexion à laquelle le blog nous invite.

      … et n’oublions pas d’enregistrer les contributions et commentaires importants sur un disque dur externe. LOPPSI nous guette.

    2. Souhaitons que les hauts dignitaires des pays arabes qui ont si souvent alimentés nos contes et légendes pour enfants des temps passés, avant les dictatures installés par l’occident soient encore en vies…Il doit bien rester quelques Frères musulmans du temps jadis prêts à reprendre les rênes du pouvoir et instaurer un islam démocrate autant que faire ce peut enfin identique à notre clergé pour remettre un peu de soulagement aux peuples des pays arabes sans que les occidentaux y mettent leur grain de sel.

    3. Il ne me semble pas que les pays en révolte étaient fermés au capitalisme. Au contraire ils étaient plutôt des alliés fidèles, si on met le cas Lybien à part, des Etats-Unis. Je pense plutôt que ces derniers essaient dans l’urgence d’accompagner les mouvements révolutionnaires dans un sens qui ne nuisent pas à leurs intérêts. Reste à savoir s’ils en ont encore les possibilités. Il y a bien entendu également la question israélienne dont curieusement on ne parle pas beaucoup en ce moment. Je crois pourtant que les stratèges de Tsahal doivent avoir un peu les nerfs à fleur de peau en ce moment…

      Je ne suis vraiment pas sûr que l’occident néolibéral ait un grand intérêt à l’instabilité d’une région qui posait déjà un nombre considérable de problèmes, parfois fabriqués par les américains eux-même comme en Irak. Imaginez que l’Arabie Saoudite bascule à son tour. L’économie chancelante ne se remettrait pas du choc pétrolier induit et le système en mourrait définitivement (disons que les machines à respiration artificielle ne pourraient même plus fonctionner)

      En revanche, si l’occident paraît un peu désemparé et surpris par la situation en Afrique du Nord, il est bien entendu prématuré de dire que les révolutions arabes conduiront à un autre système, ne serait-ce que localement.. A titre personnel, si je vois bien entendu d’un bon oeil la chute de dictateurs, je n’ai pour le moment aucune raison de me réjouir d’un point de vue systémique. La seule chose qui paraisse à peu près sûre, c’est qu’il va y avoir de gros soubresauts dans le monde dans les temps qui viennent…

    4. En considérant le moyen orient comme principal réservoir énergétique à haut rendement bon marché, véritable carburant de l’économie mondiale, j’ose aller plus loin en me demandant si ces révoltes, ces renversements politiques, ne sont pas un minimum manipulés. Loin de moi l’idée de remettre en question la spoliation, souffrance, ou simplement une initiative populaire, mais J’ai du mal à imaginer des dizaines de milliers de personnes se révolter sans un minimum de coordination. Coordination prise en main par certains acteurs, dont un des rôles aurait été de créer une petite étincelle au bon moment. Ce qui amène une éventuelle question; qui est derrière tout cela, et dans quel but ?

    5. A Gladiator,
      je divague alors comme vous…

      A Idle et Nicks,
      Tout à fait d’accord avec vous

      A Lnox,

      « j’ose aller plus loin en me demandant si ces révoltes, ces renversements politiques, ne sont pas un minimum manipulés. Loin de moi l’idée de remettre en question la spoliation, souffrance, ou simplement une initiative populaire, mais J’ai du mal à imaginer des dizaines de milliers de personnes se révolter sans un minimum de coordination. Coordination prise en main par certains acteurs, dont un des rôles aurait été de créer une petite étincelle au bon moment. Ce qui amène une éventuelle question; qui est derrière tout cela, et dans quel but ? »

      Quelques points sont effectivement troublant, dans le cas Tunisien il est évident que ce n’est pas tant le peuple (qui n’a pas besoin d’organisations pour se plaindre) que l’armée qui à chasser Ben Ali!
      Alors, à qui obéissait l’armée, au peuple ou à son allié américain (car l’ensemble de l’état major à été formé aux U.S.)?
      Et que penser de l’attaque cérébrale qui à foudroyé le paria Ben Ali moins d’une semaine après la contestation?
      il est certain que l’occident gagne à imaginer et à faire croire que la particularité de la dynamique tunisienne peut illustrer les événements de tous les autres pays. De ce point de vue l’assurance que le peuple tunisien (l’un des plus occidentalisé) montre la voie de mouvement démocratique pacifiste ne pouvait s’encombrer d’un dictateur résistant…

      Des points troublants s’explique facilement par « un complot », seulement la réalité est plus complexe. Que la chute de Ben Ali est été aidé c’est une chose, que des individus puissent contrôler les événements en est une autre.
      « qui est derrière tout cela »: L’Histoire bien plus que le présent, des morts bien plus que des vivants. « dans quel but »: ben justement l’Histoire n’est pas encore écrite…

    6. avec la fin de la modernité, le monde prémoderne ressurgit. dantèsque. eschatologique.

      quel honneur d’en être les témoins privilégiés. et les auteurs.

      à nous d’écrire l’avenir.

    7. La Lybie est un des pays les plus prospères de cette zone « Arabo-persique », avec une population autour de 6,5 millions d’habitants et un PNB d’environ 12000€/hbt. Quand on sait que l’Occident souffre d’un problème de trésorerie actuellement, on est en plein face à face de deux représentations économiques qui claironnent à l’opposée l’une de l’autre, et avec un model capitaliste asthmatique qui semble s’achever de lui-même.
      Un soulèvement aussi imposant et massif des populations Arabes qui ont un fonctionnement interne tout à fait spécifique, à savoir qu’elles peuvent subir le dictat d’un des leurs mais ne tolèrent en aucun cas l’ingérence des autres pays, apparait réellement instructif.
      Ainsi, une partie de la réponse est sous nos yeux, mais quels sont les réels enjeux, les rouages, et enfin qui donne le rythme à cette marche du monde Arabe qui se relève après un si long sommeil?
      Lorsqu’on remonte la chronologie ne serait-ce seulement un an plus haut, on est surpris de découvrir que les pays Arabes ont exprimé leur crainte de la montée de la position Iranienne. La relation américaine devenant en effet plus « friendly » avec ce protagoniste quasi spectrale qu’est l’Iran (à savoir qu’aux US, l’Iran est un des sujets à problème les plus relatés dans les journaux), les pays Arabes ont exprimé leur surprise d’un tel rapprochement. Avançant dans l’illusion soudaine,
      la puissance Américaine finissait vraisemblablement par se prendre le pieds dans cette amitié excentrique. Il est avéré que les peuples Arabes bénéficient d’un soutien monétaire américain en investissements privés et dans l’aide publique, qui ne doit, de fait, pas se priver d’assurer les arrières en terme de sécurité : dans cette logique, les conclusions tirées des projections sur retour de chiffre d’affaire semblent suffisantes pour le justifier donc (voir les chiffres parus dans les Échos jeudi dernier absolument édifiants.) Mais encore une fois, il semblerait que les pays Arabes comme l’Egypte ou l’Arabie Saoudite, mais également le Maroc n’auraient pas apprécié cette tentative d’amitié spontanée irano-américaine. A noter également que les pays Arabes dans ce soulèvement historique ne recherchent absolument pas de model ni américain ni européen, (à l’opposée totale de l’image connue en occident des US comme leader charismatique)
      Les pays Arabes ont un model économique et sociologique propre dans lequel ils croient, et qui jusqu’à présent avait fait les grandes heures des échanges intracommunautaires (par exemple, la question du taux d’intérêt sur emprunt est totalement différente au model capitaliste)
      Toutes les hypothèses sont possibles donc sur les protagonistes principaux comme « maître du jeu » des évènements, et dans ce sens, une action conjointe des pays Arabes qui règlent leurs comptes entre eux contre un jeu économique qui ne leur convient plus est également possible. Les positions soudaines, révolutionnaires et pacifistes des uns ou des autres donnent clairement à voir que les US et l’Europe naviguent à vue à l’heure actuelle et basent toute leur avancée sur la stratégie diplomatique (A vue d’œil sur le net, les informations sont les mêmes sur tous les médias orientaux et occidentaux.) De plus, rappelons que l’Egypte et la Tunisie connaissent une situation diplomatique des plus tendues avec la Lybie, mais qui a allumé le feu qui ravive le creuset ? Cela reste à définir mais tous les pays Arabes auront une position et un mot à dire, Jordanie, Syrie, Algérie… etc. Tous vrombissent et se font la voix. Reste aux occidentaux de minimiser la casse… pour eux qui ont investi comme dans un trésor sans fond au détriment des populations locales, et en érigeant une image des plus douteuses de ces régions…
      Le marché Arabe s’ouvre, c’est historique et les rouages à plusieurs niveaux, également socio-anthropologiques ou culturels vont sauter. Ce model spécifique servait essentiellement l’intérêt des puissances occidentales qui le maintenait à couvert pour le plus grand bonheur du retour sur cash.
      Pour finir, le conflit Israelo-Palestinien qui est sous-jacent à toute cette effervescence va sans nul doute évoluer de façon spectaculaire, car en effet, si le point de pression n’est plus utile pour mettre en accord deux modèles économiques différents, pourquoi devrait-il se poursuivre ?

  5. Article passionnant qui me permet de comprendre plus clairement une vague idée intuitive construite sur l’analogie d’une personne qui modifie fondamentalement de façon de vivre, par exemple l’arrêt d’une dépendance. Les autres dans le groupe (famille, amis) n’ont pas d’autres choix que de changer aussi. Positivement, négativement.
    Quelle époque!

  6. Merci pour ce point de vue .
    J’aimerai en apporter un autre qui recherche les origines de ces bouleversement dans un délitement induit par une rupture structurelle . La dynamique centralisatrice_mondialisation en serait la cause.
    Je m’appuie sur des indices forts : les « marques  » de l’agressivité structurante des groupes , qui , de tout temps etaient « locales » , géographiques (entre village , entre région ,entre pays ) se sont déportés au niveau « temporel » : générationnelles .
    Ces marqueurs agressifs inclusif et exclusif , permettant de se reconnaitre et de marquer le territoire et de se démarquer des « autres » sont culturels ; vetements , coiffes , parler , accent chansons , musiques , mode de vie ……
    Il est évident que la modernité récente nous apporte un « don » d’ ubiquité qui nous permets d’ignorer les distances .Cette transition inouie ds l’histoire de l’humanité pose problème , car si , durant des millions d’années , nous avons lors de l’homminidation réussi a difficilement controler l’agressivité entre groupes locaux par des rites et des règles longuement rodées , cette agressivité « virtuelle » , non localisée , diffuse , entre générations est nouvelle , non historique et ce « délitement » n’a pas de DTU d’essais a moyen ou long terme .

  7. Analyse très juste d’un bout à l’autre, je doute seulement que l’Arabie Saoudite soit le pays « le plus influent dans le monde arabe (…) par ses réseaux, ses capacités de financement et sa posture de lutte contre l’impérialisme. » : n’est-ce pas contradictoire avec le fait que les révoltes actuelles, n’étant pas dirigées contre l’impérialisme (d’origine occidentale) mais contre les dictatures locales, n’ont que faire de cette « posture de lutte contre l’impérialisme » ? Voir dans l’Arabie Saoudite le pays le plus influent me semble faire rentrer par la fenêtre cet « extrémisme islamiste » fantasmé par l’Occident.

    La grande question que posent ces révoltes, est bien sûr de savoir ce qui va en sortir. Difficile à prévoir, on peut seulement parier que la religion musulmane ne sera plus diabolisée.

    1. « je doute seulement que l’Arabie Saoudite soit le pays « le plus influent dans le monde arabe (…) par ses réseaux, ses capacités de financement et sa posture de lutte contre l’impérialisme. » : n’est-ce pas contradictoire avec le fait que les révoltes actuelles, n’étant pas dirigées contre l’impérialisme (d’origine occidentale) mais contre les dictatures locales, n’ont que faire de cette « posture de lutte contre l’impérialisme » ?  »

      Vous avez raion ce n’est pas « le royaume d’Arabie Saoudite » en tant qu’Etat qui influence la région.
      Je vous propose une intervention passionnante d’Alain Chouet (ancien patron de la DGCE) sur le sujet qui résume parfaitement les nuances que mon article n’a pas préciser (et que vous avez raison de demander):

      http://www.dailymotion.com/video/xczd9v_al-qaida-n-existe-plus-dgse-alain-c_webcam

      « Voir dans l’Arabie Saoudite le pays le plus influent me semble faire rentrer par la fenêtre cet « extrémisme islamiste » fantasmé par l’Occident. »

      Attention de ne pas confondre « fantasme » et « amalgame ». L’erreur de l’occident n’est pas de « fantasmer » l’Islam, mais plutôt d’amalgamer des formes d’Islam (salafiste et wahhabiste par exemple) qui n’ont pas grand chose à voir tant sur les fondements théologiques que sur les applications politiques possibles.
      De cette erreur première résulte deux conséquences tragiques:
      – le syndrome du monstre sous le lit (la peur est proportionnelle à l’importance de l’inconnu et de l’incompréhension
      – le syndrome de l’aveuglement, fruit du premier: car évidement la simple lucidité nous amène à refuser la bêtise du « danger islamiste » globale). Le résultat est le refus de voir le danger d’UNE forme d’Islam totalitaire, minoritaire mais en pleine expansion.

      « on peut seulement parier que la religion musulmane ne sera plus diabolisée »

      Ce serait le cas si les peuples arabes choisissent majoritairement la voie occidentale, dans un autre cas de figure, j’en doute…

  8. Superbe réflexion, sans doute un peu pessimiste…le développement humain de la démocratie libérale aurait atteint son point culminant…

    Sommes nous certains qu’à un moment de l’histoire il n’y ait pas eu un incident dans la suite logique, je m’explique :

    Lorsque la femme a voulu l’égalité avec l’homme, elle est venue se mesurer à l’homme, travail, responsabilité.

