Archives par mot-clé : contrat

OPTION FINANCIÈRE DU TRAVAIL ET DU SALAIRE : RESTAURER LA LIBERTÉ DU TRAVAIL, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Pierre Sarton du Jonchay propose ici une analyse de la relation salariale qui fait écho à celle du métayage proposée par Paul Jorion dans Le prix, ainsi qu’au débat qui s’est tenu ici-même sur la proposition de prime sur les dividendes.

Aiguillonné par le commentateur Fab qui rejette le salariat, je suis amené à redéfinir le salaire comme nominal d’une option séparant la valeur du travail en un revenu stable sur la durée limitée du contrat de travail et un revenu instable qui est la plus-value. Le salaire sous-jacent à l’option d’emploi du travail permet de définir la plus-value comme conséquence du travail producteur de valeur. Au lieu de nier la recherche de certitude de revenu futur dans le salaire, il devient possible de satisfaire ce besoin par la rémunération salariale du travail sans fermer la discussion sur le partage d’une plus-value qui doit rémunérer tous ses auteurs : le travailleur, l’entrepreneur et le fournisseur de la liquidité monétaire du capital. L’option d’emploi du travail définit les statuts nécessaires à la régularité des revenus du travail sans figer les citoyens dans un statut ou dans un état économique. Le travail redevient la cause du capital qui garantit le crédit qui matérialise le salaire en monnaie. Dans un marché transparent d’option régulé par l’État de droit démocratique, le capital est obligé de rémunérer le travail à sa vraie valeur pour se transformer en plus-value qui rémunère le propriétaire de la liquidité du capital. Dans ce schéma, le travailleur est propriétaire de la matérialité du capital (impossibilité de produire du capital sans travailler) ; l’entrepreneur est propriétaire de la formalité du capital (équilibre anticipé du capital nécessaire pour garantir les salaires) ; et le capitaliste est le propriétaire de la liquidité finale du capital (calcul de la valeur conforme au droit du travailleur consommateur de la production de valeur).

Le contrat de travail souffre de la même déformation cognitive que le contrat financier : confusion entre l’objet et le sujet, entre la réalité matérielle, sa conceptualisation et la finalité des sujets. La confusion se concrétise dans la monnaie qui dans une matérialité unique paraît absorber toutes les dimensions du travail et de la finance. La déformation cognitive s’exprime dans l’incapacité où la monnaie nous a amenés de différencier la finalité de la matérialité : une fois attribué un prix en monnaie à quelque chose, nous tendons à croire que ce quelque chose contient les finalités que nous poursuivons. Nous enfermons nos finalités sans limite dans la matérialité monétaire qui peut tout recouvrir. Comme l’argent ne fait pas le bonheur, il est tout simplement devenu le bonheur.

Continuer la lecture de OPTION FINANCIÈRE DU TRAVAIL ET DU SALAIRE : RESTAURER LA LIBERTÉ DU TRAVAIL, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager :