Le président Macron : Napoléon ou Bonaparte le Petit ? par Jean-Michel Servet

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La diffusion de l’Ode à la joie de Beethoven au Louvre le soir de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence peut être comprise comme un symbole d’adhésion à l’Union européenne. Ce choix contrastant avec la multitude de drapeaux tricolores qui étaient agités pendant que cet hymne était diffusé et que le président élu marchait seul vers la tribune où il allait s’exprimer in vivo face à ses supporters. Mais ce choix ne va-t-il pas au-delà d’une référence à l’inscription politique et culturelle de la France dans l’Europe ? Ce show s’est fait dans un site lieu d’une pyramide…, tout proche du palais des Tuileries qui furent aussi la résidence du premier consul à partir de 1800, puis de l’Empereur. Et Beethoven a été, un temps seulement, un admirateur de Bonaparte. Il dédia sa Symphonie héroïque à celui que l’on a qualifié de ni monarchiste, ni républicain… ou de mi monarchiste, mi républicain. Son adulation cessa quand celui-ci se fit couronner empereur, rompant ainsi avec les espoirs démocratiques qu’avait portés la Révolution française. La comparaison avec Emmanuel Macron a été faite par son parcours fulgurant dû à son âge, puisqu’on doit remonter à Bonaparte pour trouver un chef d’Etat français plus jeune que le nouvel élu. Les historiens pourraient aussi insinuer que ce sont des banquiers qui financèrent le coup d’État du 18 Brumaire et rappeler que ceux-ci furent récompensés par la création de la Banque de France. Ils en devinrent les actionnaires et elle bénéficia du monopole de l’émission des billets de banque (dans un premier temps à Paris seulement).

La comparaison ne limite sans doute pas à la jeunesse de celui qui prend les rênes du pouvoir et à sa proximité avec le monde financier. Dans son discours au Louvre, le président élu a affirmé vouloir étonner à nouveau l’Europe et le monde par les réformes qu’il souhaite entreprendre. N’est-ce pas ce que promit et fit Bonaparte ? Et son audace fut aussi sa volonté de rompre avec les conflits entre factions politiques du Directoire qui paralysaient le pays. Il entreprit des réformes institutionnelles qui marquèrent la France pendant des décennies, et inspirèrent bien au-delà de ses frontières et de son temps. Et nous en sommes en partie encore les héritiers.

Mais, la comparaison s’arrête sans doute là.

Bonaparte, dans un premier temps, s’était entouré de nombreux savants, comme il l’avait fait pour sa campagne d’Egypte où 165 savants et ingénieurs l’avaient accompagné ; savants en particulier réunis dans le mouvement désigné comme celui des Idéologues. On trouve aujourd’hui autour d’Emmanuel Macron beaucoup de gestionnaires, respectables certes, mais dont l’ambition dans le renouvellement intellectuel paraît limitée. Il s’agit surtout, selon leur propre expression, d’adapter le pays. Et en particulier aux principes de la concurrence et au moule néolibéral qui met les États au service des marchés. Les intellectuels qui le soutiennent sont surtout connus pour avoir médiatisé les idées d’autres ; mais pas non plus pour leur caractère innovant. Rien de nouveau, si ce n’est l’affichage d’un ni gauche, ni droite. Peu de choses à voir par exemple avec les débats qui portèrent au pouvoir François Mitterrand trente-six ans plus tôt.

Parmi les multiples idées nouvelles actuelles, qui rompent avec les XIXe et XXe siècles, il y a celles qui dépassent l’opposition Marché/État pour reconnaître et développer des communs gérés notamment par la société civile. Celle-ci n’y est pas réduite au rôle de roue de secours pour compenser les dégâts de la libre concurrence et de la bureaucratie. La faible attention que le nouveau président manifeste aux questions de transition énergétique par exemple ne fait qu’illustrer cette lacune. Mais la problématique des communs ne se limite pas au champ environnemental puisqu’elle peut s’appliquer aussi à la propriété intellectuelle et du vivant et jusqu’à la finance et la monnaie. Cette révolution des communs est absente de sa pensée idéologiquement tragiquement datée.