    Le résultat des femmes qui assument tout, qui en vivent mal, une société en déliquescence et qui perd ses repères et valeurs…

    Que faisaient les femmes en fait, éducation, lien entre les générations, un peu macho mais réel, lorsque le mâle rentrait, la femme était calme et détendue alors que maintenant elle est aussi speed que l’homme…

    Ce qui manquait finalement aux femmes, c’était un revenu qui lui donnait l’indépendance, pourquoi ne pas avoir alors donné l’égalité recherchée par les femmes uniquement sur le revenu en rémunérant la femme pour ce travail obscur d’éducation et de lien des générations qu’elles remplissaient…

    Vous me direz utopie, quoique, regardez on envisage de rémunérer les agriculteurs pour l’entretien de la nature, rien à voir avec la production, quand on voit la dégradation des liens de la famille, on se rend compte que quelque chose ne fonctionne plus…

    Alors pourquoi ne pas espérer que ces révolutions n’amèneront pas une idée nouvelle dans le respect de l’autre, et si ces actions collectives débouchaient sur une société réellement à l’écoute de tous…

    Voilà mon espoir même si je suis convaincu que ces pays n’ont pas développé de réseaux de réflexions, reste qu’aujourd’hui il y a le net et les blogs qui peuvent relier les hommes…

    Et si après tout, la révolution du net associée à la révolution du jasmin débouchait sur une nouvelle forme de société…

    Rêvons un peu, le soleil est entré dans la main il y a 10 minutes…

    1. J’aime beaucoup votre interprétation du futur possible…D’ailleurs le premier rôle économique de la femme est de faire des enfants dans la plus grande harmonie possible…Cela induit à une nouvelle réflexion sur le rôle de la femme dans le bon fonctionnement de l’éducation des enfants et un suivi sérieux et pertinent dans l’élaboration du projet de mettre un enfant au monde dans l’amour et la sérénité.

    2. Rémunérer les femmes pour leur travail domestique, à l’heure? Comme une domestique, à qui on peut, puisqu’on les paye, donner des ordres? Et c’est leur mari qui surveille la pointeuse? Je doute que ce soit la sorte d’égalité qu’elles souhaitent…
      Il serait bien plus intéressant de leur demander de gérer la société en général, ce qui devient possible une fois abandonné le principe de concurrence par l’agressivité et d’amélioration de la productivité comme principe de société.

    3. HP : quelle réduction de ma pensée.

      – vous connaissez mal les femmes pour parler ainsi, elles ont une vision collective de la société, diriger elles le font par obligation, pas par philosophie

      – tiens donc c’est vous qui gérer le cordon de votre couple, quant au travail domestique, cuisine, décoration, ménage, pour le faire car vivant seul, je peux vous dire que ce sont des tâches qui demandant bcp de technicité, de temps, quid des parents âgés, du suivi des enfants …. être femme demande bpc d’abnégation …

      – si l’on compte, les crèches, les maisons de retraites, le déficit d’éducation des enfants, l’embonpoint, l’énervement du monde, la surcharge des femmes, actuellement celle qui travaille fait facilement 15 heures par jour…

      En conclusion vous n’avez pas l’esprit suffisamment ouvert pour comprendre combien la crise actuelle va demander des efforts intellectuels pour trouver des solutions, reste à voir l’arrivée probables de centaines de milliers de nord africains dans les semaines qui viennent pour se dire, que notre civilisation est bien mal en point et qu’il va sérieusement falloir se creuser les méninges pour parvenir à un début de stabilisation…

      Dites moi en quoi ce serait mal de voir nos enfants ne pas régresser dans le classement des nations, combien il est douloureux de voir notre vieillesse entre 4 murs, combien il est dur de voir ce délitement de la société…. le coût de tout cela est incommensurable…

      Ce que l’homme et la femme souhaite avant tout, c’est la liberté de choisir sa vie, c’est la raison des révolutions actuelles, la femme avait auparavant ce soucis de ne pas être libre de sa vie, c’est la contraception et l’autonomie financière qui leur a permis de devenir libre, sauf que lorsque l’on voit la femme faire 2 journées en une, je me demande si venir faire comme l’homme a été un bon choix…et s’il n’y avait pas une meilleure idée !!!!

      Comme l’interdiction des paris, c’est le résultat d’une réflexion sur la casino actuel de la finance, le mal de vivre de notre société est patent, je ne pense pas personnellement que passer ses journées dans les centres commerciaux nous sera d’un grand secours pour retrouver la joie de vivre et avoir confiance en l’avenir…

      Nous vivons mal, ce n’est pas parce que nous aurons plus d’argent que nous serons plus heureux …

    4. @Bourdon,

      tiens donc c’est vous qui gérer le cordon de votre couple, quant au travail domestique, cuisine, décoration, ménage, pour le faire car vivant seul, je peux vous dire que ce sont des tâches qui demandant bcp de technicité, de temps, quid des parents âgés, du suivi des enfants …. être femme demande bpc d’abnégation …

      Vous avez une conception plutôt anachronique du partage des taches entre la femme et l’homme. Si je vous comprend bien la femme doit s’occuper du travail domestique, la cuisine, la décoration, le ménage, des parents âgés, du suivi des enfants, et l’homme non?

    5. > Bourdon
      Je m’aperçois que ma réponse était un poil agressive, mes excuses.

      J’ai bien dit « gérer » pas « diriger », qui implique une déploiement d’autorité, gérer étant plutôt une question de bon sens et de consensus.
      Ceci dans le cadre d’une société en décroissance, ayant perdu par force toute possibilité d’expansion, donc sans nécessité d’agression pour la conquête de nouveaux territoires, trait particulièrement masculin, il me semble.

      La double journée des femmes est le prix de leur autonomie, il est lourd dans le cadre d’un travail extérieur + travail domestique, c’est ce cadre qui n’est pas bon. Un couple n’est pas fait pour travailler chacun à l’extérieur, l’équilibre est bon quand l’homme, physiquement + fort, fait préférentiellement les tâches lourdes qu’une femme ne pourrait pas accomplir et à l’extérieur, et la femme les tâches domestiques, chacun selon ses possibilités.
      Tout dépend ensuite de la façon de valoriser chaque tâche. Torcher les enfants est tout aussi indispensable que monter un mur de brique ou savoir couper un arbre. L’erreur est de valoriser le travail masculin en terme d’argent, de revenu. Tenter de salarier les femmes pour leur travail domestique serait une erreur, celle de les considérer comme un moyen de production dans un cadre concurrentiel, ça ne me paraît pas souhaitable.

    6. bourdon,

      je vous suis, la question des femmes est fondamentale. la société de consommation c’est la société des femmes.

      la consommation est une tendance féminine, même en l’homme c’est reconnu. la femme est donc le coeur du système, assez crûment je dirais qu’elle a tendance à vouloir un nid bien garni et douillet. la gloire et les honneurs l’ennuient plus facilement, les grandes épopées ce n’est pas leur ‘kiff’. elle ont encore du chemin à faire dans l’émancipation, notamment clarifier leur analyse du léger souci qui fait que si nous sommes esprit nous sommes aussi de chair, et la chair masculine est plus costaude. la gauche a dû avaler la pilule de la société de marché, il va falloir qu’elle passe par un peu de bon sens religieux sur ces questions.

      Messieurs, je crois sincèrement qu’il est temps que nos apprentis playmates retournent à leur place. zahia, c’est indécent, berlusconi idem. c’est néfaste pour le pacte républicain. j’ai ce sentiment qu’elles commencent à le comprendre d’elles-même, simplement il va falloir forcer les récalcitrantes à rallonger les jupes et baisser les talons, en d’autres termes. ce qui rejoint la question de l’espace publique et du voile.

      les anciens n’étaient pas si archaiques, ils savaient que l’homme est énergie et que cette énergie doit trouver ses expressions et ses destinations. la femme (très monolithiquement) en est une des principales. elle attire, elle est convoitée, c’est parfois un trésor de guerre. si elle attire trop, la balance énergétique est déséquilibrée et la société du ‘toujours plus’ (croissance) peut devenir réalité, l’hubris règne quand il nous faut une société raisonnée.

      Ce qui manquait finalement aux femmes, c’était un revenu qui lui donnait l’indépendance, pourquoi ne pas avoir alors donné l’égalité recherchée par les femmes uniquement sur le revenu en rémunérant la femme pour ce travail obscur d’éducation et de lien des générations qu’elles remplissaient…

      pourquoi ne pas verser une part du salaire d’un ménage où seulement l’un des deux travaille, sur le compte de celui qui reste à la maison? si demande est faite. un bon signal psychologique et unisexe. l’argent n’a pas d’odeur, mais il n’a pas de sexe non plus jusqu’à preuve du contraire.

      par contre votre vision des femmes me semble anachronique également.

      un épisode connu de l’histoire est cette fameuse ‘chasse aux sorcières’, en vérité des libres penseuses et des libertines, véritables dominatrices et succubes aux yeux des très sourcilleuses et fort peu éminence vaticanes.

      un jour peut-être sur ce blog devenu paritaire nous pourrions observer de savantes discussions sur la place de la sexualité dans le sentiment de révolte, et donc les révolutions. car c’est un moteur puissant. argent pouvoir sexe. la sexualité est par ailleur comme le crédit sous certains aspects actuellement, il faut y avoir accès. c’est donc un marqueur social puissant mais rarement discuté, surtout en terre catholique… comme nous pourrions discuter du rôle des transexuels dans une meilleure acceptation de l’homosexualité dans les sociétés occidentales et post-religieuses.

      personnellement je crois qu’être féministe aujourd’hui, c’est être pro-porno. rien n’a jamais autant fait évoluer les mentalités dans ces domaines. l’engouement est là pour le démontrer. et le sexe, même sans amour, c’est anti-violence. il nous faut contrôler la sexualité, la faciliter dans certains cadres sécurisés pour déniaiser en masse et à l’allemande. l’austérité et la rigueur allemande c’est exactement ça.

      quelle bonne nouvelle

    7. Chris.
      Cela n’aurait RIEN d’étonnant.

      Ta mémoire est trop courte pour te rappeler que les femmes sont inférieures dans toutes les religions de la planète.
      Rappelles-nous les dates des pays dit « évolués » qui ont permis le vote des femmes.

      Une personne soumise ou en complexe d’infériorité est le meilleur potentiel exploitable.
      Il y a les enfants, aussi…
      Notamment, jusqu’à une époque RECENTE, les gosses d’agriculteurs séchaient l’école pour aider aux champs…

  9. Quelques réflexions sur les soulèvements populaires dans le maghreb et l’Egypte :

    Il faut dissocier, pour pouvoir aboutir à une représentation cohérente de la signification des évènements en cours, les déterminations sociales et économiques qui ont poussé les masses déshéritées, les prolétaires et couches moyennes à se rebeller contre les gouvernements et régimes en place, et le processus d’intégration nécessaire des couches moyennes notamment à la communauté matérielle du capital en l’absence de crise profonde du capital et de soulèvement du prolétariat en occident à travers la reconstitution du Parti communiste :

    Quels sont les facteurs qui retardent la réalisation de la démocratie sociale, l’intégration à la communauté matérielle du capital des couches moyennes et de l’Etat :

    -L’Impérialisme et la tendance à l’exportation des problèmes de la zone Euro Nord américaine sur les zones émergentes ou encore en sous développement capitaliste chronique; en l’occurence les Etats Unis exportent leur problèmes en éméttant sur le marché des centaines de milliards de dollars, provocant de l’inflation dans les pays de la périphérie du capital, poussant à la spéculation sur les matières premières et les denrées alimentaire et faisant subir aux masses pauvres, ouvrières et couches moyennes une baisse de leur pouvoir d’achat;

    – La division du travail international (prolétaires en Afrique du Nord et consommateurs improductifs dans l aire euro nord américaine) tend à ralentir la création d’un marche interieur conséquent;

    – il faut dissocier les motivations des classes prolétariennes et populations paupérisées a affronter l Etat et la forme que cela prend : en l’absence d’un proletariat révolutionnaire dans l aire nord américaine et d’une crise économique suffisamment puissante dans l’aire Nord euro américaine, tout conflit social et politique a de fortes probabilités de rester cantonné à un cadre démocratique du capital, favorisant la restructuration et la rationalisation du capital avec des équipes plus jeunes de cadres correspondant mieux aux standards du management moderne du capital. Le capital doit se révolutionner sans cesse et doit permettre à l’Etat de jouer son role de régulation à travers la démocratie sociale pour pour pouvoir intégrer au maximum toutes les couches sociales au process de valorisation du capital;

    – La plupart des Etats d’Afrique du Nord, fonctionnant sur le mode clanique ou même ethnique pour certains pays d’Afrique noire, est un obstacle au développement capitaliste; ces pays souffrent d’un manque de développement capitaliste et en même temps du développement capitaliste, de la domination impériatliste et de la division internationale du travail.

    – Il est certain qu’avec la disparition du Parti mondial de la révolution après 1926, puis l’adhésion du prolétariat aux idéaux démocratiques et nationaux à travers la deuxième guerre mondiale, puis plus de cinquante ans de croissance économique quasiment inintérompue depuis cette période qui ont vu faire disparaitre la lutte de classe au sens marxiste, c’est à dire la tendance à se consituer en « classe et donc en parti communiste indépendant » nécessitera un bouleversement économique, sociale et politique dans l’aire euro nord américaine pour faire sortir les prolétariats des zones périphériques d’une ligne nationale, populaire et démocratique. Malheureusement les mouvements actuels ne sauraient être un maillon intermédiaire vers la révolution communiste mais plutôt une moyen de renforcement de la conservation sociale et de renouvellement d’illusions néfastes pour la classe ouvrière en l’absence de reprise révolutionnaire dans le coeur du capitalisme.

    1. J’adore cette prose qui distille sa certitude bordiguiste, il est bon de voir qu’il existe encore aux confins de notre monde un exemplaire d’une espèce quasi-disparue… Heureusement d’ailleurs qu’il soit ainsi, autrement peut-être serais-je déjà enfermé ou rééduqué pour manque de zèle dans mon devoir d’adoration du Guide…
      Ceci dit, au delà du style de rhétorique utilisée, vous vous enfermez dans une alternative creuse, dangereuse et (à mon avis) fausse:
      ou révolution communiste (forcément emmenée par un parti communiste avant gardiste et unique détenteur de la vérité, a priori le vôtre…) ou conservation sociale (quoi, il ne va pas y avoir des soviets partout et tout de suite…) et illusions néfastes ( le fait de pouvoir enfin s’exprimer à peu près librement sans être jeté dans un cachot ).
      Finalement, le fait que des enfants de huit ans ne soient plus obligés de travailler dans l’aire nord américaine, ce n’est pas le fruit de la lutte des classes, c’est la énième ruse de l’histoire pour entretenir et acheter le silence des masses prolétariennes du Nord au dépens de celles du Sud…
      S’il vous plait, restez dans votre tour d’ivoire, les peuples qui se lèvent actuellement au Moyen Orient n’ont pas besoin de vos lumières explicatives pour le faire.
      Les « révolutionnaires » ont toujours été surpris ( pour les plus lucides) de constater que les révolutions commencent toujours sans eux et sans qu’ils s’en rendent compte, est- ce seulement drôle ou cela a-t-il un sens?

