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146 réflexions sur « Le temps qu’il fait le 27 mars 2015 »

  1. Mouais … ça ne m’a pas donné envie de réécouter du Wagner .

    J’ai dormi sans rêve .

    Mais aujourd’hui , si je pense à quelqu’un , c’est à la maman de Lubitz et je l’embrasse .

    1. à juannessy
      Réécouter du Wagner?Cela ne m’a pas,comme à vous,effleuré l’esprit.Les proches de Andreas
      si ! ,Et parmi eux
      sa mère,celle qui lui avait précisément « donné » la vie.Sans oublier victimes et proches….
      Mais je reviens à la question de la mémoire dont nous parle Paul.Vous dîtes que vous avez
      « dormi sans rêve ».J’ignore si l’on peut affirmer cela.Il arrive je crois que l’on se réveille en sachant
      que l’on a rêvé,mais en étant incapable de s’en souvenir.(se souvenir du rêve en question,dont
      on est sûr qu’il nous a parcouru l’esprit sans que l’on ne parvienne à en restituer le « contenu »)
      Dans ce cas précis peut-on dire que l’on a dormi sans rêve?Et si l’on pense(,au réveil )que l’on
      n’a pas rêvé,est-on certain qu’il en est ainsi?Quelqu’un,dormant auprès de nous, pourrait-il le
      « confirmer » ou au contraire l' »infirmer ».?D’où nous vient cette « capacité » à nous souvenir de
      certains éléments de nos rêves? Et d’où viennent ces « pensées » de Paul (en rêve) de Bouddha
      et de tortue….Amorce de réflexion et sur la mort,et sur la « tragédie » de l’existence. Etude
      de cette « machine » si complexe que l’on appelle le cerveau,sur la mémoire,et sur tout à la fois
      la « conscience » et l' »inconscient ».Du pain sur la planche!D’où viennent nos « mythes »,nos
      croyances,nos répulsions …ETC…Notre « altruisme »….
      .

      1. – je n’ai pas d’information sur ce qu’écoute ou pas la maman de Lubitz . Quand je dis que je pense à elle , cela signifie : « de façon particulière » , car je pense aussi à ceux qui ont perdu un proche dans cet instant .

        – si je ne me souviens pas de mes rêves , j’admets par souci de simplicité que je n’ai pas rêvé.

        – je ne me hasarderai pas à demander à ma femme de vérifier si je rêve , ne voulant pas courir le risque de voir débarquer des blouses blanches à l’appartement.

        – les rêves sont pour moi , certainement les traces de la rémanence de quelque chose , mais je ne crois pas que cette rémanence soit décryptable utilement et sans risque de grande …confusion . Pourquoi notre raison serait elle plus futée à décrypter les représentations que le réel ?

      2. Il paraît que l’après-midi où Hitler s’est suicidé, un chaman rapporta à un savant qu’il avait combattu et vaincu un terrible démon, ailleurs, pendant la nuit.

      3. @Lexia :

        C’est pire que ça ! Car écrire , dire , »penser » … « réel » est déjà une représentation .

        Mais on a déjà beaucoup parlé des mystères à l’occasion de billets métaphysiques .

      4. @Lucas
        Les chamans passent une grande partie de leur temps à combattre des démons, alors bof c’est pas très convaincant comme anecdote… Si le chaman avait dit « j’ai passé ma nuit à combattre et vaincre un démon qui, non seulement portait des costumes bleu marine mais en plus avait mauvaise haleine, comme le dira un célèbre juif new-yorkais dans 35 ans environ… » alors là je l’appellerais « Monsieur » ce chaman!

      5. Effectivement D-croissance, je ne me suis pas aventuré car cette histoire est vague et se situe dans un vaste et profond brouillard mnésique.., mais elle est bien là et de source sûre.
        (Je crois que c’était un démon qu’il combattait depuis plusieurs mois ou semaines).

        https://www.youtube.com/watch?v=pPgMDJq_-aY , M.Wismann et M.Klein, un peu sur le réel.

  2. La folie, justement, n’est elle plutôt dans un système qui permet,

    Qu’aller pisser finisse par cent cinquante morts ?

    Il y a des monsieurs Lubitz partout,

    A l’épicerie, et dans la centrale nucléaire du coin.

    Mais c’est pas eux le problème !

    Cela me rappelle ces gens qui vous disent,

    Qu’il n’y a rien de plus dangereux sur la route,

    Que les enfants et les animaux….

    On crée des outils, en oubliant que ce sont

    Des hommes qui vont les utiliser !

  3. Le suicide, un sujet d’actualité par les temps qui courent … surtout pour ceux dont la fin de vie est plus proche que le début … notre vieux monde et ses valeurs semblent disparaître pour toujours et inévitablement on se questionne sur le sens de la vie, de sa vie .A vrai dire c’est ce qui est aussi arrivé aux générations précédentes mais nous étions trop jeunes pour le remarquer. Ce n’est que vers la toute fin de sa vie que l’on peut réellement faire le bilan et juger si sa vie et la vie en général en valent la peine….Mais une chose est sûre, ce n’est pas à d’autres ou quelqu’un d’autre de juger si votre vie en vaut la peine…

    1. .Mais une chose est sûre, ce n’est pas à d’autres ou quelqu’un d’autre de juger si votre vie en vaut la peine…

      Ok, mais dans ce cas précis, Lubitz a juger, même de manière inconsciente, que 149 autres vies n’en valaient pas la peine et cela il n’en avait pas le droit.

      1. il n’en avait pas le droit

        Ça me fait penser à une interview improvisée de Claude Bourguignon – il fallait que ça tombe sur vous ! 😉 – dans laquelle il dit entre autres ceci (11’50) :

        « Ce qu’on fait aux animaux en ce moment, mais c’est… mais on va le payer, hein ! Finalement, on a pris ce qu’on a fait aux juifs dans la shoah, on est en train de l’appliquer à nos animaux : concentration, numéro pour leur faire perdre leur identité, on leur grave des numéros… C’est monstrueux, ce qu’on fait aux bêtes. On le paiera un jour très cher, ça, parce que vous avez pas le droit de faire ça aux bêtes ! C’est pas parce que vous allez les manger qu’elles ont pas le droit de brouter de l’herbe tranquilles, c’est pas vrai ! Elles ont le droit, comme tout le monde, au soleil, à la terre… Les poules ont le droit de bouffer des vers de terre… Là on a fait des expériences, on a sorti des poulets d’élevages industriels, on les a mis devant des tas de fumier, ils ont regardé, comme ça, et puis il y a un ver de terre qui est sorti, ils l’ont regardé, jamais touché, ils savaient pas ce que c’était… Tellement abrutis dans leur camp de concentration, ils savaient même pas que le ver de terre, ça se mange ! Donc vous voyez, on arrive à des niveaux [tels que] les bêtes elles-mêmes perdent le lien avec la terre. Tout ça, c’est à retrouver… »

        Cette notion de « droit » est très intéressante pour moi. Ce droit-là, il est écrit où ? Je dirais qu’il est écrit dans notre propre ADN, dans notre propre information génétique (Allo Roddier ?). Si nous avons la possibilité – et nous l’avons puisque nous le faisons ! – de transgresser ces règles-là, d’ignorer même qu’elles existent, est-ce par manque de sagesse ? Par amnésie ?

        Ces questions me passionnent, même si (ou parce que) elles m’effrayent…

      2. « Cette notion de droit »

        Le droit et les lois sont des inventions de l’Homme et sont toujours liées à un temps et un lieu. En réalité , il n’existe ni de droit ni des lois universelles . Ne dit-on pas qu’ Einstein était le dernier déterministe… Sans droit ou lois universelles déterminées il n’existe ni âme ni conscience universelle , ce qui peut poser un problème existentiel chez certains …

      3. @Michel Lambotte
        « Il n’en avait pas le droit » = vous arrivez à imaginer la taille de la faille dans la tête du gars qui fait ça? C’est compliqué le psychisme humain. Ce type n’est pas un pervers, sinon il aurait fait tomber l’avion sur une zone à grande densité de population ou sur une usine pétrochimique etc… Ce type est un gars qui n’allait vraiment pas bien, et ce n’est pas le premier suicide d’un pilote aux commandes de son avion de ligne… La vraie question c’est de mettre en place des procédures qui permettent de limiter le risque de renouvellement d’un tel drame.

        On ne peut pas interpréter la personnalité d’un tel homme avec des arguments de droit ou des propos de Café du commerce. Claude Halmos, psychanalyste, a très bien parlé de cet homme ce jour (28/03/15) sur france-info, sous l’angle du psychiatre. Non, ce n’est pas simple. Quand un gars en arrive à un tel état délirant dans sa tête, il ne va pas être en état d’avoir de l’attention pour les 149 personnes qui vont y rester avec lui. Parce que s’il était en état d’y penser, il choisirait évidemment une forme de suicide individuel pour sortir de sa souffrance! D’ailleurs c’est plus qu’un simple suicide, mais plutôt quelque chose comme le point culminant d’une psychose délirante à mon sens…

      4. Si vous me le permettez, Le marin, il me semble que les choses sont un peu plus subtiles – ou compliquées, comme vous voudrez – que ça !

