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DANS LA FAMILLE LIBOR, RIEN NE VA PLUS, par François Leclerc

Billet invité, paru cette semaine dans La Tribune

Après Barclays et UBS, RBS vient à son tour de se voir infliger une énorme amende au titre de ses manipulations des taux de référence du marché monétaire du Libor. En vertu de ce qui semble être un jeu de bascule, les amendes pleuvent pendant que la régulation financière piétine, pouvant faire croire que les premières sont finalement considérées plus dissuasives que les secondes, ou bien que les régulateurs interviennent là où ils ont les coudées plus franches.

Cela n’est pas fini, car une dizaine d’entre eux poursuivent des enquêtes impliquant une vingtaine de banques. Après s’être élargie du Libor à l’Euribor, la suspicion gagne le Tibor au Japon. Un ex-trader japonais y accuse les banques d’avoir constitué un cartel et de faire monter artificiellement le Tibor, avec pour effet de profiter du différentiel entre celui-ci – sur lequel leurs crédits sont indexés – et le yen Libor dont leur financement dépend. La famille entière de ces taux qui influent sur les prix de milliers de milliards de dollars d’actifs est désormais touchée, les cas de tricherie bénéficiant de procédures permissives se sont généralisés en raison d’un conflit d’intérêt exemplaire.

L’actuel projet britannique de réforme ne prend pas le chemin de le réduire. La British Banker’s Association mise hors jeu, les banques faisant partie du futur panel devront être autorisées par le FSA, le régulateur, et le nombre d’indices (suivant les maturités et selon les monnaies) sera restreint. Des contrôles ponctuels seront effectués pour vérifier la véracité des déclarations des banques, et celles-ci resteront confidentielles pendant trois mois, afin d’éviter toute stigmatisation (en cas de taux élevé d’une banque).

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L’actualité de demain : RENTRÉE, LA COLÈRE MONTE ET LE REJET S’ACCENTUE, par François Leclerc

Billet invité

Des révélations du quotidien d’El Pais mettent en cause Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, qui joue désormais sa survie, et la quasi totalité des responsables du Partido Popular, son parti. Des enveloppes sont brandies dans les manifestations spontanées de Madrid, symbolisant celles qui ont été reçues des années durant. La boucle est bouclée : des entreprises du BTP, financées par des banques arrosent des hommes politiques. Ensemble, ils laissent se constituer une bulle immobilière massive qui, lorsqu’elle crève, est subie par ceux qui subissent les effets de la rigueur du désendettement. Et l’on s’étonnera que la colère monte en Espagne : en trois jours, une pétition réclamant la démission de Mariano Rajoy a réuni plus de 800.000 signatures.

C’est en faisant référence à cette même colère, et en annonçant « nous n’allons pas répéter les erreurs du passé », que George Osborne, le chancelier de l’échiquier britannique, vient de menacer les banques de durcir les nouvelles règles de fonctionnement les concernant. Selon lui, le régulateur et le Trésor pourraient obtenir du Parlement « le pouvoir d’opérer une séparation totale, et pas juste un cloisonnement » entre banque de détail et d’investissement en cas de manquement. Ce qui fait désordre en Europe, au moment où les gouvernements allemand et français empruntent un chemin radicalement opposé, mais fait penser que les banques britanniques voulaient bénéficier de la même complaisance. Pierre Moscovi, le ministre français, vient de croire bon de préciser qu’il n’était pas « l’ami » des banques mais « leur partenaire », au cas où une ambiguïté se serait installée.

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L’actualité de demain : LA GUÉRISON IMAGINAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Comment les banques se portent-elles réellement ? La BCE ouvrant le guichet du remboursement de sa première opération de prêt à trois ans (LTRO), le montant qui un an après allait être remboursé par anticipation faisait l’objet de spéculations. La BCE a aujourd’hui révélé que 278 banques vont rembourser 137 milliards sur les 486 milliards d’euros empruntés en décembre 2011. Mais l’on ne sait toujours pas qui a emprunté et qui a remboursé parmi les 800 banques qui ont bénéficié du LTRO, sauf quand elles l’annoncent elles-mêmes.

Comment l’interpréter ? Certains y voient la manifestation de l’amélioration de la situation des banques, bien que seulement plus d’un gros quart des fonds empruntés soit remboursé, d’autres s’inquiètent de la stigmatisation qui pourrait en résulter pour toutes celles qui ne s’y engagent pas. En tout état de cause, cela met en évidence que le secteur n’est pas homogène – ce qui n’est pas une nouveauté – et que seules les banques réputées les plus solides ont retrouvé un accès au marché interbancaire à de meilleures conditions, en raison des nouvelles initiatives prises par la BCE entre-temps. Vu l’étroite dépendance des banques entre elles, cela ne donne pas l’image d’un système bancaire en sortant renforcé…

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L’actualité des banques : « LE PAUVRE HOMME… », par François Leclerc

Billet invité.

Les banques, encore et toujours les banques ! On ne s’en lasse pas ! À nouveau, on en apprend de belles à leur sujet. Objet de toutes les attentions des gouvernements et des banques centrales, il leur est en retour demandé de soutenir l’économie pour favoriser une relance qui aiderait les États à se désendetter. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Au Royaume-Uni, tirant sans doute les leçons de l’échec des injections massives de liquidité de la BCE dans le système financier, dont c’était l’objectif avoué, la Banque d’Angleterre (BoE) a lancé un programme de soutien aux banques en le conditionnant à des objectifs d’accroissement de leurs prêts aux entreprises. Et cela a marché ?

Pas plus ! Les banques britanniques ont multiplié les opérations de rachat de leur propre dette en profitant des conditions de taux plus avantageuses de la BoE. Avec comme objectif d’améliorer leur rentabilité en diminuant leurs coûts de financement, et détendre les taux sur le marché de la dette senior (une réussite qui s’annonce). Les Britanniques n’ont pas été les seuls à s’engager sur cette voie, les banques de la zone euro disposant pour leur part des facilités de la BCE. La Deutsche Bank estime ainsi que 46 milliards d’euros de dette senior émises par les banques européennes auront été rachetées par elles-mêmes cette année, un montant en nette augmentation par rapport aux années précédentes.

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