Archives par mot-clé : Forex

POUR AIDER LA CHANCE SUR LE MARCHÉ DES CHANGES, par François Leclerc

Billet invité.

Cela faisait longtemps que l’on avait pas entendu parler d’elles. Les unes après les autres, les mégabanques sont condamnés à des amendes par les régulateurs britannique et suisse ou sont reconnues coupables dans le cadre d’actions de groupe (class actions) aux États-Unis. Et cela ne fait que commencer.

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NOS AMIES LES BANQUES… par François Leclerc

Billet invité.

À l’heure où la Société Générale fait les titres, est-il utile de dresser la liste des grandes banques européennes prises la main dans un sac ou dans un autre ? Il est plus vite fait d’établir celle des banques auxquelles rien n’est reproché ! Car ce sont toujours les mêmes que l’on retrouve dans le collimateur, chaque fois qu’un nouveau scandale apparaît.

Le scandale international du moment concerne toujours les manipulations des transactions sur le Forex, le colossal marché de gré à gré des changes, où elles ne sont pas centralisées. On ne peut qu’estimer le volume de ce haut lieu de la spéculation : 5.000 milliards de dollars quotidiennement, au bas mot.

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QUAND UNE BANQUE CENTRALE CÈDE… par François Leclerc

Billet invité.

« La maman et la putain », le nom du film culte de Jean Eustache, conviendrait au mieux au comportement de financiers recherchant à la fois la sécurité et le rendement. Sur la corde raide, ceux-ci trouvent refuge là où ils le peuvent – le marché de l’or et obligataire, les facilités de dépôts des banques centrales ou les monnaies fortes du Forex (le marché monétaire) – tout en manifestent parallèlement un grand appétit au risque dans d’autres compartiments de l’activité financière, les plus sophistiqués de préférence.

Le franc suisse vient d’en faire les frais. Après s’y être épuisée. la Banque nationale suisse (BNS) a jeté l’éponge sans crier gare et abandonné un taux plancher fixé il y a trois ans, car il devenait impossible à faire respecter. C’était cela ou continuer à amasser à son bilan des masses d’euros à la valeur allant s’effriter en raison des mesures à venir de la BCE. La hausse du franc suisse était bridée, et elle a immédiatement explosé.

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DES ROBOTS-TRADERS SANS FOI NI LOI, par François Leclerc

Billet invité.

L’usage de punir les lampistes étant établi, à qui va-t-on s’en prendre dans le cas des manipulations du Forex (le marché des changes) à propos desquelles le régulateur des services financiers de New York (DSF) poursuit l’enquête ? Cette question se trouve incidemment posée, car les investigations portent sur l’utilisation d’algorithmes par les banques Barclays et Deutsche Bank, soupçonnées de manipulations des cours de change sur leurs plate-formes électroniques Barx et Autobahn. Si les faits devaient être établis, il en résulterait que la fraude robotisée serait devenue partie intégrante de cet énorme marché financier.

Mais qui poursuivre nommément ? Selon un autre usage bien établi, les deux banques ont annoncé coopérer pleinement avec les enquêteurs, une déclaration qui en général signe le forfait. La Deutsche Bank va plus loin et annonce dans un mail à l’AFP qu’elle prendra « des sanctions disciplinaires contre des individus si nécessaire ». On remontera s’il le faut, croit-on comprendre, aux ingénieurs du service informatique ! Dans l’immédiat, des superviseurs du DSF vont être installés à demeure dans les services de courtage des deux banques. Où va-t-on si chaque ordinateur doit être surveillé par un agent régulateur ?

Jusqu’à maintenant, une douzaine de mégabanques, dont la Société Générale, étaient suspectées de manipuler les cours des devises, selon les bonnes vieilles méthodes éprouvées : les cambistes se concertant via des messageries instantanées, afin de modifier un taux de référence. Mais, voulant approfondir l’enquête, le DSF et le Ministère de la justice ont en novembre dernier refusé de s’associer à d’autres régulateurs américains et britanniques qui avaient signé un premier accord collectif avec six banques acceptant de payer une amende de 4,3 milliards de dollars contre l’extinction des poursuites. Il s’agissait de Bank of America Merill Lynch, Citigroup, HSBC, JP Morgan Chase, RBS et UBS.

