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6 réflexions sur « PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 5, réédition en librairie le 23 novembre »

  1. « Certes Paul Jorion indique que « la finance dispose donc des moyens de neutraliser toute tentative de réduire la nocivité de ses pratiques ». Mais il présente ce fait comme une fatalité sans en démonter les mécanismes.

    Il participe du discours qui tendrait à penser que le politique est structurellement passé, comme pouvoir, sous la coupe de la sphère financière. »

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sommes-nous-suicidaires-125124

    Suicidaires ? non merci mais en voilà un, l’auteur de l’article ci-dessus que je ne suivrai pas sur l’agora.

    1. Un extrait très intéressant, même s’il n’a pas grand chose à voir avec le sujet de l’IA, du business plan de l’inventeur de l’application vers laquelle envoie le lien de zacharian :

      « Une étude de marché sur un concept nouveau et un produit qui n’existe pas encore est une opération hasardeuse car on ne peut faire de démonstration et il n’y a pas de concurrence ayant déjà ouvert le chemin. […] Nous avons donc commandé une étude de concept sur Tiara, […]. Elle a été réalisée le 13 mai par Christian Michon, Docteur en Economie et Professeur à Sup de Co Paris et a donné les résultats suivants :
      […]
      2) C. Michon évalue le prix de vente grand public optimum de Tiara à 450 F. Il pense que vendre moins cher n’augmentera pas le CA et risque de dévaloriser l’image de Tiara. »
      http://www.tree-logic.com/telechar/BP%20juin%202000%20revu%20en%202007.pdf *note du grincheux : ça la fout un peu mal tous ces %20, mais bon, ce doit être la façon tendance de nommer les documents.

      Comme quoi, quand la demande ne sait pas encore qu’elle existe, l’offre valorise à la louche statutaire.

  2. Pire que ça 😉

    Cette possibilité de retenir des textes significatifs comme mots-phrases avec une érosion consécutive des mots individuels dans la transmission, est un mécanisme bien connu de la formation des comptines : qui reconnaîtrait encore « Pétersbourg et Rotterdam » dans « Bourre et bourre et ratatam » ?

    « Dans la culture, l’empreinte la plus surprenante est la comptine Am stram gram , venue du nord-est de l’Europe. Elle était si évidente qu’elle a échappé aux inquisiteurs. On y entend pourtant le rythme saccadé du tambour chamanique : « Emstrang Gram, Bigà bigà ic calle Gram, Bure bure ic raede tan, Emstrang Gram » , avec le cri final, « Mos ! » Elle porte l’incantation qui fait venir le loup sorcier : « Toujours-fort Grain, Viens donc viens, j’appelle Grain, Surviens car je mande au brin, Toujours-fort Grain. A Manger ! » . Le brin tan , c’est la baguette des sorts à qui la tourneuse commande. La nourriture, c’est la voyante elle-même qui s’offre. Grain, en norois Gram ou ManaGarm , c’est « Grain de la Lune », le loup céleste, étoile du soir qui poursuit l’astre au crépuscule. L’ancêtre de notre loup des fabliaux, Isengrin, brutal et glouton. »

    « Am stram gram…  » La chevauchée des chamans
    Dossier / Dieu au Moyen Age soumis le 29/12/2005 par Jean-Pierre Poly dans L’Histoire n°305 à la page 60

    J-P Poly inscrit ses recherche à la suite de Carlo Ginzburg

    Carlo Ginzburg fait remonter l’origine du folklore frioulan aux mythes rencontrés dans le chamanisme sibérien. A mon avis, Ginsburg travaille les traces historiques comme s’il s’agissait du texte de Finnegans Wake et s’efforce de lier « loup garou » à l’expérience hallucinogène provoquée par le seigle infecté de claviceps purpurea ; dans ce but il propose une dérive sémantique glissant de « tollkoprn » (blé fou) à « Werwolf » (loup-garou), en passant par « Roggenwolf » . Arrivé à ce point, Ginzburg saute sur les textes iraniens décrivant des « Saka Haumavaka », c’est-à-dire des « gens qui se transforment en loup-garou en buvant de l’Haoma ». Prenant, dès lors, appui sur le Soma de Wasson, Ginzburg recherchait les correspondants des « bots » c’est-à-dire des personnages à un pied, mais aussi du crapaud. Le but était alors de pointer le « fongo rosper », c’est-à-dire le « champignon crapaud » de Vénétie, et d’y associer le fait que l’une des archives du Frioul fait allusion à une boisson rituelle dont il a été dit qu’elle était préparée à partir d’excrément de crapaud ! Carlo Ginzburg rappelait par ailleurs la parenté des vocables lombards et vénitiens désignant l’Amanita muscaria par « champignon des fous » : cocch mat, coco matto, ovol matt, bole matt.

    À supposer que les interprétations de Ginzburg soient vraies, ses démonstrations reviennent à prédire qu’il pleuvra demain – parce que demain c’est la Saint Medard – et qu’il y pleuve effectivement !

    Il semblerait que les outils rassemblés par Paul, pour penser la pensée, puissent, singulièrement, faire avancer certains points délicats de l’anthropologie culturelle.

    « Emstrang Gram, Bigà bigà ic calle Gram, Bure bure ic raede tan, Emstrang Gram » semble tiré
    du « Lai de Hyndla » (Hyndluljodh) mais je n’ai pas vérifié …

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