    2. Le CNR d’après-guerre était composé de plusieurs tendances, dont des communistes. Ils n’ont pas imposés leur idées par une occupation militaire mais par consensus.
      Une révolution communiste n’est pas nécessaire, les communistes ne sont pas nécessaires non plus si les idées qu’ils portent sont, au moins en partie, celles du système politique. Le communisme est une réaction à une situation donnée et une grille d’analyse, moins on en aura besoin, c’est que mieux la société se porte. Pour le moment on en a de + en + besoin.
      De même pour l’écologie : elle n’aurait pas besoin d’exister comme mode de pensée politique si elle était intégrée naturellement dans le mode de vie, c’est une perturbation extérieure qui l’a faite émerger parce que devenue nécessaire.

  10. @ l’auteur
    merci pour cette analyse originale
    quelques remarques cependant :
    sur l’Asie d’abord: La Malaisie est un pays developpe et riche en ressource dont la population n’est ni pauvre ni sous traitante de la chine, quant-aux philippins effectivement exploites et misereux ils sont principalement chretien ( 4 siecles de colonisation Epagnole puis un siecle US)

    Concernant la chute des dictatures : ni en Tunisie ni en Egypte il n’y a eu de changement de regime seul le dictateur a ete lache par ses protecteurs et abandonne a la vindicte populaire
    Seule la Lybie dont le dictateur n’est pas pro-occidental risque une intervention de l’OTAN pour s’accaparer les richesses energetiques, cle de voute du capitalisme mondialise.

    1. « Il n’y a pas eu de changement de régime, seul le dictateur a été laché par ses protecteurs et abandonné à la vindicte populaire. »
      Le propre d’un mouvement populaire est d’être multiple et contradictoire, celui-ci est loin d’être terminé. La manifestation à Tunis hier était la plus importante depuis la chute de Ben Ali et le slogan le plus entendu réclamait le départ de Ghannouchi, suppôt de l’ancien régime et toujours premier ministre du gouvernement de transition…
      Affirmer péremptoirement « il n’y a pas eu de changement de régime » revient à avouer sa parfaite méconnaissance des processus historiques, il serait plus juste de dire « jusqu’à présent », ce qui ne signifie nullement non plus qu’il y en aura un…
      Entre la convocation des Etats Généraux et la proclamation de la Constitution de la 1ère République il s’est passé plus qu’un jour ou deux….
      Entre le 18 Juin 1940 et le 8 Mai 1945 il s’est passé un peu moins de 5 ans…
      Reparlons de tout ça dans quelques temps et nous pourrons affiner nos prévisions et nos certitudes anté-post évènementielles….

    2. « La Malaisie est un pays developpe et riche en ressource dont la population n’est ni pauvre ni sous traitante de la chine, quant-aux philippins effectivement exploites et misereux ils sont principalement chretien ( 4 siecles de colonisation Epagnole puis un siecle US) »

      C’est exacte, c’est une erreur importante de ma part.
      Les exemples choisis sont une très mauvaise illustration de ce que je voulais exprimé:

      Nous vivons dans un monde dont 50% de la population se partage 1% des richesses quand moins de 3% se partagent prés de la moitié des richesses.
      Si l’on remarque que la majeure partie des 3% est judéo- chrétienne (occidentale) et qu’une partie conséquente des 50% est musulmane, que devons nous penser d’un affrontement de type « occident VS tiers-monde »? Qu’il est d’origine religieuse ou qu’il s’inscrit dans des rapports de classes internationnaux?

      Les exemples choisis avaient pour but de montrer que un grand nombre des prolétaires dans la globalisation sont également musulman et c’est en cela qu’ils sont mauvais.
      Prenons plutôt le cas de l’inde: ce grand pays rentre de plein fer dans la globalisation (arcelor mittal, au hasard) mais on le sait avec des inégalités majeures.
      Les plus pauvres sont des hindous (accepté dans la logique séculière de caste) et l’ensemble de la minorité musulman (10% des musulmans de la planète quand même). Ce qui s’explique en grande partie par l’histoire du nationalisme indien à l’occasion de l’indépendance qui c’est faite sur le dos des musulmans; en réaction à la domination historique de la minorité musulmane de l’empire moghol sur la majorité hindou.

    3. @guillaume,

      une partie conséquente des 50% est musulmane

      oui, et une partie encore plus conséquente ne l’est pas, musulmane…

      un grand nombre des prolétaires dans la globalisation sont également musulman et c’est en cela qu’ils sont mauvais.

      Oui, et un grand nombre des prolétaires dans la globalisation ne sont pas musulmans.

      En fait, je ne sais pas vraiment ce que vous essayez de dire?

      On pourrait citer des pays comme Madagascar, Laos, Birmanie, Corée du Nord, Haïti, parmis les plus pauvres de la planête…aucun d’eux n’est à majorité musulmane.

      Quand à l’Inde, cela m’intéresserait de voir si les musulmans sont plus pauvres que les hindous?

    4. A chris06,

      Tout d’abord un point très important:

      « un grand nombre des prolétaires dans la globalisation sont également musulman et c’est en cela qu’ils sont mauvais. »

      Le « c’est en cela qu’ils sont mauvais. » fait évidement référence « aux exemples choisis » du début de la phrase, pas aux musulmans…

      Pour le reste, mon propos est juste de dire que la superpositions « islam » et « pauvreté et victime de l’impérialisme occidental » entraine des confusions. Pour ne prendre qu’un exemple, les pays dont les peuples brûlent régulièrement des drapeaux occidentaux, sont souvent et majoritairement musulmans, pourquoi? parce qu’ils sont justement musulman? je ne pense pas.

  11. Avec beaucoup de recul, ces soubresauts dans les pays arabes se ressentent comme une suite à la crise économique de 2008 qui a aggravé la situation de quantités de populations déjà très misérables. On peut imaginer que d’autres populations se soulèvent aussi dans d’autres régions du monde, révoltes qui ont déjà eu lieu, par exemple, révoltes d’ouvriers en Chine, au Bangladesh etc…Peut-être atteint-on la limite du supportable à un moment où Internet permet de se rendre compte des énormes disparités qui existent. La population du monde va atteindre les 7 milliards, est-ce vraiment possible de maintenir autant de monde dans la misère encore pour un temps très long ? Tous ces gens accepteront-ils d’attendre patiemment leur tour ou celui de leurs descendants ? A supposé qu’une amélioration puisse intervenir un jour dans les conditions où se trouve la planète ? Quand on perçoit sa vie comme sans perspectives et sans valeur, on n’a d’autant moins d’appréhension à la risquer, c’est un peu comme une digue qu’on croyait très solide qui commence à donner des signes de fissures. On sait bien qu’on peut difficilement lutter contre l’océan. ces signes sont inquiétants car ils pourraient bien être avant coureurs d’un chaos plus profond dont on se demande bien comment on sortirait puisqu’on ne dispose d’aucun modèle alternatif viable pour l’ensemble de la planète. La répression toujours possible a ses limites, on le voit en Libye. Donc, quel futur pour l’humanité dans son ensemble ?

  12. http://economicedge.blogspot.com/

    Un article intéressant de Nathan, hors sujet mais édifiant, sur le phénomène des « psyops » aux USA, et où il est également question de l’affaire de l’anthrax… le lobby pharmacologique aurait encore frappé. On y apprend que l’armée US était obligée de se faire vacciner contre l’anthrax, alors que pas un militaire jamais n’y avait été exposé sur le champ de bataille..

  13. Bonne analyse, Monsieur Lapeyre.

    Je ne connais pas trop les religions par leur intérieur, mais le fait que l’Islam n’ait pas de « guide spirituel » unique constitue à la fois une force et une faiblesse.

    Vous mettez bien le doigt sur le malaise qui va nous donner quelques ennuis :
    Le fait d’avoir exporté notre « modèle » en espérant que les différences entre pays pauvres et riches puissent perdurer est aberrant…
    Une aberration parallèle à celle-ci, d’ailleurs :
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110226trib000604368/ce-que-les-economistes-americains-refusent-de-voir.html

    1. « Le fait d’avoir exporté notre « modèle » en espérant que les différences entre pays pauvres et riches puissent perdurer est aberrant… »

      Les inégalités sont structurelles à notre modèle de développement, ce qui est surtout aberrant c’est d’avoir pensée que le cadre idéologique qui est le notre était universel. C’est toute la limite de l’individualisme méthodologique et de la croyance de l’être humain indéterminé.

  14. Il faut bien reconnaitre que la seule force à peu près cohérente qui s’oppose à la mondialisation néo-lib depuis 10 ans est l’Islam. La force de l’Islam est sa nature « spirituelle », pour le meilleur et pour le pire, qui place d’emblée le problème à ce niveau-là. Vu de l’occident on peut le regretter, ou le nier, mais c’est ainsi. Les 19 types qui ont écrasé les avions sur les deux tours du WTC n’étaient pas des damnés de la terre, ils étaient saoudiens sans problèmes de survie. Que presque personne n’est relevé ce fait ni engagé de réflexion quant au pourquoi ( à part le discours fanatiques-terroristes-lavés du cerveau..) démontre bien le niveau de détérioration spirituelle en Occident : après la grande vague 60-70′ et la faillite avant tout morale du communisme, il ne reste plus que des individus atomisés à la poursuite de leur seul intérêt et grands gestionnaires de leurs petites vies, vivants dans la peur et obsédés par la « sécurité ».
    Une civilisation qui a atteint ce degré d’aveuglement et de « dé-cohérence » est une civilisation condamnée, l’histoire est là pour prouver que la force « spirituelle », par là j’entends la force morale et de conviction, finit toujours par l’emporter, voir le Viet Nam ; Churchill savait ça, De Gaulle savait ça, n’importe quel officier lambda de la dernière armée du monde sait cela. Qu’on laisse ces pays en paix, même si ça choque nos convictions républicaines-laïques, et qu’on commence à faire le ménage chez nous.

    1. C’est c’la oui…
      Les discours néo-cons. ça vous dit rien, par hasard ? … Ceux cons tout court alors p’têt… Non plus ? Ben j’peux pu rien pour vous alors, désolé.

    2. La force « spirituelle », la force morale et de conviction….
      Oui effectivement c’est bien cela qui nous a donné Bush fils, les néoconservateurs supportés par les prêtres évangélistes nord américains, la conviction que les Etats Unis étaient la nouvelle terre promise, les guerres pour la démocratie selon la morale et les convictions de ces mêmes évangélistes.
      Quand j’entends parler de « force spirituelle », je me demande toujours la « force spirituelle » de qui?

    3. Ce qui, depuis beaucoup plus de dix ans, s’oppose à la mondialisation libérale, est le refoulé, c’est à dire le désir de révolution.
      Que le refoulé soit manipulé par les raconteurs d’histoire, est digne d’être examiné de près par les chercheurs de vérité.

  15. Votre ambition n’est pas mince de vouloir si vite entamer le tour d’événements en cours et ne faisant que débuter.

    Ceux-ci posent de nombreuses questions, que l’on peut au moins tenter de formuler, tout en permettant de premières remarques. A commencer par la révélation de leur soudaineté et la rapidité de leur propagation. Ainsi qu’à l’écho qu’ils suscitent, au-delà d’un monde arabe et musulman qui en est le foyer.

    Que peut-on observer? Que les contestataires (pour ne pas dire les révoltés, ou même les révolutionnaires) se proclament hors des clivages traditionnels qui ont contribué au système de domination dont ils réclament la chute. En refusant l’opposition entre les croyances religieuses ou entre sunnites et chiites, ou bien en scandant même « Lybie, une seule tribu ! ». Ils ne manifestent pas seulement ainsi leur unité – condition de leur victoire, comme les Algériens le montrent actuellement en ne parvenant pas à contrario à la trouver – mais leur volonté de connaître enfin une modernité qui leur était interdite.

    De quoi celle-ci sera faite est bien entendu une autre question, qui est loin d’être réglée. Le très récent écroulement du « socialisme » des pays de l’Est européen est-là pour montrer que l’avenir n’est pas toujours aussi rose que prévu, ni le capitalisme synonyme de progrès, de bien-être et même de liberté… L’Ouest était une vitrine d’autant plus tentante qu’elle était inaccessible et mythifiée.

    Mais ne fermons pas les portes alors qu’elles viennent à peine de s’entre-ouvrir  ! Ceux qui ont été témoins – ou même un peu plus – des luttes de libération nationales savent combien les lendemains ne chantent pas nécessairement une fois l’indépendance acquise. Faut-il en faire une règle une fois pour toute ?

    Il est frappant de constater l’universalité des aspirations qui sont en train de se manifester, dont il est assez secondaire de savoir qui peut, de l’Occident ou de l’Orient, en revendiquer la paternité. A tel point que le mouvement en cours, dans toute sa diversité, est devenu une référence, y compris aux Etats-Unis, dans le Wisconsin et l’Ohio… Il ne s’agit pas, en relevant cela, de spéculer sur une fort hypothétique jonction des luttes entre les dissidents chinois, les syndicalistes américains ou bien encore les étudiants de Sanaa, mais de leur accorder ce qu’elles ont en commun, qui est tout simplement la force qu’éprouvent ceux qui revendiquent quand ils se découvrent si nombreux (ou qu’ils souhaitent le devenir, pour les plus volontaires).

    Comment éviter de faire appel à la boule de cristal pour analyser une situation où tout se mélange ? En contemplant une émergence qui n’est donc pas seulement économique comme on la décrivait, et réservée à un nombre réduit de pays, mais qui renverse des régimes que l’on croyait inébranlables ? En ressentant l’étendue du sentiment d’être dans un cul-de-sac dans d’autres, où les mêmes oligarques qu’hier sont toujours en place sans que ne se lève l’étendard d’une révolte ? Ce qui se passe dans les premiers fait pour le moins contraste avec ce qui ne passe pas dans les autres et ne facilite pas la lecture de l’ensemble….

    La crise au sein de laquelle nous nous trouvons est double : elle est celle du capitalisme financier, qui cherche à reprendre son souffle sans y parvenir; elle résulte également de l’émergence de nouveaux rapports de force économiques et d’un basculement du monde. Mettant en cause des modèles de société ici, en faisant apparaître d’autres là.

