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34 réflexions sur « Brexit, contrepouvoirs et effondrement généralisé, le 14 décembre 2018 – Retranscription »

  1. S’agissant du Brexit, j’ai écrit déjà dans plusieurs commentaires que l’hypothèse la plus probable était la sortie du RU de l’UE sans accord, du fait du blocage des autres options. Mais je me demande si le plus probable tout compte fait n’est pas l’approbation de l’accord de Brexit par le Parlement britannique, par victoire à plate couture de Theresa May sur ses adversaires.

    Les récents événements – fin de non-recevoir à toute idée de renégociation de la part des instances UE, de l’Allemagne, de la France, ainsi qu’à toute idée de « solution norvégienne » qu’Oslo décline – ont clarifié les options disponibles. Le Royaume-Uni n’en a que quatre :
    1. Brexit avec l’accord négocié par May
    2. Brexit sans accord
    3. Annulation du Brexit par référendum
    4. Annulation du Brexit sans référendum

    L’option 4 est pratiquement exclue, personne ne la propose, même les partisans les plus décidés du maintien dans l’UE.

    L’option 3 est la plus difficile, car il faudrait que le peuple britannique se décide dans ce sens au cours d’un nouveau référendum ce qui est tout sauf certain. Et pour commencer il faudrait que le gouvernement en organise un ! Or Theresa May l’a exclu maintes fois et l’a encore répété récemment. Pour elle – qui était favorable au maintien dans l’UE – la démocratie est non-négociable et doit être quelque chose de sérieux, redemander aux électeurs dans l’espoir de les inciter à changer leur décision ne serait qu’une entourloupe qui endommagerait la confiance des citoyens dans la classe politique.

    Mais puisque Theresa May a survécu au vote de défiance interne au parti conservateur, elle restera premier ministre : les travaillistes ne pourraient la renverser qu’en convaincant une partie des conservateurs de voter une motion de défiance au parlement, ce qui serait pour ces dissidents conservateurs un suicide politique pur et simple. De plus, les opposants conservateurs à May sont en général des partisans convaincus du Brexit, il est irréaliste de les imaginer s’allier aux travaillistes partisans d’un Brexit plus « doux » voire du maintien pur et simple.

    Et si elle reste premier ministre, elle peut facilement interdire l’option 3. Il lui suffit de NE PAS convoquer de référendum. En somme, elle a une stratégie gagnante évidente pour atteindre son objectif, une stratégie qui ne lui demande que de la fermeté et de la résilience, qualités que tous s’accordent à lui reconnaître – ou à lui reprocher.

    En théorie, le parlement pourrait lui forcer la main… mais il faudrait pour cela qu’une majorité le décide, et on retombe sur l’improbabilité de l’alliance des travaillistes et des conservateurs opposés à May pour voter en ce sens : les opposants à May sont précisément en grande partie des pro-Brexit « durs ».

    Une fois qu’il sera clair pour les parlementaires que les options restantes sont au nombre de deux et pas une de plus, qu’elles se résument à « Brexit avec l’accord May » et « Brexit sans accord », il faut prévoir que les criailleries… pardon le volume sonore 🙂 augmente d’un ou deux ordres de grandeur à Westminster.

    La sortie sans accord ne peut être exclue.

    Mais le plus probable, c’est que le parlement approuve l’accord. Theresa May dispose déjà d’une confortable majorité pour l’accord parmi les parlementaires conservateurs (de l’ordre des deux tiers), elle n’a aucun besoin de davantage de voix conservatrices. Ce qui lui manque, ce sont les voix d’un nombre suffisant de travaillistes. Aujourd’hui, ils refusent l’accord parce qu’ils espèrent l’arrivée du Père Noël : des élections générales, ou bien un référendum. Quand ils comprendront que le Père Noël n’a rien dans sa hotte, que « c’est fini », le plus probable me paraît qu’un nombre suffisant d’entre eux « se couchent » et votent pour l’accord à la dernière heure.

    On ne peut certes exclure une réaction d’orgueil et une sortie sans accord « par accident ». Mais les travaillistes seraient alors faciles à dénoncer comme responsables des conséquences, et des désordres économiques profonds si temporaires qui en résulteraient. Il paraît quand même peu probable qu’ils acceptent de porter ce stigmate.