        « Les lois sont des inventions des hommes (…) En réalité , il n’existe ni de droit ni des lois universelles. » Serait-ce à dire que le comportement des hommes ne pourrait être régi par rien de tangible ?

        Car c’est bien du comportement des hommes qu’il s’agit, dans le cas d’Andreas Lubitz comme dans ce qu’évoque Claude Bourguignon, en précisant au passage : « on va le payer très cher »…

        Car la question est peut-être moins celle de la légitimité d’une loi que celle des conséquences que nous aurons à en assumer la transgression.

        Exemple 1 : l’inceste. D’où il vient, cet interdit-là ? Sans vouloir faire de la psychanalyse à deux balles (même si je n’ai pas les moyens d’en faire une de plus grande valeur), il me semble que c’est progressivement en découvrant que les enfants nés d’unions incestueuses étaient « anormaux » dans une proportion plus grande que « la normale » que cet interdit s’est progressivement généralisé.

        Exemple 2 : l’observation de la nature. Claude Bourguigon – encore lui ! – nous fait remarquer qu’une forêt, par exemple, n’a pas besoin d’intervention extérieure pour être régulée – le rêve pour un libertarien ! Sauf que contrairement à ce dernier, la forêt n’a rien à vendre ! Un cycle perpétuel a été mis en place, un « équilibre stable » pourrions-nous dire, où les éloignements par rapport à cet équilibre sont pris en charge pour un retour à l’équilibre. La posture A de Granier, en quelque sorte, ou la fièvre d’un malade (que les vendeurs de médicaments essayent par tous les moyens de faire baisser) œuvrant à sa guérison jusqu’à ce que la fièvre redevienne inutile, et donc contre-productive. Il y a là aussi, dans tous ces processus, des « lois » dont les hommes se sont détournés résolument, brisant les équilibres. Ressources sur-exploitées et en voie de disparition (vous êtes pêcheur, ou vous en avez dans vos relations ?), génération de déchets sans nombre, dans l’eau, la terre ou dans l’air, impactant parfois pour des millénaires la vie des générations futures (si tant est qu’elles y survivent).

        Exemple 2 bis. Les plus gros vendeurs de semences – Monsanto en tête, bien sûr – se sont arrangés pour que les plantes obtenues avec leurs semences soient stériles (ou quasi). Ainsi, leur profit est assuré puisque les agriculteurs sont obligés d’acheter chaque année les semences. Mais ça ne leur a pas encore suffi : il fallait aussi que les semences de plantes pouvant à leur tour donner la semence soient interdites. Ils ont donc fait édicter des lois qui interdisent la vente ou même l’échange des semences autres que celles qui sont inscrites dans un catalogue – qui est précisément leur catalogue de vente ! Cette loi – écrite et bien écrite, celle-là ! – vient exactement en contradiction avec celle de l’exemple précédent. L’homme se croit autorisé à écrire des lois, quelles que soient les lois que leurs lois viennent contredire.

        Nous sommes, comme le dit Claude Bourguignon, en train de découvrir le prix que nous allons payer pour ne pas avoir respecté certaines lois.

        3. Andreas Lubitz. Avait-il le droit d’entraîner 149 autres personnes que lui dans la mort ? Si la réponse est non, c’est au nom de quelle loi ? Je ne parle pas d’une loi qui serait écrite par les hommes, du genre : « si vous vous suicidez, il vous est interdit d’entraîner dans la mort quelque autre personne que ce soit ». Ce texte n’est évidemment écrit nulle part, car quelle pourrait être la peine associée ? Non, si Lubitz a enfreint une loi, cette loi est non-écrite, et je pense – je n’ai en tout cas pas de raison de ne pas le penser – qu’il en était tout à fait conscient. Mais – et c’est là que ça devient intéressant à mon avis – je pense qu’il a enfreint consciemment cette loi pour dénoncer une autre transgression d’une loi « non-écrite »… qui est mon exemple suivant.

        4. Est-ce que quelqu’un sur cette terre a le droit de faire payer – et laisser s’endetter – quelqu’un d’autre pour lui permettre de travailler dans l’emploi qu’il a choisi ? Voilà où nous en sommes dans le rapport de force entre employeur et employé – et dans le cas précis des compagnies aériennes, voilà qui nous renvoie aux billets récents de Roberto Boulant, ici et ici… par exemple.

        5. Je pourrais encore continuer sur le nucléaire. On nous assure la sécurité des centrales, mais ceci est très bien en temps de paix… Quand les temps sont troublés, c’est autre chose ! Etc.

        Quel prix allons-nous payer pour être allés si loin dans le mépris de l’autre, de la nature dont nous sommes issus, de la terre qui nous porte ? Nous commençons seulement à payer ce prix.

      5. @ Olivier

        Merci, vous décrivez beaucoup mieux que moi ce que je ressens à ce sujet. Je ne pense pas comme D- croissance que ce sont des propos de drève de comptoirs.
        Nous sommes loin de détenir les solutions à tous ces problèmes, et ce qui vient d’arriver me semble être une avalanche d’erreurs ou de mauvais fonctionnements.
        Andréas n’avait qu’un seul rêve, devenir commandant de bord à la Lufhtensa et son état de santé ne le permettait pas. Ajouter l’endettement à cela et nous sommes en présence d’un mélange détonnant . N’ayant que ce rêve, il y a manifestement un manque de résilience qui empêche de rebondir.
        Je ne pense pas qu’on puisse seulement accuser Andréas de cette situation, nous sommes tous responsable de son acceptation, comme nous sommes tous responsables de la situation dénoncée par Claude Bourguignon.
        Si Andréas avait eu une idée plus globale des possibilités du futur, il aurait je pense abandonné son rêve impossible et aurait rebondit vers autre chose, cela arrive tous les jours à des milliers de citoyens.
        Trop absorbées par le profit les compagnies aériennes ne veulent pas voir ces réalités et sont finalement responsables de cette catastrophe.
        Alors, ne parlons pas de droit mais de devoir et notre premier devoir est nécessairement de continuer sans cesse la compréhension du monde et puis d’agir en conséquence.

      6. « Serait-ce à dire que le comportement des hommes ne pourrait être régi par rien de tangible ? »

        Tout est relatif, non écrit et non déterministe, non seulement au niveau des sciences exactes telles que la physique mais également au niveau des sciences humaines … Au niveau des sciences humaines, l’Homme a le privilège, la liberté d’inventer toutes les lois, devoirs, comme bon lui semble… Il y n’ a pas d’ autre juge que lui-même – ni de vérité ni de sens absolus ou universels…C’est d’ailleurs pour cette raison qu’au cours de l’Histoire, le droit, le devoir, la morale , l’éthique ont pris tant de directions différentes… Certains prétendent que l’Homme apprend par l’expérience au cours de son évolution, mais en ce qui me concerne, même cet affirmation est toute relative… Ceci ne veut nullement dire que je comprends ou souscris aux actes de ce copilote – mon éducation, mon expérience de vie, m’y opposent ferment – j’essaye seulement de comprendre et de réfléchir hors cadre…

      7. Le marin,

        Je ne pense pas que vous ayez lu attentivement ce que j’ai écrit. J’ai en tout cas très clairement échoué à vous faire comprendre ce que je voulais dire. J’en prends note.

        Ce sera pour une autre fois ? Ça m’étonnerait, parce que je mesure à présent le temps que je passe sur le blog de Paul Jorion.

        Bonne suite ! Et merci à Michel pour sa réponse !

      8. Olivier Brouwer, j’ai parfaitement compris ce que vous écrivez. En effet, en substance, l’Homme apprécie différemment les notions de bien et de mal en fonction des époques et des lieux. Par contre, contrairement à vous, je pense que le cas Lubitz ressort également de ce cadre.

      9. Merci Olivier
        Moi aussi je n’ai pas que le blog de Paul Jorion pour passer mon temps de retraité, mais quand vous me donnez l’occasion de répondre aux colles que vous me posez, c’est avec un réel plaisir que j’y répond et j’ai l’impression d’apprendre quelque chose.

