Archives par mot-clé : machine à concentrer la richesse

À paraître : « Une grande découverte a été faite sur le blog de Paul Jorion »

Je mettrai en ligne dans les jours qui viennent un billet intitulé : « Une grande découverte a été faite sur le blog de Paul Jorion ».

Bon, cela paraîtra assez grandiloquent mais je n’ai pas le choix. Je n’ai pas le choix, parce que si je veux que cela se twitte et se facebouque je ne peux pas mettre « ici », puisque des « ici », il y en a partout. Donc je dois mettre « sur le blog de PJ ». Je n’ai pas le choix non plus, parce qu’il n’y a pas d’autre nom possible que « grande découverte ».

Pourquoi « grande découverte » ? Parce que Timiota (un scientifique français de très grand talent, il n’y a jamais de miracle !) a bâti un modèle (partie I et partie II) de ce que j’appelle la « machine à concentrer la richesse » et que Keynes appelait lui le « miracle de l’intérêt composé » (auquel il aurait dû ajouter le « miracle N°2 de la spéculation » 😀 ), et en simule le comportement.

Bon, (re-bon !), le capitalisme n’est pas vraiment ma tasse de thé (c’est le moins que je puisse dire), mais si quelqu’un voulait sortir le capitalisme de son agonie actuelle, il n’aura plus l’excuse de dire qu’il ne sait pas comment il faut faire : il faut « piketty-iser » pour empêcher les « crises de Gattaz », selon les termes de Timiota. C’est démontré très clairement, avec les formules et tout et tout, et des vidéos à la clé. Son « Découverte médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz » est de l’importance du fameux papier de Vitali, Glattfelder et Battiston à Zürich sur « Les maîtres du monde », traduit ici pour la première fois en français en 2011 (pour l’anecdote : par Timiota) : « Le réseau de contrôle global par les grandes entreprises ».

Il me faut des traductions en anglais, en allemand, en espagnol, certainement, et en tout ce que vous pouvez imaginer. Je compte vraiment sur vous !

P.S. Ah ! et puisque je passe par ici, si quelqu’un vous demande dans la journée comment reconstruire une gauche, signalez-lui un autre billet mis en ligne hier : « Un vrai projet de gauche : tenir compte de la réalité ». La recette est là : là aussi on ne pourra plus dire qu’on ne sait pas comment il faut faire. Il n’est pas trop tard mais il est temps. Grand temps !

Pour aller plus vite, j’ouvre la rubrique commentaires de ce billet. Mais on ne parlera que de ceci, désolé !

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Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (II/II), par Timiota

Billet invité. Un ou plusieurs volontaires pour traduire dans d’autres langues ? [Ce serait sympa si les lecteurs du Financial Times, par exemple, pouvaient lire cette série de deux billets]. 😀

Nous avons montré dans la première partie de ce billet que des acteurs effectuant des « marches aléatoires » de leur fortune, plus exactement de la part au-dessus d’un seuil de pauvreté, voyaient au bout d’un certain temps des « très riches » émerger, et cela semblait rendre comparativement les autres pauvres.

Nous passons maintenant à des modèles sur N=3600 acteurs, avec les hypothèses inchangées. Mais on va pousser l’étude jusqu’à pouvoir évaluer à quel point une faible dose de « Piketty-isation » de la situation évite le grippage.

Étudions d’abord la situation sans rien faire, pour voir ce fameux grippage :

Pour N=3600 acteurs et 35000 jours, on a un cas typique dans ce film


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Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (I/II), par Timiota

Billet invité. Un ou plusieurs volontaires pour traduire dans d’autres langues ? [Ce serait sympa si les lecteurs du Financial Times, par exemple, pouvaient lire cette série de deux billets]. 😀

À propos de la concentration des richesses et de l’augmentation des inégalités, Piketty nous dit à sa façon qu’il y a bel et bien une divergence en cours, et que les Trente Glorieuses n’étaient qu’une exception. On pourra toujours prétendre qu’une société comme celle de la Belle Époque (1910), venait de passer quelques décennies de capitalisme qui ne se grippait qu’assez occasionnellement, et que donc retrouver ces niveaux d’inégalités, si cela sort X millions de gens de la pauvreté vers la classe moyenne par la même occasion, on ne doit pas faire la fine bouche.

Faisant cela, on ignore bien des éléments de la Grande Dépression, logée entre deux guerres mondiales qui en compliquent la lecture, lecture à interpréter entre progrès techniques, colonisations, puis décolonisations. Et après tout, on pourrait croire qu’il y a assez de chaos de l’Histoire pour qu’on ne fasse pas pire au bout de l’actuelle augmentation des inégalités.

Plusieurs raisons, qu’on mettra sous un chapeau « survie sur la planète », disent qu’il est urgent d’éviter le blocage dans un monde très grippé par la concentration des richesses et par les masses de pauvreté qui s’ensuivent : même avec 30% de classes moyennes qui s’en tirent, un monde ou même les pays « riches » comprennent à demeure 30% de pauvres, et les pays moins riches bien plus, restera ingouvernable pour l’usage des ressources de cette planète.

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La démocratie est-elle enchaînée face à la finance ?

Ma communication au Colloque international LA DÉMOCRATIE ENRAYÉE ? à l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, le 31 mai 2013.

L’anthropologie sociale britannique dont j’ai eu l’honneur à une époque d’être l’un des représentants, et dont je défends toujours les valeurs méthodologiques faites d’une combinaison équilibrée de rigueur et de bon sens aristotélicien, demande que quand il est question des phénomènes relevant de l’humain, une explication, pour mériter ce nom, doit pouvoir rendre compte des faits observés aussi bien en termes de personnes, d’acteurs humains composant les sociétés auxquelles nous appartenons, qu’en termes d’institutions procurant à ces sociétés humaines le cadre au sein duquel elles peuvent fonctionner, en assurant autant que faire se peut le bonheur de leurs membres.

De même que le comportement des abeilles explique la structure hexagonale des alvéoles composant les rayons en raison de la manière dont elles les ont construits, assemblées en grand nombre et battant simultanément des ailes, et explique ensuite celle de la ruche toute entière, c’est celle-ci qui en vient à expliquer, par un effet en retour, ce que sont précisément les abeilles. L’activité des hommes, qu’elle soit routinière, d’ordre réflexe, ou bien délibérée, déterminée par un calcul mené à son aboutissement, explique la forme qu’ont prises les institutions humaines. Le comportement des êtres humains s’explique ici aussi, en retour, par la manière dont sont faites ces institutions. Le rapport entre les deux est dialectique : sous la forme d’une détermination réciproque où les individus vivent leurs institutions comme un sentiment qu’ils éprouvent, et ce sont ces sentiments qui, en réaction à la manière dont les institutions les modèlent, remontent ensuite, de l’individu à la structure, en s’agrégeant pour définir la dynamique qui exercera sur ces institutions une contrainte et les fera évoluer de manière à ce que s’efface toute pression inacceptable qui se sera exprimée comme insatisfaction éprouvée ou comme ressentiment, c’est-à-dire en tant que « sentiment ».

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