Archives de catégorie : Cinéma

« Dix sept portraits de femmes » : le making of – Retranscription, le 2 août 2021

Retranscription de « Dix sept portraits de femmes » : le making of.

Bonjour, nous sommes le lundi 2 août 2021 et je vous avais promis une série de quatre vidéos dont j’ai déjà produit les deux premières : la première, le point sur le Covid-19, la seconde sur ce que j’appelais « les deux deuils », c’est-à-dire le deuil qu’une personne qui a atteint comme moi l’âge de 75 ans doit faire dans sa représentation de la personne qu’elle est par rapport au monde parce que le sentiment s’installe que le nombre de jours devient limité même si on est en bonne santé – touchons du bois ! – et le second deuil étant celui malheureusement que nous devons faire de l’humanité – j’y repensais encore ce matin en cherchant un coton-tige, en me disant : « Mais non, ils sont bannis » [rires] alors que les magasins qui vendaient les cotons-tiges, je ne sais pas, dans chacun de ces magasins, il y a des tonnes de plastique par ailleurs. C’est un bon échantillon de ce que nous arrivons à faire ! Nous bannissons les chalumeaux pour les enfants et les cotons-tiges pour les bébés [rires] et pour le reste, voilà… c’est-à-dire que nous nous attaquons à un milliardième du problème en disant que nous faisons un effort, et les gens font ça individuellement aussi. Bon, mais je ne vais pas revenir sur celle-là. La quatrième à venir, c’est le point de ce qu’on sait maintenant sur le coup d’État manqué de M. Trump mais il me manque encore, j’attends encore au courrier des livres qui viennent de paraître et où il y a des révélations. Ces révélations, on les connaît déjà un petit peu par les résumés qu’a fait la presse mais j’aimerais bien voir le texte moi-même. 
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TENET (2020) de Christopher Nolan

Pas facile de rendre compte des sorties de films ces temps-ci, mais comme je ne suis de toute manière pas critique de cinéma…

Si le spectateur se dit durant la projection d’un film : « Vivement que je puisse voir le making of ! », les choses se présentent très mal pour le producteur et le metteur en scène. Et si c’est durant les toutes premières minutes qu’il se dit cela, c’est évidemment encore bien pire. Or c’est le cas ici.

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La femme selon Godard

La femme veut un enfant : Une femme est une femme (1961)

La femme n’est pas loyale (elle trahit Jean-Paul Belmondo) : À bout de souffle (1960) ; Pierrot le fou (1965)

La femme n’est pas une marchandise : Le mépris (1963)

La femme qui n’est pas sur ses gardes tombe aux enfers : Vivre sa vie (1962)

La femme est trop distraite pour faire de la politique sérieusement (elle se trompe de victime) : La Chinoise (1967)

Les hommes ne comprennent pas les femmes mais ils ont des circonstances atténuantes : Masculin féminin (1966)

Le père parfait et l’amant idéal ne coïncident pas : La (une) femme mariée (1964)

Les femmes sont folles mais Jean-Luc en est fou : Charlotte et son Jules (1958)

Les hommes et les femmes sont faits pour s’entendre : Histoire d’eau (1958)

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4 courts métrages de Jean-Luc Godard (par ordre de préférence)

Je plaisante bien entendu. D’abord, qu’avez-vous à faire de mon ordre de préférence ? Ensuite, ils sont adorables tous les 4. Et puis, entendre Belmondo parler de la voix de Godard (JP n’était pas disponible pour la post-sync), cela ne mérite-t-il pas de toute manière le détour ?

1956 : Une femme coquette

1957 : Charlotte et Véronique ou Tous les garçons s’appellent Patrick

1958 : Une histoire d’eau (achevé par Truffaut parce que Godard est insatisfait des rushs)

1958 : Charlotte et son Jules

Vous aurez constaté au nombre de vues sur YouTube que cela n’intéresse plus grand monde.

Quand je vous disais que le monde (humain) touche à sa fin !