  4. Bonjour,
    Après des tonnes de commentaires dans les médias , vous parvenez à ajouter un point important et nouveau: Lubitz s’il l’avait voulu aurait pu tuer bien plus, en se transformant en bombe volante contre une ville ou une centrale. Il s’agit donc d’un suicide ‘simple’. Ceci dit, je ne crois pas que nos centrales résisteraient à un tel impact, argument donc dans un autre débat…

    1. Pardon, mais il y a une grosse faille dans votre raisonnement…
      Le co-pilote a agit au plus vite des que le pilote est sorti pour aller se soulager.
      On ne peut pas dire, si ca avait ete au-dessus d’une ville, ce que ce co-pilote aurait fait ou n’aurait pas fait.
      Ce qui semble evident, c’est qu’il n’a pas choisi le lieu de son crime, il a choisi le moment.
      Et il ne l’a meme pas choisi, le moment. Il l’a saisi au passage quand celui-ci est venu –le pilote qui sort, et il faut ensuite 5 mn pour verouiller la porte et le code digital
      Ca change un peu la donne de ces reflexions sur la dimension de son geste criminel…

  5. Du point de vue technique, des données concernant le vol d’un avion sont transmises à intervalles réguliers : vitesse, altitude, position, orientation.
    Pourquoi ne pas transmettre également la donnée concernant le blocage de la porte cockpit et de prévoir dans ce cas, l’activation d’une liaison radio directe avec le sol depuis la cabine passagers, il sera ainsi possible d’évaluer la situation en temps réel et d’assumer, le cas échéant, la désactivation à distance du dispositif de blocage ?

    1. parce qu’une telle liaison directe avec le sol serait une faille de sécurité en cas d’attaque du cockpit, et créerait beaucoup plus de problème qu’elle n’en résoudrait.

      1. Je ne vois pas en quoi cela créerait une faille dans la sécurité, cela assurerait au contraire une meilleure sécurité appliqué à un cas semblable à celui qui vient d’être vécu.
        Dans le cas où il s’agirait d’une tentative de prise de contrôle de l’avion par un ou des terroristes, le sol peut déterminer quelle est la situation exacte au moment et agir en conséquence:
        -porte cockpit bloquée et pas de réponse du poste de pilotage => activation de la liaison radio avec PNC => prise de décision du sol en fonction de la description de situation.
        -porte cockpit bloquée et réponse du poste => pas d’activation de la liaison radio PNC => le cdt prend seul les décisions en relation avec le sol s’il s’agit d’une tentative de détournement.

      1. Environ début 2002 (9/11), après qqs tests, je crois.
        Troncal a parfaitemet répondu. Le forum « Crash-aerien » est plein d’une vingtaine de suggestion de ce type là, c’est de la théorie des jeux et la question de fond est « à quoi fait on confiance » : quelqu’un ? quelque chose ? la terre (qui « ne ment pas » dit un slogan mal réchauffé) ?
        Et je ne pense pas qu’il y ait une solution OK. Celle choisie actuellement, toujours 2 personnes en cockpit, n’a pas trop de conséquence secondaires, elle tend à moyenner sur la volonté générale des humains de survivre à l’échelle d’une durée de vol (un peu moins à l’échelle des 10 ou 100 générations d’une « civilisation »). Malgré le fait que les PNC (stewards, ici chef de cabine) sont moins filtrés que les PNT (pilotes). Certains confient bien la Stewardship de la finance à quelqu’un de pas très filtré par les économistes !

        Pour revenir à la sécu aérienne, toutes les solutions techniques (« un machin qui bloque … ou qui débloque, si ceci ou si cela) apportent failles etc. les voitures trop électroniques se font hackerr depuis qqs années déjà (les Mercedes allemandes par des circuits balkaniques, p ex)

  6. Ce qu’ il y a de mieux ne t’ est à jamais hors d’ atteinte, …

    Quand Friedrich Nietzsche s’ exclama Dieu est mort, c’ est après avoir vu avec quelle cruauté un cocher fouettait son cheval dans la ville de Turin ; Béla Tarr nous montre quelle fut la vie de ce cocher avant cet épisode dans son film le Cheval de Turin.
    Après cet épisode Nietzsche se serait réfugié dans la démence.

    https://www.youtube.com/watch?v=0DnCS7uXueQ

    Hyper sensible, hyper sensitif, hyper doué, dépressif …
    Des gens, très nombreux, vivent longtemps, ou parfois se suicident avant, dans un monde qui n’ apparaît pas à leurs yeux comme le leur.
    Ils peuvent connaître l’ enfer comme la grâce. Ou simplement la maladie ou la guérison ou une alternance des deux.
    De toutes façons ils sont seuls.
    Dans mon pays, on connaît très bien la dépression et les hôpitaux psys sont pratiquement irréprochables.
    On trouve aussi des psys par milliers et les pharmacies vendent des antidépresseurs plus que le boulanger ne vend de croissants le dimanche matin.
    Et alors? Alors rien. J’ étudie cette maladie depuis, disons vingt ans, pour m’ en guérir. J’ ai du mal à guérir, j’ essaie d’ être stable c’ est tout.

    Avec humilité je monterai sans doute, comme chaque fois dans l’ avion mercredi qui m’ amènera d’ abord au dessus des lieux du drame puis atteririr à Nice. Lumière …

    Virginia Woolf dans le film The Hours, interprétée merveilleusement par Nicole Kidman, s’ écrie sur le quai de la gare face à son mari : « tout patient devrait pouvoir avoir le choix de son moyen de guérison ».

    Or, et je ne m’ expliquerai pas trop à ce sujet, que ce n’ est pas toujours le cas, je dirai quand même, qu’ il f aut des « permissions » parce qu’ il y a des « réglements » (pour partir guérir ailleurs).
    Alors que que c’ est de la vie même qu’ il s’ agit.

    Absurde!

    Pour les rêves et leur interprétation, sans doute ai-je déjà mis ces références un jour sur ce site, lire, de Jean Chevalier, Alain Gheerbrant, Dictionnaire des Symboles. Une bible!

    1. Merci à Pierre C.

      Le cheval que vous évoquez fait tout à fait penser à la fameuse Bande Dessinée de Paul Jorion!
      Peut-être n’est-ce pas complètement une coïncidence?

      1. Si l’on se souvient des chevaux du carrosse de Pascal sur le pont de Neuilly en 1654 , qui ont conduit à un billet extatique ( pas ataraxique) , cousu dans une manche d’habit , ça peut inciter le BEA a rechercher s’il n’y a pas eu un cheval dans le parcours de Lubitz , mais ça va être difficile de vérifier le tissu de son uniforme de vol .

  7. Aussi curieux que cela puisse paraître, j’aurais préféré un attentat.
    Car l’acte d’un déséquilibré me paraît en réalité le fruit d’une logique purement mercantile, bien plus grave qu’un acte politique: la marque de la folie d’une société, ivre de son mode de fonctionnement basé sur l’argent.
    Des licences de pilote, sur lesquelles il est mentionné « attention, pilote présentant un danger psychiatrique », je ne serais pas étonné d’apprendre que seule la compagnie Low cost de Lufthansa en a sous son giron.
    Le deal serait simple: « Petit, on te donne la chance de voler, tu seras sur une low cost, bien moins payé, et on a pesé les risques: tu fous l’avion en l’air, on paiera toujours moins cher que si t’étais à la LUFTHANSA, et la probabilité que ça arrive par rapport au fric que tu vas nous rapporter, il n’y a pas photo, tu vas nous régaler. ».

    1. Et pour continuer dans mon délire (puisqu’on parle de rêve), la liberté trouvée par cet accroc de la dépression et du grand air, ce serait se donner la mort pour tuer l’oppression d’un système qui lui mettait un couteau sous la gorge chaque fois qu’il partait en vrille, par un pied de nez: on a profité de lui, parce qu’il présente une menace (tuer les passagers); ce profit est payé par la réalisation de ce dont on l’affublait.

    2. C’est encore pire que ce que vous imaginez !
      Il se trouve que la télé (France 2, je crois) nous a expliqué hier le stupéfiant système de « Pay to fly » que l’état des choses impose aux jeunes pilotes :

      Les grandes compagnies n’embauchent guère en ce moment, et seulement des pilotes ayant au moins 500 heures de vol. Ceci crée un rapport de force très défavorable aux jeunes pilotes, qui se trouvent contraints, s’ils veulent faire ce métier un jour, d’accepter de payer pour voler sur des compagnies low-cost, sans contrat ni salaire ! Le prix à payer pour rentrer dans cette incroyable combine est de l’ordre de 50 à 150 k€, rien que ça ! Les jeunes qui sont dans cette situation ont trop peur de la perdre, à cause de l’endettement associé, et acceptent n’importe quelles conditions et horaires de travail. Vous pouvez facilement imaginer les conséquences !
      Cette monstruosité est consécutive à la déréglementation du transport aérien, et figurera un jour en bonne place dans le musée des horreurs du libéralisme.

      Rien ne me permet de dire à ce moment que le drame de Germanwings relève directement de ce scandale, mais quand un employé cache à son employeur qu’il devrait être en arrêt maladie, il est légitime de s’interroger sur le contexte, plutôt que de suggérer au public, comme commencent à le faire certains médias : « Quel salaud quand même ! Il a délibérément caché à son employeur qu’il était fou ! ».

