Macron et les Gilets Jaunes – II. L’éveil, par Dominique Temple

Première partie : Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers. Ouvert aux commentaires.

II. L’éveil

 Qui du capital ou du travail doit mettre l’autre à son service ? Le capital, répond l’idéologie libérale, parce qu’il est du travail accumulé sous forme de savoirs matérialisés dans les machines : le capital est donc capable de produire la richesse en réduisant la participation de l’ouvrier qui n’est ici considéré que comme de la main d’œuvre. Le capitalisme est même capable de substituer à l’homme la machine à moins de traiter l’ouvrier lui-même comme une part de la machine voire d’en faire un robot humain, mais pour cela la machine doit absorber par la technologie tous les savoir-faire, sauf, du moins pour le moment, l’intelligence qui décide des innovations ou des inventions qui mettent la machine au service de l’homme. C’est aux compétences qu’appartient la création de la valeur pourvu que la valeur soit elle-même soumise à la production de valeur d’échange, et que ces compétences soient ordonnées à l’organisation de la puissance industrielle du capital. Il suffit donc de maîtriser le capital pour être investi de la responsabilité de l’avenir humain. Quel avenir ? La croissance du capital en décidera… répondent les capitalistes.

Cependant, les forces productives entrent progressivement en contradiction avec les rapports de production établis, exigeant leur adaptation. Mais si elles changent rapidement, les rapports de production volent en éclats : la révolution remet en cause le mode d’appropriation de la nature que les hommes ont choisi pour correspondre au mode de relation qu’ils ont établi entre eux. Aujourd’hui le libre-échange ne cèderait-il pas la place à la réciprocité de partage ou/et à la réciprocité généralisée ?

Voit-on aujourd’hui se modifier seulement les forces productives à l’intérieur du système capitaliste ou bien voit-on apparaître un nouveau mode de relation qui entraînerait un nouveau mode de production économique ? C’est la première branche de l’alternative qui paraît aux yeux des capitalistes la seule compatible avec l’évolution du monde. Pour eux, les rapports de production ne changeraient pas, bien au contraire, ils se mondialisent, et exigeraient donc seulement des adaptations à cette mondialisation. Au niveau du monde on observe en effet de puissantes organisations industrielles capitalistes par rapport auxquelles les nations européennes ne font pas le poids. Il semble donc indispensable que celles-ci deviennent solidaires entre elles pour constituer un bloc capable de soutenir la compétition. Ainsi l’idée de la concurrence interne entre les nations européennes soutenue par l’ancienne Commission européenne est-elle déjà obsolète, et devrait céder à celle du monopole européen pour faire face à la concurrence intercontinentale du capitalisme triomphant. Mais il ne s’agit là que d’adapter le mode de production à un mode de relation qui ne change pas.

E. Macron répond à la demande de plus de justice sociale des Gilets jaunes en corrigeant l’orientation des investissements économiques, et en repensant l’articulation du social et de l’environnement, dans un projet européen. Sa solution est de consolider le capital productif, et de remotiver la classe moyenne autour de cette ambition.

Mais il affirme en même temps ne pas savoir comment augmenter des emplois sans augmenter la production et la productivité des entreprises. Cet aveu extraordinaire lui interdit a priori de participer à la solution de notre problème : fonder une économie post-capitaliste, c’est à dire changer le mode de relation entre les hommes qui justifie le système capitaliste.

Ce projet capitaliste, E. Macron l’appuie sur un Grand Récit à partir des Lumières et le définit par rapport à ses ennemis, précise-t-il. Cette référence aux ennemis, que veut-elle dire ? La guerre ? Au XVIIIe siècle la société occidentale permet à la Raison de surmonter le despotisme des imaginaires collectifs qui entravaient l’idéal de chacun. Elle concilie l’utilité des choses avec l’éthique de la liberté. Le monde entier accueille avec joie cette révolution puis se rebelle. Pourquoi ? La bourgeoisie capitaliste s’est emparée de la raison et l’a mise au service de son pouvoir. Elle n’a pas seulement permis à la liberté individuelle de dépasser la liberté commune fétichisée dans le sol ou le sang. Elle privatise la propriété, et fétichise les conditions de la liberté dans l’arbitraire du capital. Cette domestication de la raison au profit de la force provoque la rupture entre le capital et le travail. La notion de classe succède à celle de statut. La bourgeoisie capitaliste s’est construite silencieusement hors des frontières européennes sur la Traite des Noirs et l’Esclavage puis sur l’Exploitation de l’homme. Elle confisque la révolution du Tiers Etat, règne sans partage, sacrifie le plus grand nombre des paysans et des ouvriers dans des guerres monstrueuses. Elle s’offre un règne de terreur sur le monde entier, remporte la lutte des classes. En incorporant le prolétariat à la construction d’une machine de production grâce à laquelle la masse salariale bénéficie de la richesse pourvu que le profit s’accroisse, elle subordonne les besoins de la société à la consommation obligée ou motivée par les réflexes conditionnés par la croissance du capital.

