Envoyez par mail '« Automatisation, numérisation et emploi : l’impact sur les compétences »' à un ami

Envoyez une copie de '« Automatisation, numérisation et emploi : l’impact sur les compétences »' à un ami

* Required Field






Separate multiple entries with a comma. Maximum 5 entries.



Separate multiple entries with a comma. Maximum 5 entries.


E-Mail Image Verification

Loading ... Loading ...
Partager :

24 réflexions sur « « Automatisation, numérisation et emploi : l’impact sur les compétences » »

  1. A mon sens, tout ce qui est listé là est très bien, mais il faut absolument aussi (et c’est même plus important) réformer complètement l’école primaire et secondaire.

    Si les adultes doivent continuer à apprendre toute leur vie, et être à l’initiative de cet apprentissage, il faut absolument que les enfants soient habitués à faire cela dès leur plus jeune âge.
    Si on continue sur le modèle « l’enseignant sait tout et décide exactement ce que tu vas apprendre et comment tu vas l’apprendre chaque jour de tes 6 ans à tes 18 ans », il ne faut pas s’étonner qu’on se retrouve avec des adultes qui sont perdus quand on leur dit à 23 ans: voilà, maintenant, pour le reste de ta vie tu vas *devoir* apprendre (sinon tu seras déclassé), mais c’est toi qui décide de tout maintenant.
    Il faut absolument que l’école devienne un lieu où on aide et on encourage les enfants à développer leur compétences en fonction de leur centres d’intérêt. Ca coûtera un peu plus cher, mais sur la durée d’une vie, ce sera diablement plus efficace!

    1. Le problème des formations « de base » reste aussi attaché solidement à un principe, celui de la compétition. Comme les différents ministères se sont aperçus que cette « ligne directrice » conduisait à exploser les différences entre les enfants il a été préféré le règne du moins disant, du moins performant, de façon à occulter les différences entre les élèves et tout ça sous couvert d’égalité, en réalité en pratiquant un égalitarisme malsain et contre performant.
      On peut estimer que chaque apprenant doit apprendre par lui-même encore faut-il qu’on lui donne la latitude pour le faire. C’est la que l’encadrement – pas professeurs uniquement – chasse de son cadre à penser cette notion omniprésente de compétition/compétitivité qui est le moteur sous-jacent de ce qui se « trame » dans l’enseignement, en droit fil avec la pensée libérale…
      Il ne suffira pas d’une accumulation de « bonne volonté » mais bien une reprise en main, au niveau de l’Etat lui-même, de toute l’organisation des formations dans leur intégralité.
      En tout cas les 5 ans à venir sont bien mal partis !

    2. « Il faut absolument que l’école devienne un lieu où on aide et on encourage les enfants à développer leur compétences en fonction de leur centres d’intérêt ».

      Ah bon ? C’est pas ce qu’on fait déjà ? Et vous trouvez ça efficace ?
      C’est justement un gros point noir ça : le centre d’intérêt des enfants en âge scolaire.
      L’enjeu est de leur faire découvrir la diversité d’activité que peut offrir une vie. C’est le choix qui donne l’envie et pas l’inverse.

      1. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_Sudbury

        C’est extrême, mais c’est ça qui rend l’expérience intéressante. Ce que les enfants font dans ce genre d’école me semble infiniment plus varié que ce qui est appris par les enfants dans l’enseignement classique, d’après ce que j’ai pu comprendre.

        Et pour répondre à votre question: non, ce n’est pas du tout comme cela que l’école fonctionne actuellement. En tous cas, mes enfants n’ont aucune latitude sur ce qu’ils apprennent: c’est le prof qui décide de tout. Ils n’apprennent pas à apprendre par eux-mêmes, ils apprennent à apprendre ce qu’on leur dit d’apprendre. La différence me semble évidente.

  2. La formation, manie française… « Formation », ca doit être me premier mot qu’un étranger apprend.
    Sans « formation », sans « le petit bout de papier qui va bien », le recruteur a ‘impression de prendre un risque… et il n’embauche pas.
    Le résultat est catastrophique, tout simplement.

