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M. Alain Finkielkraut : La paille, la poutre et les plus petits que soi

Alain Finkielkraut (dans la vidéo) :

« Je trouve lamentable que des adultes s’inclinent aujourd’hui devant une enfant ».

Bonjour M. Finkielkraut, vous trouvez lamentable que des adultes s’inclinent devant des enfants ? Expliquez-nous donc pourquoi. N’avez-vous jamais entendu dire que « la vérité sort de la bouche des enfants ? » Et vous savez pourquoi ? Parce qu’on n’a pas encore eu le temps de les museler en les appelant « Intellectuels » avec un « I » majuscule ; en les décorant de la médaille de l’ordre de « Shidurépamou » *. Parce qu’on ne les a pas encore estampillés « bon pour le conformisme culturel officiel » en les adoubant membres d’une quelconque académie, où ils vont s’asseoir sur un siège souillé en prétendant qu’il est propre et en disant à propos de leur prédécesseur : « La condamnation à quinze ans de travaux forcés assortie de l’interdiction à perpétuité de publier tout article et tout livre est donc exorbitante » °, leur prédécesseur qui écrivait en 1942 : « C’est comme les gens qui croient que l’hitlérisme ce n’est rien d’autre que l’antisémitisme. Sottise pure. Un parti qui ne serait qu’antisémite ne tiendrait pas six mois le pouvoir. Ou plutôt il ne tiendrait le pouvoir que tant que durerait le danger juif ».

De toute manière, M. Finkielkraut, ne vous a-t-on pas même appris à l’école que « ce n’est pas beau de s’en prendre à plus petit que soi » ?

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* Souvenir d’enfance : un « bottin mondain » avait envoyé à mon père (Edmond Jorion) un courrier lui faisant miroiter l’intérêt d’y figurer (moyennant finances, bien entendu), et il nous lisait en rigolant les entrées des quelques personnages illustres mentionnées sur le dépliant. Un plaisantin avait berné les responsables de la publication en mentionnant avoir été décoré de la médaille de l’ordre de « Shidurépamou ».

° Quinzaines, Félicien Marceau : « Le péché de dissimulation », par Paul Jorion, le 1er septembre 2019 (numéro en vente en ce moment)

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Quinzaines, Félicien Marceau : « Le péché de dissimulation », le 1er septembre 2019

Félicien Marceau : « Le péché de dissimulation »

En janvier 1946, Louis Carette, plus connu ultérieurement sous son nom de plume de « Félicien Marceau », est condamné par un tribunal belge à quinze ans de travaux forcés pour faits de collaboration avec l’occupant. Carette se cache en France à cette époque. Il échappera à cette peine.

J’ai entendu parler de cette affaire durant mon enfance parce que mon père, sous-officier des grenadiers comme lui, a été appelé à la barre comme témoin à décharge. Durant mon adolescence, j’ai découvert dans la bibliothèque familiale un exemplaire d’un roman de Carette datant de cette époque : Le péché de complication, paru en 1942 aux Éditions de la Toison d’Or, une émanation du ministère des Affaires étrangères de l’Allemagne nazie, qui publierait en Belgique la fine fleur de la collaboration : Léon Degrelle, führer du mouvement fasciste pronazi Rex, le politicien Henri de Man, théoricien avant-guerre d’une variété originale du fascisme : le « planisme », et Premier ministre durant la première année de l’occupation quand il prônera un monarchisme autoritaire . Continuer la lecture de Quinzaines, Félicien Marceau : « Le péché de dissimulation », le 1er septembre 2019

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