C’est tout à son aise que le capitalisme utilise dès lors la force monétaire et militaire pour imposer la conception du marché comme marché de libre-échange, la liberté comme arbitraire, la propriété comme la propriété privée, et qu’il fait de ces confusions les paradigmes d’une croissance aveugle et irrationnelle.

De quel droit le libéralisme fonde-t-il sa théorie sur la privatisation des ressources, impose-t-il sur la maison ou le soleil, sur l’air que l’on respire et l’eau de source, sur tous les biens qui sont la propriété inaliénable de tous les hommes et pas seulement des citoyens qui lui prêtent allégeance, un droit de privatisation ? Les exclus de la société libérale sont dès lors privés des conditions naturelles de la vie, et on leur refuse même le revenu minimum d’existence qui est le gage dans une société monétarisée des conditions que la nature assurait à tous y compris aux plus déshérités de la planète. Alors vient le désert, l’anomie, la violence nue, la réduction à l’identité zéro, l’absence de l’hospitalité qui conduit à la solitude.

Que se passe-t-il avec les Gilets jaunes ? Un dysfonctionnement du système qui révèle la limite de rupture entre la croissance sans limite de l’exploitation et la destruction de la nature ou du travail que cette exploitation engendre. La taxe carbone est le symptôme de ce dérèglement. Proposée pour freiner le réchauffement climatique, elle augmente la distance du travail des salariés par rapport aux exigences de rentabilité de leur entreprise. Un symbole de l’écartèlement de la classe moyenne dont le travail est soumis aux exigences du capital. Le pouvoir capitaliste ne le reconnait pas. La révolte se radicalise. Macron fait appel à l’assemblée des maires de France, une institution que l’État cherche à remplacer par des administrations technocratiques intercommunales. Les maires font valoir des revendications qui s’ajoutent à celles des Gilets jaunes. Macron recourt à un débat national dont il définit les propositions à discuter, puis à des intellectuels qu’il invite à devenir les médiateurs entre le pouvoir d’en haut et le pouvoir d’en bas, étant donné que la disqualification des corps intermédiaires lui impose, dit-il, de créer des formes de délibération participative non institutionnelles qui établissent des consensus. Dans cette conception du dialogue l’Autre trouve à s’exprimer dans un espace prédéfini par l’autorité démocratiquement nommée pour exercer le contrôle exécutif et législatif. Ce débat dirigé exclut aussitôt le référendum d’initiative citoyenne (RIC) exigé par les Gilets jaunes et la majorité de la nation comme nouvelle modalité constitutionnelle de démocratie directe. Les intellectuels proposent l’expérimentation du Revenu minimum d’existence, exigé, lui, pour mettre fin à l’exclusion. Macron refuse et précise qu’il ne doute pas de la légitimité de l’expérimentation mais à condition qu’elle se pratique dans son projet politique parce que selon lui aucune expérience ne peut à l’échelon local s’envisager qui soit contradictoire du projet national. Ses contradicteurs n’ont plus qu’à se soumettre ou patienter jusqu’à une nouvelle élection démocratique. Or, toute élection est conditionnée par les propositions du pouvoir. L’Europe capitaliste, refusée par le peuple français lors du référendum sur le traité de Maastricht, impose la loi du capital. Ceux qui jouissent de ses avantages ou de ses privilèges ne lâcheront rien jusqu’à la fin. La société doit subir l’évolution du système capitaliste jusqu’à son effondrement final.