    Cela ne fait que commencer, ne nous dépêchons pas de conclure. Les mises en cause sont profondes, même si leurs moteurs ne sont pas les mêmes.

    Mais, pour en revenir aux événements en cours et à la problématique d’un Islam faisant trembler un Occident réfugié dans sa chrétienté (au Nord de Poitiers), nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Non pas en raison de la nature nécessairement démocratique et égalitaire des sociétés qui vont en résulter, où seraient gommés tous les antagonismes sociaux, mais parce que le modèle d’un Etat islamique à l’iranienne (qui hante les têtes) ne va pas être reproduit. L’Iran n’est pas un modèle, non seulement parce que les Perses ne sont pas des Arabes (!), mais parce qu’il n’est pas dans les intentions de ceux qui aujourd’hui sont à demeure dans la rue de remplacer une dictature par une autre. Dans le cours du mouvement égyptien, on a entendu des manifestants de la place Tahrir souhaiter des échos en provenance de Téhéran.

    Dans l’immédiat, notre vision collective du monde arabe vient d’en prendre un coup, car il vient de se rapprocher du notre, européen. Celle des Israéliens également, qui vont devoir affronter en eux-mêmes cette profonde remise en cause, quand ils ne sont pas arabes.

    1. Bonne analyse.

      Pour ma part, je me serais régalé d’une guerre entre la religion théologique et celle financière, mais les incroyants de l’une et l’autre ne sont que 0,0003% de la population.

    2. François,

      « Votre ambition n’est pas mince de vouloir si vite entamer le tour d’événements en cours et ne faisant que débuter. »

      Vous remarquerez que l’essentiel de mon article traite de la lecture que nous avons et de ce que nous attendons (pour nous même dans le fond) de ces événements, plus que de quelques aventureuses conclusions sur les aboutissements potentiels. Le fait de remarquer que cette crise risque de rencontrer dans son déroulement avenir certains des déterminismes qui sont ceux de la mondialisation néolibérale du capitalisme ne me semble pas correspondre à une grande prise de risque.

      « Ils ne manifestent pas seulement ainsi leur unité – condition de leur victoire, comme les Algériens le montrent actuellement en ne parvenant pas à contrario à la trouver – mais leur volonté de connaître enfin une modernité qui leur était interdite. »

      « notre vision collective du monde arabe vient d’en prendre un coup, car il vient de se rapprocher du notre, européen »

      Je vois que pour votre part vous ne craignez pas de vous lancer dans cet exercice fort délicat 😉

    3. @ guillaume

      Ma remarque liminaire n’était en rien agressive ! Je ne me suis tout simplement pas reconnu dans aucune des deux lectures que vous analysez et dans le cadre d’analyse que vous avez ensuite développé.

      L’impressionnante dynamique qui a été enclenchée est porteuse de nouveaux affrontements et rebondissements. L’ensemble me semble difficilement pouvoir s’inscrire dans le choix entre « une orientation conforme à la globalisation capitaliste néo-libérale, et celle d’une orientation plus conforme aux traditions séculières de ces peuples. ».

    4. « Il est frappant de constater l’universalité des aspirations qui sont en train de se manifester… » : c’est bien ce qu’il me semble constater aussi. On le doit au fait que cette révolution est encore toute fraîche, encore chargée de toutes les potentialités imaginables, et encore fusionnelle, comme si les individus étaient ces fameuses « cellules souches » à l’origine de toutes les autres. On le doit aussi au fait que toute révolte contre une tyrannie n’est possible qu’au nom d’idéaux universels, car c’est exactement ce que la violence refoule.

    5. François,

      Je n’ai perçu aucune agressivité dans votre premiers message et si ma réponse vous a semblé, elle, agressive j’en suis confus car telle n’était pas mon intention.

      Que vous ne vous soyez pas reconnue dans les deux lectures que je considère comme dominantes et ethnocentrées (« c’est le début de la démocratisation à l’occidental dans le monde arabe » et « c’est le début de la contestation des dérives de la globalisation capitaliste ») est tout à fait possible, mais n’êtes vous pas d’accord pour remarquer que les reportages, les articles qui vont dans ce sens sont légions?

      « L’ensemble me semble difficilement pouvoir s’inscrire dans le choix entre « une orientation conforme à la globalisation capitaliste néo-libérale, et celle d’une orientation plus conforme aux traditions séculières de ces peuples. »

      Il y a un malentendu, je ne pense pas qu’un tel choix s’impose à ces peuples:
      – Je pense que de fortes influences géopolitiques et plus encore historique auront tendance à pousser sur le devant de la scène ces deux tendances -au delà de leur adhésion populaire- et que de penser que les peuples arabes sont réellement et totalement maitre de leur destiné est faux (c’est notre lot à tous cela dit).
      – cela étant je ne crois en l’avenir (à moyen terme) d’aucun de ces deux modèles (intimement lié l’un à l’autre, d’ailleurs) mais je pense que le projet politique de la globalisation bien qu’il connaisse d’infini résistances continuera de s’imposer, jouant des divisions que nous ne sommes pas prés de dépasser.

    6. Il était un temps où un marquis rallié à la nouvelle classe dominante écrivait : »Français, encore un effort pour être républicains. »

      Pour ma part, je suis tenté de dire : « François, encore un effort pour être révolutionnaire. »

    7. A François et Marlowe,

      Serait-ce une forme de concours? Lequel, celui du « plus » révolutionnaire?

      G. du Motier été surement plus républicain au coté de G. Washington qu’au coté de l’assemblé, mais au moins il avait un projet et des convictions. Le vrai drame de la période c’est pour moi des personnes comme G.J. Danton ou pire J.R. Hébert. Ils ont pris le pouvoir tour-à-tour pour en faire quoi? Danton pour s’enrichir et oublier qu’il était le dépositaire de la confiance d’une partie du peuple. Hébert pour devenir l’un des plus virulent architecte de la grande terreur.

      Cela étant, peut être avez-vous raison. Se ne sont pas des personnes pensant comme moi qui font tourner le monde…

  16. Pas d’accord avec vous, Mr Lapeyre.
    Si presque tous les africains et asiatiques souhaitent consommer à l’occidentale ce n’est pas forcément dans le cadre d’une société à l’américaine. Les sud-américains n’ont pas ce rêve, s’ils élisent des dirigeants de gauche c’est parce qu’ils ne connaissent que trop le capitalisme à l’américaine pour en avoir subit la violence.

    Le néo-lib ne peut s’implanter que dans des classes moyennes qui n’ont plus besoin de lutte des classes pour bien vivre, c’est un point essentiel. Hors d’Europe et dans une moindre mesure dans les pays émergents rapidement, il n’y a pas de classe moyenne, elle regroupe ceux qui ont obtenu suffisamment de garantie sur leur avenir personnel à long terme. En occident elle est en train d’être détruite mais les gens n’ont pas encore vraiment conscience qu’ils deviennent des prolétaires qui ont besoin de lutter.
    Les non-classes moyennes ont besoin d’une société solidaire pour survivre et si possible vivre. La solidarité peut être familiale, villageoise, clanique, ou nationale si elle est organisée par l’état. La solidarité étant une forme de dépendance, la recherche de l’émancipation est naturelle, mais la plupart des gens ont conscience de leur fragilité en restant isolé, et n’échangeraient pas la sécurité de la solidarité contre une émancipation sans biscuits.

    Je rejette aussi totalement le mythe de l’islam radical utilisant les révolutions pour s’installer là où existait un islam modéré. Le radicalisme est une réaction à l’occidentalisation forcée par l’occupant, au changement de mode de vie, c’est une maladie de l’islam, pas son état naturel.
    L’occupant pouvant être incarné par un potentat local imposant des règles étrangères à la tradition.
    Toutes les révolutions produisent leur lot d’extrémistes, qui parfois prennent le pouvoir, ils n’y restent en général pas longtemps, par définition l’extrémisme ne convient pas à la majorité.

    L’Iran n’est pas plus anti-occidental que n’importe qui, il est pour le moment occupé par des fascistes qui n’ont aucun respect pour la population et la matraquent tant et plus. Seuls ses dirigeants sont anti-occidentaux, selon l’héritage de la révolution. La révolution de ’79 était la réaction à l’implication de l’occident dans la politique intérieure de l’Iran, Khomeiny a focalisé le ressentiment, l’exaspération populaire. Exaspération qui continue de monter contre les dirigeants actuels et qui pourrait bien mener à une nouvelle révolution, mais certainement pas à une contre-révolution ramenant l’ancien shah (enfin ses descendants) sur le trône.
    Comme les tunisiens les iraniens sont des gens éduqués et religieux qui préfèreraient voir la religion à la mosquée et la politique au parlement.

    Le choc pétrolier aura lieu quand la production sera inférieure à la demande, on y est déjà mais on ne le voit pas parce que « la crise » masque la demande, et quand les puissances militaires que sont les E-U et la Chine exigeront d’être livrés, alors que nous ne pouvons pas payer, le producteur saura choisir. Pas besoin d’islam menaçant la croissance occidentale là-dedans.

    Si les révoltes arabes actuelles obéissent à des motivations assez différentes des nôtres et selon un processus différent, le résultat devrait être le même en Europe : l’exaspération des électeurs envers un système politique qui ne leur convient plus et les effraye par sa fuite en avant anti-démocratique actuelle et sa dureté conduira à des changements très profonds de la société. Des ruptures de cadre. Changement violents ou pas, je ne sais pas, la violence est probablement indispensable, mais sans forcément faire couler le sang.
    Le Portugal est un cas d’école de révolution sans victimes.

    1. Vous me mettez dans une drôle de situation: vous n’êtes pas d’accord avec moi, mais moi je suis d’accord avec l’ensemble de vos remarques, sans pour autant changer de point de vue…

      Il me semble que les anatgonismes ne sont lié qu’à des problèmes d’expression.

      Pour le cas de l’Iran « anti-occidental » par exemple vous constaterez que j’ai écrit « l’Iran » donc l’Etat et ses dirigeants, et non pas « les Iraniens »…

      « ce n’est pas forcément dans le cadre d’une société à l’américaine »
      je remarque juste qu’une partie de la population -minoritaire je le précise dans l’article- rêve de ce modèle, comme c’est la cas également en Amérique latine, en Asie… Ce qui est important à comprendre c’est que ces minorités auront toujours le soutien inconditionnel des puissances occidentales.

      « Le radicalisme est une réaction à l’occidentalisation forcée par l’occupant, au changement de mode de vie, c’est une maladie de l’islam, pas son état naturel » N’est ce pas ce que j’ai écrit ?
      Il faut quant même prendre en compte qu’il correspond aussi à des conflits interne de prise de pouvoir.

    2. A HP,
      « Content que nous soyons d’accord » : Il me semble du moins 😉

      « Si presque tous les africains et asiatiques souhaitent consommer à l’occidentale ce n’est pas forcément dans le cadre d’une société à l’américaine. »

      Certes mais il faut trouver une alternative plausible, nous sommes nous même confronté à un tel défis et on le voit, ce n’est pas une petite affaire… Mais je suis d’accord

      « Les sud-américains n’ont pas ce rêve, s’ils élisent des dirigeants de gauche c’est parce qu’ils ne connaissent que trop le capitalisme à l’américaine pour en avoir subit la violence. »

      Vous remarquerez que même en Amérique du Sud des minorités qui ont ce rêve existent, elles ont posés bien des problèmes à Chavez. (vous savez ces grands propriétaires terriens « américano-vénézueliens » qui vivent en Floride ou en Californie et qui possèdent des chaines de TV qui se permettent d’appeler à l’assassinat du président à des heures de grande écoute, pour ensuite venir pleurer pour cause de censure…). Pour autant « les sud-américains » dans leur grande majorité n’ont pas ce rêve, je suis d’accord.

      « Le néo-lib ne peut s’implanter que dans des classes moyennes qui n’ont plus besoin de lutte des classes pour bien vivre (…) En occident elle est en train d’être détruite mais les gens n’ont pas encore vraiment conscience qu’ils deviennent des prolétaires qui ont besoin de lutter. »

      Peut être en partie parce que la force de cette idéologie (une des force) est de faire oublier cette lutte des classes. On est majoritaire sur ce blog à considérer que la phrase de W.Buffet que citait Paul il y a peu résume bien la situation, mais notre majorité est minoritaire dans la rue et plus encore sur un plateau TV. Mais vous avez raison, je suis d’accord.

      « Je rejette aussi totalement le mythe de l’islam radical utilisant les révolutions pour s’installer »
      Là je ne suis pas d’accord, mais vous non plus apparemment 😉
      « Toutes les révolutions produisent leur lot d’extrémistes, qui parfois prennent le pouvoir »

      « Si les révoltes arabes actuelles obéissent à des motivations assez différentes des nôtres et selon un processus différent, le résultat devrait être le même en Europe : l’exaspération des électeurs envers un système politique qui ne leur convient plus et les effraye par sa fuite en avant anti-démocratique actuelle et sa dureté conduira à des changements très profonds de la société. Des ruptures de cadre. Changement violents ou pas, je ne sais pas, la violence est probablement indispensable, mais sans forcément faire couler le sang.
      Le Portugal est un cas d’école de révolution sans victimes. »

      Là non plus, on n’est pas d’accord, mais c’est de la sémantique; ce que vous appelez « révolution » je l’appelle « révolte ». Toute l’exaspération du monde, même dans la plus grande unité, ne fait pas le début d’un projet.

    3. « Je rejette aussi totalement le mythe de l’islam radical utilisant les révolutions pour s’installer »
      Là je ne suis pas d’accord, mais vous non plus apparemment 😉
      « Toutes les révolutions produisent leur lot d’extrémistes, qui parfois prennent le pouvoir »

      > à quoi il ne faut pas oublier de joindre la fin de la phrase qui indique que c’est un accident, une situation instable et temporaire : ils n’y restent en général pas longtemps, par définition l’extrémisme ne convient pas à la majorité.
      Ce qui peut s’installer assez durablement c’est une dictature tenant par la force, utilisant ou pas un motif religieux, comme en Iran, mais ce n’est pas de l’extrémiste religieux, seulement une justification, comme autrefois les dictatures « démocratiques » à l’est et encore avant les royautés « de droit divin ».

      une révolution et une révolte qui a réussi…
      Est-ce une grosse révolte en Libye, ou une révolution? on ne le sait pas encore.

