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« UN TRAITÉ SUR LA MONNAIE » (II) La prétendue « création monétaire ex nihilo » par les banques commerciales

« UN TRAITÉ SUR LA MONNAIE » (I) LA FAUSSE QUERELLE DES CRÉDITS ET DES DÉPÔTS

Un corollaire de l’hypothèse que les crédits précèdent les dépôts est que les crédits accordés par les banques commerciales « créent de l’argent ex nihilo ».

Le mécanisme supposé est celui-ci : une banque qui accorde un crédit « crée » les sommes allouées « par un simple jeu d’écriture ». Quand les sommes empruntées sont retournées, la « création » initiale est effacée par un autre « simple jeu d’écriture », annulant le premier. Ce pouvoir exorbitant des banques commerciales, de faire sortir d’un chapeau des sommes tout à fait considérables, ne s’accompagnerait pas moins de leur capacité à exiger le versement d’intérêts sur les sommes fantômes qu’elles prêtent ainsi. D’où le prétendu « scandale des banques commerciales qui créent de l’argent ex nihilo ».

L’absurdité du mécanisme supposé apparaît aisément dans l’expérience mentale que voici.

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POUR COMPRENDRE LE « REPO »

Le « repo » (pour repurchase agreement), en français : « pension livrée », une expression très peu usitée, consiste à obtenir de l’argent liquide, du « véritable argent », en ayant mis en gage un instrument de dette (qui sera remboursé ultérieurement mais donne lieu à versement d’intérêts en attendant). Ce qu’on met en gage, c’est ce qu’on appelle le collatéral.

Un instrument de dette qui n’est pas arrivé à échéance (on dit aussi « à maturité »), n’a pas encore été remboursé, mais cela ne l’empêche pas d’avoir une « valeur marchande », c’est-à-dire un prix, ce prix ayant un rapport bien précis (mathématiquement calculable selon l’une ou l’autre méthode) avec l’argent qui sera remboursé auquel s’ajoutent les intérêts qui seront encaissés d’ici-là.

Cela fait dire à certains que ces instruments de dette sont une monnaie, alors qu’il vaudrait mieux dire – pour ne pas introduire la confusion – qu’ils sont une marchandise.

Quand on emprunte, il n’y a pas nécessairement d’exigence qu’un collatéral d’un montant équivalent soit mis en gage. C’est seulement quand l’économie n’est pas en bonne santé qu’il y aura exigence du côté du prêteur qu’un bien soit mis en gage, pouvant être le cas échéant, un instrument de dette, comme un mode d’assurance que la somme prêtée ne soit pas entièrement perdue en cas d’accident.

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