Mais qui dispose de la Loi ? Le capital ou le peuple qui travaille pour que la société se soutienne d’un rapport fondateur d’une conscience commune ? Pourtant il est évident depuis Mai 68 que la société condamne les idéologies des deux pôles du système économique occidental, le communisme et le capitalisme, le collectivisme et le libéralisme. Le Pouvoir l’emporte néanmoins sur la révolte au prix de la fracture sociale. Il est aisé de condamner des adolescents enfermés dans les conditions de vie des banlieues et de tirer sur eux (et sur les Gilets jaunes par la même occasion), et de les terroriser jusqu’à les obliger à devenir eux-mêmes des terroristes. La conjonction des Gilets jaunes et de ceux que le Pouvoir condamnent au désespoir donne à réfléchir.

Ainsi de plus en plus de monde refuse l’avenir qui nous est proposé. C’est un constat. Les jeunes générations en particulier contestent l’articulation systémique qui fonde la liberté et la responsabilité sur l’appropriation privée de la propriété universelle. Elles ignorent peut-être que l’appropriation dont parle le pouvoir financier est tributaire du fondement du système capitaliste, la privatisation de la propriété parce qu’elle sont nées à l’intérieur de cette organisation économique de l’ expropriation de la propriété que l’on désigne par le terme de privatisation de la propriété, mais elles revendiquent la responsabilité de tous sur la terre pour l’humanité tout entière ce qui signifie l’inaliénabilité de la propriété commune qu’elle soit sociale ou universelle. Alors la question du climat relaie celle de la taxe carbone. Les Gilets verts relaient les Gilets jaunes. Une grande partie de la population sur les rond points ou dans les assemblées des communes et grâce aux réseaux sociaux réfléchissent ensemble. L’information, la réflexion, la parole, réservées jadis aux chercheurs et aux prophètes, ou au pouvoir, sont désormais l’affaire de tous : c’est l’éveil.

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42 réflexions sur « Macron et les Gilets Jaunes – II. L’éveil, par Dominique Temple »

  1.  » L’information, la réflexion, la parole, réservées jadis aux chercheurs et aux prophètes, ou au pouvoir, sont désormais l’affaire de tous : c’est l’éveil. »

    J’en suis convaincue, ce qui me permet d’être optimiste quant à l’avenir de mes petits enfants (pour mes enfants c’est plus difficile, le futur ne se fait pas en cinq ans ni avec 3cuil à pots (ce que semble croire E. Macron et nombreux ambitieux aux dents qui raclent le parquet).

    Une citation qui me plait mais dont j’ai oublié le nom de l’auteur (de mémoire) :
    « Le néo libéralisme, c’est laisser croire aux poules qu’elles sont libres dans le poulailler, quand le renard est libre lui aussi ». (si vous connaissez l’auteur, merci de le nommer à ma place)
    Mon interprétation :
    En gros, la compétitivité des entreprises (surtout des grosses liguées entre elles) chérie par Macron, c’est le renard. Le poulailler : c’est la rentabilité de l’emploi, les poules : les dindons de la farce formatés à consommer ce que le renard leur offre pour qu’ils soient bons à croquer.

    Mais comme j’aime bien aussi cette remarque faite sur le site
    fare.tunes.org/articles/liberalisme.html#renard
    (et que je suis tiraillée entre le libéralisme – des Lumières- et l’idéal socialiste) :

    « Confusion: les étatistes confondent souvent un pays, une société, avec l’État qui le « dirige »
    Réalité: Non seulement l’État n’est pas la Société, mais ses intérêts sont souvent antagoniques à ceux de la Société.
    En fait, en droit, en histoire, l’État ne s’est jamais confondu avec la société. Même dans une soi-disant « démocratie directe » comme Athènes, les citoyens sont une minorité, et la plupart d’entre eux ne vote pas activement; cette « démocratie » athénienne a un sens en ce que les citoyens forment un groupe restreint avec un intérêt commun, uni par les liens du sang, car dans un état de guerre sinon permanent, du moins très fréquent, pour lequel il faut être toujours en alerte (les citoyens étaient ceux qui allaient à la guerre; ils possédaient leurs propres armes). »
    Oui oui, il y a bcp à dire et entre l’Athènes antique et aujourd’hui il y a une grande marge…
    Néanmoins Macron (et pas que lui) démontre bien que l’Etat n’est pas la société.

