Archives par mot-clé : Michel Barnier

UN CALENDRIER EUROPÉEN À RALLONGES, par François Leclerc

Billet invité.

Où va l’Europe ? Faute de mieux, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont promis d’apporter leur réponse à cette question en mars prochain, car il ne leur était plus possible de garder le silence. Pour autant, le paysage politique ne s’éclaircit pas, que ce soit en Allemagne ou en Italie.

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Fausse monnaie et vrais débats sur la réalité des nations, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Les Matins de France Culture nous livrait hier un débat de fond entre Michel Barnier futur ex-Commissaire Européen et Coralie Delaume qui publie « Europe, les États désunis ». Michel Barnier voit les rapports de force internationaux et en déduit que l’Union est incontournable pour préserver la place des Européens dans le monde. Coralie Delaume constatait que le système de la construction européenne consiste à vider la politique de tout contenu appréhendable par les peuples. Elle dénonce le siphonage du pouvoir des gouvernement nationaux au profit d’une administration supranationale. L’arbitrage abstrait des intérêts économiques remplace la politique concrète des nations. Michel Barnier confirmait que le jeu des intérêts nationaux est trop complexe face aux enjeux de la mondialisation.

Les débateurs avaient envie de tomber d’accord mais sont restés sur deux plans d’analyse actuellement inconciliables. Michel Barnier est en situation d’acteur et fait de la technique politique. Coralie Delaume observe les faits et pose la question de la finalité politique de cette construction institutionnelle de l’Europe effectivement inédite dans l’histoire de l’humanité. La désunion des États européens dans la révolution en marche de l’économie numérisée pose la question de la fonction humaine des nations et de leur représentation économique par des États nationaux et multinationaux.

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« Notre amie c’est la finance, la bonne finance… ». Réponse à Michel Sapin, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Tribune publiée dans L’Humanité Dimanche (31 juillet 2014).

La petite phrase du ministre a beaucoup fait rire dans certains milieux mais elle a choqué nos concitoyens. En quelques mots, le ministre a vidé de son contenu le discours du Bourget. Il est vrai que la déclaration de guerre du Président à la finance devenait un peu gênante après le récent virage libéral ! Michel Sapin a en quelque sorte rendu service à un ami… Mais à quel prix ! Cela donne le sentiment que l’on peut tout dire en politique, une chose et son contraire, même sur des sujets graves. Or, c’est précisément ce double discours qui tue la politique.

En deux ans, nous avons eu plusieurs exemples de ce grand écart entre la parole et les actes. D’abord, le Traité de stabilité budgétaire (TSCG) qui devait être renégocié et qui a été signé tel quel. Angela Merkel a beau jeu de rappeler à tout propos le texte du traité. Ensuite, la loi bancaire qui avait pour objet de montrer que l’on « s’occupe de la finance » et qui n’a pratiquement rien changé dans la vie des banques. Les financements aux fonds spéculatifs n’ont même pas été filialisés. Enfin, la manière de procéder pour mener à bien le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) a été particulièrement cynique. Pierre Moscovici avait affirmé très solennellement qu’elle devait rapporter « plusieurs dizaines de milliards d’euros » et au final nous avons eu une vraie peau de chagrin. Rien d’étonnant puisqu’il a lui-même plaidé en coulisse pour une taxe minimale. Comment nos concitoyens pourraient-ils ensuite faire confiance à leurs dirigeants politiques ?

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DES MARGES DE MANŒUVRE SUR LE PAPIER, par François Leclerc

Billet invité.

Deux débats agitent le microcosme, signe de marges de manœuvre limitées et de difficultés à maitriser la situation. Le premier, au plus haut niveau, oppose à propos des taux la Banque des règlements internationaux (BRI) aux principales banques centrales. Faut-il les augmenter, comme le voudrait la première, ou les maintenir à leur très bas niveau actuel, comme la Fed, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon et la BCE continuent de le pratiquer ?

Des deux côtés, on se revendique de l’équilibre du système, ce qui tend à démontrer qu’il n’est pas facile à trouver ! La BRI met l’accent sur les effets néfastes de la poursuite de la stimulation monétaire, les banques centrales sur la nécessité de ne pas tirer prématurément de sous les pieds du système financier le tapis dont il bénéficie. L’intervention de la BRI est intervenue à point nommé pour donner un point d’appui au débat qui rebondit au sein de la BCE, sans surprise à l’initiative du nouveau membre allemand de son directoire, Sabine Lautenschlager.

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La séparation des activité bancaires : Barnier-Noyer = 0-0, par François Leclerc

Billet invité.