      Pas besoin d’autre projet pour une révolution que de rejeter l’oppression, ce qui en sort dépend de beaucoup de choses.

    4. @guillaume et HP

      A propos de ceci:

      Si presque tous les africains et asiatiques souhaitent consommer à l’occidentale ce n’est pas forcément dans le cadre d’une société à l’américaine.

      Histoire d’apporter une vision décalée aux commentaires qui découlent de cette phrase:

      En Europe, on ne peut que constater un effet miroir à celui-ci: Les pays sortis du joug de l’union soviétique (de l’Allemagne aux pays bordant l’Est de la mer du Nord en passant par la Pologne… Ainsi que les Balkans) n’ont manifestement aucun désir d’y retourner et souhaitent au contraire adhérer plus ou moins complètement au modèle américain. L’une des raisons sans doute pour comprendre pourquoi l’Europe dans sa composition actuelle soit si partiale sur les questions économiques.

  17. Ce qui me sidère ici,en lisant certain intervenant, c’ est l’ ignorance de la société, et la culture arabe, Je vous fais un petit rappel de ce que nous avons en commun du Maghreb au Machrek ?
    La langue, la culture, l’islam.
    Nous sommes plus apte a constituer un ensemble économique que l’usine à gaz qu’est la CEE. J’ai pas de conseil a vous donner, mais faites apprendre l’arabe a vos enfants, ils découvriront un monde de raffinement, de savoir, et d’art de vivre étouffer depuis 50 ans par l’occupation économique.
    Salamalykoum.

    1. …Tout fait d’accord avec vous Sousou..Nous ne savons rien…Je souhaite devenir une excellente élève et découvrir très vite tout ce qui nous reste à découvrir.

    2. Sousou,

      Vous êtes peut être mieux placé que moi pour en parler mais très franchement l’idée d’un Maghreb et d’un Proche-Orient homogène (langue orale, culture, islam…) je n’y crois pas une seconde. Un chinois peut parler des « européens » c’est une entité qui existe réellement mais qui ne doit pas laisser penser que l’Angleterre, l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie (…) ne sont pas autant de diversités de sociétés.

    3. Femmes bâchées, humiliées… lapidation… homosexualité non tolérée… J’en passe et certainement des meilleurs… Quel raffinement !

    4. Résumer la culture arabo-perso-turco-musulmane à votre liste et aussi pauvre que de résumer l’histoire française à « colonisation, impérialisme, collaboration, absolutisme… »

    5. Sousou:

      1/ Le panarabisme est un mythe géopolitique. Les intérêts sont trop divergents. Mais ce n’est pas inenvisageable.

      2/ Le concept d’Oumma, en tant que conception politique, puisque vous faites référence à l’Islam comme « vecteur de culture commun », est in fine incompatible avec celui d’ Etat et donc avec l’ordre juridico-légal international imposé par les occidentaux ( ce qui ne me gène pas le moins du monde, puisqu’on ne voit pas pourquoi les occidentaux continueraient à imposer l’Etat comme forme d’organisation ultime du politique, après la Cité et l’Empire). C’est une entité « mondiale », mais on en reste au niveau du concept (les seuls musulmans qui soient cohérents à ce niveau là sont malheureusement les salafistes) car dans les faits il n’y a pas l’Islam mais des Islam (ce qui explique le sort fait aux salafistes dans certains pays de tradition musulmane, avec des peuples qui se considèrent comme de tel ou tel peuple avant d’être de telle ou telle religion, fusse t-elle l’Islam). Que les points communs l’emportent sur les différences, ça ne va pas de soi.
      Mais effectivement, ne serait-ce que pour l’Algérie, le Maroc et la Tunisie il y a quelque chose à faire… Ajouter la Libye et l’Egypte par exemple c’est déjà un sacré saut. Ne parlons même pas du reste…

      3/ Pour le « monde de savoir » c’était vrai jusqu’à ce que la falsafa soit interdite et les voies de l’interprétation fermées dans le monde sunnite (du coup il ne faut pas s’étonner en contrepoint de la vigueur et de la virtuosité théologique chiite, par exemple). Depuis lors, l’Islam sunnite est entré dans une longue phase de décadence intellectuelle.

      Au fond la seule chose qui vous unit, la seule variable géopolitique qui comptera à terme dans la région, c’est… le manque d’eau.

      Les propos de Demain reprennent parfaitement la morgue culturelle occidentale, avec en pointe l’arrogance de la femme occidentale qui s’autorise à parler au nom de toutes les femmes du monde (c’est d’ailleurs une suggestion de la CIA que de mettre en avant le statut des femmes pour mobiliser l’opinion publique française qui rechigne à intervenir en Afghanistan…).
      On ne nous présente bien sûr de la femme du Moyen-Orient que la femme issue d’une certaine classe sociale, souhaitant adopter un mode de vie « à l’occidentale » (souvent par pure stratégie de distinction), et comme subissant du dehors la « pression religieuse ». On oublie l’immense majorité des femmes musulmanes qui manifestent pour leur émancipation, voilées, et au nom même de ce que symbolise ce voile pour elles.

      Que Demain fustige plutôt l’esclavagisme encore pratiqué au Liban ou en Arabie Saoudite, la position honteusement tolérante des « autorités » sunnites sur l’excision (il ne faudrait pas prendre le risque de perdre sa clientèle…). Les raisons de s’indigner ne manquent pas. Au lieu de ne véhiculer que la com occidentale sur le statut de la femme arabe (même si on comprend bien que ça met ipso facto 50 pour-cents de l’opinion publique de son côté…). J’attends avec impatience le moment où « l' »Inde, perçue comme une menace concurrentielle, se verra reprocher le statut accordé aux femmes par « l » hindouisme. Le féminisme est devenu une belle arme de guerre idéologique pro-occidentale.
      Avec la fin de la domination de l’homme blanc vient aussi la fin de la domination de la femme blanche. Certaines ne l’ont pas encore compris.

      Il va falloir accepter que d’autres cultures aient d’autres valeurs et une conception différente de ce qui est bien et de ce qui ne l’est pas de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas.

    6. @ Antoine Y :
      Les voies de la Falsafiya ne sont pas ‘interdites’ (par qui ?). Ni même l’Ijtihad. Simplement, concernant l’ijtihad absolu, la ‘cooptation’ de l’interprétation des docteurs de l’islam (fqih) est nécessaire pour être reconnue comme valable. In fine, cela revient au même me direz-vous mais la ‘fermeture des portes de l’ijtihad’ est un mythe, basé sur l’avis d’un calife il y a 8 siècles.
      Cela permet surtout aux 4 doctrines en place de ‘conserver’ leur pouvoir d’interprétation monopolistique.
      D’où le conservatisme ‘ambiant’, notamment dans le rite malékite.

      Ceci dit, la réforme de la moudawana au Maroc a montré les marges de manoeuvre encore vaste dans de multiples domaines, y compris au sein du rite malékite.
      Il est vrai que le symbole de ‘commandeur des croyants’ que s’est octroyé Hassan II a facilité la posture de Mohammed VI face aux oulémas …

    7. Ceci dit, je suis complètement d’accord sur votre analyse quant au féminisme à l’occidentale, dont bon nombre de féministes arabes se moquent profondément ou se fâchent, voilées ou non (les plus vindicatives envers le féminisme à l’occidentale n’est pas forcément celles que l’on pense) car ce type de féminisme implique une séparation, physique, entre le fait d’être femme et le fait d’être musulmane.
      EN étudiant l’histoire, on s’apercevrait que le ‘statut’ des femmes il y a quelques siècles était largement supérieur à celui des femmes en occident et que le droit de vote leur a été accordé dès l’indépendance, tandis que les femmes durent attendre des siècles depuis la révolution française pour se faire. Sans compter le droit d’avoir un compte bancaire à son nom, qui date des années 60, ce qui ferait rigoler n’importe quelle femme arabe …
      Reste que le chemin est très étroit entre le pur relativisme, où souhaite nous entrainer le libéralisme politique et philosophique, qui permettrait ainsi, sous prétexte de liberté de choix culturel, d’accepter n’importe quoi, et entre le néo-colonialisme teinté de bons sentiments permettant de fabriquer de nouveaux chevaux de Troie culturels et politiques.
      Les femmes au Maghreb sont très conscientes de cela il me semble et refusent Charybde et Sylla.
      Elles définissent une troisième voie, ni conservatrice (ou réactionnaire), ni libérale (à l’occidentale). Une voie propre.
      Difficile …

    8. @ Zebu.
      Dire que les voies de l’ Itjihad ont été fermées est une réalité. Ceci pour éviter l’émiettement de l’Islam. Les principaux vecteurs de créativité en matière interprétative sont bien verrouillés/cadenassés (Vous jouez gros dès lors que vous allez trop loin dans le démontage de ces verrous. Vous jouez votre vie, littéralement.). La peau de chagrin que constitue la marge restante ne concerne guère plus que les écoles juridiques mais hors de ces dernières point de salut (au propre comme au figuré). Pour la falsafa c’est plus compliqué c’est vrai: disons qu’in fine la Tradition a arbitré dans un sens qui n’en fait pas la bienvenue. Au mieux est-elle « suspecte ».

      Le relativisme est un faux problème je crois (au sens où c’est purement théorique). Il suffit de se rappeler que les émotions morales, au contraire des principes, sont universelles. Et de ne pas confondre entre eux différents types de relativismes qui ne sont pas d’ailleurs mutuellement compatibles.
      La voie n’est pas du tout étroite. C’est une autoroute. Simplement, entre les intellectuels musulmans qui se fondent sur un prétendu âge d’or à restaurer et ceux qui se sentent absolument obligés de réformer l’Islam à partir d’une référence à l’idéal des Lumières, et qui inspirent le rejet ou la méfiance (à juste titre selon moi), il est vrai qu’on cherchera en vain une quelconque tentative de penser à nouveaux frais l’organisation de la communauté politique à partir de l’Islam et de l’islam seulement (ce qui inclut les révélations antérieures), SANS aucune référence à la philosophie politique moderne. En s’appuyant sur la redécouverte de la philosophie politique classique (Al Farabi) ils éviteraient nos bêtises, notre folie, notre hubris romantique, aveugle et déchainée qui confine au nihilisme. Ils continueraient par exemple de penser leurs institutions à partir de la catégorie centrale du « devoir », au lieu comme nous de ne penser d’abord et avant tout qu’en termes de « droits » (remercier Hobbes et Locke pour ça…).

      Chaque Tradition devrait pouvoir chercher à atteindre ce qu’il y a de plus haut à partir de ses propres fondations (ce qui n’interdit pas les emprunts): les chinois, les indiens, les malgaches, les béninois, les tunisiens, etc… doivent comprendre (surtout nous en fait) que la démocratie n’est pas un horizon politique indépassable, et qu’ils peuvent faire aussi bien voire mieux en évitant certains de nos écueuils, mais différemment,, simplement à partir d’eux-mêmes. Ils faut qu’ils aient confiance en eux. C’est là, plutôt que les « droits de l’homme » ou un « relativisme de bon aloi » (car rien ne se vaut jamais de fait, ne serait-ce qu’au sein d’une même « culture »!), le message que notre corps diplomatique devrait promouvoir.

  18. Depuis que j’ai vu, en 2008, les états sortir des flots d’argent pour les banques, alors qu’1% aurait été suffisant pour éradiquer (diminuer grandement, ce qui n’est pas rien) la faim dans le monde, je suis convaincu que nous serons jugés sévèrement par les générations futures.

    L’énergie chère va plonger à nouveau les pays non auto-suffisant dans la détresse, la famine et la violence. Le pétrole raréfié, plus cher, va bouleverser la base alimentaire même des riches. La dépendance aux industries voraces influera sur l’eau, les soins, et les étages bas de la pyramide de Maslow.

    Ce chaos est-il encore évitable, je ne sais. Mais son onde profonde peut atteindre les riches qui se croient aujourd’hui protégés : pays, oligarques, gouvernements, responsables. Je n’aurai pas de larmes pour eux.

    Devant ce scénario, l’intervention magnifique de MAM proposant le savoir-faire de la France en maitrise de l’ordre n’est pas un détail. Il est la parole des riches s’inquiétant pour eux et leurs biens. Il y avait sans doute chez cette dame une volonté de rassurer les « élites » : nous savons tenir les gens. Kadhafi s’est d’ailleurs rapproché de la France avant que son pays ne s’embrase.

    Mais l’inquiétude qui se trouvait à la base de ce message (sinon incroyablement saugrenu) devrait grandir, et renforcer cette idéd d’un mouvement de justice n’épargnant pas les dirigeanst profteurs et égoïstes, même occidentaux.

    1. Oui, vous avez bien raison au sujet de la ministre qui s’égare entre intérieur
      et affaire étrangère. La promotion de la matraque française n’est pas
      qu’une insulte lancée aux Tunisiens et une humiliation pour les Français.
      C’est un révélateur: une soit-disant élite est à l’oeuvre, soucieuse de ses intérêts
      immédiats et de ce fait sans envergure.
      Ce point de vue peut être étendu, sinon généralisé.

  19. HP ça vous va bien comme prénom rémunérez les femmes maman comme des domestiques vous dites…mauvaise pêche…à moins d’accepter de devenir vous même le domestique d’un autre…donc proposition basse et inutile…Voyons plutôt du côté affectif et amoureux si il n’est pas possible de limiter l’ambition de certaine fougues féminines déjà occupées à allaiter et stop leur activités professionnelles trop souvent encombrantes et démesurées…Comme on dit souvent une chose à la fois…

  20. Il existe peut-être un point de convergence entre l’islam et l’occident au regard du supposé bon fonctionnement des sociétés.
    Ce point central autour duquel évolue la société s’appelle Service Publc ici, Charia en terre d’Islam.
    Le mot d’ordre ne serait plus « prolétaires unissez-vous » mais « défenseurs de la charia et défenseurs des services publics unissez-vous ».
    L’ennemi commun étant le Capital et ses troupes.
    Ya du travail !

    1. La puissance d’une association « chrétiens catholiques/orthodoxes? »+ »musulmans » hostiles au prêt à intérêt, au crédit et aux jeux de hasard serait d’une puissance phénoménale, sans commune mesure avec celle de telle ou telle extrême gauche/droite.
      Elle renverserait tout sur son passage (compter en milliards d’individus). Rien à voir avec l’opposition poussive actuelle.

