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LA MUTATION DU BANCOR DANS L’ESPACE NUMÉRIQUE MONDIAL, par Pierre Sarton du Jonchay et Julien Alexandre

Billet invité

Schéma Bancor
(cliquez pour agrandir le schéma).

La représentation ci-dessus illustre de façon schématique la proposition de monnaie de compensation mondiale telle qu’émise par Keynes lors de Bretton Woods, sous le nom du bancor. Le schéma se lit ainsi (ICU étant l’International Clearing Union, la banque centrale qui assure la compensation) :

Le pays B exporte des biens pour une valeur de 100 vers le pays A. La banque A transfère 100 bancors à la banque B.

Une fois le transfert effectué, si :

  • A est en déficit au-delà du découvert autorisé (l’allocation en bancors), alors il y a paiement d’intérêts à l’ICU et dévaluation de sa monnaie pour exporter davantage ;
  • B est en excédent sur sa balance des paiements, alors il y a paiement d’intérêts à l’ICU et réévaluation de sa monnaie pour exporter moins et importer davantage.

Si B ne réduit pas son excédent, alors la créance correspondante accumulée sur les débiteurs par l’ICU fait l’objet d’une taxation au profit de la collectivité. Par décision de politique publique, l’ICU prélève une prime d’assurance accrue sur les paiements compensés entre les pays dont les échanges trop déséquilibrés accroissent le risque systémique.

La simplicité du schéma ne permet pas d’expliciter l’emploi du capital international collecté dans la compensation. Le désaccord entre Britanniques et Étatsuniens sur les règles d’allocation du capital systémique accumulable en bancor fut l’une des raisons de l’échec de Keynes. Pour résoudre ce problème objectivement, nous construisons des simulations de chambre de compensation informatisées intégrant les technologies financières de gestion du capital.

La modélisation informatique du bancor impose un choix systémique sur les finalités de la monnaie. Si la monnaie est un simple outil de règlement, le capital de compensation doit être divisé a priori entre les participants au bancor qui en disposent en toute liberté. Si la monnaie est un instrument de négociation des règlements, alors le ré-emploi du capital systémique doit être mutualisé dans une politique d’assurance de la stabilité du crédit.

Dans une structuration aristotélo-thomiste du système par le choix de ses finalités, le schéma fait voir quatre circuits d’information dans lesquels les responsabilités personnelles des acteurs doivent être spécifiées :

1) les échanges commerciaux matériels produisant des balances commerciales ;

2) les échanges monétaires de prix produisant des balances de paiements ;

3) les échanges de monnaie (dérivés de prix) produisant des parités de change en bancor en lieu et place des parités bilatérales actuelles ;

4) les échanges de crédits (dérivés de monnaie) produisant des taux d’intérêt équivalents aux primes de change international actuelles.

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