La plaisanterie a fait long feu dans les salles de marché : les banques affrontent désormais un nouveau risque, celui des litiges… Mais si les robots sont débranchés une fois pris la pince articulée dans le sac, l’impunité des humains ne sortira-t-elle pas garantie ?

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L’ENA hors-les-murs, « 2014 : Malversations financières en tout genre », N° 447, décembre 2014

L’année financière 2014 a débuté dans l’inquiétude qui avait caractérisé le deuxième semestre 2013 : que se passerait-il lorsque le quantitative easing américain, la création mensuelle de 85 milliards de nouveaux dollars, prendrait fin ? Une annonce anticipée avait causé en juin la panique sur les marchés boursier et obligataire, l’injection d’argent frais ne trouvant pas de débouchés dans une économie mondiale anémique, et alimentant du coup les bulles financières. Sur ce plan, c’est en laissant dans son sillage un parfum d’amateurisme que Ben Bernanke quitta la direction de la Federal Reserve dont il avait été le gouverneur pendant huit ans. Mme Janet Yellen, personne connue pour sa compétence et sa modération de centre-gauche, prit sa suite en janvier 2014. Son mari, George Akerlof, prix Nobel d’économie en 2001, par ailleurs très respecté, lui serait de bon conseil.

Janvier secoua la direction du Parti Communiste chinois quand il apparut que les familles de dirigeants chinois parquaient leurs économies dans les havres fiscaux, et leurs enfants à des postes décemment rémunérés dans les grandes banques d’investissement américaines. La preuve était faite que ce n’était pas seulement au capitalisme sauvage que la Chine s’était convertie mais aussi au capitalisme de connivence, et là aussi avec l’enthousiasme du nouveau converti.

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UNE JOURNÉE TOUT COMME LES AUTRES, par François Leclerc

Billet invité.

En raison de manipulations avérées sur le gigantesque marché des changes, une sélection choisie de mégabanques a été condamnée à des amendes de plusieurs milliards de dollars par les autorités compétentes américaines et britanniques, en attendant la suite car d’autres enquêtes ne sont pas finies. Quand ce ne sont pas les entreprises transnationales qui échappent à la taxation de leurs bénéfices, au gré de gouvernements complaisants, ce sont les traders des banques qui en douce font leurs petites affaires. Quel monde ! Il ne manquerait plus d’apprendre qu’un organisme surveille à très grande échelle et dans le monde entier les communications de tout à chacun.

Pris avec les LuxLeaks la main dans le pot à confiture à peine entré en fonction, le nouveau président de la Commission et ex-premier ministre du Luxembourg reconnaît que son pays n’a peut-être pas un comportement moral et éthique et que cela va à l’encontre de la « justice fiscale », mais fait valoir qu’il n’est pas « politiquement responsable ». Il noie le poisson en arguant que d’autres pays ne sont pas plus exemplaires et excipe du risque de conflit d’intérêt pour ne rien faire en envoyant la balle à sa commissaire en charge. Courage, fuyons ! Il propose l’adoption de taux d’imposition communs à l’Union européenne en sachant qu’il y sera fait obstacle, l’unanimité étant de règle en matière fiscale. Le gouvernement irlandais, fidèle à son rôle, n’a d’ailleurs pas tardé à lui donner raison. De son côté, le gouvernement allemand tonne et l’autorité de Jean-Claude Juncker n’en sort pas grandie, laissant les chefs de gouvernement plus à l’aise pour poursuivre leurs petits jeux.

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POUR ALIMENTER S’IL EN EST BESOIN SA COLÈRE… ET SI POSSIBLE SA RÉFLEXION, par François Leclerc

Billet invité.