Enfin, limite plus forte encore d’une comparaison entre Bonaparte et Macron : leur rapport à la démocratie. Le premier n’avait pas à rechercher une majorité parlementaire démocratiquement élue pour appliquer ses réformes, ni à se soucier d’une future réélection pour pérenniser et poursuivre ses réformes au-delà d’un quinquennat. Il agissait en tant que despote éclairé. Le nouveau président, avec la recherche d’une légitimité des urnes peut être considéré comme démocrate. Mais la vision d’un monde bipolaire opposant une majorité à ses opposants apparaît elle aussi tout aussi datée. Ne méconnaît-elle pas l’enrichissement contemporain du concept de démocratie fondée non pas seulement sur des consultations avant de décider mais sur la reconnaissance de la contestation et de l’opposition des minorités afin de parvenir à des réformes en profondeur se faisant avec (et non pas contre). Cela implique par le dialogue l’ensemble des parties prenantes. N’est-ce pas d’ailleurs la façon la plus efficace de gérer un commun par une subsidiarité ascendante allant du local au global. L’enquête par porte à porte auprès des Français par les militants du mouvement En Marche ! est certes innovante mais n’est qu’un sondage d’opinion nouvelle manière. Elle n’a rien d’une cogestion des intérêts a priori contradictoires. La retransmission de la marche d’un homme seul vers la foule assemblée dans la cour du Louvre n’augure pas d’un tel changement et d’une telle modernité… qui pour le coup aurait bien pu étonner l’Europe comme Bonaparte le fit en un autre temps. De façon contradictoire, il veut instituer la négociation interne aux entreprises. Mais, pour y parvenir… l’imposer par ordonnances.

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41 réflexions au sujet de « Le président Macron : Napoléon ou Bonaparte le Petit ? par Jean-Michel Servet »

    1. Il ne doit pas se prendre pour le petit Napoléon, avant il doit gagner ses lettres de noblesse en diminuant considérablement le chômage c’est le seul critère qui compte pour le pays !

  1. Qu’il s’agisse de Bonaparte ou Napoléon , et quelque soit leur taille, il vaudrait mieux que Macron soit dans la disposition d’esprit de convaincre et de bâtir plutôt que conquérir .

    Car le premier consul ou l’empereur ont valu à la France la pire saignée de son histoire , qui préparait les guerres et défaites suivantes .

    1. En tous cas ,Macron devrait s’entendre avec le premier ministre qu’il s’est choisi .

      Le Havre , Le Havre , vous avez dit Le Havre ….

      Paul Jorion va peut être devoir faire une version « Constitution économique normative » , et une autre « Constitution économique positive » .

  2. Goethe a dit de Napoléon qu’il était un Robespierre à cheval !

    Macron ressemble plus au neveu, Napoléon le petit (Victor Hugo), à savoir que se sont les spéculateurs et les voyous qui l’on fait roi, qu’à Bonaparte portant le Code civil et abolissant le servage dans toute l’Europe.

    « …le président élu a affirmé vouloir étonner à nouveau l’Europe et le monde par les réformes qu’il souhaite entreprendre. N’est-ce pas ce que promit et fit Bonaparte ?… »

    Ah pas du tout, mais alors pas du tout ! Macron ne cherche qu’à étonner l’Europe de la finance, le G7 et le FMI.

    Napoléon lui étonna les peuples, ce n’est pas tout à fait la même chose !

    Napoléon était le chef d’une jeune bourgeoisie française conquérante et progressiste. Il avait derrière lui les soldats de l’An I !

    Macron est le chef d’une bourgeoisie française rentière et sénile, qui parce qu’elle est menacée d’être traitée comme une simple bourgeoisie grec, et priée de se bouger le derrière et de rentrer dans le lard de son prolétariat.

    Macron ? Combien de divisions ?

    Mais ni Macron, ni personne ne peut redonner à un vieillard ses jambes de 20 ans.

    En nomment Edouart Philippe, nouveau chancelier, il reprend le travail où l’avait laissé Juppé en 1995.

    Cela ne va pas nous rajeunir !

      1. @ Paul Jorion

        Il avait de très mauvaise fréquentation, comme vous ! lol
        Mais lui n’était pas jacobin, républicain dans l’âme.

      2. Bla bla bla napoléoniste vulgaire et sot.
        Un seul exemple de votre sottise, l’article 1781 du Code Napoléon en 1804 :

        « Le maître est cru sur son affirmation pour la quotité des gages, pour le paiement du salaire de l’année échue et pour les à comptes donnés pour l’année courante »

        C’est pas beau ça mon cochon napoléoniste, huh ?
        Heureusement le Napoléon libéral et saint-simonien, i.e le bon pas la rognure de chiottes aussi corse que sanguinaire, le troisième, rattrapera le bazar, tardivement certes, en 1868, mais il abrogera bien cet article ignominieux.
        Vive le 3, honte sur le 1.

