Archives de catégorie : Cinéma

La pudibonderie n’est pas de gauche

À propos de Le Monde, Le cinéma indépendant américain saisi par le puritanisme, par Jean-François Rauger, le 12 octobre 2020.

Sous-titre de l’article : « Le souci des cinéastes semble aujourd’hui de ne pas être soupçonnés de vouloir rassasier un regard masculin qui, par essence, serait suspect. »

J’abonde dans le sens de l’article : ni le néo-puritanisme, ni la néo-pudibonderie, ne sont progressistes, ne sont « de gauche » : ils se situent dans la même lignée que leurs prédécesseurs, le puritanisme et la pudibonderie, dans la grande tradition de la pensée réactionnaire : un refus dogmatique de la condition humaine telle qu’elle est, déterminée par notre condition de mammifère, d’animal sexué, programmé (et rétribué) pour la copulation, selon un mécanisme assurant la reproduction de l’espèce (c’est comme cela que la vie se perpétue, c’est tout).

Affirmer le contraire s’inscrit dans une longue tradition de condamnation des « actes contre nature », une « nature » définie en l’occurence arbitrairement, sur la base seule du préjugé – que celui-ci soit clairement « obscurantiste » ou de manière ambivalente, « politiquement correct », importe peu : il s’agit toujours de préjugé.

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Kitchen Sink Realism : The Cure, par Mathieu Galey

Cher monsieur,

Merci beaucoup pour votre série de vidéos sur le cinéma Kitchen sink realism » (réalisme d’évier de cuisine) m’a beaucoup frappé pour la raison suivante.

Comme beaucoup de personne de ma génération, mon adolescence collégienne et lycéenne a été bercée par la pop du groupe The Cure. Une chanson m’avait à l’époque tout particulièrement intrigué : « 10:15 Saturday Night » en raison du caractère pour le moins décalé de la situation que dépeignent les paroles de la chanson : un homme désoeuvré assis dans l’évier de sa cuisine un samedi soir à 10:15, sans nouvelle de son amour disparu, attendant désespérément que le téléphone sonne et pleurant le passé, toute la mélodie et le rythme de la chanson étant construits autour du robinet qui goutte, goutte, goutte.

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L’amour – Premières considérations

Le scénario du film de Woody Allen Husbands and Wives (1992) s’énonce en trois phrases :

1° Dans la scène initiale, deux couples de longue date se voient dans l’appartement de l’un des deux et avant que quoi que ce soit d’autre ne soit dit, l’un des couples annonce à l’autre sa séparation.

2° Consternation chez l’autre couple, et davantage encore : réprobation véhémente. On frôle l’incident majeur : le refus de se revoir.

3° Cent-huit minutes plus tard, le premier couple s’est rabiboché après diverses péripéties, alors que le second, le couple sans histoire, prompt à l’indignation, s’est décomposé.

Deux messages au film :

1° Le désir s’effiloche au fil du temps, si bien qu’au bout d’un moment dormir dans le même lit fait apparaître chaque jour davantage ses inconvénients (force centrifuge).

2° Il existe un autre courant, souterrain celui-là, qui prend à contrepied ses protagonistes : une addiction, une dépendance physique, d’une personne vis-à-vis d’une autre (force centripète).

Messages subsidiaires, apparaissant en surface au fil des péripéties du film :

1° La distance dans le bagage culturel pousse à la séparation (force centrifuge).

2° La distance dans l’âge pousse à la séparation (force centrifuge).

3° Le manque d’imagination, le peu d’esprit d’aventure, chez l’un et chez l’autre, rapproche au contraire (force centripète).

Conclusion provisoire : il s’agit là d’une affaire bien compliquée.

(à suivre…)

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Vidéo – Cinéma anglais (1959-63) V – « A Taste of Honey »

Shelagh Delaney, autrice de la pièce adaptée en film Joan Littlewood à laquelle Delaney rend hommage sera la compagne de…

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