La confusion bat son plein à propos du projet de séparation des activités bancaires de la Commission européenne, alimentée cette fois-ci par la tribune dans Le Monde de Christian Noyer daté de jeudi, le gouverneur de la Banque de France, qui réitère son opposition à celle-ci, et par Michel Barnier qui la défend dans une autre tribune parue dans Les Échos du même jour, sous le titre « Rétablir les faits » (comme s’ils étaient déformés). Le premier lève comme a l’accoutumée l’étendard de la banque universelle, cher notamment aux banques françaises, et fait valoir que les modalités du projet mettraient en danger le financement des entreprises. Michel Barnier rétorque qu’en interdisant les activités les plus risquées, l’objectif est au contraire d’inviter les banques à se consacrer au financement de l’économie.

Christian Noyer a beau jeu de faire remarquer que « la finance forme un tout », que l’on ne peut scinder, et que les plus grands sinistres bancaires sont venus de banques d’affaires, pour faire valoir que les banques universelles ont mieux résisté au choc, justifiant ainsi que c’est « une illusion » de renforcer la sécurité par la séparation de leurs activités. La vivacité de la réaction du gouverneur de la Banque de France s’expliquerait-elle toutefois par la faiblesse dissimulée des banques françaises, qui auraient à tout prix besoin du matelas financier procuré par les dépôts (par ailleurs garantis jusqu’à 100.000 euros par l’État) ?

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 31 JANVIER 2014

Sur DailyMotion, c’est ici. Le son est bien meilleur que sur YouTube (allez savoir pourquoi ?) mais il y a de la pub !

Nous sommes en train de gagner ! Nous marquons des points ! (C’est pas une blague)

L’affaire Snowden en 1998 : Enemy of the State (Ennemi d’État) de Tony Scott

1) Le prix est un rapport de force

Paul Jorion « Le prix » (2010)

2) Interdiction de la spéculation

– Jean-Michel Naulot, « L’interdiction des activités spéculatives des banques est une solution de bon sens », Le Monde, le 29 janvier 2014

Avec sa réforme bancaire, le commissaire européen Michel Barnier veut lutter contre « la spéculation, l’absence de transparence et les manipulations ».

3) La banque est propriétaire de l’argent déposé sur un compte

– Paul Jorion « L’argent, mode d’emploi » (2009)

– Blog de Paul Jorion : L’argent après l’Union Bancaire, par Alain Monod-Broca, le 4 janvier 2014

… les dépôts bancaires ne sont pas de l’argent comme les billets de la Banque Centrale ou les comptes ouverts dans ses livres mais des créances affectées, comme toutes les créances, du risque de signature… Voilà la thèse de votre livre L’argent, mode d’emploi totalement validée par tous nos dirigeants politiques et financiers. Je voulais vous en féliciter. Je n’ai pas trouvé ce constat sur votre blog.

4) Prendre l’argent où il est

– Les Échos : « La Bundesbank prône l’impôt sur la fortune pour les États fauchés », le 27 janvier 2014

5) Le travail disparaît

– Ce soir (ou jamais !), Paul Jorion, « Le travail disparaît », le 3 octobre 2012

– Radio Canada, Paul Jorion, « Faire face à la robotisation du travail », le 28 janvier 2014

– Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes », La Vie, le 27 janvier 2014

 Cette idée néolibérale selon laquelle le travail peut être la variable d’ajustement est mortelle.

Le « Pacte de responsabilité »

L’argent donné aux entreprises ne peut se redistribuer que de deux manières : 1) hausse des dividendes attribués aux actionnaires ; 2) hausse des rémunérations (salaires, bonus, etc.) des dirigeants.

Le mécanisme qui transformerait l’argent donné aux entreprises en création d’emplois N’EXISTE PAS.

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L’actualité de demain : À MOSCOU, SANS PASSER PAR CHEREMETIEVO, par François Leclerc

Billet invité

À moins de deux mois du sommet des chefs d’État et de gouvernement de Saint-Pétersbourg, un G20 finances se réunit vendredi à Moscou ; le cas Edward Snowden planera sur la réunion. Le Congrès américain s’en est lui emparé, des élus se réveillant et découvrant qu’ils ont été selon eux trompés, et que la NSA, avec la bienveillante complicité du département de la Justice, va avec ses programmes de surveillance bien au-delà de ce que lui permet la section 215 du Patriot Act. Elle arrive à échéance en 2015, et il est menacé de ne pas la renouveler. En attendant, la discussion porte sur le distinguo entre collecte et exploitation des données, derrière lequel la NSA cherche en toute innocence à se réfugier.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 8 MARS 2013

Un parfum de printemps
Eric Holder, Adair Turner, Michel Barnier, Finance Watch
John Maynard Keynes
Citoyen / Bourgeois

Sur YouTube, c’est ici.