      1. La pétition publiée le 3 septembre 2014 est toujours en ligne https://secure.avaaz.org/fr/petition/p2f_must_stop/?pv=85

        « Nous vous écrivons afin de porter à votre connaissance une pratique qui consiste à vendre à des pilotes de ligne (ou d’hélicoptère) des blocs d’heures de vol sur avion ou hélicoptères multi-pilotes.

        Il est scandaleux qu’un pilote doive payer de 30 à 80 000 euros pour voler 300 à 1200 heures sur un Airbus 320 ou Boeing 737 avec 150 personnes a bord.

        En effet, toute personne achetant un billet de transport à une compagnie aérienne s’attend, à juste titre, à être confié à des pilotes professionnels employés et payés par la compagnie, c’est à dire avec un statut de travailleur rémunéré.

        — — —
        Source : Est-ce l’avion qui s’est écrasé ou les pilotes ?
        http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/est-ce-l-avion-qui-s-est-ecrase-ou-165358

  8. Bonjour
    Hélas, la folie existe bel et bien. On nous parle de dépression dans le cas de ce pilote, ça ne veut rien dire. Tous les dépressifs ne font pas de séjour en HP. Et la dépression est un symptôme, souvent de névrose plus ou moins bénigne, mais elle peut aussi être un symptôme de psychose, et là, c’est un peu plus compliqué et ça peut totalement coller avec ce comportement de violence vis à vis de soi et des autres.
    Personnellement, le cauchemar éveillé que je fais, c’est l’analogie entre ce cockpit sécurisé, « stérile » ais-je même entendu de la bouche d’un des inévitables consultants-experts, et l’Europe. Oui, l’Europe elle aussi est sécurisée grâce à Frontex, ses armées, ses rafales, ses officines de renseignements qui n’ont sans doute pas grand chose à envier à la NSA et aux chinois… et le même scénario que dans ce vol est en train de se produire : celui qui va nous faire écraser au sol est aux commandes, c’est notre système politico-financier, Alexis Tsipras essaie de défoncer la porte, le peuple crie, et l’avion descend…

    1. C’est ma foi un excellent matériaux de départ pour inspirer un nouvelliste. Si, vraiment.
      Belle chute aussi dans la vidéo de Paul Jorion qui élève ce récit d’une platitude désarmante ou l’alpha et l’oméga ne doivent pas forcément se résumer en deux trous, celui d’où l’on sort en criant vers celui où l’on disparait accompagné du bruit des pelletés de terre. Art comme anti-destin.

  9. Libé regarde plutôt du coté de Stefan Zweig : http://www.liberation.fr/monde/2015/03/27/andreas-lubitz-pilote-amok_1229680
    « Le mot [Amok], qui tire son origine du malais amuk, désigne un état soudain et explosif de folie meurtrière, souvent causé par une forte émotion. Cette transe furieuse, observée pour la première fois par les ethnologues en Indonésie, est toujours individuelle. Elle prend fin généralement par la mise à mort de l’individu. En cela, elle s’assimile à une forme de suicide. Selon la culture indonésienne, l’amok est causé par un esprit maléfique, qui s’empare de l’âme des hommes pour libérer leurs pulsions morbides, alors même qu’ils n’ont jamais montré de signe de colère particulier.

    «L’Amok court, le regard vide; il ne voit pas où il se précipite», écrit au sujet de ce comportement l’écrivain autrichien Stefan Zweig, dans Der Amokläufer (littéralement «le coureur en amok», mais traduit en France Amok ou le fou de Malaisie). Publiée en 1922, la nouvelle conte la chute délirante d’un médecin allemand en fuite, qui a quitté la Malaisie après un épisode tragique dû à son obsession soudaine et déraisonnée pour une jeune femme l’ayant humilié. Pris d’une démence paranoïaque, obsédé par la frustration d’un rejet, l’homme se laisse peu à peu happer par un espoir fanatique de domination. Dans sa course aliénée pour arracher à la jeune femme empathie et estime, il s’enfonce peu à peu dans une fureur égocentrique qu’il nomme Amok. Cet état psychotique le poussera finalement à se donner la mort. «L’Amok ne se lance pas impunément dans sa course; à la fin, quelqu’un l’abat», fait dire Zweig à son personnage. »

    1. Pas besoin de faire aussi exotique, l’Europe germanique avait ses berserkr, guerrier mi homme mi bête, qui pour accomplir leurs exploits destructeurs, devaient d’abord rentrer dans un état de transe, associé par certains psychologue à un trouble post-traumatique.
      Voir Breivik en Norvège.
      To go bersekr en anglais signifie d’ailleurs « péter un plomb ».

  10. Nous sommes une bien curieuse espèce. Le nom d’Andreas Lubitz est promis à la postérité, alors que celui de Chesley Sullenberger (http://fr.wikipedia.org/wiki/Chesley_Sullenberger) est déjà presque tombé dans l’oubli.
    Tuez des millions de gens et c’est pratiquement l’immortalité assurée, sauvez-en des millions tel Edward Jenner et…, Edward qui ça ?

    1. Non, chez les connaisseurs du monde aérien, Sullenberger est une référence. Et encore pas mal du delà (chez les amateurs d’oies bernaches par exemple)

    2. Paul Ricoeur opposait l’excès de mémorisation au trop peu de mémorisation.Et parallèlement,
      le trop d’oubli au trop peu d’oubli.C’est dans ce cadre là que se « construit » les « histoires »,
      les histoires personnelles,ou familiales et l’Histoire avec un grand H.
      A ce sujet l’on ne saurait oublier où a conduit la folie(pleinement reconnue) d’un dénommé
      Hitler et le nombre immense de ses victimes,si loin du crime d’Andreas Lubitz,pourtant si
      odieux et injuste….

  11. Le jour où Valls aura le visage illuminé comme un Boudhha vous pourrez tous faire votre dernière prière 🙂 Enfermé en lui-même, ne sachant plus très bien se qu’il doit faire avec ce manche, ni même s’il est du bon côté du manche. Le crash n’est plus très loin.

  12. Stephan Zweig s’ était suicidé, avec son épouse, se doutant de ce qui allait arriver, le nazisme.
    Dans la vidéo, au début, vous faites allusion à Hitler. Pourquoi les Allemands ont-ils suivis, pour ainsi dire aveuglément un fou? Mis à part les raisons qu’ on sait, il y a un fait, que personne ne veut , reconnaître, à savoir qu’ à l’ époque on était élevé dans l’ obéissance absolue au père. Et que celui-ci pouvait battre un enfant sans défense sans que celui-ci soit en mesure ensuite de contester la chose ; des millions d’ enfants ont ainsi grandis avec le message que s’ ils avaient été battus c’ était pour leur bien, juste. Hitler était un fou pour ainsi dire à l’ apparence très paternelle et son peuple son enfant. Le pourquoi de la suite peut s’ expliquer ainsi.
    Il existe en psychologie quelque chose qu’ on nomme l’ abréaction ; un enfant s’ il veut survivre aux mauvais traitements n’ a pas d’ autres choix que de refouler ses sentiments, jusqu’ au jour où lui-même risque de devenir un bourreau, soit pour lui-même, soit pour les autres. L’ auteure de cette théorie affirme avec raison que des milliers de livres ont été écrits sur le personnage Hitler sans se poser la question du comment de son éducation. Le fait de savoir ce comment (il avait été un enfant battu) aurait mis trop mal à l’ aise (la plupart des gens l’ avaient été et ne voulaient pas reconnaître la gravité et les conséquences de ces faits, surtout l’ humiliation engendrée et la colère refoulée).
    Causes effets ; la psychologie a ceci de passionnant qu’ elle constitue un véritable travail d’ enquête et que pour réussir elle se devrait d’ interroger absolument tout ; autant l’ éducation, que l’ histoire, la culture, la société, etc. Et certainement pas de manère superficielle.

    Si on nous avait promis un monde de progrès où la science apporterait nombre de réponses et qu’ on semble aujourd’ hui plutôt au bord du chaos (ou encore on nous parle sans cesse de sécurité, souvent « pour notre bien » et on se rend compte que les dangers surgissent de plus en plus de partout), il doit bien y avoir une raison quelque part.
    Mais la réponse n’ est pas évidente et la discipline (la psycho donc) ne plaît pas à tout le monde, ne se suffit non plus certainement pas à elle même comme on aimerait l’ espérer j’ en conviens.

  13. Il y a des pères ou des mères qui se suicident en laissant de jeunes orphelins. D’autres font le choix de leur ôter la vie avant de passer à l’acte pour eux-même. Par haine, par amour ? Est-ce vraiment le cœur du problème ?