Goldman Sachs, JP Morgan, Citibank, HSBC, BNP Paribas, Barclays, Commerzbank, Deutsche Bank, UBS… : aucun ou presque des membres du très sélect club des mégabanques occidentales n’échappe à la vindicte. Ils soufrent en silence et font le gros dos en attendant que cela passe, car l’annonce de règlements à l’amiable longuement négociés continue de pleuvoir dru, assorti de celles des amendes en conséquence. Mais liste de ce qui reste à venir est longue comme un jour sans pain, sous réserve d’ajouts qui ne vont pas manquer, ce qui n’est sans doute pas pas sans rapport avec la révélation de l’existence d’informateurs rémunérés par les autorités américaines…. Les lanceurs d’alerte, c’est bien ! mais il n’est pas interdit de donner un petit coup de pouce à la chance…

Une escalade est enregistrée, faisant croire qu’après la fin de l’omerta, celle de l’impunité pourrait advenir. Non pas pour de malheureux traders lampistes – façon de parler, vu de leurs bonus – voués à jouer les boucs émissaires, mais pour leur hiérarchie qui n’a rien vu et encore moins décidé. Passe encore que la banque soit dans l’obligation de plaider coupable, comme la BNP Paribas a du s’y résigner pour sauver sa licence américaine ou comme la Deutsche Bank y est fermement conviée, mais un premier banquier s’est décidé à faire de même au Royaume-Uni. Va-t-on prochainement voir derrière les barreaux des banquiers indélicats qui se croyaient tout permis puisqu’ils n’étaient pas pris ? Eric Holder, le ministre de la justice américain en avait évoqué la perspective avant de démissionner. Continuer la lecture de POUR ALIMENTER S’IL EN EST BESOIN SA COLÈRE… ET SI POSSIBLE SA RÉFLEXION, par François Leclerc

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La saga des banques : AU ROYAUME DES MANIPULATEURS, par François Leclerc

Billet invité.

La saga des banques est un succès qui ne se dément pas et dont les épisodes ne lassent pas, bien que la cause soit entendue. Non sans conséquences, à en croire les résultats d’une étude mondiale effectuée par Ernst & Young dans 43 pays auprès de 32.642 clients de banques de détail, interrogés entre juillet et octobre 2013. Il en ressort parmi une multitude d’enseignements que seuls 32% des Européens interrogés font « complément confiance » à leur banque.

L’actualité éclaire peut-être les motivations des autres deux tiers d’entre eux, risquant d’en accroître encore la proportion. On a en effet vu dans la même journée de jeudi BNP Paribas et Bank of America suspendre leur responsable du courtage des devises au comptant à Londres. Rappelant à notre bon souvenir que Barclays, Crédit Suisse, Citigroup, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan, RBS, Société générale et UBS sont également dans la ligne de mire d’enquêtes qui se poursuivent depuis le printemps dernier. Des noms devenus familiers de la chronique des amendes et des condamnations.

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Incertitudes européennes : Ô TEMPS ! SUSPENDS TON VOL… par François Leclerc

Billet invité.

Le temps qui en Europe était à l’apaisement sur les marchés vire à la forte incertitude. La BCE a suscité jeudi dernier une déception prononcée en ne prenant aucune des décisions attendues en raison de la poursuite de la désinflation, au prétexte de la « complexité » de la situation. La meilleure des hypothèses est désormais que la Banque préfère garder pour plus tard ses dernières cartouches, la pire est qu’elle a fait une grosse erreur de jugement.

Les juges de la Cour Constitutionnelle allemande ont vendredi accentué le trouble, en déclarant à propos du programme OMT d’achat de titres souverains qu’il existe « d’importantes raisons de penser [qu’il] outrepasse le mandat de la Banque centrale européenne en matière de politique monétaire ». Tout en décidant, fait sans précédent, de demander à la Cour européenne de justice de statuer sur le point capital : y a-t-il en l’espèce violation des traités qui cadrent sa mission ? Mais le mal est fait, laissant planer le doute sur la possibilité qu’a la BCE d’activer désormais son programme pour calmer le jeu si nécessaire, cette menace qui lui donnait tout son poids.