      Il est vrai que, sur le plan politique, nous somme plus proche en France des perceptions musulmanes en matière de justice politique que des croyances américaines dominantes (populisme libertarien).

  21. Je suis surpris de ne pas voir plus de reference aux travaux d’Emmanuel Todd dans les commentaires ou dans les posts, particulierement « La diversite du monde » ou plus recement sur les societes arabes « le rendez-vous des civilisations »

    L’analyse, qui se base sur le primat Economique comme grille de lecture de la situation actuelle (néo-marxiste Versus neo-liberalisme dans ce post par exemple) me parait completement rater quelque chose de beaucoup plus essentiel…

    http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/International/Youssef-Courbage-%C2%AB-Les-societes-arabes-sont-sorties-de-leur-repli-%C2%BB-/Default-3-2417.xhtml

    1. Merci de le faire, je pense le plus grand bien de ces traveaux.

      Vous avez raison de dénoncer une lecture mono-centré des événements, mais il faut faire des choix de thématique dans un billet et ce blog traite essentiellement d’économie

    2. Quant on parle d’abord, ici et maintenant, d’économie, plus rien d’autre n’est audible.
      Passons donc notre chemin.

  22. Je suis frappé que personne ne rappelle ici quelques vérités concernant les 3 personnages politiques nord-africains contestés ou renversés par leurs peuples.

    Ne se sont-ils pas ouvertement inspirés de doctrines socialiste voir marxiste pour établir leurs formules de gouvernance même si dans la plupart des cas il ne s’agissait que de simples paravents ?

    Un contact tunisien m’expliquait récemment que Khadhafi avait décrété depuis le début de sa prise de pouvoir (début des années 70) la gratuité du logement et des soins médicaux pour l’ensemble de la population libyenne grâce aux conséquents revenus du pétrole. Il semble donc qu’un système de redistribution existe bel et bien dans ce pays. C’est le problème de la répartition qui reste entier.
    Il apparait que l’état policier libyen s’inspire bien plus de ce que l’on trouve dans les Amériques centrale et sud. Ainsi que Chavez le vénézuélien soit le premier sponsor de Muammar Khadhafi n’a en l’espèce rien d’intrigant. A titre personnel, les images du couple Ceaucescu me reviennent immanquablement en tête…

    Dans le cas présent, il me semble que les murs qui tombent sont ceux d’autocraties pénitentiaires et répressives sur lesquelles les ravages provoqués par la mondialisation paraissent bien secondaires. D’accord la pauvreté, l’accès à l’emploi et la compétition internationale influent sur les causes de tels soulèvements mais ne doit-on pas précisément écouter l’aspiration à la liberté exprimée par ces peuples pour ce qu’elle est en premier lieu, à savoir le plus modestement du monde une aspiration à la liberté (désolé pour la répétition).

    Bien évidemment l’enrichissement disproportionné des élites – pensez donc, Forbes a oublié de citer Moubarak dans les premières positions de son palmarès loin devant Bill Gates – n’est pas sans rappeler les défauts bien identifiés des élites financières occidentales. Qu’une remise à plat inspirée d’une éthique puisant dans un base morale religieuse soit initiée à défaut de pouvoir s’appuyer sur les approches contestataires d’oppositions politiques méthodiquement détruites par les pouvoirs en place n’apparait pas en-soi illogique. Cependant, que le point d’ancrage unifiant ces nations trouve dans les mouvements sociaux des sources d’inspiration bien plus originales semble être également envisageable.

    C’est pourquoi la question de la globalisation ne me parait pas être la source de ces révoltes mais bien plutôt son avenir.

    1. Moui.
      Mais leur reste l’Arabie Saoudite.
      Une pipeline, dénommé le TAPLINE (Trans-Arabian PipeLine), existe et aboutie à Haïfa en Israël.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Oil_and_Gas_Infrastructure_Persian_Gulf_%28large%29.gif
      Le seul problème, c’est qu’il est … fermé.
      Mais un pipeline fermé peut se réouvrir (compliqué, néanmoins).
      D’autre part, le TAPLINE passe par la Jordanie et est donc susceptible de pouvoir être coupé n’importe où sur le territoire jordanien, par des explosifs.

      L’autre solution, c’est le port d’Eilat, dans le golfe d’Aqqaba.
      L’Arabie Saoudite ayant un terminal sur la mer rouge, les pétroliers peuvent approvisionner ainsi Israël. Même si un ’embargo’ de fait existe (seulement quelques pétroliers) mais ceci peut s’inverser.
      « Consequently, only about four to six oil tankers come to Eilat Port each year. However, if the “reverse flow” project were to get off the ground, activity at the Eilat terminal would increase exponentially. »

      Bref, ce n’est pas vraiment par là je pense que le ‘coup’ viendra. Mais plutôt par l’augmentation du déficit budgétaire (dépendance quasi totale au pétrole importé).
      Et d’un rapport de force diplomatique en sa défaveur.

  23. « Aucune révolution sociale ne peut être réalisée par les hommes, car ceux qui sont en haut de l’échelle veulent y rester et ceux qui sont en bas n’ont qu’une idée, c’est d’être en haut. La « révolte » , chez les hommes, n’est qu’une farce. Nous sommes dans une société masculine, faite par l’homme pour satisfaire ses besoins. S’il n’est jamais satisfait, c’est qu’il lui est impossible de l’être. En fin de compte, ce qui révolte « l’homme révolté », c’est d’être un homme. L’homme ne change que lorsqu’il y est obligé par le progrès technique, quand il n’a pas le choix, quand la société arrive au point où il doit changer ou mourir. Nous en sommes là. Si les femmes ne se remuent pas le cul en vitesse, nous risquons de crever tous » (Scum manifesto, Valérie Solanas)

    1.  » I believe I would’ve pulled the switch on her myself » (« je crois bien que j’aurais appuyé sur l’interrupteur [de la chaise électrique] moi-même »
      I believe, sur l’album Songs for Drella, Lou Reed…
      Merveilleuses sixties… 🙂

    2. @Paul Jorion
      Effectivement, les raisons qui ont poussées Valérie Solanas à tenter de tuer Andy Wharol étaient excessives. Mais il faut connaître son passé (et notamment toute son enfance) pour comprendre ses écrits. De plus, il faut lire son livre en entier pour mieux comprendre l’idée générale (même si elle est très trash). Mais sur le fond, je pense qu’elle a raison en avançant que ce sont les hommes qui amènent le monde droit à sa perte (et depuis tous temps)…

    1. @Isabelle : excellent ! De l’époque de la note, six ans plus tôt, à aujourd’hui, c’est une éternité pour les nuls qui nous gouvernent. Il ne faut donc pas s’étonner qu’ils n’en ont pas tenu compte.

  24. Le premier point intéressant à considérer est le regard que porte l’Occident sur la situation.

    votre propos se limite à cela

    et donc il ne m’intéresse pas.
    je n’ai pas, plus besoin de votre miroir dit « le monde arabe »
    la main qui le tend est ensanglantée.

    quant au choc des civilisations, c’est une réalité tangible et a été la grande oeuvre des colonialistes de tout poil et de toute arme.
    Il existe une littérature très abondante qui le décrit, l’a nourri et le justifie, je vous invite à aller revoir ne serait-ce que la dernière exposition coloniale à Vincennes organisé par le général ou était-il alors maréchal?

    1. Mon propos se limite effectivement à la vision qu’a l’occident de la situation, j’essaie également de voir comment ces événements sont s’inscrire dans une réalité plus globale à laquelle ils ne pourront pas échapper, celle de la globalisation.

      Que le monde arabe dise « je n’ai pas besoin de votre miroir », je n’en pense que du bien.
      Pour tout vous dire, j’ai surtout l’impression que le miroir à changer de main en quelque sorte: c’est nous qui nous définissons par rapport à l’image que nous renvoient ces événements.

      Pour finir, je remarque qu’une analyse qui évite de spéculer sur ce que souhaiteront et réaliseront les peuples arabes et qui refuse de porter un jugement (positif comme négatif) sur ces révoltes ne vous intéresse pas. J’en prends note mais crois comprendre que l’inverse vous indignerait…

      Que souhaitez-vous en somme? Que j’exprime ma profonde repentance pour tous les crimes qu’on commis nos ancêtres et que commettent encore nos élites politiques comme économique?
      Si ça peut vous aider à calmer vos aigreurs, c’est faisable.

    2. pardon, mais je ne vois pas en quoi la france actuelle devrait faire repentance du colonialisme, car au final le sort des populations européennes durant la modernité, s’abrutir sur des chaines d’usine, se tuer au champs, respirer des airs viciés à la mine, supporter les premiers développement des industries chimiques lourdes, les guerres à répétitions et ultra-meutrières, eh bien ce n’étaient vraiment pas enviable. ce choc des cultures, et non des civilisations, était dans le sens de l’Histoire, la réunion de tous les Hommes.

      je suis français, une grand-mère savoyarde résistante, une grand mère espagnole devenue française en algérie et rappatriée. je m’en lave les mains de vos diatribes. et j’espère que les gens de bonnes volonté en feront de même. où furent construit les premiers trains? les premiers avions? les premières automobiles? où furent découvert l’électricité? l’adn? le cinéma? internet?

      et je dis bien ‘où’, et non par ‘qui’, ça c’est non négociable.

      je vais vous dire très présomptueusement, dans les grandes lignes, comment l’Histoire retiendra notre époque selon moi:

      l’occident réalisa les premiers bonds technoscientifiques avant d’édifier le premier empire à vocation mondialisée et par là-même la première culture planétaire. ce qui ne l’a pas empêché d’évoluer par la suite soumis à des influences, alors que la course à l’espace ne cessait de s’accélérer. d’ailleurs, quand on voyage on voit bien qu’il n’a pas été (trop) avare de ses découvertes…

      le mythe de l’occident source de tous les maux a vécu. maintenant nous devons nous atteler à créer une société mondiale. foin de corbeaux

  25. Vous avez dit révolution?
     » Être un membre de la convention , c’était être une vague de l’Océan. Et ceci était vrai des plus grands. La force d’impulsion venait d’en haut. Il y avait dans la Convention une volonté qui était celle de tous et n’était celle de personne. Cette volonté était une idée, idée indomptable et démesurée qui soufflait dans l’ombre du haut du ciel. Nous appelons cela la révolution. Quand cette idée passait, elle abattait l’un et soulevait l’autre; elle emportait celui-ci en écume et brisait celui-là aux écueils. Cette idée savait où elle allait, et poussait le gouffre devant elle. Imputer la révolution aux hommes c’est imputer la marée aux flots.
    La révolution est une action de l’Inconnu. Appelez la bonne action ou mauvaise action, selon que vous aspirez à l’avenir ou au passé, mais laissez la à celui qui l’a faite. Elle semble l’oeuvre en commun des grands événements et des grands individus mêlés, mais elle est en réalité la résultante des événements. Les événements dépensent, les hommes payent. Les événements dictent les hommes signent. Le 14 juillet est signé Camille Desmoulins, le 10 août est signé Danton, le 2 septembre est signé Marat, le 21 septembre est signé Grégoire, le 21 janvier est signé Robespierre ; mais Desmoulins , Danton, Marat, Grégoire et Robespierre ne sont que des greffiers. Le rédacteur énorme et sinistre de ces grandes pages a un nom, Dieu, et un masque, Destin. Robespierre croyait en Dieu. Certes !
    La révolution est une forme du phénomène immanent qui nous presse de toutes parts et que nous appelons la Nécessité.
    Devant cette mystérieuse complication de bienfaits et de souffrances se dresse le Pourquoi ? de l’histoire.
    PARCE QUE. Cette réponse de celui qui ne sait rien est aussi a réponse de celui qui sait tout.
    En présence de ces catastrophes climatériques qui dévastent et vivifient la civilisation, on hésite à juger le détail. Blâmer ou louer les hommes à cause du résultat, c’est presque comme si on louait ou blâmait les chiffres à cause du total. Ce qui doit passer passe, ce qui doit souffler souffle. La sérénité éternelle ne souffre pas de ces aquilons. Au dessus des révolutions la vérité et la justice demeurent comme le ciel étoilé au dessus des tempêtes… »
    « Quatre Vingt Treize » , Victor Hugo….

  26. Pourquoi seulement deux alternatives : globalisation neolibérale, et son horreur globalisante, et totalitaire …ou « choc des Civilisations » : ces deux barbaries sont portées par les mêmes archaiques neocon-neolib US : ceci n’était pas le regard européen, du moins avant que les US et lobbies y afférents s’en mêlent ( élites européennes aux ordres, et en dessous de tout ) …
    Les humains n’ont rien à voir là-dedans : seuls les phynanciers en plein délire s’y retrouveront :
    une ploutocratie mondialisée, avec contrainte de corps, et paupérisation de 90% de la population mondiale : ici, là-bas et ailleurs, avec , de plus, une terre inhabitable un peu plus chaque jour, famines, baisse des niveaux d’éducation et de santé pour la grande majorité …ou deux ou plus, ploutocraties en guerre : comme toujours, ce sont les Peuples qui trinqueront …
    Et si autre chose était possible …
    une meilleure connaissance de l’autre, et plusieurs alternatives, suivant les lieux …
    et, une non ingérence, dont nous sommes sûr(e)s maintenant qu’elle tourne toujours à la catastrophe …
    Et, avant de se préoccuper d’une forme d’immortalité pour quelques dangereux genious , une petite frange du monde, il me semblerait plus décent que chaque région du Monde soit en auto-suffisance alimentaire – sans intervention de multinationales tripatouillant des semences
    stériles, à acheter le prix fort tous les ans …
    Les Peuples ont besoin- et certains, quoiqu’il advienne ensuite – c’est sur le long terme, et rien n’est jamais acquis- nous l’ont montré avec grand courage, d’élan, d’altruisme, de générosité !
    La réalpolitik des cyniques de tout poil [ aucune allusion à la barbe de PJ ] nous mène dans le mur …
    Il faut arrêter de tenter de nous mettre en équation : l’Humain est bien trop précieux et inventif pour cela …
    Notre inventivité s’est émoussée ici .
    Si elle nous vient d’ailleurs, tant mieux …
    Heureusement, les alliances de la jeune génération, ouvrent, et brassent les idées …il faut du temps…ensuite, tout advient naturellement.
    Si les zélites occidentales, dans leur état actuel, prennent un coup dans les gencives, cela ne me gênera pas !
    Attention à ce vers quoi elles veulent nous entraîner : c’est cela qui fait monter les intégrismes de toute sorte. Les « born-again » bushiens n’étant pas les derniers dans l’horreur intégriste religieuse : mais là : silence radio !
    Laicité 1905, c’est le contraire de ce que prône le sous-vers-rien …c’est religieux strictement séparé du politique, et citoyens allant ensemble vers le bien public .
    Or, les catholiques, étant bien à leur place, et sans problème, en France, ce n’est en aucun cas pour faire des révérences papales que « qui nous savons » tente ce changement que personne ne lui a demandé . C’est pour diviser et régner …C’est pour « claniser » la société : le contraire en somme de ce qu’ont voulu les Peuples révoltés. Ils en feront ensuite ce qu’ils voudront en faire.

