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28 février 2016 : La fin d’un monde

Dernier_JorionL’être humain est conservateur : il possède une très remarquable capacité à interpréter les situations révolutionnaires en termes de « business as usual ». Jusqu’à ce que, le cadre ayant complètement éclaté, une prise de conscience soudaine finisse par le rattraper, plus rien ne pouvant être compris selon les anciennes catégories.

En France, EELV a implosé au cours des mois récents sans que l’opinion y prête la moindre attention. Le remaniement ministériel du 11 février a entériné sa mort, chacun des exclus – avec en prime la secrétaire nationale – obtenant la consolation funèbre d’un poste dans un gouvernement tirant à hue et à dia. Au cours des deux derniers jours, c’est le Parti socialiste qui a implosé en plein vol de la même manière, permettant à son premier secrétaire de prouver son talent en matière d’euphémisme, décrivant ce décès comme une « crise de mutation ».

Le cadre plus large de l’Europe n’offre hélas aucune consolation à ceux qui espéreraient y trouver quelque élément stable auquel s’agripper  : Schengen vit ses dernières heures alors que la crise des réfugiés réveille dans la plupart des nations leurs plus vieux démons et révèle au reste du monde, le pire visage qu’elles aient pu présenter dans l’histoire.

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Et pendant ce temps-là… tout se reconfigure

Et pendant ce temps-là… EELV implose : entre ceux pour qui un gouvernement Valls I était déjà beaucoup trop à droite (vous mettrez les noms vous-même, comme celui d’une ancienne ministre dont un livre qui a l’air bien intéressant sort aujourd’hui), ceux qui sont prêts à entrer dans un gouvernement Valls II même si celui-ci est placé sous le signe d’« une équipe en cohérence avec les orientations que [le Président de la République] a lui-même définies pour notre pays », et ceux qui au sein d’EELV lorgnent aujourd’hui vers les centristes, voire même l’UMP.

J’allais écrire que l’on assistait ce matin à la recomposition du paysage politique entre une vraie gauche et une vraie droite, quand j’ai noté qu’entrait à l’Élysée un populiste comme je les aime : un vrai, l’un de ceux qui parlent au nom du peuple et en qui le peuple se reconnaît en raison des valeurs qu’il ou elle défend, et non parce qu’il en attend la protection de ses « petites économies ». Incroyable mais vrai, Pierre-Louis Basse est nommé conseiller, oui LE Pierre-Louis Basse !

Rien n’est simple, et tout se complique. J’ai le sentiment quand même qu’à la fin de la semaine le paysage politique français se sera recomposé et clarifié.

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