    Ce n’est pas à l’Etat d’assurer la formation professionnelle, mais aux entreprises elles-mêmes. Et elles doivent en assumer la charge à 100%.

    Dans la plupart des cas, le marché punira bien assez tôt celles qui ne le font pas. Dans quelques cas, par exemple en matière de sécurité et de sûreté, l’Etat devrait effectivement participer financièrement à la formation, ou bien sanctionner durement, comme aux USA, tout manquement en la matière ayant abouti à une catastrophe.

    Avec la formation, en France, on réinvente le système de caste.
    Que chacun puisse se former « tout au long de la vie ». Fort bien. Que nul ne puisse accéder à tel ou tel job sans le petit bout de papier magique, le césaaaaame, indépendamment de ses compétences professionnelles effectives, certainement pas.

    Combien en ai-je vu galérer des années durant à cause de ça? Des dizaines? Des centaines?
    La meilleure manière d’apprendre, c’est « sur le tas ».

    On pourrait parler du contenu des formations aussi :
    – ou bien il n’est même pas approprié (il s’agit d’un d’une barrière à l’entrée, à l’accès au job, complètement artificielle, l’important étant de se gaver sur le dos de la communauté et des chercheurs d’emploi).
    – ou bien il l’est, mais le niveau est catastrophique, souvent pour des raisons de luttes intestines entre professionnels de la formation qui verrouillent l’accès au fromage, à coup de vrais fausses associations professionnelles bidons (du coup ne reste que le seuil de compétences minimal sur lequel tout le monde ne peut pas ne pas être d’accord, même quand ce seuil est bien en dessous du standard d’exigence réel).

    1. Désolé, mais il ne faut surtout pas que ce soit les entreprises qui « forment ». En effet, un jeune formé dans une entreprise sera le reflet des méthodes de cette entreprise. Et il faudra qu’il se « reformate » s’il veut changer d’entreprise ou s’il est licencié.
      Seule, une formation organisée « d’en haut » et couvrant non pas des savoir faire/savoir être spécifiques mais d’ordre général répondra aux besoins. Le tout accompagné par la capacité d’apprendre à apprendre, et visant le plus haut niveau d’adaptabilité et de capacité d’action.
      Cela n’a jamais été réalisé, sauf peut-être – c’était en voie dans leur version ancienne – dans la filière bac-pro. Filière qui a été saccagée par sa réduction à 3 ans.
      Dans le courant de leurs études les jeunes qui suivent un cursus professionnel font des stages de durée variable en fonction des filières. C’est dans ce cadre que l’entreprise doit intervenir d’autant que chacun des stages se fait dans un cadre/entreprise différent.
      Un contrôle national de ce qui s’enseigne tant à l’atelier du lycée que dans l’entreprise devrait se renforcer de façon à ce que la formation soit à la fois suffisante, performante et souple pour être adaptable à différents cadres/entreprises.
      Actuellement, on a l’impression que les stagiaires sont reçus comme des « chiens dans un jeu de quilles » dans certaines entreprises. Certains entrepreneurs voudraient avoir des stagiaires qui connaissent « leur » boîte avant même de s’y être intégrés : nombre d’entrepreneurs n’ont pas la fibre enseignante et ne comprennent pas ce dont le stagiaire a besoin.
      Aussi, c’est un fiasco bien trop souvent, au point que stagiaire et entrepreneur redoutent réciproquement le contact et alors que les demande de stage se multiplient, nombre d’entrepreneur sont frileux.
      Quant au stages « ingé », plus d’une boîte prend un stagiaire hautement compétent, qui va faire le boulot d’un ingénieur mais, sans qu’il soit versé au stagiaire un salaire d’ingénieur (!), refusent tout bonnement de leur verser un salaire décent – alors que ces jeunes sont souvent loin de leur familles/port d’attache et on besoin d’argent pour se payer un loyer et pour manger – : c’est souvent 50% du SMIC ( + ou – 100 €).
      Certes, le jeune qui arrive, ne connaissant pas l’entreprise va devoir s’adapter, mais ce n’est qu’une question de quelques jours la plupart du temps. Ensuite il fait le job !
      Et ce qui est vrai pour les jeunes ingénieurs est vrai aussi dans des domaines, comme la couture/la mode, de façon générale : les stagiaires sont souvent estimés trop lents et peu productifs…
      Que penser des boîtes qui publient des emplois de techniciens niveau BTS, avec un salaire égal à 1,5 SMIC et 3 ans d’ancienneté ?
      Que veulent ces gens-là ? Le beurre, l’agent du beurre et le sourire de la crémière ?
      Compétitivité ? Charges sociales ?
      Que personne ne perde de vue que ce ne sont pas des charges mais des cotisations et que cela est du salaire différé ! Et que pour comparer l’Etat social français avec d’autres états où les salariés se paient eux même leurs prestations sociales, il faudrait sortir du « coût » du travail à la française ce salaire différé.
      Oui, je sais, certains lorgnent sur les cotisations sociales pour pouvoir les jouer « au casino » et que c’est la raison de la volonté de l’actuel gouvernement de créer un système « à points » qui dépendrait de l’état de la « Bourse ». Ainsi qu’il se fait en Allemagne dans bien des cas.
      Donc une retraite, une santé à 2 vitesses, les riches et les pauvres.
      Cela fleure bon le XIXème siècle, vous ne trouvez pas ?
      Pour en revenir à la formation il est indispensable d’intégrer u ne perspective à moyen terme, celle que Paul répète inlassablement, celle du remplacement de la quasi totalité du travail d’origine humaine par du travail de « machine »(au sens large). Prétendre à un futur de « plein emploi » dans les conditions actuelles est une imposture car, même du fait de l’impérative nécessité de faire bifurquer le mode de production, l’essentiel du travail humain disparaîtra à moyenne échéance. Et à supposer que l’on arrive à former les générations montantes à des technologies spécifiques et probablement hyper pointues, 35 heures hebdomadaires seront impossibles à occuper.
      Car, si l’on veut, afin d’éviter le grand plongeon, modifier l’appareil de production de façon efficace se sera en prolongeant l’utilisation des machines et donc en diminuant le travail humain.
      Que faire de cette humanité sans emploi ? La rayer de la surface de la terre ?

    2. @Math et @Maris

      Math – « Ce n’est pas à l’État d’assurer la formation professionnelle, mais aux entreprises elles-mêmes. Et elles doivent en assumer la charge à 100%. »

      Maris – « Désolé, mais il ne faut surtout pas que ce soit les entreprises qui « forment ». En effet, un jeune formé dans une entreprise sera le reflet des méthodes de cette entreprise. Et il faudra qu’il se « reformate » s’il veut changer d’entreprise ou s’il est licencié.

      §

      N’êtes-vous pas d’accord sur l’essentiel: à l’Etat de former des individus au libre exercice de la pensée et à acquérir les outils permettant de comprendre et d’agir dans le monde tel qu’il le rencontre, et pour le modifier dans le sens du plus grand bien commun: c’et à dire créer les conditions d’une éducation généraliste (au sens le plus élevé de culture générale)

      Et à charge aux entreprises:
      1 – de contribuer par l’impôt l’éducation généraliste et

      2 – de dépenser de leur argent pour outiller les citoyens des techniques qui leur sont nécessaires (aux entreprises)

      1. Certes, c’est sur le tas qu’on se forme le mieux, mais les intérêts de l’entreprise et ceux du salarié, en terme de formation notamment, ne sont tout simplement pas les mêmes : l’entreprise a des intérêts à court terme : augmentation du rendement, compétence spécifique pour un problème donné; le salarié recherche plutôt une possibilité d’évoluer au-delà de son poste actuel, voire une anticipation en vue d’un changement d’emploi, un investissement personnel à plus long terme (exemple : apprendre une langue étrangère, etc…). Donc, pour de courtes formations, ponctuelles, l’entreprise peut être intéressante, mais sinon, ne pas y compter, voire, elle a des intérêts contradictoires, et pire, et n’y aura pas intérêt, de peur de perdre un salarié, ou que celui-ci devienne plus exigent, et demande, par exemple, une augmentation. …
        Une chose qui n’est pas abordée dans le rapport, c’est (pour dire simple), l’évolution des mentalités ; vu la tendance actuelle, quand vous voulez changer de travail, on vous demande quasi la même expérience pour un nouveau travail. Il est assez difficile (en France) de changer un tant soit peu de métier et les stéréotypes sont tenaces.
        Dans le même ordre d’idées, il faudrait que la culture d’entreprise évolue dans le sens où si on voudrait que les gens aient la marge de manœuvre pour « apprendre à apprendre » (très bien), il va falloir un environnement adapté pour permettre cela.
        …/…

  3. Pas un mot sur la disparition du travail/ de l’emploi…
    Ils sont encore loin du compte.

    Leur manière de « réfléchir », les catégories fondamentales à partir desquelles ils pensent la vie des gens, sont soooo XXe siècle.

    Assouplir le marché du travail, tout en renforçant davantage encore les contraintes de formation, c’est ubuesque.
    Aussi, tout le monde n’est pas capable d’apprendre à coder.
    Et, bien sûr, quand il n’y a pas de boulot il n’y a pas de boulot.
    Ca ne sert à rien de former des gens « dans le vide » , d’autant qu’un employeur préfèrera toujours débaucher une personne en poste qu’embaucher une personne au chômage. S’il n’y a pas de boulot , il n’y a pas de boulot. Former ne changera rien.

  4. Les personnes ayant reçu une éducation supérieure consomment peu de produits alimentaires industriels. Les médecins, eux aussi, sont des consommateurs parcimonieux des soins médicaux et médicamenteux.
    Augmenter la proportion de personne autonome et éduquée n’est pas la priorité du système capitaliste au pouvoir qui s’alimente de l’ignorance et de l’égoïsme.

  5. Ce rapport , honnêtement restreint à un titre assez explicite ( mais qui dévie un peu quand dans son exposé il parle de « métier » comme équivalent à « emploi ») ,est intéressant , même si , comme tous les rapports qui dépassent deux pages , il n’y a aucune chance que l’agora publique s’en empare , compte tenu de la densité et de la multiplicité des composantes , impacts ou préconisations qui y sont évoqués .

    En calant un peu ( en dépit de deux tasses de café) sur le  » bref résumé » de Madeleine Théodore , je suis allé plutôt lire la synthèse donnée en lien , un peu plus « enrobée » .
    Un peu hard aussi , pour un retraité , et du coup je me suis demandé  » qu’est qui te gène et qui fait que tu n’arrives pas à rentrer dedans  » ?

    Au troisième café , il me semble que c’est la restriction du champs de la réflexion, dont j’ai dit en intro qu’elle était honnêtement annoncée , par destination .

    De tous temps , les sociétés et les civilisations se sont appuyées et ont été portées par leurs outils , et c’est même un moyen commode pour repérer sinon dater les « grands sauts » permis par ces « inventions » , pas si nombreuses que ça dans l’histoire de l’humanité . La numérisation est à n’en pas douter l’une d’elles et de taille .

    Mon sentiment est qu’à ne peser et traduire l’impact de cette bombe « que  » sur  » l’emploi » ( sans doute restrictivement centré sur l’activité salariée d’ailleurs ) , on ne se souciait qu’un d’un des segments de la vie de la cité qui ne peut « rendre service  » que s’il est en relation avec pas mal d’autres des « segments » qui font une société .

    En particulier , on ne rend pas ici compte des natures et finalités du « travail » défini comme activité individuelle et collective dans un ensemble qui hérite du passé , agit au présent et se projette dans l’avenir .

    Est ce l’outil qui détermine notre avenir de par ses « contraintes propres », ou la cité en domestiquant l’outil ? Qui tient le fléau de ces interactions ?

    Mais je conçois que ces « pertes de temps » d’un retraité désactivé , ne soient pas dans la moulinette du Conseil d’Orientation pour l’Emploi .

  6. Je n’ai pas vu de syndicalistes parmi les « audités » ,sauf Philippe Debruyne qui fait profiter la CFDT et le MEDEF de ses talents .

      1. On notera que le ministre de l’emploi , du travail et de la cohésion sociale ( Jean -Louis Borloo ) a été contraint d’accoucher d’un Conseil réduit à « l’emploi » .