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Une lettre au bienheureux François Ruffin, par Thomas Saupique

Bonjour François,

Quoi ? J’apprends que votre coffret DVD Frank Capra a été dévalisé ?! Eh bien je persiste à penser que les chefs-d’oeuvre sont faits pour être prêtés, pas pour prendre la poussière sur une bibliothèque… Donc c’est une bonne nouvelle, tiens ! Ça me donne l’opportunité de vous faire un cadeau ! Et comme j’ignore lesquels manquent à l’appel, je viens donc occuper les places vides avec quelques classiques. Le cinéphile que vous êtes aura probablement vu certains d’entre eux mais revoir un bon film c’est comme retourner s’asseoir à une bonne table ou croiser dans la rue un vieil ami : toujours avec plaisir, n’est-ce pas ?

Je n’ai pas choisi ces films au hasard : ils parlent tous de vous ! Et croyez moi, je vous connais depuis longtemps : la qualité première de François Ruffin c’est d’être un type entier et les vidéos tournées dans sa cuisine le rendent ma foi encore plus familier ! Alors allons-y, je vais vous expliquer mes choix cinématographiques rapidement, pour le lecteur que vous êtes, ça ne prendra guère de temps…
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« Le respect » (1963) de Jean-Luc Godard

Après les échecs d’Une femme est une femme et des Carabiniers, les producteurs ont perdu le bel enthousiasme qu’avait soulevé À bout de souffle. Aussi Godard se sent obligé de dire à la cantonade qu’il est capable de mettre en scène autre chose que des blagues de potache au scénario « fantaisiste » – au cas où il y en aurait même un. « Je peux faire un vrai film, avec un vrai scénario – même un roman adapté – avec de vrais acteurs », fait-il savoir.

Il est entendu. Par Georges de Beauregard, Joseph E. Levine et Carlo Ponti. Il aura même un vrai budget : 80 millions de francs de l’époque selon lui, 500 millions affirme la rumeur. Dans l’histoire, écrite par Alberto Moravia, du tournage d’un film à Capri, nous comptons, dans le rôle de la femme du scénariste incarné par Piccoli : Brigitte Bardot, le sex-symbol de cette année 1963 ; dans le rôle du producteur, un méchant habituel des films de cow-boys : Jack Palance, et Fritz Lang dans son propre rôle de réalisateur. Fritz Lang, si l’on comprend bien parce que le réalisateur légendaire de Metropololis (1927) et de M, le maudit (1931) est dans la dèche dans la vraie vie, et que la profession a le souci de remettre à flot un vieil homme pratiquement aveugle à qui elle doit tant dans l’invention du langage cinématographique. 

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Après Antonioni, Godard

Après avoir revu à la suite, tous les Antonioni (vous m’avez vu mettre en ligne quelques vignettes : Des goûts et des couleurs, et L’homme qui dit : « Les femmes sont comme ça »), je suis passé à Godard, du moins celui des années soixante.

Je les regarde dans un ordre arbitraire ou, plus précisément, l’ordre que me suggère l’envie de les regarder. Lequel reflète sans doute le plaisir que j’ai eu à les voir au moment de leur sortie.

Si l’on excepte « Deux ou trois choses que je sais d’elle » (1966), que j’ai revu il y a un an, au moment où j’ai interviewé Marina Vlady, je viens de revoir ces jours derniers, « Week-end » (1967), « Pierrot le fou » (1965), « Masculin féminin » (1966) et « La Chinoise » (1967).
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Deleuze : « Antonioni, cinéaste anti-freudien », par Phil Gill

Aussi, pourquoi Monsieur Jorion s’intéresse-t-il, entre autres, à l’œuvre d’Antonioni ?

Je suppose que l’une des raisons principales est que les films de ce cinéaste sont au croisement des « trois regards, philosophique, psychanalytique et cinématographique ». Et pourtant, selon la lecture deleuzienne des films d’Antonioni par Daisuke Fukuda dans « Savoirs et clinique », le philosophe Gilles Deleuze tenait Antonioni pour un cinéaste anti-freudien, du fait notamment que les personnages antonioniens se trouvent dans un monde où l’on n’a plus rien à dire.
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