  14. Si on s’examine attentivement on en arrive à constater que nous ne sommes rien de plus ni de moins que mémoire. Nous naissons vide, si l’on peut dire, mais nous commençons immédiatement à mémoriser et ainsi nous accumulons progressivement une somme astronomique d’informations qui constituent un stock impressionnant de mémoire, et cette mémoire c’est nous, sans elle nous ne serions rien et lorsque la maladie s’empare de notre cerveau et le dévore progressivement nous devenons l’équivalent de rien.

    1. C’est effectivement la thèse que je défends dans Principes des systèmes intelligents (1989), où je décris le modèle de constitution de la mémoire que j’avais implémenté (aargh ! je ne connais pas d’autre mot !) dans le logiciel ANELLA (Associative Network with Emerging Logical and Learning Abilities).

      1. Il serait intéressant,Paul,de préciser si vous avez pu et comment éviter les 2 risques au sens
        de Paul Ricoeur :l’excès ou le trop peu de « mémoire »(ou d' »oubli »).Le passage au « collectif »
        est-il source et surtout garantie que l’on parvient à écarter ou réduire ce type de dysfonctionnement
        (pourrait-on dire)de l’ « intelligence » ?.Bref tendre vers une intelligence régulée par le JUGEMENT .
        Mais alors,quelle est la substance de ce « jugement » et peut-on imaginer un apprentissage du
        jugement (et sa mémorisation maîtrisée) ?(et mise en « réseau »).
        On peut se référer non seulement à l’ouvrage clé de Ricoeur (la mémoire,l’histoire,l’oubli) mais
        à son échange avec Jean Pierre Changeux,publié je crois un peu auparavant.

    2. On peut aussi décrire le « réel » comme un réseau de relations / mémoire de ces relations. Nous ne serions que le cas général, en somme !

    3. Sauf que notre mémoire individuelle participe aussi d’une mémoire collective constituée. Nous sommes donc notre mémoire et cette mémoire collective.
      Les mémoires individuelles sont également capables de collaboration, d’interactions, résonances, ce qui complique l’affaire.
      On peut aussi se rappeler de choses qui ne nous sont jamais arrivées, par un effet de suggestion, comme le prouvent diverses expériences.

    4. Pour ma part, ma conclusion à ce sujet pour le moment est la suivante: je suis souvenir et création de souvenir.
      D’ailleurs, à l’instant, je me souviens avoir voulu vous en faire part 🙂

    5. Il y avait eu sur le blog , de merveilleux billets sur l’autisme ( ARTE en parlait aussi hier soir ), et la discussion avait débordé sur la maladie d’Alzheimer .

      J’avais alors cité le souvenir d’une amie journaliste et poète , à laquelle j’avais rendu visite en maison d’accueil , alors qu’elle souffrait de façon lourde de cette maladie depuis un an . J’étais resté plus d’une heure , pratiquement sans rien dire à l’écouter se taire ou partir dans de longs monologues délirants .

      Beaucoup auraient dit que c’était un légume . Mais pour ce qui me concerne , je jure que dans ses délires et abattements , c’était « elle » . Elle est morte un mois plus tard .

      1. Juan,
        j’ai vécu une expérience similaire. La difficulté avec cette maladie c’est que ce sont les proches les « vrais » témoins de l’évolution de la maladie, mais que la science médicale, elle, s’efforce d’objectiver l’évolution de ces symptômes, en interrogeant le malade dans les centres de la mémoire dont disposent les hôpitaux. Des tests sont alors réalisés à intervalles réguliers pour mesurer des capacités cognitives (dont la mémoire). Or ceux-ci n’appréhendent pas la personnalité du malade comme un tout, que je nommerais, faute de mieux, empreinte immédiatement reconnaissable par les familiers. Comme si, par delà les traces mnésiques particulières il existait une mémoire infra-mnésique, une sorte de mémoire hologramme.
        C’est une chose que je ne m’explique pas encore, des pans entiers de la mémoires ont été « effacés » sans que cela ne semble affecter l’empreinte de la personne que l’on a connue. C’est un sentiment très étrange lorsqu’on l’a vécu qui tendrait à indiquer qu’il existe une « âme ». Bien entendu je ne peux pas me résoudre à ce type d’explication surnaturelle, mais en tous cas il y a quelque chose qui résiste à l’analyse objectivante classique. La personne qui m’était très proche bien qu’ayant perdu pratiquement la plus grande partie de sa mémoire, était par exemple encore capable de faire des traits d’humour.

        Tout de même, il y a peut-être une explication. Ce que nous nommons personnalité ne serait que l’ensemble des symptômes au sens psychanalytique, ou complexes, dans lesquels se moulent toutes les expériences, apprentissages, gestuelles, d’un individu. Et ce serait cela l’empreinte. Notre mémoire augmente au fil des années mais le moule, ou complexe d’affect qui s’est constitué très tôt dans nos vies, demeure.
        Une empreinte visible d’abord par les proches, parce que ceux-ci ont une connaissance intime de la personne malade. Pour un médecin un malade ce sont d’abord des capacités cognitives pour un proche, c’est une personnalité. Différences de perspectives.

      2. Je ne sais pas s’il faut parler d’âme ou de personnalité , mais j’ai eu aussi ce ….sentiment étrange ,et inexpliqué ,qu’elle était encore une personne, et pas une autre …et qu’elle l’est encore .

        Une sorte d’avant goût du mystère .

  15. Quel message ce jeune homme a-t-il voulu probablement faire passer à travers son horrible comportement ?

    Pulsion de vie, pulsion de mort, qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné un être humain n’arrive plus à se contrôler, à se raisonner, à donner encore une chance à la vie ?

    Aimer piloter, c’est aimer voler, comme les oiseaux, c’est aimer la liberté.

    Trop de pression, trop de contraintes, trop de frustrations, trop de souffrances qui coupent les ailes, qui plombent la vie quotidienne, sans espoir d’améliorations.

    Quand on enferme un être vivant épris de libertés dans une cage bien cadenassée, c’est la mort qui prend le pouvoir. C’est peut-être le message que ce jeune homme a voulu exprimer.

    Il y a pourtant toujours une porte de sortie dans une cage et cette porte de sortie s’ouvre sur la Vie. Il importe de la trouver en soi cette porte-là et de rassembler son courage pour l’ouvrir.

    Il devient urgent de donner aux jeunes plus de libertés de penser et de créer un nouveau monde, plus humain.

    1. Ce que j’ai essayé de dire dans la vidéo, c’est qu’il serait dommage – bien que la tentation soit considérable – de tout ramener à la personne unique d’Andreas Lubitz (folie, dépression, dette énorme, etc.) sans voir ce qui transcende l’histoire d’un individu propre et a une portée universelle quant à l’humain.

      1. C’est bien ce qu’on avait perçu , mais j’ai le sentiment qu’à trop travailler ,et donc mal dormir, vous courez le risque de ramener ce qui transcende un individu et la portée universelle de l’humain , à des évènements de l’actualité , convoqués pour une démonstration qui , comme la pomme de Newton , est depuis toujours en gestation .

        J’en connais un autre qui , parait-il , dort peu aussi, qui n’échappe pas à ce travers de l’excitation mentale .

      2. Ah pardon.
        Entre les agissements particuliers d’un individu unique et la destinee ou la condition de l’humain au sens universel, il y a bien des etapes a ne pas sauter : et moi, ce qui m’interesse ici, c’est le niveau social, en particulier. Ce gars, dont j’ai oublie le nom et ne souhaite pas m’en rappeler, co-pilote meurtrier, appartenait a une certaine societe. A mon avis, les valeurs qu’elle inculque ou qu’au contraire elle occulte, et comment elle le fait, sont a examiner, avant de passer a des reflexions sur l’humain universel. Maintenant, bien sur, vous avez le droit de rever…

  16. Je planche actuellement sur un projet qui aborde l’épigénétique, et hier je lisais un article sur le sommeil, les songes, la créativité… Les chinois travaillent quand ils dorment 🙂 (le rêve créateur). Hélas ils rêvent de moins en moins et ne créent plus grand chose.
    Il est aussi expliqué qu’autrefois les chinois n’avaient pas de problèmes d’insomnies ni de mal de dos, ils dormaient sur des lattes et des oreillers en pierre, puis vint le progrès et ses remèdes … Depuis ils dorment aussi mal que les occidentaux et ont besoin de pilules du sommeil, de somnifères et antidépresseurs pour s’endormir.
    ———————–
    Pour ceux que ça intéresse, la mémoire est survolée ici de manière simple mais concise (les champs morphiques)
    http://www.noocafe.com/a-noo/attracteurs.htm#intention_but

    « Les souvenirs ne s’éteignent pas avec la mort, ils peuvent continuer à agir par résonance aussi longtemps qu’il y a un système vibratoire avec lequel résonner. Ils contribuent à la mémoire collective de l’espèce. La filiation n’est pas que biogénétique, elle est aussi phylogénétique et épigénétique.
    Toute les mémoires du passé, du présent et du futur s’influencent mutuellement.  »
    Toute les mémoires du passé, du présent et du futur s’influencent mutuellement. Il appartient aux anciens de déconstruire tout ce qui empêche les meilleurs des jeunes d’avancer. »

    1. Merci pour ces très intéressantes informations.
      Les Chinois ont troqué les couches yan pour les lits yin. Yin (le corps endormi) et le lit Yin (matelas confortable) ne peut en effet qu’entraîner un déséquilibre. Il serait temps d’y remédier aussi de notre côté 🙂

      1. Attendez… Vous croyez que le probleme majeur des chinois, la source de leur crise et de leurs insomnies, c’est leur lit ?
        Vous revez, vous aussi ?
        Mais je ne dis pas, c’est important, le lit, aussi. Bien sur….

