Archives par mot-clé : Fonds de stabilité financière

L’actualité de la crise : IL A FALLU DESSERRER !, par François Leclerc

Billet invité.

Les mâchoires de la tenaille étaient trop dangereusement serrées, il a finalement été nécessaire de les desserrer. Ce qui montre bien que « quand on veut, on peut ! ».

Contrairement à ce qui se profilait, les 17 sont donc parvenus à l’arraché à prendre trois décisions. La première correspond à une victoire de la BCE, qui a obtenu – comme elle ne cessait de le demander – que le fonds européen de stabilisation financière soit autorisé à acheter à sa place des obligations d’Etat sur le marché primaire (lors de leur émission). La seconde que les montants pouvant être mobilisés par le fonds pour des sauvetages ultérieurs passeront de 250 à 440 milliards d’euro, par le seul biais d’une augmentation des garanties des Etats qui le financent. La troisième, enfin, concerne la Grèce, qui a obtenu sa remise de peine, sous forme d’une baisse du taux d’intérêt de l’Union européenne et d’un rallongement de la durée de son prêt.

Les marchés, qui manifestaient leur grande nervosité, pourront avoir le sentiment qu’ils ont été entendus, et l’on verra lundi quelle détente effective il en résultera sur le marché obligataire ! La Grèce, qui était au bord de l’effondrement, a gagné un répit. Des moyens supplémentaires ont été accordés au fonds. Les dirigeants européens ont une nouvelle fois gagné in extremis du temps, car ils n’avaient en réalité plus les moyens de refuser de mettre la main au portefeuille. La BCE va pouvoir replier son éventaire et stopper ses achats d’obligations. Les Allemands régler entre eux leurs comptes. Toutes les autres questions restent posées.

Dans l’immédiat, celle de l’Irlande, qui a refusé le deal proposé et d’échanger une baisse du taux de son prêt contre une augmentation de celui de l’impôt sur les sociétés. Il faudra attendre le sommet de l’Union européenne des 24 et 25 mars pour qu’un compromis soit probablement trouvé. On ne sait pas ce que le Grecs ont pour leur part concédé.

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L’actualite de la crise : DES TABOUS VACILLENT, par François Leclerc

Billet invité.

Dans un désordre qui traverse toute l’Europe et ne va pas s’améliorant, chaque jour amène son lot d’informations et de démentis. Hier, c’était à propos du fonds de stabilité européen et de l’augmentation de ses moyens, ou bien de son champ d’action, aujourd’hui c’est à propos de la Grèce, en attendant la suite.

En annonçant qu’un plan de restructuration de la dette grecque était étudié au sein des instances gouvernementales allemandes, Die Zeit et la Sueddeutsche Zeitung ont mis le feu aux poudres. Selon eux, ce plan prévoit que le gouvernement grec puisse acheter après rabais sa propre dette sur le marché secondaire, grâce à un financement du fonds de stabilité européen (EFSF). A un taux plus avantageux que celui de son emprunt de 110 milliards d’euros, dont il est reconnu qu’il ne pourra pas être remboursé dans les temps.

Les Allemands et la Commission ont catégoriquement démenti l’existence d’un tel projet – qualifié « d’absurde » – les Grecs en ont ensuite fait de même, en marchant sur les oeufs, tout en admettant mener des négociations afin de réduire le taux de leurs emprunts et en allonger la durée. De son côté, le FMI s’est déclaré d’accord avec le gouvernement grec, non sans faire preuve d’un certain jésuitisme.

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L’actualité de la crise : DÉRISOIRE THÉÂTRE D’OMBRES, par François Leclerc

Billet invité.

Dans les transports collectifs, gain de cause est donné à ceux qui veulent que les fenêtres soient fermées. C’est à peu de choses près ce qui est en train de se passer en Europe, à une autre dimension. Afin de maintenir la cohésion ébranlée de leur coalition, les Allemands viennent d’obtenir que le minimum possible soit décidé à propos du fonds de stabilité financière (EFSF), dont l’augmentation des moyens était réclamée par beaucoup, dont la commission européenne.