    Peut-être peut-on trouver un équilibre entre socialisme (et gratuités), entreprises et développement de l’emploi (lequel emploi -salarié ou indépendant -, ou plutôt « métier » qu’on tend à faire disparaître au bénéfice des jobs opportunistes et précaires – à mon sens permet à l’humain de se construire bien plus que l’oisiveté – engendrant plus souvent distractions futiles et consommations édulcorées et addictives parce que c’est plus facile que culture et bénévolat) et permettre aux entreprises de ne pas avoir comme seul moteur la compétitivité mais également (et surtout) l’échange pacifique.
    A inventer ? Je le crois, plutôt qu’à toujours vouloir reproduire un passé obsolète.
    Je suis une idéaliste qui veut prendre le meilleur de tout.

    Excellent article.

  2. Je remercie M.Dominique Temple pour son article profond et clairement exprimé et j’ose dire généreux tant il est exempt de la morgue prétentieuse voire de la haine vis à vis des salarié-e-s pauvres hélas trop souvent exprimée ici dans un certain nombre de commentaires répétitifs et issus la plupart du temps d’une psyché douteuse. Oui, merci à Monsieur Temple qui brosse dans un texte ciselé deux cent ans d’Histoire, deux cent ans de civilisation et de barbarie sur fond d’expropriation du réel par le capital et de tout ce qui existe ; jusqu’aux contradictions récentes au sein du peuple français en résonance avec d’autres mouvements de révoltes issues d’autres populations dans le monde. Voilà un texte qui peut rassembler bien du monde au delà de la « scissiparité » infinie à gauche de certains clans, de la crispation mauvaise de certains beaux esprits ou autres petit coqs.

      1. Je m’adressais à Dominique Temple.

        PS. J’adhère également à ce qu’écrit Hervé. 🙂

  3. Macron n’a pas de solutions. D’ailleurs l’une de ses missions principales consiste à faire gober au public ses « réformes » pour continuer à fortifier le pouvoir de l’argent via la politique. Il est malin, il ne faut pas le sousestimer, il procède par essais et tentatives, par un discours vernissé (il sait que le discours est ô combien important en France), par des mesures comme la diminuation de l’aide au logement (le fameux cinq euros), et d’autres mescineries. Sa mission de faire accepter sa politique clairement néolibérale par le bon peuple est sérieusement endommagé par le mouvement des gilets jaunes – c’est ca son grand problème et le grand mérite des gilets.
    A l’étranger on se demande pour combien temps Macron pourra encore tenir. Mais il n’est impossible qu’il ira jusqu’au bout de son mandat, parce que la constitution francaise est très protéctrice quant au statut social du président de la République.

    1. A l’étranger on se demande pour combien temps Macron pourra encore tenir.

      A part dans les milieux conservateurs allemands, qui précipitent gentiment de leur côté le projet européen dans le mur, je ne vois pas qui d’autre évoque sérieusement un mandat écourté. Whishfull thinking.

      1. Franchement tu crois que les GJ vont rentrer chez eux comme ça du jour au lendemain et que la vie va reprendre comme un fleuve tranquille au bout de 5 mois de contestation? Et encore si c’était le cas, que dire de tous ceux qui les soutiennent en silence et se sont pris à rever d’un peu plus de justice sociale et d’élections non volées pour ne pas dire truquées. Tu crois franchement que tout ça vas retourner sous le tapis sans faire de vague? Et si jamais ça y retourne inquiète toi vraiment parce que quand ça ressortira les GJ et le BB seront des enfants de coeur en comparaison… Si c’est que son mandat qui en sort écourté il pourra s’estimer heureux…

      2. @Julien Alexandre
        Basically you are right. Ce sont surtout (msid pas seulement) les Allemands qui ont adopté, entretemps, une vision quelque peu critique à l’égard du président, il les agace par ses conceptions européennes – normal, il s’agit de fric. Pour les Allemands, l’UE et la zone Euro en particulier, est avant tout un terrain de jeu économique, dans le cadre de l’hégémonie allemande. Remarquez, on ne sort plus les canons comme autrefois, c’est déjà ca.