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Halte à la politique mondiale de bêtise financière, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les enquêtes et les procès en cours ne laissent plus aucun doute sur la nature radicalement frauduleuse du pudiquement mal nommé « marché des changes ». Une transaction de change consiste à convertir un prix dans une monnaie en un prix normalement équivalent dans une autre monnaie. Comme l’équivalence est affaire de jugement, il existe nécessairement une incertitude dans la conversion d’un prix à terme par rapport au bien réel qui sera réglé dans une autre monnaie que celle qui libelle le contrat d’origine. Les « cambistes » se font une spécialité d’assurer leurs clients internationaux contre les incertitudes de la convertibilité des monnaies.

Depuis 1971 où le Président Nixon a officiellement suspendu la garantie du prix de l’or en dollar, le prétendu marché des changes est libre. Le risque de change est prétendument assurable par les opérateurs privés qui contrôlent le marché des changes… Aujourd’hui, avec les ordinateurs c’est hyper-simple de « calculer » n’importe quelle parité de change à terme sur n’importe quelle devise. Un seul petit ordinateur personnel fait le marché de n’importe quelle devise avec un minimum de trois opérateurs établis et reconnus dans des monnaies de référence qualifiées de réserve de change.

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L’actualité de demain : QUEL MONDE ! MAIS QUEL MONDE ! par François Leclerc

Billet invité.

Le club restreint des traders sur le marché monétaire est bien sombre, après avoir déjà vu le nombre de ses membres diminuer en raison de l’essor des transactions électroniques. Ne pouvant en faire autant avec les ordinateurs et les algorithmes, plus de dix d’entre eux ont été suspendus par leurs banques respectives, dans le contexte de l’enquête qui se poursuit à propos de nouvelles manipulations présumées. Cela commence toujours comme cela. La liste des banques susceptibles d’avoir mis la main dans le pot à confiture s’allonge, JP Morgan Chase et Citi venant de rejoindre la Deutsche, UBS, Crédit Suisse, Barclays et RBS. C’est à qui ne figurera pas à ce palmarès d’un nouveau genre, après y avoir été déjà inscrit à propos des manipulations du Libor.

Les enquêteurs s’intéressent plus particulièrement aux échanges enregistrés sur un chat électronique dont les noms utilisés pour le dénommer sont tous évocateurs : « The Cartel », « The Dream Team », « The Bandits’ Club » ; cela la fout mal, même en faisant la part de la plaisanterie pratiquée dans ce petit milieu où tout le monde se connait. Ils cherchent les propos qui mettraient en évidence une collusion entre les traders afin de faire grimper les marchés à leur profit, à l’occasion des vacations de fixing qui permettent de calculer les cours d’équilibre des monnaies afin d’évaluer les portefeuilles. Aux États-Unis, le FBI a de son côté ouvert une enquête criminelle.

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L’actualité de la crise: le marché monétaire atteint, par François Leclerc

Billet invité

LE MARCHE MONÉTAIRE ATTEINT

A un rythme choisi, mais suivant des modalités qui convergent, les gouvernements européens s’engagent dans la voie d’une austérité injuste, que l’on n’appellera pas rigueur, car elle est tout sauf rigoureuse.

Laissons à l’OCDE, célèbre pour sa pantalonnade à propos de la radiation les uns après les autres des paradis fiscaux de la liste de la honte, le soin de mettre les points sur les « i ». Présentant un rapport sur l’économie Française, son secrétaire général Angel Gurria a dit aujourd’hui tout haut ce qui n’est encore exprimé que mezzo voce dans la plupart des capitales européennes. Laissant encore espérer que l’austérité salariale et les coupes dans les programmes sociaux, c’est pour les autres.

« La France est bien placée pour assurer une reprise solide à la suite de la crise économique, à condition qu’elle redresse ses finances publiques en opérant des coupes dans les dépenses et en réformant son système de retraites. (…) Des réformes structurelles supplémentaires sont nécessaires », ajoute-t-il pour ne pas être en reste, la principale étant à ses yeux une refonte qualifiée de « vitale » du marché du travail : »le coût du travail doit être réduit, et les taux d’emploi parmi les travailleurs âgés et les jeunes peu qualifiés doivent être accrus ».

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