    1. « Pourquoi seulement deux alternatives : globalisation neolibérale, et son horreur globalisante, et totalitaire …ou « choc des Civilisations » »

      Je ne dis pas qu’il n’existe que ces deux alternatives, je dis que le sens de l’Histoire ou son inertie si vous préférez nous pousse dans ces directions; tout notre travail, notre mission c’est de trouver une alternative.

    2. Qui dit qu’il y ait une alternative ? L’ histoire montre que non .Nous n’avons aucune action sur la direction de la toupie qd on est DANS la toupie .
      Seul des évènements exogènes pourraient perturber cette dynamique , la dynamique ira jusqu’à son terme et le terme sera probablement une rupture occasionnée par l’atteinte de »limites » sur lesquelles vont butter des exponentielles , comme la limite d’acces a l’énergie.
      Il n’ y a pas de solution globale : nous quittons un etat stable pour en rejoindre un autre , un « attracteur » pour un autre attracteur . Ce dernier peut etre vaguement « visualisé » par la Q.d’energie dispo pour chacun . Les pyramides societales et leurs pentes déclinant plusieurs modèles .
      Aucun choix là dedans …. juste comme toujours la pente de la pyramide.
      Pentes , qui , a mon avis , seront d’autant plus équitables , que le retour au morcelage sera important..

  27. Quelques points sont effectivement troublant, dans le cas Tunisien il est évident que ce n’est pas tant le peuple (qui n’a pas besoin d’organisations pour se plaindre) que l’armée qui à chassé Ben Ali!

    EN ce qui concerne la révolution tunisienne il ne faut pas oublier quel a été l’élément catalyseur de la révolte. C’est l’immolation par le feu du jeune Bouazizi. L’armée en a juste été l’arbitre, un arbitre qui a pris son parti. Certes, c’est l’armée qui a indiqué formellement la sortie et le mode d’emploi de cette dernière au président Ben Ali, mais c’est bien le peuple qui a mu la main de l’armée en provoquant le mouvement qui l’a déstabilisée.

    J’en discutais encore ce matin avec un tunisien et lui demandais quel pouvait être la signification de cet acte d’immolation dans le contexte religieux musulman. Sa réponse fut catégorique : le suicide est condamné par la religion musulmane et il n’y a pas eu, à sa connaissance, de précédent en l’espèce, du moins dont il garde le souvenir. C’est dire si l’acte du jeune Bouazizi a choqué. Si l’acte de Bouazizi marqua tant les esprits au point de déclencher les premières manifestations c’est qu’en lui coïncidait transgression d’un interdit et dénonciation d’une situation sociale devenue intolérable à cause de son injustice au point de faire de la transgression un acte éminemment positif par le retournement en son contraire de sa signification dogmatique habituelle. La croyance religieuse n’a pas disparue une seconde, les musulmans n’ont pas cessé d’être musulmans. Simplement le dogme s’est nié lui-même pour ne plus laisser s’exprimer que les seuls aspects éthiques et existentiels de la religion. C’est ainsi que les religions évoluent et participent aux évolutions sociales et politiques.

    Ce seul fait remet en cause une lecture des évènement du type de celle qui consiste à dire ou bien il s’agira pour la société d’évoluer dans les limites de la voie tracée par la tradition religieuse, ou bien il s’agira d’intégrer le monde néo-libéral.
    Ce n’est pas non plus une question de voie moyenne, mais d’invention sociale dans laquelle le religieux est partie prenante. Les effets sociaux du catholicisme d’aujourd’hui sont très éloignés de celui qu’il étaient si on les compare par exemple à ceux qu’ils étaient dans la société française de l’Ancien régime et pourtant le substrat originel du catholicisme est demeuré quasi identique, à savoir ses écrits fondateurs et son institution l’Eglise, entre temps l’institution s’est même raidie en inventant le nouveau dogme de l’infaillibilité papale. Pourquoi en irait-il différemment dans le cadre du monde arabo-musulman ?

    1. Pierre-Yves D.

      Je me sens bien dans ce que vous dites en général …
      Il y a une forme d’espoir, et de regard ouvert sur le monde.
      Bref, on respire !

      Sinon, trrrés colère !…

      Gronchonne.

    2. « Ce seul fait remet en cause une lecture des évènement du type de celle qui consiste à dire ou bien il s’agira pour la société d’évoluer dans les limites de la voie tracée par la tradition religieuse, ou bien il s’agira d’intégrer le monde néo-libéral. »

      encore une fois, ce n’est pas mon propos…

      donc forcement je suis entièrement d’accord avec votre remarque:
      « Ce n’est pas non plus une question de voie moyenne, mais d’invention sociale dans laquelle le religieux est partie prenante. »
      Je ne me risquerais pas à un pronostique, mais disons que c’est cela qui me semblerait le plus « logique ». Toutefois comme je l’écrivais, je crains que cette posture ne fasse l’objet d’amalgames (en partie souhaités) en occident et que l’on ai droit aux violons néo-conservateurs du « choc des civilisations », pourquoi? c’est leurs affaires me direz-vous… « Mais parce qu’il ne faudrait pas que les arabes soient autonomes, unis et souverains chez eux parbleu! c’est eux qui ont le pétrole! »

    3. +1
      Concernant le suicide, un très bon article sur le sujet, avec des références théologiques up to date :
      http://www.laviedesidees.fr/Suicides-islam-et-politique.html#nb13

      Toute la question se pose quant à la définition du geste. Si c’est un suicide, il n’y a que deux interprétations : l’une, sunnite, haram (interdit), que seul le pardon divin pourra ‘récupérer’, l’autre, chiite, tolérée, en relation avec le jihad et les martyrs. La césure se fait d’ailleurs au sein même des cheikhs ou des imams et il a fallu l’intervention d’Al Azhar elle-même pour ‘clôturer’ le débat.

    4. M.

      Il y a un coté morbide indéniable. Mais si l’analyse conduit à la conclusion qu’effectivement cet acte fut l’élément déclencheur de la révolte, doit-on l’écarter ?
      IL ne s’agit pas de justifier la mort d’un homme parce qu’elle a servi la révolution mais de montrer pourquoi le geste de cet homme eut un tel retentissement en prenant en considération le facteur religieux. Votre remarque me permet néanmoins de préciser un point. Lorsque je dis que la religion perd en la circonstance son coté dogmatique pour ne conserver que son aspect éthique et existentiel, je n’avais pas en tête une éthique de la mort qui donc justifierait le suicide ou le sacrifice pour gagner son salut dans l’au-de-delà. Non, je pensais au contraire à tout ce qui dans la religion valorise justice et amour du prochain ce qui précisément était nié par la dictature et que, paradoxalement, un acte contraire à l’éthique religieuse selon son propre dogme, permet en cette circonstance exceptionnelle de favoriser, de rendre possible collectivement là où il n’y avait que la peur. La signification de la mort du jeune tunisien qui s’immole par le feu ne concerne pas le versant sacrificiel de la religion puisqu’en l’occurrence le sens du geste est approprié collectivement pour une vie meilleure, ici-bas et dans un but politique. IL me semble que dans toute religion il y a un noyau éthique qui est commun à celui des incroyants et ce noyau c’est l’idée qu’il existe des valeurs, des sentiments qui transcendent les nécessités immédiates de la survie individuelle. Pour une idée que l’on se fait de la vie, de sa propre vie en regard de celle des autres, on est prêt à donner sa vie, et cela pas même du point de vue d’une intention délibérée, mais simplement parce qu’en certaine circonstance le sentiment s’impose de lui-même à soi après avoir été nourri par un terreau religieux ou philosophique, ou simplement éducatif. La transcendance n’est pas le propre du religieux. Le propre du religieux c’est seulement le fait que la transcendance puisse se rapporter à un arrière-monde.

    5. Pour une idée que l’on se fait de la vie, de sa propre vie en regard de celle des autres, on est prêt à donner sa vie, et cela pas même du point de vue d’une intention délibérée,

      La transcendance n’est pas le propre du religieux.

      Pierre-Yves D,
      Décidément, je m’exprime mal : car je suis d’accord avec vos propos ci-dessus …et votre questionnement du point de départ de la ré-volte-volution Tunisienne ne me semble pas à éviter.
      La transcendance laïque pourrait être ce qu’il reste d’une religion quand on a tout oublié …la mélodie est là, pas les paroles …? nous sommes issu(e)s d’une Culture …nous avons été structuré(e)s par elle .

      Mais, si nos ancêtres ont été capables de transcendance, qu’en reste-il actuellement ?
      Je pense que le consumérisme à l’excès, érigé en nouvelle déité, et nous transformant en tube digestif, est un grand responsable de cet état de fait …est un tueur de transcendance…

      J’étais en désaccord avec Guillaume, qui a répondu …

      Merci à Zébu et à Jeanne pour les lectures proposées .

  28. « Les réponses ne se trouveront pas dans des événements historiques tels que ceux se déroulant de l’autre coté de la méditerranée et qui appartiennent à des processus de recherche d’alternatives profondément différents des nôtres. »
    Elles ne sont différentes, ces alternatives, que par leur modernité. Car qu’elles sont-elles « nos alternatives » ?
    Ces révoltes ont une forme inédite caractérisée par une attaque frontale, sans concessions, contre les régimes en place. Elles font vaciller non seulement les pays non encore atteints par la contagion, comme l’Algérie et l’Arabie Saoudite, mais bien d’autres pouvoirs dans le monde qui voient des manifestants rêver de la place Tahir du Wisconsin à la Grèce en passant par la Chine.
    Il y a dans cet article un certain parti pris fait de résignation et de repli.
    Seul l’avenir révelera ce qu’il en est vraiment. Des intérêts divergents vont naturellement s’affronter. Et dans ce cas de figure cela s’appelle simplement la lutte des classes.

    1. On me parle de résignation, de pessimisme. Je comprends; mais vous savez l’optimisme et l’exaltation ne sont guère de meilleurs conseillés.

      Quelqu’un a dit un jour: « le pessimisme c’est la mort de l’action et l’optimisme c’est la mort de la réflexion ».

      Je sais que sur ce blog nombreux sont ceux qui souhaitent passer à l’action, ce n’est pas l’avis de la majorité de nos concitoyens, mais eux considèrent qu’il faut y aller….
      Vous savez quoi? Ce sont les plus lucides! ils veulent agir parce qu’ils regardent, droit dans les yeux et sans chanceler, un monde qui s’écroule.

      Je serai d’entre eux à n’en pas douter dés que la réflexion nécessaire à l’action me semblera suffisante. On s’en rapproche tous les jours un peu plus.

  29. Merci beaucoup Guillaume Lapeyre de cette analyse. Pour ceux qui cherchent à comprendre le monde dans lequel ils vivent, vous apportez un éclairage.

    Je me lance et tant pis si je dis des âneries.

    Ce qui me frappe en priorité c’est que nous avons, il me semble, une vision « romantique » de la révolte. Une espèce d’idéalisation de la révolte qui sans doute en pollue la compréhension. Notre grille de lecture pose des problèmes et analyser la situation avec cet outil (le grille) pose donc aussi des problèmes. Notre déception, suite à ce qui s’est passé en Europe de l’Est après 89, ne vient elle pas de ce décalage entre la réalité d’alors et cette idéalisation de la Libération qui nous a pollués ? Pour être brutal, je dirais, au fond, que comprenons nous ? qu’avons nous envie de comprendre ?

    Je me permets une petite remarque concernant votre comparaison avec la Révolution française. 1789 n’était pas contre la monarchie, les États Généraux puis l’Assemblée voulaient faire la Révolution AVEC le roi. 1789 s’est fait contre la société d’ordres. C’est le 21 juin 1791 et le fuite du roi qui a fait basculer les choses.

    1. Didier,

      « 789 n’était pas contre la monarchie »
      C’est vrai, effectivement, mais contre la monarchie absolue c’est l’absolutisme qui à fait perdre la tête à Louis XVI et avant lui à Charles I en Angleterre.

      Les premiers libéraux (vis à vis de l’absolutisme) ne sont pas les bourgeois ou le peuple opprimé, ce sont les petits nobles ruraux (la gentry en Angleterre, dont O. Cromwell est issu d’ailleurs…). ceux qui verront dans les développements de l’absolutisme la fin de leurs privilèges féodaux. Ce sont eux les premiers à demander un parlement pour affaiblir la toute puissance du monarque.
      En ce sens ils étaient les premiers révolutionnaires, des révolutionnaires réactionnaires puisqu’ils défendaient un retours aux traditions féodales. 😉

      « il me semble, une vision « romantique » de la révolte. Une espèce d’idéalisation de la révolte qui sans doute en pollue la compréhension. (…) Pour être brutal, je dirais, au fond, que comprenons nous ? qu’avons nous envie de comprendre ? »

      Si vous saviez comme je partage ce point de vue…. 🙂
      Un des points majeur qui m’a poussé à écrire ce billet.

      Remarquez bien tout de même que ceux qui ont le plus cette vision « romantiques » sont souvent les écorchés vifs, ceux qui ont le regard le plus lucide sur l’état du monde. Le « romantisme opium des lucides et réalistes? »

    2. @Didier : « nous avons, il me semble, une vision “romantique” de la révolte » : mais toute révolte EST romantique ! C’est l’impossible qui surgit comme dans un roman ! Sans être un « écorché vif », j’imagine fort bien l’exaltation que ces révoltés ont pu ressentir : c’était la condition sine qua non pour qu’ils retournent dans la rue, au risque, pour chacun, d’être celui ou celle qui ne verra pas le soleil se coucher.