      1. @ Hervey : juste Exemple de ce qu’on trouve comme fil des écrits de John Berger en 2 mn. Mais je n’ai pas retrouvé son texte sur la folie et la peinture de la folie. A la louche, ce devait être dans un diplo en entre 1996 et 2002… mais je n’ai pas eu le courage de chercher.

        Une des raisons pour laquelle j’ai lu le Diplo assez longtemps malgré un peu de lassitude quant au style et aux diagnostics (sans bcp de solutions, ils le « savent », et c’est une critique facile), c’était qu’il jouait le rôle de tribune pour des pépites comme John Berger, Bernard Stiegler, et d’autres qui pouvaient y déplier une vision sur 2 pleines pages.

      2. Lausanne, donation Dubuffet pour mémoire ( Printzhorn).
        À noter que si la peinture à la cire de cette lointaine époque (Fayoun) nous est parvenue avec toute sa fraicheur c’est aussi grâce aux abeilles et son étroite collaboration avec les hommes. Il n’y avait pas d’industrie sucrière et chacun avait sa ruche.
        Grande longévité aussi, due à cette technique et son matériaux. Par comparaison la peinture à l’huile (époque Van Eyck) s’avèrera beaucoup plus fragile avec le temps.

  17. Ce qui m’étonne c’est que le commandant ait dû se rendre aux toilettes sur un vol aussi court. J’ai souvent pris des vols européens et je n’ai jamais vu un pilote sortir de la cabine de pilotage. Donc rien que ça je trouve étrange.

    Le co-pilote ne connaissant pas a priori le moment où le commandant allait sortir, ne sachant d’ailleurs pas non plus si il allait sortir, il ne pouvait pas se permettre le luxe de naviguer trop longtemps pour atteindre une cible plus meurtrière.

    1. @zerokWh
      Etrange qu’un pilote aille aux toilettes? Ah bon… Vous passez votre temps à espionner les pilotes quand vous voyagez en avion? Vous savez qu’il y a des toilettes à l’avant pour le personnel de l’avion? Vous savez comment que le pilote ne va pas aux toilettes? On voit l’entrée des toilettes du personnel depuis les sièges passagers (je m’informe, car je ne prends presque jamais l’avion)?

      Par contre votre deuxième § est délirant d’un point de vue logique : quand le copilote est devenu seul maître à bord, le commandant de bord venait de sortir, donc le copilote pouvait se permettre le temps de voler jusqu’à une cible plus meurtrière. Comme disait Pierre Dac : « Rien ne sert de penser, faut réfléchir avant! »

    2. La pas eu le temps d’aller aux cagoinces à l’aéroport. En a parlé dès le début du vol a « Big Ego »… qui a pu prévoir son truc

    3. Quelle orientation d’esprit bizarre que de considérer comme évident que ce jeune pilote cherchait à être le plus meurtrier possible, et qu’il soupesait des stratégies pour ça…

  18. Peut-être faudrait il aussi accuser les compagnies low cost, qui tirent les prix et contraignent leur personnel à des heures de travail très pénibles pouvant entraîner les esprits plus fragiles vers un cycle de dépression dont il est très difficile de sortir. Ces compagnies aux prix bas permettent aux « sans argent » (esclaves pauvres) de voyager mais dans des conditions désastreuses et même dangereuses.

    1. Ici, la séparation entre l’élite des pilotes long-courriers et le prolétariat des pilotes court-courrier.
      Il faut payer pour sa formation (80 k€ en France sauf à SupAéro et encore) moyennant quoi on peut piloter à 23-24 ans. Mais là, le tri se fait par le nb d’heure de vols, d’où apparemment une filière consistant à endetter encore les jeunes frais émoulu pour leur faire payer leurs premières heures de vols chez les rapaces usuels (Ryan Air, sans doute d’autres low cost, mais plus trop EasyJet ou German wings, qui sont des « low-cost moins rapaces », profitant de leur réputation et réseau)

  19. Le jour où un Lubitz appuiera sur le bouton rouge ( j’imagine que le protocole est heureusement plus partagé et complexe) en Corée du nord , en Iran , ou ailleurs , on sait qu’au moins on échappera aux prises de tête nietzschéennes .

  20. Le commentaire le plus pertinent que j’aie pu lire sur ce fait divers (assez inintéressant au demeurant) est définitivement celui d’un certain someone 110 000 sur reddit :

    At 400 knots that’s 200 metres per second, the cabin length is about 27 metres, so the plane disintegrated in about 100 milliseconds. The average human reaction time is about 200 milliseconds, so one moment you’re praying that the plane will land safely, the next moment you’re born as a hobbagorb in the next galaxy.

  21. Adhérer ou pas, au point de vue icarien de Paul sur une histoire qui se termine tragiquement au ras des pâquerettes ,tel est la question.

  22. Bonjour. Cher monsieur, cet assassin, car le terme me paraît justifié, a peut-être choisi le seul moment où, pris d’une envie pressante, le pilote l’a laissé seul. Cette absence de son alter ego se fût-elle offerte au dessus de Lyon, qu’aurait-il fait? Entraîner les autres dans la mort n’est pas excusable. Que ne s’est-il suicidé à la loyale, chez lui, avec une corde ou du poison! Alors, était-il fou? Piloter un avion prouve le contraire. Le crasher avec ses passagers dit sa différence. Chacun est libre de choisir sa sortie, personne n’est autorisé à faire ce choix à la place des autres. Qu’est-ce donc que la folie? Peut-être en l’occurrence oublier l’indispensable solidarité qui unit les êtres vivants. A ce titre, par sa singularité, ce pilote est monstrueux. et donc, à mon sens, fou. A savoir coupé des indispensables règles et sentiments qui font qu’un homme reconnaît un homme, et l’accepte en tant qu’alter ego. Régler ses difficultés personnelles avec sa propre vie, cela est concevable, mais avec la vie des autres, cela ne l’est plus. Je sais bien qu’aujourd’hui, nombre de nos « élites » n’ont plus aucun sentiment de solidarité avec leurs semblables. A sa manière, cet individu a démontré l’impasse du chacun pour soi. Ce drame est aussi la résultante d’une idéologie qui nous mine. Je ne condamne ni ne comprends. Je déplore. Cordialement.

    1. J’ai un peu tendance à penser que lorsqu’on met fin volontairement à sa vie ( sauf peut être en « fin de vie » , et c’est tout le débat récent sur la mort plus ou moins assistée) , on n’a pas de réflexion particulière sur la mort ou la vie d’autrui .

      Mais , je manque encore d’expérience ,et n’ai vu mourir à ce jour que des gens , jeunes (très jeunes même ) ou vieux , qui n’en pouvaient mais ,ou qui souhaitaient que leurs souffrances soient abrégées .

      Le seul cas de suicide que j’ai connu de près ( c’est moi qui ai découvert son corps sans vie ) , est celui d’un jeune de 19 ans . C’était en 1964 , et il s’est donné la mort en mettant le moteur de la voiture de ses parents en route dans le garage clos . Moins de deux minutes suffisent alors pour que ,ce qui devait être un inconfort d’adolescent , devienne un point final .C’était un fils unique . J’ai pour longtemps le désespoir de sa mère dans la tête et le cœur .

      Et c’est pour ça que j’embrasse la maman de Lubitz .

      1. à y repenser , je relève que le père était aussi suffisamment ébranlé ,et en impasse, pour se suicider à petit feu par l’alcoolisme et en mourir dans les trois ans qui ont suivi , alors qu’elle a accepté de « porter sa croix » jusqu’à sa mort « naturelle » .

        J’embrasse aussi le papa de Lubitz .