  4. « Encore une Cathédrale qui vient de tomber : »

    Oui, d’accord; un comédien créatif, intelligent, plein d’humour et une voix sans pareille. Authentique ! 🙁

  5. Bonjour Mr Temple,

    J’avais déjà bien apprécié la partie 1…
    Merci pour cette 2ème partie, tout aussi claire et sans parti pris.
    Mais quitte à prendre un peu parti, diriez vous que la gauche se serait rendue complice de la prise en
    main du Travail par le Capital ?
    … En renonçant à la lutte des classes par exemple…
    Et si vous le pensez , direz vous enfin, dans la troisième partie, contre quelle verroterie étincelante,
    elle a troqué ainsi ses seuls pouvoirs de résistance, trahissant de façon irréparable sa propre cause?
    Car peut-être qu’en le disant, chacun pourra ainsi en tirer sa conclusion et enfin, aller de l’avant.
    Ou bien pensez vous aussi que ce duel un peu primaire est désormais dépassé et qu’il convient
    de s’en détacher pour défendre des valeurs éthiques plus universelles?
    Si c’est aussi le cas, j’aimerais bien vous voir les nommer ici.
    Enfin, au moins avant votre 9 ou 10ème partie…
    Car sans apporter clairement les réponses à ces questions qui concernent chacun (à gauche comme à
    droite), j’ai bien peur que l’avenir d’une humanité libre ne soit dangereusement compromis.
    Une soif d’idéal trop longtemps inassouvie, rends les peuples aveugles et sourds face à toute vérité.
    Fraternellement, Eric.

  6. Macron et les gilets jaunes,

    Macron et l’information :

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/24/armes-francaises-au-yemen-trois-journalistes-convoques-par-la-dgsi_5454482_3224.html

    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/six-choses-a-savoir-sur-gaspard-glanz-le-journaliste-arrete-a-paris-lors-de-la-manifestation-des-gilets-jaunes_3411347.html

    https://rsf.org/fr/donnees-classement (2019 la france est 33 ième …)

    On peut toujours se gargariser et se pavaner devant la Russie, le Venezuela, l’Iran ou la Chine, mais le fait est là, ce gouvernement comme les précédents, mais à grands pas, utilisent des méthodes d’intimidations qui n’ont rien à envier aux partis autocratiques et autoritaires.

    Si tu utilises les même armes que tes adversaires, tu es comme eux. La question de degré masque l’unité de nature. Les petits malins qui jouent sur les degrés sont des satrapes en puissance qui s’ignorent.

    J’entends souvent ici, des jugements sur ce qu’est l’extrême droite ou le souverainisme, et si les habituels porte drapeau et porte couteaux de ces courants sont aisément identifiables, il n’en demeure pas moins clairement pour qui sait bien voir le mouvement sur la scène que ces travers là sont déjà à l’oeuvre et de manière très profonde dans la classe dirigeante actuelle qui au commande. Le danger serait de ne s’alarmer que du premier sans combattre pieds à pieds le deuxième, que d’aucun ici nomment aussi en « col blanc » !

      1. ultralibéralisme = totalitarisme
        Relire Hannah Arendt « Le système totalitaire »
        Un fascisme ou dictature dure moins longtemps parce que le combat peut être frontal. Un totalitarisme est très pervers parce qu’il n’emprisonne pas les « corps » mais les « âmes » (ou l’esprit de chacun). Il « clone » les mentalités. (ce que j’appelle « la standardisation », aujourd’hui depuis mi /fin 80 par la mode « ludique, légère, superficielle » en apparence…)

      2. Ultralibéralisme = totalitarisme
        Relire Hannah Arendt « Le système totalitaire »
        Un fascisme ou dictature dure moins longtemps parce qu’il peut se combattre frontalement. Un totalitarisme est plus difficile à combattre parce que, plus que les corps, il met les âmes en prison (ou l’esprit de chacun). Il « clone » les mentalités (ce que j’appelle « standardisation » ) aujourd’hui depuis mi/fin 80 par la mode -ou tendances- « légère, futile, insignifiante » en apparence (et donc dont on ne peut prendre conscience)

        tendances de la petite robette
        tendances du costard
        tendances de la déco
        tendances musicales
        tendances de l’art
        tendances de la culture
        tendances culinaires
        tendances médicales
        tendances de la bourse
        ……………………………………………………..etc

