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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XIV) – Invention et néodémocratie, par Francis Arness

Billet invité

Le caractère catastrophique de la crise est dû au néolibéralisme, mais celle-ci est fondamentalement systémique. Elle est le fruit de l’échec économique, politique, écologique et social de la forme actuelle que prend notre civilisation devenue mondialisée. Et au sein des mutations contemporaines, advient la révolution démocratique permise par Internet : un engagement politique et culturel, plus concret, plus efficace, trouvant son lieu en un ensemble médiatique et culturel nouveau.

La démocratie véritable est un régime politique fondé sur :

1. la pratique par le citoyen de son autonomie et de son invention de soi, ainsi que de son autolimitation ;

2. la pratique individuelle et collective du « dire-vrai » et de son « effet de retour » (Foucault) ;

3. l’autonomie des personnes et des institutions ;

4. l’autonomie de la collectivité et son « auto-création » (Castoriadis) par elle-même ;

5. l’information des citoyens, la réflexivité individuelle et collective, prenant la forme d’un dialogue conflictuel ouvrant à une délibération collective puis à la création collective de la loi ;

6. la production du commun ;

7. les interactions permanentes entre société et pouvoir permettant la production du commun ;

8. l’inachèvement qui est consubstantiel à tout ceci1.

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XIII) – La nécessité de l’invention, par Francis Arness

Billet invité.

Notre situation n’a pas d’antécédent dans l’histoire de l’humanité. Celle-ci n’a jamais connu une telle crise écologique planétaire, ni une telle globalisation des problèmes, et par là même un risque d’effondrement généralisé, et même de disparition de l’espèce. C’est cette nouveauté radicale de notre situation qui explique aussi le temps que demande l’invention de nouvelles réflexions et de nouvelles pratiques permettant de faire face à cette nouvelle situation. Nous devons inventer, nous inventer – individuellement et collectivement – dans nos réflexions, nos pratiques et nos manières de vivre.

Ce mouvement collectif d’invention a bien lieu, même s’il est difficilement accessible au citoyen qui s’informe auprès des médias les plus courants qui ne parlent que peu de cela. Comme le rappelle François Leclerc [*], la société est entrée dans une phase d’innovation intense. De nouvelles logiques économiques sont élaborées (collaborative, circulaire, contributive…) afin de répondre à la crise. Des pratiques nouvelles apparaissent ainsi : mutualisation de moyens, prêts, échanges, recyclages, circuits courts de distribution, ateliers de production 3D, élargissement de la sphère des rapports non marchands sur Internet. La vie associative et les réseaux sociaux répondent au besoin de recréer un lien social. Un mouvement profond parcourt la société, esquissant les nouveaux paradigmes qui succéderont à la société néolibérale. En parallèle, de nouvelles réflexions surgissent dans tous les domaines (énergie et environnement, urbanisme et éducation, santé et fiscalité, ou encore chômage, retraites et partage du travail en général) pour faire face aux nouveaux problèmes qui se posent, s’appuyant sur les expériences et les connaissances développées au sein de la société civile. Tout ceci va dans le sens de la création d’un mode de vie plus sobre, qui tranche avec la frénésie consumériste et productiviste qui empêche bien des gens d’avoir le temps de se parler et de réfléchir. Notre tâche politique est de rendre visible ce vaste mouvement d’invention, pour en informer la population et les classes dirigeantes et responsables, et de le faire pénétrer dans le monde politique puis dans les structures de gouvernement.

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