  7. Vous auriez pu aussi mentionner le rapport Mettling de fin 2015 -début 2016, commandé par Rebsamen et transmis à El Kohmri , qui , lui aussi « se contente » de mesurer les implications « managériales » de la numérisation et les modifications du code du travail que « l’ubérisation » des emplois subsistants « imposent » .

    D’une certaine façon , nos élus , plutôt que porteurs d’un avenir social désiré , sont devenus les mécaniciens de bonne volonté du capitalisme , du numérique , sous couvert de modernité .

    Mais peut on leur en vouloir quand la société préfère la consommation à la liberté et au sens ?

    1. A les relire , ces rapports ne parlent même pas de la disparition du travail , au sens qui a été le sien pendant des siècles au sein de structures qui avaient comme caractéristique forte d’assurer des intégrations verticales . Ils se bornent à essayer de donner , de façon anticipée , la meilleure façon de s’adapter à la structuration « désintégrée » de l’entreprise , rendue nécessaire par la mise en concurrence interne autant qu’externe et les nouveaux outils dont numériques .

      Il est symptomatique que ce soit le management et la sélection par la formation qui soient principalement mis en avant pour réussir cette « mutation » ( plutôt la poursuivre) , et c’est l’approfondissement de la perte de proximité entre classes managériales et classes salariées , dans un processus de suprématie du management gestionnaire dans l’essence même du travail , au bénéfice accru des classes possédantes capitalistiques .

      Nul part n’est envisagé ce que signifie la montée en puissance des forcément exclus du « travail » ainsi défini .

      Pas trouvé grand chose d’intéressant sur le net , mais il doit bien y avoir un(e) universitaire qui a quand même abordé le travail par l’interrogation de sa quasi-disparition liée à la numérisation . Quelques spécialistes de « philosophie sociale  » peut être .

      On ne résoudra pas le problème « travail » en le laissant à l’organisation capitaliste .

  8. C’est une prospective hors sol. Rien sur les enjeux planétaires. La thématique numérique ne peut être pertinente que si on la relie aux deux autres vagues du soliton. Or ici, même le lien avec l’économie part très mal, d’emblée est évacuée la macro-économie — qui est pourtant déjà en soi une perspective réduite, au profit des entreprises et des bassins d’emploi comme si ces dernier n’évoluaient pas dans un environnement global, c’est à dire planétaire, aux multiples facettes.

    Le rapport s’intéresse aux formations au numérique, et par le numérique, mais la destruction des emplois est sous-estimée, il n’est pas tenu compte des études qui prédisent une disparition massive du travail, aussi bien manuel qu’intellectuel.

    Dans ce texte il s’agit en fait d’abord de capital humain qu’il faut numériser dare dare, compétitivité oblige. D’où en passant cette idée assez ahurissante de badge numérique des compétences. L’utilité éventuelle d’un tel rapport c’est d’instiller l’idée du profilage généralisé de la population. Ce n’est sans doute pas intentionnel, mais c’est à cela que cela conduit logiquement. L’acquisition des compétences numériques un peu pointues nécessaires au monde du numérique ne va concerner que quelques dizaines de milliers de personnes, pour le reste de la population gageons que l’industrie, comme ce fut le cas avec l’irruption de la micro-informatique, saura adapter ses logiciels, ses machines, ses robots, pour une utilisation toujours plus « intuitive », donc accessible au plus grand nombre. Le problème de la formation au numérique ne se pose donc pas. Les problèmes urgentissimes sont ailleurs. Nora et Minc auteur du rapport du même nom en 1977 avaient tout prévu sauf l’invention de la micro-informatique.

  9. Medellín, le 6 octobre 2017

    1. Merci beaucoup pour nous donner ici au BLOG ce résumé tellement précis du rapport du ¨Conseil d’orientation pour l’emploi¨, intitulé : « Automatisation, numérisation et emploi : l’impact sur les compétences ».

    2. Il me parait que presque tous les éléments clés d´une approche Suédoise-Finlandaise-Danoise de l´emploi sont retraçable dans ce rapport.