  3. A part du foutage de gueule qu’est ce que c’est.
    Essayer de comparer un militaire ayant fait ses preuves en période révolutionnaire avec un muscadin, marionnette des banques et de la finance…
    C’est pour essayer de nous vendre quoi..?

    1. Mme Merkel avait une veste rose en recevant Macron. Mme Macron avait une veste bleue comme Mme Trump et Mme Kennedy.
      – « nous vendre quoi..?
      – des vestes

    2. Ahhh les militaires ayant fait leurs preuves en période révolutionnaire…
      Quel doux parfum de sang versé sèché et de merde fumante molle…
      Ah ! Ma Grandeur ! Ah ! Mon galon ! Ah ! Ma médaille, mes uniformes, mes triomphes, mes tableaux de chasse, mes morts et mes honneurs…
      Charognards.

    1. Dans le vent nouveau d’alors le livret ouvrier devait permettre de domestiquer le nomadisme prolétaire, les rocardiens-juppeistes veulent aujourd’hui recycler le travail, mobilité et offre raisonnable d’emploi sont les nouveaux impératifs, le contrôle des masses profite de l’innovation, le fichier assisté va succéder au livret-ouvrier, vive le progrès.

  4. Notre pire ami du Louvre…
    Joy and happiness m’explique-t-on il va casser les codes.
    Du travail, de la sécurité sociale, du logement locatif…
    Pour pas avoir l’air trop concombres, on fera semblant, comme les « commentateurs » (si bien) servis sur les plateaux de ne pas s’étonner d’un ministre « de gauche » élu PR avec 66% nommant illico, avant les élections godilles, un boxeur de la droite -pas si molle, tu verras….
    Pince droite, pince gauche, homard m’a tuer; finalement je le sais désormais: en 2012 j’avais voté à droite. Ah les cons!

  5. Macron veut détricoter le code du travail, peut-être aussi le droit des affaires, il ne sera pas évident de trouver un abri chaud cet hiver. Pourtant l’idée pourrait être approfondie, abolir ces nombreux textes de loi et les incorporer au code civil et au code pénal serait révolutionnaire, permettant de revenir sur le lien de subordination et le harcèlement et le chantage qui s’en rapprochent. Macron est issu de la méritocratie, énarque puis président. Cette méritocratie protège ses intérêts, la rente se mérite. La méritocratie, les concours, n’ont rien changé à la domination de classe. C’est par la lutte que le pouvoir peut se conquérir, il n’y avait pas de concours pour devenir empereur et il n’y en a pas pour vivre libre.

  6. On verra si Macron sera le teckel du gouvernement Merkel. Les Allemands pourraient faire quelques toutes petites concessions: ils ont peur de Le Pen. Mieux vaut un Macron avec ses propositions hardies voire insolentes, que celle-là.
    C’est la raison pour laquelle Macron parle sans cesse de l’Europe: la France est au bord du gouffre financier et économique.

  7. « instituer la négociation interne aux entreprises… en l’imposant par ordonnances. »

    C’est sans doute ce que M. Jorion nomme la « gauche autoritaire ».

  8. Comparaison n’est pas raison… Bon, je l’avoue, j’ai un faible pour ce site, je veux dire architecturalement : le projet de la pyramide du Louvre, par l’architecte Pei (chino-américain, ce qui d’ailleurs avait fait râler les architectes français à l’époque), a su habilement allier une forme de tradition et de modernité, et respecter les proportions du cadre historique. C’est aussi un des grands projets de Mitterrand, et un site emblématique mondial – le plus grand musée du monde. Fonctionnellement, c’est une réussite (cela a permis d’unifier le musée). Le choix du site et la mise en scène est un drôle de mélange : l’ombre symbolique de Napoléon, la posture du grand homme qui s’avance seul dans l’obscurité, vers son destin ; mais pas de quoi séduire certains de nos voisins européens, qui n’ont pas que de bons souvenirs du passage de Napoléon…. Et l’hymne européen avant la marseillaise, les drapeaux bleus-blancs-rouges agités frénétiquement…. Tout est finalement plein de contradiction. Bref, une vraie mise en scène, de la com. grand format, sans parler du spectacle musical un peu décalé. Un discours dont franchement, je n’ai rien retenu, à part le mot « audace », et « liberté, égalité, fraternité » (sic). La main sur le cœur, à l’américaine (influence certaine du style américain, avec la photo de famille en plus). Bref, à y repenser, un collage un peu hétéroclite….