    1. Peut être que si les britanniques avaient le RIC , il y aurait une variante de plus !

      Sont pas des démocrates ces britishs .

    2. Votre analyse a au moins un mérite : prendre le contrepied du Financial Times,

      Cabinet starts to take charge
      By James Blitz
      December 17, 2018

      The growing consensus in the Commons is that the PM’s deal is dead…

    3. On peut imaginer un référendum à 2 tours car il y a 3 options.
      Au premier tour le peuple élimine une option, au deuxième il choisit entre les deux qui restent.

  2. J’ajoute que le bluff gouvernemental est en train de monter en puissance, voir ici « Le gouvernement va intensifier les préparations pour une sortie sans accord » https://www.theguardian.com/politics/live/2018/dec/17/brexit-latest-theresa-may-commons-statement-greg-clark-backs-cabinet-calls-for-mps-to-be-asked-to-vote-on-options-if-mays-deal-defeated-politics-live?page=with:block-5c17888be4b05f9f60c1fd63#block-5c17888be4b05f9f60c1fd63
    – Allocation de 2 milliards de livres supplémentaires pour la préparation de la sortie « dure » sans accord
    – Le porte-parole du gouvernement, auquel on demandait si May était prête à envisager de sortir de l’UE sans accord, a répondu « Oui. Nous quittons l’UE le 29 mars »

    A mon avis, les travaillistes seront les premiers à perdre leur sang-froid. Viendra le moment où ils se précipiteront pour signer l’accord de retrait négocié par Theresa May, parce qu’ils comprendront qu’ils sont coincés dans un bateau avec une dirigeante britannique assez « folle » – ou déterminée à respecter la démocratie – pour sortir de l’UE sans accord en répétant le slogan de temps de guerre « England expects every man to do his duty » (l’Angleterre attend de chacun qu’il fasse son devoir) … et que la seule porte de sortie est de signer ce fichu accord.

    Sur les conséquences d’une sortie sans accord, j’ai trouvé très éclairant ce récent discours de Sir Ivan Rogers, l’ancien ambassadeur britannique auprès de l’UE https://news.liverpool.ac.uk/2018/12/13/full-speech-sir-ivan-rogers-on-brexit/ C’est long et c’est en anglais mais si vous avez le temps ça en vaut la peine.

    Sa comparaison du Brexit avec un processus révolutionnaire est intéressante. Manière assez judicieuse je crois de tenir ensemble ces deux réalités 1) que l’ancien régime (en français dans le texte) – c’est-à-dire l’UE telle qu’elle existe aujourd’hui – est assez détestable et 2) que les révolutionnaires sont des gens dangereux. Et la passion d’une partie importante des pro-Brexit pour la sortie la plus « pure » possible, leur propension à qualifier de traître à la cause toute personne défendant une mise en place plus « douce » du Brexit, font effectivement penser à un processus révolutionnaire, avec sa surenchère et sa quête de « pureté ».

    Dans cette comparaison, une sortie sans accord serait l’équivalent pour le Brexit de ce que fut pour la Révolution française la Terreur.

    Et les révolutions finissent toujours par dévorer leurs enfants.

  3. Bonjour,
    Je pense que l’électrice que je suis a besoin de plus de transparence pour le vote de l’Union Européenne. C’est flou et donc anti démocratique.
    Bonne fin de journée

  4. L’intégration (forcée ? ou non ? ) serait forcément la meilleur des options ? C’est faire peu de cas de toute l’histoire du 20ème siècle, car à ce compte là, on peut aussi regretter la dissolution des empires ottomans et austro-hongrois, la fin des empires coloniaux français et britanniques, et la chute de l’URSS…

    A un moment, il faut savoir si l’on est démocrate, on doit respecter les choix et volontés du peuple, même si l’on pense sincèrement qu’il se trompe, c’est ça être démocrate, entre autres…

    Et comme on sait depuis quelques temps qu’il n’y a pas de démocratie face aux traités européens….

    1. « on doit respecter les choix et volontés du peuple »

      Au niveau de la nation ? de la région ? du département ? de la sous-préfecture ? du canton ? de la municipalité ? du quartier ? de la rue ? de l’immeuble ? de l’appartement ? de la pièce ?

      1. Inutile de chercher à noyer le poisson. La réponse est évidente : au niveau le plus pertinent.

        C’est le principe de subsidiarité, si cher à l’Union Européenne, si peu appliqué.

