Archives de catégorie : Arts

« Le respect » (1963) de Jean-Luc Godard

Après les échecs d’Une femme est une femme et des Carabiniers, les producteurs ont perdu le bel enthousiasme qu’avait soulevé À bout de souffle. Aussi Godard se sent obligé de dire à la cantonade qu’il est capable de mettre en scène autre chose que des blagues de potache au scénario « fantaisiste » – au cas où il y en aurait même un. « Je peux faire un vrai film, avec un vrai scénario – même un roman adapté – avec de vrais acteurs », fait-il savoir.

Il est entendu. Par Georges de Beauregard, Joseph E. Levine et Carlo Ponti. Il aura même un vrai budget : 80 millions de francs de l’époque selon lui, 500 millions affirme la rumeur. Dans l’histoire, écrite par Alberto Moravia, du tournage d’un film à Capri, nous comptons, dans le rôle de la femme du scénariste incarné par Piccoli : Brigitte Bardot, le sex-symbol de cette année 1963 ; dans le rôle du producteur, un méchant habituel des films de cow-boys : Jack Palance, et Fritz Lang dans son propre rôle de réalisateur. Fritz Lang, si l’on comprend bien parce que le réalisateur légendaire de Metropololis (1927) et de M, le maudit (1931) est dans la dèche dans la vraie vie, et que la profession a le souci de remettre à flot un vieil homme pratiquement aveugle à qui elle doit tant dans l’invention du langage cinématographique. 

Continuer la lecture de « Le respect » (1963) de Jean-Luc Godard

Partager :

Sean Connery (1930-2020)

Cela se passe l’après-midi d’un samedi ou d’un dimanche paresseux dans ce parc perché sur la falaise longeant la plage de Santa Monica, banlieue littorale de Los Angeles. Il fait, faut-il le dire, un temps splendide. Un de ces temps resplendissants qui tuent aujourd’hui à petit feu la Californie tout entière.

Je ralentis le pas, et finis par m’arrêter complètement pour regarder la scène qui se déroule à quelques mètres de nous : une petite dame dans la soixantaine, avec son chien, petit lui aussi, engueule copieusement un monsieur assis sur l’un des bancs qui ponctuent tous les vingt mètres la vue sur un  placide Océan pacifique.

Au bout d’un moment, Adriana me tire par la manche, me signifiant : « Avance ! » et je lui dis alors : « Mais tu as vu qui c’est, qui est assis sur le banc ? » et elle me chuchote : « Mais oui, c’est lui ! Mais tu ne vois pas que tu l’embarrasses encore davantage en restant là à le regarder ? »

Et je me suis remis en marche. Trop brève rencontre avec une étoile du cinéma à qui j’aurais pourtant eu tant de questions à poser !

Comme tout le monde va vous régaler de l’agent 007, je vous propose d’autres flèches à son arc : « Marnie » (1964), un Hitchcock plus freudien que ça tu meurs, un film de guerre intelligent : « Un pont trop loin » (1977), et un remake du Train sifflera trois fois sur une lointaine planète minière particulièrement glauque : « Outland » (1981).

* Continuer la lecture de Sean Connery (1930-2020)

Partager :