      3. Paul Jorion

        dans 1er lien, Houellebecq dit :
        « La chanson tu m’as dit c’est le seul truc qui peut s’imposer aux gens sans qu’ils aient fait la démarche. C’est un truc que t’as pas quand tu écris un livre. Les gens qui achètent ton livre font la démarche d’acheter. Tu ne t’imposes pas. Et on as envie de s’imposer parfois. C’est mon rêve ! »

        Et bien je l’ai fait fin 80, j’ai choisi « mes lecteurs » (pas ici, quoi que…) en envoyant mes lettres avec « doubles à…et à… et à… et à…. » ( puis « morales de Jaja » dont vs avez eu extraits mais pas les « coups de gueule » à ma manière, lesquels j’ai mêlé pèle mêle à des poèmes philo etc, à la manière de votre blog ) Pour « répandre » et « semer », il n’y a rien de tel. Si c’est bien fait, bien arrosé, il n’y a plus qu’à attendre que ça germe…. Cela peut être long mais pas toujours, parfois il y a des réactions rapides… Le risque si ça germe, c’est que ça peut pousser tordu. Suffit ensuite de redresser ou de le faire faire par ceux qui savent le faire.
        Je vous offre le « truc ».

  7. Macron et les gilets jaunes,

    après Macron et l’information,

    Macron et le travail :

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/25/la-robotisation-devrait-engendrer-la-disparition-de-14-des-emplois-d-ici-20-ans-selon-l-ocde_5454666_3234.html

    et que réponds le nabot en chef :

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/04/25/le-temps-de-travail-epineux-chantier-de-l-executif_5454511_823448.html

    Moralité, que Notre Dame ait cramée relève du miracle bienfaiteur pour ce crétin, et allumé du bulbe qu’il est, il a dû y voir un signe allégorique fort, car autant ce soir là avec ses propositions, il enflammait directement le pays ce dingo.

    1. Sauver le genre humain, mais comment ?, le 11 novembre 2018 – Retranscription

      Parce que, qu’est-ce qu’on a en ce moment ? Je vous le dis rapidement – je vous rappelle des choses que vous savez déjà : on a, d’une part, un ultra-libéralisme conservateur qui dit aux gens qu’il n’y a pas de problème, qu’il suffit d’un peu de détermination, un peu de bonne volonté et un peu de force de caractère, de traverser la rue pour trouver un bon emploi… Voilà : « Si on est pauvre et qu’on n’est pas content, on n’a qu’à travailler un peu plus, et puis on cessera d’être pauvre, et tout s’arrangera », une représentation qui va à l’encontre de toute description réaliste du monde tel qu’il est – pour autant qu’une représentation de ce type-là ait jamais existé, en tout cas, elle n’existe plus maintenant. J’ai déjà attiré l’attention sur le fait que les gens qui disent comme ça « Traversez la rue, vous allez trouver l’emploi qui vous convient, vous allez devenir riche ou vous allez devenir milliardaire » s’ils y croient, eh bien, c’est grave en soi parce que ça veut dire que ce sont des gens qui n’ont pas accès à une information fiable sur le monde tel qu’il est. S’ils mentent, s’ils disent cela en sachant que ce n’est pas vrai, à ce moment-là, j’ai déjà employé le mot de « criminel » et je n’hésiterai pas à le réutiliser.

      1. Je ne peux qu’approuver des deux mains !

        Et contrairement à une idée/habitude répandue de classement sur une ligne vectorielle des individus en tant que tel allant de l’extrême droite, le centre à l’extrême gauche, ce que je trouve fait malheureusement par JA, et ce qui explique ma soif d’anonymat pour l’amélioration de soi (sans préjugés permanent), cette manie enferme en fait, en tout cas ne donne une image de la réalité que très approximative, et donc loupe son intérêt, car ce qu’il faut classé, ce sont (les fruits comme dirait Jésus ! :D) les propos, les idées, les concepts, visions, qui sont tenues. Et puis quel intérêt franchement de coller des gens dans des cases où figurent des noms comme Mussolini, Hitler, Staline, PolPot, car tout ce qui est excessif devient insignifiant et fini de fait par banaliser et dédiaboliser la réalité de ces horreurs. Et oui, le résultat est celui là, en balançant des anathèmes permanent non pas sur les idées mais sur les gens actuels, ont détruit en fait le tiroir ! Bref.