      2. Oui ce constat est démocratique sauf que la ratification des traités entre autre celui de 2005 pour lequel la France à voté négativement et qui a été ratifié par la suite par le chef d’état français n’est pas démocratique.

      3. Le principe de subsidiarité a été le cache sexe pour éviter les blocages et soulager une partie des emmerdes inhérentes au principe d’unanimité . Il s’est avéré inefficace pour porter les enjeux du monde aux niveaux où ils doivent l’être . Il permet hypocritement à chacun défaire concurrence à l’autre . Il est devenu un boulet.

        Mais on peut choisir démocratiquement de se suicider .

        To be or not to be , that is the question .

      4. @juanessy qui dit « Mais on peut choisir démocratiquement de se suicider . »

        Certes, mais alors dans ce cas, il faut tendre la main au suicidaire, en lui disant « allez, fais pas le con ».

        Cependant on ne peut pas donner tort à Theresa May, ce n’est pas tout à fait la même chose pour un choix collectif. Un deuxième referendum remettrait en question la démocratie…les 20 ou 30% de brexiteurs irréductibles pourraient très mal le prendre, et à juste titre, car on ne peut pas dire que le débat n’a pas eu lieu. L’organisation d’un nouveau referendum mènerait inévitablement à une perte de confiance dans la démocratie, qui n’a pas besoin de ça en ce moment.

        Le Royaume Uni devra sortir de l’UE, au moins pendant un temps, quitte à refaire une demande d’adhésion plus tard, s’il ne s’est pas désintégré aussi d’ici là.

      5. On ne peut en effet pas dire que le débat n’a pas eu lieu, mais on peut en revanche arguer que :

        – 1/ la campagne a été manipulée avec l’ingérence massive d’une puissance étrangère ;
        – 2/ les principaux contempteurs de l’UE, à l’exception du bozzo Johnson, ont tous quitté la barque la minute où le Brexit est annoncé, avouant avoir menti sur toute la ligne durant toute la campagne.

        Le résultat du scrutin peut-il être déclaré sincère ?

      6. Qu’on approuve ou non le principe du référendum, le principe de poser à un référendum une question sur l’UE et / ou l’analyse comme quoi la campagne référendaire de 2016 a été aussi approfondie que nécessaire et aussi sincère de part et d’autre qu’il était imaginable qu’elle soit…

        … Le fait demeure qu’il est extrêmement difficile d’imaginer un nouveau référendum au Royaume-Uni à court terme, parce que le premier ministre le refuse mordicus tandis qu’aucune combinaison vraisemblable de forces parlementaires ne serait assez puissante pour le lui imposer.

        La question du référendum n’est pas actuelle. Elle appartient au passé, ou alors à l’avenir à moyen/long terme si l’on imagine que les Britanniques pourraient organiser un référendum dans 5 ou 10 ans pour revenir dans l’UE.

        Bref qu’ils prendraient un chemin que les Norvégiens, les Suisses ou les Islandais ont refusé de prendre. Ce qui exigerait, regardons les choses en face, que l’UE améliore d’abord du tout au tout sa réputation externe, et pour commencer interne.

        La possibilité, ou non, de réformer l’UE dans un sens positif est donc la question actuelle. Pas le Brexit, même si ce feuilleton est certes haletant.

        En ce qui concerne le Brexit, j’en reste à la réponse du porte-parole du gouvernement, auquel on demandait si May était prête à envisager de sortir de l’UE sans accord : « Oui. Nous quittons l’UE le 29 mars »

      7. De toutes façons, l’UE est très mal barrée aussi : des états hyper endettés dont il n’est pas question de restructurer la dette, une Allemagne qui campe sur ses positions favorables et qui refuse toute inflation…les nationalismes qui surgissent de partout, un dégagisme politique incroyable, et même en France, un dégagisme du dégageur en chef E. Macron !

        Ca sent le sapin, l’enterrement de première classe pour l’Europe, à la prochaine crise financière. Soyons les premiers à en limiter les dégâts dans notre pays, en agissant intelligemment avec Place Publique. On est en situation de très grand danger, il y deux ans, au moment du brexit, la situation dans laquelle on est aujourd’hui était inimaginable…et pourtant ! alors dans 2 ans ??!