    1. @ Emmanuel
      « Fonctionnellement, c’est une réussite ». Vous voulez rire ?
      Un goulot d’étranglement avec des heures de queue dehors sous les intempéries.

      1. Oui, c’est vrai, mais c’est un peu près le cas de tous les bâtiments publics visitables, si vous observez – amplifié par les dispositifs de contrôle de sécurité contre le terrorisme. Ce que je voulais dire, c’est qu’a priori, ce n’était pas évident de trouver une configuration permettant un accueil et une distributions des bâtiments alentours, tout en préservant l’espace de la place piétonne, et en valorisant le patrimoine bâti existant….Après il y a une discussion sur la mode du « marchandesing » de la culture, c’est à dire tous les commerces et les boutiques agglutinés sous forme de galeries adjacentes…. (à ce sujet, lire Françoise Choay). Culture vs consommation de masse, ou démocratisation ? (ce modèle s’est diffusé et a fait florès dans le monde entier….).
        Concernant le problème des queues, je serais preneur si vous avez une solution (à part les réservations sur internet pour limiter l’afflux….).

      2. @ Emmanuel

        La réservation est pratiquée notamment dans les grands musées de Berlin et la queue est à l’abri sous les arcades (ceci dit sans germanophilie excessive).
        Pour augmenter la fluidité, prenons aussi exemple sur la gratuité du British Museum de Londres 😉

      3. @Arkao :

        C’est aussi la meilleure méthode pour réduire l’attente aux péages autoroutiers .

        Qui donnent aussi l’exemple des badges prépayés .

        Mais la comparaison n’a sans doute ni « queue » ni tête .

      4. Plus de 9 millions de visiteurs, 50% de plus que tout autre grand musée dans le monde.
        C’est quoi l’souci ?

  9. Agir par ordonnances:
    A l’apothicaire nous demanderons de l’huile de coude,
    de la poudre de perlimpinpin,
    la pilule perpétuelle contre la constipation,
    beaucoup de vaseline,
    de l’huile de « ‘foi » de morue ou encore le générique de l’huile de « foi » de maquereau en rupture de stock vu la demande,
    un exemplaire(en plusieurs langues) de la méthode roborative,de la poudre d’escampette….

  10. « Août 37.
    Chaque fois que j’entends un discours politique ou que je lis ceux qui nous dirigent, je suis effrayé depuis des années de n’entendre rien qui rende un son humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges. Et que les hommes s’en accommodent, que la colère du peuple n’ait pas encore brisé les fantoches, j’y vois la preuve que les hommes n’accordent aucune importance à leur gouvernement et qu’ils jouent, vraiment oui, qu’ils jouent avec toute une partie de leur vie et de leurs intérêts soi-disant vitaux. »
    – Albert Camus, Carnets (Tome 1)

  11. Non, Monsieur Servet, Macron n’est pas un Bonaparte.
    Nouveau Rastignac, il a su entendre le TINA enseigné par Vautrin:
    « Savez-vous comment on fait son chemin ici ? par l’éclat du génie ou par l’adresse de la corruption. Il faut entrer dans cette masse d’hommes comme un boulet de canon, ou s’y glisser comme une peste. L’honnêteté ne sert à rien. »
    Et il n’a pas choisi l’option du génie.

    En fait, cette présidentielle a revivifié la typologie tripartite de René Rémond que l’on croyait obsolète : les bonapartistes y étaient représentés par Le Pen (césaristes, populistes et nationalistes), les légitimistes par Fillon (catho et vieille France), et Macron incarnait, jusqu’à la caricature, les orléanistes (affairistes et sans scrupules).
    La Cinq ne s’y est d’ailleurs pas trompée qui, hier, a ironiquement osé rediffuser « Que la fête commence! » de Tavernier.