Gilles Dostaler sur « Keynes et la politique » :

Comme sa pensée politique, l’action politique de Keynes est peu souvent évoquée. Ses positions sont en tout cas sujettes aux interprétations les plus diverses et les plus contradictoires, plus encore que sa pensée économique ou sa vision philosophique. C’est ainsi que, pour certains, Keynes se situe très à gauche sur l’échiquier politique. Plusieurs conservateurs le considéraient comme un crypto-communiste. À l’autre extrême, les communistes et les marxistes le jugeaient comme un conservateur d’autant plus dangereux qu’il se présentait comme un ami de la classe ouvrière et critiquait les politiques du parti conservateur, Entre ces deux appréciations, on trouve toutes les positions intermédiaires imaginables. Nouveau libéral, progressiste et radical, pour les uns, Keynes est un libéral centriste, de tendance droitière, pour les autres. Lui-même semblait prendre plaisir à brouiller les pistes en se décrivant tantôt comme modérément conservateur et ailleurs comme à gauche du Parti travailliste. Il a vexé le premier ministre travailliste MacDonald en déclarant, au terme d’une réunion, qu’il se considérait comme le seul véritable socialiste présent !

Inutile de dire que je partage l’opinion de Keynes sur lui-même !

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L’actualité de demain : PETITE MISE EN PERSPECTIVE, par François Leclerc

Billet invité.

L’usage de la parole est lentement revenu aux dirigeants européens… qu’ils ont utilisée pour exhorter l’Italie à remplir ses engagements. En Italie, le Parti démocrate flirte avec certaines revendications du Mouvement 5 étoiles tandis que Beppe Grillo, qui exclut toute alliance, envisage de soutenir au cas par cas des réformes si elles sont conformes à son programme. Pour Pier Luigi Bersani, la voie est très étroite, et l’on parle aussi d’une révision de la loi électorale – pour laquelle il faudra trouver une majorité – comme préalable à de nouvelles élections.

Côté financier, il y a un gros malaise à nouveau. Les valeurs bancaires chutent sur les bourses européennes qui connaissent une nouvelle journée noire. L’instabilité politique italienne mettant en cause la crédibilité financière du pays, les banques européennes sont vulnérables car grosses détentrices de sa dette. Du côté du marché obligataire, qui s’est sérieusement tendu, un test est attendu mercredi avec l’émission de titres à 5 et 10 ans.

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DANS LA FAMILLE LIBOR, RIEN NE VA PLUS, par François Leclerc

Billet invité, paru cette semaine dans La Tribune

Après Barclays et UBS, RBS vient à son tour de se voir infliger une énorme amende au titre de ses manipulations des taux de référence du marché monétaire du Libor. En vertu de ce qui semble être un jeu de bascule, les amendes pleuvent pendant que la régulation financière piétine, pouvant faire croire que les premières sont finalement considérées plus dissuasives que les secondes, ou bien que les régulateurs interviennent là où ils ont les coudées plus franches.

Cela n’est pas fini, car une dizaine d’entre eux poursuivent des enquêtes impliquant une vingtaine de banques. Après s’être élargie du Libor à l’Euribor, la suspicion gagne le Tibor au Japon. Un ex-trader japonais y accuse les banques d’avoir constitué un cartel et de faire monter artificiellement le Tibor, avec pour effet de profiter du différentiel entre celui-ci – sur lequel leurs crédits sont indexés – et le yen Libor dont leur financement dépend. La famille entière de ces taux qui influent sur les prix de milliers de milliards de dollars d’actifs est désormais touchée, les cas de tricherie bénéficiant de procédures permissives se sont généralisés en raison d’un conflit d’intérêt exemplaire.

L’actuel projet britannique de réforme ne prend pas le chemin de le réduire. La British Banker’s Association mise hors jeu, les banques faisant partie du futur panel devront être autorisées par le FSA, le régulateur, et le nombre d’indices (suivant les maturités et selon les monnaies) sera restreint. Des contrôles ponctuels seront effectués pour vérifier la véracité des déclarations des banques, et celles-ci resteront confidentielles pendant trois mois, afin d’éviter toute stigmatisation (en cas de taux élevé d’une banque).

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L’actualité de demain : UN ENTERREMENT DE DERNIÈRE CLASSE, par François Leclerc

Billet invité.