        Il y a urgence

      8. Mais en fait, tout ce qui se passe au parlement me fait l’effet de gesticulations, une sorte de politesse disons, avant « d’empaffer » les autres membres d’une quarantaine de milliards. Il me semble de plus en plus évident qu’on se dirige vers une sortie sans accord, et que tout le monde joue une sorte de comédie, en le sachant au fond très bien. Simple supposition, ou disons intuition…mais ça voudrait dire Brexit dur, et probablement à terme, un paradis fiscal géant aux portes de l’Europe, qui saura réjouir quelques personnes de la City…
        Pour le reste du Royaume Uni, advienne que pourra ! on aura alors la confirmation, que le capitalisme financier n’aura aucune pitié dans le futur, ni pour l’Homme ni pour l’Environnement, et qu’il faudra l’abattre comme un chien enragé.

      9. @Vincent Rey 18 décembre 2018 à 14 h 54 min
        …/… un paradis fiscal géant aux portes de l’Europe …/…
        Entre le Luxembourg, les Pays-bas, la Belgique et l’Irlande, il sera difficile de départager.
        Personnellement je préférerais que ces paradis fiscaux soient aux portes de l’UE

  5. Les mois qui viennent n’indiquent pas d’embellies économiques mais de sérieux ralentissements liés aux divers changements en cour (environnement, démondialisation) . Le Brexit par ses effets négatifs va surenchérir sur la mauvaise santé de tous les pays qui commercent, dans les deux sens, avec l’Angleterre, écossais et gallois compris. Va s’en suivre un effet d’embolie aux frontières rétablies et sur les poumons des pays. Et, personne n’est préparé à ces tuiles qui vont tomber ensembles.
    Donc, d’un commun accord, Anglais et Européens sont tenus de faire une pause.
    Poursuivre, bravache, est folie.
    Because, les cordages vont cassés pour laisser place à un scénario « effondrement » pour l’Angleterre pouvant se propager.

  6. Notons une évolution : après avoir dit et prophétisé que le Brexit n’aurait pas lieu, vous dites (ou plutôt vous rappelez) qu’il faut avoir l’oeil sur la possibilité d’un effondrement généralisé, tout en sous-entendant qu’un Brexit sans accord (qui à mon humble avis est vraiment ce qui se profile) en serait un début (en effet on peut le dire). Mais tout en maintenant qu’on n’en est pas là pour le moment.
    Constatons simplement qu’il y a un an ou un an et demi l’idée qu’un « Brexit dur » arriverait n’était défendue que par quelques extrêmistes, en tout cas par aucun analyste sérieux, et que maintenant les déclarations de responsables de tous niveaux assurant qu’ils se préparent à cette éventualité se multiplient.

    1. Y’a tout qui se débine c’est la faute à Poutine.
      Not’ monde sent le sapin c’est la faute au Kremlin.
      En tout cas, la guerre froide est un plat qui se réchauffe (cf. des commentaires du blog où l’on se traite mutuellement d’agent de Moscou ou de suppôt du parti démocrate).
      Sad ! (comme dirait l’autre ahuri)

      1. Месть – это блюдо, которое едят холодным.

        C’est-à-dire : la vengeance est un plat qui se mange froid 🙂

  7. Comme l’opinion tourne en rond, pour ne pas voir que le fond du problème, c’est le capitalisme ! Deux ans après le brexit, ils n’ont toujours pas la moindre intention de soupçonner le criminel qui est pourtant au milieu de la pièce, avec un couteau ensanglanté dans la main !