      2. @juannessy
        Si, quand on met fin volontairement à sa vie, on peut avoir une réflexion particulière sur la vie ou la mort d’autrui. Mon meilleur ami s’est suicidé à 18 ans (c’est moi qui l’ai trouvé) avec du butane, et il avait pris la précaution d’allumer toutes les lumières de la maison pour qu’on ne fasse pas tout exploser en allant le chercher. Délicate attention d’un gars extraordinaire mais torturé par une souffrance intérieure que personne n’avait soupçonnée…

        Et puis non, quand on se suicide de la manière dont l’a fait le jeune gars que vous avez trouvé en 64, on ne peut pas parler d’un simple « inconfort d’adolescent ». Je vous suggère de poster moins, et moins souvent, mais plus pertinent…

        Quand je lis vos commentaires, j’ai souvent l’impression que vous pensez à voix haute, mais ici, sans voir que nous sommes ici aussi, et que vous êtes sur le blog PJ. Un peu comme ces vieux célibataires qui parlent à voix haute dans leur appartement, et qui finissent par faire pareil dans la rue ou au magasin…

      3. @ D-croissance :

        Pour le jeune dont je parle , si le terme » d’inconfort » est sans doute mal choisi , je reste sur l’idée que c’est malheureusement bien la détresse que l’on éprouve à l’adolescence devant les grands défis de la vie qui l’a conduit à un geste , et l’enquête de gendarmerie a d’ailleurs montré que le corps étant à l’extérieur de la voiture dont la porte du chauffeur était ouverte , on pouvait imaginé qu’il avait quitté le véhicule où il s’était assis dans un ultime réflexe de survie .Ce qui rend le drame d’autant plus navrant . La vie est trop fragile pour s’aventurer aux jeux de la mort .

        Le cas de votre ami me donne effectivement tort , mais mes débordements vous auront donné l’occasion de cette correction . Si j’écris comme j’essaie de penser , à l’instinct , je laisse le soin au modo de m’arrêter et aux autres intervenants celui de me rappeler à l’ordre si je les soule.

        Pour le vieux radotant de votre dernière phrase , si le risque n’est pas exclu , j’ai encore une femme , des enfants , petits enfants et quelques connaissances , pour me foutre des baffes quand je les soule , eux .

    2. @ pucciarelli

      Ne se peut-il pas que ce drame soit le résultat que, toute sa vie, un jeune, plus fragile que d’autres, ait mal supporté la compétition qui nous est imposée à tous les moments de notre vie ? Que, de fait, il ait sombré dans une dépression et que les antidépresseurs qu’on lui a prescrit aient fait le reste : lui troubler complètement le raisonnement !

      Les antidépresseurs altèrent la raison ! Il poussent au suicide et/ou au meurtre. Un certain sniper US en a fait les frais. Des gamins dans des écoles US continuent d’en faire les frais !
      Tandis que des élus survivants d’un conseil municipal de Nanterre doivent se souvenir à quel point une économie de compétition, sans solidarité ni fraternité, associé à un antidépresseur peut conduire à l’horreur.

      Pendant ce temps, les résultats économiques de l’industrie pharmaceutique sont au beau fixe.
      Business as usual.
      Posons-nous les bonnes questions ! Par exemple : Qui tue plus que qui ? Ou bien : Dans notre société, qui tue en réalité quand quelqu’un tue ?

      1. Merci écodouble, de relier des évènements qui à première vue semblent isolés, mais qui à force d’être répétés font « système ». A ce propos lire « Aimer, nous aimer » de Bernard Stiegler, qui pointe comme le fait Paul, la dimension collective de ces actes suicidaires.

      2. Les trois premiers sujets du journal aujourd’hui :

        – Un pilote qui crashe son avion
        – Un directeur d’école qui viole des enfants de CP.
        – Des flics ripoux qui trafiquent des stupéfiants.

        Les dérapages au boulot ne manquent pas d’ampleur ces jours ci,

        L’idée de construire quelque chose ensemble est bien loin de ces actes

        Qui révèlent toujours une faillite collective.

        C’est pour ça que nous nous sentons concernés. Nous sommes « …….. » (compléter comme vous voulez pilote, passager, dépressif, élève, Charlie….) bref : Touchés par ces rappels brutaux, voyants rouges sur le tableau de bord….

      3. Certains articles disent que ce co-pilote etait suivi de pres et correctement par ses medecins, et prenait sans doute tous ses medicaments « comme il faut ».
        L’une des questions de fond, a mon avis (au passage, pardonnez-moi pour l’absence d’accents dans mes posts, mais le clavier est anglais… ce qui n’est pas un probleme de fond, j’espere)
        ….L’un des probleme de fond, donc, dans cette histoire, si le co-pilote etait bien depressif, c’est celui de cette pandemie de la depression.
        La question est alors de soigner le mal a la racine.
        Ou est la racine?
        Ici, je dois avouer que je n’irais pas du tout chercher du cote de Nietzsche.
        Je trouve meme cela choquant.
        Je comprends que les temps vous semblent tres moroses, et que les philosophies les plus noires soient celles qui vous inspirent.
        Je tendrais a penser que vous pourriez realiser l’impact destructeur que votre interpretation philosophique sombre pourrait avoir, et etre vigilent.
        Il y a bien de mutlitples belles et nobles raisons essentielles de vouloir vivre, et vivre longtemps, une fois que l’on est ne(e)…
        Tant qu’allumer la lumiere avec vos analyses, comme vous le faites habituellement, je prefererais aussi de la lumiere philosophique, plutot que de l’ombre…
        Mais bon, c’est votre blog perso, Mr. Paul Jorion, apres tout… Vous y dites ce que vous voulez. Et il vrai que vous ne croyez guere au libre arbitre.

        Un reve toutefois peut necessiter des annees avant d’etre compris…
        Un reve est aussi l’expression de notre inconscient dans ses trefonds les plus sombres.
        Un reve n’est pas forcemment enonciateur de verite universelles valables pour des personnes autres que le reveur….

    3. @pucciarelli
      Quel fatras! D’abord vous dites que le pilote est un assassin et qu’entraîner les autres dans la mort n’est pas excusable, etc… Puis vous donnez une définition de la folie, votre définition, qui n’a rien à voir avec une définition médicale, ni même littéraire ou poétique… Selon cette définition imaginée, vous dites ensuite que le pilote est monstrueux, donc fou. Mais c’est impossible : s’il est monstrueux il est pervers donc pas fou, et s’il est fou il n’est pas monstrueux puisque son délire intérieur est supérieur à sa capacité de tenir compte du mal fait à autrui!

      Et je ne parle pas du reste qui ne vaut guère mieux… Je vous suggère de mettre un peu d’ordre dans votre propre confusion avant d’analyser celle des autres…
      ..

    4. @pucciarelli
      (Complément). Méditez cette phrase de G.K. Chesterton : « Le fou est celui qui a tout perdu, sauf la raison. » Mais oui un fou peut piloter un avion, si c’est son métier, et tant qu’il n’est pas « démasqué » dans sa folie… De plus il y a cette remarquable capacité de l’être humain à compartimenter sa vie psychique, ce qui fait qu’on croise plusieurs fois au cours de notre vie de vrais dingues et d’authentiques pervers sans se rendre compte de rien… On est une drôle d’espèce tout de même!

  23. La faille de San Andreas s’est ouverte sur un big one… Tectonique des plaques dessus, dessous, devant, derrière ou à côté. Le désordre des êtres est dans l’ordre des choses.

  24. Paul, auriez-vous lu Terry Pratchett ?

    « Le Disque-monde est un monde plat et circulaire, complété par l’immense cataracte qui s’écoule de ses bords. Il est soutenu par les quatre éléphants Bérilia, Tubul, Ti-Phon l’Immense et Jérakine, eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande A’Tuin, tortue gigantesque naviguant lentement dans le cosmos. »

      1. Oui mais Pratchett c’est à la fois drôle et pleins de réflexions bien senties sur la psychologie et la condition humaine (le coté SF n’est là que pour le décor)

        ex « Si on installait un commutateur dans une caverne n’importe où, puis qu’on le flanquait d’un écriteau disant « Commutateur de fin du monde. PRIÈRE DE NE PAS TOUCHER », la peinture n’aurait même pas le temps de sécher. »

        ou encore:

        « Morty appartenait à cette race d’individus plus dangereux qu’un sac d’aspics. Il tenait résolument à découvrir la logique caché de l’univers. Ce qui allait être difficile parce que, de logique, il n’y aven avait pas. Le Créateur avait eu des tas d’idées excellentes lorsqu’il avait bâti le monde, mais le rendre compréhensible n’avait pas fait partie du lot. »

      2. @PJ
        Pas mal… La fiction a plus d’impact si elle est vraisemblable. La vérité n’a pas besoin de l’être. Et elle a peut-être même plus d’impact si elle est invraisemblable!

  25. Et pendant ce temps là, au Yemen….

    C’est hallucinant
    Les infos d’A2 passent une semaine à décortiquer, analyser le crash de la Germanwings sous toutes les coutures… et c’est pas fini

    Et pas une seule info sur la nouvelle guerre au Yemen / Arabie Saoudite / Iran qui risque de déstabiliser encore un peu plus cette région

    De l’émotionnel, rien que de l’émotionnel, inversement proportionnel à la distance
    A2 un service public ??