  12. Juste pour faire réfléchir:

    Résultats du deuxième Tour

    Électeurs inscrits : 47 568 693
    Votants : 35 467 327
    Bulletins blancs : 3 021 499 somme de : Abst.+blancs+ Nuls: 19 208 589
    Suffrages exprimés : 31 381 603
    Majorité absolue : 15 690 802

    Ont obtenu :
    % des exprimés % des Inscrits

    M. Emmanuel Macron : 20 743 128
    66,10 % E 43,60 % I

    Mme Marine Le Pen : 10 638 475
    33,90 % E 22,36 % I

    Abst.+Blancs+Nuls : 19 208 589
    61,09 % E 40,38 % I

  13. J’ai voulu (en tant qu’auteur de ce texte) surtout commenter la mise en scène du Louvre le soir de la victoire d’Emmanuel Macron. Quelques lecteurs ont pu s’imaginer que j’étais un admirateur de Napoléon Bonaparte (ou semblent l’être eux`mêmes). Je n’ignore ni l’incendie de Moscou lors de la campagne de Russie, ni la répression sanglante menée en Espagne, ni le retour de l’esclavage dans les colonies et la capture et l’enfermement de Toussaint Louverture, ni le rétablissement des chambres consulaires dès 1802 alors qu’il fallut des décennies pour la reconnaissance des associations de travailleurs, etc. pour ne pas citer les centaines de milliers de morts sur les champs de bataille à travers l’Europe ainsi que les victimes civiles. Cela étant dit, on doit constater que l’accession au pouvoir du futur Napoléon Premier se fit avec l’appui d’une partie de l’élite intellectuelle de l’époque… dont nombre de savants déchantèrent assez vite et que son règne apporta (et pas seulement en France) des réformes institutionnelles qui marquèrent les sociétés pendant des décennies.
    Ce faisant, j’ai voulu souligner, par opposition avec l’arrivée de Bonaparte au pouvoir, une inquiétante carence d’innovation intellectuelle autour d’Emmanuel Macron. Effectivement le nom du mathématicien Cédric Villani, médaille Fields 2010, candidat de la République en Marche dans l’Essonne est cité ; mais comme une sorte d’exception. Lui-même, depuis plusieurs années, est devenu aussi surtout un gestionnaire de la recherche… Cette absence d’esprit d’innovation par rapport à la dominante gestionnaire ne s’est-elle immédiatement reflétée une dizaine de jours après la cérémonie du Louvre dans la composition du gouvernement d’Édouard Philippe, où ceux et celles venus de la droite s’occupent surtout d’économie et ceux et celles venus de la gauche surtout de ministères à caractère humain. Derrière ce choix, il y a l’idée dominante (et vieillotte) que le Marché est la source d’efficacité et que le pragmatisme est exempt d’idéologie. Or, le néolibéralisme n’est pas l’absence d’État mais une puissance publique mise au service des marchés.
    Moins d’un mois après la cérémonie du Louvre, précédant l’investiture officielle au Palais de l’Élysée, la rencontre des présidents français et russe dans le château de Versailles a illustré encore la recherche par Emmanuel Macron d’un lieu symbolique. Mais n’est-ce pas surtout celui de la monarchie absolue ? et d’une construction qui fit 3000 morts… La réduction du nombre des conseillers des ministres du nouveau gouvernement, réduction qui ne pourra qu’accroître le pouvoir du président, préfigure peut-être une centralisation des décisions, autrement dit d’une dérive autoritaire plus ou moins rapide. Le choix d’un lieu est rarement seulement celui d’un décor.

    1. Bin Versailles c’est surtout pour ne pas subir l’ordure du Kremlin à Paris, pour l’accueillir en un lieu digne de son arriération, où il puisse se sentir comme chez lui, dans un clapier doré chargé de veille merde accumulée mais désormais seulement muséifié, rentabilisé imparfaitement en réceptacle parfait pour neuneux cosmopolites enfilés en enfilade et mafioso kagébiste tsarevichisé.

      1. Donne des leçons au zig dans ton miroir Mister Machin, ça marchera pas non plus mais au moins ça aura du sens.

  14. Vu ce grand Neuneu en chef de Bernie ce soir, ne trouvant rien de mieux à dire que sa désolation qu’un de ses supporters de campagne soit le pauvre jobard qu’a joué au tir aux pigeons ce matin avec les représentants républicains et condamner la violence…
    Va voucher Bernie. Tu seras un nuisible nullard jusqu’au bout du bout.

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