Archives de catégorie : Arts

Sean Connery (1930-2020)

Cela se passe l’après-midi d’un samedi ou d’un dimanche paresseux dans ce parc perché sur la falaise longeant la plage de Santa Monica, banlieue littorale de Los Angeles. Il fait, faut-il le dire, un temps splendide. Un de ces temps resplendissants qui tuent aujourd’hui à petit feu la Californie tout entière.

Je ralentis le pas, et finis par m’arrêter complètement pour regarder la scène qui se déroule à quelques mètres de nous : une petite dame dans la soixantaine, avec son chien, petit lui aussi, engueule copieusement un monsieur assis sur l’un des bancs qui ponctuent tous les vingt mètres la vue sur un  placide Océan pacifique.

Au bout d’un moment, Adriana me tire par la manche, me signifiant : “Avance !” et je lui dis alors : “Mais tu as vu qui c’est, qui est assis sur le banc ?” et elle me chuchote : “Mais oui, c’est lui ! Mais tu ne vois pas que tu l’embarrasses encore davantage en restant là à le regarder ?”

Et je me suis remis en marche. Trop brève rencontre avec une étoile du cinéma à qui j’aurais pourtant eu tant de questions à poser !

Comme tout le monde va vous régaler de l’agent 007, je vous propose d’autres flèches à son arc : “Marnie” (1964), un Hitchcock plus freudien que ça tu meurs, un film de guerre intelligent : “Un pont trop loin” (1977), et un remake du Train sifflera trois fois sur une lointaine planète minière particulièrement glauque : “Outland” (1981).

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Mes 3 chanteuses de jazz préférées

Je n’ignore pas que les fans de Billie Holiday et de Sarah Vaughan sont aujourd’hui surarmés et que c’est rien moins que ma vie que je risque en excluant leur idole de ma très courte liste, mais tant pis, trop de tournants de phrase rappelant la porte qui grince chez la première et de fausses notes chez la seconde (je sais ! je sais : crime de lèse-majesté. ! blasphème ! blablabla …).

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Juliette Gréco (1927-2020)

Mon billet du 18 décembre 2008 :

Une petite histoire, qui m’a été racontée par Jean Pouillon.

Sartre est assis aux Deux Magots ou au Flore et il dit à ces jeunes gens qui viennent de fonder avec lui Les Temps Modernes : « J’aimerais bien écrire des chansons : ce sont des choses que les gens retiennent. Mais qui les chanterait ? » Quelqu’un dit : « Je sais qui ! »

Quelques jours plus tard, la jeune femme à qui il pensait est présentée à Sartre : toute en noir, avec une chienne et de longs cheveux noirs raides, toute « gothique » comme on dirait aujourd’hui. Il lui pose poliment quelques questions. Puis, à tout hasard : « Vous chantez ? », à quoi elle répond « Non ! ». Sur quoi Jean-Sol Partre se tourne interloqué vers le “contact” qui ne se démonte pas pour autant, il hoche la tête pour bien lui signifier : « Non, non, ne vous inquiétez pas ! » Et il avait raison, puisqu’il s’agissait de Juliette Gréco.

Je l’ai vue et entendue à l’Ancienne Belgique, vers 1952-54. J’ai expliqué ma terreur à l’écoute d’Edith Piaf chantant « Bravo pour le clown ! » et ce dont je me souviens pour Juliette Gréco, ce sont deux choses : d’abord ce toute en noir que je trouvais très chic, et puis, une chanson qui commençait par « Une fourmi de dix-huit mètres, Avec un chapeau sur la tête… » (Robert Desnos). Elle ajoutait bien : « Ça n’existe pas ! » mais je ne suis toujours pas entièrement rassuré.

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