        Et en analysant les propos, on serait très surpris de voir que selon cette méthode, quasiment toute la classe dirigeante est fascisante et souverainiste de fait, par leurs politiques, leurs actes, leurs actions, leurs discours. Tous.

        Ce qui me plaît chez toi Paul Jorion, c’est cette inébranlable continuité dans l’Humanisme simple et doux. Mais ferme ! Tu n’es pas une boussole, tu es le Nord en un sens. Même si comme nous tous, tu te plantes aussi surement que 2 et 2 font 4 régulièrement. Ca fait partie du charme humain à mon sens.

      2. Formidable !

        À mes héritiers : si en mettant toutes les ressources ensemble vous arrivez à m’acheter une pierre tombale suffisamment grande pour mettre tout ça, ceci me convient parfaitement pour reposer d’un doux repos ad vitam aeternam :

        Ce qui me plaît chez toi Paul Jorion,
        C’est cette inébranlable continuité dans l’Humanisme simple et doux.
        Mais ferme !
        Tu n’es pas une boussole, tu es le Nord en un sens.

        😀 😀 😀

      3. Dominique Temple dit que la Classe moyenne va se remotiver dans le cadre de l’emploi. Le gros soucis est que pour travailler pour avoir un salaire décent, il faut se former et bien souvent quitter le domicile, la famille (l’épouse ou l’époux) qui travaille près du domicile.
        Non le capitalisme ne peut pas entrer dans l’intime de l’être.
        Il serait intéressant de regarder les statistiques sur le divorce pour comprendre les dégâts du capitalisme dans le public et privé.

  8.  » L’Europe capitaliste, refusée par le peuple français lors du référendum sur le traité de Maastricht, impose la loi du capital »
    Qu’en savez vous ?
    1) Le peuple n’est pas identique à une majorité courte (et changeante) d’électeurs. Vous divinisez le peuple quand il vote dans votre sens. Cette religion populiste ressemble à la religion féroce dénoncée par PJ.
    2) L’histoire récente montre que les élections sont une décharge de frustrations diverses: brexit, Trump, …
    3) Que disent les gilets jaunes: écoutez les plutôt que mettre vos mots dans leur bouche ! Ils veulent PLUS DE POUVOIR D’ACHAT donc plus de capitalisme de consommation. C’est le « peuple » consommateur qui selon vos mots « impose la loi du capital ».

    En d’autres termes, le problème est plus simple et plus grave que les turpitudes (réelles) du système économique.

    1. @Hadrien
      25 avril 2019 à 14 h 42 min
      « Qu’en savez-vous ? […] »

      Voulez-vous démontrer que les élections et le « majoritarisme » associé, sont très loin de satisfaire le principe démocratique ?

      1. Pour vous répondre, il faudrait que je sache concrètement ce que vous entendez par « principe démocratique ».
        Je constate que chacun tend à détourner les mots de leur sens. Les mots « positifs » (exemple: « démocratie ») s’estompent vers un synonyme de « bien », les mots « négatifs » (exemple: « capitalisme ») vers un synonyme de « mal ».
        C’est très évident chez M Temple.
        Vous aurez compris que pour moi, la démocratie n’est pas nécessairement « bonne » (c’est le pire des systèmes politiques à l’exception de tous les autres) et le capitalisme, pas nécessairement « mal » (c’est le pire des systèmes économiques à l’exception de tous les autres), et vice versa.
        Ceci dit, je pense que nous (+-OCDE) vivons dans une démocratie réelle bien qu’imparfaite (rien d’humain ne l’étant). Nous devons donc accepter la responsabilité de nos choix.