Ouf ! les dirigeants allemands et français se sont mis d’accord et l’Europe est sauvée. L’Europe des banques, s’entend. Michel Barnier, le commissaire chargé de la régulation financière, en a tiré la leçon. L’application du rapport Liikanen sur la séparation des activités des banques doit selon lui « préserver leur diversité ». L’étude de l’impact des mesures proposées se poursuit et le commissaire présentera ses conclusions dès cet été, sans tarder. « Je ne veux pas pénaliser le travail des banques quand elles travaillent au bénéfice de l’économie et de l’industrie », a-t-il déclaré à Davos devant un auditoire réceptif.

Quelques mauvais esprits n’ont pas manqué de remarquer que l’application des mesures du rapport aurait permis d’éviter le scandale de la Monte Paschi di Siena (MPS), qui enflamme la campagne électorale italienne et dont nul ne sait jusqu’où il va aller. D’autres que la Deutsche Bank, qui se trouve décidément impliquée dans toutes les plus belles affaires (*), dont celle-ci, ne sera pas avec d’autres mécontente du coup d’arrêt que Michel Barnier annonce. Le gouvernement français y avait contribué en adoptant un projet de loi – présenté aujourd’hui devant l’Assemblée nationale – ne tenant pas compte de ses préconisations, soutenu en cela par le gouvernement allemand.

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L’actualité de la crise : AH DIEU ! QUE LA CRISE EST JOLIE ! par François Leclerc

Billet invité

Les excellentes nouvelles s’enchaînent à une cadence accélérée, saluées de tous côtés par des déclarations de circonstance. Après le lancement par la BCE d’un programme d’achat sous condition des obligations d’État sur le marché secondaire, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe vient de valider le MES, le Mécanisme européen de stabilité, qui va pouvoir sans tarder entrer en fonction. Enfin, à l’initiative de la Commission européenne, un dispositif de supervision des banques, investissant la BCE d’une nouvelle mission, est proposé, qui sera suivi par la création d’un fonds destiné à les renflouer si nécessaire.

À la suite de l’adoption du traité de rigueur budgétaire, un dispositif complet se met progressivement en place, qui est présenté comme un pas en avant vers une intégration européenne destinée à solutionner une fois pour toutes la crise.

José Luis Manuel Barroso, le président de la Commission, a profité de ces heureuses dispositions pour tracer devant le parlement européen la perspective d’une « refondation de l’Union européenne » : « nous devons progresser vers une fédération d’États-nations, c’est notre horizon politique ». Car, a-t-il expliqué, « en ces temps d’anxiété, ce serait une erreur que de laisser les nations en proie au nationalisme et au populisme ». Nous sommes dans de bonnes mains.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 7 SEPTEMBRE 2012

Je renvoie à The network of global corporate control, par Stefania Vitali, James B. Glattfelder, and Stefano Battiston, article dont la traduction française est ici.

Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde, un film de Jérôme Fritel et Marc Roche

Sur YouTube, c’est ici.

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L’actualité de la crise: une politique par défaut, par François Leclerc

Billet invité.

UNE POLITIQUE PAR DÉFAUT

Faute d’une alternative qui suppose des mises en cause inconcevables à ce stade de la crise, un mauvais chemin est emprunté en Europe, dont on ne sait où il mène. Les commentaires ont beau se multiplier sur le thème  : « ça ne passera pas », « les objectifs ne sont pas réalistes », « nous allons entrer dans une spirale dépressive », les gouvernements de la zone euro persistent et signent par défaut.

Ce sont les Allemands qui impriment leur marque, ne voyant leur salut que dans le maintien de leurs acquis, voulant l’imposer aux autres au nom de la préservation de leur hinterland : plus ils contribuent au financement potentiel des pays en difficultés, plus ils craignent ne pas être remboursés, creusant par leur intransigeance accrue leur propre tombe. L’absurdité voulant qu’ils accroissent eux-mêmes ainsi les chances que la situation qu’ils redoutent survienne.

Une réunion des ministres des finances de l’Eurogroupe s’est tenue hier à Bruxelles, dont peu a filtré, si ce n’est des informations laissant à penser qu’elle a été plus consacrée à serrer les derniers boulons du plan de sauvetage européen (dénommé plan de stabilisation financière), de nouveaux obstacles ayant été dressés au déblocage de chaque éventuel versement d’une aide, qu’à faire face à la débandade de l’euro.

A ce propos, Jean-Claude Junker, son chef de file, a bien reconnu que si son niveau n’était pas en soi problématique – des cris de victoire retentissant même, faisant de nécessité vertu et saluant sa baisse qui favoriserait les exportations (à condition que les acheteurs se manifestent) – la rapidité de sa chute faisait par contre problème. Pour autant, rien n’a été annoncé afin de la combattre, signe que face aux marchés, la BCE faisant elle-même le gros dos, car il n’y a pas grand chose à faire sur ce terrain-là…

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