    3. Mais, il y a un grand ¨mais¨.

    Il manque quelque chose, quelque chose qui, néanmoins, a été souligné à chaque occasion par Paul Jorion aussi.

    4. Déjà dans les années 1980 – 1990, c´était vraiment TABOU dans les circuits de la Coopération Internationale, de parler simplement de ¨l´emploi¨.
    Cela nous disait rien. Puisque, on peut travailler comme un fou, mais cela ne veut pas dire qu´on va survivre, qu´on va échapper de la pauvreté.

    Regardez cette foule immense, vraiment immense et chaque fois plus grande, qui se trouve dans l´ombre de l´informalité (ici en Colombie environ 61 – 61 % de TOUTE la poblation, y compris les personnes agées… un drame, une super grande tragédie.

    5. Ce qui manque dans le rapport du Conseil, c´est le terme ¨Gainfull employment¨. Le ¨travail (bien) rénuméré¨.

    Je ne crois pas, connaissant bien le travail de Paul Jorion pour des raisons propres à nous deux, que Paul n´a jamais voulu dire que ¨le travail¨ per se va a disparaitre.
    Exemple: quand Paul se mets dans sa chaise dans sa maison, ou sa chambre d´hotel, et il nous parle chaque vendredi de nouveau sur ce qui se passe au monde, il ¨fait du travail¨.

    La grande question, et comme nous le savons, chaque fois à la fin du mois: CAISSE!!!, c´est: est-ce qu´on va atteindre le niveau de EUR 1.500 oui ou non?

    Et pour deux raisons clé:
    a. payer pour le travail (impressionnant) fait par François Leclerc;
    b. payer pour le serveur et le travail fait par, oui par qui?.

    Et Paul même, vous demanderez? Parceque il fait du travail, chaque jour.

    Ah, c´est que Paul dit (je ne peux pas le vérifier) qu´il (sur-)vit de la vente de ses livres, c´est à dire, à travers du travail délégué et payé.

    Ce qui veut dire, en conclusion: bien SUR il restera BEAUCOUP de travail à faire… comme Paul l´a dit a multiples reprises: par exemple à travers des réparations urgentes et énormes à la mère terre tellement endommagée (par l´externalisation des frais environnementaux dans laquelle le capitalisme se montre un super-expert).

    Mais, et c´est pour cette raison que Paul Jorion répète infiniment: à quel prix?

    A quel prix va-t-on travailler?

    Le travail pur, sans paiement (juste) doit et va disparaitre.
    Ce n´est pas un rêve, c´est une nécessité urgente.

    Le travail BIEN rénuméré (gainfull employment) va AUGMENTER: c´est pour cet objectif qu´il nous faut nous organiser MIEUX, qu´il nous faut nous mobiliser.

    Comme nous le dit chaque fois de nouveau Paul Jorion: la relation des forçes entre PERSONNES (naturelles et-ou juridiques) détermine les prix, et non une loi (irréelle) de l´offre et de la demande.

    Ce qui est vrai aussi en ce qui concerne la détermination du ¨prix du travail¨.

    ¨Gainfull employment¨ nécessite l´organisation forte des travailleuses et des travailleurs, comme nous enseigne la Scandinavie.

    A suivre les bons exemples?

    Conclusion: jamais plus utiliser le terme ¨emploi¨, mais toujours, comme dans la coopération internationale professionnelle, ¨emploi (bien) rénuméré¨, ¨gainfull employment¨.

    Pour moins, nous ne travaillerons pas, mieux dit, plus.

    Bien à vous tous,

    JL

    1. Merci à Joan de nous rappeler le cadre dans lequel se situe le rapport sur « l’automatisation, la numérisation et l’emploi », qui est la domination absolue de l’idéologie néolibérale, et son corolaire, la marchandisation accrue du travail et son totem, « l’offre et la demande ». Au passage, je conseille vivement, pour ceux que ça intéresse, la lecture du livre de Bernie Sanders, « Notre révolution » : il y dresse un portrait effrayant de la situation aux US. En gros, des dizaines de millions de travailleurs très pauvres et précaires, un allongement inconsidéré de la durée du travail, un chômage endémique caché, la prédation d’une oligarchie qui concentre toujours plus de richesse, et qui organise la destruction totalement irresponsable des conditions environnementales et sociales (les enfants pauvres, les femmes les plus touchées, les « séniors » très précarisés (je cite : « plus de la moitié des travailleurs âgés de ce pays n’ont aucun argent de côté pour leur retraite »), etc… Donc, il y a bien une urgence de changer ce cadre !