  9. Lecteur assidu du blog de Paul Jorion depuis des années, jamais osé un commentaire et pas l’intention de m’y mettre, mon domaine de prédilection c’est la musique (notre hôte a mis en place un passionnant jeu de piste sur ce sujet aussi d’ailleurs). Je laisse donc simplement un affect (genre petit pouce levé) sous ce billet rationnel et néanmoins brûlant. Ce texte en 2 parties m’a fait le même effet que

    La vérité c’est que l’Homme peut aussi tutoyer les anges, merci Dominique Temple 😉

  10. Je prends de l’avance à propos des remerciements de Paul Jorion: « GJ protestataires et techniciens »

    « Il faut peut-être faire autrement » pour que ça marche…
    N’est-ce pas ce qui se fait dans les « ateliers constituants »?
    1. la protestation est là
    2. les compétences, pas forcément…
    2 bis elles s’acquièrent par les discussions dans ces ateliers

    bilan, progressif: tout un chacun des participants, protestataires, apprend les tenants et les aboutissants…
    et devient un protestataire au fait de la technique correspondante.
    Comme cela se fait en groupes, il apparaît alors une intelligence collective, qui, à mon sens, s’avérera plus pertinente que toute IA 😉

    1. La nature est avare en funambules capables de parcourir le fil qui relie les familles grégaires de techniciens de celle des protestataires.

      1. @un lecteur
        « La nature est avare en funambules capables de parcourir le fil qui relie les familles grégaires de techniciens de celle des protestataires. »

        Et… réciproquement ?

  11. Médicalement parlant, la surdité est soit de transmission soit de perception ou les deux. L’autorité en faisant la sourde oreille, nie les problèmes, reste aveugle et ne sent pas venir le mauvais vent? Le président Macron reçoit-il le message ? La question mérite d’être posée, car il parle, mais de quoi parle-t-il au fait?

    1. Question sans importance: y’en a très peu qui tendent l’oreille.
      Fossé de crédibilité, certains nomment.

      Entre crédibilité et légitimité, y’a pas lourd.
      La bonne question est : Pourquoi cause-t-il encore?

      1. Pourquoi cause-t-il encore? Le président est le pur produit du capitalisme avec le mauvais côté aristo enfariné: il manque vraiment d’imagination, mais il n’en a cure, et en rajoute: il tente d’appâter…travailler plus dit-il …comme s’il suffisait de le dire d’ailleurs…il n’a pas d »autre recette que le citron…

  12. L’effet Wahou ! Attendu, l’a cédé à l’effet Pfft !
    Les sondages d’opinions sont très défavorables au président, mais il reste fermement ancré dans ses convictions.
    Ses illustres prédécesseurs, Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac, n’ont pas hésité à dissoudre l’assemblée nationale et ainsi, faire trancher le différent par le peuple :1962, 1968, 1981, 1988 et 1997 ; mauvaise pioche pour J. Chirac en 1997 qui s’est retrouvé avec une assemblée différente de ce qu’il escomptait, manifestement, c’est de cela que le président actuel a la plus grande crainte, à moins que, dans son esprit, – à l’instar de J.C. Juncker, ‘la démocratie ne peut rien contre les traités’, – considérant ainsi par analogie qu’il a de par son élection au suffrage universel, une légitimité qui ne peut être remise en cause par une quelconque procédure démocratique, dont l’éventuelle dissolution de l’assemblée nationale…
    Le mandat présidentiel de 5 ans avec l’élection concomitante d’une assemblée d’élus de ‘représentants du peuple’ se transforme en exercice d’un pouvoir personnel soutenu bec et ongles par un ‘fan club’ d’élus plus prompts à faire l’exégèse de la parole présidentielle que de se préoccuper du sort des électeurs qui les ont portés à ces fonctions.
    Le mandat présidentiel de 7 ans permettait au moins au peuple de donner son avis concrètement lors des élections législatives, lesquelles ne coïncidaient pas du début à la fin avec la durée du mandat présidentiel.
    Donc, dans le cas de figure actuel, il suffira de gagner du temps pour arriver au terme du mandat et rejouer le ‘pitch’ de 2017, entretemps, l’amalgame est tellement facile que l’on enverra ‘Cricri la castagne’ mâter tout ce qui ose se vêtir de couleur, sans se donner la peine d’extraire et de prendre en compte ce qui relève du légitime dans cet amalgame.

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