  8. Je m’étonne d’une conception si clivante de la vérité, venant de la part d’un psychanalyste. Et donc de cette optimisme concernant les journalistes. La question du journalisme, c’est le récit qu’ils font des faits, et donc de la vérité qu’ils proposent au consensus social. Soit par le milieu dont ils viennent, soit par la pression conservatrice supposée du lectorat du journal, ils ont un récit conformiste des faits. Le plus apparent est à propos de la violence : de telle manif, « il n’y a pas eu d’incident »; de telle autre, il y a eu une violence destructrice, intolérable, irrespectueuse, illégitime, incongrue par rapport à notre volonté d’être un groupe. C’est spécialement sensible actuellement : on nous parle plus de la violence du futur samedi, et le gouvernement met en scène sa propre violence prévisible, (et j’ai reproché à PJ de mettre en avant l’image de ces chars-épouvantails pour nous communiquer sa propre peur), et non de la colère en action de tous les jours. Le récit devient manipulation. Et c’est le problème de l’Europe dont le récit enchanteur ne nous vante que les bienfaits (et il y en a) malgré que ce soit dès l’origine, dès sa conception, une arme de destruction de la social-démocratie, une institution sans politique sociale, et qui n’a de l’environnement qu’une conception de coercition libérale (ce qui a eu des aspects positifs mais…).
    En fait, le Brexit peut être vu comme une solution de régression, mais son alternative est une lutte à mort pour modifier l’Europe contre cette compétition injuste qui favorise le plus fort, l’Allemagne en particulier, les rentiers par ailleurs. Voilà pourquoi nous pouvons saluer une autre presse, un blog indépendant, qui nous sauve du récit conformateur, et d’une autre Europe qui nous sortirait de la régression. On pourrait évoquer l’implosion de l’URSS : elle fut socialement terriblement régressive, et pourtant qui pourrait l’exclure et souhaiter un regroupement sur les mêmes bases ? Voilà la question essentielle. Et si le Brexit était la vérité des peuples contre le récit dominant ? Je ne réponds pas, car le Brexit nous parait étranger à notre vérité (ces anglais, n’est ce pas…). Mais la question ne se résume pas à la désunion.
    Il faudrait revenir à la critique du précédent billet de PAul, qui introduisait l’effondrement comme résultat de la disparition des corps intermédiaires, dont les médias. Ce qui était incongru. Il ne faut pas agiter l’effondrement tel un tabou pour nous faire peur !
    Allez, il nous faut un Bon Usage de l’Effondrement !

  9. Paul n est pas content: sa profetie que le Brexit ne va pas se produire a toutes les chances d etre infirmée. En fait, le Brexit est en train de se produire. Et cette idee que un effondrement général pourrait s’en suivre est farfelue. Oui, il va y avoir un effondrement lié au changement climatique, ou a l atterrissage forcé de la Chine, mais le Brexit est un peu trop petit pour provoquer ca. Il donnera une réorganisation des chaines de valeur européennes (pas les plus grandes du monde), grosse volatilité et quelques faillites. Peut être il apportera des bonnes choses: une unification irlandaise? Une augmentation des salaires et de l’inflatIon? Moins de surpeche? Moins de pollution? Moi je ne fais pas des profeties.

    1. En effet, Colomba, le sens des proportions est essentiel.
      Concernant la prophétie de Paul, qu’il ait raison ou tord est accessoire. Le déroulement des événements sera sans doute un peu plus compliqué que tout blanc ou tout noir.

      En revanche, le Brexit, ordonné ou dur, est à l’échelle du monde une vaguelette imperceptible mais ses conséquences indirectes pourraient ne pas l’être.
      Mon espoir, déjà exprimé, est que les Britt ré-articulent ce capitalisme prédateur et l’orientent vers les besoins fondamentaux du peuple. Ils l’ont déjà fait entre 1940 et 1945 sous l’empire de la nécessité.
      Glenda Jackson, actrice et députée travailliste, en avait donné un aperçu percutant à la chambre des Communes. ( Je crois que Paul en avait donné un extrait ici même.)

      Une économie plus égalitaire, plus fraternelle et proche des gens cesserait d’être capitaliste. Ce mot vidé de son sens, voilà une nouveauté séduisante… Espérons que les petits poissons en bénéficieront aussi.

  10. Je signale cette intéressante réflexion sur le rôle du RIC vs. le reste des revendications dans les « gilets jaunes », et comment il convient de désamorcer l’exploitation lepéniste ou chouardienne de cela qui se profile (et où les syndicats semblent ne pas jouer la meilleure partition en terme de realpolitik…)

    https://blogs.mediapart.fr/dimitris-alexakis/blog/191218/sur-le-fil

    En teaser, la fin du texte en question de Dimitris Alexakis:
    ///
    « L’audience simultanée que recueillent les thèses d’Etienne Chouard auprès des Gilets Jaunes constitue un autre signe de cette menace et incite à la vigilance. »

