Archives de catégorie : Cinéma

TENET (2020) de Christopher Nolan

Pas facile de rendre compte des sorties de films ces temps-ci, mais comme je ne suis de toute manière pas critique de cinéma…

Si le spectateur se dit durant la projection d’un film : « Vivement que je puisse voir le making of ! », les choses se présentent très mal pour le producteur et le metteur en scène. Et si c’est durant les toutes premières minutes qu’il se dit cela, c’est évidemment encore bien pire. Or c’est le cas ici.

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La femme selon Godard

La femme veut un enfant : Une femme est une femme (1961)

La femme n’est pas loyale (elle trahit Jean-Paul Belmondo) : À bout de souffle (1960) ; Pierrot le fou (1965)

La femme n’est pas une marchandise : Le mépris (1963)

La femme qui n’est pas sur ses gardes tombe aux enfers : Vivre sa vie (1962)

La femme est trop distraite pour faire de la politique sérieusement (elle se trompe de victime) : La Chinoise (1967)

Les hommes ne comprennent pas les femmes mais ils ont des circonstances atténuantes : Masculin féminin (1966)

Le père parfait et l’amant idéal ne coïncident pas : La (une) femme mariée (1964)

Les femmes sont folles mais Jean-Luc en est fou : Charlotte et son Jules (1958)

Les hommes et les femmes sont faits pour s’entendre : Histoire d’eau (1958)

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4 courts métrages de Jean-Luc Godard (par ordre de préférence)

Je plaisante bien entendu. D’abord, qu’avez-vous à faire de mon ordre de préférence ? Ensuite, ils sont adorables tous les 4. Et puis, entendre Belmondo parler de la voix de Godard (JP n’était pas disponible pour la post-sync), cela ne mérite-t-il pas de toute manière le détour ?

1956 : Une femme coquette

1957 : Charlotte et Véronique ou Tous les garçons s’appellent Patrick

1958 : Une histoire d’eau (achevé par Truffaut parce que Godard est insatisfait des rushs)

1958 : Charlotte et son Jules

Vous aurez constaté au nombre de vues sur YouTube que cela n’intéresse plus grand monde.

Quand je vous disais que le monde (humain) touche à sa fin !

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Une lettre au bienheureux François Ruffin, par Thomas Saupique

Bonjour François,

Quoi ? J’apprends que votre coffret DVD Frank Capra a été dévalisé ?! Eh bien je persiste à penser que les chefs-d’oeuvre sont faits pour être prêtés, pas pour prendre la poussière sur une bibliothèque… Donc c’est une bonne nouvelle, tiens ! Ça me donne l’opportunité de vous faire un cadeau ! Et comme j’ignore lesquels manquent à l’appel, je viens donc occuper les places vides avec quelques classiques. Le cinéphile que vous êtes aura probablement vu certains d’entre eux mais revoir un bon film c’est comme retourner s’asseoir à une bonne table ou croiser dans la rue un vieil ami : toujours avec plaisir, n’est-ce pas ?

Je n’ai pas choisi ces films au hasard : ils parlent tous de vous ! Et croyez moi, je vous connais depuis longtemps : la qualité première de François Ruffin c’est d’être un type entier et les vidéos tournées dans sa cuisine le rendent ma foi encore plus familier ! Alors allons-y, je vais vous expliquer mes choix cinématographiques rapidement, pour le lecteur que vous êtes, ça ne prendra guère de temps…
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« Le respect » (1963) de Jean-Luc Godard

Après les échecs d’Une femme est une femme et des Carabiniers, les producteurs ont perdu le bel enthousiasme qu’avait soulevé À bout de souffle. Aussi Godard se sent obligé de dire à la cantonade qu’il est capable de mettre en scène autre chose que des blagues de potache au scénario « fantaisiste » – au cas où il y en aurait même un. « Je peux faire un vrai film, avec un vrai scénario – même un roman adapté – avec de vrais acteurs », fait-il savoir.