    1. Distraction,
      Divertissement,
      C’est rendre service,
      sinon, des que votre collegue partirait aux WC, que risqueriez-vous de faire…. sans A2 ?…
      (Dirait PJ dans ce billet, si j’ai bien compris)
      Mais j’ai peut-etre mal compris…

  26. Et encore ceci…

    3 388 personnes ont perdu la vie en 2014 sur les routes de France, soit 9,28 par jour en moyenne

    C’est Staline qui disait; un mort c’est une tragédie, un million de morts c’est une statistique

    Remettons cela au goût du jour.
    9 à 10 morts par accident de la route et par jour, c’est du bruit de fond, (en France; dans le monde ça ne compte même pas)
    3400 morts par an sur les routes françaises ou 10500 suicidés par an c’est de la statistique.

    Mais 150 morts d’un coup dans un crash aérien, ça c’est de la bonne info coco. On peut faire la semaine là-dessus. Il doit y avoir un effet « masse ».

    Étrange psychologie humaine.

    1. Dans le cadre de la prochaine réforme du permis de conduire , il est prévu , outre l’ouverture de la responsabilité de l’examen à « d’autres professions » en attendant la privatisation totale , d’inclure une formation aux gestes de premiers secours .

      Je propose , sachant que 2% de la population est atteinte de PMD , d’ajouter un
      examen psy également privatisé et financé par l’industrie pharmaceutique .

    2. @Merlinll
      Et chaque jour, 5000 enfants et 2000 adultes meurent de maladies liées au manque d’eau potable…

  27. C’est le mot de responsable qui vient à l’esprit. La conscience des autres et notre responsabilité vis-à-vis d’eux.

  28. http://www.lematin.ch/monde/copilote-voulait-changer-systeme/story/26474742

    De quel système s’agissait-il ? On peut placer beaucoup de choses derrière le mot « système ».

    Il existe, y compris parfois sur le blog de PJ, beaucoup de personnes qui, ayant « le système » en ligne de mire, sont prêtes à en entraîner de nombreuses autres dans leur délire.

    Tant que le bon sens de quelques uns en appellera encore à rester les pieds sur terre, la catastrophe pourra peut-être être évitée.

    1. C’est vrai qu’en restant les pieds sur terre , on ne risque pas de se crasher en avion , et qu’en bon gaulois casqué on n’a même pas peur de recevoir un avion sur la tête.

      Je me demande ce que penserait un psy de votre angoisse et de votre généralisation , mais je reconnais que si vous saviez piloter , je n’aurais aucune restriction à vous laisser le manche .

    1. Au début du changement de civilisation, seule une poignée d’individus profite du nouveau système (nouveau style de vie), les autres sont condamnés technologiquement ou peuvent payer de leur vie une erreur de programmation. Vu de la machine, Lubitz restera comme un bogue humain dans l’exécution d’un programme.

  29. Sans les ‘fuites’ divulguées par le NYT qui ont obligé le procureur de Marseille à divulguer plus tôt que prévu les éléments issus du décodage du CVR, quelle aurait été ‘l’histoire’ de ce crash délivrée par le BEA ?
    Nous sommes toujours dans l’attente des conclusions du Bureau d’enquête néerlandais concernant le vol MH17 de Malaysian crashé en Ukraine ? Mais là, pas de fuites possible, c’est bien étanche….., rapport aux accords de confidentialité signés par les pays chargés de l’enquête (Pays-Bas, Belgique, Ukraine, Australie) !

  30. Voilà le nouveau PJ à la sauce psycho-Nitchéenne! Qui trouve en plus qu’il n’y a pas assez de sérieux pour la justifier! … De plus en plus bizarre tout ça. En tout cas quand il dit « c’est ce que j’ai voulu dire » il s’y est à n’en pas douter au très très grand minimum mal pris en ne parlant pas une seconde des questions centrales de ce drame. Non on essaye pas ainsi de rattraper du « pense tout haut » à propos d’une telle gravité. Il serait judicieux parfois d’accepter ses égards.

  31. Ne pas accepter la critrique la fait voir sous le prisme du troll ceux qui ne veulent (ni ne peuvent?) l’envisager ni la discuter.

      1. Merci pour cet ouvrage ( « la transmission des savoirs » ci dessous.) Un avis cependant: Il me semble bon de prendre Freud avec les pincettes adaptées à celles destinées à un joli compteur de mythologies. (Votre hative référence à vos rêves n’en serait-elle pas si étrangère?) Il suffit d’observer les effets délétères sur nos aptitudes à la transmission des savoirs que ses disciples on eu ces 40 denières années.

        Assez de troll par et pour moi donc j’arrête là.

  32. heureux de constater que vous ne traitez plus Nietzsche de farceur.
    dans votre rêve, l’homme sur la tortue-zébu n’agitait-il pas une lanterne ?

    1. J’ai traité Nietzsche de « farceur » durant la période 1932 à 1935, mais comme je n’étais pas encore né, très peu de gens l’ont noté !

      P.S. De manière générale je ne traite pas les philosophes de « farceurs ». « Criminels », éventuellement, comme dans le cas de H… Mon admiration pour Nietzsche date de mes premières lectures de ses textes, je le cite en particulier avec très grand respect dans La transmission des savoirs (1984).

      1. dans le cas de H, pas toujours facile de dissocier l’œuvre du comportement, de l’égarement, pourtant il le faut… pour Nietzsche, si je retrouve votre commentaire, je vous le fais parvenir (mais pas facile à retrouver, dans la myriade des échanges du blog).

  33. les algos de Google sont impressionnants :

    karluss
    18 mai 2008 à 09:05
    il ne faut pas oublier Nietzsche, le philosophe au marteau, présocratique lui aussi et grand défenseur de l’esprit libre contre les dogmes religieux assassins de la puissance de vie.

    « L’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhomme, – une corde au-dessus d’un abîme.
    Ce qui est grand en l’homme, c’est qu’il est un pont et non une fin : ce qu’on peut aimer en l’homme, c’est qu’il est un passage et un déclin. » F. Nietzsche

    Paul Jorion
    18 mai 2008 à 16:36
    Nietzsche était un vieux farceur, comme Socrate lui–même d’ailleurs. Nietzsche est, parmi les philosophes, le plus socratique de tous : il parle du même lieu exactement que Socrate, celui du dialogue pur de l’homme avec sa raison – ce qui l’oblige en particulier à écarter de la philosophie son fatras judéo–chrétien, pour rendre à son discours une qualité proprement grecque.

    Fabrice m’a répondu ce matin, il me reproche, quand je dis, « compter sur ses propres forces », d’ignorer que l’homme se trouve au sein de la nature. Je lui ai répondu ceci :

    Bien entendu, l’homme est dans la nature, est la nature, a une nature et sur ce dernier point, c’est toi qui te trouves en retrait : la nature de l’homme tu n’en tiens pas compte. Hegel notait cette capacité toujours renouvelée que nous avons à ignorer l’histoire. Quand je dis « Il faut tenir compte du fait que la race humaine n’a pas de freins », c’est lire l’histoire pour en faire une observation sur la nature de l’être humain et en faire l’une des données de base pour une réflexion ultérieure. Et à ce point de vue là, dire « Que faut-il faire pour revenir à des communautés de 30.000 personnes ? », excuse-moi, mais c’est démontrer qu’on est soit incapable de lire l’histoire, soit croire qu’il n’y a rien à y lire, ce qui est sans doute pire.

    La question de l’extériorité ne se pose pas vis–à–vis du couple homme / nature mais de celui physique / métaphysique : il n’y a pas de monde métaphysique dont nous devrions attendre qu’il nous apportera un jour la solution-miracle (sans jeu de mots) toute cuite, toute rôtie [millénarisme] ou bien qui devrait nous paralyser dans la nostalgie du sein maternel en raison de son immensité (terrifiante), de sa transcendance (confondante), etc. etc. [scolastique « théologique » – Heidegger].

    Quand je dis donc « compter sur nos propres forces », cela ne signifie pas « forces de l’homme », contre « forces de la nature » mais « forces physiques » contre « forces métaphysiques » : ne pas compter sur le surnaturel pour nous tirer du pétrin, ne pas invoquer le surnaturel comme justification de l’immobilisme et de la résignation. « Retroussons nos manches! » contre « À quoi bon devant la puissance infinie de Dieu ? »

    Paul

  34. De Johan Leestemaker :

    « Vol 4u 9592 comme métaphore.

    La commission Européenne s´enferme dans sa cabine de pilotage, elle verrouille la porte, elle coupe la communication, et malgré les cris de désespoir de ses populations, elle continue son vol sinistre vers l´abime. »

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