  10. Aujourd’hui dans l’informatique les employeurs demandent des compétences dans de multiples domaines qu’il est impossible de maitriser en quelques mois, et plusieurs années d’expérience sur des technologies qui n’ont vu le jour que depuis 2 ans en France et 7 aux USA, pour des salaires ou des taux journaliers lamentables (le moins disant prévalant).

    Sans compter que personne au sein des DSI n’a de vision de systèmes informatiques stabilisés et qui coûtent de plus en plus cher.

  11. Ayant eu une expérience à la fois de salarié (classique) et de consultant, j’ai pu mesurer les différences entre les deux (mais c’est pas facile à analyser). En tant que consultant, on doit acquérir des compétences générales de type « se vendre » (même si je n’aime pas beaucoup cette expression), et de gestion personnelle, y compris de ses compétences. Il faut des qualités d’anticipation « sur le marché » – et en tant que salarié, on est beaucoup plus captif (le mot est important) d’une situation ou d’une organisation donnée (avec, en particulier, beaucoup plus de routine « subie »). Et lorsqu’on sort d’un emploi salarié, on se trouve de fait, assez démuni. J’ai remarqué également que l’approche « consultant » demande une certaine forme d’autonomie et d’auto-organisation (avec des moyens qui vont avec), ce qui est difficile dans le cadre d’un poste fixe de type salarié (par exemple, j’ai été frappé sur le fait simple, qu’en tant que consultant, je devais constituer une bibliothèque à jour de livres dans mon domaine, alors qu’en tant que salarié (à niveau équivalent), mes collègues et moi n’en n’avions pas…et d’ailleurs, les bureaux n’étaient pas conçus pour ça…). Cette autonomie de moyens, que recouvre d’ailleurs la notion « d’apprendre à apprendre » nécessite des moyens spécifiques et de l’investissement dédié en temps. Bref, cela pour dire que la culture du travail est certainement une clé très importante dans les transformations en cours.
    Cela me fait penser que le rapport n’aborde pas suffisamment ce point : la transformation numérique et l’automatisation ne sont pas uniquement une question d’apprentissage technique, mais largement une question de savoir comment l’environnement et la culture de travail doivent et vont évoluer (on parle, par exemple, de génération « Y », avec une espèce d’incompréhension intergénérationnelle, alors qu’on devrait se rendre compte que l’environnement de travail, y compris technologique et de niveau d’éducation, induit forcément d’autres formes d’approches et d’organisations…).

  12. Bonjour,
    Le conseil d’orientation pour l’emploi!
    Prosternons nous!
    Avec de tels objectifs, on est sûr d’atteindre le plein emploi dans des domaines déjà pas mal pourvus …
    Normalisation, Vérification, Certification, Labelisation…
    …Effectivement au détriment de l’efficacité de compétences bien plus basiques et pourtant indispensables qui nous font déjà cruellement défaut aujourd’hui.
    Le scientisme ambiant actuel entraîne la plupart d’entre nous vers son propre niveau d’incompétence, avec une réponse toute faite en cas d’échec:  » défaut de formation ».
    Bienvenue en enfer!
    Eric.

  13. De « compétence et formation », je propose un passage à:
    « compétence et information »,
    car on ne peut nier la part importante de ce que nous apprenons passe par les médias dont le rôle est de « vulgariser ».
    François Cauneau (https://fr.linkedin.com/in/francois-cauneau-97a59326) démontre cette compétence dans une de ses interviews dans la série « Sciences et Conscience » sur agora-cote d’azur:
    http://agoracotedazur.fr/sciences-et-conscience-n21-emission-du-jeudi-05-octobre-2017/

    Comprendre et aider à comprendre: tout un programme et une manière de vivre…

Les commentaires sont fermés.

*Le seul Blog optimiste du monde occidental*