Il est entendu. Par Georges de Beauregard, Joseph E. Levine et Carlo Ponti. Il aura même un vrai budget : 80 millions de francs de l’époque selon lui, 500 millions affirme la rumeur. Dans l’histoire, écrite par Alberto Moravia, du tournage d’un film à Capri, nous comptons, dans le rôle de la femme du scénariste incarné par Piccoli : Brigitte Bardot, le sex-symbol de cette année 1963 ; dans le rôle du producteur, un méchant habituel des films de cow-boys : Jack Palance, et Fritz Lang dans son propre rôle de réalisateur. Fritz Lang, si l’on comprend bien parce que le réalisateur légendaire de Metropololis (1927) et de M, le maudit (1931) est dans la dèche dans la vraie vie, et que la profession a le souci de remettre à flot un vieil homme pratiquement aveugle à qui elle doit tant dans l’invention du langage cinématographique. 

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Après Antonioni, Godard

Après avoir revu à la suite, tous les Antonioni (vous m’avez vu mettre en ligne quelques vignettes : Des goûts et des couleurs, et L’homme qui dit : “Les femmes sont comme ça”), je suis passé à Godard, du moins celui des années soixante.

Je les regarde dans un ordre arbitraire ou, plus précisément, l’ordre que me suggère l’envie de les regarder. Lequel reflète sans doute le plaisir que j’ai eu à les voir au moment de leur sortie.

Si l’on excepte “Deux ou trois choses que je sais d’elle” (1966), que j’ai revu il y a un an, au moment où j’ai interviewé Marina Vlady, je viens de revoir ces jours derniers, “Week-end” (1967), “Pierrot le fou” (1965), “Masculin féminin” (1966) et “La Chinoise” (1967).
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Deleuze : « Antonioni, cinéaste anti-freudien », par Phil Gill

Aussi, pourquoi Monsieur Jorion s’intéresse-t-il, entre autres, à l’œuvre d’Antonioni ?

Je suppose que l’une des raisons principales est que les films de ce cinéaste sont au croisement des « trois regards, philosophique, psychanalytique et cinématographique ». Et pourtant, selon la lecture deleuzienne des films d’Antonioni par Daisuke Fukuda dans “Savoirs et clinique”, le philosophe Gilles Deleuze tenait Antonioni pour un cinéaste anti-freudien, du fait notamment que les personnages antonioniens se trouvent dans un monde où l’on n’a plus rien à dire.
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L’homme qui dit : « Les femmes sont comme ça »

Dans Identification d’une femme (1982), le moins connu sans doute des films de Michelangelo Antonioni, un adulte improvise à l’intention d’un enfant un conte de science-fiction où un astéroïde a été creusé et sculpté pour en faire un vaisseau spatial. Il conclut son récit par ces mots : « Nous aurons compris l’univers tout entier et les raisons qui se cachent derrière tant de choses ». Et l’enfant de commenter : « Et après ? ».

Ayant tout compris, nous pourrions aussi bien quitter le monde l’âme sereine, suggère l’adulte, mais l’enfant ne l’entend pas de cette oreille : le moment serait alors venu au contraire pour l’histoire de véritablement commencer.

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“Nous nous reverrons, j’ignore où, j’ignore quand…”

Je viens de parler à une amie – au téléphone. Nous avions du mal à nous quitter. Au moment de nous séparer, je lui ai redit les vers ci-dessus : ceux de Vera Lynn quand elle soutenait le moral des filles et des gars de la RAF en 1943.

Hier soir, j’ai regardé le film Contagion de Steven Soderbergh. Ça date de 2011. Dans une featurette, les acteurs (Marion Cotillard, Matt Damon, Kate Winslet, Gwyneth Paltrow, Laurence Fishburne, Jude Law) s’adressent à nous les spectateurs : “Nous faisons cela pour que nous soyons tous prêts quand cela viendra. Car cela viendra.” LoL ! Les malheureux !

Sinon, c’était bien vu, ça ressemble très fort à ce qu’on connaît : le virus, les masques, les hôpitaux débordés, le confinement, les gens excédés, les fosses communes, même le gars qui prétend qu’il connaît le remède et que le Big Pharma ne veut pas que nous le sachions, et qui mène une campagne de dénigrement du vaccin quand il est enfin disponible … et qui à l’arrivée a gagné 4 millions de dollars comme bakchichs sur les ventes du prétendu remède miracle dont il était le promoteur. C’est même plutôt optimiste par rapport à ce qu’on connaît : quand le vaccin apparaît tout s’arrange du jour au lendemain.

Seule différence avec la réalité : Contagion, il y a dix ans, ne se cachait pas d’être un film d’horreur.

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