    3. A crapaud rouge,

      « Sans être un « écorché vif » »

      Je définis les « écorché vif » comme: ceux qui ont le regard le plus lucide sur l’état du monde.

      J’en ai lu un paquet de vos commentaires, et désolé mais vous correspondez -à mes yeux- à la définition que j’en donne…

  30. 2 éléments de ‘réponse’ :

    « Bonjour les affamés d’Irak. Pour le premier anniversaire des élections, vous et nous serons au rendez-vous du ‘vendredi du regret’, pour avoir élu des députés qui ne servent pas l’Irak et ne répondent pas au désir des Irakiens », affirme un message publié sur le site Djiaa (« les affamés »).
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/27/troisieme-demission-d-un-gouverneur-en-irak_1485776_3218.html#xtor=RSS-3208

    « Allez les Libanais, révoltez-vous contre le confessionnalisme », « Nous voulons un Etat civil », « Confessionalisme, sang, guerres civiles, assez! », « Révolution contre le féodalisme, contre la ségrégation! », criaient les protestataires.
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/27/liban-plusieurs-centaines-de-manifestants-contre-le-confessionnalisme_1485817_3218.html#xtor=RSS-3208

    1. Luttes contre la corruption, contre la confiscation du pouvoir par les élites en place (y compris récemment élues), contre l’assignation à confession, pour des services ‘publics’ (au sens accessibles à tous et non pas appartenant à tous ou à l’Etat), contre le conservatisme des sociétés actuelles, …

      C’est la remise en cause de tout ce qui fondaient les sociétés arabes jusqu’alors.
      Cela va bien au-delà d’une révolte politique, pour ‘changer le régime’ en place (leitmotiv des manifestations de rues dans tous les pays).
      C’est une révolte sociale à mon sens, soit la remise en cause des normes collectives du vivre ensemble. Les ‘élites’, celles au pouvoir ou celles qui ont soutenu celles-ci (bourgeoisie ayant profité peu ou prou de la mondialisation libérale) sont donc elles aussi remises en cause.

      Au Maroc par exemple, une bonne partie de la génération de Hassan II reste encore au pouvoir, bloquant l’accès à une nouvelle génération à ce pouvoir (administratif, politique, économique, financier, …) car la génération précédente ne fait pas confiance dans cette nouvelle génération pour préserver les mêmes normes sociales ou tout du moins, éviter que tout ne vole en éclat (seule une infime minorité, ‘mondialisée’, a été cooptée car jugée ‘apte’ à gérer).
      Plus cette génération tardera à passer ‘le relais’, et plus la cocotte-minute montera en pression.
      Car la jeune génération ne se contente plus que ‘d’hériter’ du pouvoir : il lui faut aussi le définir.
      Ce que refuse leurs pères.
      Conflit de génération, lutte pour l’accès au pouvoir ?
      Pas seulement. Lutte pour la répartition des richesses produites, lutte pour tout simplement vivre mieux. Pour soit même et collectivement.

      De sorte que si on analyse bien ces mouvements, si ceux-ci voient leur libre court s’intensifier, il y a tout lieu de penser qu’à une échéance que l’on peut estimer que ‘brève’, c’est AUSSI (mais pas uniquement) le modèle de production et de répartition de richesse qui sera à terme réinterrogé.
      Pour produire un nouveau ‘contrat social’. Mais propre à ces sociétés spécifiques.
      Ainsi, la lutte contre ce qui est ressenti par certains jeunes comme un féodalisme et une ségrégation, le confessionnalisme, est propre au Liban (même si avec les coptes, la question peut aussi se retrouver de manière sous-jacente mais non ‘constitutive’ de la révolte en cours).
      Ainsi, de services ‘publics’ en Irak, pourtant riche de pétrole.
      Ainsi, d’un revendication d’une révolte trans-tribale en Libye (mais non pas ‘a-tribale’).
      Etc.

      A vue de nez, je dirais un ‘néo-nationalisme’, qui ne soit pas comme son prédécesseur, corseté dans un laïcisme exclusif et dogmatique, rejetant d’office la spiritualité islamique ou même diverse, riveté dans un corpus jugé dépassé d’un socialisme économique, dépendant des héritages cultuels et culturels pour le partage des pouvoirs au sein des sociétés.
      Il est ainsi ‘troublant’ de constater combien, dans ces différents pays concernés, les révoltes s’inscrivent dans le cadre de la nation existante et n’en appellent pas à une redéfinition de ce cadre mais bien de ce qu’il y a dedans. A l’inverse du ‘panarabisme’ de Nasser (dont Moubarak se prétendait être l’héritier) et de … Kadhafi (union Libye-Tunisie, ‘Etats Unis d’Afrique’).

      Ces révoltes semblent donc ‘nationales’. Mais elles concernent en même temps des thématiques que l’on pourrait facilement aborder en France (le service ‘public au public’, le confessionnalisme ou le communautarisme, …). Elles préservent les cadres de leur action tout en souhaitant en renouveler profondément ses mécanismes. Elles sont proprement locales et peuvent sans difficultés s’internationaliser, par les thématiques abordées (régimes, corruption, …) mais aussi par le fait qu’elles finiront bien par arriver toutes à un même questionnement de la mondialisation libérale actuelle, qu’elles subissent de plein.

      Comme une multitude de ruisseaux distinctes, chacun ayant leur propre dynamique, leur propre cours, mais dont une partie vient se mêler aux cours des autres, formant ainsi un torrent tumultueux, puis une rivière, qui rien ne semble arrêter, que personne ne semble maîtriser réellement. Que tout au plus, on tente d’endiguer.
      C’est quand la rivière vient se jeter dans les mers qu’elle est la plus prolifique, venant fertiliser les terres de ses limons.
      Alors, ce sera un fleuve.

      Un fleuve d’espérances.
      Mais pas avant.

      Addendum :
      Illustration de ce cours suivi, chaotique et imprévisible :
      Démission du premier ministre tunisien, suite aux manifestations à Tunis ces derniers jours.

    2. « C’est une révolte sociale à mon sens » : c’est pourquoi je penche vers de véritables révolutions … nationales.
      Elles ne nous ‘serviront’ pas à grand chose pour ce que nous avons à faire ‘chez nous’, autrement que par le fait, indubitable et incontesté, qu’une fois que les peuples décident de se saisir de leurs destinées, il n’existe pas grand chose pour les en empêcher.

    1. Bien sûr, musicalement, je peux apprécier, mais je n’ai pas la chance de comprendre le texte, ni d’ami à portée (pas musicale…) pour m’en préciser le sens. Ça serait-il dans vos cordes…?
      Merci.
      mqr

  31. Un édito de journal breton :
    http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Liberte-et-Democratie-_3632-1708665_actu.Htm
    « La démocratie n’est pas un héritage mais une conquête. Le courageux exemple donné par la jeunesse pacifique du monde arabe devrait réveiller les citoyens des pays démocratiques. Il devrait les inciter à exercer leurs responsabilités en prenant part à la vie démocratique de manière constructive et ainsi d’en affermir les fondements. »

    1. « Le courageux exemple donné par la jeunesse pacifique du monde arabe devrait réveiller les citoyens des pays démocratiques. Il devrait les inciter à exercer leurs responsabilités en prenant part à la vie démocratique de manière constructive et ainsi d’en affermir les fondements. »
      « Prendre part à la vie démocratique », cela peut aller jusqu’à s’engager dans un parti politique.
      Mais dans lequel ? Vous avez écouté peut-être les belles paroles de Martine Aubry sur A2 ce midi. La société qu’elle propose est en rupture totale avec ce que nous connaissons. Remettre l’humain au centre des préoccupations politiques. Qui ne le voudrait pas ? Et de se dire la fière héritière de son papa Jacques Delors …
      Se rend-elle compte que ce qu’a fait Jacques Delors, au nom de « l’humanisme chrétien » ? Ce président de la Commission de Bruxelles nous a conduits à l’absence d’Europe sociale et au dumping social ultralibéral que nous connaissons aujourd’hui.
      Et de se dire aussi prête à s’effacer devant DSK, s’il a plus de chance de gagner? Gagner quoi ? Et surtout pour quoi faire ? Ce parti veut avant tout gagner les élections. Le programme reste à négocier, on se demande selon quels principes ?
      DSK président ? Fera-t-il autre chose qu’au FMI ? Il aurait une conscience au FMI et une autre conscience en tant que président français rassemblant l’opposition à NS ?
      Devant une telle alternative, comment condamner ce responsable syndical CGT, de quelque part en Moselle, qui estime qu’un parti d’extrême droite répond mieux aux attentes des petites gens ? Je pense que le Front de Gauche a de meilleures solutions.
      Mais cela fait réfléchir.
      Quelqu’un sur le blog avait émis l’idée que l’opposition n’est plus droite-gauche, mais ceux d’en-haut vs ceux d’en-bas. Et à l’évidence DSK représente ceux d’en-haut. Et le fort parti d’extrême-droite, pour beaucoup de gens, semble représenter ceux d’en-bas, même si historiquement c’est un leurre.
      Ceux d’en-haut n’auront jamais ma voix, je ne referai plus l’erreur de la donner à l’UMP comme aux fameuses présidentielles UMP-FN.
      On ne peut s’empêcher de penser que les sondages publiés actuellement participent d’une intoxication. Ou alors beaucoup de gens de droite auraient reconnu que DSK est le meilleur candidat de la droite d’en-haut ?

  32. Et pendant que les révoltes suivent leurs cours, nos remaniements suivent les leurs.
    Juppé, Alain de son prénom, remplacera Alliot-Marie, Michèle, de son ex-poste de Ministre aux affaires étrangères.
    Sans doute, afin de gagner un peu plus de rectitude dans les bottes, qui commencent à être remplies.

    Juppé, celui dont Chirac disait qu’il était le meilleur d’entre nous …
    On y gagnera sûrement en cohérence (quoique). Peut-être en compétence.

    Certainement pas en rénovation de la politique étrangère.

  33. bonsoir,

    votre analyse est éclairante, même si j’ai relevé quelques points discutables à mes yeux.

    La recherche du bonheur individuel ne favorise pas le développement de l’intérêt général, mais au contraire ébranle de plus en plus visiblement les substrats politiques et économiques nécessaires au bonheur dans le cadre d’une vie en société.

    ce n’est pas faux mais assez général, la recherche d’un bonheur individuel n’est pas en soi dangereuse tant qu’elle n’atteint pas certaines proportions indécentes.

    et la richesse gagnerait à moins s’étaler. bling. bling. il faut limiter l’enrichissement et l’accaparement, non pas priver les classes populaires assez réalistes quand à leur ‘domaine du possible en terme de bonheur’. posséder un camping car avec frigo et partir à palavas ce n’est pas ce qui ébranle le pacte de solidarité républicaine de mon point de vue. c’est bien plutôt l’ultra-richesse et les bataillons d’immigrés analphabètes soumis au patronnat et inconscients de leurs droits syndicaux et sociaux. les dumping en tout genre.

    Alors, s’il est vrai que nous traversons une phase circonstancielle de relative unité généralisée, autant dans la revendication de changement des peuples arabes que dans l’analyse occidentale très majoritairement favorable à ces événements, il y a fort à parier que cela ne durera pas.

    depuis un temps certain le monde parle de l’effondrement de l’empire américain, les chantres claironnent à tue-tête mais il semble bien contrôler les armées des pays cités. la turquie est dans l’otan. l’arabie saoudite un allié. sans armée point de salut. les tendances au sein de l’armée devraient s’avérer déterminantes, comme à chaque fois lors d’une révolution. l’empire américain semble avoir la main mais son label ‘u.s.a’ devient lourd à porter. d’ailleurs est-ce bien l’empire américain ou un empire occidental en formation divisé, en deux comme le fut l’empire romain? les usa ont-ils cessés d’être un jour des européens immigrés? pas si sûr.

    enfin vous concluez sur l’égypte, un pays de plus de 80 millions d’habitants, c’est environ trois fois l’arabie saoudite, dans ce cas il est possible d’en faire le centre hypothétique d’un nouveau califat plutôt libéral et déjà intégré au niveau linguistique, appelé à s’étendre… dans cette région les centres du pouvoir ont quasiment toujours été multiples, l’identité arabo-musulmane fera-t-elle le poid? arrivera-t-elle à s’imposer sans y laisser des plumes? à mon avis non, ces pays issus du démembrement récent d’un empire puissant sont jeunes en terme d’âge moyen, il y a de la place pour notre modèle, à condition peut-être de le soutenir à bout de bras assez longtemps, comme en europe il fut un temps.

    1. « ce n’est pas faux mais assez général, la recherche d’un bonheur individuel n’est pas en soi dangereuse tant qu’elle n’atteint pas certaines proportions indécentes. »

      C’est exact. La limite réside peut être dans « la recherche individuel d’un bonheur individuel »

  34. A ceux qui croient que les monarques européens n’ont pas de rôle politique, un extrait du blog du Guardian sur la crise libyenne aujourd’hui et la saisie des comptes bancaires de la « famille »:
    Britain froze the assets of Muammar Gaddafi and his five children on Sunday evening at an emergency meeting of the Privy Council at Windsor Castle presided over by the Queen.
    As £900m of Libyan currency was impounded in Britain in a separate cloak and dagger operation, the chancellor George Osborne acted to freeze Gaddafi’s assets amid reports that the Libyan leader moved £3bn to Britain last week.
    Ministers, who announced earlier in the day that they had stripped Gaddafi and his family of their diplomatic immunity in Britain, froze the Libyan leader’s assets at a special meeting of the Privy Council at 5.15pm on Sunday.
    The meeting approved an Order in Council which froze the assets of Col Gaddafi; his son Saif al-Islam, who is a well known figure in Lord Mandelson’s social circles; the Libyan leader’s three other sons, Hannibal Muammar, Khamis Muammar, Mutassim; and his daughter Aisha Muammar. Britain moved after The Times reported on Saturday that Gaddafi had deposited £3m with a Mayfair-based private wealth manager last week.

  35. j’espère que ces révoltes vont permettre de re-panser les priorités.
    Repenser une économie qui commencerait par s’occuper des plus pauvres condamnés à l’esclavage dans les villes comme dans les champs, ceux qui nourrissent,, nettoient, soulèvent, et portent les malheurs de notre choix de société de profit parce que jetable, qui pollue les usines, les villes, les champs, les fleuves, vide les océans de ses poissons et le ciel de ses oiseaux.
    Sommes nous prêts sérieusement à les aider?

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