    « Lors d’une assemblée toulousaine, une gilet jaune proposait récemment que la revendication du RIC soit adoptée par ce collectif local au détriment de toutes les autres, comme si la fonction du RIC était décidément de brader l’avancée sociale de ces dernières semaines. Face à ce cheval de Troie et à l’engouement qu’il suscite, la réponse peut être délicate, et il n’est pas certain qu’un rejet en bloc soit la solution la plus efficace. Les participant.e.s aux AG seraient peut-être plus avisé.e.s de dénoncer la manœuvre, de nourrir la discussion en produisant des éléments critiques, de mettre en cause le positionnement d’Etienne Chouard qui joue, en la matière, un rôle de défricheur, et d’exiger qu’une revendication institutionnelle ne soit pas affichée au détriment mais au bénéfice et en appui des revendications sociales (hausse du SMIC et des minimas sociaux, retour de l’ISF) — les seules qui aient jusqu’à présent fait trembler le gouvernement et déstabilisé l’extrême-droite. »
    ///

    1. La logique du RIC pour les GJ qui le réclament, c’est de contenir en une seule revendication toutes les autres.

      Car si un véritable RIC était mis en place, il permettrait de forcer un vote populaire sur toutes les autres questions…

      C’est bien pour cela qu’il est extrêmement difficile d’imaginer le président et le gouvernement accepter. Et c’est une litote !

      La démocratie, ça peut faire peur. Car le peuple, s’il n’est pas guidé par mieux avisé que lui – par exemple, par un Emmanuel Macron, ou par une autre autorité supérieure, personne ou parti – risque fort de mal choisir 🙂

    2. Merci Timiota, c’est une excellente analyse qui se tient au plus près des dynamiques en cours.
      C’est effectivement vraiment pas le moment d’oublier les GJ et de lâcher l’affaire comme si la messe était dite. Il faut au contraire encourager, reconnaître ceux d’entre eux qui mènent un combat pour plus de justice sociale
      Il est clair que la stratégie du gouvernement est de tenter de diviser le mouvement pour éviter la porosité du bas vers le haut dont il est question dans l’article et aussi dans une perspective purement électoraliste. Macron dans son allocution a fait mine de les avoir compris, mais dans jours qui ont suivi, on leur disait déjà qu » »à force de rester sur les ronds points ils tournent en rond » (Richard Ferrand), une belle saillie tout en mépris pour leur action, ou un autre responsable de la majorité, qui déclarait que GJ feraient bien de constituer une sorte de mouvement des 5 Etoiles. Alors, qui pousse à la roue populiste ? Le plus meilleur moyen que la récupération d’extrême-droitière n’ait pas lieu c’est de prêter main forte aux GJ qui mènent un combat juste, utile, et courageux.
      https://www.liberation.fr/france/2018/12/16/presidence-macron-on-efface-tout-et-on-recommence_1698276

  11. Bonjour,

    Si, à ce que j’ai lu quelque part, nous ne survivrons pas sans sortir le capitalisme de la scène de l’histoire…, quels sont les scénarios possibles ou vraisemblables, jouables, pour engager cette sortie?

    Quelle est la place de la raison dans le processus, quelles voies les affects peuvent-ils ouvrir (parfois très vite)… ?

  12. je ne sui8s pas d’accord quand vous dites que au ru les gens font confiance aux journalistes.
    ils manifestent leur mefiance d’une facon differente ,question de culture.
    ils ne vont pas denoncer, aggresser, montrer du doigt…mais de moins en moins de telespectateurs renouvellent la redevance tv pour la bbc…
    au sujet de la censure bien sur qu’il y a des sujets qui sont escamotes au ru par la bbc par exemple.
    prenez la tragedie de fukushima en 2011: par rapport aux medias francais, tres peu discutee ici au ru.
    ni les eventuelles retombees radioactives, ni le debat qui a fait rage en france pendant des mois,avec les recommendations de la criirad,les mesures publiees, les conseils de protection, l’antidote du bleu de prusse etc RIEN de tout cela n’a ete rapporte ds les journaux ni a la radio.

    il y a eu un entrefilet sur bbcscotland faisant etat d’une radioactivite sur un rivage marin.Point.
    Pas d’enquete, pas de reportage, pas d’exigence vis a vis du gouvernement d’effectuer des tests, rien du tout…
    Si cet evenement majeur a portee mondiale a ete minimise et mis sous le tapis par les medias britanniques officiels, ce n’est pas de la censure et de la manipulation?

    Faut pas rever.

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