Afin de pouvoir faire état de leur fermeté – politiquement payante, pense le gouvernement Allemand – il est dorénavant uniquement envisagé d’aménager l’enveloppe du fonds afin de pouvoir en utiliser plus que les 250 milliards d’euros effectivement disponibles pour des sauvetages, en raison de la nécessité de sur-garantir les emprunts du fonds afin d’obtenir la note AAA et le meilleur taux possible. C’était et cela reste pas suffisant, vu ce qui peut intervenir.

Tout le reste, l’augmentation de l’enveloppe du fonds, la possibilité pour lui d’acheter des obligations à la place de la BCE, ou la diminution des taux des aides financières… tout est renvoyé au mieux à plus tard, peut-être aux 23 et 24 mars, lors du prochain Conseil européen.

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L’actualité de la crise : TOURNANT A MOITIÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Que se passe-t-il dans le secret du confessionnal ou de l’isoloir ? Nul ne doit le savoir, si ce n’est ceux qui s’y tiennent. Eh bien, pour le marché obligataire, il en est de même  !

Salués par des soupirs de soulagement, l’Espagne et l’Italie viennent après le Portugal de réussir leurs émissions obligataires, méritant que l’on y regarde d’un peu plus près. S’agissant des deux émissions du Portugal, le taux consenti a été légèrement inférieur à celui de la précédente émission de novembre pour la maturité la plus longue, mais supérieur pour la plus courte, dans les deux cas toujours très élevé. On a appris depuis qu’une vente privée de 1,1 milliards d’euros d’obligations aurait eu lieu quelques jours auparavant avec la Chine comme acheteur. Des rumeurs invérifiables font également état d’achats japonais et brésiliens. Enfin, la BCE est très fortement intervenue sur le marché secondaire afin de faire baisser les taux. Tout additionné, le panorama est moins exaltant.

A propos de l’Espagne et l’Italie, on entend aussi chanter trop vite victoire. Retenant comme critère non plus le taux obtenu mais l’importance de la demande. Ou, la comparaison entre le taux de l’adjudication et celui du marché de la veille au soir, négligeant les très fortes hausses intervenues depuis les précédentes émissions de novembre. On se console comme on peut.

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L’actualité de la crise: DE NOUVEAU LA BCE, PAR DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

Les salves de coups de semonce tirées les jours précédents vont-ils être entendus ? L’heure était hier mercredi à la détente sur les différents marchés, dans l’attente des résultats de la réunion de ce jour de la BCE. Le président de la commission, José Manuel Barroso, profitait de l’occasion pour exprimer « toute sa confiance » dans la capacité qu’a la BCE à « prendre les décisions nécessaires pour garantir la stabilité financière de la zone euro ». Nous voilà rassurés.

Certes, elle seule dispose des moyens de stopper la brutale glissade engagée en début de la semaine. Car la BCE alimente en liquidités les banques des pays de la zone des tempêtes et de ceux qui s’en approchent dangereusement, afin qu’elles ne s’écroulent pas ; elle intervient également sur le marché obligataire secondaire européen, afin de tenter de limiter les dégâts. Deux activités dont elle cherche à se libérer, mais qu’elle risque cependant de devoir poursuivre et développer.

Le consensus cher aux économistes s’est donc établi autour de l’idée qu’elle allait devoir une nouvelle fois manger son chapeau. Ayant ces deux armes à sa disposition : la poursuite de son programme de distribution de liquidités, dont elle annonçait l’extinction pour le début de l’année prochaine, et l’accroissement de ses achats obligataires, pour aller au-delà des limites qu’elle s’était elle-même fixées.

Sa réponse ne tardera pas aujourd’hui. Mais, même allant dans ce sens, elle permettra uniquement de gagner du temps et ne résoudra rien. Ce qui explique la floraison enregistrée ces derniers temps, du côté des analystes financiers, de nombreux projets destinés à prendre à bras le corps la crise. Ce milieux ayant enregistré l’urgence de faire preuve d’innovation, quitte à bousculer les blocages politiques actuels.

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